Société Nationale de Gestion du Stock de Sécurité Alimentaire Système d’Information sur
les Marchés Agricoles
1 Bulletin conjoint PAM-SONAGESS – octobre 2021
Période du 1 au 31 octobre 2021
BULLETIN CONJOINT D ’ INFORMATION SUR LES MARCHES AU B URKINA F ASO
Points saillants
1. L’issue de la campagne agricole 2021/2022 est inquiétante.
Les séquences sèches ont négativement impacté près de 200 000 hectares (ha) de cultures céréalières et de rente.
84 pour cent de ces superficies se trouvent dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel. Les pertes de productions sont estimées à 75 500 tonnes. Plus de 5 000 ha ont été touchés par des inondations et environ 3 600 ha ont subi des attaques d’oiseaux granivore dans le Sahel, entraînant des pertes de production de 40 à 50 pour cent.
2. L’offre du maïs, du niébé, de l’arachide et du sésame a connu une amélioration sensible par rapport au mois précédent mais demeure inférieure à celle de l’année passée et à la normale. Le maïs représente environ 80 à 90 pour cent des céréales présentes sur les marchés.
3. Malgré la période de récolte, les prix des céréales demeurent élevés. Par rapport à la moyenne quinquennale, les hausses de prix enregistrées sont de 38 pour cent, 12 pour cent, 17 pour cent et 53 pour cent respectivement pour le maïs, le mil, le sorgho et le niébé.
4. La hausse des prix de denrées alimentaires observée depuis 2020 sur le plan national suit la même tendance que les prix mondiaux, dont l’indice mensuel a grimpé de 30 pour cent en douze mois, à cause de: (i) la progression continue du prix de l’énergie depuis 2020 ; (ii) la multiplication des aléas climatiques ; (iii) le développement des agrocarburants entrant en compétition avec les produits agroalimentaires dans l’utilisation des terres cultivables ; et (iv) les mesures de restriction liées à la COVID-19.
SONAGESS / Tidiane GUIRE
Vente en détail de céréales sur le marché de Ouargaye (Centre-Est)
SIM-SONAGESS / Ilboudo Jean
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1. SITUATION DE LA CAMPAGNE AGROPASTORALE 2021/2022
La fin de la campagne agricole 2021/2022 est peu reluisante. En plus de la situation sécuritaire qui a entraîné une réduction des superficies emblavées dans plusieurs régions, cette campagne agricole a été confrontée à plusieurs facteurs qui ont entravé son bon déroulement, faisant ainsi craindre une année très difficile sur le plan de la sécurité alimentaire.
La campagne agricole a été émaillée par des séquences sèches dans la majeure partie du pays. Elles ont engendré un retard dans le développement des cultures et dans l’exécution des opérations culturales. Les séquences sèches intervenues pendant la première moitié du mois de septembre ont eu des impacts négatifs sur les différentes cultures. Ainsi, plus de 200 000 hectares de cultures céréalières et de rente, répartis dans les régions, ont été impactés. Environ 84 pour cent de ces superficies impactées sont concentrées dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel. Les pertes de productions sont estimées à 75 500 tonnes. Les cultures les plus touchées sont le maïs, le niébé, le riz, le sorgho, l’arachide et le mil.
Au cours des mois d’août et de septembre 2021, de fortes pluviométries ont également inondé des champs dans certaines régions. Plus de 5 000 ha ont été inondés avec les régions de la Boucle du Mouhoun, le Centre-Ouest, le Sud-Ouest qui ont été les plus touchées.
Des attaques de céréales par les oiseaux granivores sur environ 3 600 hectares dans la région du Sahel ont également été signalées, compromettant ainsi les chances d’une bonne récolte pour cette année. Ces attaques ont été signalées dans toutes les communes avec des pertes de production estimées entre 40 et 80 pour cent. Plus de 50 pour cent des ménages au Sahel ont été touchés par les attaques d’oiseaux granivores.
La persistance des attaques terroristes dans certaines localités des régions du Sahel, de l’Est, du Centre-Nord, du Nord et de la Boucle du Mouhoun et dans une moindre mesure dans les Cascades ont encore occasionné des perturbations sur les activités agricoles à travers la réduction des emblavures et l’abandon de parcelles de production.
La fin difficile de la campagne agricole se reflète sur les marchés en ce mois d’octobre. Les prémices de récoltes sont présentes mais demeurent en faible quantité et à des prix toujours élevés. Sur le marché de Kaya (Centre-Nord) par exemple, la quantité de niébé sur le marché est inférieure de près de 50 pour cent à ce que l’on observait habituellement au mois d’octobre.
