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Vibrateurs et librateurs classiques perturbés par chocs
C. Brot
To cite this version:
C. Brot. Vibrateurs et librateurs classiques perturbés par chocs. Journal de Physique, 1967, 28 (10),
pp.789-795. �10.1051/jphys:019670028010078900�. �jpa-00206583�
VIBRATEURS
ET LIBRATEURSCLASSIQUES PERTURBÉS
PAR CHOCSPar C. BROT,
Laboratoire de Chimie Physique, Faculté des Sciences, 9I-Orsay.
Résumé. - On calcule, en
mécanique classique,
la fonction d’autocorrélation des élon-gations
d’un ensemble de vibrateursharmoniques perturbés
par chocs aléatoires. Les chocs sontsupposés
instantanés. Ils neproduisent
pas de discontinuité dansl’élongation,
mais seule- ment dans la vitesse. Une certaine « mémoire » de la vitesse avant le chocpeut cependant
être conservée, dans une mesurequi dépend
de la masse desparticules
constituant le bainthermique.
La fonction d’autocorrélation obtenue
permet
de calculer ladispersion
etl’absorption
d’une onde
électrique
par l’ensemble de vibrateurs.L’absorption
obtenue est voisine d’une courbe de Lorentzquand
lafréquence
moyenne des chocs est très inférieure à lafréquence
propre des vibrateurs, mais dans d’autres cas limites le résultat trouvé en diffère considéra- blement, et semble
plus
réaliste.Le cas des librateurs se déduit très
simplement
du cas des vibrateurs.Abstract. 2014 The classical correlation function of the
positions
of an ensemble of harmonic vibratorssubject
to random collisions is calculated. The collisions aresupposed
instantaneous(adiabatic). They
do notproduce
anydiscontinuity
in thepositions,
butonly
in the velocities.A certain
"memory"
of theprevious
velocities can however be conserved, thedegree
of whichdepends
on the masses of thecolliding particles (thermal bath).
Using
this correlation function, thedispersion
and theabsorption
of anoscillating
electricfield
by
the vibrators are calculated. Theresulting absorption approximates
a Lorentziancurve when the mean collision
frequency
is much smaller than the properfrequency
of thevibrators. However, in other
limiting
cases, the behaviour isconsiderably
different from that of Lorentz or of Van Vleck andWeisskopf,
and seems more realistic.(See Table.)
The results obtained are extended in a
straight
forward manner to the case of librators(torsionnal oscillators).
La theorie
classique
de1’absorption 6lectromagn6- tique
des vibrateursperturb6s
par chocs est domineepar les noms de Lorentz
[1]
et de Van Vleck etWeisskopf [2].
Ces auteursrestreignent
leur traite-ment au cas ou le choc efface toute « memoire » de 1’etat anterieur du
vibrateur,
et ils sont amenes a netenir
compte
que d’un seul choc par vibrateur.On
dispose aujourd’hui
d’une methoded’approche
du
problème beaucoup plus puissante :
1’6tude de la fonctiond’autocorrelation, qui permet
de ne pas introduireexplicitement
lechamp applique.
Dans le
present article,
nous utilisons cette methodepour un traitement
plus general
etplus rigoureux
duproblème.
Nous
adoptons l’hypothèse
usuelle selonlaquelle
les chocs sont instantanes
(ou
«adiabatiques »),
maisnous supposons
qu’ils
neprovoquent
pas de disconti- nuit6 dans laposition
desvibrateurs;
ils modifientseulement leurs vitesses dans une mesure variable selon le mod6le
adopt6.
Deplus,
nous suivons les vibrateurs pour un nombre de chocs tendant versl’infini.
Apr6s
avoir calcule la fonction de correlationcorrespondant
a cemod6le,
nous en d6duisons lespropri6t6s électromagnétiques
dusyst6me.
