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Lyc´ ee H´ el` ene Boucher

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

ECS 1

Lyc´ ee H´ el` ene Boucher

Concours blanc mars 2021

Epreuve de math´ ´ ematiques n o 1

Corrig´ e

Probl`eme 1

A Calcul matriciel

On d´efinit les matricesM =

 0 1

2 1 2 1

2 0 1

2 1

2 1 2 0

et J =

1 1 1 1 1 1 1 1 1

.

Le but de cette partie est de proposer plusieurs m´ethodes de calcul de Mn (sans tenir compte de leur efficacit´e !). Il est donc interdit d’utiliser des r´esultats d’une m´ethode pour la mise en œuvre d’une autre.

Premi` ere m´ ethode

1. J2=

3 3 3 3 3 3 3 3 3

 etJ3=

27 27 27 27 27 27 27 27 27

.

On montre par r´ecurrence que ∀k>1,Jk= 3k−1J . De plus, J0 =I3 . 2. On a M = 1

2(J −I). De plusI etJ commutent. D’apr`es la formule du binˆome de Newton, pour tout n∈N,

Mn= 1

2 n n

X

k=0

n k

Jk(−I)n−k.

Or

n

X

k=0

n k

Jk(−I)n−k= (−1)nI+

n

X

k=1

n k

3k−1(−1)n−k

!

J = (−1)nI+1

3(2n−(−1)n)J. Donc Mn=

1 2

n

(−1)nI+1

3(2n−(−1)n)J

.

(2)

Deuxi` eme m´ ethode

3. Le but de cette question est de montrer pour toutn∈Nla propri´et´e (Pn) :il existexn, yn∈Rtelles queMn=xnJ+ynI.

(a) On a M0= 0J+ 1I et M1 = 1 2J+

−1 2

I .

(b) Soit n∈N et supposons qu’il existe xn, yn∈Rtelles que Mn=xnJ+ynI.

AlorsMn+1=MnM = (xnJ+ynI) 1

2(J−I)

=−yn

2 I+ (xn+ 1

2yn)J en utilisantJ2 = 3J. Ainsi en posant yn+1=−1

2yn etxn+1 =xn+ 1

2yn, on a bien Mn+1 =xn+1J+yn+1I. 4. Le but de cette question est de d´eterminer les expressions de (xn) et (yn).

(a) (yn) est une suite g´eom´etrique de raison

−1 2

. Donc ∀n∈N,yn=

−1 2

n

. Et pour toutn∈N,xn+1−xn= 1

2yn= 1 2

−1 2

n

. (b) On a alorsxn=xn−x0 =

n−1

X

k=0

(xk+1−xk) = 1 2

n−1

X

k=0

−1 2

k

= 1 2

1− −12n

1− −12 = 1 3

1−

−1 2

n . Finalement, pour toutn∈N, Mn= 1

3

1−

−1 2

n J+

−1 2

n

I .

Troisi` eme m´ ethode

5. Le but de cette question est de montrer pour toutn∈N l’existence de constantes un etvn telles que Mn=unM+vnI.

(a) On a M0= 0M+ 1I et M1 = 1M + 0I . (b) M2= 1

4

2 1 1 1 2 1 1 1 2

= 1 2M +1

2I .

(c) Soit n∈N. Supposons qu’il existe un etvn telles queMn=unM+vnI. AlorsMn+1=MnM =unM2+vnM =un

1 2M+1

2I

+vnM = 1

2un+vn

M +1 2unI.

Ainsi en posant un+1 = 1

2un+vn etvn+1 = 1

2un , on a bien Mn+1=un+1M+vn+1I . 6. Le but de cette question est de d´eterminer les expressions de (un) et (vn).

(a) ∀n∈N,un+2= 1

2un+1+vn+1 = 1

2un+1+1 2un .

(b) (un) v´erifie une relation de r´ecurrence `a deux termes dont l’´equation caract´eristique est : x2 − 1

2x−1

2 = 0, de racines −1 2 et 1.

Ainsi il existe deux constantesα etβ telles que∀n∈N,un

−1 2

n

+β1n. Les termesu0etu1donnent





α=−2 3 β = 2

3

, soit un=−2 3

−1 2

n

+2

3 et vn=−1 3

−1 2

n−1

+ 1 3 .

(3)

Quatri` eme m´ ethode

Pour λ∈R, on consid`ere le syst`eme lin´eaire (S)













 1 2y+ 1

2z=λx 1

2x+1 2z=λy 1

2x+1 2y=λz

7.

−λ 1 2

1 2 1

2 −λ 1

2 1

2 1

2 −λ

L

 1 2

1

2 −λ

1

2 −λ 1

2

−λ 1 2

1 2

L

 1 2

1

2 −λ

0 −λ−1 2

1 2 +λ

0 1

2 +λ 1 2−2λ2

L

 1 2

1

2 −λ

0 −λ−1 2

1 2 +λ 0 0 −2λ2+λ+ 1

 .

Or −λ− 1

2 = 0⇔λ=−1

2 et−2λ2+λ+ 1 = 0⇔λ= 1 ou −1

2 (´equation d´ej`a r´esolue).

