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Introduction `a l’Homologie d’Intersection

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

l’Homologie d’Intersection

Alberto Arabia

(Pr´ epublication. Ann´ ee 2002)

Institut de Math´ ematiques de Jussieu Universit´ e Paris 7 - Denis Diderot

U.F.R. DE MATH´ EMATIQUES Neuvi` eme ´ etage, plateau D, bureau 9D11.

175, rue du Chevaleret. 75013 Paris.

(2)

A

(3)

Ces notes sont compl´ementaires des notes “Faisceaux pervers sur les vari´et´es alg´ebriques complexes. Correspondance de Springer (d’apr`es Borho-MacPherson)”

http://www.math.jussieu.fr/~arabia/math/Pervers.pdf

Table des mati`eres

§1. Rappels... 3

1.1. Foncteurs d´eriv´es... 3

1.1.2. R´esolutions... 3

1.1.4. Existence des foncteurs d´eriv´es... 4

1.1.11. Objets et r´esolutions acycliques... 6

1.1.15. Unicit´e des foncteurs d´eriv´es... 8

1.2. Cat´egories de faisceaux... 10

1.2.1. La suite exacte fondamentale... 10

1.2.2. Le triangle exact ∆(U,X,Z;F)... 10

1.2.3. Le triangle exact ∆(Z,X,U;F)... 11

1.3. Suites exactes longues de Mayer-Vietoris... 11

1.3.1. Mayer-Vietoris (`a supports ferm´es)... 11

1.3.2. Mayer-Vietoris `a supports compacts... 12

1.4. Faisceauxc-mous et r´esolutionsc-molles... 12

1.5. Dimension cohomologique... 16

1.6. Premiers th´eor`emes d’homotopie... 20

§2. Exemples de calculs d’homologie d’intersection... 27

2.1. Cadre de travail... 27

2.2. Complexe d’intersection pour la perversit´e p... 27

2.3. Objet des calculs... 28

2.4. Homologie d’intersection du cˆone d’une vari´et´e topologique compacte `a coefficients dans le compl´ementaire de son sommet... 28

2.4.1. Cˆone d’un espace topologique... 28

2.5. Homologie d’intersection sur des espaces topologiques compacts... 32

2.6. Homologie d’intersection du double cˆone d’une vari´et´e topologique compacte `a coef- ficients dans le compl´ementaire des sommets... 32

2.6.1. Double cˆone d’un espace topologique... 32

2.7. Homologie d’intersection d’une vari´et´e topologique compacte `a coefficients dans le compl´ementaire d’un ensemble fini... 33

2.8. Homologie d’intersection d’un bouquet de vari´et´e topologiques `a coefficients dans le compl´ementaire du point de base ... 34

2.8.1. Bouquets... 34

2.9. Homologie d’intersection d’un espace singulier compact `a singularit´es isol´ees `a coef- ficients dans sa partie lisse... 35

2.10. Homologie d’intersection d’une vari´et´e topologique compacte `a coefficients dans le compl´ementaire d’une sous-vari´et´e ferm´ee... 37

2.12. Conclusions... 39

§3. Dualit´e sur les espaces stratifi´es... 41

3.1. Espace topologiquement stratifi´e... 41

3.1.3. Exemples... 43

3.1.4. Espace topologiquement stratifi´e purement de dimensiond... 43

(4)

