HAL Id: jpa-00245553
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Submitted on 1 Jan 1987
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Etude par analyse enthalpique différentielle d’un verre métallique Fe-Cr-C-P-Si. Influence de la vitesse
d’hypertrempe
F. Fouquet, J.P. Allemand, J. Perez, B. de Guillebon
To cite this version:
F. Fouquet, J.P. Allemand, J. Perez, B. de Guillebon. Etude par analyse enthalpique différentielle d’un verre métallique Fe-Cr-C-P-Si. Influence de la vitesse d’hypertrempe. Revue de Physique Appliquée, Société française de physique / EDP, 1987, 22 (6), pp.389-397. �10.1051/rphysap:01987002206038900�.
�jpa-00245553�
Etude par analyse enthalpique différentielle d’un
verremétallique
Fe-Cr-C-P-Si. Influence de la vitesse d’hypertrempe
F.
Fouquet (*),
J. P. Allemand(*),
J. Perez(*)
et B. de Guillebon(**) (*) Groupe
d’Etudes deMétallurgie Physique
et dePhysique
des Matériaux U.A. C.N.R.S. 341, Bât. 502, I.N.S.A., 69621 Villeurbanne Cedex, France(**)
Centre de Recherches de Pont-à-Mousson, B.P. 28, 54703 Pont-à-Mousson, France(Reçu
le 27 octobre 1986, accepté le 2 mars1987)
Résumé. 2014 Les rubans de verre
métallique
ont été obtenus parhypertrempe
duliquide
avec différentes vitesses du substrat rotatif donc différentes vitessesd’hypertrempe.
L’influence de cette vitesse sur l’état structural des rubans bruts d’élaboration maiségalement
sur la relaxation structurale ultérieure a étéprécisée
en utilisant
l’analyse enthalpique
différentielle ; outre les informations concernant les effetsthermiques
associés à la relaxation ou à la cristallisation des différents rubans, cette
technique
nous apermis
de déterminer la température de Curie et de suivre son évolution avec les traitementsthermiques.
Les résultats obtenus ont été discutés en liaison avec l’évolution despropriétés mécaniques,
cequi
a amené à conclure que l’influence de la vitessed’hypertrempe pouvait s’expliquer
par la seule évolution structurale à l’état vitreux. En se basant surla théorie
d’Egami et
al. reposant sur la notion de défauts dans lesamorphes métalliques,
uneinterprétation,
conduisant à la
décomposition
de la relaxation structurale en deuxgrands
stades, a été avancée.Abstract. - A Fe-Cr-C-P-Si metallic
glass
wasproduced
bymelt-spinning technique
with various rates of therotating
strip andconsequently
differentquench
rates. The influence of thisquench
rate on the structural state of theas-quenched
ribbons and on thesubsequent
structural relaxation has been studiedby
mean ofdifferential
scanning calorimetry (DSC).
Beyond informations about thermal effects related to structural relaxation andcrystallization
of the various ribbons, DSCexperiments
have allowed to determine the Curie temperature and to follow its evolution with heat treatments. Acomparison
has been done with the evolution of the mechanicalproperties
and it should be assumed that thechanges
ofproperties
as a function ofquench
rate are due to structural evolution of the
glassy
state. Using thetheory
ofEgami et
al. based on the concept of« defects » in
amorphous
metals, aninterpretation
isgiven
which leads to divide the structural relaxation in two main stages.Classification
Physics
Abstracts61.40D - 62.20 - 65.90 - 75.50K
1. Introduction.
Pour un
alliage
vitrifiable decomposition donnée,
l’état vitreux
susceptible
d’être obtenu parhyper-
trempe
depuis l’état liquide
n’est pasthermodynami-
quement défini et n’est pas
unique. L’alliage
à l’étatvitreux
peut
ainsi seprésenter
dans desconfigura-
tions structurales différentes selon les conditions d’élaboration et en
particulier
selon la vitesed’hyper- trempe qui
détermine latempérature
àlaquelle
leliquide
estfigé
à l’état de verre. Parailleurs,
pour des conditions d’élaborationdonnées,
il seproduira
lors d’un recuit ultérieur du verre des modifications
configurationnelles
au sein del’alliage amorphe, phénomène
connu sous le nom de relaxation structu- rale. De nombreusespropriétés physiques
et mécani-REVUE DE PHYSIQUE APPLIQUÉE. - T. 22, N* 6, JUIN 1987
ques sont sensibles à cette relaxation structurale et il est raisonnable de penser
qu’elles
doivent l’êtreégalement
auchangement
des conditions d’élabora- tion. Celapourrait
d’ailleurs être àl’origine
desdésaccords entre les résultats obtenus par divers auteurs pour un même
alliage.
