RELATIONS INTERSPÉCIFIQUES ET INTRASPÉCIFIQUES
ENTRE BUTINEUSES DE BOMBUS SP.
ET D’APIS MELLIFICA L.
Interspezifische und intraspezifische Beziehungen bei den
Sammlerinnen
vonBombus sp. und Apis mellifica L.
G. BENEST Station de
Zoologie,
Centre national de Recherches agronomiques, LN.R.A.,
78000 Versailles
SUMMARY
INTERSPECIFIC AND INTRASPECIFIC RELATIONS BETWEEN FORAGERS OF Bombus
Sp.
ANDApis mellifica
L.Pollen-feeding
andnectar-feeding
insects are numerous meeting on flowers : observedcontacts are both
intraspecific and interspecific.
Behaviours are studied by observing workersof Apis
mel l ifica,
Bombus lapidarius, B. terrestris and B. agrorum foraging dwarf dahlias.Data show that meetings are not due to chance : joint foraging of one flower is accepted by
insects of the same species and avoided by insects of different species. Moreover honey bees
better tolerate such joint
foraging
than bumble bees do. It is proposed that interindividualrecognition is achieved through visual information.
RÉSUMÉ
Nombreux sont les insectes pollinivores et nectarivores à se rencontrer sur des fleurs : les contacts observés sont interspécifiques et intraspécifiques. L’étude des comportements
est faite par l’observation d’ouvrières d’Apis
mellifica,
Bom6us lapidarius, B. terrestris etB. agrorum butinant des dahlias nains.
Les résultats montrent que les rencontres ne sont pas dues au hasard : le butinage en
commun d’une fleur est accepté par des insectes de même espèce, mais évité par des insectes
d’espèces différentes. De plus les abeilles supportent mieux ce butinage en commun que les bourdons. Une hypothèse est proposée selon laquelle la reconnaissance interindividuelle serait faite au moyen de la vue.
INTRODUCTION
L’étude des relations
qui
s’établissent entre les insectes butinant les mêmesfleurs,
aboutit laplupart
dutemps
à la constatation d’une influenceimportante
d’uncongénère
sur une butineuse. Ainsi on sait que l’abeille fré-quente
avec assiduité certaines aires dites debutinage.
LECOMTE(1961)
observe même les
colonies,
dans certainescirconstances,
se réserver l’accès deces aires et des chemins de vol
qui
y vont.De tels
phénomènes
sont difficiles à observer chez Bombvs car les coloniessont
trop petites. Néanmoins,
il est certainqu’une
ouvrière de bourdon butinesouvent la même aire.
A cet
endroit,
les rencontresintraspécifiqucs
etinterspécifiques
sontnombreuses. Leur observation
permet
d’étudier les relationsqui
s’établissententre deux insectes butinant les mêmes fleurs et ainsi aider à
comprendre
lafaçon
dont ces animaux résolvent lesproblèmes
decompétition.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les animaux sont des insectes sauvages vivant dans les environs de la Station de Recher- ches sur rAbei)]e et les Insectes Sociaux de Bures-sur-Yvette et venant butiner les fleurs cultivées à leur intention. Ce sont presque exclusivement des Bombus et dcs flpi.s
melli./iw.
1. - Les fleur.s
Il s’agit d’un champ de 472 in2 de dahlias nains, simples, soit jaunes, soit rouges. Les
pieds sont espacés de 80 centimètres et alignés en 26 rangées distantes de 80 cm.
2. - Observations
Tous les jours pendant 2 mois en 1972 et en 1973, des comptages ont été faits sur 8 des 26 rangées du charnp. Ils sont faits à des heures variables au rythme de un par jour et dans des
conditions climatiques permettant le vol des insectes.
3. - Mesures
La quantificatiou est basée sur la présence d’un insecte actif sur les 8 rangées. Ne sont comptés que les bourdons et abeilles, soit posés sur une fleur dont ils prennent le
pollen
oule nectar soit, s’approchant d’une fleur occupée (c’est-à-dire jusqu’à une distance inférieure
ou égale à 3 cm). Dans ce cas, les comportements de l’arrivant et de l’occupant sont notés.
A chaque fleur butinée, il est noté l’espèce et le nombre des individus concernés.
Après
chaque observation, les fleurs épanouies sont comptées, les fleurs fanées enlevéessur les 8 rangées.
