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(1)

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Détection des interactions moléculaires par les temps de

relaxation des molécules polaires

Pierre Girard, Paul Abadie

To cite this version:

(2)

DÉTECTION

DES INTERACTIONS

MOLÉCULAIRES

PAR LES TEMPS DE RELAXATION DES

MOLÉCULES

POLAIRES

Par MM. PIERRE GIRARD et PAUL ABADIE.

Sommaire. 2014 L’expérience montre que conformément à la théorie de Debye relative à la

dispersion

des molécules polaires dans le Hertzien il est possible de définir une grandeur 2014 le rayon de la molécule

supposée sphérique 2014 dont le cube est proportionnel au temps de relaxation (03C4) de la molécule indépen-damment de la viscosité (~) et de la température (T). Cette indépendance vis à vis de (~) et de (T) nous

permet la comparaison des temps de relaxation de différentes sortes de molécules polaires mème à l’état de liquide pur ou diluées dans un solvant non polaire. Tout d’abord ces comparaisons conduisent à ce

résultat que pour les liquides purs le temps de relaxation (03C4) est trop petit lorsque la polarisabilité de la molécule est grande. Lorsque la molécule comprend plusieurs moments élémentaires le (r) décroit comme

le nombre de groupements fonctionnels porteurs de moment. On discute l’interprétation de ce résultat paradoxal et on arrive à cette conclusion qu’il est imputable aux interactions moléculaires, supposées inexistantes dans la théorie de Debye. Mais c’est la dilution des molécules polaires 2014

quelle que soit leur nature 2014 dans un solvant non polaire qui va nous apporter les enseignements essentiels. En portant en

abscisse la concentration c en molécules polaires et en ordonnée le rapport du (03C4) de la molécule polaire dans le milieu dilué et dans le liquide pur on obtient des courbes qui passent toutes par un maximum dans les cas envisagés.

Ces courbes montrent l’extrême sensibilité aux interactions moléculaires du temps de relaxation qui apparait comme un détecteur remarquable de ces interactions.

L’analyse de ces courbes conduit à envisager deux modalités d’interactions moléculaires 2014 celles qui accroissent (03C4) quand c croit et celles qui le diminuent 2014 ces dernières sont fonctions de la pola-risabilité des molécules.

1. Conditions

d’application

de la théorie de la

dispersion. -

On sait que

Drude,

expérimentant

sur des

liquidés

diélectriques,

découvrit le

phénomène

de la

dispersion

anomale,

consistant dans une

décrois-sance de la constante

diélectrique

du

milieu,

avec

l’accroissement de la

fréquence

du

champ

oscillant,

accompagnée

d’une

absorption

de l’onde

électrique,

pas-sant par un maximum pour une certaine valeur de

cette

fréquence. Debye,

dans la théorie

qu’il

proposa du

phénomène,

introduisit la notion de

dipôle

perma-nent et rendit

compte

de son allure par le

temps

de

relaxation d’orientation des

molécules,

la

polarisation

du

milieu,

due à l’orientation des

dipôles, atteignant

sa valeur maximum -c secondes

plus

tard que le

champ

oscillant.

La théorie de

Debye

est

aujourd’hui

classique ;

nous

n’avons pas à

l’exposer

ici.

Mais,

il est nécessaire de

rappeler

les conditions

d’application

de cette

théorie,

telles que les a d’ailleurs définies M.

Debye

lui-même.

Partons de

l’expression

de

Lorentz-Lorenz,

le terme y

correspond

à la

polarisabilité.

Dans le

cas le

plus

simple,

celui d’un

champ électrique

cons-tant,

le calcul

qui

conduit à

l’expression

du moment moyen de la molécule

polaire,

est tout à fait

analogue

au calcul du moment

magnétique

moyen des molécules

portant

un moment

magnétique

permanent

qui

fut

effectué,

pour la

première

fois par M.

Langevin.

La marche du calcul est celle-là même

qu’a

indiquée

M.

Langevin.

Le

terme y

est,

comme on

sait,

la somme de deux termes :

L’un

y’

correspondant

à la

polarisabilité

induite,

l’autre

y"

à la

polarisabilité

permanente.

