ETUDES DE SUITES DEFINIES PAR DIFFERENTS TYPES DE RECURRENCE
K désignera R ou C.
1) Suites récurrentes linéaires d’ordre p
définition (suites récurrentes linéaires d’ordre p)
Soit . On dit que (un) est une suite récurrente linéaire d’ordre p∈N* s’il existe (a0,...,ap−1)∈Kp
tel que :
∑
−= +
+ =
∈
∀ 1
0
,
p
k
k n k p
n a u
u N
n .
Considérons une telle suite (un).
Soit Xn la matrice définie par :
⎟⎟
⎟⎟
⎟
⎠
⎞
⎜⎜
⎜⎜
⎜
⎝
⎛
=
− + +
1 1
p n n n
n
u u u
X # . Xn∈Mp,1(K). On a donc la relation suivante :
n
n AX
X N
n∈ =
∀ , +1 , avec
⎟⎟
⎟⎟
⎟⎟
⎟
⎠
⎞
⎜⎜
⎜⎜
⎜⎜
⎜
⎝
⎛
=
−1 1
0
1 0 0
0 0 0
1 0
ap
a a A
"
"
"
%
%
#
#
%
%
%
#
"
"
.
) (
1 0
0
0 0
0 0
1 )
(
1 2
0 a a X
a
X X
X
p p A
−
−
−
= χ
−
−
"
%
%
#
#
%
%
%
"
.
On montre par récurrence sur p que
∑
−=
− +
+
−
=
χ 1
0
) 1
1 ( )
1 ( ) (
p
k
k k p p
p
A X X a X (il suffit pour cela de
développer le déterminant ci dessus suivant la première colonne).
On se limite au cas où le polynôme caractéristique de A est scindé dans K[X]. χAs’écrit donc :
∏
=− λ
=
χ q
i
m i A
X i
X
1
) (
)
( , avec
⎪⎪
⎪
⎩
⎪⎪
⎪
⎨
⎧
=
∈
∈ λ
∑
= qi i i i
p m
N m
K
1
* .
Il existe une matrice triangulaire
⎟⎟
⎟⎟
⎠
⎞
⎜⎜
⎜⎜
⎝
⎛
=
Tq
T T
0
1 0
% où les matrices Ti sont triangulaires supérieures
ayant λi comme éléments sur la diagonale, il existe une matrice P inversible telle que T =P−1AP (voir chapitre "trigonalisation des endomorphismes").
Soit k∈N,1≤k≤q.
k m k
k I N
T
k +
λ
= , où Nk est une matrice nilpotente d'ordre mk. Pour n∈N:
(
k m k)
nn
k I N
T
k +
λ
=
∑
=
λ−
= n
r
r k r n
k r
n N
C
0
(car
mk
I et Nk commutent)
∑
−=
λ−
= 1
0 mk
r
r k r n
k r
n N
C (car Nk est une matrice nilpotente d'ordre mk)
∑
−=
λ−
+
− λ −
= 1
0 !
) 1 )...(
1 (
mk
r
r k k r n
k N
r r n n
n
∑
−=
λ
= 1
0 , mk
r
r k r n
k n U (on réordonne suivant les puissances de n, U , M (K)
mk
r
k ∈ ).
Pour k∈N, 1≤k≤q, on note Tk la matrice définie par :
⎟⎟
⎟⎟
⎟⎟
⎟⎟
⎟⎟
⎠
⎞
⎜⎜
⎜⎜
⎜⎜
⎜⎜
⎜⎜
⎝
⎛
=
0 0 0 0
%
%
k
k T
T .
On a
q n
k k
n T
T ⎟⎟⎠
⎜⎜ ⎞
⎝
=⎛
∑
=1
∑
=
= q
k n
Tk 1
(c'est une conséquence du produit de matrices par blocs)
∑ ∑
−=
=
λ
= 1
0 , 1
mk
r
r k r q
k n
k n U .
Par conséquent, (un) est combinaison linéaire de la famille de suites
1 0
)1
(
−
≤
≤≤
λ ≤ mk
r q k n
k
nr .
Application à l'étude de la suite de Fibonacci On considère la suite (un) définie par
⎪⎩
⎪⎨
⎧
+
=
∈
∀
=
=
+
+ n n
n u u
u N n u u
1 2 1
0
, 1
1
.
