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1) Suites récurrentes linéaires d’ordre p

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

ETUDES DE SUITES DEFINIES PAR DIFFERENTS TYPES DE RECURRENCE

K désignera R ou C.

1) Suites récurrentes linéaires d’ordre p

définition (suites récurrentes linéaires d’ordre p)

Soit . On dit que (un) est une suite récurrente linéaire d’ordre pN* s’il existe (a0,...,ap1)∈Kp

tel que :

= +

+ =

1

0

,

p

k

k n k p

n a u

u N

n .

Considérons une telle suite (un).

Soit Xn la matrice définie par :

⎟⎟

⎟⎟

⎜⎜

⎜⎜

=

+ +

1 1

p n n n

n

u u u

X # . XnMp,1(K). On a donc la relation suivante :

n

n AX

X N

n∈ =

∀ , +1 , avec

⎟⎟

⎟⎟

⎟⎟

⎜⎜

⎜⎜

⎜⎜

=

−1 1

0

1 0 0

0 0 0

1 0

ap

a a A

"

"

"

%

%

#

#

%

%

%

#

"

"

.

) (

1 0

0

0 0

0 0

1 )

(

1 2

0 a a X

a

X X

X

p p A

= χ

"

%

%

#

#

%

%

%

"

.

On montre par récurrence sur p que

=

+

+

=

χ 1

0

) 1

1 ( )

1 ( ) (

p

k

k k p p

p

A X X a X (il suffit pour cela de

développer le déterminant ci dessus suivant la première colonne).

On se limite au cas où le polynôme caractéristique de A est scindé dans K[X]. χAs’écrit donc :

=

− λ

=

χ q

i

m i A

X i

X

1

) (

)

( , avec

⎪⎪

⎪⎪

=

∈ λ

= q

i i i i

p m

N m

K

1

* .

(2)

Il existe une matrice triangulaire

⎟⎟

⎟⎟

⎜⎜

⎜⎜

=

Tq

T T

0

1 0

% où les matrices Ti sont triangulaires supérieures

ayant λi comme éléments sur la diagonale, il existe une matrice P inversible telle que T =P1AP (voir chapitre "trigonalisation des endomorphismes").

Soit kN,1≤kq.

k m k

k I N

T

k +

λ

= , où Nk est une matrice nilpotente d'ordre mk. Pour nN:

(

k m k

)

n

n

k I N

T

k +

λ

=

=

λ

= n

r

r k r n

k r

n N

C

0

(car

mk

I et Nk commutent)

=

λ

= 1

0 mk

r

r k r n

k r

n N

C (car Nk est une matrice nilpotente d'ordre mk)

=

λ

+

− λ −

= 1

0 !

) 1 )...(

1 (

mk

r

r k k r n

k N

r r n n

n

=

λ

= 1

0 , mk

r

r k r n

k n U (on réordonne suivant les puissances de n, U , M (K)

mk

r

k ∈ ).

Pour kN, 1≤kq, on note Tk la matrice définie par :

⎟⎟

⎟⎟

⎟⎟

⎟⎟

⎟⎟

⎜⎜

⎜⎜

⎜⎜

⎜⎜

⎜⎜

=

0 0 0 0

%

%

k

k T

T .

On a

q n

k k

n T

T ⎟⎟⎠

⎜⎜ ⎞

=⎛

=1

=

= q

k n

Tk 1

(c'est une conséquence du produit de matrices par blocs)

∑ ∑

=

=

λ

= 1

0 , 1

mk

r

r k r q

k n

k n U .

Par conséquent, (un) est combinaison linéaire de la famille de suites

1 0

)1

(

λ mk

r q k n

k

nr .

Application à l'étude de la suite de Fibonacci On considère la suite (un) définie par

⎪⎩

⎪⎨

+

=

=

=

+

+ n n

n u u

u N n u u

1 2 1

0

, 1

1

.