Dans le cas

d’un

champ constant y

est de la forme :

p étant le moment

permanent

de la molécule

polaire,

K la constante de Boltzmann et T la

température

absolue.

Dans le cas

plus compliqué

d’un

champ

(3)

296

natif,

l’expression complexe,

à

laquelle

est parvenu M.

Debye,

est de la forme :

oii r est le

temps

de relaxation de la molécule oscil-lant dans le

champ

alternatif. Cette

grandeur u

est elle-même de la forme :

(~

étant la viscosité du

milieu,

mesurée au viscosimètre et a le rayon de la molécule

supposée

sphérique).

Or,

pour

parvenir

aux

expressions complexes

au-jourd’hui

classiques

de M.

Debye

et dont les

parties

réelles

sont,

pour la

dispersion

(1)

et pour

l’absorption

(II),

de la forme :

Il faut encore repasser par la relation de Clausius-Mossotti en écrivant :

et

Ces remarques fixent les conditions

d’application

de la théorie de

Debye, qui

sont

précisément

celles

qu’im-plique

la relation de Clausius-Mossotti.

Or,

la loi de Clausius-Mossotti est basée sur la

rela-tion

existant,

dans le calcul du

champ

interne,

entre les forces

qui

s’exerçent

sur une

particule chargée

présente

dans le milieu. Pour calculer les forces

agis-sant sur une telle

particule chargée

dans le sein d’un

diélectrique

on

plongent

deux lames conductrices

larges

et

rapprochées,

on suppose, comme on

sait,

une

sphère

creuse au milieu de

laquelle

se trouve la

parti-cule ;

le rayon de cette

sphère

étant

grand

par

rapport

aux dimensions

moléculaires,

mais

petit

par

rapport

aux

grandeurs

macroscopiques

habituelles. Trois sortes de forces

agiront

sur cette

particule :

les forces

fi,

dues

aux

charges électriques

distribuées sur les

lames,

les

forces

correspondant

à la

polarisation

du milieu circonscrivant la cavité

sphérique,

les forces

f~,

qui

seraient celles

qui

s’exerceraient entre les molécules à l’intérieur de la

petite sphère. Mais,

comme on ne sait rien sur ces forces

f3,

et que l’on ne

peut

les

calculer,

on suppose à

priori

f3

=

0,

c’est-à-dire un milieu de

grande

dispersion

moléculaire. La théorie de

Debye

ne concernera donc que les milieux où les interactions

moléculaires sont

nulles, c’est-à-dire,

les gaz et

peut-être les solutions très étendues de molécules

polaires

dans un solvant non

polaire.

C’est d’ailleurs ce que

M.

Debye

a

pris

soin de

préciser.

Mais,

en

fait,

sur le terrain

expérimental

il est difficile

d’établir une courbe de

dispersion

et une courbe

d’ab-sorption

de

façon

précise, lorsque

la

différence fi

- eo est très

petite.

Pour

parvenir

à

quelque précision,

il faut

s’adresser,

soit à des solutions ou des dilutions

relati-vement concentrées en molécules

polaires

ou, mieux

encore, à des

liquides

purs, constitués par de telles molécules.

L’ensemble de ces remarques fait

comprendre

la

méthode

d’investigation

à

laquelle

tout naturellement

nous avons été conduits et

qui

a consisté dans la

recherche et l’étude des désaccords entre les données de

l’expérience

et la théorie de

Debye,

considérée

comme un modèle de référence.

L’interprétation

de ces

désaccords

s’est,

en

fait,

montrée fructueuse en nous

fournissant de

précieux renseignements

et en nous

suggérant

des

hypothèses

nouvelles relativement à des

phénomènes qui

influencent la

dispersion

et

l’absorp-tion des

milieux,

mais dont la

portée

et l’intérêt

dé-passent

ceux de la

dispersion

et de

l’absorption

consi-dérées en elles-mêmes.

C’est ainsi que l’étude des

polyalcools

et notamment de la

glycérine,

nous a fourni les

premiers

renseigne-ments

précis

sur l’association des

molécules,

ou tout

au

moins,

sur cette modalité d’association dite

«

polaire

», où les

dipôles

associés conservent un

moment

apparent

et suivent les oscillations du

champ

alternatif

(’ ). Dans

ce

travail,

c’est dans un domaine interdit

jusqu’ici àl’expérimentation

des

physiciens

que cette méthode

d’investigation

va nous

permettre

de

pénétrer,

celui des interactions moléculaires.