Ecriture matricielle : en posant ⎟⎟
⎠
⎞
⎜⎜
⎝
=⎛ +
n n
n u
u
X 1 , on a Xn+1 =AXn, avec ⎟⎟
⎠
⎞
⎜⎜⎝
=⎛ 0 1
1
A 1 .
) )(
( 1
1 ) 1
( = −α −β
−
= −
χ X X
X X X
A avec
2 1+ 5
=
α et
2 5 1−
=
β .
Il existe donc deux éléments de K a0 et a1 tels que : ∀n∈N,un =a0×αn +a1×βn.
0 =1
u donc a0+a1 =1.
1=1
u donc a0α+a1β=1.
1
0 1 a
a = − et en reportant dans la deuxième égalité, on obtient : 1
) 1
( −a1 α+a1β= α
−
= α
− β ) 1
1( a
α
− β
α
=1− a1
1 5
− β
= a
5 1 5
0
= α + β
=
a .
Finalement, pour tout entier n, 1 1
5 1 5
1 α + − β +
= n n
un . On en déduit ainsi le comportement de la suite : βn+1⎯⎯n⎯⎯→⎯⎯+∞→0 et αn+1⎯⎯ →n→⎯+∞ +∞ et donc un ⎯⎯ →n→⎯+∞ +∞.
2) Suites récurrentes non linéaires d'ordre 1
théorème du point fixe 1
Soit E une partie fermée de K et f une application de E dans e k-contractante (c'est-à-dire pour tous x, y dans E, f(x)− f(y) ≤kx−y , avec k<1). On suppose E stable par f.
(i) l'équation f(x)=x admet une unique solution dans E.
(ii) Toute suite (xn) définie par
⎩⎨
⎧
=
∈
∀
∈
+ ( )
, 1
0
n
n f x
x N n
E
x admet pour limite la solution de l'équation x
x f( )= . Démonstration
• Unicité de la solution
Soient α, deux solutions de l'équation β f(x)=x. Alors f(α)=α et f(β)=β. β
− α
= β
− α) ( )
( f
f . Or, f(α)− f(β) ≤kα−β donc α−β≤kα−β et donc (1−k)α−β ≤0. Or 0
) 1
( −k α−β ≥ donc (1−k)α−β =0. Comme k≠1, on en déduit que α=β.
• Existence
Soit )(xn une suite définie par
⎩⎨
⎧
=
∈
∀
∈
+ ( )
, 1
0
n
n f x
x N n
E
x .
Soit n≥1.
) ( )
( 1
1 −
+ − n = n − n
n x f x f x
x donc xn+1−xn ≤kxn −xn−1 . Par une récurrence immédiate, on montre que xn+1−xn ≤kn x1−x0 .
Soient p et n deux entiers vérifiant p<n.
p p n
n n n p
n x x x x x x x
x − = − −1+ −1− −2+...+ +1−
p p n
n n n p
n x x x x x x x
x − ≤ − −1 + −1− −2...+ +1−
0 1 2
1 ... )
(k k k x x
x
xn − p ≤ n− + n− + + p −
∑
−−=
−
≤
− n p
i i p
p
n x k x x k
x
1
0 0 1
0
1 1
1 k x x
k x k
x p
p n p
n −
−
≤ −
− −
0
1 x1 x
k x k
x
p p
n −
≤ −
−
1 1− 0 ⎯⎯ →⎯ 0
− p→+∞
p
x k x
k donc (xn)est une suite de Cauchy. E étant fermé donc complet donc )
(xn converge dans E. Notons l sa limite. f est contractante donc continue donc )
( )
(x f l
f n ⎯n⎯ →→⎯+∞ . Or, f(xn)=xn+1 et xn+1⎯n⎯ →→⎯+∞ ldonc f(l)=l.
théorème du point fixe 2
Soit I un intervalle de r non vide et non réduit à un point. Soit f une application définie sur I, à valeurs dans R telle que I soit stable par f. Soit (un)définie par
⎩⎨
⎧
=
∈
∀
∈
+ ( )
, 1
0
n
n f u
u N n
I
u .
