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Un entretien poignant avec Pierre agriculteur

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Academic year: 2022

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La chaîne locale France 3, après avoir entendu parler de la terrible histoire d'un petit paysan de Haute Marne, décide de s'intéresser plus particulièrement à son cas. Les journalistes sont allés à sa rencontre.

Un entretien poignant avec Pierre agriculteur

France 3 :

Bonjour. Merci de nous accueillir dans votre ferme. A quel âge et de quelle manière avez-vous commencé le métier de paysan ?

Pierre :

Bonjour. Tout a commencé ici. Je suis né dans une famille d'agriculteurs et le métier se transmet de générations en générations depuis des années. Je pense que c'est le cas pour la majorité des personnes qui vivent de ce métier. Enfant, verrs l'âge de 7 ans, j'effectuais des petites tâches, des petits travaux afin d'aider mes parents à la ferme et de fil en aiguille j'en ai pris de la graine et j'ai commencé à travailler de manière permanente et polyvalente. J'ai ensuite repris la ferme de mes parents.

France 3 : D

'après ce que nous avons récolté comme informations sur vous, vous travaillez donc dans l’élevage bovin ?

Pierre : E

xact, je fais du bon lait.

France 3 :

Est-il difficile de gagner sa vie correctement lorsque l'on est agriculteur ?

Pierre : O

ui on peut gagner sa vie. Tout dépend du départ que l'on prend et des manières que l'on emploie. Aujourd'hui il est évident qu'un agriculteur possédant toutes les armes modernes de l'agriculture réussira mieux son affaire qu'un petit paysan polyvalent qui a des rendements venant ou de son village ou de son département. Il est donc plus difficile de gagner sa vie en ayant qu'un salaire agricole.

France 3 :

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris qu'une de vos vaches était malade ?

Pierre :

Je me suis senti dépossédé et complètement seul. Je savais pertinemment que je ne pouvais en parler a personne ni même à ma sœur. Dans un moment de panique, j'ai pris la décision fatale. Avec du recul, je ne suis pas sûr que j'aurais commis les mêmes actes ou du moins peut-être je l'aurais effectué d'une autre manière.

France 3 :

Et comment avez-vous découvert la maladie ?

Pierre :

L'épidémie était très présente dans la presse et sur les réseaux. Je me suis alors renseigné en regardant des vidéos sur YouTube d'un éleveur qui avait fait face à cette maladie.

Cela me rendait réellement triste de savoir que nos troupeaux devait etre entièrement détruits.

C'est comme si on retirait aux éleveurs une partie de leur vie.

France 3 :

Comment avez-vous trouvé la force de tuer l'une de vos vaches ?

Pierre :

Je pense que ça a été un des choix les plus difficiles que j'ai eus à faire dans ma vie Mais je me suis dit que cette vache souffrait, qu'elle allait finir par mourir de toute façon et que si j'appelais le service de la FHD c'était mon troupeau entier qui allait être condamné. C'est grâce à cela que j'ai trouv é la force de tuer cette pauvre bête et de la soulager.

France 3 :

Mais pourquoi ne pas avoir contacté directement le service de la FHD ?

Pierre : Le seul bien que nous

possédons nous autres, ce sont nos vaches. Nous n'avons pas de vacances ni même de week-end. On fait notre métier par amour, par passion. Alors savoir que tout ce que j'avais construit depuis des années allait être détruit en une fraction de seconde c'était inenvisageable pour moi. Je ne pouvais m'y résoudre...

France 3 :

Quand la FHD est finalement venue chez vous, qu'avez-vous ressenti ?

Pierre :

Je dirais que le premier sentiment que j'ai ressenti était un énorme désespoir car je me disais que j'étais en train de perdre le troupeau que j'avais hérité de mes parents et que j'avais consacré toute ma carrière à rien.

France 3 :

Comment avez-vous surmonté cette tragique histoire ?

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Pierre :

Hum je dirais que je ne l'ai toujours pas réellement surmontée car même quand j'en parle à l'heure actuelle je me sens triste. Je dois beaucoup à ma sœur qui m'a réellement aidé. Je me dis que cette histoire est peut être dramatique mais grâce à elle je pense reprendre un nouveau départ et arrêter le métier d'agriculteur.

Comme on dit, toutes les belles choses ont une fin. Dans mon cas cette tragédie m'a énormément fait réfléchir et a réorienté ma vie. Elle servira peut-être à d'autres un jour aussi...

France 3 :

Merci beaucoup d'avoir répondu à toutes nos questions. Nous avons appris beaucoup grâce à vous.

Pierre :

De rien ce fut un plaisir.

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