2. Méthode de mesure. - La méthode utilisée

fut la deuxième méthode de Drude.

Deux fils de

Lecher, parallèles

et de

longueur

varia-ble,

sont constitués par deux tubes

pleins

coulissant dans deux tubes creux.

Perpendiculairement

à ce

pre-miei

système

de fils de

Lecher,

est

couplé

un second

système

portant

à son extrémité

supérieure

un

couple

thermoélectrique

relié à un

galvanomètre.

Le

premier

système

est court-circuité à l’une de ses extrémités et est

couplé

à l’oscillateur de

façon

assez lâche. L’autre extrémité est fermée sur un condensateur constitué par un

petit

tube de verre

percé

à mi-hauteur de deux

trous

opposés,

par

lesquels passent

deux fils de

platine

soudés à deux

petites

surfaces de

platine

formant les lames du condensateur.

Lorsque

le condensateur contenant le

liquide

à étu-dier est en

place

et

lorsqu’on

fait varier la

longueur

du

(1) Voir Transactions

v f the

Faraday

Society,

1934, vol 30, 763,

(4)

premier

système

de fils de

Lecher,

on constate que la

déviation donnée par le

galvanomètre

passe par un

maximum ponr certaines

positions

du condensateur

(distantes

d’une demi

longueur d’onde).

Si le

liquide

n’est pas dans une zone de

dispersion

ou s’il n’est pas

conducteur,

autrement dit si son

absorption

est

nulle,

la détermination de la constante

diélectrique

est très

simple ;

elle se fait par

comparaison

avec une série de

liquides,

mélanges

d’acétone et de benzène le

plus

sou-vent,

ne

présentant

aucune

absorption

dans le domaine des

fréquences

utilisées et dont on connaît les e. La détermination de ces derniers se fait à des

fréquences

moins

élevées,

par les méthodes

classiques

et nous

avons vérifié par la

première

méthode de Drude

qu’il

n’y

avait pas de

dispersion

aux

fréquences

utilisées.

Si le

liquide

est

absorbant,

autrement dit s’il ne

peut

plus

être considéré comme un

diélectrique

parfait,

la détermination de son e

qui

est ici

complexe :

t =e 2013

1 ",

est

plus

difficile. Plusieurs

expérimentateurs

ont utilisé comme

liquide

de

comparaison

des solutions conductrices en

prenant

pour valeur de la conductivité

la valeur mesurée en

basse-fréquence.

Pour nous

affranchir de cette

hypothèse,

nous avons utilisé la forme de la « courbe de résonance o : nous avons

appelé

ainsi,

par

analogie

avec les courbes de résonance de

circuits

oscillants,

la courbe donnant la déviation a du

galvanomètre

en fonction de

l’allongement

des fils de Lecher

compté

à

partir

d’une certaine

origine.

En assimilant le condensateur à une

capacité

Ct shun-tée par une résistance 1~, on

peut

montrer que l’on a :

ou a,

b,

c,

a’, b’,

c’ sont des fonctions

de r,

C,

et des

constantes des fils de Lecher. La

position

du maximum de Z et la

largeur

de la courbe pour une certaine

ordon-née

permettent

de déterminer des

quantités

propor-tionnelles

à r,

C et w. On en tire :

et

connaissant (~,

on

peut

à l’aide de

liquides

étalons connaître la valeur de eB

Quant

aux oscillateurs

générateurs

d’ondes courtes

monochromatiques,

commençant

à 17 cm,

puis

28 cm,

puis

donnant à

partir

de 40 cm des ondes dont la

lon-gueur varie de

façon continué,

leur

montage

est soit du

type Pierret,

soit du

type

Barkhausen.

3.

Proportionnalité

du

temps

de relaxation au

rapport

2013.