(i) Si f est croissante sur I, alors (un) est monotone :
• si u0 ≤u1alors )(un est croissante ;
• si u0 ≥u1, alors (un) est décroissante.
(ii) Si f est décroissante sur I, alors les suites (u2n)et )(u2n+1 sont monotones, de sens de monotonie contraires :
• si u2 ≥u0, alors (u2n) est croissante et (u2n+1) est décroissante ;
• si u2 ≤u0, alors (u2n) est décroissante et (u2n+1) est croissante.
Donc )(un converge si et seulement si (u2n) et (u2n+1)ont adjacentes.
démonstration
(i) montrons par récurrence que pour tout entier n, un+1−un est du signe de u1−u0. Notons P(n) la propriété : "un+1−un est du signe de u1−u0".
• n=0. P(0) est vraie !
• Soit n∈N. Supposons P(n) vraie.
1
2 +
+ − n
n u
u est du signe de un+1−un. Or un+1−un est du signe de u1−u0 (hypothèse de récurrence) donc P(n+1) est vraie.
• Donc, P(n) est vraie pour tout entier n.
Si u0 ≤u1, alors pour tout entier n, un+1−un ≥0et donc (un)est croissante.
Si u0 ≥u1, alors pour tout entier n, un+1−un ≤0, et donc (un)st décroissante.
(ii) Si f est décroissante sur I, alors g= f D f est croissante.
)
(u2n est définie par
⎩⎨
⎧
=
∈
+2 ( 2 )
2 0
n
n g u
u I
u .
)
(u2n+1 est définie par
⎩⎨
⎧
=
∈
+ +3 ( 2 1)
2 1
n
n g u
u I u
• si u2 ≥u0, alors (u2n) est croissante d'après (i).
) ( )
( 2 0
1
3 u f u f u
u − = − donc u3−u1 ≤0 car u2−u0 ≥0 et f est décroissante sur I. Alors (u2n+1) est décroissante d'après (i).
• si u2 ≤u0, alors (u2n) est décroissante d'après (i).
) ( )
( 2 0
1
3 u f u f u
u − = − donc u3−u1 ≥0 car u2−u0 ≤0 et f est décroissante sur I. Alors (u2n+1) est croissante d'après (i).
Supposons (u2n) et (u2n+1) adjacentes
Alors il existe l∈K tel que u2n+1⎯n⎯ →→⎯+∞ let u2n ⎯n⎯ →→⎯+∞ l. Soit ε>0. ε
<
−
⇒
≥
∈
∀
∈
∃n1 N, n N,n n1 u2n+1 l . ε
<
−
⇒
≥
∈
∀
∈
∃n2 N, n N,n n2 u2n l .
Soit )n0 =max(2n1+1,2n2 . Alors ∀n∈N,n≥n0⇒ un−l <ε. Donc un⎯n⎯ →→⎯+∞ l. Supposons que (un)converge
Soit n
n u
l= lim→+∞ .
Alors u2n⎯n⎯ →→⎯+∞ let u2n+1⎯n⎯ →→⎯+∞ l ((u2n) et (u2n+1)ont deux suites extraites de (un). Donc
2 0
1
2n+ −u n⎯⎯ →n→⎯+∞
u donc (u2n)et )(u2n+1 sont adjacentes.
Exemple :
Soit )(un la suite définie par :
⎪⎩
⎪⎨
⎧
=
∈
+ +
2 1 0
n
n u
u R
u . Soit f la fonction définie sur R+ par x6x2. f est continue sur R+. R+ est un intervalle de stabilité pour f ce qui affirme que la suite (un) est bien définie.
• L'équation f(x)=xadmet deux solutions sur R+ : 0 et 1.
• 1er cas : u0 =0. La suite (un) est la suite stationnaire égale à 0.
• 2ème cas : u0 =1. La suite (un) est la suite stationnaire égale à 1.
• 3ème cas : u0∈]0;1[.
O u u 0 u 1
u 2
3 I
J
(
[0;1])
=[0;1]f . u0 ≥u1 donc la suite (un) est décroissante. (un)est minorée par 0 donc (un) converge. Soit l sa limite. l vérifie f(l)=lcar
⎩⎨
⎧
⎯
⎯ →
⎯
⎯
⎯ →
⎯
+∞
→ +
+∞
→
l u
l f u
f
n n n n 1
) ( )
( et l∈[0;u0] car pour tout entier n, un∈[0;u0]. Donc l=0. Donc un⎯⎯ →n→⎯+∞ 0.