Donc rg(M−λI) = 3⇔λ /∈

−1 2,1

.

De plus pour λ= 1, rg(M −λI) = 2 et pour λ=−1

2, , rg(M−λI) = 1 . 8. • Pour λ=−1

2, on utilise la forme ´echelonn´ee obtenue `a la question pr´ec´edente : (S)⇔ 1

2x+1 2y+1

2z= 0, les autres lignes donnant 0 = 0.

Donc l’ensemble des solutions du syst`eme est S−1/2=

−y−z y z

, y,z∈R

 .

• Pour λ= 1, on a (S)⇔



 1 2x+1

2y−z= 0

−3 2y+3

2z= 0

(x=z y=z .

Donc l’ensemble des solutions du syst`eme est S1=

 z z z

, z∈R

 .

9. Soit P =

1 0 1

0 1 1

−1 −1 1

.

Les solutions pr´ec´edentes nous disent que : M

 1 0

−1

=−1 2

 1 0

−1

,M

 0 1

−1

=−1 2

 0 1

−1

et M

 1 1 1

= 1

 1 1 1

.

Donc M P =P D avec D=

−1

2 0 0

0 −1 2 0

0 0 1

 .

10. P ∼

L

1 0 1 0 1 1 0 0 3

, de rang 3 ; donc P est inversible .

(4)

11. On montre ais´ement par r´ecurrence que pour toutn∈N,Dn=

−1 2

n

0 0

0

−1 2

n

0

0 0 1

 .

Par r´ecurrence ´egalement : Mn=P DnP−1 .

Pour l’h´er´edit´e, on ´ecrit que Mn+1 =MnM =P DnP−1P DP−1 =P DnDP−1=P Dn+1P−1.

Cela permet de montrer d’une quatri`eme mani`ere la formule suivante (moyennant le calcul de P−1 qui n’est pas demand´e ici) :

pour toutn∈N, Mn=

−1 3

−1 2

n−1

+1 3 −1

3

−1 2

n

+1

3 −1

3

−1 2

n

+1 3

−1 3

−1 2

n

+1 3 −1

3

−1 2

n−1

+ 1 3 −1

3

−1 2

n

+1 3

−1 3

−1 2

n

+1

3 −1

3

−1 2

n

+1 3 −1

3

−1 2

n−1

+1 3

 .

B Mise en situation

Nous sommes au Schnitzelwirt, restaurant de sp´ecialit´es autrichiennes. Hans, Jo˜ao et Yun s’y retrouvent chaque semaine pour manger ensemble. Aujourd’hui cependant, ils prennent une d´ecision, chacun ayant `a cœur de faire d´ecouvrir aux autres les sp´ecialit´es culinaires de son pays d’origine. `A partir de maintenant, ils se retrouveront toujours de mani`ere hebdomadaire, mais dans l’un des trois restaurants suivants : le Schnitzelwirt, le restaurant autrichien o`u ils viennent de manger, le Recanto do Mocot´o, restaurant br´esilien et le Guangdong Gourmet, restaurant de sp´ecialit´es chinoises.

Le choix du restaurant chaque semaine se fera de mani`ere al´eatoire, selon diff´erentes r`egles que nous allons ´etudier s´epar´ement dans chaque partie de ce probl`eme. On suppose que cette exp´erience est mod´elis´ee par un espace probabilis´e fini (Ω,P(Ω),P).

Etant donn´´ e n∈N, nous d´efinissons les ´ev´enements suivants :

• An :ils mangent autrichien la n-i`eme semaine,

• Bn :ils mangent br´esilien lan-i`eme semaine,

• Cn :ils mangent chinois lan-i`eme semaine.

On note an=P(An),bn =P(Bn) et cn=P(Cn). Le fait qu’ils viennent de manger autrichien est consid´er´e comme l’´ev´enementA0. Ainsi, on aa0= 1, b0 = 0 etc0= 0.

Premier mode de s´ election

Dans cette partie, on consid`ere un mode de s´election al´eatoire : chaque semaine, les trois amis tirent au sort de mani`ere ´equiprobable le restaurant o`u ils se retrouveront.

12. x = rand() if x < 1/3 then

disp(’A’)

elseif x < 2/3 then disp(’B’)

else

disp(’C’) end

(5)

13. Xcompte le nombre d’occurrences de l’´ev´enementmanger chinoisdans la r´ep´etition deN exp´eriences de Bernoulli o`u la probabilit´e de manger chinois est 1

3. Donc X ,→ B

N,1 3

et E(X) = N 3 . 14. function k = X(N)

k = 0

for i = 1:N x = rand() if x > 2/3 then

k = k+1 end

end endfunction

Deuxi` eme mode de s´ election

Dans cette partie, on consid`ere que les trois amis respectent la logique suivante : chaque semaine, ils choisissent de mani`ere ´equiprobable leur restaurant parmi les deux o`u ils n’ont pas mang´e la semaine pass´ee.