Enfait,
relativement peu de travaux ontporté
sur l’influence des condi- tionsd’élaboration ;
ceci est dû pour unelarge
part à la difficulté de contrôler la variation desparamètres
de
production
des rubans tout en obtenant unalliage amorphe.
Les travaux ,réalisés dans ce domaine
[1-9] portent
tous sur des rubans de verres
métalliques
obtenuspar
hypertrempe
sur roue et leprincipal paramètre
étudié est la vitesse de rotation de la roue dont
dépendent
la vitessed’hypertrempe
etl’épaisseur
28
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01987002206038900
390
des rubans. Les
propriétés magnétiques [1-5]
etmécaniques [6-9]
ont été leplus fréquemment
utili-sées pour mettre en évidence l’influence de cette vitesse sur l’état structural des verres
métalliques
obtenus. Les différents auteurs ont cherché non
seulement à caractériser les rubans bruts d’élabora- tion mais
également
àpréciser
l’évolution des pro-priétés
en relation avec la relaxation structurale. A ceteffet,
latempérature
de Curie(TC), grandeur particulièrement
sensible à cette relaxation structu- rale[10-11],
a étélargement
utilisée[1, 3, 5, 6]
dansle cas des verres
ferromagnétiques.
Les résultats obtenus par les auteurs ne sont pastoujours
concor-dants, Mizoguchi et
al.[3]
et Greer[5]
observentainsi une variation sensible de
Tc
avec la vitesse d’élaboration alors queTakayama
et Oi[1]
n’enobservent pas.
Pour notre
part,
nous avons effectué récemmentun travail concernant l’influence de la vitesse d’élaboration sur diverses
propriétés
d’unalliage
Fe-Cr-C-P-Si
[12].
L’étude despropriétés mécaniques
et
micromécaniques
nous a enparticulier permis
demettre en évidence une
augmentation
du moduled’Young
et une diminution de lafragilité
des rubansquand
cette vitesseaugmente [12,13], rejoignant
ainsi les résultats de Chen et al.
[7]
et deGerling
etWagner [6].
Dans le
présent article,
nous nous sommes atta-chés,
pour ce mêmealliage
et les mêmes conditions d’élaboration àpréciser
comment la vitessed’hyper-
trempe affecte l’état et la stabilité structurale des
verres
métalliques
obtenus en utilisantl’analyse enthalpique différentielle ;
cettetechnique
d’étudenous
permettant
entre autres de suivre l’évolution destempératures
de cristallisation ou de Curie avecl’état structural. Nous discuterons les résultats obte-
nus en
regard
de l’évolution despropriétés
mécani-ques étudiée par ailleurs
[12,13].
2. Méthode
expérimentale.
Les rubans étudiés de
composition Fe7SCr4C10,sP8,sSiz
ont été élaborés parhypertrempe
du
liquide
sur une bande d’acier entraînée enrotation. A débit de métal
liquide
constant, unevitesse de défilement de la bande élevée conduit à
une
épaisseur
de ruban faible et donc à une vitesse de refroidissement élevée.L’épaisseur e
du ruban etla vitesse V de défilement de la bande sont reliées par une relation du
type e =
V - a avec a =0,75.
Lescontrôles effectués en diffraction X sur les deux faces du ruban ont montré
qu’ils
étaientparfaitement amorphes
pour des vitesses Vcomprises
entre 20 et46 m/s. Ces deux valeurs extrêmes
correspondent respectivement
à des vitessesd’hypertrempe
de 4 et8 x
105 °C/s,
vitesses évaluées - à l’aide d’un modèlethermique
- en sortie de laflaque liquide
formée lors de
l’impact
dujet
sur le substrat rotatifFig.