Alberto Arabia

3.1.7. Condition d’´equisingularit´e... 44

3.2. Constructibilit´e... 44

3.2.1. Faisceaux d´eriv´es... 44

3.2.2. Faisceaux d´eriv´es `a supports dans une partie localement ferm´e... 45

3.2.3. Le triangle exact fondamental... 45

3.2.4. Amplitudes d’un complexe... 45

3.2.5. Troncatures intelligentes... 46

3.2.7. ComplexesX-cohomologiquement localement constants... 47

3.3. Th´eor`eme d’homotopie... 49

3.3.1. Filtrations ferm´ees... 49

3.3.2. Homotopies filtr´ees... 50

3.3.5. Th´eor`eme d’homotopie... 51

3.4. Dualit´e de Grothendieck-Verdier... 55

3.4.1. Image directe `a supports propres... 55

3.4.4. Plongements localement ferm´es... 57

3.4.7. Adjonction et dualit´e de Grothendieck-Verdier... 59

3.4.9. Image inverse exceptionnelle... 60

3.4.11. Complexe dualisant... 61

3.4.12. D´efinitions... 61

3.5. Dualit´e de Poincar´e sur les vari´et´es topologiques... 63

3.5.1. Faisceau d’orientations... 63

3.5.3. Le cas des vari´et´es diff´erentielles... 64

3.5.4. Le cas des vari´et´es topologiques... 64

3.6. Stabilit´e deDFb- clc(X) par dualit´e de Grothendieck-Verdier... 66

3.6.2. Dualit´e de Grothendieck-Verdier sur les espaces stratifi´es... 68

3.7. Produits et th´eor`eme de K¨unneth... 70

3.7.2. Produit tensoriel externe... 71

3.8. Applications stratifi´ees... 73

§4. Prolongement interm´ediaire, perversit´e, homologie d’intersection... 76

4.1. ´Equivalence de cat´egories de Deligne... 77

4.1.1. Prolongement interm´ediaire des faisceaux... 77

4.1.4. Prolongement interm´ediaire des syst`emes locaux... 78

4.2. Perversit´e et pseudovari´et´es... 78

4.3. Homologie d’intersection des pseudovari´et´es... 79

§5. Caract`ere intrins`eque de l’homologie d’intersection... 80

5.1. Filtrations `a strates lisses... 80

5.2. Raffinements de filtrations... 80

5.3. Comparaison de complexes d’intersection... 81

5.4. Vari´et´es cohomologiques... 84

5.4.4. Une vari´et´e cohomologique non topologique... 85

5.5. Dualit´e de Poincar´e sur les vari´et´es cohomologiques... 86

5.5.1. Espaces cohomologiquement stratifi´es... 87

5.5.3. Tableau r´ecapitulatif des caract´erisations des complexes d’intersection... 88

5.6. Filtration associ´ee `a une perversit´e et un syst`eme local... 88

5.6.3. Syst`eme locaux maximaux sur les vari´et´es cohomologiques.... 90

– 2 –

(5)

5.7. Caract´erisation intrins`eque des complexes d’intersection... 92

5.7.1. Support cohomologique des complexes de faisceaux... 92

5.8. Caract`ere local des complexes d’intersection... 93

§6. Formule de K¨unneth pour l’homologie d’intersection... 94

6.1. Quelques op´erations sur les perversit´es... 94

6.2. Homologie d’intersection d’un produit de pseudovari´et´es... 96

§7. Fonctorialit´e de l’homologie d’intersection... 98

7.1. Images inverses par des morphismes lisses... 98

7.2. `A propos de la fonctorialit´e de l’homologie d’intersection... 99

§8. Quelques r´ef´erences bibliographiques... 99

§1. Rappels 1.1 Foncteurs d´eriv´es

Dans cette section nous rappelons assez rapidement des r´esultats classiques concernant les foncteurs d´eriv´es. Les r´ef´erences [H,KS] sont recommand´ees.

1.1.1. Notations. Etant donn´´ ee une cat´egorie ab´elienne A et une sous-cat´egorie pleine et additive B de A (1), on note :

K+(B), resp.K(B) : cat´egorie des complexes born´es `a gauche, resp. `a droite, d’ob- jets de B, o`u les morphismes sont les morphismes de complexes modulo homotopie.

N±(B) : classe des complexes acycliques de K±(B).

K±(B)/N±(B) : cat´egorie quotient.

D+(A), respD(A) : cat´egorie d´eriv´ee des complexes d’objets deAborn´es `a gauche, resp. `a droite.

Q(A) :K±(A)D±(A) : foncteur de localisation.

On rappelle que le foncteur de localisation Q(A) :K±(A)D±(A) est la correspon- dance qui associe `a un objet de K±(A) le mˆeme objet dans D±(A) et `a un morphisme ϕ∈MorK±(A)(O1,O2) sa classeϕ∈MorD±(A)(O1,O2) apr`es localisation.