Ainsi, par exemple pour la semaine 1, ils tirent au sort entre le restaurant br´esilien et le restaurant chinois.

15. Pour la premi`ere semaine, on choisit de mani`ere ´equiprobable entre manger br´esilien et chinois. D’o`u b1 =c1 = 1

2 eta1= 0.

Puis d’apr`es la formule des probabilit´es totales (on peut repr´esenter les ´ev´enements dans un arbre comme celui du cas g´en´eral ci-dessous) :

• a2=a1PA1(A2) +b1PB1(A2) +c1PC1(A2) = 1 2×1

2 +1 2 ×1

2 = 1 2 ,

• b2 =a1PA1(B2) +b1PB1(B2) +c1PC1(B2) = 1 2 ×1

2 = 1 4 ,

• c2 =a1PA1(C2) +b1PB1(C2) +c1PC1(C2) = 1 2 ×1

2 = 1 4 .

16. Soit n∈N. On pr´ecise que la locution latine ad hoc signifie adapt´e, idoine.

Cn

Cn+1

0

Bn+1

1/2

An+1

1/2 cn

Bn

Cn+1

1/2

Bn+1

0

An+1

1/2 bn

An

Cn+1

1/2

Bn+1

1/2

An+1

0

an

17. Pour toutn∈N, d’apr`es la formule des probabilit´es totales, on a :

• an+1 =anPAn(An+1) +bnPBn(An+1) +cnPCn(An+1) = 1 2bn+1

2cn.

(6)

• De mˆeme,bn+1= 1 2an+1

2cn.

• De mˆeme,cn+1= 1 2an+1

2bn.

Finalement,

 an+1 bn+1

cn+1

=

 0 1

2 1 2 1

2 0 1

2 1

2 1 2 0

 an bn

cn

 .

18. Par r´ecurrence sur le mod`ele des suites g´eom´etriques, on montre que :

∀n∈N,

 an bn

cn

=An×

 a0 b0

c0

. 19. An est justement obtenue dans la premi`ere partie.

Lorsque ntend vers +∞, on obtient lim

n→+∞an= lim

n→+∞bn= lim

n→+∞cn= 1 3 .

Finalement la r´ep´etition de l’exp´erience finit par att´enuer la dissym´etrie impos´ee par la condition initiale. On a toujours un probabilit´e l´eg`erement plus faible de manger autrichien les semaines impaires et l´eg`erement plus forte les semaines paires, mais cet ´ecart tend `a se lisser. Si on examinait des variables al´eatoires (par exemple prenant les valeurs 1, 2 ou 3 au lieu des lettres A, B et C pour le choix du restaurant la n-i`eme semaine), on dirait qu’elles convergent en loi vers une variable suivant une loi uniforme.

C Une autre tranche de vie

De leur cˆot´e, ´El´eonore et Fabrice sortent du cin´ema o`u ils se retrouvent tous les vendredis et d´ecident qu’`a partir de maintenant, leur rendez-vous hebdomadaire sera consacr´e parfois `a un film, parfois `a une exposition. On suppose que cette exp´erience est mod´elis´ee par un espace probabilis´e fini (Ω,P(Ω),P).

Etant donn´´ e n∈N, nous d´efinissons les ´ev´enements suivants :

• En :ils vont voir une exposition lan-i`eme semaine,

• Fn :ils vont voir un film lan-i`eme semaine.

On note en = P(En), fn = P(Fn). Le fait qu’ils sortent du cin´ema est consid´er´e comme l’´ev´enement F0. Ainsi, on af0 = 1,e0 = 0.

Ils respectent la r`egle suivante : la semaine suivant un film, ils choisissent de mani`ere ´equiprobable entre film et expo. La semaine suivant une expo, ils vont au cin´ema avec la probabilit´e 2

3. 20. e1=f1= 1

2 .

Par la formule des probabilit´es totales, e2 =e1PE1(E2) +f1PF1(E2) = 1 2 1 3+ 1

2 1 2 = 5

12 et comme E2

etF2 forment un syst`eme complet d’´ev´enements, f2= 7 12 . 21. On peut ´ecrire l’arbre suivant.

(7)

En

En+1

1/3

Fn+1

2/3 en

Fn

En+1

1/2

Fn+1

1/2 fn

On a alors (formule des proba totales) :fn+1 = 2 3en+ 1

2fn. Puis commeen= 1−fn, ∀n∈N, fn+1 =−1

6fn+2 3 .

22. (fn) est une suite arithm´etico-g´eom´etrique. La r´esolution classique donne que

fn−4 7

est une suite g´eom´etrique de raison−1

6. Finalement, ∀n∈N,fn= 4

7 +3 7

−1 6

n

, qui tend vers 4 7 . 23. Xn(Ω) ={14,21}et on a P(Xn= 14) =fn= 4

7 etP(Xn= 21) =en= 3 7. Puis E(Xn) = 21en+ 14fn= 17 .

La dissym´etrie de la situation offre `a la limite une l´eg`ere pr´evalence au cin´ema, ce qui est coh´erent : le choix est soit ´equiprobable soit en faveur du cin´ema.

Références

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