Ecriture matricielle : en posant ⎟⎟

⎜⎜

=⎛ +

n n

n u

u

X 1 , on a Xn+1 =AXn, avec ⎟⎟

⎜⎜⎝

=⎛ 0 1

1

A 1 .

(3)

) )(

( 1

1 ) 1

( = −α −β

= −

χ X X

X X X

A avec

2 1+ 5

=

α et

2 5 1−

=

β .

Il existe donc deux éléments de K a0 et a1 tels que : ∀nN,un =a0×αn +a1×βn.

0 =1

u donc a0+a1 =1.

1=1

u donc a0α+a1β=1.

1

0 1 a

a = − et en reportant dans la deuxième égalité, on obtient : 1

) 1

( −a1 α+a1β= α

= α

− β ) 1

1( a

α

− β

α

=1− a1

1 5

− β

= a

5 1 5

0

= α + β

=

a .

Finalement, pour tout entier n, 1 1

5 1 5

1 α + − β +

= n n

un . On en déduit ainsi le comportement de la suite : βn+1⎯⎯n⎯→⎯⎯+∞→0 et αn+1⎯⎯ →n+∞ +∞ et donc un ⎯⎯ →n+∞ +∞.

2) Suites récurrentes non linéaires d'ordre 1

théorème du point fixe 1

Soit E une partie fermée de K et f une application de E dans e k-contractante (c'est-à-dire pour tous x, y dans E, f(x)− f(y) ≤kxy , avec k<1). On suppose E stable par f.

(i) l'équation f(x)=x admet une unique solution dans E.

(ii) Toute suite (xn) définie par

⎩⎨

=

+ ( )

, 1

0

n

n f x

x N n

E

x admet pour limite la solution de l'équation x

x f( )= . Démonstration

• Unicité de la solution

Soient α, deux solutions de l'équation β f(x)=x. Alors f(α)=α et f(β)=β. β

− α

= β

− α) ( )

( f

f . Or, f(α)− f(β) ≤kα−β donc α−β≤kα−β et donc (1−k)α−β ≤0. Or 0

) 1

( −k α−β ≥ donc (1−k)α−β =0. Comme k≠1, on en déduit que α=β.

• Existence

Soit )(xn une suite définie par

⎩⎨

=

+ ( )

, 1

0

n

n f x

x N n

E

x .

Soit n≥1.

) ( )

( 1

1

+n = nn

n x f x f x

x donc xn+1xnkxnxn1 . Par une récurrence immédiate, on montre que xn+1xnkn x1x0 .

(4)

Soient p et n deux entiers vérifiant p<n.

p p n

n n n p

n x x x x x x x

x − = − 1+ 12+...+ +1

p p n

n n n p

n x x x x x x x

x − ≤ − 1 + 12...+ +1

0 1 2

1 ... )

(k k k x x

x

xnpn + n + + p

=

n p

i i p

p

n x k x x k

x

1

0 0 1

0

1 1

1 k x x

k x k

x p

p n p

n

≤ −

0

1 x1 x

k x k

x

p p

n

≤ −

1 10 ⎯⎯ →⎯ 0

p+∞

p

x k x

k donc (xn)est une suite de Cauchy. E étant fermé donc complet donc )

(xn converge dans E. Notons l sa limite. f est contractante donc continue donc )

( )

(x f l

f nn⎯ →+∞ . Or, f(xn)=xn+1 et xn+1n⎯ →+∞ ldonc f(l)=l.

théorème du point fixe 2

Soit I un intervalle de r non vide et non réduit à un point. Soit f une application définie sur I, à valeurs dans R telle que I soit stable par f. Soit (un)définie par

⎩⎨

=

+ ( )

, 1

0

n

n f u

u N n

I

u .

(i) Si f est croissante sur I, alors (un) est monotone :

• si u0u1alors )(un est croissante ;

• si u0u1, alors (un) est décroissante.