1.1.2. R´esolutions. Une «r´esolution `a droite d’un objet O de A par des objets de B»

est la donn´ee d’un complexe (M, d) deC0(B) et d’un morphismeε:OM0 v´erifiant d0◦ε= 0 tels que le complexe :

0O−−−−−−−−ε−−−→−−M0−−−−−−−d−−−0−→−−M1−−−−−−d−−−−1−→−−M2−−−−−−−d−−−2−→ ···−− est exact.

1Il revient au mˆeme de demander que B soit une sous-cat´egorie pleine de A stable par sommes directes finies dans A.

(6)

§1.1 Alberto Arabia §1

Dualement, une «r´esolution `a gauche d’un objet O de A par des objets de B» est la donn´ee d’un complexe (M, d) de C0(B) et d’un morphisme ε:M0O v´erifiant ε◦d−1= 0 tels que le complexe :

···−−−−−d−−−−3−−−→−−M2−−−−−d−−−−2−−−→−−M1−−−−−d−−−−1−−−→−−M0−−−−−−−−ε−−−→−−O0 est exact.

La preuve de la proposition suivante est laiss´ee en exercice.

1.1.3. Proposition

a)Si tout objet de A est sous-objet d’un objet de B:

i) Tout objet de A admet une r´esolution `a droite par des objets de B.

ii)Pour chaque complexe born´e `a gaucheOd’objets de A, il existe un complexe born´e

`

a gauche M d’objets de B et un quasi-isomorphisme ϕ:OM.

iii)Le foncteurQAinduit une ´equivalence de cat´egories deK+(B)/N+(B)versD+(A).

b)Si tout objet de A est quotient d’un objet de B:

i) Tout objet de A admet une r´esolution `a gauche par des objets de B.

ii)Pour chaque complexe born´e `a droite O d’objets deA, il existe un complexe born´e

`

a droite M d’objets de B et un quasi-isomorphismeϕ:MO.

iii)Le foncteurQAinduit une ´equivalence de cat´egories deK(B)/N(B)versD(A).

1.1.4. Existence des foncteurs d´eriv´es. Lorsque un foncteur F :AA entre cat´e- gories ab´eliennes est additif, il induit par son action terme `a terme, des foncteurs de cat´egories triangul´ees not´esK±(F) :K±(A)K±(A).

La proposition suivante est corollaire imm´ediat de la proposition1.1.3.

1.1.5. Proposition et d´efinition.Soit B une sous-cat´egorie pleine et additive de A. a)Si pour tout M∈N+(B), le complexe F(M) est acyclique, le foncteur K+(F) :

K+(A)K+(A)induit un foncteur K+(F) :K+(B)/N+(B)D+(A). Si de plus, tout objet de A est sous-objet d’un objet de B, le foncteur K+(F) est naturellement d´efini sur D+(A) o`u il est not´e IRBF :

K+(B) −−−−−−−−−−−→−− K+(A) K

+(F)

−−−−−−−−−−−−−−−−−−−→−K+(A)



Q(A) Q(A) K+(B)/N+(B)≡D+(A)IRBF D+(A)

K+(F)

Le foncteurIRBF :D+(A)D+(A)est un foncteur exact entre cat´egories triangul´ees, c’est«le foncteur d´eriv´e `a droite de F relativement `a B».

b)Si pour tout M∈N(B), le complexe F(M) est acyclique, le foncteur K(F) : K(A)K(A)induit un foncteur K(F) :K(B)/N(B)D(A). Si de plus,

– 4 –

(7)

tout objet de A est quotient d’un objet de B, le foncteur K(F) est naturellement d´efini sur D(A) o`u il est not´e ILBF :

K(B) −−−−−−−−−−−→−− K(A)−−−K−−−−−−−−−−(F−−−−−→−) K(A)



Q(A) Q(A) K(B)/N(B)≡D(A)ILBF D(A)

K(F)

Le foncteurILBF :D(A)D(A)est un foncteur exact entre cat´egories triangul´ees, c’est«le foncteur d´eriv´e `a gauche de F relativement `a B».

1.1.6. Notation. Dans les cas consid´er´es dans1.1.5, si O est un objet deAet si O[0] d´e- signe le complexe dont les termes son nuls sauf celui en degr´e 0 qui vautO, on pose pour m∈Z (2)

IRmBF(O) :=hm IRBF

O[0]

, ILmBF(O) :=hm ILBF

O[0]

.

