Analyse Fonctionnelle
Mohammed Hassani
Universit´e Cadi Ayyad Faculte Polydisciplinaire de Safi´
D´epartement de Math´ematiques et Informatique
2019—2020
Chapitres 0
Introduction
Préface
Ce polycopie d’analyse fonctionnelle est destiné aux étudiants de licence en mathématiques et applications SMA. Il est rédigé à ma façon toute en gardant le livre de H. Brezis : « Analyse fonctionnelle, Théorie et applications. » à la portée de ma main.
Le but de ce cours est de donner des notions et des théorèmes topologiques et algébriques abstraits qui constituent des outils mathématiques essentiels pour entamer les cycles d’études supérieurs. La partie la plus importante à mon égard est la
construction de la topologie à partir d’une famille de semi normes,
je conseille le lecteur de se focaliser sur ce point.
Bibliographie
H. Brézis : Analyse fonctionnelle théorie et applications Masson fr Paris 1983 Collection Mathématiques Appliquées pour la Maîtrise.
Hervé Queffélec, Josette Charles, Mostafa Mbekhta : Analyse fonctionnelle et théorie des opérateurs Rappels de cours et exercices corrigés. Collection : Sciences Sup, Dunod.
Yves Sonntag : Topologie et analyse fonctionnelle : Cours de Licence avec 240 exercices et problèmes corrigés 1998.
J. Dieudonné : Éléments d’analyse. T. I -fondements de l’analyse moderne Gauthier-Villars fr Paris 1968.
F. Riesz, B. Nagy : Leçons d’analyse fonctionnelle, Akademiai Kiadohu Budapest 1955 Acadmie des Sciences de Hongrie.
S. Banach : Théorie des opérations linéaires, Chealsea publishing company.
S. Lang : Analysis II Addison-Wesley publishing company us Massachusetts 1969 Addison-Wesley series in mathematics.
W. Rudin : Analyse réelle et complexe, édition Masson, 1975 (le monument).
Encore je le dis, la littérature est très riche sur ce sujet. Il suffit de faire une recherche sur le net pour avoir gratuitement des polycopiés (de cours et d’exercices) de différents auteurs répondant à tous les goûts.
Pré-requis
La théorie des ensembles (la théorie ZFC, pour les courageux), la topologie générale (définition de topologie, continuité,
convergences, compacité...), algèbre (espaces vectoriels, base
algébrique, dimension) ... sont très sollicités dans ce cours.
Avertissements
!
Je tiens à préciser que ce document contient probablement des erreurs de frappes (ce n’est pas grave !) et des erreurs de
mathématiques (par contre çà c’est grave !) qui ont échappé à ma
vigilance. Ne l’utilisez qu’avec un œil critique et n’hésitez pas à me
signaler ces problèmes : [email protected].
Plan général
Chapitres 1 :Théorème de Hahn-Banach &
Théorème de Baire
1 Théorème de Hahn-Banach, forme analytique 2 Théorème de Hahn-Banach, formes géométriques 3 Espaces de Baire
Chapitres 3 :Théorèmes classiques d’analyse fonctionnelle
7 Banach-Steinhaus 8 Application ouverte 9 Graphe fermé
Chapitres 2 :Espaces vectoriels topologiques (evt)
4 Espaces vectoriels topologiques – evt 5 EVT localement convexe – evtlc 6 Espaces de Fréchet
Chapitres 4 :Topologies faibles-Espaces réflexifs
10 Topologie faible 11 Topologie faible étoile 12 Espaces réflexifs
Chapitres 1
Théorème de Hahn-Banach
& Théorème de Baire
Plan de ce chapitre
1
Théorème de Hahn-Banach, forme analytique
2
Théorème de Hahn-Banach, formes géométriques
3
Espaces de Baire
1 Théorème de Hahn-Banach, forme analytique
Théorème 1.1 (
Le théorème de Hahn-Banach, forme analytique) SoientEunR-espace vectoriel,p:E→Rtelle que∀t>0,∀x∈E, p(tx) =tp(x) et ∀x,y∈E, p(x+y)6p(x) +p(y), GunR-sous-espace vectorieldeEetguneR-forme linéairesurG
satisfaisant
g(x)≤p(x), ∀x∈G.
Alors il existe uneR-forme linéairefsurEquiprolongeget qui satisfait f(x)≤p(x), ∀x∈E.
La démonstration de ce théorème fait appel au célèbre lemme de
Définition
Définition 1.2
Soit A un ensemble muni d’une relation d’ordre (pas
nécessairement totale) notée ≤ . On dit qu’un sous-ensemble B ⊂ A est totalement ordonné si pour tout couple a , b de B on a soit a ≤ b ou b ≤ a.
Soit B ⊂ A ; on dit qu’un élément c ∈ A est majorant de B si pour tout a ∈ A on a : a ≤ c.
On dit que m ∈ A est un élément maximal de A si pour tout x ∈ A tel que m ≤ x ⇒ x = m.
On dit que A est inductif si tout sous-ensemble totalement
ordonné de A admet un majorant.
Lemme de Zorn
Lemme 1.3 (ZORN)
Tout ensemble ordonné, inductif, non vide, admet un élément maximal.
Remarque
! Le lemme de Zorn ou ses équivalents (l’axiome du choix en particulier) admet des belles conséquences parfois qui échappent à notre intuition et donne même des paradoxes : paradoxe de
Banach-Tarski. Je renvoi le lecteur au fascicule d’exercices corrigés
de ce module pour plus de détails sur les conséquences de ce
Preuve du théorème 1.1 I
Désignons parVl’ensemble des couples(M, ϕ),oùMest un sous-espace vectoriel deE contenantG,ϕune forme linéaire surMvérifiantϕ(x)≤p(x),∀x∈Metϕ|G=g.
