Société Nationale de Gestion du Stock de Sécurité Alimentaire Système d’Information sur
les Marchés Agricoles
1 Bulletin conjoint PAM-SONAGESS – mars 2022
Période du 1 au 31 mars 2022
BULLETIN CONJOINT D ’ INFORMATION SUR LES MARCHES AU B URKINA F ASO
Points saillants
1. L’offre céréalière est inférieure à la normale, s’expliquant par la conjugaison de plusieurs facteurs : (i) la mauvaise performance de la campagne agricole ; (ii) la faiblesse de l’approvisionnement des marchés et (iii) la recrudescence de l’insécurité dans la partie septentrionale du pays qui limite le bon fonctionnement des marchés.
2. Les prix des céréales locales (mil, maïs, sorgho) ont atteint un record avec 294 FCFA le kilogramme en moyenne. Les facteurs explicatifs de ces hausses de prix sont : (i) la baisse de la production de céréales de la campagne agricole 2021/2022 (- 9,79 pour cent par rapport à la campagne précédente et -2,38 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale) ; (ii) l’insécurité qui entrave le bon approvisionnement des marchés dans les régions du Centre-Nord, du Nord et du Sahel ; (iii) la forte demande céréalière qui englobe la demande pour la consommation humaine et surtout celle animale et industrielle.
3. Plusieurs produits alimentaires importés (huile, sucre, sel, et farine de blé) ont connu également des hausses de prix allant de 20 à 53 pour cent comparativement à l’année précédente. Cette évolution s’inscrit dans la même dynamique évolutive que les prix des produits alimentaires sur le plan international avec comme principales causes la COVID-19 et plus récemment la crise russo-ukrainienne.
4. Bien que la vente d’un bouc permette toujours de se procurer au moins un sac de 100 kg de céréales, il est observé une dégradation des termes de l’échanges (bouc/céréales) dans la plupart des régions pastorales par rapport à l’année passée et à la moyenne quinquennale.
5. En perspectives, les stocks des ménages et des commerçants poursuivent leur baisse à un rythme plus rapide que d’habitude laissant présager une soudure précoce dans les régions du Centre-Nord, du Nord et du Sahel.
6. Les prix des produits agricoles vont poursuivre leur évolution à la hausse avec la baisse de l’offre et la forte demande. Les hausses seront plus accentuées dans la partie nord du pays où l’insécurité impacte négativement la chaîne d’approvisionnement. La hausse des prix des produits importés pourrait continuer au cours des prochains mois et risque d’impacter négativement le climat socio-économique fragilisé par l’insécurité.
Vente en détail de céréales sur le marché de Mogtédo (Plateau Central) SO
NAGESS / Tidiane GUIRESIM-SONAGESS / Modeste DAMIBA
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commerçants ne stockent plus de grandes quantités et ne s’approvisionnent que lorsqu’ils ont des commandes. Selon ces derniers, l’écoulement est lent à cause des prix élevés.
L’insécurité est un frein aux activités de production et de commercialisation des produits agricoles et du bétail. Il impacte négativement la chaîne d’approvisionnement en réduisant le transfert des produits agricoles des zones de production vers les zones de consommation de la partie septentrionale du pays. Le faible accès à certaines zones d’approvisionnement contribue à réduire l’offre sur les marchés.
La demande connaît une hausse comparée à la normale avec le nombre croissant de personnes déplacées internes (PDI) et l’épuisement précoce des stocks issus de l’autoproduction des ménages pauvres. Le nombre de PDI est passé de 1,12 million en janvier 2021 à 1,81 million en février 2022 (source : CONASUR), soit une hausse de 61 pour cent. La demande céréalière est aussi portée par le secteur animal dont une grande partie des céréales et principalement le maïs, est utilisée dans la fabrication d’aliments volailles ; et le secteur industriel pour la fabrication de la bière. Pour la demande des brasseries, le maïs et le sorgho sont les céréales principales.