1.1.7. Exercice. En supposant les condition de la proposition1.1.5remplies, prouver les assertions suivantes.

a) Le foncteur IR0B:AA est exact `a gauche et

IR0BF(M)F(M) et IRmBF(M) = 0, pour toutm∈Z\{0}, pour tout objet M de B.

b) Le foncteur IL0B:AA est exact `a droite et

IL0BF(M)F(M) et ILmBF(M) = 0, pour tout m∈Z\{0}, pour tout objet M de B.

c) Pour toute suite exacte courte 0O1O2O30 d’objets de A, on a des suites exactes longues :

··· →IRm−1B F(O3) IRmBF(O1)→IRmBF(O2) IRmBF(O3) IRm+1B F(O1)→ ···

··· → ILm−1B F(O3) ILmBF(O1) ILmBF(O2) ILmBF(O3) ILm+1B F(O1)→ ···

1.1.8. Remarque. Un corollaire de cet exercice qui m´erite d’ˆetre soulign´e est que la ca- t´egorie B permet ´egalement de d´efinir le foncteur d´eriv´e `a droite IRB(IR0BF). Dans ce cas, on a IRmB(IR0BF)≡IRmB(F), pour tout m >0. Autrement dit, les foncteurs d´eriv´es `a droite d’ordre sup´erieur proviennent toujours de d´eriver un foncteur exact `a gauche. Cette mˆeme remarque s’applique, dualement, aux foncteurs d´eriv´es `a gauche.

2Tout au long de ces notes, la notation hm[C] d´esignera lem-i`eme objet de cohomologie d’un com- plexe (C, d) d’objets d’une cat´egorie ab´elienne ;i.e. hm[C] := ker(dm)/im(dm−1).

(8)

§1.1 Alberto Arabia §1

1.1.9. Commentaire et terminologie. Notons IA (resp. PA) la sous-cat´egorie pleine de A dont les objets sont les objets injectifs (resp. projectifs) de A. On dit que A «pos- s`ede suffisamment d’objets injectifs (resp. projectifs)» si tout objet de A est sous-objet (resp. objet quotient) d’un objet injectif (resp. projectif).

La sous-cat´egorieIA est une sous-cat´egorie additive de Aet un th´eor`eme de base dans la th´eorie des r´esolutions d´emontre qu’un complexe acyclique I born´e `a gauche d’objets injectifs est toujours homotope `a z´ero. Par cons´equent, quel que soit le foncteur additif F, le complexe F(I) est homotope a z´ero donc acyclique. Il s’ensuit (1.1.5) que si la cat´ego- rie Aposs`ede suffisamment d’objets injectifs, le foncteurIRIAF est toujours d´efini. C’est le «foncteur d´eriv´e `a droite de F», not´e IRF.

Ces remarques sont valables, dualement, en rempla¸cant `injectif´ par `projectif´ et le foncteur ILPAF est not´e ILF.

Par exemple, si A est un anneau :

La cat´egorie Mod(A) des A-modules poss`ede suffisamment d’objets injectifs et pro- jectifs. Tout foncteur additif d´efini sur Mod(A) admet des foncteurs d´eriv´es `a droite et`a gauche.

Pour tout espace topologiqueX, la cat´egorie FaisA(X) des faisceaux deA-modules sur X, poss`ede suffisamment d’objets injectifs, mais g´en´eralement pas suffisamment d’objets projectifs (cf.ex.1.5.4). Tout foncteur additif sur FaisA(X) admet donc des foncteurs d´eriv´es `a droite, mais pas n´ecessairement `a gauche (cf.1.1.19).

1.1.10. D´efinition.Une classe IF d’objets de A, est appel´ee«classe d’objetsF-injectifs dans A»lorsqu’elle v´erifie les conditions de1.1.5-(a),i.e.:

IF-a) Tout objet de Aest sous-objet d’un objet de IF.

IF-b) Si O1 et O2 sont des objets de IF, la somme directeO1O2 est un objet de IF. IF-c) F(N+(IF))⊆N+(A).

Une classe PF s’objets de A, est appel´ee «classe d’objets F-projectifs dans A» lors- qu’elle v´erifie les conditions de1.1.5-(b), i.e.:

PF-a) Tout objet deA est quotient d’un objet de PF.