• 4ème cas : u0 >1
O u
0 u
1 u
I 2 J
1
0 u
u ≤ donc )(un est croissante. ∀n∈N,un∈[u0;+∞[. Si (un)onverge, alors sa limite l vérifie l
l
f( )= et [l∈[u0;+∞ , ce qui est impossible donc (un) diverge.
définition (suite homographique)
Une suite (un) est dite homographique s'il existe a,b,c,d∈K tels que :
• c≠0et ad−bc≠0
• cu d
b u u a
N n
n n
n +
= +
∈
∀ , +1 .
théorème
Soit )(un une suite homographique définie par
⎪⎩
⎪⎨
⎧
+
= +
∈
∀
∈
+ cu d
b u u a
N n
K u
n n n 1 0
, , avec bien entendu c≠0et
≠0
−bc
ad .
(i) Si α est racine de l'équation
d x c
b x x a
+
= + et s'il existe p∈N tel que up =α, alors (un) est une suite constante ;
(ii) Si l'équation
d x c
b x x a
+
= + admet deux solutions distinctes α et β, alors la suite (vn) définie par
β
− α
= −
n n
n u
v u est une suite géométrique. La relation
d u c
b u u a
n n
n +
= +
+1 définit une suite si et seulement
si ⎭⎬⎫
⎩⎨
⎧ ∈
∉ λ+ k N v k1 ,
0 1 où
d c
d c
+ α
+
= β
λ .
(iii) Si l'équation
d x c
b x x a
+
= + admet une racine réelle double α, alors la suite (vn) définie par
α
= −
n
n u
v 1
est une suite arithmétique. La relation
d u c
b u u a
n n
n +
= +
+1 définit une suite si et seulement si v0∉
{
−(k+1)λ,k∈N}
oùd a
c
= + λ 2
.
démonstration
(i) Montrons que up =α si et seulement si up+1=α.
• supposons que up =α α + = α
+
= α +
= +
+ c d
b a d u c
b u u a
p p
p 1 .
• supposons que up+1 =α donc
d u c
b u a
p p
+
= + α
donc αcup +αd =aup+b donc up(αc−a)=b−αd donc
a c
d up b
− α
α
= − .
Or, c d
b a
+ α
+
= α
α donc α(cα+d)=aα+b donc cα2+αd=aα+b donc α(cα−a)b−αd donc up =α.
(ii)
β
− α
= −
+ + +
1 1 1
n n
n u
v u
d c
b a d u c
b u a
d c
b a d u c
b u a v
n n n n
n
+ β
+
− β +
+
+ α
+
− α +
+
+1=
) )(
( ) )(
(
) )(
( ) )(
(
1 au b c d cu d a b
d u c b a d c b u v a
n n
n n
n + β+ − + β+
+ +
α
− + α
= +
+
d c
d c d b d a u c b u a c d b c b u d a u c a
d b u c b d a cu a d b c b u d a u c v a
n n
n n
n n
n n
n α+
+
× β
− β
−
− β
− + β + +
β
−
− α
− α
− + α + +
= α
+1
d c
d c c b d a c b d a u
c b d a c b d a v u
n n
n α+
+
× β
− β
−
−
− α
−
= −
+ ( ) ( )
) (
) (
1
n
n v
d c
d v c
+ α
+
= β
+1
donc )(vn est une suite géométrique de raison
d c
d c
+ α
+
= β
λ .
)
(un est bien définie si et seulement si pour tout entier n,
c u≠−d .
β
−
− α
−
=−
⇔
−
=
c d c d c v
un d n
d c
d vn c
+ β
+
=α
⇔
=λ
⇔ 1
vn
=λ λ
⇔ 1
v0 n
0 11 λ+
=
⇔v n
donc )(un est bien définie si et seulement si pour tout entier n, 0 11 λ+
≠ n
v , d'où le résultat.