On munitVde l’ordre≤défini par
(M, ϕ)≤(N, ψ)⇔M⊂N etψ|M=ϕ.
On montre d’abord queVest inductif pour≤non vide : D’abord,(g,G)∈V. Soit(Mi, ϕi)i∈Iune famille totalement ordonnée. Si on poseM=∪i∈IMi,il est facile de vérifier queMest un sous-espace vectoriel deE,qu’il existe une fonctionϕ:M→Rqui prolonge chacune desϕiet queϕest linéaire. De plus, pour toutx∈M, il existe uni∈Itel quex∈Mi,ϕ|G=get on a ϕ(x) =ϕi(x)≤p(x). Donc(M, ϕ)appartient àVet est dansVla borne supérieure de la famille (Mi, ϕi)i∈I.
D’après le lemme deZorn,(V,≤)admet un élément maximal(M,f). Il suffit donc de démontrer que cet élément maximal satisfaitM=Epour finir la démonstration. Supposons donc par l’absurde qu’il existe una∈E\M. On va construire alors un élément(N, ϕ)deVqui majore strictement(M,f). On pose pour celaN=M⊕R.a, on choisitα∈Ret on définit la forme linéaireϕsurNparϕ(x+ta) =f(x) +tα.Il suffit donc de montrer qu’on peut choisirαde sorte que l’on aitf(x) +tα≤p(x+ta),pour toutxdeMet toutt∈R(ainsi(N, ϕ)∈V).
La condition précédente est satisfaite pourt=0 et quel que soitx∈M.Pourt>0 cette condition est équivalente à la conditionf(x
t) +α≤p(x
t+a),et puisquex
t ∈M,équivalente à α≤p(y+a)−f(y)pour touty∈M.
Preuve du théorème 1.1 II
Enfin, pourt<0,la condition précédente est équivalente àf(−x
t)−α≤p(−x t−a), autrementα≥ −p(y−a) +f(y)pour touty∈Mpuisque−x
t ∈M.On choisit doncαtel que : sup
y∈M
f(y)−p(y−a)≤α≤ inf
x∈Mp(x+a)−f(x), ce qui est possible si, pour toutx,y∈M,on a :
f(y)−p(y−a)≤p(x+a)−f(x).
Or pourx,y∈Mon a :
f(x) +f(y) =f(x+y)≤p(x+y)≤p(x+a) +p(y−a).
On obtient
sup
y∈M
f(y)−p(y−a)≤ inf
x∈Mp(x+a)−f(x).
Ce qui prouve l’existence deα.
Dual Topologique
Dans ce qui suit, on désigne par E
0le dual (topologique) de l’espace vectoriel normé E, i. e. l’espace des formes linéaires continues sur E; E
0est muni de la norme duale
k f k
E0:= sup
kxk≤1
| f ( x )| = sup
kxk≤1
f ( x ).
Lorsque f ∈ E
0et x ∈ E on notera parfois h f , x i au lieu de f ( x ) ; on dit
que h, i est le produit de dualité entre E
0et E.
Conséquences
Corollaire 1.5
Soit G un sous-espace vectoriel de l’espace vectoriel normé ( E , k · k) et soit g : G → R une application linéaire et continue de norme
k g k
G0:= sup
x∈G kxk≤1
| g ( x )|.
Alors il existe f ∈ E
0qui prolonge g et tel que :
k f k
E0= k g k
G0.
Conséquences
Corollaire 1.6
Pour tout x
0∈ E il existe f
0∈ E
0tel que k f
0k = k x
0k et h f
0, x
0i = k x
0k
2.
Démontration :
Il suffit d’appliquer le corollaire précédent avecG=Rxetg(tx0) =tkx0k2de sorte que kgkG0=kx0k.
Conséquences
Corollaire 1.7
Pour tout x ∈ E \ { 0 } , on a : k x k
E= sup
kfkE0≤1
|h f , x i| = max
kfkE0≤1
|h f , x i| = max
kfkE0=1
h f , x i.
Démontration :
Il est clair que
sup
kfkE0 ≤1
|hf,xi| ≤ kxk.
D’après le corollaire précédent, on sait qu’il existef0∈E0tel quekf0k=kxkethf0,xi=kxk2.
−1
2 Théorème de Hahn-Banach, formes géométriques
Définition 2.1
On appelle hyperplan tout sous ensemble deEde la forme : H:={x∈E: f(x) =α}
oùfest une forme linéaire surE,non identiquement nulle etα∈R.On dit queHest l’hyperplan d’équation[f=α].
Définition 2.2 SoitA,B∈ P(E).
On dit que l’hyperplanH= [f=α]sépareAetBau sens large si∀a∈A,∀b∈B f(a)6α6f(b).
On dit que l’hyperplanH= [f=α]sépareAetBau sens strict si il existeε >0 tel que∀a∈A,∀b∈B
f(a) +ε6α6f(b)−ε.
Propriétés I
Proposition 2.3
SoitEest un espace vectoriel normé, alors
l’hyperplan d’équation[f=α]est fermési et seulement sifest continue.
Preuve :
Sifest continue alorsH=f−1({α})est fermé.
Réciproquement, supposons queHest fermé. Le complémentaireCHdeHdansEest ouvert et non vide (puisquef6=0E0). Soitx0∈CHet supposons sans perdre de généralité quef(x0)< α. Soitr>0 tel que
B(x0,r) :={x∈E: kx−x0k<r} ⊂CH. On a
f(x)< α, ∀x∈B(x0,r).