RÉSULTATS
Au cours de ce
travail,
7576 Bombinae(dont
7493 Borrebusterrestris,
B.
lapidarius,
B.agrorum)
et 9153Apis mellifica
ont été vus.La
plupart
dutemps,
une fleur n’est visitée que par un seul insecte à la fois.Quelquefois,
onpeut
voir2,
3 animaux butiner le même dahlia. Un nombreplus grand
de butineuses sur la même fleur estexceptionnel.
Le nombre de
couples (c’est-à-dire
2butineuses, quelle
que soit leurespèce, nombre
d’insectessur une même
fleur)
estproportionnel
à la densité---
( nombre de fleurs/
d’indi-vidus sur le
champ.
Dans lafigure 1,
tous les Bombus sontgroupés
etopposés
à
Apis mellifica.
Les deux genres montrent uneaugmentation régulière
dunombre de
couples, parallèle
à uneaugmentation
de la densité du genrecorrespondant.
A densité
égale,
le nombre decouples
d’abeilles estsupérieur
à celui descouples
de bourdons. Ladifférence,
réduite aux faiblesdensités,
s’accentueavec
l’augmentation
de la densité. Demême,
il est très rare de voir 3 bourdons butiner unefleur;
tandis que cela arrive chez l’abeille : ellespeuvent
être4,
voire 5 sur le même dahlia.De
plus,
la densité moyenne maximum observéc sur lechamp
est0,26
pour les Bombus et
0,41
pourApis.
Il estimportant
derappeler
ici que la taille moyenne d’un bourdon estsupérieure
à celle des abeilles.Cependant
lesouvrières de Bombus sont de taille
variable,
et même lesplus petites
ne sontpas
plus
de 2 sur la même fleur.On
peut
donc penser que les abeillessupportent
mieux que les bourdonsun
butinage
en commun.Pour vérifier
cela, j’ai
confronté ces résultats à ceuxqu’on
obtiendrait si les animaux étaient indifférents les uns aux autres. Il faut donc calculer le nombre decouples
observables si les insectes se rencontraient au hasard.Pour ce
faire,
on calcule laprobabilité
pourqu’une
fleur soitoccupée
par0, 1,
2 abeilleset/ou bourdons,
enappliquant
la formule suivante :dans laquelle
Pk =
probabilité
pourqu’une
fleur soitoccupée
par kinsectes,
1 = nombre totald’insectes,
F = nombre total de
fleurs,
k = nombre d’insectes sur une fleur.
On obtient ainsi
PO =
probabilité
pourqu’une
fleur soit libre.P1 =
probabilité
pourqu’une
fleur soitoccupée
par 1insecte,
P2 =probabilité
pourqu’une
fleur soitoccupée
par 2insectes,
On
distingue
alorsl’occupation
par les abeilles de celle par les bourdonsen
remplaçant
1 dans la formule Pk par la(nombre d’abeilles)
ou Ib(nombre
de
bourdons).
La
fréquence théorique
est alors calculée :On a ainsi calculé le nombre
théorique
d’insectes butinant seuls ou encouple
mono ouhétérospécifique
selonl’hypothèse
de la rencontre au hasard.Les
figures
2 et 3(N’
fonction deN)
sont alors obtenus pour les Bombuset les
Apis mellifaca respectivement.
Si N’ calculé est différent de N
observé,
c’est que les animaux ne sont pas indifférents les uns aux autres :quand
N’ calculé > N observé il y arépulsion;
quand
N’ calculé < N observé il y a attraction.Il
apparaît
nettement une différence decomportement
entre les bourdonset l’abeille. Pour Bombus tous les
points
sont dans la zone N’ >N,
tandis que pourApis près
de la moitié sont dans la zone N’ calculé < N observé.L’hypo-
thèse se trouve donc confirmée par ce calcul.
Mais il faut rester
prudent :
l’outilmathématique
utilisé ici n’autoriseaucune affirmation.
Simplement,
onpeut
direqu’il
existe au cours dubutinage,
une certaine tendance à l’évitement chez Bombus au
rapprochement
chezApis mellifica.
Cependant, malgré
laprésence
deplus
de 50 colonies d’abeilles à 200 mdu
champ d’observation, jamais
iln’y
eut autant d’abeilles que de fleursépa-
nouies dans le
champ.