- L’étude

expérimentale

de la

dispersion

1’

et de

l’absorption

des

liquides

purs et aussi d’une solu-tion de molécules

polaires

dans un solvant non

polaire,

nous a

montré,

que dans de tels

milieux,

la variation du

temps

de relaxation

proportionnelle

à la valeur du

rapport

1 ,

qu’implique

la relation

il

reste bien vérifiée. Dans le tableau

ci-dessous,

les déterminations

désignées

par

(M)

sont celles effectuées par

Mizushima,

à l’aide d’une méthode de

résonance,

en utilisant une gamme de

longueurs

d’onde

beaucoup.

plus grandes

que les nôtres.

Pour déterminer la valeur a, nous

partions

de la courbe

expérimentale

de

dispersion

établie à

tempéra-ture fixe et avec le

plus grand

nombre

possible

de lon-gueurs

d’onde;

puis

nous cherchions

quelle

valeur il

convenait de donner à a

(rayon

de la molécule ramenée à la forme d’une

sphère)

dans

l’expression

(I)

de

Debye

relative à la

dispersion,

pour que la courbe ainsi cal-culée coïncidât le mieux

possible

avec la courbe

expé-rimentale.

TABLEAU I.

On voit que même pour des variations très

impor-tantes

de v]

et de très notables variations de T

et,

cor-rélativement de 2j, la valeur de a reste bien constante.

Un cas

remarquable

est fourni par le

pentanediol ;

malgré

que dans les mesures de White et

Morgan,

et dans les

nôtres,

les viscosités des milieux aient différé dans le

rapport 1/25

000,

la valeur de a

reste identique.

Cette constante de a va

comporter

pour nous de très

importantes

conséquences.

C’est elle

qui

va nous

per-mette de définir une

grandeur a3

proportionnelle

au

temps

de

relaxation, indépendamment

de la viscosité et de la

température.

Ainsi,devient

possiblel’étude

(5)

298

rative du

temps

de relaxation. Les facteurs

variables ri

etT

s’éliminant,

seuls

subsisteront,

comme

susceptibles

d’influencer le

temps

de

relaxation,

le volume

molécu-laire,

la forme

géométrique

et la structure des

molé-cules,

les interaclions moléculaires et la libre rotation interne.

4.

Liquides

purs constitués par des

dipôles

porteurs

d’un seul moment

permanent. -

Les

liquides

purs éludés

ici,

furent une série de

mono-alcools

(alcool méthylique, éthylique, propylique

nor-mal et

isopropylique, butylique

normal et

isobuty-lique,

amylique

normal et

isoamylique),

puis

un acide: l’acide

acétique,

puis

un

aldéhyde,

le citral et une

cétone,

le

méthylheptenone.

Toutes

ces molécules

con-tiennent un seul groupe fonctionnel

porteur

d’un

mo-ment

permanent,

la valeur de ce moment différant très notablement d’une molécule à l’autre. Les valeurs de a

furent

déterminées,

comme nous venons de

l’indiquer

dans le

paragraphe précédent.

,

TABLEAU lI.

On est

surpris

de voir que

malgré qu’il s’agisse

de

liquides

purs où le terme

f,,

correspondant

dans le calcul du

champ

interne aux interactions moléculaires est très

important

et que, par

conséquent,

nous nous

trouvions dans des conditions très

éloignées

des condi-tions

d’application

des relations

(I)

et

(II)

de

Debye,

ces valeurs de a différent en somme peu des valeurs

attribuées aux rayons moléculaires par la théorie

ciné-tique.

Nous pourrons

cependant

remarquer, et nous

utiliserons tout à l’heure cette remarque,

qu’alors

qu’en

ce

qui

concerne les monoalcools les valeurs de a

sont très

voisines,

bien

qu’un

peu inférieures à celles attribuées aux rayons de ces molécules par la théorie

cinétique,

pour l’acide

acétique,

a est nettement

plus

grand;

et pour le citral et pour le

méthylheptenone,

a est nettement

plus petit.

Or,

la valeur

de 11.

pour

l’acide

acétique

est de :

0,8.10-18 U.E.S.,

alors que pour les

monoalcouls,

pris

comme termes de

compa-raison, u.

est

égal

à

l,6io

U.E.S. et pour

l’aldé-hyde

et la molécule

cétonique,

la valeur

de ~

est la même et

égale

à 2.9.10-i8 U.E.S.