1. OFFRE ET DEMANDE DES PRODUITS AGRICOLES
Les produits agricoles et les céréales en particulier sont disponibles sur la majorité des marchés. Cependant, l’offre est inférieure à la normale et cela est dû à la conjugaison de plusieurs facteurs : (i) la mauvaise performance de la campagne agricole ; (ii) la faiblesse de l’approvisionnement des marchés et (iii) la recrudescence de l’insécurité dans la partie septentrionale du pays qui est un facteur limitant le bon fonctionnement des marchés.
Les résultats définitifs de la campagne agricole 2021-2022 indiquent une production céréalière de 4 671 829 tonnes, soit une baisse de 9,79 pour cent par rapport à la campagne agricole précédente et une baisse de 2,38 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Cette baisse est principalement due aux aléas climatiques enregistrés au cours de la campagne et qui ont entravé le bon déroulement du calendrier cultural (démarrage tardif des pluies, longues séquences sèches et arrêt précoce des pluies). Les déplacements de population et la cherté des intrants agricoles, surtout des engrais, ont également entraîné la réduction des superficies cultivables.
La baisse de l’offre céréalière est aussi liée à une faiblesse de l’approvisionnement des marchés. Les marchés sont faiblement approvisionnés en raison de la mauvaise performance agricole mais aussi des prix élevés à la collecte engendrés par la hausse des prix des intrants agricoles. Les
Sawadogo Sibiri /SIM-SONAGESS
principales destinations pour l’exportation du bétail burkinabè.
2. OFFRE ET DEMANDE DU BETAIL
L’offre du bétail est en baisse sur l’ensemble des marchés exceptés dans les chefs-lieux de régions. Les marchés à bétails continuent d’être perturbés par l’insécurité dans les régions à fort potentiel pastoral (Est, Centre-Nord, Nord et Sahel). La plupart des marchés secondaires sont fermés et une grande partie du bétail de ces régions sont en transhumance vers le Sud.
Sur les marchés des chefs-lieux (Fada N’Gourma (Est), Dori et Djibo (Sahel), Kaya (Centre-Nord) et Pouytenga (Centre-Est)), l’offre est stable voire légèrement supérieure par rapport à l’année passée et à la moyenne quinquennale. Cela s’explique par le fait que ces marchés sont les seuls lieux sécurisés pour les transactions. De plus, on note une forte présence de PDI dans ces localités, dont certains ont encore du bétail à vendre.
La demande extérieure connaît une baisse par rapport à la normale. Avec l’insécurité, une réduction des acteurs étrangers a été observée. Le Ghana et la Côte d’Ivoire sont les
Marché à bétail de Pouytenga (Centre-Est)
WFP / Eric PALE
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Mar-14 May-14 Jul-14 Sep-14 Nov-14 Jan-15 Mar-15 May-15 Jul-15 Sep-15 Nov-15 Jan-16 Mar-16 May-16 Jul-16 Sep-16 Nov-16 Jan-17 Mar-17 May-17 Jul-17 Sep-17 Nov-17 Jan-18 Mar-18 May-18 Jul-18 Sep-18 Nov-18 Jan-19 Mar-19 May-19 Jul-19 Sep-19 Nov-19 Jan-20 Mar-20 May-20 Jul-20 Sep-20 Nov-20 Jan-21 Mar-21 May-21 Jul-21 Sep-21 Nov-21 Jan-22 Mar-22
Prix (FCFA/Kg)
Graphique 1: Evolution des prix des céréales au détail
maïs blanc mil local sorgho blanc
Le maïs
Le prix du maïs a atteint un niveau moyen de 262 FCFA le kilogramme en mars, soit une hausse de 9 pour cent par rapport au mois précédent. Comparativement au même mois de l’année 2021 et à la moyenne quinquennale, des hausses de prix de 14 pour cent et de 15 pour cent ont été enregistrées. Bien que le maïs soit disponible sur la majorité des marchés, l’offre demeure en deçà de la normale. Toutefois, le niveau élevé du prix du maïs résulte de la hausse des facteurs de production et de la forte demande.