1. - Evolution de la vitesse de refroidissement au cours du temps pour différentes vitesses linéaires du substrat rotatif(V
= 20 mis(a) ;
35 mis(b) ;
50 mis(c)).
[Cooling
rate versus time for various rates of therotating strip. (V
= 20 m/s(a) ;
35 mis(b) ;
50 mis(c)).]
que constitue la bande d’acier
(Fig. 1). L’épaisseur
moyenne des rubans passe dans le même temps de 37 à 23 jim ; les valeurs de cette
épaisseur
pour les six vitesses V mises en oeuvre sont données dans le tableau I. Par lasuite,
nousdésignerons
parRy
leruban élaboré à la vitesse V.
Tableau I.
L’analyse enthalpique
différentielle(AED)
a étéréalisée à l’aide d’un
analyseur thermique Dupont
990
équipé
d’une cellule DSC-910. Les mesures ont été effectuées entre 20 et 600 °C avec des vitesses debalayage
entempérature comprises
entre0,5
et 10 °C/min sousatmosphère d’argon purifié.
Les traitements
thermiques
réalisés sur les rubansont été effectués soit ïn situ dans
l’analyseur
thermi-que soit sous vide
primaire
ouatmosphère
neutre(argon)
dans uneampoule
de pyrex scelléeplongée
dans un bain de sel.
3. Résultats
expérimentaux.
Discussion.Nous
présentons
d’abord les résultats obtenus pour le rubanR33 puis
nous comparerons ensuite avec les autres rubans.3.1 THERMOGRAMME OBTENU A PARTIR D’UN ÉTAT
BRUT D’HYPERTREMPE. - La
figure
2 montre lethermogramme
obtenu pour un échantillon du rubanR33
avec une vitesse debalayage
entempérature
de5° C/min. On note à
partir
de 200 °C unléger
effetFig.
2. - Thermogramme d’un échantillon du rubanR33
brutd’hypertrempe. Balayage
err température à5 *C/min.
[Thermogram
for asample
of theas-quenched R33
ribbon(scanning
rate = 5°C/min). J
exothermique qui correspond
au début de la relaxa- tion structurale. A 236°C,
on observe unbrusque changement
depente qui correspond
à latempéra-
ture de Curie
Tc
del’alliage,
la transitionferropara- magnétique s’accompagnant
d’une brutale variation deCp ;
cephénomène
se superpose à l’effet exother-mique
associé à la relaxation structuralequi
conduità la bosse B sur le
thermogramme.
La cristallisationapparaît
au-delà de 400 °C et se traduit par l’exis- tence de deuxpics exothermiques PA (454 °C)
etPB (485 °C).
Lepic PA
debeaucoup plus
faibleamplitude
quePB correspond
à une cristallisationprimaire
de fer a ou tout au moins d’une solutionsolide,
base fer de structurecubique
centrée. Lepic PB qui présente
unépaulement
du côté bassetempé-
rature semble résulter de la cristallisation de
plu-
sieurs
phases
au sein de la matriceamorphe, phases complexes
difficiles à identifier en diffraction X.3.2 EVOLUTION DES THERMOGRAMMES AVEC
L’ÉTAT STRUCTURAL DE DÉPART. - Des
balayages
en
température (à 5 °Clmin) successifs,
chacun suivid’un refroidissement
rapide
ont été effectués sur le rubanR33 (Fig. 3).
La montée(1) jusqu’à
400°C,
caractérise l’évolution structurale de
l’alliage
sanscristallisation ;
la seconde montée(2) jusqu’à
470 °Ccaractérise le matériau relaxé lors de la montée
(1)
et recouvre la cristallisation
primaire (PA ) ;
la mon-Fig.
3. - Thermogrammes d’un échantillon du rubanR33.