Supposons qu’il existex1∈B(x0,r)tel quef(x1)> α.La boule étant convexe, donc
Propriétés II
par suitef((1−t)x0+tx1)6=α,∀t∈[0,1].Ce qui est faut puisque pourt1,2= f(x1)−α f(x1)−f(x0), on a :f((1−t1,2)x0+t1,2x1) =α.Par suite,
f(x0+rz)< α,∀z∈B(0,1).
Ce qui prouve quekfk ≤1
r(α−f(x0))et doncfest continue.
u t
Théorème De Hahn-Banach, première forme géométrique
Théorème 2.4 (
Théorème De Hahn-Banach, première forme géométrique)Soit A, B deux sous ensembles convexes de E, non vides et disjoints. Si A est ouvert alors il existe un hyperplan fermé qui sépare A et B au sens large.
La démonstration de ce théorème est basée sur le lemme suivant :
Lemme
Lemme 2.5
SoitC⊂Eun convexe ouvert non vide et soitx0∈Eavecx0∈/C.Alors il existef∈E0tel quef(x)<f(x0),∀x∈C.En particulier l’hyperplan d’équation[f=f(x0)]sépare{x0}etCau sens large.
Preuve :
Par translation, on peut toujours supposer que 0E∈Cet considéré la jauge deCqu’on note par pCdéfinie par
PC: E −→ R+∪ {+∞}
x 7−→ inf{t>0; 1tx∈C} avecinf∅= +∞.
On montre (en exercice !) que
∀t>0,∀x∈E, pC(tx)6tpC(x)<∞,∀x,y∈E,pC(x+y)6pC(x) +pC(y)et C={x∈E|C(x)<1}.
On poseG:=vect(x0) =R.x0et on considère la forme linéairegsurGdéfinie par pour tout t∈R:
g(tx0) :=t.
On ag(x)≤pC(x),∀x∈G(il suffit de distinguer les cast>0 ett≤0). Grâce au théorème de Hahn-Banach, forme analytique, il existefune forme linéaire surE, prolongeantgtelle que
Revenons au théorème 2.4
Preuve (du théorème 2.4)
On pose C = A − B. C un convexe (facile), C est ouvert
(C = ∪
y∈B( A − y ) ) et 0 ∈ / C (car A ∩ B = ∅ ). D’après le lemme 2.5 il existe f ∈ E
0tel que : f ( z ) < 0 , ∀ z ∈ C, autrement
f ( x ) < f ( y ), ∀ x ∈ A , ∀ y ∈ B . On fixe α ∈ R avec
sup
x∈A
f ( x ) ≤ α ≤ inf
y∈B
f ( y ),
ce qui montre que l’hyperplan d’équation [ f = α] sépare au sens
large A et B. u t
Théorème De Hahn-Banach, deuxième forme géométrique
Théorème 2.6 (
Théorème De Hahn-Banach, deuxième forme géométrique) SoitA,Bdeux sous ensembles convexes deE, non vides et disjoints. SiAest fermé etB est compact alors il existe un hyperplan fermé qui sépareAetBau sens strict.Preuve :
Pourε >0 tel que les sous ensembles convexes, ouverts et non videsAε:=A+B(0, ε)et Bε=B+B(0, ε)soient disjoints (cetεexiste sinon, il existera des suites
(εn)n∈N→0,(xn)n∈N∈Aet(yn)n∈N∈Btelles quekxn−ynk<2εn;ce qui nous donnera une suite extraite(yϕ(n))n∈Nqui converge vers un élémenty∈A∩B.D’après le théorème précédent, il existe un hyperplan fermé d’équation[f=α]séparantAεetBεau sens large. Ce qui se traduit par :
f(x+εz)≤α≤f(y+εz),∀(x,y)∈A×B,z∈B(0,1).
Il en résulte que :
f(x) +εkfk ≤α≤f(y)−εkfk,∀(x,y)∈A×B.
Exercice
Dans l’exercice suivant, on montre que les hypothèses des théorèmes de Hahn-Banach (forme géométrique 1 et 2) sont optimales.
Exercice 2.7
SoitE=R[X]l’espace des polynômes surR,muni de la normesupsur[0,1].Soit
R[X]+:={P∈E: P(X) =
n
X
i=1
aiXi, avec an>0}
et
R[X]−:={P∈E: P(X) =
n
X
i=1
aiXi, avec an<0}.
1 Montrer queR[X]+etR[X]−sont convexes et disjoints.
2 Montrer qu’il n’existe pas d’hyperplan qui sépareR[X]+etR[X]−.
Un critère de densité
Corollaire 2.8
Soit F ⊂ E un sous-espace vectoriel tel que F 6= E . Alors il existe f ∈ E
0\ { 0
E0} tel que :
h f , x i = 0 , ∀ x ∈ F .
Preuve :
Soitx0∈E,x0∈/F.On applique le théorème précédent avecA:=FetB:={x0}.Il existe f∈E0\ {0E0}tel que l’hyperplan[f=α]sépare au sens strictFet{x0}.On a :
hf,xi< α <hf,x0i,∀x∈F.
Ce qui implique quehf,xi=0,∀x∈F,puisqueλhf,xi< α,∀λ∈R.
Remarques
Remarque
D’après ce corollaire, on conclut qu’un sous-espace vectoriel F de E est dense si ∀ f ∈ E
0: f |
F= 0 ⇒ f = 0
E0.
Remarque
D’après le théorème de Hahn-Banach, on a : si E est un espace
normé E 6= { 0
E} alors E
06= { 0
E0} , grâce aux corollaires 1.6 et 1.7.
Exemple I
Dans cet exemple classique, on montrer que siEn’est pas un espace normé (n’est pas un evtlc !) cette affirmation n’est plus vraie.
