S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
B ERNARD M ALGRANGE
Majorations a priori et d
00-cohomologie
Séminaire N. Bourbaki, 1964, exp. n
o275, p. 447-452
<
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447
année, 1963/64,
275Mai
1964
MAJORATIONS A PRIORI ET d"-COHOMOLOGIE par Bernard MALGRANGE
1. Introduction.
Depuis quelque temps,
les méthodes de la théorie deséquations
aux dérivées par- tielleslinéaires
ont étéappliquées
par divers auteurs à la théorie des fonctions de variablescomplexes.
Citons notamment le travail fondamental de MORREY[7]
surle
problème
de Levi et leplongement
des variétésanalytiques
réelles(contenant
d’ailleurs un
trou,
comblé tout récemment parKOHN [6], puis
MORREYLe même
type
de méthodes a récemmentpermis
àANDREOTTI-VESENTINI [l], [2]
et àHÖRMANDER [4]
de retrouver les résultats de la théorie des espaces p-convexes et p-concaves(au
moins dans le cas desvariétés),
et àHORMANDER,
lococitato, d’y apporter
descompléments importants
relatifs à la-cohomologie
des formes différen-tielles à croissance donnée".
Enfin,
suivant une idée deSPENCER,
KOHN[6]
etHÖRMANDER [5] appliquent
des méthodes pour obtenir une nouvelledémonstration
du"théorème de Frobenius
complexe",
dû à NIRENBERG.Nous nous contenterons ici de
traiter, d’après HÖRMANDER [4],
la théorie de lad"-cohomologie
dans les ouvertsd’holomorphie
de enrenvoyant
à la littératu-re citée pour les autres
questions,
et notamment pour le lien entre cesméthodes
et le"problème
ded"-Neumann",
deCARABEDIAN-SPENCER [3].
2.
Majoration fondamentale.
Les théorèmes d’existence se déduiront du lemme
suivant, qu’on
laisse au lecteurle soin de
démontrer.
Lesopérateurs
non bornés dans des espaces de Hilbertqui
y interviennent sonttoujours
de domaine(désigné
parD(.) ) dense,
et degraphe
fermé.LEMME 1. -
Soient Ho , H1 , H2 ,
trois espaces de Hilbert et soientT , S , A respectivement
desopérateurs Ho Hl ’ H2 ’ avec
Im T c Ker Set D(A) D D(T~)
nD(S) . Supposons que,
pour tout x on aitAlors,
pour tout y =A-
z e ImA’~’
n KerS ,
il existe u ~D(T) tel qu’on
aitTu = y
20142014* etlui
0 ~!zL .
iB. MAL GRANGE
Remarque. - Lorsque
A =identité, l’inégalité (1)
est nécessaire et suffisante pour queIm(S)
soit fermé etqu’on
ait lm T = Ker S .On va chercher à établir une
inégalité
dutype (1)
dans la situation suivante : 0 est un ouvert borné de de frontièreC~ ;
(p est une fonction de classeC"
dans0 ; H,
estl’espace
desformesdifférentielles
detype (0 , i)
à coef-ficients
appartenant
àL (Q) ,
muni de la norme suivante : pour i =0 ,
dX = me su re de Le be sg ue , et pour
1=1,2
des normesanalogues
évi- dentes. Enfin onprend
pour T1’’opérateur
d" restreint aux f EL2(0)
tellesqu’on
ait d" f ~H (i.