(ii) Si f est décroissante sur I, alors les suites (u2n)et )(u2n+1 sont monotones, de sens de monotonie contraires :

• si u2u0, alors (u2n) est croissante et (u2n+1) est décroissante ;

• si u2u0, alors (u2n) est décroissante et (u2n+1) est croissante.

Donc )(un converge si et seulement si (u2n) et (u2n+1)ont adjacentes.

démonstration

(i) montrons par récurrence que pour tout entier n, un+1un est du signe de u1u0. Notons P(n) la propriété : "un+1un est du signe de u1u0".

n=0. P(0) est vraie !

• Soit nN. Supposons P(n) vraie.

1

2 +

+n

n u

u est du signe de un+1un. Or un+1un est du signe de u1u0 (hypothèse de récurrence) donc P(n+1) est vraie.

• Donc, P(n) est vraie pour tout entier n.

Si u0u1, alors pour tout entier n, un+1un ≥0et donc (un)est croissante.

Si u0u1, alors pour tout entier n, un+1un ≤0, et donc (un)st décroissante.

(5)

(ii) Si f est décroissante sur I, alors g= f D f est croissante.

)

(u2n est définie par

⎩⎨

=

+2 ( 2 )

2 0

n

n g u

u I

u .

)

(u2n+1 est définie par

⎩⎨

=

+ +3 ( 2 1)

2 1

n

n g u

u I u

• si u2u0, alors (u2n) est croissante d'après (i).

) ( )

( 2 0

1

3 u f u f u

u − = − donc u3u1 ≤0 car u2u0 ≥0 et f est décroissante sur I. Alors (u2n+1) est décroissante d'après (i).

• si u2u0, alors (u2n) est décroissante d'après (i).

) ( )

( 2 0

1

3 u f u f u

u − = − donc u3u1 ≥0 car u2u0 ≤0 et f est décroissante sur I. Alors (u2n+1) est croissante d'après (i).

Supposons (u2n) et (u2n+1) adjacentes

Alors il existe lK tel que u2n+1n⎯ →+∞ let u2nn⎯ →+∞ l. Soit ε>0. ε

<

n1 N, n N,n n1 u2n+1 l . ε

<

n2 N, n N,n n2 u2n l .

Soit )n0 =max(2n1+1,2n2 . Alors ∀nN,nn0unl <ε. Donc unn⎯ →+∞ l. Supposons que (un)converge

Soit n

n u

l= lim+∞ .

Alors u2nn⎯ →+∞ let u2n+1n⎯ →+∞ l ((u2n) et (u2n+1)ont deux suites extraites de (un). Donc

2 0

1

2n+u n⎯⎯ →n+∞

u donc (u2n)et )(u2n+1 sont adjacentes.

Exemple :

Soit )(un la suite définie par :

⎪⎩

⎪⎨

=

+ +

2 1 0

n

n u

u R

u . Soit f la fonction définie sur R+ par x6x2. f est continue sur R+. R+ est un intervalle de stabilité pour f ce qui affirme que la suite (un) est bien définie.

• L'équation f(x)=xadmet deux solutions sur R+ : 0 et 1.

• 1er cas : u0 =0. La suite (un) est la suite stationnaire égale à 0.

• 2ème cas : u0 =1. La suite (un) est la suite stationnaire égale à 1.

• 3ème cas : u0∈]0;1[.

(6)

O u u 0 u 1

u 2

3 I

J

(

[0;1]

)

=[0;1]

f . u0u1 donc la suite (un) est décroissante. (un)est minorée par 0 donc (un) converge. Soit l sa limite. l vérifie f(l)=lcar

⎩⎨

⎯ →

⎯ →

+∞

+

+∞

l u

l f u

f

n n n n 1

) ( )

( et l∈[0;u0] car pour tout entier n, un∈[0;u0]. Donc l=0. Donc un⎯⎯ →n+∞ 0.

