Cours IFSI Dijon
Module Oncologie
Marie-Lorraine CHRETIEN 10/12/2018
Le myélome multiple
- Hémopathie maligne lymphoïde - GENERALITES, DEFINITION
- Clone plasmocytaire tumoral envahissant la moelle osseuse
- EPIDEMIOLOGIE
- En France : Incidence annuelle : 4000 nouveaux cas / an en France
- Aux EUA : 2% de la mortalité par cancer et 15% des hémopathies lymphoïdes
(Alexander et al., Int J Cancer 1997)
- 2
èmehémopathie maligne par ordre de fréquence > lymphomes - 1% des tumeurs malignes, 10% des hémopathies malignes - Prédominance masculine
- Âge médian 71 ans
Chaînes légères : κ, λ
Chaînes lourdes : G, A, M, E, D
- Immunoglobuline monoclonale complète ou incomplète
- SIGNES CLINIQUES :
- 20% des patients asymptomatiques - AEG
- Douleurs osseuses résistantes aux antalgiques simples
- Syndrome d’hyperviscosité sanguine : céphalées, acouphènes, phosphènes - Syndrome d’insuffisance médullaire :
- sd anémique (diminution Hb) : pâleur, asthénie, tachycardie, dyspnée - Sd hémorragique (diminution des plaquettes)
- Sd infectieux (diminution des PNN)
- DEFINITION DU MYELOME MULTIPLE :
Plasmocytose médullaire clonale ≥ 10% Immunoglobuline monoclonale sérique et/ou urinaire
Calcémie
> 115 mg/L
Rein
créatininémie > 173 µmol/L ou Clairance < 40mL/min
Bones lésions osseuses (Rx, scanner, Petscan) Atteinte ORGANIQUE : ≥ 1 critère « CRAB »
Anémie Hb < 10 g/dl
- EdP sérique :
- gammapathie monoclonale = pic étroit dans les gammaglobulines voire bêtaglobuline (IgA)
- Absence de pic = N’ELIMINE PAS UN MM
- MM à CL = hypogammaglobulinémie sévère - MM non sécrétant
- DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
- DPIg : dosage de l’Ig clonale et des autres Ig normales, souvent diminuées
- EdP urinaire : recherche la protéinurie de Bence Jones = passage des chaînes légères dans les urines
- Immunofixations sanguines et urinaires : caractérisent l’Ig monoclonale
- DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (2) :
- Dosage des CL libres sériques (MM à CL et non sécrétants) - Bilan rénal : urée, créatinine, calcul clairance
- Calcémie
− β2microglobuline, LDH, CRP, albumine pour le pronostic
- Bilan de coagulation : diminution TP, allongement du TCA liés à la gammapathie monoclonale
- Myélogramme avec études :
- Cytologique : plasmocytose clonales ≥ 10%
- Cytogénétique et moléculaire (FISH, SNP array)
- T(4;14), del17p, t(11;14), del1p32, gain1q
- DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (3) :
Ostéoporose, Géodes, Lésions lytiques « à l’emporte-pièce », fractures pathologiques, tassements vertébraux
Squelette axial +++ et appendiculaire
- SIGNES RADIOLOGIQUES
- Scanner osseux, Petscan - IRM bassin et rachis
- L’AUTOGREFFE DE CELLULES SOUCHES HEMATOPOIETIQUES
- Patients ≤ 70-75 ans - Principe :
- J0 = Chimiothérapie à très forte dose = Melphalan 200 mg/m² - J2 = Transfusion du greffon pour rétablissement de l’hématopoïèse - J6 = Facteurs de croissance granulocytaires
- Objectif : diminuer le risque de rechute du MM - Origines du greffon :
- Périphérique +++++
- Centrale : au bloc opératoire sous AG (devenu exceptionnel)
Le lymphome de Hodgkin
-
Définition :-
Prolifération maligne-
généralement ganglionnaire,-
caractérisée par la présence de cellules de Reed-Sternberg (polynuclées) +/- Cellules de Hodgkin (mononuclée)-
dont l’origine précise reste inconnue (transformation maligne du lignage lymphoïde B).-
Epidémiologie :-
Incidence: 5/100 000 habitants, en augmentation dans les pays industrialisés-
2 pics de fréquence: 20-29 ans puis 60 ans-
Sex-ratio = 1 sauf chez le sujet âgé : l’homme est plus fréquemment atteint-
Étiologie inconnue-
Facteurs favorisants: VIH, EBV-
Quand penser à une maladie de Hodgkin?-
AEG-
Fièvre inexpliquée-
Syndrome cave supérieur si masse médiastinale-
Prurit diffus-
ADP périphériques, indolores sauf ingestion d’alcool- Diagnostic : HISTOLOGIQUE +++