Face à tous ces facteurs de risques, des difficultés alimentaires précoces des ménages dans les localités affectées se profilent à l’horizon. Au niveau national, déjà 106 communes à risque d’insécurité alimentaire ont été identifiées par les évaluations conjointes du Système d’alerte précoce.
SIM-SONAGESS / Youl Adama
Champ de maïs à Nouna (Boucle du Mouhoun)
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2. OFFRE ET DEMANDE DES PRODUITS AGRICOLES
La période de soudure se termine avec des inquiétudes sur la production agricole de la campagne 2021/2022. Une perte de production estimée à 75 500 tonnes, due aux séquences sèches, combinée à l’insécurité dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Nord, de l’Est, du Nord et du Sahel et des Cascades aura probablement une répercussion négative sur l’offre des marchés.
En octobre, le fonctionnement des marchés est demeuré idem à celui du mois passé. L’approvisionnement en produit agricole (maïs, niébé, arachide) a connu une amélioration avec le début des récoltes mais l’on observe une baisse de l’offre par rapport à la normale. Les acteurs de marchés estiment cette baisse de l’offre entre 40 et 50 pour cent par rapport à ce que l’on observe habituellement au mois d’octobre. L’offre céréalière est moyenne sur les marchés des zones de production car les commerçants ne disposent que de très peu ou pas de stocks résiduels. Une grande part de l’approvisionnement est faite par les stocks producteurs. L’offre du maïs, du niébé, de l’arachide et du sésame a connu une amélioration sensible par rapport au mois précédent mais demeure inférieure à celle de l’année passée et à la normale. Le maïs représente environ 80 à 90 pour cent des céréales présentes sur les marchés car le mil et le sorgho sont toujours rares.
Les facteurs suivants pourraient expliquer cette baisse de l’offre : (i) l’épuisement des stocks paysans ; (ii) la hausse des prix des produits au niveau des zones de collecte; (iii) l’installation tardive de la pluviométrie et les séquences sèches enregistrées; (iv) les tracasseries douanières au niveau interne comme au niveau des frontières ; (v) la forte demande en maïs pour les unités de fabrication d’aliments pour volaille, les boulangeries et les brasseries; et (vi) l’accès difficile de certaines zones de production (régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Nord, du Nord et du Sahel).
L’offre céréalière est renforcée d’une part par l’importation de céréales (maïs et mil) en provenance des pays voisins (Bénin, Côte d’Ivoire et Mali) et d’autre part par le fonctionnement effectif des points de vente de céréales de la SONAGESS.
La demande en céréales reste forte avec le nombre élevé de personnes déplacées internes. La forte demande provient également des ménages hôtes, des fermes avicoles, des boulangeries, des brasseries et des institutions. Elle a connu une hausse par rapport à l’année passée à la même période malgré la présence de nouvelles récoltes. Ce qui montre une hausse du nombre de ménages dépendants des marchés par rapport à l’année passée.
3. OFFRE ET DEMANDE DU BETAIL
Sur le plan pastoral, le disponible fourrager est jugé moyen en octobre, dans la plupart des régions, excepté certaines localités des régions du Nord, du Centre-Sud, des Hauts-Bassins et de l’Est. Toutefois, l’accessibilité des animaux aux ressources pastorales est de plus en plus difficile en raison de l’obstruction des pistes d’accès et de la dégradation de la situation sécuritaire.
La majorité des marchés à bétail ont normalement fonctionné au cours du mois et ont été animés par les acteurs locaux et étrangers. Cependant, la détérioration de la situation sécuritaire dans les régions du Centre-Nord, de l’Est, du Nord et du Sahel affecte certains marchés à bétail qui demeurent fermés depuis le mois de juin. Comparativement au mois précédent, une hausse de l’offre a été observée sur les grands marchés à bétail de Djibo, de Dori, de Gorom-Gorom (Sahel) et de de Kaya (Centre-Nord). Compte tenu de la mauvaise campagne agricole dans cette zone, les éleveurs anticipent en vendant leur bétail pour acquérir des céréales, ce qui accroît l’offre sur ces marchés.
Par rapport au mois d’octobre 2020 et à la moyenne quinquennale, la tendance de l’offre est à la baisse sur la plupart des marchés. La persistance de l’insécurité a eu un fort impact sur le cheptel dans les zones pastorales. Plusieurs cas de pillages ont été signalés ainsi que des attaques de groupes armés non étatiques qui ont négativement impacté l’activité de l’élevage. En plus de cela, il a été constaté un non-retour des transhumants qui préfèrent s’installer plus au sud pour plus de sécurité.