Montées successives entempérature
à 5 "C/min suivies d’un refroidissementrapide : (1)
montéejusqu’à
400 °C ;(2)
montéejusqu’à
460 °C ;(3)
montéejusqu’à
500 °C.[Thermograms
for asample
of theR33
ribbon. Successivescannings
at 5 °Clrnin followedby rapid cooling : (1)
scan-ning
up to 400 °C ;(2) scanning
up to 460 °C ;(3)
scan-ning
up to 500°C.]
tée
(3) jusqu’à
590 °Cpermet
d’obtenir la cristallisa- tion totale del’alliage (PB),
consécutivement à la cristallisationprimaire produite
lors de la montée(2).
Lacomparaison
desthermogrammes (1), (2)
et(3)
de lafigure
3 et de celui de lafigure
2permet
deconstater que :
- la
température
de Curieaugmente
de 9 °Centre les montées
[1]
et[3]
et passe ainsi de 236 à 245 "C. L’anomalie au passage deTc
est très nette-ment visible lors de la montée
[3],
ceciindique
que leverre
métallique
est encore engrande partie
amor-phe après
montée à 470°C ;
la cristallisationprimaire
à
l’origine
dupic PA
ne doit affecterqu’une
faiblefraction du
matériau ;
- l’effet
exothermique
associé à la relaxationstructurale mis en évidence sur le
thermogramme (1) disparaît
en(2) ;
- la
température
dupic PA
n’est pas affectée parune relaxation structurale
préalable ;
- la
température
dupic PB
lors de la montée(3)
est abaissée de 11 °C par rapport à une montée directe
depuis
l’état brut d’élaboration(TB
= 474 °Cau lieu de 485
°C).
Le deuxième stade de cristallisa- tionapparaît
donc fortementdépendant
dupremier.
392
3.3 INFLUENCE DE LA VITESSE DE BALAYAGE EN
TEMPÉRATURE. - Pour
compléter
notre étude surle ruban
R33
desthermogrammes
ont été réalisésavec des vitesses de
balayage (VB ) en température
de
0,5, 1,
2 et 10 °C. Des essais ontégalement
étéeffectués à 20 ’C/min mais
jusqu’à
300 °C seulement.Les
thermogrammes
obtenusqui
restentqualitative-
ment les mêmes que pour une vitesse de
balayage
de5
°C/min,
ne seront pasprésentés.
Dans le tableau IIci-dessous sont seulement
indiquées
lestempératures Tc, TA
etTB (voir Fig. 2) correspondant
àchaque
vitesse.
Tableau II.
D’après
ce tableau nous remarquons que latempé-
rature de Curie reste
indépendante
deVB
pourVB
> 5 °C/min. Pour ces vitesses la relaxation struc- turale du verrependant
la montée entempérature jusqu’à
236 °Capparaît
donc insuffisante pour provo- quer uneaugmentation significative
deTc.
L’effetde cette relaxation structurale sur
Tc
est par contre visible pour les vitesses debalayage
inférieures à 5 "C/min.L’augmentation
deTc
observée(2 "C)
estcependant
faible cequi
montrequ’en
dessous de240 °C la relaxation structurale reste limitée. En outre on obtient la même valeur de
Tc
pourVB
=1 ’C/min etVB
=0,5
°C/min. Ceci semble par contreindiquer
que l’évolution structuraleproduite
au cours d’une montée en
température
à 1 °C/minest
déjà
telle que lacinétique
de relaxation est très fortementralentie ;
le passage à une vitesse moitiéne
peut
alors entraînerqu’une
faible différence d’état structural non décelable au niveau deTc.
Les
énergies
d’activationapparentes
correspon- dant aux deux stades de la cristallisation ont été déterminées àpartir
des données du tableau II par la méthode deKissinger-Boswell [14].
Les valeurs trouvées sontEA = 3,7
eV pour la cristallisationprimaire (pic PA)
etEB = 2,8
eV pour le deuxième stade de cristallisation(pic PB).
Il est à remarquerqu’au pic PA correspond
uneénergie
d’activationplus
élevéequ’au pic PB pourtant
situé àplus
hautetempérature.
De cefait,
on est amené à admettreque la cristallisation
correspondante (PB )
ne peut pas seproduire
sans une cristallisationprimaire préalable (PA ).