5. Molécules contenant

plusieurs

moments ~

permanents

élémentaires. - La

comparaison

des

valeurs de a, pour des

liquides

purs, constitués par des molécules

polaires,

comprenant

plusieurs

groupe-ments fonctionnels

porteurs

d’un moment

permanent,

va nous

conduire,

au

contraire,

à cette constatation que

les valeurs de a

trouvées,

pour ces

molécules,

sont en

complet

désaccord avec les valeurs de r attribuées par

la théorie

cinétique

le tableau I1I

reproduit

ces

valeurs,

précédées

de celles relatives à l’alcool

méthylique,,

pour une série de

polyalcools

allant du

glycol

éthyle-nique

en CI

jusqu’à

la sorbite en CB. Elles furent cal-culées

lorsque

les courbes de

dispersion présentaient

des discontinuités

correspondant

à des associations du

type

polaire,

soit en utilisant la

première

courbe de

dispersion,

soit en utilisant une courbe tracée en

reliant entre eux les

points

de deux courbes

succes-sives. Les résultats sont d’ailleurs sensiblement les mêmes. A ces

résultats,

nous

ajoutons

ceux relatifs à

la

dichlorhydrine symétrique

et à l’acide

glutarique.

Pour tous ces corps, les valeurs de a sont, comme on

voit,

beaucoup

plus

petites

que

~(1,2

au lieu de

2,5

pour

l’acide

glutarique,

1,3

au lieu de 3 pour la

dichlorhy-drine

symétrique, etc.).

En ce

qui

concerne les

poly-alcools,

depuis

le terme en C2

jusqu’au

terme en

CI

-1

une relation

simple

se

dégage

de ces

comparaisons :

le

temps

de relaxation décroît

proportionnellement

au

nombre de

dipôles

élémentaires

figurant

dans la molé-cule. Cette relation de

proportionnalité

inverse à par-tir de l’alcool

méthylique

se vérifie avec

trop

de

préci-sion pour

que nous en

puissions

douter. Elle est exacte-ment l’inverse de ce que la théorie fait

prévoir :

le

temps

de relaxation devant croître pour une valeur

définie du

rapport :

y,

comme le volume moléculaire.

TABLEAU III .

On ne

peut

songer à

interpréter

ces

temps

de

relaxa-tion, trop

petits,

par l’existence de libre rotation intra

moléculaire,

car la

proportionnalité

de r au

rapport

;,5

7,1

montre clairement

qu’il s’agit

de la molécule tout

en-tière oscillant dans un milieu

visqueux.

Des variations de viscosité de milieu

n’ayant

aucune raisou d’influ,

n-cer un moment de friction intra moléculaire. En ou Lie,

(6)

groupements

alcool

ayant

le même moment

permanent

élémentaire,

pourquoi

le

temps

de relaxation

dépen-drait du nombre de ces moments.

Nous avions

pensé

que,

peut-être,

la forme

géomé-trique

de la molécule

expliquerait

ces

trop petites

va-leurs de a, les molécules de

polyaocools

ramenées à la

forme

d’ellipsoïdes

étant d’autant

plus

allongées

qu’elles grouperaient

davantage

de fonctions

alcool,

et les

temps

de relaxation décroissant avec

l’allongement.

Si l’on considère le cas le

plus simple,

celui où le

moment

électrique

de la molécule est orienté suivant

un des axes de

symétrie,

les relations établies par M. Francis Perrin

(’)

aboutissent à la conclusion

qu’il

n’y

a lieu

d’envisager qu’un

seul

temps

de relaxation,

-comme dans le cas de la molécule

sphérique.

S’il

s’agit

d’une

ellipsoïde

de

révolution,

et que le moment

per-manent est

perpendiculaire

à l’axe de

révolution,

le résultat

remarquable

de la théorie de M. Francis Perrin

est que même pour une

ellipsoïde

infiniment

allongée,

le

temps

de relaxation différerait très peu du

temps

de relaxation d’une

sphère

de même volume que

l’ellip-soïde de révolution

envisagée.

Il n’en serait

plus

de même si le moment

permanent

était orienté suivant l’axe de

révolution,

mais alors, le

temps

de relaxation serait

plus grand

que celui d’une

sphère

de même

vo-lume. En somme, de toute

façon,

la théorie et les calculs de M. Francis Perrin

obligent

à

rejeter l’hypothèse

qu’une

forme

d’ellipsoïde

très

allongée,

attribuée aux

polyalcools,

puisse expliquer

des valeurs anormale-ment

petites

du

temps

de relaxation. La forme

géomé-trique

ne conduit donc à aucune

interprétation

des fait

paradoxaux

que nous devons tenter

d’expliquer.

