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9 février 2011actualité, info
Vers une autorité de surveillance des caisses- maladie ?
Avec la création d’une autorité indé
pendante de surveillance des cais
sesmaladie, la question des réser
ves excessives et des primes trop élevées, qui a empoisonné les rela
tions entre cantons et Confédération, ne devrait plus se poser à l’avenir.
C’est en tout cas l’un des objectifs du projet de loi sur la surveillance de l’assurance maladie présenté en pro
cédure de consultation mercredi par le conseiller fédéral Didier Burkhalter.
L’autorité de surveillance aura en ef
fet non seulement la possibilité de fixer les primes, mais elle pourra aus
si exiger de rembourser les assurés qui auraient payé des primes trop élevées.
Pendant des années, les assurés genevois, vaudois, neuchâtelois ou zurichois ont payé des primes d’as
surance maladie exagérées suite aux
prévisions erronées de leurs cais
ses. Cela s’est traduit par l’accumu
lation de réserves excessives. Les Genevois avaient ainsi payé 445 mil
lions en trop. L’affaire s’est enveni
mée quand Supra et Assura ont vou
lu transférer ces sommes au profit d’autres assurés pour éviter une hausse de leurs primes.
Didier Burkhalter avait alors annon
cé vouloir chercher une solution en renforçant la surveillance des assu
reurs maladie, qu’il juge «obsolète», et en modifiant le système de consti
tution des réserves. Jusqu’ici, celles
ci étaient calculées en pourcentage des primes encaissées et échelon
nées en fonction du nombre d’assu
rés. Désormais, les réserves devront tenir compte des risques effectifs, pas seulement de celles provoquées par l’état de santé ou l’âge des assurés, mais aussi des expositions aux ris
ques financiers (placements, inté
rêts). (…)
Pour le reste, la future autorité de sur
veillance de l’assurance maladie de
vra fonctionner de manière analogue à la Finma, l’autorité de surveillance
des marchés financiers, annonce Didier Burkhalter. (…)
Le projet, qui prévoit des amendes jusqu’à 500 000 francs, impose ainsi aux administrateurs et dirigeants des caisses des exigences d’honorabili
té, mais surtout de compétences pro
fessionnelles qui devraient limiter la présence des élus politiques dans les conseils d’administration.
Yves Petignat Le Temps du 3 février 2011
Remboursement des lunettes : Burkhalter ne reviendra pas en arrière
«Non, je ne pense pas revenir en ar
rière.» Une petite phrase murmurée d’une voix égale et placide. Sans acri
monie, sans émotion non plus. Pour Didier Burkhalter, qu’il s’agisse d’une grosse ou d’une modeste dépense de santé, la loi doit être la même et la pression constante sur les prix. In
terrogé hier sur le très sensible dos
sier du remboursement des lunettes optiques, le ministre de la Santé s’est ainsi montré très ferme : même pour les enfants, il n’y aura pas d’excep
tion. Le prix des verres ne sera pas remboursé.
Obstination ? Cohérence, justifietil.
Les prestations à la charge de l’assu
rance maladie de base doivent être liées à une maladie. Et la myopie n’en est pas une, affirment les spécialis
tes de son département ! «Dans notre pays, 70% des gens portent des lu
nettes. Estce que c’est normal que cela soit à la charge de l’assurance de base ? Tout cela a une répercus
sion sur le montant des primes», ex
pliquetil, avouant même qu’il ne voyait pas vraiment où était le pro
blème.
«Si les personnes ont un très bas re
venu, ces frais sont pris en charge par l’aide sociale. Là où il peut y avoir un problème, c’est pour la classe moyenne inférieure, dans les famil
les nombreuses avec plusieurs en
fants qui souffrent de myopie. Mais il faut savoir ce que l’on veut», conclut Didier Burkhalter, tout en saluant les
en marge
La France traverse aujourd’hui une nouvelle et durable crise sani taire qui porte le nom, désor- mais célèbre, d’un médicament qui fut retiré du marché national fin 2009 : le Mediator (benfluorex).
La crise a émergé il y a deux mois lorsque l’on a appris, sur la base de travaux statistiques rétrospec- tifs que ce médicament, mis sur le marché en 1976 par les labora- toires Servier, aurait été à l’origine de lésions des valves cardiaques et qu’il aurait provoqué – en France – entre 500 et 2000 décès prématurés. Nul ne sait encore où conduira cette affaire devenue scandale sur laquelle les pouvoirs publics et le chef de l’Etat assu- rent aujourd’hui vouloir faire «la transparence la plus totale». Nul ne sait non plus si cette affaire tentaculaire aura des prolonge- ments dans les autres pays où le benfluorex a été commercialisé avant – pour diverses raisons – d’être retiré du marché.