On
peut
montrer que la fonction d’autocorrelation de laposition (1’elongation) x (t )
d’un vibrateur lineaire(un
seuldegr6
deliberte),
soit :doit avoir pour
d6veloppement
limite auxpetits temps
ou m est la masse du vibrateur et b2
1’elongation quadratique
moyenne de 1’ensemble des vibrateurs a latemperature
T.D’une
fagon analogue,
si on consid6re un rotateurrigide
lineairejouissant
d’un seuldegr6
de liberte(rotateur plan)
et si le vecteur unitaireu (t )
d6finitl’orientation du rotateur a
l’instant t,
la fonction d’autocorrélation d’un ensemble de tels rotateurs,qui s’écrit u (0) . u (t),
doit avoir pourd6veloppement
limite :
I 6tant le moment d’inertie du rotateur. Ceci est
equivalent,
pour un rotateurplan,
aud6veloppement
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019670028010078900
790
donne par Gordon
[3],
dans le casdu rotateur a deux
degr6s
de libert6.Les coefficients
qui figurent
devant t2 dans cesd6veloppements
sont obtenus parapplication
du th6o-r6me de
1’equipartition classique
de1’energie cinetique.
Quant
a 1’absence de termes lineaires en t, elle resulte du fait que toute discontinuite deposition
estinterdite a un
syst6me
inerte. Tout modelequi
nerespecte
pas cetimp6ratif
ne peut etrequ’approch6,
avec pour
consequence
uneabsorption 6lectromagn6- tique
non nulle auxfrequences
infinies.Nous traiterons d’abord le cas des vibrateurs et nous en deduirons ensuite tres
simplement
la fonction d’autocorrelation de librateurs(c’est-A-dire
oscilla-teurs rotationnels :
1’elongation angulaire, supposee petite,
varie sinusoidalement dans letemps).
I. VIBRATEURS
Soit Ox la direction commune de vibration de 1’ensemble des vibrateurs.
Nous considerons pour
chaque
vibrateur une seried’etats de vibration d’indices 1 ...
(n
+1)
...s6pa-
r6s par des chocs instantanes
ayant
lieu aux instantst1
...tn.
Dans chacun de ces6tats,
le mouvement estharmonique,
defrequence identique
coo, tandis quel’amplitude
est différente. L’instant initial t =0, qui
servira a construire la fonction
d’autocorrélation,
estpris pendant
1’6tat d’indice 1.Nous ecrivons la
position
instantanee d’un vibrateur durant l’état n + 1 sous la forme :qui
assure bien la continuite de laposition
de x lorsdu choc de l’instant
tn. bn
est une «amplitude
par- tielle » aleatoire de moyennenulle,
tandis que 1) estun
parametre compris
entre -1 et + 1qui
d6finitle modele de chocs
adopte :
eneffet,
la vitesse dans l’état n + 1 s’6crit :La vitesse initiale a la suite du choc est donc en
moyenne :
Certains cas
particuliers
sont interessants :-
Si N
est peu inferieur al’unite,
le chocperturbe
peu la vitesse : il
s’agit
alors d’un modele que nousnommerons « brownien ».
- Si 1) =
0,
la vitesse initialeapres
le choc nedepend
pas en moyenne de la vitesse anterieure : c’est le modele « boltzmannien ».
- Si 1)
= - 1 ’
le choc renverse la vitesse : « rebon- dissements ».Si les chocs sont
produits
par lesparticules
d’unbain
thermique,
un calculclassique
montre que -n ==(m
-M)f(m
+M),
of M est la masse des par- ticules du bain. On est ainsi enpresence
du modele« brownien »
lorsque
lesparticules
du bainthermique
sont
beaucoup plus légères
que les vibrateurs6tudi6s,
et du modele « boltzmannien »
quand
cesparticules
ont meme masse que les vibrateurs ou sont constituees par les vibrateurs eux-memes.
Enfin,
dans le dernier cas, lesparticules
du bain sontbeaucoup plus
massivesque les vibrateurs.
CONSERVATION DE
L’EQUIPARTITION
DE L’ENERGIE.- La moyenne
quadratique de bn
est donnee par :En
effet, l’ énergie
totale dans 1’6tat n + 1 est :dont la moyenne
sur bn
est, en tenant compte de(5) :
Si on fait la moyenne de cette
quantite
sur les diff6-rents etats n
anterieurs,
la moyenne dupremier
termeest
1’energie potentielle
moyenne1/2 kT,
tandis que le crochet du second terme estegal
a1’energie
cin6-tique
moyenne1/2
k T. On obtient donc pour1’energie
totale moyenne dans l’état n + 1 la valeur
k T,
enaccord avec
1’equipartition classique.
Fonction dlautocorrdlation des
positions.
- Nousecrivons le
premier
6tat des vibrateurs sous la forme :xo et
bo
6tant des «amplitudes partielles »
dont lamoyenne est nulle et dont la moyenne
quadratique
est la meme que celle
des b. (6galit6 (5)).