(iii)
α
= −
+ +
1 1
1
n
n u
v
d c
b a d u c
b u v a
n n n
+ α
+
− α +
= +
+
1
1
) )(
( ) )(
(
) )(
(
1 au b c d cu d a b
d c d u v c
n n
n
n + α+ − + α+
+ α
= +
+
) )(
(
) )(
(
1 u ad bc
d c d u v c
n n
n −α −
+ α
= +
+ (même type de calcul qu'au (ii))
α est racine double de l'équation
d x c
b x x a
+
= + , c'est-à-dire de l'équation du second degré 0
)
2+(d−a x−b=
cx .
Donc le discriminant du trinôme est nul, soit : (d−a)2+4bc=0. Par conséquent, 4
) ( 4
) ( 4 4
)
(d a 2 ad d a 2 a d 2
ad bc
ad− = + − = + − = + .
De plus,
c d a
2
= −
α (formule donnant la racine double d'un trinôme de discriminant nul).
Donc
2 d d a
cα+ = + .
Par conséquent,
4 ) (
2
2
1 a d
d a u
d u v c
n n
n +
+ α ×
−
= +
+
) )(
(
) 2 (
1 u a d
d u v c
n n
n −α +
= +
+
) )(
( ) 2 (
1 u a d
d c u
v c
n n
n −α +
+ α + α
= −
+
α + −
= +
+
n
n a d u
v 2c 1
1
d a v c vn n
+ +
+ =
2
1
)
(vn est donc une suite arithmétique de raison d a
c + 2 .
)
(un est bien définie si et seulement si pour tout entier n,
c un ≠−d
α
−
−
=
⇔
−
=
c v d c
un d n 1
c d vn c
α
− +
=
⇔
d a vn c
− +
=
⇔ 2
(car
2 d c a
d+α = + ) ⇔vn =−λ, avec
d a
c
= + λ 2 ⇔v0 +nλ=−λ
⇔v0 =−(n+1)λ
donc )(un est bien définie si et seulement si pour tout entier n, v0 ≠−(n+1)λ, d'où le résultat.
Exemple
Soit )(un la suite définie par
⎪⎩
⎪⎨
⎧
+ +
=
∈
∀
=
+
n
n u
u N n u
1 1 1 ,
1
1 0
.
1 , 1 2
+
= +
∈
∀ +
n n
n u
u u N n
O u
0 u
u 1 2
• solutions de l'équation
1 2 +
= + x x x
1 2
2⇔ 2 + = +
+
= + x x x
x x x
⇔x2 =2
⇔x∈
{
− 2, 2}
• Soit )(vn la suite définie par
2 2 +
= −
n n
n u
v u
2 2
1 1
1 +
= −
+ + +
n n
n u
v u
1 2 2 1 2 2
1 +
+ + + − +
+ =
n n n n
n
u u u u v
) 2 1 ( 2 ) 2 1 (
) 2 1 ( 2 ) 2 1 (
1 + + +
−
−
= −
+ n n
n u
v u
n
n v
v
2 1
2 1
1 +
= −
+
)
(vn est donc une suite géométrique de raison 2 1
2 1
+
− .
2 3 1 2
0 0
0 =
+
= + u
v u .
Donc pour tout entier n,
2 3 2 1
2
1 ⎟⎟ ×
⎠
⎞
⎜⎜⎝
⎛ +
= −
n
vn et vn ⎯⎯ →n→⎯+∞ 0. Pour tout entier n,
2 2 +
= −
n n
n u
v u
2
2 = −
+ n n
n
nv v u
u
) 1 ( 2 ) 1
( n n
n v v
u − =− +
n n
n v
u v
−
= + 1 21 . Donc un ⎯⎯ →n→⎯+∞ 2
2ème méthode (utilisant le théorème du point fixe 1) Soit f la fonction définie sur R+ par
x x + +
1 1 1
6 . Pour tout entier n, un+1 = f(un). f est continue sur [[1;+∞ et [1;+∞[ est un intervalle de stabilité pour f. f est dérivable sur [1;+∞[ et pour tout
≥1
x , 2
) 1 ( ) 1 (
' x x
f =− + .
