C
HAPITRE1 - S
YSTÈMES LINÉAIRES Julie Scholler - Bureau B246septembre 2019
I. Systèmes linéaires
Équation linéaire à p inconnues
a1x1 +· · ·+ apxp = b avec a1, . . . ,ap et b des réels.
Système d’équations linéaires de n équations à p inconnues
a1,1x1 +a1,2x2 +· · ·+ a1,pxp = b1 (L1) a2,1x1 +a2,2x2 +· · ·+ a2,pxp = b2 (L2)
...
an,1x1 + an,2x2 + · · ·+ an,pxp = bn (Ln) avec (ai,j)(i,j)∈
J1,nK×J1,pK et (b1, . . . ,bn) des réels
I. Systèmes linéaires
Usine
• production de 3 produits : P1, P2, P3
• passant chacun par 3 ateliers différents : A1, A2, A3
• temps de passage en heure pour chaque produit dans chaque atelier
A1 A2 A3
P1 2 1 1
P2 5 3 2
P3 3 2 2
Lors d’un programme de fabrication, la charge horaire des différents ateliers a été de 104h pour A1, 64h pour A2 et 55h pour B3.
Quelles ont été les quantités produites de chaque produit ?
I. Systèmes linéaires
a1,1x1 +a1,2x2 +· · ·+ a1,pxp = b1 (L1) a2,1x1 +a2,2x2 +· · ·+ a2,pxp = b2 (L2)
...
an,1x1 + an,2x2 + · · ·+ an,pxp = bn (Ln) Vocabulaire
• inconnues : variables x1, . . ., xp
• coefficients : (ai,j)(i,j)∈
J1,nK×J1,pK
• second membre : (b1, . . . ,bn)
• système homogène associé :
a1,1x1 + · · ·+a1,pxp = 0 a2,1x1 + · · ·+a2,pxp = 0
...
an,1x1 + · · ·+an,pxp = 0
I. Systèmes linéaires
Résoudre un système linéaire dans Rp
c’est trouver l’ensemble des solutions dans Rp du système,
c’est-à-dire l’ensemble des éléments (x1, . . . ,xp) de Rp qui vérifient toutes les équations.
Exemple
Résoudre x = 2 dans R puis dans R2. Système compatible
système admettant au moins une solution
I. Systèmes linéaires
Exemples et représentation géométrique dans R
2
x +y = 5
2x −y = 1
(1)
x +y = 5
2x −y = 1
x −y = 3
(2)
x + y = 0 x + y = 1
(3)
2x + y = 3
4x + 2y = 6
(4)
I. Systèmes linéaires
Encore des exemples
2x + y = 1
y = 2
(5)
x + y + z = 8 y + z = 6 z = 3
(6)
x + y + z = 8 z = 3
(7)
II. Systèmes échelonnés et leur résolution
Système échelonné
si le nombre de coefficients nuls au début de chaque équation augmente strictement d’une équation à la suivante, pour finir
éventuellement par des équations dont tous les coefficients sont nuls (mais dont les seconds membres peuvent être non nuls)
a1,1x1 + a1,2x2 + a1,3x3+ . . . +a1,pxp = b1
a2,2x2 + a2,3x3+ . . . +a2,pxp = b2
. .. ...
ar,rxr + · · ·+ ar,pxp = br 0 = br+1
... 0 = bn
II. Systèmes échelonnés et leur résolution
Encore des exemples
2x + y = 1
y = 2
(5)
x + y + z = 8 y + z = 6 z = 3
(6)
x + y + z = 8 z = 3
(7)
II. Systèmes échelonnés et leur résolution
Vocabulaire
• pivot : premier coefficient non nul de chaque équation, s’il existe
• variable liée : variable correspondant à un pivot
• variable libre : variable ne correspondant à aucun pivot
Rang d’un système échelonné
• nombre de pivots du système
Système échelonné réduit
• tous ses pivots sont égaux à 1 et pour chaque inconnue
admettant un pivot, les coefficients en cette inconnue sont tous nuls à l’exception du pivot
II. Systèmes échelonnés et leur résolution
Exemples
2x −y = 10 y = 0
2x +y +z = 1
−y = 0
2x +y +z = 1
10z = 0
x −y = 1
z = 0
x −y = 1
z = 0 0 = 0
x −y = 1
z = 0 0 = 5
x −y = 1
z = 0 z = 5
II. Systèmes échelonnés et leur résolution
Équations de compatibilité
dans un système échelonné, les éventuelles dernières lignes de la forme 0 = b, où b est une constante
Proposition
Un système linéaire échelonné est compatible si et seulement s’il n’admet aucune équation de compatibilité fausse.