PF-b) SiO1 et O2 sont des objets de PF, la somme directe O1O2 est un objet de PF. PF-c) F(N(PF))⊆N(A).

1.1.11. Objets et r´esolutions acycliques. On reprend les donn´ees du paragraphe pr´ec´e- dent en supposant les conditions de la proposition1.1.5satisfaites de sorte que les foncteurs d´eriv´es par rapport `aB sont d´efinis. Une question importante se pose alors, `a savoir : l’in- d´ependance des foncteurs d´eriv´es relativement `a B. Autrement dit, ´etant donn´ees B et B v´erifiant les conditions de1.1.5, `a quelle condition les foncteursIRBF et IRBF (resp.

ILBF etILBF) sont-ils canoniquement isomorphes.

– 6 –

(9)

Un premier pas dans cette direction passe par la notion d’«objet acyclique» que nous allons traiter uniquement dans le cas des foncteurs d´eriv´es `a droite d’un foncteur additif exact `a gauche (cf.1.1.8) ´etant entendu que le cas des foncteurs d´eriv´es `a gauche se traite de mani`ere parfaitement sym´etrique.

1.1.12. D´efinition. Un objet O de A est dit«IRBF-acyclique» lorsque IRmBF(O) = 0, pour tout m >0. Une r´esolution `a droite0OM0M1→ ··· o`u tous les Mi sont IRBF-acycliques est«une r´esolutionIRBF-acyclique de O».

1.1.13. Exercice. Montrer qu’un objet injectif deA estIRBF-acyclique.

1.1.14. Th´eor`eme.SoitF :AA un foncteur additif entre cat´egories ab´eliennesexact

`

a gauche et soit B une classe d’objets F-injectifs dans A. Alors, a)Tout objet de B estIRBF-acyclique.

b)Etant donn´´ ee une suite exacte courte 0O1O2O30 d’objets de A, i) Si O1 estIRBF-acyclique, la suite 0F(O1)F(O2)F(O3)0 est exacte.

ii)Si O1 et O2 sontIRBF-acycliques, il en est de mˆeme de O3.

c)Pour tout complexe acyclique born´e `a gauche (M, d) d’objets IRBF-acycliques, le complexe (F(M),F(d)) est exact.

d)La classe des objets IRBF-acycliques est une classe d’objets F-injectifs dans A. Le foncteur d´eriv´e `a droite de F relativement aux objetsIRBF-acycliques est canonique- ment isomorphe `a IRBF.

e)Pour tout objet OA et toute r´esolution IRBF-acyclique OM, il existe un iso- morphisme canonique F(M)→IRBF(O) dans D+(A). En particulier, on a des iso- morphismes canoniques

hm[F(M)]−−−−−−−−−−−→−−IRmBF(O).

f)Pour tout complexe M born´e `a gauche d’objetsIRBF-acycliques, il existe un isomor- phisme canonique de D+(A):

F(M)−−−−−−−−−−−→−−IRBF(M). D´emonstration

a) Par d´efinition de IRBF.

b) Imm´ediat apr`es inspection de la suite longue de foncteurs IRBF associ´ee `a la suite exacte courte 0O1O2O30.

c) Il suffit de le v´erifier pour un complexe de la forme

0M0−−−−−−−d−−−0−→−−M1−−−−−−d−−−−1−→−−M2−−−−−−−d−−−2−→ ···−− −−−d−−−−−1−−−−→−−M−−−−−−d−−−−−→ ···−−

CommeF est suppos´e exact `a gauche, on ah0(F(M)) =h1(F(M)) = 0. D’autre part, coker(F(d0)) =

1 F(coker(d0)) =F(ker(d2)) =

2 ker(F(d2))

(10)

§1.1 Alberto Arabia §1

=

1

d’apr`es (b-i) et =

2

puisque F est exact `a gauche. Par cons´equent

hr(F(M)) = 0, pour toutr2. ( ) On remarque ensuite que hr(F(M)) =hr−1(F(N)), pour tout r >2 (), o`u N est le complexe

0ker(d2)−−−−−−−−−−−→−−M2−−−−−−d−−−−2−→−−M3−−−−−−d−−−−3−→ ···−− −−−d−−−−−1−−−−→−−M−−−−−−d−−−−−→ ···−−

Comme ker(d2) est aussiIRBF-acyclique d’apr`es (b-ii), l’´egalit´e ( ) s’applique N et () donne l’annulation deh3(F(M)). `A partir de l`a, un argument r´ecursif sur rdonne l’annulation de tous les hr(F(M)) avecr >0,cqfd.

d,e,f) Cons´equence des assertions pr´ec´edentes. D´etails laiss´es en exercice.