Exemple :
SiE=Lp([0,1]), 0<p<1,muni de la distance :
d(f,g) = Z1
0
|f(t)−g(t)|pdt,
alorsEest un espace métrique complet,E6={0E}par contreE0={0
E0}.
Soitϕ∈E0.Alorsϕ:Lp([0,1])→Rest linéaire et continue.
Supposons queϕ6=0.
On a doncIm(ϕ) =R.Par suite, il existe unf0∈Etelle que|ϕ(f0)| ≥1. SoitFla fonction continue définie par :F(x) =Rx
0|f0(t)|pdt.Puisque1
2F(1)∈[0,F(1)],par le théorème des valeurs intermédiaires, il existex0∈[0,1]tel queF(x0) = 1
2F(1)autrement Zx0
0
|f0(t)|pdt=1 2
Z1 0
|f0(t)|pdt>0.
Soitg1=f0χ[0,x
0]etg2=f0χ]x
0,1].Alorsg1+g2=f0et|f0|p=|g1|p+|g2|p,et de plus on a : Z1
|g(t)|pdt= Zx0
|f(t)|pdt=1 Z1
|f(t)|pdt
Exemple II
et donc
Z1 0
|g2(t)|pdt=1 2
Z1 0
|f0(t)|pdt.
Puisque|ϕ(f0)| ≥1 alors|ϕ(g1)| ≥1
2ou|ϕ(g2)| ≥ 1 2 En effet : Si|ϕ(g1)|< 1
2et|ϕ(g2)|<1 2alors
1≤ |ϕ(f0)|=|ϕ(g1) +ϕ(g2)| ≤ |ϕ(g1)|+|ϕ(g2)|<1 2+1
2=1 ce qui absurde.
Supposons|ϕ(g1)| ≥1
2et posonsf1=2g1.On a|ϕ(f1)| ≥1 et Z1
0
|f1(t)|pdt=2p Z1
0
|g1(t)|pdt=2p−1 Z1
0
|f(t)|pdt.
De la même façon, par itération, on conclutfn∈Etelle que
Z1 Z1
Exemple III
Commep<1 on aura 2p−1<1.D’où
n→+∞lim d(fn,0) =0.
Commeϕest continue, on obtient que : lim
n→+∞ϕ(fn) =0 ce qui absurde puisque|ϕ(fn)| ≥1.
Doncϕ=0.Par conséquent(Lp([0,1]))0={0}.
3 Espaces de Baire
Définition 3.1
Un espace topologique ( E , T ) est dit de Baire si pour toute suite d’ouverts (Θ
n)
ndense dans E, T
n
Θ
nest dense dans E i.e.
∀ (Θ
n)
n∈ T
N, ∀ n ∈ N , Θ
n= E
= ⇒ \
n
Θ
n= E .
Remarque
( E , T ) est de Baire si et seulement si pour toute suite de fermés ( F
n)
ntelle que ∀ n , F
◦n= ∅ , on a int ( S F
n
) = ∅ .
Propriétés
Proposition 3.3
Soit ( E , T ) un espace de Baire et ( F
n)
n∈Nune suite de fermés tels que ∪
n∈NF
n= E. Alors Ω = ∪
n∈NF
◦nest un ouvert dense dans E .
Démontration :
SoitGle ferméE\(∪n∈N
◦
Fn). Il s’agit de montrer queGest d’intérieur vide.
Pour toutn∈N,le ferméG∩Fnest d’intérieur vide carint(G∩Fn)⊂G∩ F◦n=∅, et comme (E,T)est un espace de Baire,
∪n∈N(G∩Fn) =G∩[∪n∈NFn] =G∩E=G
est d’intérieur vide.
Remarque
Remarque
Si ( E , T ) est un espace de Baire non vide, alors E ne peut pas être
réunion dénombrable de fermés d’intérieurs vides.
Théorème de Baire
Théorème 3.5 (Théorème de Baire)
1. Tout ouvert d’un espace de Baire est de Baire.
2. Tout espace métrique complet est de Baire (théorème de Baire).
3. Tout espace localement compact est de Baire.
Preuve I
Démontration :
1. Soit(E,T)un espace de Baire, soitA∈ T (ouvert deE). Soit(θn)nune suites d’ouverts de (A,TA=A∩ T)denses dansA(c-à-dθn∈ T etθn⊂A⊂θn). Posonsθ=∩nθn(⊂A). Il suffit de montrer queA⊂θ(la fermeture dansE).
PosonsWn=θn∪Ac, on aWn∈ Tet E⊂A∪ Ac
⊂θn∪ Ac
⊂Wn⊂E. Puisque(E,T)est de Baire,
E=∩nWn=θ∪Ac=θ∪ Ac
, donc
A= A∩θ
∪ A∩ Ac
| {z }
=∅,carA⊂A
=A∩θ. AinsiA⊂θ.
2. Soit(E,d)un espace métrique complet. Soit(θn)n∈N∗une suite d’ouverts denses dans(E,d). Notonsθ=∩nΘnet montrons queθ=Ece qui est équivalent à montrer que toute boule ouverte non vide rencontreθ.
SoitB(x0,r0)une boule ouverte de centrex0∈Eet de rayonr0>0. On aB(x0,r0)∩θ1est un ouvert non vide (carθ est dense) donc il existex ∈Eetr ∈]0,1[tels que la boule fermée
Preuve II
ri∈]0,1n[etBf(xi,ri)⊂B(xi−1,ri−1)∩θi. Puisqueθn+1est dense dansEalors il existexn+1∈E etrn+1∈]0,n+11[tels que
Bf(xn+1,rn+1)⊂B(xn,rn)∩θn+1.