Ces cristallitesprimaires peuvent
soitjouer
le rôle de sitespréférentiels
degermination
pour la cristallisation de la matrice
amorphe,
soitinduire localement des fluctuations de
composition
au sein de cette matrice favorisant la dévitrification.
Notons toutefois que les valeurs de
EA
et surtout deEB,
déterminées par la méthode deKissinger,
peu-vent être entachées d’une certaine erreur, le maxi-
mum des
pics PA
etPB
necorrespondant
pas forcément avec le maximum de vitesse de réaction de chacun des processus, du fait de leur interférence.3.4 INFLUENCE DE LA VITESSE D’HYPERTREMPE. - Des
analyses thermiques
ont été effectuées sur les rubansR20, R27, R36, R42 et R46
avec une vitesse debalayage
de 5 °C/min. Lesthermogrammes apparais-
sent
quasi identiques
à celui de lafigure
2quelle
quesoit la vitesse d’élaboration des rubans entre 20 et 46 m/s. Aucune différence
significative
n’est obser- vée au niveau de latempérature
de CurieTc
et destempératures
despics
de cristallisation( TA
etT13)
comme le montre le tableau III.Tableau III.
Une étude de la
reproductibilité
des résultatseffectuée sur
plusieurs
échantillons du rubanR33
nous a en effet
permis
de conclure queTc = (236 ± 0,5 ) °C, TA = (454 ± 1 ) °C
etTB = (485 ± 1 )
°C.L’enthalpie
de cristallisation a été déterminée pour chacun desrubans,
elle estcomprise entre - 3,5
et -4,2
kJ/mole mais il n’est paspossible
d’établir une corrélation entre cetteenthalpie
et la vitesse d’élaboration du ruban. Les études en fonction de la vitesse debalayage
condui-sent à des résultats semblables pour tous les rubans.
Le fait que les
températures
de cristallisation sontindépendantes
de la vitessed’hypertrempe
mêmepour les faibles vitesses de
balayage
milite en faveurd’une absence de cristallisation même pour les faibles vitesses d’élaboration comme le laissaient penser les contrôles effectués en diffraction
X ;
en effet lapréexistence
de microcristallites au sein de la matriceamorphe (ou
même seulement en surfacedes
rubans)
devrait au minimum se traduire par undécalage
de latempérature
de cristallisation commele
suggèrent
les résultats duparagraphe
3.2.La seule différence sensible et
reproductible
obser-vée en fonction de la vitesse d’élaboration se situe au
niveau de l’effet
exothermique
associé à la relaxation structurale. Afin de mettre clairement en évidence cette différence nous avons, àpartir
des thermo- grammes des rubansR20, R33
etR46,
tracé lescourbes
Cp
=f (T) :
lafigure
4 montre ainsi que ladiminution de
Cp
associée à la relaxation structurale est d’autantplus prononcée
que la vitesse V est élévée. Ceci traduirait bien des états vitreux dedépart différents,
cet état vitreuxs’éloignant
d’autantplus
del’équilibre
métastable que V estgrande
etconduisant ainsi à une variation
d’enthalpie plus
Fig.
4. - Variations deCp
en fonction de latempérature
pour les rubans
R2o, R33
etR46
à l’état brut de trempe et pour ces mêmes rubansaprès
relaxation structurale(ruz
[Cp
variations as a function of temperature for as-quenched R20’ R33
andR46
ribbons and for the sameribbons after structural relaxation
(RR).]
importante
lors de la relaxation structurale. Pour autant, cette différence d’état structural semble sanseffet sur la
température
de CurieTc ;
ce fait peutparaître surprenant quand
on sait queTc
est trèssensible à la relaxation structurale des verres métalli- ques
[10,11].
Cetteindépendance
deTc
en fonctionde la vitesse d’élaboration a été confirmé par une étude des
propriétés magnétiques
menée récemment par Le Gal et al.[15]
sur les mêmes rubans.3.5 VARIATION DE
Tc
LORS D’UN RECUIT. - Nos résultatsprécédents
nous ontpermis
de mettre enévidence une
augmentation
de latempérature
deCurie
Tc,
lors de la relaxation structurale(cf.
paragraphes
3.2 et3.3)
mais aucune variation sensi- ble deTc
avec la vitessed’hypertrempe (cf.
paragra-phe 3.4).