• 4ème cas : u0 >1

O u

0 u

1 u

I 2 J

1

0 u

u ≤ donc )(un est croissante. ∀nN,un∈[u0;+∞[. Si (un)onverge, alors sa limite l vérifie l

l

f( )= et [l∈[u0;+∞ , ce qui est impossible donc (un) diverge.

définition (suite homographique)

Une suite (un) est dite homographique s'il existe a,b,c,dK tels que :

c≠0et adbc≠0

cu d

b u u a

N n

n n

n +

= +

∀ , +1 .

(7)

théorème

Soit )(un une suite homographique définie par

⎪⎩

⎪⎨

+

= +

+ cu d

b u u a

N n

K u

n n n 1 0

, , avec bien entendu c≠0et

≠0

bc

ad .

(i) Si α est racine de l'équation

d x c

b x x a

+

= + et s'il existe pN tel que up =α, alors (un) est une suite constante ;

(ii) Si l'équation

d x c

b x x a

+

= + admet deux solutions distinctes α et β, alors la suite (vn) définie par

β

− α

= −

n n

n u

v u est une suite géométrique. La relation

d u c

b u u a

n n

n +

= +

+1 définit une suite si et seulement

si ⎭⎬⎫

⎩⎨

⎧ ∈

∉ λ+ k N v k1 ,

0 1

d c

d c

+ α

+

= β

λ .

(iii) Si l'équation

d x c

b x x a

+

= + admet une racine réelle double α, alors la suite (vn) définie par

α

= −

n

n u

v 1

est une suite arithmétique. La relation

d u c

b u u a

n n

n +

= +

+1 définit une suite si et seulement si v0

{

−(k+1)λ,kN

}

d a

c

= + λ 2

.

démonstration

(i) Montrons que up =α si et seulement si up+1=α.

• supposons que up =α α + = α

+

= α +

= +

+ c d

b a d u c

b u u a

p p

p 1 .

• supposons que up+1 =α donc

d u c

b u a

p p

+

= + α

donc αcupd =aup+b donc upca)=b−αd donc

a c

d up b

− α

α

= − .

Or, c d

b a

+ α

+

= α

α donc α(cα+d)=aα+b donc cα2d=aα+b donc α(cα−a)b−αd donc up =α.

(8)

(ii)

β

− α

= −

+ + +

1 1 1

n n

n u

v u

d c

b a d u c

b u a

d c

b a d u c

b u a v

n n n n

n

+ β

+

− β +

+

+ α

+

− α +

+

+1=

) )(

( ) )(

(

) )(

( ) )(

(

1 au b c d cu d a b

d u c b a d c b u v a

n n

n n

n + β+ − + β+

+ +

α

− + α

= +

+

d c

d c d b d a u c b u a c d b c b u d a u c a

d b u c b d a cu a d b c b u d a u c v a

n n

n n

n n

n n

n α+

+

× β

− β

− β

− + β + +

β

− α

− α

− + α + +

= α

+1

d c

d c c b d a c b d a u

c b d a c b d a v u

n n

n α+

+

× β

− β

− α

= −

+ ( ) ( )

) (

) (

1

n

n v

d c

d v c

+ α

+

= β

+1

donc )(vn est une suite géométrique de raison

d c

d c

+ α

+

= β

λ .

)

(un est bien définie si et seulement si pour tout entier n,

c u≠−d .

β

− α

=−

=

c d c d c v

un d n

d c

d vn c

+ β

+

⇔ 1

vn

=λ λ

⇔ 1

v0 n

0 11 λ+

=

v n

donc )(un est bien définie si et seulement si pour tout entier n, 0 11 λ+

n

v , d'où le résultat.