L’utilisation d’engrais agricoles est plus élevée pour le maïs que dans les autres céréales. Durant la campagne agricole 2021/2022, le prix des engrais sur le plan international a connu une hausse qui s’est répercutée sur les marchés locaux : le prix du sac de 50 kg d’engrais (urée et NPK) est passée de 15 000 FCFA en 2020 à 25 000 FCFA en 2021 avec une baisse de l’offre sur les marchés.
Graphique 2 : Niveau du prix au consommateur du maïs sur le plan national
Source : données SONAGESS
100 120 140 160 180 200 220 240 260 280
Prix (FCFA/kg
2018 2021 2022 5ans
3. EVOLUTION DU PRIX DES CEREALES ET LEGUMINEUSES
Les prix des céréales locales ont continué leur progression au cours du mois de mars pour atteindre un record de 294 FCFA le kilogramme en moyenne. Cette moyenne de prix est en hausse comparativement aux périodes antérieures : +13 pour cent par rapport au mois précédent, +49 pour cent par rapport au mois de mars 2021 et +61 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Les prix élevés des céréales sont les conséquences de plusieurs facteurs : (i) la baisse de la production de céréales de la campagne agricole 2021/2022 (-9,79 pour cent rapport à la campagne précédente et -2,38 pour cent rapport à la moyenne quinquennale) ; (ii) l’insécurité qui entrave le bon approvisionnement des marchés dans les régions du Centre-Nord, du Nord et du Sahel ; (iii) la forte demande céréalière qui englobe la demande pour la consommation humaine et surtout animale et industrielle.
Le niébé et l’arachide ont également connu des hausses de prix au cours de ce mois de mars avec des prix moyens de 555 FCFA et 413 FCFA le kilogramme respectivement. Ces prix enregistrent des variations positives comparativement à l’année passée et à la moyenne quinquennale : comparé à la moyenne des cinq dernières années, le prix du niébé est en hausse de 61 pour cent et celui de l’arachide est en hausse de 11 pour cent.
Il faut noter que l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) pour le mois de mars a connu une hausse de 3,7% par rapport au mois précédent et une hausse de 13,5% par rapport à mars 2021. La hausse du niveau général des prix en mars 2022 est principalement liée à la hausse des prix des produits alimentaires, dans la fonction « produits alimentaires et boissons non alcoolisées ». En effet, l’analyse du niveau général des prix montre que les principaux produits ayant induit la hausse de l’IHPC sont les céréales, les viandes et la farine de maïs. Ces produits contribuent à plus de 95% à la hausse des prix.
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La demande en maïs a évolué avec l’accroissement de la demande pour la consommation humaine et animale (volaille) et la demande industrielle (brasseries) qui a connu un essor depuis la COVID-19. L’accroissement de la demande a été beaucoup plus rapide que celle de la production, ce qui a également contribué à la hausse du prix sur les marchés.
Les prix les plus élevés du maïs demeurent sur les marchés des provinces du Loroum, du Séno et du Soum où les prix sont supérieurs à 300 FCFA le kilogramme. Dans ces provinces, l’insécurité entrave le bon approvisionnement des marchés, ce qui influence les prix.
Carte 1 : Niveau des prix du maïs
Les variations quinquennales sont supérieures à +36 pour cent sur tous les marchés suivis. Les plus fortes variations sont de +90 pour cent et +95 pour cent, respectivement dans les provinces des Banwa et du Loroum.
Carte 2 : Variations quinquennales du prix du maïs
Le mil
Le prix du mil a atteint un niveau record de 337 FCFA le kilogramme au cours de ce mois sur le plan national. A ce niveau, les variations sont de +9 pour cent par rapport au mois de février 2022, de +47 pour cent par rapport au mois de mars
2021 et de +59 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Graphique 3 : Évolution des prix au consommateur du mil sur le plan national
Source : données SONAGESS
Le prix élevé et ces fortes variations sont d’abord dus à une baisse de l’offre sur les marchés liée à la mauvaise performance de la campagne agricole 2021/2022. En effet, les résultats définitifs de cette campagne ont donné une production de 705 345 tonnes de mil, soit une baisse de 26,32 pour cent par rapport à la campagne agricole précédente et une baisse de 27,29 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. La hausse du prix du mil peut être imputée également à sa forte demande liée à la période de jeûne musulman qui commence en avril. En effet, le mil est une céréale beaucoup utilisée au cours de cette période dans la préparation de bouillie et de jus.