Un rapport sans concession (qui vient d’être rendu public) de l’Inspection générale française des affaires sociales (Igas) revient
fort utilement sur la genèse de cette molécule. Il nous fait remon- ter à une époque – les années 1960 – où «naissent l’idée et l’am- bition de mettre au point des substances qui conserveraient le pouvoir anorexigène de l’amphé- tamine tout en se débarrassant de ses graves effets secondaires ; effet anorexigène qui pourrait être uti- lisé dans le traitement de l’obési- té. « Au moment où le benfluorex va être mis sur le marché (1976), la préoccupation des laboratoires Servier est de présenter ce nou- veau médicament comme ce qu’il est peut-être – un adjuvant au traitement des hyperlipémies et du diabète de type 2 – et non comme ce qu’il est à coup sûr – un puissant anorexigène» souli- gnent les auteurs du rapport de l’Igas.
Dans ce contexte, il n’est peut-être pas inutile de rappeler comment ce médicament était initialement présenté aux médecins français par son fabricant, et ce par l’inter- médiaire du célèbre «Dictionnaire Vidal des médicaments». Etrange retour dans le passé avec l’ouver-
ture du «Vidal» millésimé 1979 à la page du Mediator. Le prix du
«pilulier» de «trente comprimés dragéifiés» est de 27.80 francs et il est remboursé à 70% par la Sécu- rité sociale. «Le Mediator agit au carrefour des métabolismes lipi- dique et glucidique. Il combat ainsi plusieurs facteurs fonda- mentaux liés au risque athéro- gène» explique son fabricant. En clair, ce médicament peut être prescrit chez les personnes souf- frant d’une athérosclérose «poten- tielle ou avérée». Pourquoi l’athé- rosclérose ? Tout simplement
parce que le Mediator est tenu pour lutter contre les différents facteurs de risque comme l’hyper- tension artérielle et l’anxiété. On peut donc alors raisonnablement en conclure qu’il est, aussi, un anti hypertenseur, le fabricant expli quant notamment que cette molécule a, entre autres proprié- tés, celle «d’exercer une action anxio lytique douce».
Outre l’athérosclérose, le Media- tor est efficace chez les personnes souffrant des différentes formes de surcharge de graisses dans le sang (hypercholestérolémies,
Quelles étaient les indications du Mediator en 1979 ?
Source : Wikipedia
Modèle 3D du Benfluorex
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expli quent que son action est
«démons trative» et confirmée dans des études en double aveugle contre placebo.
Au rang des contre-indications figu rent les «pancréatites chro- niques» et la grossesse mais tout simplement «par mesure de pru- dence». Pour ce qui est des ac- tions indésirables, au-delà de trois comprimés par jour, on peut obser ver nausées, vomissements, maux d’estomac, diarrhées, asthé- nie, somnolences, état vertigineux.
Précision de taille pour finir : «le traitement peut être poursuivi de façon continue et prolongée»
étant bien entendu que «les règles d’hygiène alimentaire adaptées à chaque cas demeurent indispen- sables». Enfin le Mediator «ne présente aucune incompatibilité avec les autres thérapeutiques».
C’était il y a quarante et un ans.
Un siècle. Par la suite le champ des indications n’a cessé de se rédui re. Lorsqu’il a été retiré du marché français, le Mediator n’était plus qu’un «adjuvant du régime adapté chez les diabé- tiques avec surcharge pondérale».
Il était alors prescrit chez environ trois cent mille personnes.
Jean-Yves Nau [email protected] hyper triglycéridémies, hyperlipi-
démies mixtes). Les diminutions de ces surcharges sont «haute- ment significatives», allant jusqu’à 55%, le médicament réali- sant ce que son fabricant appelle
«une véritable épuration plasma- tique». Autre indication : le dia- bète, que ce dernier soit «patent»
ou, tout bonnement asymptoma- tique. Dans le premier cas, il ne s’agit que d’un «traitement d’ap- point» mais qui aurait amplement fait ses preuves et permettrait d’obtenir une réduction significa- tive de la concentration en sucre dans le sang. Dans le second cas,
«pour lequel aucune thérapeu- tique n’est pleinement satisfai- sante», les laboratoires Servier
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