Les densités maximales atteintes par les bourdons
(0,26)
et les abeilles(0,41)
sont-elles donc des limites ? C’estpossible,
mais cessimples
constatationsne
permettent
pas de le savoir. Onpeut
seulement penser que la diminution du nombre decouples
d’abeilles à la densité0,41
parrapport
à la densité0,3
estun élément favorable à cette
hypothèse :
à cette fortedensité,
unerépulsion
commence
peut-être
à se manifester.On
peut
aussi penserqu’une
influenceréciproque
entre abeille et bourdonles
empêche
d’atteindre les densités limites naturelles.Apparemment
il n’enest
rien;
en effet :1
0 le nombre d’insectes volant sur le
champ dépend
surtout des conditionsclimatiques,
2 0
il
n’y
a pas diminution de la densité de bourdonsquand
celle des abeillesaugmente,
etinversement,
3° il y a des
couples
mixtesbourdon-abeille,
dont le nombre semble lié aux densités des deuxpopulations
d’insectes(fig. 4),
4
0 on n’observe pas de combat entre bourdon et abeille sur les lieux de récolte.
Pourtant si on fait avec les
couples
mixtesApis mellifica,
Boriibus terrestris le calcul fait avec lescouples monogénériques,
on constate unerépulsion
inter-genre, N’ calculé > N observé. Mais ici
aussi,
il faut rester trèsprudent (fig. 5).
En
résumé,
onpeut
dire que lesApis melli fica supportent
mieux le buti- nage en commun que les Bombus. Deplus,
à ce niveaud’analyse,
il sembleque la rencontre entre deux individus soit facilitée par la
présence
de nombreux insectes sur lechamp.
L’étude du
comportement
dechaque
insecte amène àpréciser
cette propo- sition. Toutd’abord,
la relation entre le nombre de rencontres(définies
commela réduction de l’écart entre deux individus à une
distance x
3cm)
et la densitédépend
desespèces
considérées(tableau 1).
L’effet de la densité est net :
plus
uneespèce
estprésente
sur lechamp,
plus grande
est laproportion
de ses membres en rencontrant d’autres. Mais B. terrestris faitexception;
celapeut
secomprendre
si l’on serappelle
que cetteespèce
est trèsagressive (B E 1V E S T 1972).
Le tableau 1 montre aussi que le choix de l’individu rencontré est en
rapport avec le nombre de
représentants
de cetteespèce : Apis mellifica
etB. terrestris rencontrent tous deux
plus
d’abeilles que de B.lapidarius,
cesderniers étant moins nombreux sur le
champ,
et ainsi de suite.Cependant,
ilsemble
s’opérer
une sélection aussi en fonction del’espèce
de l’animal rencon-tré :
Apis mellifica,
B. agrorum et B.lapidarius
rencontrentplus fréquemment
des individus de même
espèce qu’eux.
Les B. terrestris sonttrop
peu nombreux : ils nepeuvent choisir,
leurs rencontres se faisant auhasard,
auprorata
des densités.Donc deux facteurs
agissent
ensemble et déterminentl’espèce
de l’animal rencontré par un individu donné :1
0
l’espèce
de l’individu :Apis mellifica,
Bombuslapidarius,
B. agrorumrencontrent
plus
souvent des insectes de leurespèce.
Onpeut
penserqu’une
certaine attraction se manifeste ainsi entre animaux de même
espèce. Cepen- dant,
cephénomène peut
êtremasqué
par l’influence du 2efacteur,
2
0 le nombre d’individus de cette
espèce : plus
uneespèce
est nombreuse surle
champ, plus
elle estsusceptible
de rencontrer et d’être rencontrée par d’autres insectes.Tel
qu’il
est définiplus haut,
le terme « rencontre » neprésage
en rien deson issue.
Effectivement,
on observe que les rencontres sont suivies soit d’unbutinage
en commun, soitplus
rarement dudépart
de l’unet/ou
l’autre insecte.6.036.090.5
Les rencontres sont peu nombreuses
proportionnellement
auxdensités;
mais
quand
elles seproduisent,
elles se terminent souvent par unbutinage
en commun, comme
l’indiquent
les valeurs durapport :
Les différences sont faibles entre les différentes valeurs du
rapport;
l’influence des deux
facteurs,
densité etespèce, n’apparaît
pas trèsimportante :
seul B. agrorum
exprime
une certainepréférence
pour les bourdons de mêmeespèce, compte
tenu que l’abeille est trèsprésente.