On a ainsi construit par récurrence la suite(xn,rn))ndansE×]0,+∞[telle que pour toutn∈N∗, rn<1netBf(xn,rn)⊂B(xn−1,rn−1)∩θn.
En particulier, la suite(Bf(xn,rn)))n∈N∗est une suite décroissante de fermés de diamètres qui converge vers 0 dans l’espace complet(E,d). Donc
\
n∈N∗
Bf(xn,rn)6=∅ par conséquentθ∩B(x0,r0)P∅.
3. Soit(E,T)un espace localement compact. Soit(θn)n∈N∗une suite d’ouverts denses dans (E,T). Notonsθ=∩nΘnet montrons queθ=Ece qui est équivalent à montrer que tout ouvert VdeEnon vide rencontreθ.
En utilisant la densité desθnet que(E,T)est localement compact, nous construisons ar récurrence une suite de compacts d’intérieurs non vides(Kn)n∈N∗deEtelle que
∀n>1,Kn⊂◦Kn−1∩θnetK1⊂V∩θ1. Ainsi(Kn)n∈N∗est une suite de compacts non vides décroissante, doncT
nKn6=∅. Par conséquent,θ∩V6=∅.
Conséquences
Corollaire 3.6
R n’est pas dénombrable.
Démontration :
SinonR=S
x∈R{x}est une réunion dénombrable des fermés pour la topologie usuelle associée à la distance usuelled(x,y) =|x−y|, mais(R,d)est complet donc il est de Baire. Ceci donne en particulier queR=
◦
R=∅puisque∀x∈R,
◦
{x}=∅. Absurde.
Conséquences
Corollaire 3.7
Tout espace de Banach à base dénombrable est de
dimension finie, par exemple on n’a pas de norme sur R [ X ] qui le rend complet.
Démontration :
Supposons qu’il existe un espace de Banach à base dénombrable est de dimension infinie.
Soit donc(en)n∈N∗une base deE.Pour tout entier natureln,on pose Fn:=vect(e1,e2,· · ·,en)
Pour toutn∈N∗,le sous-espaceFnest de dimension finie donc fermé ; de plus Pour toutn∈N∗, le sous-espaceFnest d’intérieur vide car si une boule ouverteB(x0,r)est inclue dansFn(avec r>0), alorsx0∈Fnetx0+2|| r
en+1||en+1∈Fnpar suiteen+1∈Fn, ce qui est absurde.
D’après le théorème de Baire,∪n≥1Fnest d’intérieur vide dansEce qui est absurde car
∪n≥1Fn=E.
Définition
Définition 3.8
1
On dit que A est résiduel si elle contient une intersection dénombrable d’ouverts denses dans E .
2
On dit que A est maigre si elle est contenue dans une
réunion dénombrable de fermés de E d’intérieurs vides.
Conséquences I
Corollaire 3.9
Soient(E,T)un espace de Baire et(F,d)un espace métrique. On considère une suite(fn)n∈Nd’applications continues deEdansF, convergeant simplement vers une applicationfdeEdansF. Alors
fest continue sur une partie dense deE.
C-à-d l’ensemble des points oùfsont continues est un résiduel.
Démontration :
Pourn,k∈N, on pose
Fk,n:= \
p,q>n
{x∈E: d(fq(x),fp(x))6 1 2k}.
On aFk,nest un fermé deEcar l’intersection des fermés est un fermé et l’image réciproque d’un fermé par une fonction continue est fermé. On a aussi, puisquefnconverge simplement versf,
∀k∈ , E=[ F .
Conséquences II
D’après la proposition 3.3
Ωk def= [
n∈N
◦
Fk,n est un ouvert dense dansE.
PosonsΩdef=T
k≥∈NΩk. On aΩest dense dans(E,T)puisque ce dernier est de Baire. Montrons quefest continue surΩ, pour cela soitx0∈Ωet soitε >0. Considérons un entierk0tel que
1
k0 < ε3 etn0un entier tel quex0∈◦Fk0,n0. Soitx∈◦Fk0,n0⊂Fk0,n0, on a∀p>n0,
d(fp(x),fp(x0))6d(fp(x),fn0(x0))+d(fn0(x),fn0(x0))+d(fn0(x0),fp(x0))6 2 k0
+d(fn0(x),fn0(x0)).
En tendantp→ ∞, on obtient
∀x∈◦Fk0,n0, d(f(x),f(x0))6 2 k0
+d(fn0(x),fn0(x0)).
D’autre part, la continuité defn0enx0implique l’existence d’un ouvertWdeEcontenantx0tel
Conséquences III
Ainsi,
∀x∈W∩◦Fk0,n0, d(f(x),f(x0))6 3 k0
< ε.
Exercice
Exercice 3.10
1. Montrer que 1
Qn’est pas limite simple d’une suite de fonction continues de R dans R .
2. Calculer lim
p→+∞
lim
n→+∞
(cos π p ! x )
2n.
Conséquences
Corollaire 3.11
Soit f : R → R une fonction dérivable sur R . Alors la fonction dérivée f
0est continue sur un ensemble dense de R .
Démontration :
Il suffit de considérer la suite des fonctions fn: R −→ R
x 7−→ n f(x+1n)−f(x)
qui est une suite de fonctions continues qui converge versf0et puisqueRest de Baire et métrique, on d’après le corollaire précédent que la fonction dérivéef0est continue sur un ensemble dense deR.
Chapitre 2
Espaces vectoriels topologiques – evt
Dans la suiteKest uncorps commutatif(souvent l’un des deux corpsCouRet parfoisQ).
(E,+,·)désignera unK-espace vectoriel etT une topologie surE. On prendre aussi comme notationD={t∈K ; |t|61}(Dpour disque).