Pas

davantage

les associations : celles non

polaires,où

deux

dipôles

associés neutralisent leur moment perma-nent et cessent d’osciller dans le

champ

alternatif,

sont

sans effet sur le

temps

de relaxation. Seules les associa-tions

polaires,

celles même dont il

s’agit

dans le cas des

polyalcools, pourront

doubler ou

tripler

le

temps

de

relaxation,

selon que les molécules sont associées deux à

deux,

trois à trois. De telles associations ne

peuvent

donc rendre

compte

de

temps

de relaxation

trop

petits.

On est

alors,

par

élimination,

conduit à

envisager

l’intervention des interactions moléculaires.

Ainsi,

nous prenons pour la

première

fois contact avec cette idée que le

temps

de relaxation d’une molécule

polaire

peut

être un réactif sensible de telles interactions moléculaires. Et, tout

naturellement,

nous

rapprochons

de ces

résultats,

ceux relatifs aux molécules ne conte-nant

qu’un

moment

permanent :

à

savoir,

que le

temps

de relaxatiou de l’acide

acétique

dont le moment per-manent est

petit

est un peu

trop grand,

et que ceux du citral et du

méthylheptenone,

dont les moments

per-manents sont

grands,

en

prenant

comme terme de référence les moments des

monoalcools,

sont

trop

petits.

(1) Journal de Physique et Radium, f 934, Série VI1, toine 5, p. 497.

6. Dilution des molécules

polaires

dans des

solvants non

polaires. - Mais,

c’est la dilution des

molécules

polaires

dans des solvants non

polaires qui

va nous

apporter

les

renseignements

essentiels.

Sur les courbes des

figures,

ci-dessous,

les valeurs de r

portées

en

ordonnée, correspondent

au

rapport

du

temps

de relaxation des molécules

polaires

dans les milieux dilués au

temps

de relaxation de ces mêmes

molécules dans les

liquides

purs

(les

temps

de relaxa-tion

envisagés

étant

indépendants

de la viscosité et de la

température).

En abscisse sont

portées

les concentra-tions en pour 100 des molécules

polaires,

dans des solvants. non

polaires.

Les valeurs de a dans

l’expres-sion du

temps

de

relaxation, sont,

comme nous l’avons dit déduites des courbes

expérimentales

de

dispersion

des molécules

polaires.

Ces courbes

ont,

d’ailleurs,

l’allure des courbes de

dispersion

habituelles,

sans aucune

particularité.

Les solvants non

polaires

ne

pré-sentant aucune

dispersion,

en diluant des molécules

polaires

dans un tel

solvant,

nous ne faisons rien

d’autre, quant

aux effets sur le

temps

de

relaxation,

que faire varier les distances de ces molécules

polaires,

en intercalant entre elles des

molécules

non

polaires.

Fig. i.

L’influence

considérable,

d’une

ampleur

inattendue,

d’une telle

dilution,

sur le

temps

de

relaxation,

ne

peut

être attribuée

qu’aux

interactions des molécules

polaires,

variables suivant leurs distances et à l’action des molécules non

polaires

sur ces

interactions,

ou sur

ces molécules elles-mêmes. Bref les effets observés ne

peuvent

être

imputables qu’aux

interactions molécu-laires.

Les courbes ci-dessous se

rapportent

à des molécules très différentes

(trois

monoalcools,

un

acide,

un

aldé-hyde,

une

cétone,

une molécule renfermant deux

grou-pements

fonctionnels

porteurs

d’un moment

perma-nent).

On ne

peut

donc douter de la

généralité

du

phé-nomène.