Une
partie
des rencontres se terminent par ledépart
de l’un ou des deuxanimaux.
La valeur du
rapport
nombre de fuite
- --&dquo;---&dquo;___..0_- ---
nombre de non-fuite
indique
la tendance de l’animaloccupant
une fleur à laquitter
à l’arrivée d’uncongénère (tableau 3) quand
unbutinage
en commun ne termine pas unerencontre.
L’occupant Apis mellifica
ou B. agrorum laisseplus
facilement laplace
àl’arrivant que B. terrestris. Ce dernier ne
quitte
la fleur que si l’arrivant est uneabeille ou un B. agrorum. B.
lapidarius
se situe entre ces deux extrêmes.Ici encore on observe un effet de la densité : on fuit
plus
un insecte dontl’espèce
est bienreprésentée. Néanmoins,
les bourdons fuient moins uneabeille
qu’un
autre bourdon. Deplus,
B.lapidarius
fuit encore moins à l’arrivéed’un autre B.
lapidarius.
Ainsi l’arrivant ne chasse pas
systématiquement l’occupant.
La valeurdu
rapport
nombre de «
s’éloigne
»- _- - -
nombre de «
départ
del’occupant
»indique
la tendance de l’arrivant àprendre
laplace
del’occupant (tableau 4).
Le
comportement
manifesté par l’arrivantdépend
del’espèce
de l’occu-pant.
Dansl’ensemble,
l’arrivant chasseplus
une butineuseApis mellifica
ouB. agrorum
qu’une
butineuse B.lapidarius
ou B. terrestris dont ils’éloigne plus.
Il arrive
qu’une
rencontre se termine par ledépart
de l’arrivant et del’occupant.
B.lapidarius
est la seuleespèce qui,
lors d’une rencontreintraspé- cifique
ne laisse pas la fleurinoccupée :
un seul des 2 animaux enprésence s’éloigne; généralement, l’occupant
reste enplace :
3 fois sur 4.DISCUSSION
Rares sont les travaux étudiant les relations interindividuelles entre animaux butinant les mêmes fleurs. BRIAN
(1957)
apublié
lepremier
travailconcernant les bourdons sur ce
problème.
L’observation dubutinage
de fleursartificielles par des ouvrières
captives
et de dahlias par des ouvrières libresconfirme ce
qui
avaitdéjà
été vu : laprésence
d’uncongénère
influence lecomportement
d’une butineuse.(B ENEST , 1974).
Ainsi les bourdons et les abeilles
partagent plus
volontiers une fleur avec unpartenaire
de mêmeespèce
qued’espèce
différente. Deux facteurs semblent déterminer laquantité
et laqualité
desrapports
entre deuxespèces
butinantun même
champ : l’espèce
àlaquelle appartiennent
lesantagonistes
et lenombre d’individus de ces
espèces
butinant lechamp.
Par
exemple
dans lesrapports intergénériques Bombus-Apis mellifica
une
compétition
entre l’abeille et d’autres insectes a été montrée par PECKet BOLTOP1
(1946)
et PENCELLy(1954)
pourqui l’abeille,
par sasimple présence,
écarte les autres
pollinisateurs.
BENEDEK et coll.(1971)
observent même deApis mellifica, quand
leur densité estgrande, attaquer
les abeilles sauvages butinant le mêmechamp
de luzerne. Aucontraire, J ONES (1950)
constatequ’il n’y
a pas exclusion mutuelle entre l’abeille et les autreshyménoptères.
Lesrésultats ne
permettent
pas deprendre position :
selon leparamètre choisi,
ils
peuvent
appuyerl’hypothèse
de l’indifférence(variation
des densités dans lespopulations)
ou celle de l’évitement(nombre
decouples mixtes).
Cependant
onpeut
d’ores etdéjà
se poser laquestion
des moyens utilisés par les butineuses pour se reconnaître.Chez
Apis mellifaca
KALMUS(1941)
a montrél’importance
des informations visuelles : leur propreimage
dans un miroir suffit à attirer les ouvrières.L’observation du
butinage
des dahliasindique
que cela seproduit
aussilors d’un
butinage
naturel. En effet les valeurs assez élevées durapport
nombrede couples (tableau 2)
nombre de rencontres
amènent à penser que ce « choix » du
partenaire
debutinage
est fait avant que l’animal se pose. Comment ? Ilparaît logique
que la vision soitimpliquée :
eneffet,
on remarquequ’un
insecte resteplus
souvent avec un autre de mêmecouleur que lui. Ainsi B.
lapidarius
butine leplus fréquemment
avec B. terrestrisou des
congénères
de mêmeespèce :
ils sont tous les deux de couleurprincipale-
ment noire. De même B. agroritm reste le
plus
souvent avec B. agrorum ouApis mellifica :
tous deux sontjaunes.