Plan de ce chapitre
4
Espaces vectoriels topologiques – evt
5
EVT localement convexe – evtlc
6
Espaces de Fréchet
Notation
Soit A et B deux partie des E, a ∈ A, t ∈ K et Λ ⊂ K . Notation
a + B = { a + b ; b ∈ B } , A + B = { a + b ; a ∈ A et b ∈ B } ,
tA = { ta ; a ∈ A } et Λ A = { ta ; t ∈ Λ et a ∈ A } .
Définition
Définition 4.2
On dit queA
1. est un sous espace vectoriel deEsiAhérité des lois de compositions deEest un espace vectoriel ce qui équivalent à dire queA6=∅et vérifie∀t∈K,∀x,y∈A, on a tx+y∈A.
2. est un sous espace affine deEs’il existea∈Atel queA−aest un sous espace vectoriel deE.
3. est convexe si∀x,y∈A,[x,y]def={tx+ (1−t)y;t∈[0,1]} ⊂A.
4. est équilibrée si∀t∈D,∀x∈A, on atx∈A, i.e.DA=A.
5. absolument convexe s’il est à la fois convexe et équilibrée.
6. absorbeBs’il existeα >0 tel que∀λ∈K,|λ|>α =⇒ B⊂λA.
7. absorbant si∀x∈E,Aabsorbe{x}.
Remarque
Remarque
Tout sous espaces affines est convexe.
Propriétés
La propriété suivante est fondamentale malgré sa simplicité soit en son énoncé soit en sa démonstration. On la rencontre en topologie, en intégration et maintenant en analyse fonctionnelle (en algèbre en réalité). Elle est vraie pour pas mal de familles (topologies, tribus, sous groupes ...)
Proposition 4.4
L’intersection quelconque de sous espaces vectoriels (resp. sous espaces affines, resp. de parties convexes, resp. de parties équilibrées, resp. de parties absolument convexes) deEest un sous espace vectoriel (resp. un sous espaces affine, resp. une partie convexe, resp. une partie équilibrée, resp. une partie absolument convexe).
Démontration :
Évidente
Remarque
Remarque
DA est la plus petite partie équilibrée de E contenant A.
Remarque Importante
! La proposition précédente justifie l’existence de « le plus petit
truc » contenant une partie A de E et est dit le truc engendré par A
avec truc l’une des phrases « sous espace vectoriel », « sous espace
affine », « convexe », « équilibré » ou « absolument convexe ». C’est
l’intersection (qui est non vide, contient E) des tous « trucs » qui
contient A.
Définitions
Définition 4.6 (et notations)
1. Le sous espace vectoriel engendré par A est dit
l’enveloppe linéaire de A, il est noté Vect
K( A ) ou Span
K( A ) ou simplement Vect ( A ) , si on ne craint pas la confusion.
2. Le convexe engendré par A est dit l’enveloppe convexe de A, il est noté co ( A ) .
3. L’ensemble absolument convexe engendré par A est dit
l’enveloppe absolument convexe de A, il est noté aco ( A ) .
4. Le sous espace affine engendré par A est dit l’enveloppe
affine de A, il est noté Aff
K( A ) ou simplement Aff ( A ) , si on ne
craint pas la confusion.
Propriétés
Proposition 4.7
co ( A ) ⊂ aco ( A ) ⊂ Aff ( A ) = a + Vect ( A − a ) ⊂ Vect ( A ) = Aff ( A ∪{ 0 }) avec a ∈ A.
Preuve
En exercice.
Théorème
Théorème 4.8 Soit x ∈ E
X x ∈ Vect ( A ) ⇐⇒
∃ n ∈ N
∗, ∃ t
1, t
2, ··, t
n∈ K , ∃ x
1, x
2, ··, x
n∈ A tel que x = t
1x
1+ · · + t
nx
n.
X x ∈ aco ( A ) ⇐⇒
∃ n ∈ N
∗, ∃ t
1, t
2, ··, t
n∈ K , ∃ x
1, x
2, ··, x
n∈ A tel que
( x = t
1x
1+ · · + t
nx
n| t
1| + · · +| t
n| 6 1 . X x ∈ co ( A ) ⇐⇒
∃ n ∈ N
∗, ∃ t
1, t
2, ··, t
n∈ [ 0 , 1 ], ∃ x
1, x
2, ··, x
n∈ A tel que
( x = t
1x
1+ · · + t
nx
nt + · · + t = 1 .
Preuve
Démontration :
Facile et par une méthode maintenant standard (méthode qu’on a vu en intégration ...). Posons F={x∈E| ∃n∈N∗, ∃t1,t2,··,tn∈K, ∃x1,x2,··,xn∈Atel quex=t1x1+· ·+tnxn}puis on montreFest un sous espace vectoriel contenantAce qui donne queVect(A)⊂F, l’autre inclusion est triviale.
Faites la même chose pour les autres implications.
Définitions
Définition 4.9
Une application p : E −→ [ 0 , +∞[ est une semi norme si ( i )∀ t ∈ K , ∀ x ∈ E , p ( tx ) = | t | p ( x )
ii )∀ x , y ∈ E , p ( x + y ) 6 p ( x ) + p ( y ).
Elle est une norme si de plus elle vérifie iii ) p ( x ) = 0 ⇐⇒ x = 0.