(7)

300

les deux

diluants,

la valeur de la constante

statique

s i , la viscosité et la

température

des

milieux,

sont les mêmes. Les deux courbes

différent, cependant par leur

hauteur et leur

largeur;

ces différences ne

pouvant

t

être

imputables qu’à

la différence des interactions des molécules non

polaires,

celles de et

CCP’,

sur les molécules d’alcool. Comme on

voit,

pour une

concen-tration de 45 pour 100 en alcool

isoamylique,

le

temps

de relaxation des molécules de cet alcool est trois fois

ce

qu’il

est dans l’alcool pur, si le diluant est

C6H(;,

et

près

de

quatre

fois si le diluant est CCI’.

Fir. 2 et ?.

La

figure 2

est relative à l’alcool

propylique

dans le benzène. La courbe passe

toujours

par un maximum pour une concentration de 30 pour 100 en

alcool,,

et la valeur maximum du

temps

de relaxation est trois fois

ce

qu’elle

est dans l’alcool pur.

Fig. 4.

Pour l’alcool

méthylique

3),

cette valeur

maxi-muni est 5 fois ce

qu’elle

est dans l’alcool pur.

Pour ces trois alcools

(éthylique,

propylique

etiso-.

amylique) qui

ont le même moment

permanent,

les

va-leurs maxima du

temps

de relaxation sont atteintes

sen-siblement pour la mème concentration moléculaire. La

figure 4

est relative à l’acide

acétique

dans le-benzène.

Ici,

la valeur maximum du

temps

de relaxation

est

égale

seulement à moins de 3 fois ce

qu’elle

est dans l’acide pur, mais nous avons

déjà remarqué

que la

valeur de a pour le

liquide

pur, excédait notablement la valeur de a~.

Fig. 5.

La figure i a trait au citralet au méthylheplenone.

Ces deux

types

de molécules ont des moments

permanents

voisins,

celui de

l’aldéhyde

étant un peu

plus

petit

que

celui de la cétone

(2,7

et 2.90-l~

ues).

La valeur maxima est

égale,

pour le

méthylheptenone

à 6 fois et pour le

citral à 7 fois la valeur trouvée pour le

liquide

pur. La

figure

6 se

rapporte

à la

dichlorhydrine

symé-trique

dans le benzène.

On voit,

qu’ici

pour une dilution de 40 pour

100,

la valeur du

temps

de relaxation est presque 8 fois celle du

liquide

pur mais on ne doit pas

oublier que la valeur dans les

liquides

purs constitués par des molécules

ayant

plusieurs

moments

élémentaires,

est

beaucoup

trop

petite

par

rapport

à la valeur

théo-rique. Ajoutons

que la

pente

de la branche

gauche

de la courbe est ici un peu incertaine.

11 est

important

de remarquer que de telles courbes

passant

par uu maximum

peuvent

être tiiées - du

(8)

de toute

théorie,

directement de

l’expérience.

On

peut

remarquer en effet que la variation de la

position

des courbes de

dispersion

sur l’axe des X est

parallèle

à la variation du

temps

de relaxation

(en

supposant

pour

ces courbes de

dispersion

des valeurs de e, -

eo peu

différentes).

Or nous obtiendrions le sommet d’une

courbe

passant

par un maximum par la seule variation

de la

position

sur l’axe des ?, des courbes de

dispersion

correspondant

à des dilutions -

peu différentes si la courbe est

pointue

- encadrant la

dilution pour

la-quelle

la valeur de r est maxima.

Fig. 6. _

Ainsi,

le fait

remarquable,

qu’illustrent

ces

diffé-rentes

courbes,

c’est que le

temps

de relaxation appa-raît comme un détecteur extrêmement sensible aux

interactions

moléculaires, et que

dins un milieu

polaire

deux sortes d’interactions sont à considérer : celles

qui

interviennentpour

l’accroître et celles

qui

le diminuent. Dans la branche

gauche

de la courbe

(branche

ascen-dante)

et

jusqu’au voisinage

du

plateau,

très

probable-ment,

la

première

modalité d’interaction entre seule en

jeu.

Dans la

partie

descendante de la

courbe,

pour des distances suffisamment

petites

entre les

molécules,

deux modalités d’interaction interviennent

simultané-ment,

d’où l’étalement de cette branche descendante.

Cependant,

pour une concentration très élevée

(80

pour

100)

les

premières

sortes

d’intéraètion

restent

pré-dominantes.

Enfin,

pourune concentration 100 pour 100

en molécules

polaires,

ces deux

types

de force

peuvent

s’équilibrer

à peu

près.