Ces résultats sont apparemment contradic- toires et nous avons étudiéplus précisément
l’influence de cette vitesse
d’hypertrempe
sur larelaxation structurale de
l’alliage.
Pourcela,
desessais ont été effectués sur des échantillons
pré-
recuits à l’extérieur du calorimètre. Deux
types
de traitementsthermiques
ont étéréalisés ;
traitements isochrones de 1 h à différentestempératures compri-
ses entre 100 et 425 °C et traitements isothermes à 250 et 350 °C. Dans les deux cas nous avons suivi l’évolution des
thermogrammes
etplus particulière-
ment de
Tc en
fonction de latempérature
ou du temps de recuit et ce, pour les rubansR20
etR46 correspondant
aux vitesses d’élaboration extrê-mes. La
figure
5 montre la variation deTc en
fonction de la
température
derecuit ;
sanschange-
Fig.
5. - Variation de la température de Curie enfonction de la température de recuit
(traitements
isochro-nes de 1
h)
pour les rubansR20
etR46.
[Curie
temperature variation as a function ofannealing
temperature(isochronal
treatmentsduring
1h)
forR20
andR. ribbons.]
ment
jusqu’à
100°C, Tc
subit ensuite une augmenta- tion nette entre 150 et 300°C, puis plus
lente de 300à 400 °C. Au-dessus de 400
°C,
la cristallisationapparaît
et àpartir
de 450 °C il n’estplus possible
dedéterminer la
température
de Curie de laphase amorphe.
De ces traitements isochrones(Fig. 5),
ilfaut surtout retenir que
Tc
évolue defaçon rigoureu-
sement
identique
pour les deux rubansR20
etR46.
Lafigure
6 montre à titred’exemple
commentévolue les chaleurs
spécifiques apparentes
d’échantil- lons du rubanR20 après
différentstemps
de traite-ment à 350 *C. L’effet
exothermique
associé à larelaxation structurale
qui apparaît
nettement au-dessus de 200 °C pour l’état brut
d’hypertrempe s’estompe rapidement
et n’estplus
visible pour lestemps
de recuitsupérieurs
à 3 min. Parallèlement unFig.
6. - Evolution en fonction de latempérature
de lachaleur
spécifique
apparente d’échantillons du rubanR20 :
Influence du temps de traitement à 350 "C.[Apparent specific
heat versus temperature forsamples
ofthe
R20
ribbon : Influence of theannealing
time at 350*C. ]
394
effet
endothermique
centré surTc
sedéveloppe
pour atteindre un maximum pour un
temps
de recuitde 16 h. Cet effet
endothermique peut
être associébien sûr à la transition
ferro-paramagnétique
maisaussi à une variation réversible de l’ordre
chimique
àcourte distance
[11]. Après
untemps
de traitement de 64 h l’effetendothermique
est considérablementréduit ;
pour un tel traitement un début de cristallisa- tion s’estproduit,
il ne subsisteplus
que l’effetendothermique
associé à la transitionmagnétique
dans la
phase amorphe
restante. Nous pouvons enfin remarquer(Fig. 6) l’augmentation
continue de latempérature
de Curie avec letemps
de recuit(tR ).
Les variations deTc en
fonctionde tR
ont étéreportées
sur lafigure
7. Il faut tout d’abord noterFig.
7. - Variation de latempérature
de CurieTc
enfonction du temps de recuit à 350 °C
(a)
et 250 °C(b)
pour des rubansR20
etR46.
[Curie
temperature variation versusannealing
time at350 °C
(a)
and 250 °C(b)
forR20
andR46 ribbons.]
que les
cinétiques
d’évolution deTc
sont les mêmespour les rubans
R20
etR46
que ce soit à 250 °C ou à 350 "C. A 250*C, Tc augmente progressivement
de236 °C
jusqu’à
252"C,
valeur àlaquelle
elle sestabilise
après
160 h de traitement. A350 °C, l’augmentation
semble seproduire
en deuxétapes : augmentation rapide jusqu’à
242 °Caprès
3 min derecuit
puis plus
lentejusqu’à 246,5 °C,
valeur atteinteaprès
64 h derecuit, temps
pourlequel l’alliage
acommencé à cristalliser. Pour un vieillisement à 350
"C,
l’évolution de latempérature
de Curie de laphase amorphe
semblerait doncstoppée
parl’appari-
tion de la cristallisation.