Exercice 4.10
Soit p une semi norme sur E, montrer que B
0def
= { x ∈ E ; p ( x ) < 1 } et B
fdef
= { x ∈ E ; p ( x ) 6 1 } sont
jauge ou fonction de Minkowski
Définition 4.11 (jauge ou fonction de Minkowski)
Soit A une partie de E telle que { t > 0 | x ∈ tA } 6= ∅ (e.g. A absorbante). On appelle fonction de Minkowski ou la jauge de la partie A dans E la fonction p
Adéfinie par
p
A: E −→ [ 0 , +∞[
x 7−→ inf{ t > 0 | x ∈ tA }
Un théorème
Théorème 4.12
Si A est une partie absorbante et absolument convexe alors sa jauge p
Aest une semi norme telle que
B
odef
= { x ∈ E ; p ( x ) < 1 } ⊂ A ⊂ B
fdef
= { x ∈ E ; p ( x ) 6 1 }
Voir TD.
Quelques notions et notations topologiques
Pour cette sous section je renvoi le lecteur au cours de la topologie générale du semestreS5. Cependant je vous rappelle que la fermeture ou l’adhérence deAnotée Aest le plus petit fermé de l’espace topologique(E,T)contenantAc’est
l’intersection de tous les fermé contenantA. L’intérieur deA,noté
◦
AouintE(A), est le complémentaire dansEde la fermeture du complémentaire deAi.e.
◦ A=E\
E\A
c’est le plus grand ouvert inclut dansA.
Dans ce module on utilisera les notions (topologiques) de compacité,
d’homéomorphisme, de topologie métrisable ... une révision du cours de topologie est fort utile.
Définition
Définition 4.13
On dit que ( E , +, ·, T ) ou simplement ( E , T ) est un espace vectoriel topologique (evt pour écrire simple) si les deux fonctions
ψ : E × E −→ E
( x , y ) 7−→ x + y
et φ : K × E −→ E
( t , y ) 7−→ t · y = ty
sont continues en prenant les topologies produits sur les
ensembles de départs et en prenant la topologie usuelle sur
R .
Propriétés
Proposition 4.14
1. Soit ( t , e ) ∈ K
∗× E, alors
h : E −→ E x 7−→ tx + e est un homéomorphisme.
2. ∀ x ∈ E, V
E( x ) = { x + V ; V ∈ V
E( 0 )} avec V
E( x ) est l’ensemble des voisinages de x.
3. Soit V ⊂ E,
V ∈ V
E( 0 ) ⇐⇒ ∀ t ∈ K
∗, tV ∈ V
E( 0 ) ⇐⇒ ∃ t ∈ K
∗, tv ∈ V
E( 0 ).
4. Soit A ⊂ E,
A = \
V∈VE(0)
( A + V ) .
5. ( E , T ) est séparé si et seulement si { 0 } est fermé.
Mohammed Hassani Analyse fonctionnelle — S6 FP-Safi Dépt. de Maths & Info – SMA — S6 63/214
Décomposition des voisinages
Théorème 4.15
! Soit ( E , T ) un evt.
1. ∀ V ∈ V
E( 0 ) , V est absorbant.
2. ∀ V ∈ V
E( 0 ) , ∀ t ∈ K , ∃ W ∈ V
E( 0 ) tel que V est un
ouvert équilibré et W + tW ⊂ V (t = 1 est le cas le plus
important).
Preuve
Démostration :
1. Soitx∈E, on aφest continue en(0,x)donc il exister>0 etW∈ VE(x)tels que rDW=φ(rD×W)⊂V, en particulier∀s>1r,{x} ⊂sV.
2. On aψest continue en(0,0)donc il existeU,U0deux voisinages de 0 dansEtels que U+U0=ψ(U,U0)⊂V. D’autres part la continuité deφen(0,0)assure l’existence d’un ouvert θdeEcontenant 0 et der>0 tels querDθ=φ(rD×θ)⊂U∩U0. Posons
(rDθ sit=0 (rDθ)∩ rtDθ sinon. On trouve queWest un ouvert équilibré contenant 0 etW+tW⊂V.
Conséquences
Par récurrence on a le corollaire suivant
Corollaire 4.16
Pour tout voisinage V de 0, pour tout entier n ∈ N
∗, il existe un ouvert équilibré θ contenant 0 tel que
θ + · · +θ
| {z }
nfois
⊂ V .
Propriétés
Proposition 4.17
Dans un evt ( E , T ) , 0 admet une base de voisinages fermés équilibrés.
Démostration :
Soitθ∈ VE(0). D’après le théorème 4.15 il existe un ouvert équilibréW∈ VE(0)tel que W+W⊂θdonc
W=∩V∈VE(0)(W+V)⊂W+W⊂θ.
Il reste à montrer queWest équilibré, en exercice et voir le TD.
Exercice
Exercice 4.18 (Voir aussi le TD)
1. Aéquilibré =⇒ Aetco(A)sont équilibrés. 2. Aéquilibré etA∈ VE(0) =⇒ ◦Aest équilibré.
3. Aconvexe =⇒ AetA◦sont convexe.
Définitions
Définition 4.19
Soit ( E , T ) un evt et A ⊂ E.
X A est bornée
si et seulement si ∀ V ∈ V
E( 0 ), ∃ t > 0 , tA ⊂ V.
X A est totalement bornée (ou pré-compacte)
si et seulement si ∀ V ∈ V
E( 0 ), ∃ B
V⊂ E tel que B
Vfinie et
A ⊂ B + V.
Exercice
Exercice 4.20 (Voir aussi le TD)
1.Aest bornée etB⊂A =⇒ AetBsont bornées.
2.Aest pré-compacte etB⊂A =⇒ AetBsont pré-compactes.
3.Aest compacte =⇒ Aest pré-compacte=⇒ Aest bornée.
4.Aest un sous espace vectoriel deE =⇒ Aest un sous espace vectoriel deE.