On

s’explique

ainsi ce résultat

paradoxal,

que dans les

liquides

purs

(alcools)

où cepen-dant le terme

~’3

est très

important,

les valeurs des

temps

de relaxation données par

l’expérience

peuvent

être en

bon accord avec les valeurs

théoriques .

Dans de tels milieux les deux modalités d’interaction moléculaire se

compensent

assez exactement en sorte que tout

paraît

se passer comme si elles n’existaient pas.

Cependant,

nous avons vu que

lorsque

plusieurs

groupements

fonctionnels

porteurs

d’un moment per-manent

figurent

dans la

molécule,

l’équilibre

est rompu en faveur des forces du deuxième

type.

De même pour le citral’et le

méthylheptenone,

où la molécule ne

renferme

qu’un groupement

fonctionnel

porteur

de

moment,

mais d’une valeur élevée. Au

contraire,

dans le cas de l’acide

acétique

où la valeur

de li.

est

petite

(0,8lo-igues)

c’est en faveur des forces du

premier type

que

l’équilibre

est rompu.

Une

conséquence

remarquable,

que

permet

de

pré-voir l’enfemble des relations tirées de

l’expérience

est la

possibilité

de

pénétrer

dans la zône de

dispersion

d’un

liquide

pur, interdite pour la gamme de

fréquences

dont on

dispose,

en diluant celui-ci dans un milieu non

polaire

ou très faiblement

polaire

et alors même que

cette dilution aurait pour effet d’abaisser la viscosité du milieu. Parmi les

liquides,

l’eau

qui

aux X de 1’1 cm

et 28 cm

(les

plus

courtes dont nous

disposions)

ne dis-perse pas

sensiblement,

présenterait

un

grand

intérêt.

Or,

et cette vérification rend

impossible

de douter de la réalité des relations que nous venons de

décrire,

c’est très exatement ce que

l’expérience

confirme Alors que l’eau pure ne

disperse

pas -

pour notre gamme de X - on obtient

un

sement

notable de la courbe de

dispersion

de l’eau à la concentration de 10 pour 100 dans le dioxane. L’accroissement de la valeur de

(9)

302

diluée dans

le dioxane,

et l’accroissement du

temps

de relaxation des molécules d’eau

quand

on passe de

milieux constitués par 30 pour 100 d’eau dans le

dioxane,

à des milieux où la concentration de l’eau est de 20 pour 100

puis

de 10 pour 100, la chute du

temps

de

relaxation,

pour une concentration en eau due 5 pour

100,

ne laissent pas de doute

(fig.

’~). Ajoutons

qu’il

n’est pas non

plus

douteux,

comme on

peut

le vérifier

en diluant le dioxane dans le

benzène,

que c’est à l’eau et

non pas au

dioxane,

qu’il

faut attribuer cette

dispersion.

En somme, il

paraît

très

probable

que la deuxième modalité d’interactions

moléculaires,

celle

qui

diminue le

temps

de

relaxation,

est

particulière

aux milieux

polaires.

Elle croît pour une même cancentratÍon

molé-culaire avec la

grandeur

du moment

électrique

par

unité de volume. Ces effets sont très

grands

lorsque

la molécule

polaire

contient,

comme

c’est

le cas pour

lis

polyalcools

de

rang supérieur, plusieurs

moments

permanents

élémentaires.

Nous inclinon s à rattacher de tels effets à l’existence d’une sorte de structure des milieux

liquides

conte-nant des molécules

polaires,

de tels milieux

liquides,

se

rapprochant davantage

de la structure d’un cristal

que de celle d’un gaz. Dans les

liquides polaires,

cette structure serait d’autant

plus

caractérisée que la

pola-risabilité des molécules serait

plus

grande.

Elle

sup-poserait

en outre une certaine concentration de ces

molécules. Le

champ

oscillant dès que sa valeur diffère.

de 0 écarterait les

dipôles

de leur

position

moyenne. Puis

lorsqu’il

retomberait à 0 une force

quasi élastique

ramènerait les

dipôles

à cette

position.

Bien entendu

l’exploitation théorique

d’une telle

hypothèse

devrait conduire à retrouver le maximum que donne

l’expé-rience.

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