Nous remarquons en outre
(Fig. 7)
queTc
sestabilise à deux valeurs très différentes pour les
températures
choisies.Après
stabilisation à 250°C,
nous avons alors
porté
l’échantillon 4 h à 350 °C et nous avons pu observer(Fig. 8)
une diminution deTc
en dessous de sa valeurpalier
à350 °C ;
unepart
Fig.
8. - Evolution deTc
lors d’uncyclage thermique
entre 250 et 350 *C.
[7c
evolutionduring
altemate heat treatments at 250 and 350"C.]
importante
del’augmentation
deTc
à 250 °C seraitdonc associée à un
changement
réversible de l’ordre à courte distance dans laphase
vitreuse ce que nous ont confirmé descyclages thermiques
entre 250 et350 °C
(Fig. 8).
Lefait, qu’au
passage de 250 à 350"C, Tc
redescend en dessous de sa valeurpalier
à350 °C pour ensuite
augmenter,
au lieu de décroîtrepurement
etsimplement
peut êtrerapproché
de ceque l’on
peut
observer dans desexpériences
dites de« cross-over »
[16].
3.6 DISCUSSION. - Nos résultats
expérimentaux
semblent montrer que l’incidence de la vitesse d’élaboration sur les
températures
despics
de cristal- lisation et sur la valeur ou lescinétiques
d’évolution de latempérature
de Curieapparaît
comme étantnégligeable.
Le seul élémentpermettant
de mettreen évidence une différence
appréciable
de cettevitesse sur l’état vitreux des rubans est la variation de l’effet
exothermique
associé à la relaxation struc- turale au cours d’unbalayage
entempérature (Fig. 4).
Cette différence d’état structural ainsi déce- lée parl’analyse enthalpique
différentielle étant insuffisante pour se traduire par une variationsignifi-
cative de la
température
deCurie,
on est amené àconclure
qu’elle
doit être de faibleimportance.
Pourfaible
qu’elle soit,
cette différence entraînepourtant
des variations substantielles au niveau despropriétés mécaniques. Ainsi,
comme nous l’avons montré par ailleurs[12,13],
le moduled’Young
et lafragilité
des rubans
augmentent
fortementquand
la vitesse d’élaboration diminue. Nos résultats nousayant
amené à conclure à l’absence de cristallisation à l’état brutd’hypertrempe (§ 3.4), l’hypothèse
d’unefragilisation
due à l’existence d’une couche microcris- talline ensurface,
comme l’ontproposé
Janot et al.[17],
ne semble paspouvoir
être retenue. Les faitsexpérimentaux
tendraient donc à montrerqu’une
faible modification de l’état vitreux lui-même
peut
se traduire par uneimportante
variation de certainespropriétés (mécaniques),
alors que d’autres sont peu affectées(7c).
Fig.
9. - Variations relatives de E etTc
au cours d’unrecuit isotherme à 350 °C pour les rubans
R20
etR46 (E,
etTer
moduled’Young
ettempérature
de Curie del’alliage
relaxéstructuralement).
[Evolutions
of E andTc during
isothermalannealing
at350 °C for
R20
andR46
ribbons(E,
andTc,
are the E andTc
values of the relaxedalloys).]
La
figure
9 compare à titred’exemple
les cinéti-ques d’évolution du module
d’Young
E et de latempérature
de CurieTc
à 350 °C pour les rubansR20
etR46.