5. SiAest un sous espace vectoriel deEtel queA◦6=alorsA=E.
Propriétés
Proposition 4.21
Soit E et F deux evt et f : E → F une application linéaire. On a f est continue sur E ⇐⇒ f est continue en 0 .
Démostration :
=⇒)triviale.
⇐= )Soitx∈EetV∈ VF(f(x))donc il existe un voisinageWde 0 dansF(evt) tel que V=f(x) +Wd’oùf−1(V) =x+f1(W)∈ VE(x), puisquefest continue en 0 et donc f1(W)∈ VE(0).
Remarque
Remarque
Soit E et F deux evt et f : E → F une application linéaire continue.
On a
i ) Si F est séparé alors le noyau de f Ker ( f )
def= f
−1({ 0 }) est fermé dans E.
ii ) Si B est une partie bornée (resp. pré-compacte) de E alors f ( A )
est bornée (resp. pré-compacte) dans F.
Un théorème utile
Théorème 4.23
Soit E un evt et Soit f : E → R une application telle que
∀ x , y ∈ E, ∀ t > 0
i ) f ( x + y ) 6 f ( x ) + f ( y ) et ii ) f ( tx ) = tf ( x ).
Alors
1)fest continue ⇐⇒ 2) (f<1)est un ouvert
⇐⇒ 3) (f<1)∈ VE(0)
⇐⇒ 4) (f61)∈ VE(0)
⇐⇒ 5)fcontinue en 0
⇐⇒ 6) ∃q:E→Rcontinue en 0 :f6qsur un voisinageUde 0.
Preuve I
Démostration :
On remarque d’abord,f(0) =f(2×0) =2f(0)doncf(0) =0,
f(y)−f(x) =f(x+ (y−x))−f(x)6f(y−x)et 0=f(x−x)6f(x) +f(−x)donc
−f(x)6f(−x).
On a 1) =⇒ 2) =⇒ 3) =⇒ 4)et 1) =⇒ 6)sont triviales.
4) =⇒ 5) :SoitV∈ VR(0)donc il existeε >0 tel que]−ε, ε[⊂V. On a
ε(f61) = (f6ε)∈ VE(0), soitW∈ VE(0)équilibré tel queW⊂(f6ε)et pour toutx∈W, on a−x∈Wdoncf(x)6εetf(−x)6ε. Mais 0=f(x−x)6f(x) +f(−x), d’où−f(x)6ε. Ainsif(x)∈]−ε, ε[⊂V. Doncfest continue en 0.
5) =⇒ 1) :Soitx∈Eet montrons quefest continue enx. Pour cela, soitV∈ VR(f(x))donc il existeε >0 tel quef(x) +ε]−1,1[=]f(x)−ε,f(x) +ε[⊂V. Orfest continue en 0 donc il existeW∈ VE(0)équilibré tel queW⊂f−1(]−ε, ε[). Doncx+W∈ VE(x)et pour tout y∈x+W, on ay−x∈Wetx−y∈Wd’oùf(y−x)< εetf(x−y)< ε. Mais
|f(y)−f(x)|6f(y−x)∨f(x−y)< ε, Ainsif(y)∈V.
6) =⇒ 1) :D’après l’équivalence de 1)et 5), il suffit de montrer quefest continue en 0. Soit V∈ VR(0)donc il existeε >0 tel que]−ε, ε[⊂V. Par suite il existeW∈ VE(0)équilibré tel que W⊂U∩q−1(]−ε, ε[).
Soitx∈W, donc−x∈W,f(x)6q(x)< εet−f(x)6f(−x)6q(−x)< ε. Ainsi
Un autre théorème utile
Théorème 4.24
Soit(E,T)un evtséparéde dimensionnsur le corpsK=CouR(et nonQ). Soit (e1,··,en)une base (algébrique) deE. Alors l’application
h: Kn −→ E
(t1,··,tn) 7−→ Pn i=1tiei
est un isomorphisme topologique (une application linéaire qui est une homéomorphisme). En particulier(E,T)est normable.
Remarque
Si on ne dit pas le contraire K
nsera toujours muni de la norme
||( t
1, ··, t
n)|| = max{| t
1|, ··, | t
n|} .
Preuve I
Démostration :
On ahest linéaire bijective c-à-d isomorphisme algébrique (car(e1,··,en)une base deE). Il reste à montrer queheth−1sont continues en 0=0Knet 0=0Erespectivement.
XSoitV∈ VE(0). Montrons queh−1(V)∈ VKn(0):
SoitW∈ VE(0)tel queWest un ouvert équilibré etW+· ·+W
| {z }
nfois
⊂V.
D’autres part, les fonctionsαi:K→E, t7→teisont continues pouri=1· ·ncarαi=φ◦βi
avecβi:K→K×E, t7→(t,ei),φest continue (Eest un evt) etβiest continue (topologie produitsur l’ensemble d’arrivé et les fonctions coordonnées sont continues : l’identité et une fonction constante ).
En déduit queU=Tn
i=1 α−i 1(W)∈ VK(0)etUn=U× · · ×U
| {z }
nfois
⊂h−1(V). D’où la continuité deh.
XSoitV∈ VKn(0). Montrons que(h−1)−1(V) =h(V)∈ VE(0):
Soitr>0 tel queBr={t∈Kn ; ||t||<r}=rB1⊂V, il suffit donc de montrer que h(B1)∈ VE(0).
On aS={t∈Kn ; ||t||=1}est une partie compacte deKncarK=CouR(le casK=Qne marche pas !) et puisquehest continue etEestséparé, on obtienth(S)est compact et en particulierh(S)est fermé dansE, de plush(0) =0 donc 0∈Udef=E\h(S)qui est un ouvert deE.
Soit doncWun ouvert équilibré tel que