4 ) 1 ( ' [,
; 1
[ +∞ ≤
∈
∀x f x . Soient x,y∈[1,+∞[, avec x< y. D'après l'inégalité des accroissements finis appliqué à f sur [x;y], on a f x − f y ≤ x−y
4 ) 1 ( )
( .
f est donc contractante sur [1;+∞[ avec 4
=1
k . D'après le théorème du point fixe 1, l'équation x
x
f( )= admet une unique solution sur [1;+∞[ (qui est 2) et la suite (un)converge vers 2.
3) Un exemple de suite récurrente d'ordre supérieur à 1
Intéressons nous aux intégrales de Wallis. On considère la suite (In) définie par :
∫
π=
∈
∀ 2
0 sin ( )
,I x dx
N
n n n .
Notons que (In) est bien définie puisqu'il s'agit d'intégrales sur un compact de fonctions continues Déterminons une relation de récurrence
Soit 2n∈N,n≥ .
∫
π −= 2
0
1( ) sin )
sin(x x dx
In n .
Les fonctions u et v définies sur ]
;2 0 [ π
respectivement par x6−cos(x) et x6sinn−1(x) sont de classe C1, on peut donc intégrer par parties :
[
− −]
π + −∫
π −= 2
0
2 2 2
0
1( ) ( 1) cos ( )sin ( )
sin )
cos(x x n x x dx
In n n .
∫
π − −−
= 2
0
2 2( ))sin ( ) sin
1 ( ) 1
(n x x dx
In n
∫
∫
π − − − π−
= 2
0 2
0
2( ) ( 1) sin ( )
sin ) 1
(n x dx n x dx
In n n
n n
n n I n I
I =( −1) −2−( −1)
D'où 1 2
−
= − n
n I
n
I n .
Déterminons une expression de In en fonction de n Montrons par récurrence que 2 2 2 0
)
! ( 2
)!
2
( I
n I n = n n . Notons P(n) cette égalité.
• P(0) est vraie
• soit n∈N. Supposons P(n) vraie
n
n I
n I2 2 n 2
2 2
1 2
+
= +
+
2 0 2 2
2 2 ( !)
)!
2 ( 2 2
1
2 I
n n n
I n n n
+
= +
+ (hypothèse de récurrence)
0 2 2 2
2 2
2 2 ( !)
)!
2 ( )
1 ( 2
) 1 2 )(
2 2
( I
n n n
n
I n n × n
+ +
= +
+
2 0 2
2 2
2 2 (( 1)!)
)!
2 2
( I
n I n n n
+
= + +
+
donc P(n+1) est vraie
• Donc P(n) est vraie pour tout entier n
Montrons par récurrence que 1
2 2 1
2 (2 1)!
)
! (
2 I
n I n
n
n+ = +
Notons P(n) cette égalité.
• P(0) est vraie
• soit n∈N. Supposons P(n) vraie
1 2 3
2 2 3
2 2
+
+ +
= + n
n I
n I n
1 2 2 3
2 (2 1)!
)
! ( 2 3 2
2
2 I
n n n
I n
n
n ×
× + +
= +
+ (hypothèse de récurrence)
1 2 2 2
2 3
2 (2 1)!
)
! ( 2 ) 2 2 )(
3 2 (
) 1 (
2 I
n n n
n I n
n
n ×
× + + +
= +
+
1 2 2
2 3
2 (2 3)!
) )!
1 ((
2 I
n I n
n
n ×
+
= + +
+
donc P(n+1) est vraie
• donc P(n) est vraie pour tout entier n
2
2 0 0
= π
=
∫
πdxI et I1=
∫
0π2sinxdx=1. Donc, pour tout entier n,2 )
! ( 2
)!
2 (
2 2 2
×π
= n
I n n n et
)!
1 2 (
)
! ( 22 2
1
2 + = +
n I n
n n
Sens de variation de (In) Soit n∈N.
) ( sin ) ( sin 0 2],
; 0
[ 1 x x
x∈ π ≤ n ≤ n
∀ + donc 0≤In+1 ≤In (intégration d'une inégalité). (In) est donc décroissante.
Soit n∈N.
2 1
1 ( 1) − −
− = − n n
n
nI n I I
nI donc la suite (nInIn−1)n≥1 est constant e égale à
0 2
1
=π I
I .