La fonction d’autocorrelation de
position
pour 1’ensemble des vibrateurs est obtenue par une moyennesur les «
amplitudes partielles » b1
...bn,
sur lesinstants de
choc,
sur le nombre de chocsd6jh
subispar les différents vibrateurs a
l’instant t,
et sur lesdeux
paramètres
xo,bo
dupremier
etat :Calculons
d’abord x(t) )bl...bnt1,..tn,n).
Faisons d’abord la moyenne de cette
quantite
sur
bl
... .bn.
Nous noterons
Xn+1(t),
cette moyennequi
est unefonction
de t, t1’ .. tn,
n. A cause du caractère lineaireen bn
dusyst6me
recurrent(3), (4),
on a :syst6me
que nous utiliserons ultérieurement.Pour tous les vibrateurs
qui
ont subi nchocs, quels qu’aient
ete les instants de ceschocs,
etqui
sont doncdans leur n + 1 ième
6tat,
la moyenne deXn + 1 (t )
est :
La moyenne sur la totalite des
vibrateurs, quel
que soit le nombre de chocsqu’ils
ont subis(quel
que soit l’indice de leuretat),
est donnee par une distribution de Poissonponderant
chacun des etats.Soit Tc le temps
caracteristique
de cette distribu-tion de Poisson
(,r,
= intervalle moyen entre deuxchocs) :
ou :
Nous posons
également :
et :
Ceci va nous permettre, a l’ aide de la recurrence
(8), (9),
de calculer la moyenne(10)
cherchee. Du meme coup, nous obtiendrons d’ailleurs la fonction d’auto- correlation desvitesses,
comme on le verra.En
portant (8)
dans(11),
nous obtenons :ou, en
changeant
le nom de la variabled’integration tn :
D’une
façon analogue,
en utilisant(9)
et(12) :
Posons :
En mettant
1/,r,,
en facteur apartir
du second termede ces sommes et en utilisant
(15), (16),
on obtient :ou
I1(t)
=xl(t)
est donne par(6)
et ou :Si n ---+ oo, les limites
S(t)
etT(t)
deSn(t)
et deTn(t)
sont solutions dusyst6me d’equations int6gra-
les de Volterra obtenu en
supprimant
les indices n,n -1 dans
(17), (18).
Pour resoudre ce
syst6me,
nous en prenons les transformees deLaplace
membre a membre. SoitY(p)
la transformee deLaplace f 0 00
e-PtS(t)
dt deS(t),
792
et soit
ff (p)
celle deT (t) .
Nous transformons ainsi lesproduits
de convolution enproduits simples.
Nousobtenons,
en tenantcompte
de(6)
et(19) :
Nous cherchons d’abord la fonction de correlation des
positions V(t).
Sa transformee deLaplace j/(p)
est, en utilisant la forme
(7)
et lesegalites (10)
et(13) :
11 suffit donc de r6soudre le
syst6me (20), (21)
enY(p) apr6s
avoirsupprime
les termes enbo,
et deremplacer p
par( p
+1 /,r,) . x2 0 >s’61imine
et 1’onobtient finalement :
Nous introduisons un
temps caracteristique T qui
resume a la fois le
type
des chocs et leurfrequence
moyenne :
et nous obtenons pour
F(p)
une forme a un seulparamètre :
Pour obtenir la fonction de correlation
cherchee,
nous faisons la transformation de
Laplace
inverse.Plusieurs cas sont
possibles,
nous obtenons :- Si .ùo
1/,T:,
on obtient la valeur(24)
ou lesfonctions
trigonométriques
sontremplac6es
par les fonctionshyperboliques correspondantes.
Dans les trois cas, le
developpement
limite deV(t)
est I En utilisant
(5),
on voitque
V(t)
a bien ledeveloppement
limit6 correct(1).
Fonction dlautocorrdlation des vitesses. - Celle-ci
est par definition :
Le calcul se m6ne de
façon
tout a faitsymetrique.
La transformée de
Laplace
deW(t)
est :On obtient
finalement,
enadoptant
encore ladefinition
(22) :
d’ou :
- Si wo >
1/,r :
- Si (do
1/’r,
on a la meme formule que pour wo >1/’r,
mais avec les memes modifications que dans le cas de la fonction d’autocorrélation despositons.