1.1.15. Unicit´e des foncteurs d´eriv´es.Le th´eor`eme suivant, corollaire de1.1.14, donne le caract`ere intrins`eque des foncteurs d´eriv´es.

1.1.16. Corollaire. On reprend les donn´ees du th´eor`eme 1.1.14. Soient B et B deux classes d’objets F-injectifs dans A. Alors,

a)Un objet de A est IRBF-acyclique, si et seulement si, il estIRBF-acyclique. En par- ticulier la classe des objets IRBF-acycliques est ind´ependante de B.

b)Les foncteurs IRBF et IRBF sont canoniquement isomorphes.

D´emonstration. Compte tenu de 1.1.14-(d), il suffit de prouver (a). Soit O un objet IRBF-acyclique et fixons une suite exacte courte0OOQ0 () avec O dans B. La suite exacte longue des foncteurs IRBF associ´ee `a () commence par :

0F(O)−−−−−−−−−−−→−−F(O)−−−−−−−−b−−−→−−F(Q)−−−−−−−−−−−→−−IR1B(O)−−−−−−−−−−−→−−IR1B(O) =0−−−−−−−−−−−→ ···−−

o`u best surjectif par hypoth`ese sur B et d’apr`es1.1.14-(b-i). On en d´eduit les ´egalit´es : IRmBF(O)≡IRmB1F(Q), pour toutm2, et

IR1BF(O) = 0, ( )

et ceci, quel que soit l’objet IRBF-acyclique O.

Fixons une suite exacte courte 0OOR0

0 0

0O−−−−−−−−−→− O−−−−−−−−−→−Q0

|| 0O−−−−−−−−−→−O−−−−−−−−−→−Q0

(D) R −−−−−− R

0 0

o`u O est IRBF-acyclique. On a le diagramme (D) de lignes et colonnes exactes ci-apr`es o`u l’objet Q:=O/O est IRBF-acyclique d’apr`es1.1.14-(b-ii).

CommeO est dans B, la suite

0F(O)F(O)F(R)0 est exacte ce qui entraˆıne aussitˆot l’exactitude de

0F(Q)F(Q)F(R)0. ()

On en d´eduit une injection IR1BF(Q)→IR1BF(Q) = 0, et alors IR2BF(O) = 0 par ( ).

– 8 –

(11)

Nous prouvons maintenant, par r´ecurrence sur m, l’´egalit´e IRmBF(O) = 0, pour tout m3 et quel que soit l’objet IRBF-acyclique O. En effet, supposons l’assertion v´eri- fi´ee pour tout n < m. D’apr`es ( ), on a IRmBF(O)≡IRmB1F(Q), et la suite longue de cohomologie associ´ee `a la colonne centrale de (D) montre que IRm−2B F(R) = 0. Par cons´e- quentIRmB1F(Q) est un sous-objet deIRmB1F(Q) lui-mˆeme nul par hypoth`ese inductive, cqfd.

1.1.17. Notations et terminologies. Compte tenu de1.1.16-(b), l’indication de B dans la notation `IRBF´ est superflue et peut donc ˆetre effac´ee. Dans la suite, la notation IRF d´esignera le foncteur d´eriv´e `a droite intrins`eque d´efini `a l’aide d’une quelconque classe d’objetsF-injectifs.

Dans le mˆeme ordre d’id´ees, l’assertion1.1.16-(a) montre que la notion d’objet IRBF- acyclique est aussi ind´ependante de B. L’expression «objet IRBF-acyclique» sera donc abr´eg´ee en «objet IRF-acyclique». `A ce sujet, on trouve souvent dans la litt´erature l’ex- pression«objetF-acyclique»; celle-ci est alors synonyme de«objetIRF-acyclique»lorsque F est exact `a gauche, et de«objet ILF-acyclique»lorsque F est exact `a droite.