(iii)

α

= −

+ +

1 1

1

n

n u

v

d c

b a d u c

b u v a

n n n

+ α

+

− α +

= +

+

1

1

(9)

) )(

( ) )(

(

) )(

(

1 au b c d cu d a b

d c d u v c

n n

n

n + α+ − + α+

+ α

= +

+

) )(

(

) )(

(

1 u ad bc

d c d u v c

n n

n −α −

+ α

= +

+ (même type de calcul qu'au (ii))

α est racine double de l'équation

d x c

b x x a

+

= + , c'est-à-dire de l'équation du second degré 0

)

2+(da xb=

cx .

Donc le discriminant du trinôme est nul, soit : (da)2+4bc=0. Par conséquent, 4

) ( 4

) ( 4 4

)

(d a 2 ad d a 2 a d 2

ad bc

ad− = + − = + − = + .

De plus,

c d a

2

= −

α (formule donnant la racine double d'un trinôme de discriminant nul).

Donc

2 d d a

cα+ = + .

Par conséquent,

4 ) (

2

2

1 a d

d a u

d u v c

n n

n +

+ α ×

= +

+

) )(

(

) 2 (

1 u a d

d u v c

n n

n −α +

= +

+

) )(

( ) 2 (

1 u a d

d c u

v c

n n

n −α +

+ α + α

= −

+

α + −

= +

+

n

n a d u

v 2c 1

1

d a v c vn n

+ +

+ =

2

1

)

(vn est donc une suite arithmétique de raison d a

c + 2 .

)

(un est bien définie si et seulement si pour tout entier n,

c un ≠−d

α

=

=

c v d c

un d n 1

c d vn c

α

− +

=

d a vn c

− +

=

⇔ 2

(car

2 d c a

d+α = + ) ⇔vn =−λ, avec

d a

c

= + λ 2 ⇔v0 +nλ=−λ

v0 =−(n+1)λ

(10)

donc )(un est bien définie si et seulement si pour tout entier n, v0 ≠−(n+1)λ, d'où le résultat.

Exemple

Soit )(un la suite définie par

⎪⎩

⎪⎨

+ +

=

=

+

n

n u

u N n u

1 1 1 ,

1

1 0

.

1 , 1 2

+

= +

+

n n

n u

u u N n

O u

0 u

u 1 2

• solutions de l'équation

1 2 +

= + x x x

1 2

2⇔ 2 + = +

+

= + x x x

x x x

x2 =2

x

{

2, 2

}

• Soit )(vn la suite définie par

2 2 +

= −

n n

n u

v u

2 2

1 1

1 +

= −

+ + +

n n

n u

v u

1 2 2 1 2 2

1 +

+ + + − +

+ =

n n n n

n

u u u u v

(11)

) 2 1 ( 2 ) 2 1 (

) 2 1 ( 2 ) 2 1 (

1 + + +

= −

+ n n

n u

v u

n

n v

v

2 1

2 1

1 +

= −

+

)

(vn est donc une suite géométrique de raison 2 1

2 1

+

− .

2 3 1 2

0 0

0 =

+

= + u

v u .

Donc pour tout entier n,

2 3 2 1

2

1 ⎟⎟ ×

⎜⎜⎝

⎛ +

= −

n

vn et vn ⎯⎯ →n+∞ 0. Pour tout entier n,

2 2 +

= −

n n

n u

v u

2

2 = −

+ n n

n

nv v u

u

) 1 ( 2 ) 1

( n n

n v v

u − =− +

n n

n v

u v

= + 1 21 . Donc un ⎯⎯ →n+∞ 2

2ème méthode (utilisant le théorème du point fixe 1) Soit f la fonction définie sur R+ par

x x + +

1 1 1

6 . Pour tout entier n, un+1 = f(un). f est continue sur [[1;+∞ et [1;+∞[ est un intervalle de stabilité pour f. f est dérivable sur [1;+∞[ et pour tout

≥1

x , 2

) 1 ( ) 1 (

' x x

f =− + .