Existence de solutions d’un système linéaire échelonné
dépend uniquement de ses éventuelles équations de compatibilité, pas des autres équations.
Elle dépend du second membre de manière cruciale.
II. Systèmes échelonnés et leur résolution
Rang d’un système échelonné nombre du pivot du système
On considère un système linéaire échelonné à p inconnues, de rang r et compatible.
Résolution d’un système linéaire échelonné compatible
• Si r = p, alors il admet une unique solution.
• Si r < p, alors il admet une infinité de solutions et l’ensemble des solutions peut être paramétré par les p − r variables libres.
II. Systèmes échelonnés et leur résolution
Structure de l’ensemble des solutions si le rang est égal à
• p, alors il admet une unique solution
• p −1, alors l’ensemble des solutions est une droite paramétrée par 1 paramètre
• p −2, alors l’ensemble des solutions est un plan paramétré par 2 paramètres
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Opérations élémentaires
• Échange de deux lignes.
Pour tous entiers i et j distincts dans J1,nK, l’échange de la ie ligne et de la je ligne est noté
Li ←→ Lj
• Multiplication d’une ligne par une constante non nulle.
Pour tout réel λ dans R?, et tout entier i dans J1,nK, la multiplication de la ie ligne par λ est notée
Li ←− λLi
• Ajout à une ligne d’un multiple d’une autre ligne.
Pour tout réel µ dans R et tous entiers i et j distincts dans J1,nK, l’ajout à la ie ligne de la je ligne multipliée par µ est notée
Li ←− Li + µLj
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Systèmes équivalents
Si on peut passer d’un système à un autre par des opérations élémentaires
Proposition
S’ils sont équivalents, alors ils ont les mêmes ensembles de solutions Exemple
x +y = 5
2x −y = 1
(1)
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Usine
• production de 3 produits : P1, P2, P3
• passant chacun par 3 ateliers différents : A1, A2, A3
• temps de passage en heure pour chaque produit dans chaque atelier
A1 A2 A3
P1 2 1 1
P2 5 3 2
P3 3 2 2
Lors d’un programme de fabrication, la charge horaire des différents ateliers a été de 104h pour A1, 64h pour A2 et 55h pour B3.
Quelles ont été les quantités produites de chaque produit ?
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Représentation matricielle des systèmes linéaires
Matrice de taille (n,p) à coefficients dans R famille d’éléments de R : A = (ai,j)(i,j)∈
J1,nK×J1,pK, que l’on représente sous la forme d’un tableau rectangulaire de la façon suivante
A =
a1,1 a1,2 . . . a1,j . . . a1,p a2,1 a2,2 . . . a2,j . . . a2,p
... ... ... ... ... ... ai,1 ai,2 . . . ai,j . . . ai,p
... ... ... ... ... ... an,1 an,2 . . . an,j . . . an,p
• Mn,p(R) : ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients dans R
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Matrices associée à un système linéaire
Matrice des coefficients
A =
a1,1 a1,2 . . . a1,p a2,1 a2,2 . . . a2,p
... ... ... ... an,1 an,2 . . . an,p
Matrice augmentée
(A | B) =
a1,1 a1,2 . . . a1,p a2,1 a2,2 . . . a2,p ... ... ... ... an,1 an,2 . . . an,p
b1 b2 ... bn
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Équivalence par lignes de matrices
On dit que deux matrices M et M0 de même taille sont équivalentes par lignes, et on note M ∼
L M0, si et seulement si on peut passer de l’une à l’autre en effectuant un nombre fini
d’opérations élémentaires sur les lignes.
Justification de la représentation matricielle
Deux systèmes linéaires sont équivalents si et seulement si leurs matrices augmentées sont équivalentes par lignes.
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Algorithme de Gauss
• permet de passer d’un système linéaire à un système linéaire échelonné ayant les mêmes solutions
Algorithme de Gauss–Jordan
• permet de passer d’un système linéaire à un système linéaire échelonné réduit ayant les mêmes solutions
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Usine
2x1 + 5x2 + 3x3 = 104 x1 + 3x2 + 2x3 = 64 x1 + 2x2 + 2x3 = 55
(usine)
Matrice augmentée associée
U =
2 5 3 1 3 2 1 2 2
104 64 55
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Algorithme de Gauss
On considère une système à p inconnues.