- Ponction ganglionnaire à l’aiguille fine oriente le diagnostic
- Biopsie-exérèse ganglionnaire scannoguidée ou chirurgicale après concertation multidisciplinaire : Cellule de Reed Sternberg CD15+ CD30+ CD45- associée à une réaction cellulaire variable
- Bilan d’extension :
- Clinique : aires ganglionnaires, HSMG, signes généraux (amaigrissement, fièvre, prurit) - Paraclinique:
- Scanner CTAP
- Pet scanner au 18F-FDG
- Bilan préthérapeutique :
- Clinique: étude des comorbidités, score gériatrique, état nutritionnel, score OMS - Paraclinique :
- Echographie cardiaque transthoracique: étude de la FEVG - EFR / DLCO: étude de la diffusion du CO
- Bilan pré-transfusionnel : Groupage sanguin, Rhésus, ferritine - Bilan fonctions rénale et hépatique
- Sérologies virales et parasitaires : VIH, VHB, VHC, EBV, CMV, toxoplasmose - Bilan biologique du pronostic :
- VS
- Albumine
− β2 microglobuline
- Précautions préthérapeutiques :
- Prélèvement et congélation de sperme chez l’homme
- Stimulation ovarienne et congélation ovocytes chez la femme si possible
- Classification de Ann Arbor :
- Stade I : une aire ganglionnaire
- Stade II : plusieurs aires du même coté du diaphragme
- Stade III : atteinte ganglionnaire de part et d’autre du diaphragme
- Stade IV : atteinte extra ganglionnaire non de continuité = atteinte viscérale ou médullaire - Stade E : atteinte extra ganglionnaire de contiguïté
- Stade A : absence de signes B d’évolutivité
- Stade B : au moins 1 signe clinique B d’évolutivité
⇒ Fièvre ≥ 38,5°C > 7 jours sans infection
⇒ Amaigrissement > 10% poids du corps < 6 mois
⇒ Sueurs nocturnes profuses
- Pronostic :
- En fonction du stadeAnn Arbor:
- Stades I et II : 90% de survie à 5 ans - Stades III : 70%
- Stades IV : 50%
- En fonction du terrain : plus mauvais pronostic - > 45 ans
- Chez l’homme
- En fonction du type histologique : plus mauvais pronostic si - Cellularité mixte
- Déplétion lymphocytaire
- En fonction du nombre de viscères atteints : plus mauvais pronostic si - > 2 viscères atteints
Score IPS des stades III-IV Ann Arbor (cf infra)
- Pronostic (2) :
- Signes biologiques :
- VS accélérée (présence d’un syndrome inflammatoire) pour stades I et II Ann Arbor (cf infra)
- anémie (surtout < 10,5 g/dl)
- hyperleucocytose (surtout > ou = 15 G/L) - lymphopénie (surtout < 0,6 G/L et/ou < 8%) - albuminémie < 40 g/l
- β2 microglobuline élevée
- Argument rétrospectif lié au traitement: mauvais pronostic si absence de réponse thérapeutique
Score IPS des stades III-IV Ann Arbor (cf infra)
⇒ Stades I-II Ann Arbor : défavorable si 1 facteur pronostique parmi
⇒ ≥ 50 ans
⇒ ≥ 3 aires ganglionnaires atteintes
⇒ Sp B + VS≥30
⇒ Ou Sp B absents + VS≥50
⇒ Rapport MT ≥ 0,35 ou masse > 10 cms
⇒ Stades III-IV Ann Arbor : critères de mauvais pronostic = score IPS :
⇒ ≥ 45 ans
⇒ Sexe masculin
⇒ Stade IV
⇒ Albumine < 40g/L
⇒ Hb < 10,5 g/Dl
⇒ Gb > 15000/mm3
⇒ Lc < 600/mm3 ou < 8% des GB
Th5-Th6
- PEC thérapeutique :
- POLYCHIMIOTHERAPIE - Beacopp, ABVD
- Radiothérapie dans les formes localisées (stades I et II) - Prise en charge psychologique
- Plan personnalisé de soins - Conservation de la fertilité :
- Prélèvements de sperme chez l’homme - Chez la femme, plus compliqué:
- Prélèvement ovarien et cryoconservation - Prélèvements d’ovocytes après stimulation
- Complications :
- Liées à la chimiothérapie :
- Complications cardiaques : insuffisance cardiaque (Anthracyclines) - Complications respiratoires: fibrose pulmonaire (Bléomycine)
- Complications neurologiques : neuropathie (Vinblastine) - Stérilité
- Liées à la radiothérapie : - SCA
- Péricardite radique - Dysthyroïdie
- Néoplasies secondaires
- Liées au déficit immunitaire : infections opportunistes - Pneumocystose
- Réactivation virales : zona, HSV - Réactivation toxoplasmose
Les Lymphomes Malins Non
Hodgkiniens
- Définition :
- Prolifération lymphocytaire maligne - monoclonale