4 ) 1 ( ' [,

; 1

[ +∞ ≤

x f x . Soient x,y∈[1,+∞[, avec x< y. D'après l'inégalité des accroissements finis appliqué à f sur [x;y], on a f xf yxy

4 ) 1 ( )

( .

f est donc contractante sur [1;+∞[ avec 4

=1

k . D'après le théorème du point fixe 1, l'équation x

x

f( )= admet une unique solution sur [1;+∞[ (qui est 2) et la suite (un)converge vers 2.

3) Un exemple de suite récurrente d'ordre supérieur à 1

Intéressons nous aux intégrales de Wallis. On considère la suite (In) définie par :

π

=

2

0 sin ( )

,I x dx

N

n n n .

Notons que (In) est bien définie puisqu'il s'agit d'intégrales sur un compact de fonctions continues Déterminons une relation de récurrence

Soit 2nN,n≥ .

(12)

π

= 2

0

1( ) sin )

sin(x x dx

In n .

Les fonctions u et v définies sur ]

;2 0 [ π

respectivement par x6−cos(x) et x6sinn−1(x) sont de classe C1, on peut donc intégrer par parties :

[

]

π +

π

= 2

0

2 2 2

0

1( ) ( 1) cos ( )sin ( )

sin )

cos(x x n x x dx

In n n .

π

= 2

0

2 2( ))sin ( ) sin

1 ( ) 1

(n x x dx

In n

π π

= 2

0 2

0

2( ) ( 1) sin ( )

sin ) 1

(n x dx n x dx

In n n

n n

n n I n I

I =( −1) 2−( −1)

D'où 1 2

= − n

n I

n

I n .

Déterminons une expression de In en fonction de n Montrons par récurrence que 2 2 2 0

)

! ( 2

)!

2

( I

n I n = n n . Notons P(n) cette égalité.

• P(0) est vraie

• soit nN. Supposons P(n) vraie

n

n I

n I2 2 n 2

2 2

1 2

+

= +

+

2 0 2 2

2 2 ( !)

)!

2 ( 2 2

1

2 I

n n n

I n n n

+

= +

+ (hypothèse de récurrence)

0 2 2 2

2 2

2 2 ( !)

)!

2 ( )

1 ( 2

) 1 2 )(

2 2

( I

n n n

n

I n n × n

+ +

= +

+

2 0 2

2 2

2 2 (( 1)!)

)!

2 2

( I

n I n n n

+

= + +

+

donc P(n+1) est vraie

• Donc P(n) est vraie pour tout entier n

Montrons par récurrence que 1

2 2 1

2 (2 1)!

)

! (

2 I

n I n

n

n+ = +

Notons P(n) cette égalité.

• P(0) est vraie

• soit nN. Supposons P(n) vraie

1 2 3

2 2 3

2 2

+

+ +

= + n

n I

n I n

1 2 2 3

2 (2 1)!

)

! ( 2 3 2

2

2 I

n n n

I n

n

n ×

× + +

= +

+ (hypothèse de récurrence)

1 2 2 2

2 3

2 (2 1)!

)

! ( 2 ) 2 2 )(

3 2 (

) 1 (

2 I

n n n

n I n

n

n ×

× + + +

= +

+

1 2 2

2 3

2 (2 3)!

) )!

1 ((

2 I

n I n

n

n ×

+

= + +

+

(13)

donc P(n+1) est vraie

• donc P(n) est vraie pour tout entier n

2

2 0 0

= π

=

πdx

I et I1=

0π2sinxdx=1. Donc, pour tout entier n,

2 )

! ( 2

)!

2 (

2 2 2

×π

= n

I n n n et

)!

1 2 (

)

! ( 22 2

1

2 + = +

n I n

n n

Sens de variation de (In) Soit nN.

) ( sin ) ( sin 0 2],

; 0

[ 1 x x

x∈ π ≤ nn

+ donc 0≤In+1In (intégration d'une inégalité). (In) est donc décroissante.

Soit nN.

2 1

1 ( 1)

= − n n

n

nI n I I

nI donc la suite (nInIn1)n1 est constant e égale à

0 2

1

I

I .