Étape 0 Si tous les coefficients de la première colonne sont nuls, on considère le système comme un système à p − 1 inconnues, etc.
Étape 1 Détection et choix du pivot de la colonne 1
• on va faire en sorte que a11 soit non nul et assez simple (idéalement égal à 1)
• on utilise les opérations élémentaires : L1 ↔ Lj et/ou L1 ← 1
a11L1
Étape 2 Annulation de tous les coefficients sous le pivot
• on utilise les opérations élémentaires Li ← Li − ai1
a11L1
Étape 3 On recommence les étapes précédentes en considérant le système sans la ligne 1 et la colonne 1.
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Algorithme de Gauss–Jordan
Même chose mais en plus
• on met systématiquement les pivots à 1 avec les opérations élémentaires : Li ← 1
aij Li
• on annule également les coefficients au-dessus des pivots avec les opérations élémentaires : Lk ← Lk − akj
aij L1 Algorithme de Gauss–Jordan
Tout système linéaire est équivalent à un unique système linéaire échelonné réduit (avec les variables dans le même ordre).
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Rang d’un système (S) quelconque
rang de l’unique matrice échelonnée réduite par lignes équivalente à la matrice du système (S)
Proposition
Le nombre de pivots ne dépend pas de la manière d’échelonner.
Le rang d’un système linéaire (S) est le rang de tout système linéaire échelonné équivalent à (S).
III. Algorithme de Gauss–Jordan
On considère un système (S) de n équations et p inconnues et notons r son rang.
• 0 6 r 6 p et 0 6 r 6 n
• Il y a r variable(s) liée(s).
• Il y a n − r variable(s) libre(s).
• Le rang d’un système ne dépend pas du second membre.
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Cas 1 : r = p et r = n
(S) ⇔
x1 = b10
x2 = b20 . .. = ...
xr = br0
Dans ce cas, le système admet une unique solution (b10,· · · ,br0).
• aucune variable libre : au plus une solution
• aucune équation de compatibilité : au moins une solution
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Cas 2 : r < p et r = n
(S) ⇔
x1 +a01,r+1xr+1+ · · ·+ a01,pxp = b10 x2 +a02,r+1xr+1+ · · ·+ a02,pxp = b20
. .. ... ... = ...
xr +ar0,r+1xr+1+ · · ·+ ar0,pxp = br0
• au moins une variable libre : pas unicité des éventuelles solutions
• aucune équation de compatibilité : au moins une solution
x1 = b10 − a01,r+1xr+1 − · · · −a1,p0 xp ...
xr = br0 − a0r,r+1xr+1 − · · · −ar0,pxp
L’ensemble des solutions est infini et est paramétré par les d = n −r variables libres.
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Cas 3 : r = p et r < n
(S) ⇔
x1 = b10
x2 = b20
. .. = ... xr = br0
0 = br0+1 ... = ...
0 = bn0
• aucune variable libre : au plus une solution
• des équations de compatibilité
• aucune solution si une de n−r équations de compatibilité est fausse
• exactement une solution (b10,· · · ,br0) si toutes les équations de compatibilités sont vraies
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Cas 4 : r < p et r < n
(S) ⇔
x1 +a01,r+1xr+1+ · · ·+ a01,pxp = b10 x2 +a02,r+1xr+1+ · · ·+ a02,pxp = b20
. .. ... ... = ...
xr +ar0,r+1xr+1+ · · ·+ ar0,pxp = br0 0 = br0+1
... = ... 0 = bn0
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Récapitulatif
r = p r < p
(d = p − r variables libres)
r = n exactement une
solution
une infinité de solution (de dimension d) r < n
(n − r équations de compatibilité)
aucune solution ou une unique solution
aucune solution ou une infinité de
solution (de dimension d)
III. Algorithme de Gauss–Jordan
Cas des systèmes homogènes
a1,1x1 +a1,2x2 +· · ·+ a1,pxp = 0 a2,1x1 +a2,2x2 +· · ·+ a2,pxp = 0
...
an,1x1 + an,2x2 +· · ·+ an,pxp = 0
Remarques
• les équations de compatibilité sont toujours vraies
• (0, . . . ,0) est toujours une solution
IV. Exemples et systèmes à paramètres
Soit m un réel fixé. Résoudre dans R3 le système suivant.
3x + y − z = 1
x − 2y + 2z = m
x + y − z = 1
(8)
Soit k un réel fixé. Déterminer en fonction de k le nombre de solution de ce système dans R3.
kx + y + z = 2
2x − 3y − 4z = k
x − y − 3z = −1
(9)