e. lesappartiennent
àL2(0) )
et on définit Sde la même manière,
~7 j
Etudions d’abord
l’opérateur T’’ ;
3 pour que W EHl appartienne
au domaine deT* ,
il faut et il suffitqu’il
existe g E;H ,
y telqu’on ait,
pour tout f ED(T)
avec 03C9 = 03A3
a.dZ. ,
et l’on aura alors g =On vérifie immédiatement que
(2) équivaut
à lapropriété
suivante : Si l’on dési- gnepar w (resp. g )
la forme 03C9(resp.,
la fonctiong ) prolongée
par 0 endehors
de Q ,
on doit avoir au sens des distributions dansÇn :
J
Autrement
dit,
les w ED(T*)
sont cellesqui vérifient~
au sens des distribu-.tions,
les conditions suivantes :(3) e~ 0’ e’~~
c~( ou
~’ (jj EL2 ( ~) ,
cequi
revient aumême) (4)
Les conditions deCauchy
de 03C9 relativement à a’ sont nulles sur M .Pour
pouvoir
travailler aveccela,
on a besoin du résultatsuivant, qui
se démon-tre par une variante de la méthode des "ramollisseurs de Friedrichs".
PROPOSITION;1. - Les formes de classe
~1 sur Q ,
et vérifiant(4),
sont den-ses dans
D(T*) n D(S )
pour la "norme dugraphe" |03C9|2 + 03C9|2 + |S03C9|2 .
(L’utilisation
de cetteproposition
est unesimplification
essentielleapportée
par
HÖRMANDER,
aux travaux antérieurs de MORREY etKOHN, qui
utilisent à laplace
des
questions
délicates relatives à larégularité
au bord du"problème
ded"-Neumann";
quant
àANDREOTTI-VESENTINI,
ils utilisent unargument
un peudifférent, qui
lesoblige
àmunir Q
d’unemétrique
hermitiennecomplète.)
Supposons
que, auvoisinage de ôQ, Q
soit défini parl’ inégali té 0 , ~
étant une fonction de
classe C (définie
auvoisinage
de avecd~ partout fl
0 . Pour une forme03C9 = 03A3
a. dZ. à coefficientsappartenant à C1(03A9) ,
la condi-tion
(4)
s’écritsimplement
Pour un
tel 03C9 ,
on a la formule fondamentale suivante(due
d’abord àMORREY,
avec 03C6 =
0 ,
et àHÖRMANDER
engénéral) : THÉORÈME
1.1 - - ..
dS étant la restriction à ~0 d’une forme vérifiant dS = dX .
Ce résultat s’établit au moyen d’une
application répétée
de la formule deStokes, joint (pour
le calcul del’intégrale
sur à la condition(4 bis).
Il serait
trop long
de commenter ici la raisonprofonde
de ce genre de formules.Bisons seulement
qu’elles
sont liées defaçon
étroite à la théorie de la "convexité parrapport
à unopérateur différentiel" ;
remarquer aussil’analogie
avec certai-nes formules de
géométrie différentielle,
notamment cellesqui
conduisent aux"vanishing
theorems" de BOCHNER et KODAIRA.3. Théorèmes
d’existence.
Supposons
maintenant Qpseudo-convexe ;
alors la condition de Leviindique pré-
cisément que
l’intégrale
de surfacefigurant
dans la formuleprécédente
estpositi-
ve. On aura
donc,
en utilisant laproposition 1 ,
, pour tout weD(S) ;
Supposons ,
"strictementpseudo-convexe" dans ~ ~
i. e. supposonsqu’en
toutpoint de T ,
la formesoit
positive
nondégénérée,
etappelons
la matrice inverse deB. MALGRANGE
en
appliquant (5)
et le lemme 1(avec
A = 03C6),
il vient lethéorème
suivant :THÉORÈME
2. - Dans leshypothèses précédentes,
pour tout 03C9 e1
a. dZ. ,
avec=
0 ,
il existe avecOn a
donc,
sous deshypothèses
derégularité et, naturellement,
depseudo-convexi-
té convenablessur Q ,
un théorème de trivialité de lad"-cohomologie
des formesL2 .
Mais enfait,
on abeaucoup plus,
à savoir la dernièreinégalité.