Equivalent de In
Pour n≥2, In ≤In−1≤In−2 donc
n n n n
I I I
I 1 2
1≤ − ≤ − (on peut diviser par In car car x6sinn(x) est positive continue et non identiquement nulle)
1 1
2 ⎯⎯ →⎯
= − →+∞
−
n n
n
n n I
I .
Donc −1 ⎯⎯ →n→⎯+∞ 1
n n
I
I , c'est-à-dire In ~In−1.
Donc InIn−1 ~In2, c'est-à-dire In n
~ 2
2 π
. Donc
In n
~ 2π
et donc In ⎯⎯ →n→⎯+∞ 0
4) Un exemple de suites imbriquées
Soient )(a, et (bn) définies par :
⎪⎩
⎪⎨
⎧
+ =
=
∈
∀
≥
≥
+
+ n n n
n n
n a b et b a b
a N n
b a
1 1
0 0
, 2 0 , 0
.
Montrons que pour tout entier n≥1, 0≤bn ≤bn+1≤an+1 ≤an et ( ) 2
1
1 1
1 n n n n
n b a b
a + − + = + − . Notons
P(n) la propriété suivante : "0≤bn ≤bn+1≤an+1≤an et ( ) 2
1
1 1 1
1 b a b
an+ − n+ = n − ".
1er cas : a0 =b0 =0
Alors )(an et (bn) sont les suites nulles et P(n) est trivialement vérifiée pour tout entier n.
2ème cas : a0b0 =0
Alors pour tout entier n, bn =0et an an 2 1
1=
+ . P(n) est à nouveau trivialement vérifiée.
3ème cas : a0 =b0 et a0 ≠0
On montre sans difficulté que (an)et )(bn sont des suites constantes égales à a. P(n) est vérifiée sans problème.
4ème cas : b
a≠ et ab≠0
si a et b sont deux nombres positifs ou nuls, on a l(inégalité suivante :
2 b ab≤ a+ . en effet, ( a− b)2 ≥0 donc a+b+2 ab≥0 donc
2 b ab a+
≤
Montrons par récurrence que P(n) est vraie pour tout entier n≥1
• 0
2
0 0
1 + ≥
=a b
a et b1 = a0b0 ≥0 On a
2
1 1 1 1
b b a
a +
≤ donc b2 ≤a2. de même,
2
0 0 0 0
b b a
a +
≤ donc b1≤a1. alors
1 1 1
1 2
2 a
a b a + ≤
, c'est-à-dire a2 ≤a1 et a1b1 ≥ b12 , c'est-à-dire b2 ≥b1. Donc 0≤b1 ≤b2 ≤a2 ≤a1.
1 1 1 1 2
2 a 2b ab
b
a + −
=
−
(
1 1)
22
2 2
1 a b
b
a − = −
1 1
1 1 1 1 2
2 ( )
2 1
b a
b b a
a b
a +
− −
=
−
) 2(
1
1 1 2
2 b a b
a − ≤ −
Donc P(1) est vraie
• Soit n∈N*. Supposons P(n) vraie On a
2
1 1 1 1
+ + + +
≤ n + n
n n
b b a
a , c'est-à-dire bn+2 ≤an+2
1
1 +
+ ≤ n
n a
b donc
2 2 2
1 1
1 + +
+ + n ≤ n
n b a
a donc an+2 ≤an+1 et an+1bn+1 ≥ bn2+1 donc bn+2 ≥bn+1.
Donc 0≤bn+1≤bn+2 ≤an+2 ≤an+1.
1 1
1 1
1 1 2
2 ( )
2 1
+ +
+ +
+ + +
+ +
− −
=
−
n n
n n
n n n
n a b
b b a
a b
a
donc ( )
2 1
1 1 2
2 + + +
+ − n ≤ n − n
n b a b
a
donc ( )
2 1
1 1 1
2
2 b a b
an+ − n+ ≤ n+ − (application de l'hypothèse de récurrence) Donc P(n+1) est vraie
• donc P(n) est vraie pour tout entier n≥1.
Conséquence : )
(bn est croissante, (an)est décroissante et an −bn ⎯⎯ →n→⎯+∞ 0 donc les suites (an) et (bn) sont adjacentes. Elles convergent donc vers la même limite.