Equivalent de In

Pour n≥2, InIn1In2 donc

n n n n

I I I

I 1 2

1≤ (on peut diviser par In car car x6sinn(x) est positive continue et non identiquement nulle)

1 1

2 ⎯⎯ →⎯

= − +∞

n n

n

n n I

I .

Donc 1 ⎯⎯ →n+∞ 1

n n

I

I , c'est-à-dire In ~In1.

Donc InIn1 ~In2, c'est-à-dire In n

~ 2

2 π

. Donc

In n

~ 2π

et donc In ⎯⎯ →n+∞ 0

4) Un exemple de suites imbriquées

Soient )(a, et (bn) définies par :

⎪⎩

⎪⎨

+ =

=

+

+ n n n

n n

n a b et b a b

a N n

b a

1 1

0 0

, 2 0 , 0

.

Montrons que pour tout entier n≥1, 0≤bnbn+1an+1an et ( ) 2

1

1 1

1 n n n n

n b a b

a ++ = + − . Notons

P(n) la propriété suivante : "0≤bnbn+1an+1an et ( ) 2

1

1 1 1

1 b a b

an+n+ = n − ".

(14)

1er cas : a0 =b0 =0

Alors )(an et (bn) sont les suites nulles et P(n) est trivialement vérifiée pour tout entier n.

2ème cas : a0b0 =0

Alors pour tout entier n, bn =0et an an 2 1

1=

+ . P(n) est à nouveau trivialement vérifiée.

3ème cas : a0 =b0 et a0 ≠0

On montre sans difficulté que (an)et )(bn sont des suites constantes égales à a. P(n) est vérifiée sans problème.

4ème cas : b

a≠ et ab≠0

si a et b sont deux nombres positifs ou nuls, on a l(inégalité suivante :

2 b aba+ . en effet, ( ab)2 ≥0 donc a+b+2 ab≥0 donc

2 b ab a+

Montrons par récurrence que P(n) est vraie pour tout entier n≥1

• 0

2

0 0

1 + ≥

=a b

a et b1 = a0b0 ≥0 On a

2

1 1 1 1

b b a

a +

≤ donc b2a2. de même,

2

0 0 0 0

b b a

a +

≤ donc b1a1. alors

1 1 1

1 2

2 a

a b a + ≤

, c'est-à-dire a2a1 et a1b1b12 , c'est-à-dire b2b1. Donc 0≤b1b2a2a1.

1 1 1 1 2

2 a 2b ab

b

a + −

=

(

1 1

)

2

2

2 2

1 a b

b

a − = −

1 1

1 1 1 1 2

2 ( )

2 1

b a

b b a

a b

a +

− −

=

) 2(

1

1 1 2

2 b a b

a − ≤ −

Donc P(1) est vraie

• Soit nN*. Supposons P(n) vraie On a

2

1 1 1 1

+ + + +

n + n

n n

b b a

a , c'est-à-dire bn+2an+2

(15)

1

1 +

+n

n a

b donc

2 2 2

1 1

1 + +

+ + nn

n b a

a donc an+2an+1 et an+1bn+1bn2+1 donc bn+2bn+1.

Donc 0≤bn+1bn+2an+2an+1.

1 1

1 1

1 1 2

2 ( )

2 1

+ +

+ +

+ + +

+ +

− −

=

n n

n n

n n n

n a b

b b a

a b

a

donc ( )

2 1

1 1 2

2 + + +

+nnn

n b a b

a

donc ( )

2 1

1 1 1

2

2 b a b

an+n+n+ − (application de l'hypothèse de récurrence) Donc P(n+1) est vraie

• donc P(n) est vraie pour tout entier n≥1.

Conséquence : )

(bn est croissante, (an)est décroissante et anbn ⎯⎯ →n+∞ 0 donc les suites (an) et (bn) sont adjacentes. Elles convergent donc vers la même limite.

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