Le crit`ere suivant est souvent utilis´e pour d´emontrer qu’une classe d’objets de A est une classe d’objets F-injectifs.

1.1.18. Proposition. Soient F :AA un foncteur additif entre cat´egories ab´eliennes exact `a gauche, et IF une classe d’objets de A v´erifiant :

IF-i) Pour toute suite exacte0ON P0 d’objets deAavecO∈IF, la suite 0F(O)F(N)F(P)0 est exacte.

IF-ii)Pour toute suite exacte 0O1O2P0 d’objets de A avec O1,O2∈IF, on a P∈IF.

Alors :

a)Pour toute suite exacte 0O0−−−−d−−→−0O1−−−−d−−→ ···−1 −−−d−−−−−1−−−−→−O d−−−−−−→ ···− d’objets de IF, la suite (F(M),F(d)) est exacte.

b)On suppose que la classe IF v´erifie les conditions suppl´ementaires suivantes : (IF-iii)Tout objet de A s’injecte dans un objet de IF.

(IF-iv)La somme directe de deux objets de IF est un objet de IF. Alors IF est une classe d’objetsF-injectifs dans A.

D´emonstration

a) Mˆeme preuve que pour1.1.14-(c).

b) Imm´ediat.

1.1.19. Exemple. La cat´egorie FaisA(X) ne poss´edant g´en´eralement pas suffisamment d’objets projectifs (cf.ex. 1.5.4), la d´efinition de foncteurs d´eriv´es `agaucher´esultera de

(12)

§1.2 Alberto Arabia §1

prouver auparavant qu’il existe une classe d’objets projectifs pour le foncteur en question.

Un exemple classique en ce sens est celui du foncteur exact `a droite «produit tensoriel»

F := ()⊗M: FaisA(X)FaisA(X), avec M∈FaisA(X). Il est facile de voir que la classe PF des faisceaux dont les germes sont des A-modules plats est une classe d’ob- jetsF-projectifs dans FaisA(X). Le foncteurILF :D(FaisA(X))D(FaisA(X)), not´e classiquement ()LM, est donc toujours d´efini.

1.2 Cat´egories de faisceaux

Dans toute cette partie un espace topologique (not´eS,T,U, . . . ,Z) sera tacitement sup- pos´e m´etrisable et localement compact. Toute partie localement ferm´ee d’un tel espace est automatiquement m´etrisable, localement compact et paracompact. On prendra garde du fait que le compl´ementaire d’un sous-espace localement ferm´e n’est pas n´ecessairement localement ferm´e.

Tous les foncteurs que nous allons consid´erer dans la suite ont d´ej`a ´et´e d´efinis dans les notes de cours [A].

1.2.1. La suite exacte fondamentale. Pour toute partie localement ferm´ee SX de compl´ementaire A:=X\S et tout faisceau F Faisk(X), nous avons la suite exacte `a gauchefondamentale d´ependant fonctoriellement de F :

0→iS!ΓS(F)−−−−−−−−−−−→−−F−−−−−−−−q−−−→−−iA(FA)0. (1) Lorsque le faisceau F est flasque le morphisme q est surjectif, le faisceau F est ΓS- acyclique et sa restriction FA est flasque (car X m´etrisable (3)) donc iA-acyclique. On en d´eduit un foncteur (exact) de la cat´egorie d´eriv´eeD+k(X) vers la cat´egorie (triangul´ee) des triangles exacts de D+k(X) associant `a un complexe de faisceauxFle triangle exact :

S,X,A;F:= iS!(IRΓSF)−−−−−−−−−−−−−−−−−−−→−F−−−−−−−−−−−−−−−−−−−→−IRiA(FA)−−−−−−−−[+1]−−−−−−−−−−−→−

(2) et `a un morphisme de complexes en cat´egorie d´eriv´ee α:F→G, le morphisme de tri- angles exacts :

iS!(IRΓiSS!F(IRΓ)S−−−−−α−−−−−−−−)−−−−−−→−Fα−−−−−−−−−−−−−−−−−−−→− IRiA(FIRiA∗A)−−−−−−A−−[+1]−−−)−−−−−−−−→−

iS!(IRΓSG)−−−−−−−−−−−−−−−−−−−→− G−−−−−−−−−−−−−−−−−−−→− IRiA(GA)−−−−−−−−[+1]−−−−−−−−−−−→−

1.2.2. Le triangle exact ∆(U, X, Z;F). Lorsque S et une partie ouverte dans X, on note alors U:=S et Z:=X\U, la suite fondamentale (1) est exacte `a droite quel que soit le faisceau F. De plus, les foncteurs ΓU et i−1U sont naturellement isomorphes,

3Cf. Godement “Th´eorie des faisceaux”, page 151.