Carte 3 : Niveau des prix du mil
Les prix les plus élevés du mois (compris entre 350 et 400 FCFA le kilogramme) ont été enregistrés dans les régions du Centre, de l’Est, du Centre-Sud et du Sahel. L’insécurité impacte négativement la chaîne d’approvisionnement dans les régions de l’Est, et du Sahel (réduction du nombre des transporteurs, baisse de l’offre, hausse de prix du transport, …), ce qui se répercute sur les prix finaux sur les marchés.
100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340
Prix (FCFA/Kg)
2018 2021 2022 5ans
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Comparativement à la moyenne quinquennale, de fortes variations ont été observées sur la majorité des marchés. Les plus fortes variations sont comprises entre +70 et +96 pour cent et ont été enregistrées sur les marchés des régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Est, du Centre-Nord, de l’Est, du Nord et du Sahel.
Carte 4 : Variations quinquennales du mil
Le sorgho
Le niveau moyen du prix du sorgho a été de 283 FCFA le kilogramme pour le mois de mars 2022. Par rapport au mois précédent, ce prix est en hausse de 15 pour cent. Par rapport au même mois de l’année passée et à la moyenne quinquennale, des hausses respectives de 47 pour cent et 63 pour cent ont été enregistrées.
Ces variations découlent d’une baisse de l’offre sur les marchés dont les causes sont principalement la baisse de la production (- 15,25 pour cent par rapport à la campagne agricole précédente et -8,56 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale) et de la forte demande pour la consommation humaine et aussi industrielle pour la fabrication de la bière.
Graphique 4 : Évolution du prix moyen au détail du sorgho sur le plan national
Source : données SONAGESS
Les prix les plus élevés du sorgho pour le mois de mars se situent entre 300 à 375 FCFA le kilogramme et se retrouvent sur
140 160 180 200 220 240 260 280 300
Prix (FCFA/Kg)
2018 2021 2022 5ans
les marchés des régions des Cascades, du Centre, du Centre- Nord, du Nord, du Sud-Ouest et du Sahel. Quant aux variations quinquennales, les plus fortes se retrouvent dans les provinces des Banwa (+82 pour cent), du Kadiogo (+81 pour cent), du Kouritenga (+81 pour cent), du Loroum (+90 pour cent) et du Séno (+79 pour cent).
Carte 5 : Niveau des prix du sorgho
Carte 6 : Variations quinquennales du sorgho
Le niébé
Le prix moyen du niébé a connu une hausse de 6 pour cent par rapport au mois de février 2022 avec un prix de 555 FCFA le kilogramme. Comparé à l’année passée à la même période et à la moyenne quinquennale, ce prix moyen donne des variations respectives de +51 pour cent et +62 pour cent.
Il faut noter que la production de niébé a baissé de 35,44 pour cent par rapport à la campagne précédente et de 29,06 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale, selon les résultats définitifs de la campagne agricole 2021/2022. Les grandes régions productrices ont connu des baisses de production importante à cause des aléas climatiques et l’insécurité : -51,5 pour cent pour le Centre-Nord, -46,4 pour
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Plusieurs produits alimentaires importés ont connu des hausses de prix comparativement à l’année précédente. Il s’agit de l’huile, du sucre, du sel et de la farine de blé avec des hausses respectives de 56 pour cent, 20 pour cent, 53 pour cent et 25 pour cent.
Cette évolution s’inscrit dans la même dynamique évolutive que les prix des produits alimentaires sur le plan international. Il existe un effet de transmission des prix pour ces produits importés surtout sur l’huile et la farine de blé.