Celapermet,
par des
arguments
derégularité
et depassage à
lalimite,
d’obtenir un résultatbeaucoup plus général ; auparavant, rappelons quelques définitions.
a. Si Q est un ouvert c
Çn ,
,et (p
une fonction localementintégrable
dans03A9 ,
à valeursréelles, 03C6
est ditepseudo-convexe si,
pour tout vecteurla distribution
est une mesure
positive.
En
particulier, ,
est nécessairementsous-harmonique.
Onpeut donc,
y ce que nous ferons dans lasuite,
la supposer semi-continuesupérieurement (en
lui donnant éven- tuellement la valeur - 00).
On dira que la matrice hermitienne A =(a..) ,
à coef-ficients continus est un minorant de c~
si,
pour tout(tt ,
,... ,
la distribution
est une mesure
positive.
On dira enfin que 03C6 est strictement
pseudo-convexe
si ellepossède
un minorantA
qui
soit inversible en toutpoint
Z e Q .b. On dira
qu’un
ouvert 0 deC~
estpseudo-convexe
s’il existe une fonction~ pseudo-convexe
dans Q telle que, V a eR 1’ensemble (Z Î a)
soit relativement
compact
dans Q .Cela
étant,
on déduit du théorème 2 le résultat suivant :THÉORÈME.3. -
Soit Q un ouvertpseudo-convexe soient 03C6
une fonctionstrictement
pseudo-convexe
dansQ ,
A un minorant inversible deç ,
et B = Pour toute forme . u =1
a.dZ.
avec d" u =0 et
J J - ~
ac
il existe une fonction f vérifiant
Exemple. - Prenons ~ pseudo-convexe dans 0,
etappliquons
le résultatprécé-
dent
à 03C6 = 03C8
+ 2log(l
+|Z|2) ;
comme on a..
~1k
on pourra
prendre
icia. - Jk
=Jk (1 + |Z|2)2.
On trouve alors : Pour tout (jJ vérifiant
il existe f vérifiant d" f = W
et
résultat
qui,
même dans le cas Q = estbeaucoup plus précis
que ceux que l’on connaissaitjusqu’ici.
Bien
entendu,
les mêmes résultats valent aussi pour lad"-cohomologie
detype
(p , q) ;
nous l’avons seulement écrit dans le cas dutype (0 , 1)
pour raccourcirl’exposé.
On déduit de là que la
d"-cohomologie
usuelle(=
sans condition decroissance)
est triviale dans tout ouvert
pseudo-convexe,
cequi
entratnequ’un
tel ouvert estun ouvert
d’holomorphie (solution
duproblème
deLevi).
Prenons en effet une formedifférentielle
w , detype (0 , 1)
pour fixer lesidées,
à coefficientslocale-
ment
L2 ;
il suffit d’établirqu’il existe y pseudo-convexe
dansQ ,
tel que l’on aitPour
cela, prenons ~ pseudo-convexe dans Q ,
et tel que, pour tout a eR ,
y452 B. MALGRANGE
l’ensemble
(Z E 0 1 ~(Z) a)
soit relativementcompact dans Q ;
si X est une fonctionR. -*
R croissante et convexe, y il est connu que)((~)
est encorepseudo-
convexe ; il suffit alors de
prendre
X "assezrapidement croissante",
et de poser(p =
.Enfin,
les mêmesmajorations, jointes
à unargument
standard debidualité,
con-duisent à des théorèmes
d’approximation,
notamment le "théorème deRunge",
et sesanalogues
pour les formesdifférentielles,
et aussi à des théorèmesd’approximation plus fins,
dont voici unexemple :
THEOREME 4. - Soit (p une fonction de classe
C , pseudo-convexe dans C
. L’en-semble des fonctions f
holomorphes
dans et vérifiant pour un 03BB ~ R(dépen-
dant
def ),
est dense
dansl’espace
des fonctionsholomorphes
sur, muni
de satopologie
usuelle.
(Ceci
entraîne enparticulier
que ledit ensemble n’est pas réduit à0 ~
cequi
est loin d’êtretrivial 1)
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