Université d’Artois
Faculté des Sciences Jean Perrin
MASTER I Mathématiques-Informatique 2005–2006
ANALYSE FONCTIONNELLE
EXAMEN2eme` session : durée : 4 heures mercredi 22 février 2006
Exercice 1.(fait en T.D.) (6 points : [1+1] + [1+1,5] + 1,5)
SoitH un espace de Hilbert etT:H →H une application linéaire continue de normekTk61.
1) a) Pour toutx∈H, montrer queT x=xsi et seulement si T x|x
=kxk2 (utiliser le cas d’égalité dans l’inégalité de Cauchy-Schwarz).
b) En déduire queker (I−T) = ker (I−T∗).
2) a) Montrer que pour tout opérateurS surH, on a[Im (S)]⊥ = ker (S∗).
b) En déduire queH= ker (I−T)⊕Im (I−T)).
3) Pour toutn∈N, on pose :Tn = 1
n+ 1(I+T+· · ·+Tn). Pour toutx∈H, montrer que limn→+∞Tn(x) = P(x), où P est la projection orthogonale sur ker (I−T)(on considèrera successivement les casx∈ker (I−T),x∈Im (I−T), etx∈Im (I−T)).
Exercice 2.(3 points : 1 + [1+1])
SoitH un espace de Hilbert séparable, et(en)n>1une base orthonormée deH. 1) Montrer que la suite(en)n>1converge faiblement vers0.
2) On suppose qu’il existe une distancedsurH définissant la topologie faible.
a) Montrer que pour tout entierk>1, il existexk∈H tel que kxkk=ket d(0, xk)61/k (utiliser la question précédente).
b) Montrer que c’est impossible (on remarquera que la suite (xk)k converge faiblement vers0).
Exercice 3.(2 points)
Soit(S,T, m)un espace mesuré et soit ϕ:S →Cune fonction mesurable. On suppose queϕf ∈L2(m)pour toute f ∈L2(m).
Montrer que l’application linéaireMϕ:L2(m)→L2(m)définie parMϕ(f) =ϕf est continue (utiliser le Théorème du graphe fermé).
T.S.V.P.−→
Exercice 4.(6 points : [1,5+1] + [1,5+1+1])
1) Soit h: R → R la fonction impaire de période 1 définie par h(t) = t pour 06t61/4 eth(t) = 1/2−t pour1/46t61/2.
a) Calculer les coefficients de Fouriercn= ˆh(n)deh.
b) Montrer que la mesureν =P
n∈Zcnδn (oùδn est la mesure de Dirac en n) est bornée et queh(t) =R
Re2πitxdν(x).
2) Soitµune mesure complexe sur[−1/4,1/4], et pourt∈R:
f(t) = Z 1/4
−1/4
e−2πitθdµ(θ).
a) Montrer que f est dérivable surR et quef0(t) =−2πiR
Rf(t−x)dν(x) pour toutt∈R.
b) En appliquant le a) au cas particulier deµ0= 2i1(δ1/4−δ−1/4), en déduire queP
k∈Z 1
(2k−1)2 =π42·
c) En déduire que|f0(t)|6π2kfk∞. Exercice 5.(9 points : 2 + [1+3+2+1])
Soit16p <+∞, etA une partie bornée deLp(R).
1) Montrer que siAest précompacte (c’est-à-dire que pour toutε >0,Apeut- être recouverte par un nombre fini de boules de rayon6ε;on rappelle que cela équivaut à dire queAest relativement compacte, c’est-à-dire que son adhérence est compacte), alors :
(i)∀ε >0, ∃R(ε)>0 : Z
|x|>R(ε)
|f(x)|pdx6εp, ∀f ∈A; (ii)∀ε >0, ∃δ(ε)>0 : kft−fkp6ε , pour|t|6δ(ε), ∀f ∈A.
2) Réciproquement, on suppose les conditions(i)et (ii)satisfaites par A. Pour toutε >0, on pose :
[ϕε(f)](x) = 1 δ(ε)
Z x+δ(ε)
x
f(u)du.
a) Montrer que pour toutef ∈Lp(R), la fonction ϕε(f)est continue surR. b) Montrer que{ϕε(f)|[−R(ε),R(ε)]; f ∈A}est précompacte dansC [−R(ε), R(ε)]
. c) Montrerkf−ϕε(f)kp6εpour toute f ∈A.
d) En déduire queAest précompacte dansLp(R).
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