Nous remarquons ainsi l’écartimportant
sur la valeur de E à l’état brut
d’hypertrempe
alorsque
Tc
estidentique
dans les deux cas. Parailleurs,
le module atteint un
palier après
10 min de recuit à 350 °C alors que latempérature
de Curie continued’augmenter
- la deuxièmeaugmentation
deE, après
lepalier,
est associée à la cristallisation - E etTc
ne semblent donc pas sensibles aux mêmes processusphysiques
cequi
montre queplusieurs
mécanismes entrent en
jeu
lors de la relaxationstructurale. Le mécanisme à
l’origine physique
del’augmentation
du module seproduirait
trèsrapide-
ment,
pendant
l’élaboration même en cequi
concerne le ruban
R20,
et n’auraitqu’une
faibleincidence sur
Tc.
Le mécanisme àl’origine
del’augmentation
deTe
n’aurait luiqu’une
influencesecondaire sur le module
d’Young.
Pour
expliquer
ce comportement, il nous a paru intéressant d’utiliser la notion de défautstopologi-
ques dans les
amorphes
introduites parEgami
et al.[18-21]
etreprise
ensuite par divers auteurs pourinterpréter
les évolutions despropriétés physiques
ou
mécaniques [6, 22-24].
La définition de cesdéfauts repose sur l’évaluation des deux invariants du tenseur des contraintes
atomiques
que sont lapression hydrostatique
et la contrainte de cisaille-ment de Von Misès. Les défauts sont ainsi définis
comme des
régions
danslesquelles
l’un au moins desinvariants du tenseur diffère de
façon significative
desa valeur moyenne. On
distingue
troistypes
dedéfauts ;
les défauts p où lapression hydrostatique
est
supérieure
à la moyenne et la densitéatomique forte,
les défauts n où la situation estopposée
et lesdéfauts T où les contraintes de cisaillement sont
importantes.
Dans tous les cas, ces défautstopologi-
ques sont des sites où les
réarrangements atomiques
sont
susceptibles
de seproduire beaucoup plus rapidement
que dans le reste de la matrice. La densitéglobale
de défauts et lesproportions
relativesde chacun d’eux vont
dépendre
de la vitessed’hyper- trempe
et vont évoluer au cours de la relaxation structuralequi peut
être pour unegrande part
décrite comme uneconséquence
de l’annihilation des défauts[20] s’accompagnant
d’une mise en ordreà courte distance.
Pour
interpréter
la différence d’évolution de latempérature
de Curie et du moduled’Young
avec lavitesse
d’hypertrempe
et au cours de la relaxationstructurale,
nous pouvons alorsenvisager
les deuxhypothèses
suivantes :i)
le moduled’Young
est surtout sensible à laprésence
desdéfauts topologiques.
Lesréarrange-
ments
atomiques
étantparticulièrement rapides
auniveau de ces
sites,
un ordre à courte distancepeut
facilements’y
créer dans lespremiers temps
de la relaxationstructurale,
voirependant
le refroidisse- ment en dessous deTg
lors de l’élaboration. Un certain nombre de ces défauts serait ainsi neutralisé et leur efficacité vis-à-vis du moduled’Young
dimi-nuée ; l’augmentation
du modulepourrait
être lerésultat soit d’une modification du
potentiel
d’inte-raction moyen, soit de l’annihilation d’une anomalie de module associée à la
grande
facilité desdéplace-
ments
atomiques
au niveau des défauts. Un tel mécanismepermet d’expliquer
d’unepart
la diffé-rence de module
d’Young
entre les rubansR20
etR46
à l’état brutd’hypertrempe
et d’autrepart,
la diminution de l’effetexothermique
associé à larelaxation structurale
quand
on passe des rubansR46
àR20.
La stabilisation du moduleaprès
10 min derecuit à 350 °C
signifierait
que l’on a éliminé ouneutralisé la
quasi-totalité
des défauts horsd’équili-
, bre et atteint ainsi la fin du
premier
stade de la relaxation structurale. La densité des défauts restant ensuite constante, le module ne varieplus
sensible-ment. Ce mécanisme de création d’un ordre à courte distance sur les défauts serait de caractère essentiel- lement irréversible et
permettrait
en outred’expli-
quer la
fragilisation
del’alliage,
l’unité structurale à mouvoir pourpermettre
le cisaillement localisé àl’origine
de la déformation nonélastique
dans lesverres
métalliques [23]
n’étantplus
un atome seulmais par
exemple
un atomemétallique
entouré demétalloïdes. Ce