- dont le point de départ est extra-médullaire: tissu lymphoïde ganglionnaire +/- extra-ganglionnaire - Epidémiologie :
- Incidence croissante pour des raisons inconnues: 12/100000 hab / an France - Age médian : 50 ans
- Sex-ratio : H/F = 1,5/1 - Etiologie inconnue - Facteurs favorisants :
- Radiations ionisantes
- Maladies auto-immunes : PR, LED, MICI
- Infections virales : VIH, HHV8, HTLV, EBV, VHC - Terrain d’immunosuppression
- Diagnostic : HISTOLOGIQUE +++
- Biopsie exérèse ganglionnaire
- Sous contrôle écho ou scanno-guidée - Ou abord chirurgical
- Concertation multidisciplinaire - Puis examen anatomopathologique - B > T
- 2 grandes classes selon leur mode évolutif : - Indolent ou bas grade de malignité
- LMNH folliculaire+++, LMNH lymphocytique, lymphoplasmocytaire, à cellules du manteau, zone marginale
- Agressif ou haut grade de malignité
- LMNH B diffus à grandes cellules +++, LMNH de Burkitt, LMNH à cellules du manteau
- Bilan d’extension : - Clinique :
- ADP (>2 cms, ferme, non inflammatoire, non adhérente, indolore, non satellite d’une porte d’entrée infectieuse, > 1 mois),
- HSMG,
- signes généraux (amaigrissement, fièvre, prurit, sueurs nocturnes profuses), - bilan neuro, pulmonaire etc…
- Urgences cliniques :
- Sd cave supérieur sur masse médiastinale
- Sd occlusif sur masse abdominale (Burkitt, LCM) - Compression radiculo-médullaire sur masse rachidienne
- Méningite lymphomateuse avec signes de focalisation neurologique - Paraclinique :
- BOM
- Scanner CTAP
- Pet scanner au 18F-FDG
- PL
- Phénotypage immunologique des Lc circulants : phase circulante leucémique sanguine - Fonction du LNH et de sa localisation : fibro gastrique, ponction pleurale etc…
LMNH diffus à grandes cellules B: (A) destruction architecture ganglionnaire, envahissement diffus; (B) Grande taille des cellules lymphomateuses
A B
LMNH folliculaire : Petite taille des cellules lymphomateuses
- Bilan préthérapeutique :
- Clinique: OMS, score gériatrique, état nutritionnel
- Echographie cardiaque transthoracique: étude de la FEVG avant anthracyclines - Bilan pré-transfusionnel
- NFP, bilans rénal, hépatique, métabolique - Sd de lyse tumorale ?
- Sérologies virales (VIH, VHB, VHC, CMV, EBV, HTLV) et parasitaires (toxoplasmose) - EdP sérique et IF sang
- AAN, FR - Bilan pronostique :
- Petscan
- LDH
− β2microglobuline - Classification de Ann Arbor :
- Stade I : une aire ganglionnaire
- Stade II : plusieurs aires du même coté du diaphragme
- Stade III : atteinte ganglionnaire de part et d’autre du diaphragme - Stade IV : atteinte extra ganglionnaire non de continuité
- Stade A : absence de signes B d’évolutivité - Stade B : au moins 1 signe présent
- Pronostic :
- LMNH B diffus à grandes cellules et les LMNH de Burkitt sont curables - Score IPI (pour LMNH BDGC)
- Réponse petscannographique - LMNH indolents type folliculaire
- Score FLIPI
- Nouveau score PRIMA-PI (β2m et infiltration médullaire) : impacte la SSP - Evolution lente, chronique, par poussées entrecoupées de rémission
- Incurables à ce jour
- PEC thérapeutique :
- Immuno-chimiothérapie :
- Protocole d’essai thérapeutique
- Anticorps humanisé anti CD20 = Rituximab (Mabthéra) - Polychimiothérapie type CHOP
- Cyclophosphamise (Endoxan) - Hydroxyadriamycine (Adriblastine) - Oncovin (Vincristine)
- Prednisone - PEC psychologique
- Plan personnalisé de soins
- Chimiothérapie intrathécale (Méthotrexate dans le LCR) pour les formes agressives (BDGC et Burkitt)
- Intensification thérapeutique par autogreffe de CSP dans certains cas - Complications :
- Liées à la chimiothérapie :
- Complications cardiaques : insuffisance cardiaque ) (Anthracyclines) - Complications neurologiques : neuropathie (Vincristine)
- Stérilité
- Liées au déficit immunitaire : infections opportunistes - Fongique : Pneumocystose
- Virales : zona, HSV
- Parasitaire : Réactivation toxoplasmose