Le
developpement
limit6 de cette fonctioncomporte
un terme lineaire en t. Ce resultat était a attendre car nos chocs instantanes
produisent
des discontinuités dans les vitesses(collisions
de «spheres
dures»).
Nous ne reviendrons pas sur la fonction d’auto- correlation des vitesses.
Signalons
seulementqu’elle peut
etre utile dans desprobl6mes
ou existent descouplages magn6tiques.
Propridtds spectroscopiques.
- Il est connu[4]
que
1’absorption-dispersion
d’un milieu dans unchamp electrique
sinusoidal est directement reli6e a la trans-form6e de
Laplace imaginaire (transformée
de Fou-rier
monolat6rale)
de la fonction d’autocorrélation du momentelectrique.
En
supposant so
peu different de Eoo =1,
defaçon
a éviter les
probl6mes
dechamp interne,
on a, dansnos notations :
avec,
d’apr6s (23) :
d’oii :
les
symboles R
et Jsignifiant
«partie
reelle de » et«
partie imaginaire
de »respectivement.
Si a est le coefficient
d’absorption
par unite delongueur, (27)
permet d’ecrire :c 6tant la vitesse de la lumi6re.
Pour notre ensemble de
vibrateurs,
et en supposant lechamp applique
selonOx,
la constantedielectrique statique
est donnee par :DISPERSION. - A 1’aide de
(26),
on trouve :d’oii :
Si Cùo --+
0,
le milieu devient conducteur(porteurs libres).
La constantedielectrique
est alors inferieure a1,
comme il est bien connu.ABSORPTION CX. -
(28)
donne :Ecrivons
laquantite occ/47r qui
n’est autre que la conductivite du milieu :La formule de Lorentz
(complete) correspondante
est :
(cf
formule(9)
du m6moire deV.V.W.).
La formule de Van
Vleck-Weisskopf
correspon- dante est :(cf.
formule(17)
du ditmemoire).
APPROXIMATION DE
L’OPTIQUE (raie d’absorption
defaible
largeur relative).
- Dans ce cas, on a :avec
(W2 - W2) - 4W2(W - WO)2
et1/1:4 négligeable.
Les formules
(30), (31), (32)
se reduisent alorstoutes trois a :
qui
n’est autre que la formule de Lorentztronquee («
courbe de Lorentz »usuelle).
AUTRES CAS LIMITES. - Il est int6ressant de compa-
rer les trois theories en
presence lorsque
lafrequence appliquee
0 tendrespectivement
vers zero ou vers1’infini. Nous ferons cette
comparaison
dans le casou la
frequence
propre coo est finie et dans le cas ou elle est nulle. Dans ce dernier cas, si lacharge
et lamasse des vibrateurs restent
inchangées,
on est enpresence
d’un milieu deporteurs libres, puisque
laconstante de force
mwo
s’annule(tandis
que si onsuppose que celle-ci reste constante, la masse m doit tendre vers
l’infini).
Les formules obtenues sont resumees dans le ta-
bleau
I,
danslequel
lespetites
lettres renvoient auxcommentaires suivants :
Cas ou la
ftiquence propre
restefinie.
-(a)
Latransparence
n’est pas retablie afrequence infinie;
ceci est du au fait que V.V.W.
(1)
introduisent(1)
V.V.W. : Van Vleck,Weisskopf.
TABLEAU I
VALEUR DE
(XC/47T
DANS DIFFERENTS CAS LIMITES, POUR LES TROIS THEORIES EN PRESENCE794
lors d’un
choc,
non seulement une discontinuite dans lavitesse,
mais aussi dans laposition («
strong colli-sions
»),
cequi
introduit dans le mouvement des composantes de Fourier afrequences
« infinies ».V.V.W. etaient conscients de cette insuffisance de leur theorie
(cf.
leurs « Remarks») .
(b)
La transparence est retablie : dans le mod6le deLorentz,
tout se passe comme si la collision arretait les oscillateurs a l’instant ou ilspassent
par leurposition d’equilibre (x
=dx/dt
= 0 a l’instant duchoc).
Iln’y
a donc pas de discontinuite deposition.