L’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 159,3 points en mars 2022. Il grimpe de 17,9 points (+12,6 pour cent) par rapport au mois de février et atteint son plus haut niveau depuis sa création en 1990. Cette nouvelle hausse s’explique par les niveaux records atteints par les sous-indices des huiles végétales, des céréales, de la viande, du sucre et des produits laitiers. Les cours internationaux de l’huile de tournesol ont augmenté en mars à la suite à d’une baisse des exportations due au conflit qui se déroule actuellement dans la région de la mer Noire.
Comparativement à l’année précédente et à la moyenne des cinq dernières années, des hausses respectives de 9 pour cent et 12 pour cent ont été enregistrées.
Bien que les résultats définitifs de la campagne agricole 2021/2022 indiquent respectivement des hausses de production de 1,81 pour cent et 21,67 pour cent par rapport à la campagne précédente et à la moyenne quinquennale, l’offre demeure toujours inférieure à la demande. Cette offre est comblée par l’importation de riz qui prend de l’ampleur dans les habitudes alimentaires des populations. Le prix moyen du riz importé se situe à 434 FCFA avec des hausses de 2 pour cent par rapport au mois de février 2022, de 8 pour cent par rapport au mois de mars 2021 et de 10 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale.
Les prix du riz décortiqué les plus élevés se trouvent sur les marchés de Dori, de Gorom-Gorom (Sahel), de Guelwongo (Centre-Sud) et de Yalgo (Centre-Nord) avec une moyenne de 412 FCFA le kilogramme.
Graphique 6 : Évolution des prix moyens au consommateur du riz local décortiqué sur le plan national
Source : données SONAGESS
260 270 280 290 300 310 320 330 340 350 360
Prix (FCFA/Kg)
2018 2021 2022 5ans cent pour le Nord, -83,3 pour cent pour le Sahel, -46,4 pour
cent pour l’Est et –19,2 pour cent pour la Boucle du Mouhoun. Ces chiffres sont l’une des causes directes de la baisse de l’offre sur le marché et des niveaux élevés des prix.
A côté de cette baisse de l’offre, on note une forte demande de niébé sur le plan national mais aussi sous-régional.
Graphique 5 : Évolution des prix moyens au consommateur du niébé sur le plan national
Source : données SONAGESS
Les prix les plus élevés du niébé sont observés sur les marchés des régions du Centre (Sankaryaré), du Sud-Ouest (Batié) et du Sahel (Dori, Gorom-Gorom et Seytenga) avec des prix compris entre 650 et 800 FCFA le kilogramme. Par rapport à la moyenne quinquennale, plus de la moitié des marchés suivis connaissent une hausse de plus de 50 pour cent. Les plus fortes hausses de prix se localisent sur les marchés de Gayéri (Est) avec +128 pour cent, Léo (Centre- Sud) avec +91 pour cent, Zorgho (Plateau Central) avec +86 pour cent et Dori (Séno) avec +80 pour cent.
Le riz local décortiqué
Le prix moyen du riz décortiqué à la consommation a connu une légère hausse de 1 pour cent par rapport au mois précédent avec un prix de 358 FCFA le kilogramme.
260280 300320 340360 380400 420440 460480 500520 540560
Prix (FCFA/Kg)
2018 2021 2022 5ans
4. EVOLUTION D’AUTRES PRODUITS ALIMENTAIRES ET NON ALIMENTAIRES
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De même, il a été enregistré une flambée des prix mondiaux du blé (hausse de 19,7 pour cent en mars) qui est en grande partie due aux perturbations liées au conflit en Ukraine, qui touchent les exportations de l’Ukraine et de la Russie. En plus des prix élevés à l’international, s’ajoute une hausse du coût du fret depuis le début de la pandémie de la COVID-19. On observe également un dysfonctionnement de la chaîne d’approvisionnement qui entraîne un décalage temporel entre l’offre et la demande.