– 10 –

(13)

iZ=iZ!, et les quatre foncteurs : iU!, iU1, iZ! et iZ1 qui apparaissent maintenant dans la suite fondamentale (1), c’est-`a-dire dans la suite :

0−−−−−−−−−−−→−−iU!(F U)−−−−−−−−−−−→−−F−−−−−−−−−−−→−−iZ!(F Z)−−−−−−−−−−−→−−0,

sont tous exacts. En particulier, le triangle (2) correspond `a la suite suite exacte courte de complexes de faisceaux :

∆(U,X,Z;F) := 0−−−−−−−−−−−→−−iU!(FU)−−−−−−−−−−−→−−F−−−−−−−−−−−→−−iZ!(FZ)−−−−−−−−−−−→−−0

. () Les foncteurs IRΓ(X;) et IRΓc(X;) appliqu´es () donnent respectivement :

La suite exacte longue d’hypercohomologies (`a supports ferm´es) :

−−−−[+1]−−−−−−−→−−IHm

X;iU!(FU)−−−−−−−−−−−→−−IHm(X;F)−−−−−−−−−−−→−−IHm

Z;FZ−−−−[+1]−−−−−−−→−−

La suite exacte longue d’hypercohomologies `a support compact :

−−−−[+1]−−−−−−−→−−IHcm(U;FU)−−−−−−−−−−−→−−IHcm(X;F)−−−−−−−−−−−→−−IHcm(Z;FZ)−−−−[+1]−−−−−−−→−− puisque (cf.1.4.5)

IRΓc(X;iU!())≡IRΓc(U;) et IRΓc(X;iZ!())≡IRΓc(Z;).

1.2.3. Le triangle exact ∆(Z, X, U;F). Lorsque S et une partie ferm´ee dans X, on note Z:=S etU :=X\Z; le triangle fondamental (2) s’´ecrit alors :

∆(Z,X,U;F) := iZ(IRΓZF)−−−−−−−−−−−→−−F−−−−−−−−−−−→−−IRiU(FU)−−−−[+1]−−−−−−−→−− et donne lieu `a la suite exacte longue d’hypercohomologie :

−−−−[+1]−−−−−−−→−−IHZm(X;F)−−−−−−−−−−−→−−IHm(X;F)−−−−−−−−−−−→−−IHm(U;F)−−−−[+1]−−−−−−−→−−

1.3 Suites exactes longues de Mayer-Vietoris

1.3.1. Mayer-Vietoris (`a supports ferm´es). Pour tous ouverts U1, U2X, notons U12:=U1∩U2. Les morphismes de restriction entre les foncteurs des sections

ρUU

i() :Γ(U,)→Γ(Ui,−) et ρUi

U12() :Γ(Ui,−)→Γ(U12,−) donnent lieu `a une suite exacte`a gauche:

0−−−−−−−−−−−→−−Γ(U,−)

ρUU

1ρUU

−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−2−−→−Γ(U1,−)⊕Γ(U2,−)

ρUU1

12ρUU2

−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−−12−−→−Γ(U12,−)−−−−−−−−−−−→−−0

qui est exacte `a droite lorsque elle est appliqu´ee `a un faisceau flasque. On a donc un foncteur de la cat´egorie d´eriv´eeDk+(X) `a valeurs dans la cat´egorie des triangles exacts :

F IRΓ(U,F)−−−−−−−−−−−→−−IRΓ(U1,F)⊕IRΓ(U2,F)−−−−−−−−−−−→−−IRΓ(U12,F)−−−−[+1]−−−−−−−→−− dont on d´erive la suite exacte longue de Mayer-Vietoris d’hypercohomologies :

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