Remarque :
le faible nombre d’observations pour cetteespèce
estprobable-
ment
responsable
du fait que toutes les rencontres entre 2 B. terrestris se terminent par unbutinage
en commun.Cette
hypothèse
estappuyée
par le fait suivant : le taux de rencontrespar
rapport
à la densité et le taux decouples
parrapport
au nombre de ren-contres est
supérieur
pour des individus de couleurs relativementproches
que pour des insectes de couleurs différentes(tableau 5).
L’n fait il conviendrait aussi
peut-être
depréciser
la colonied’origine :
en
effet, J OHNSON
et HUBBEL(1974)
montrentqu’au
lieu de récolteTrigona sylvestriana
et T. corvinadistinguent
les membres de leur nid des autrescongé-
nères.
Plusieurs auteurs
(I!nLMUS 1941,
LECOMTE1955,
WEAVER1957)
ontobservé des comportements
agressifs
entre des ouvrièresd’Apis mellifica
butinant des nourrisseurs ou des fleurs.
Je
n’en aijamais
vu chezBombus;
maison sait que bourdons et
abeilles,
bien quephylogénétiquement proches, pré-
sentent de nombreuses
différences;
enparticulier, j’ai
montré que Bom6us défendplus
son nid contre des intrusd’espèces
différentes que contre ceux de mêmeespèce :
les observationsrapportées
ici montrent que cela est aussi valable pour les lieux de récolte denourriture,
confirmant ce que BRiaN avaitdéjà
écrit(1957).
Ainsi il
apparaît
que les relations entre deux individus butineurs résultent del’équilibre
entre deux tendancesqui s’opposent
une tendance aurapproche-
ment, une tendance à
l’éloignement.
Plusieursfacteurs,
dontquelques-uns
sont étudiés
ici,
vont intervenirqui
favoriseront l’une ou l’autre.Reçu pour publication en février 1976.
Eingegangen im Februar 1976.
ZUSAMMENFASSUNG
An den Sammelplätzen bestehen zwischen den sammelnden Insekten entweder inter-
spezifische
oderintraspezifische Beziehungen.
Die Kontaktaufnahme zwischen den Tieren kann direkt oder indirekt erfolgen.Unmittelbare Kontakte werden an Apis mellifica und Bombus lapidarius, B. terrestris und B. agrorum beobachtet, die frei auf einem 472 M2 grossen
Zwergdahlien-Feld
sammeln.Die
Quantitätsbestimmung
beruht auf den Begegnungen der Insekten. Es wirdfestgestellt,
dass die Zahl der interspezifischen zu der der intraspezifischen Begegnungen proportional
dem Verhältnis von Insektenzahl zu Blütenzahl ist (Abb. 1, 4), was darauf hinweisen könnte,
dass die
Insektenbegegnungen
rein zufällig erfolgen. Die Berechnung der tatsächlich zu-fälligen Begegnungen zeigt aber, dass bei den Bienenarbeiterinnen vielmehr eine gegenseitige Anziehung besteht, und dass die Hummeln einander eher abstossen; ferner, dass Bienen und Hummeln zu gegenseitiger Abwehr neigen. (Abb. 2, 3, 5).
Eine genauere
Analyse
ergibt für die Hummeln eine gegenseitigeintraspezifische Duldung
und ein interspezifisches Abwehren des Partners. Der Partner wird visuell erkannt. Diese
Hypothese stützt sich auf die Tatsache, dass die Tiere einander auf eine Entfernung von mehr
als 3 cm erkennen, sowie darauf, dass Insekten gleicher Farbe eher geduldet werden als solche
mit anderer Färbung (Tab. 5).
Schliesslich tritt ein deutlicher Unterschied zwischen Bombus und Apis mellifica zutage : die Bienen ertragen das Sammeln in der Gemeinschaft besser als die Hummeln.
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