Tableau 1 : Variations annuelles autres produits alimentaires Mars-21 Mars-22 Var
Huile (l) 800 1250 +56%
Sucre (kg) 500 600 +20%
Sel (kg) 150 230 +53%
Farine de blé 400 500 +25%
Graphique 8 : Evolution du prix du bélier sahélien
Source : données SIM-Bétail
Graphique 9 : Evolution du prix du taureau
Source : données SIM-Bétail 20000
30000 40000 50000 60000 70000 80000 90000 100000 110000
Prix (FCFA)
Centre-Nord Est Nord Sahel
280000 300000 320000 340000 360000 380000 400000 420000
Prix (FCFA)
Centre-Nord Est Nord Sahel
EVOLUTION DU PRIX DU BETAIL ET DES TERMES DE L’ECHANGE
Le niveau des prix des animaux est resté élevé au cours de ce mois de mars 2022 dans les régions à vocation pastorale (Centre-Nord, Est, Nord et Sahel) avec des moyennes de 35 250 FCFA pour les caprins, 83 375 FCFA pour les ovins et 377 500 FCFA pour les bovins. Par rapport au mois précédent, des hausses de prix de 8 pour cent pour les ovins et de 5 pour cent pour les bovins ont été enregistrées, contre une baisse de 13 pour cent pour les caprins. Par rapport à l’année passée, les prix sont en hausses de 30 pour cent pour les bovins, de 18 pour cent pour les caprins et de 21 pour cent pour les ovins.
Avec la soudure précoce installée depuis le mois de janvier et l’insécurité qui sévit dans ces régions pastorales, l’alimentation et l’abreuvement des animaux deviennent de plus en plus difficiles. Les ménages pauvres et très pauvres sont contraints au déstockage des petits ruminants pour éviter le dépérissement des animaux et pour assurer l’achat de denrées alimentaires.
Graphique 7 : Evolution du prix du bouc sahélien
Source : données SIM-Bétail
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Pour plus d’information, vous pouvez contacter :
PAM : Outman Badaoui : Chef de l’unité RAM – [email protected] SONAGESS : Bénédicte Pémou : Chef Service SIM – [email protected]
5. PERSPECTIVES SUR LA SITUATION DES MARCHES AGRICOLES
➢ Les stocks des ménages et des commerçants vont progressivement baisser jusqu’à la période de soudure avec une forte probabilité de soudure précoce dans les régions du Centre-Nord, du Nord et du Sahel. Dans les communes difficiles d’accès comme Djibo, Kelbo, Mansila, et Arbinda dans la région du Sahel, une probable augmentation des ménages pauvres et de PDI est envisageable avec la recrudescence de l’insécurité.
➢ La demande céréalière va demeurer forte avec l’amenuisement des stocks et la dépendance aux marchés de plus en plus croissante des ménages pour l’accès à l’alimentation. La demande céréalière pour l’aviculture et les brasseries va également se maintenir.
➢ Les prix des produits agricoles vont progressivement évoluer à la hausse avec la baisse de l’offre et la forte demande. Cette hausse sera plus accentuée dans la partie nord du pays où l’insécurité impacte négativement la chaîne d’approvisionnement.
➢ Les effets de la crise russo-ukrainienne se ressentent sur les prix de certains produits importés tels que l’huile et la farine de blé, qui ont connu une hausse au cours des deux derniers mois. Cette hausse pourrait continuer au cours des prochains mois et risque d’impacter négativement le climat socio-économique fragilisé par l’insécurité.
L’analyse des termes de l’échange bétail/céréale montre que la vente d’un bouc permet l’acquisition d’au moins un sac de 100 kg de céréales, excepté à Djibo (Soum) où la quantité de céréales est inférieure à 100 kg. On note cependant une dégradation du pouvoir d’achat des ménages pasteurs avec la hausse des prix des denrées de base. Dans les zones inaccessibles, comme Djibo, Arbinda et Kelbo, les prix des céréales de base ont connu des hausses de prix comprises en 50 et 80 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale, ce qui affecte négativement les avoirs relatifs aux moyens d'existences des populations et donc de leur sécurité alimentaire.
Graphique 10 : Termes de l’échange bouc/céréale
Source : données SONAGESS/SIM-Bétail 0.00
0.20 0.40 0.60 0.80 1.00 1.20 1.40 1.60 1.80 2.00
Nombre de sac de céréales acquis pour un bouc vendu