Mais le
couplage
avec lechamp
estsuppose
nul àpartir
de l’instant duchoc,
et il en resultequ’apres
un temps
long,
c’est-h-direaprès
que tous les oscilla-teurs eurent subi un
choc,
ils cessent tous d’etrecouples
avec le
champ :
dans la theorie deLorentz,
la cons-tante
dielectrique statique
est6gale
a celle du vide(cf. equation reproduite
en(10)
parV.V.W.,
ou l’onfait co =
0).
(c)
La transparence afrequence
infinie est assureedans notre modele du fait de l’absence de disconti- nuit6 de
position.
Cas CM la
ftiquence propre
est nulle. -(d), (e), (f)
Enadoptant
T =2"t’c’
c’est-a-dire letype
de chocsque nous avons
appeles
« boltzmanniens »(les particules
du bain ont meme masse que les por-teurs),
on a pour I conductivit6 Ne2 2 ’7, cteurs),
’ on a pour la conductivite20132013 201352013B , .
m co 2 +C 2 qui qui
donne pour les
frequences
tres inferieures a la fr6- quence moyenne de chocs une conductiviteNe2 -r,
en accord avec la theorie
classique
d’un milieu deporteurs
libres. Lapresence
de m2 au denominateur dans(dJ
r6tablit la transparence du milieu aux tr6s hautesfrequences (f).
(g)
V.V.W. obtiennent uneabsorption
deDebye (c’etait
d’ailleurs la un des buts essentiels de leurtravail),
mais dont1’amplitude 1/(02 0
estinfinie,
àmoins que la masse m devienne infinie. Si c’est le cas,
I’amplitude
de leur domained’absorption, qui
estNe 2 1
et ui devient Ne2 b2 kT en utilisant nos nota-
2013 m mo w 1 0 2 et qui
q devient Ne 2b2/kT
en utilisant nos nota-
tions,
reste finie. e2 b2 est le momentquadratique moyen ( y2 )
du vibrateur. Le fait que V.V.W. consi- d6rent ce moment comme constant leurpermet
de traiter leprobl6me
du rotateurperturbé
par chocs en etudiant1’absorption electromagnetique
desprojec-
tions de ce moment sur des axes
fixes, projections qui
ont un mouvement vibratoire. Ils retrouvent ainsi la formule de
Debye
pourl’absorption
de relaxationdipolaire quand
coo --->- 0. Notretheorie,
aucontraire,
a pour limite naturelle la theorie de la conductivite d’un milieu de
porteurs libres,
cequi
était a attendre6tant donne le caractère translationnel du mouvement
d’un vibrateur lin6aire.
Pour revenir a la
question
del’absorption dipolaire,
que ce soit dans le cas ou la
perturbation
est faible(rotation
presquelibre)
ou dans le cas limite deDebye (relaxation),
il estplus simple aujourd’hui
pour r6sou-dre le
probl6me
de traiter directement le mouvement dumoment
permanent
dansl’espace
en écrivant sa fonctiond’autocorrelation. C’est ce
qu’ont
fait r6cemmentplusieurs
auteurs[5], [6], [3].
Gordon
[3]
et Shimizu[7]
enparticulier
ont traitedes mod6les dans
lesquels,
entre leschocs,
les mole-cules sont en rotation libre. Ces mod6les sont
appli-
cables aux gaz
comprimes
etprobablement
a certainsliquides. Cependant,
dans de nombreusesphases condensees,
le mouvement orientationnel des mole- culesprésente,
soitpendant
untemps
assezlong (liquides
«microcristallins »,
cristaux «plastiques »),
soit de
façon permanente (solides rigides)
essentiel-lement un caract6re de libration. 11 est donc int6res-
sant de calculer la fonction d’autocorrelation cor-
respondante.
II. LIBRATEURS
L’orientation
d’equilibre
du librateur estsupposee
fixe selonOz,
et le librateur estassujetti
a rester dansle
plan
zOx(librateur monodimensionnel).
Soit
u (t )
le vecteur unitaire determinant l’orienta- tion du librateur a l’instant t.Soit
§(t) 1’elongation angulaire,
c’est-a-dire1’angle
que fait u avec Oz a l’instant t.
Soient k et i les vecteurs unitaires selon Oz et Ox
respectivement.
On au (t )
=k cos 03BE (t )
+ isin g(t).
La fonction d’autocorrelation du vecteur u est par definition :
On a :
Nous supposons les
amplitudes
de librationpetites :
Nous
adoptons
le modele de la librationharmonique perturb6e
par chocs aleatoires comme dans le cas du vibrateur.A un instant
quelconque, §
est de la forme :On a :
Si le moment d’inertie du librateur est
I,
sonenergie cinetique 1/2
kT en th6orieclassique
est :soit en
posant
ct2)/2
=p2
=elongation quadra-
tique moyenne : p2
=k T /IC02 0 (analogue
a(5)
duvibrateur).
Donc : o o
La moyenne
qui
reste a faire a ete faite a propos du calcul de la fonction d’autocorrelation du vibrateur.Celle-ci etait d6finie par aux
notations
près. Avec ç2(0) > == p2,
on obtient pourla fonction d’autocorrelation d’un librateur mono-
dimensionnel :
La
partie
variable de la fonction d’autocorrelation d’un librateurharmonique
estdonc,
a une constantepr6s proportionnelle
a latemperature,
la fonction d’autocorrelation du vibrateurcorrespondant.
Onv6rifie aussi que le resultat obtenu admet bien
(2)
comme
developpement
limit6.Manuscrit reçu le 27 mai 1967.
BIBLIOGRAPHIE
[1]
LORENTZ(H. A.),
TheTheory
of Electrons, note 57.[2] VAN VLECK
(J. H.)
et WEISSKOPF(V. F.),
Rev. Mod.Physics,
1945, 17, 227.[3]
GORDON(R. G.), J.
Chem. Physics, 1966, 44, 1830.[4]
Voir parexemple,
ZWANZIG(R.),
Ann. Rev. Phys.Chem., 1965, 96.
[5] COLE (R.
H.), J.
Chem. Physics, 1965, 42, 637.[6]
STEELE(W. A.), J.
Chem. Physics, 1963, 38, 2411,et 1965, 43, 2598.
[7]
SHIMIZU(H.), J.
Chem.Physics,
1965, 43, 2453.COURBES DE POTENTIEL DES
ÉTATS ÉLECTRONIQUES
DE LAMOLÉCULE
AsOPar RAYMOND
GRANDMONTAGNE, JEAN-PIERRE
GOURE etJEAN D’INCAN,
Laboratoire de Spectroscopie et de Luminescence de l’Université de Lyon, Physique Premier Cycle,
43, boulevard du II-Novembre, 69-Villeurbanne.
Résumé. - On trace les courbes de
potentiel
des ét ats C203943/2,
C203945/2
et B 2~ de la molécule AsO par la méthodeemployée
par Eido ; on déduit de ces calculs une valeur de la constante 03C9e~ede l’état B203A3.
Abstract. - The
potential
curves of C203943/2’
C203945/2
and B 203A3 states of the AsO molecule have been constructedby
the method usedby
Eido ; a value of the constant 03C9e~e for the B203A3 state is deduced.LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 28, OCTOBRE 1967,
1. Introduction. - Le
spectre
connu de la mole- cule AsO est constitue desyst6mes
de bandes 6lectro-niques correspondant
a des transitions aboutissant tou- tes au niveau fondamental.L’analyse
de la structurede rotation des
syst6mes A , -* X2fl , B2Z -*
X 2IIet
D2£ -
X 211[1], [2], [3], [4]
etplus
recemmentcelle du
SySt6Me
C 2A ---+ X 2II[5]
ontpermis
dedeterminer les constantes de rotation des etats corres-
pondants.
Les courbes depotentiel
des deux 6tatselectroniques
D et X ont ete tracees dans un travail anterieur[6].
On s’estpropose
decompleter
le tracede la courbe de
potentiel
du niveau fondamental X2fl 3/2
et d’effectuer celui des niveauxelectroniques
C2ð.3/2
etC2ð.5/2.
En outre, comme seules les bandescorrespondant
au niveau de vibration v’ = 0 dusyst6me B 2E -* X
2IIapparaissent
sur lescliches,
lavaleur de la constante
co’x’
de 1’etatsuperieur
n’a pu etre d6termin6eexperimentalement.
Un essai de calculde cette constante a ete tente en utilisant la v6rification de la
quantification
del’int6grale
d’action et le calculde la constante de rotation.
2. Mdthode
employde.
- Les courbes depotentiel
ont ete tracees en
appliquant
la methode 61abor6e par Eido[7]
etd6jA
utilisee pour les etats D et X[6].
Cette methode consiste a admettre tout d’abord que