D’une manière générale, la demande est en hausse et jugée bonne pour toutes les espèces. Les taux de vente sont de +65 pour cent, +67 pour cent et +80 pour cent respectivement pour les bovins, ovins et caprins. Cette situation pourrait s’expliquer par la vente du bétail notamment des petits ruminants pour non seulement l’achat de vivres mais aussi pour assurer la scolarisation des enfants.
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Le maïs
Le prix mensuel du maïs à la consommation a été de 223 FCFA soit une stabilité par rapport au mois précédent. Cette stabilité reflète un bas niveau des stocks commerçant et une probable baisse de production de la campagne agricole 2021/2022;
habituellement, une chute des prix du maïs était observée au cours du mois d’octobre.
Comparativement aux périodes antérieures, les prix actuels sont en hausse de 31 pour cent par rapport au mois d’octobre 2020 et de 38 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Ce sont les plus élevés de ces dix dernières années avec une croissance de la demande au cours de de ces cinq dernières années liées à plusieurs facteurs : changement d’habitudes alimentaires, développement des unités avicoles et création de nouvelles brasseries.
Graphique 2 : Évolution du prix au consommateur du maïs sur le plan national
Source : données SONAGESS 100
120 140 160 180 200 220 240
Prix (FCFA/kg)
2018 2020 2021 5ans
4. EVOLUTION DU PRIX DES CEREALES ET LEGUMINEUSES
Les prix mondiaux alimentaires n’ont jamais été aussi hauts depuis dix ans selon l’Organisation pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). En douze mois, l’indice mensuel de mesure des prix alimentaires, qui agrège les prix sur les marchés internationaux de plusieurs denrées de base (céréales, sucre, viande, produits laitiers, etc.), a grimpé de plus de 30 pour cent. Combinée aux effets économiques de la crise sanitaire, cette inflation menace particulièrement un tiers de la population mondiale, déjà en insécurité alimentaire. Plusieurs facteurs expliquent la flambée actuelle des prix à l’international : (i) la progression continue du prix de l’énergie depuis 2020 qui suit la même tendance que celle des coûts des engrais et pesticides; (ii) la multiplication des aléas climatiques dus au réchauffement (sécheresse, inondations); (iii) le développement des agrocarburants entrant en compétition avec les produits agroalimentaires dans l’utilisation des terres cultivables ; et (iv) les mesures de restriction contre la COVID-19.
Au Burkina Faso, cette même tendance à la hausse des prix de denrées alimentaire est observée depuis 2020 avec des pics en 2021, jamais atteints pour certaines céréales depuis ces dix dernières années, avec une évolution atypique des prix des céréales traditionnels. En plus des mêmes facteurs observés au niveau international, la persistance des conflits a contribué également à la flambée des prix dans plusieurs régions en proie à l’insécurité. Malgré la période de récolte, le niveau des prix des produits agricoles, principalement les céréales et les légumineuses, demeurent toujours élevés sur la majorité des marchés.
Au mois d’octobre, les moyennes du kilogramme sur les marchés de consommation sont de 223 FCFA pour le maïs, de 242 FCFA pour le mil, de 203 FCFA pour le sorgho et de 447 FCFA pour le niébé. Par rapport au mois précédent, ces moyennes sont stables par rapport à une chute des prix habituellement observée à cette période. Le prix du niébé cependant a baissé de 13 pour cent.
Comparé à l’année passée à la même période, des hausses de prix ont été enregistrées : +31 pour cent pour le maïs, +5 pour cent pour le mil, +19 pour cent pour le sorgho et +45 pour cent pour le niébé. Par rapport à la moyenne quinquennale les hausses de prix enregistrées sont de + 38 pour cent, +12 pour cent, +17 pour cent et +53 pour cent respectivement pour le maïs, le mil, le sorgho et le niébé.
120 130 140 150 160 170 180 190 200 210 220 230 240 250 260 270
Prix (FCFA/Kg)
Graphique 1: Evolution des prix des céréales au détail
maïs blanc mil local sorgho blanc
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De manière spécifique, des prix extrêmes (entre 250 et 294 FCFA le kilogramme) ont été observés sur les marchés de Diébougou, Gaoua, (Sud-Ouest), de Guelwongo (Centre-Sud) et de Dori (Sahel). Ces niveaux élevés des prix sont la résultante de la faiblesse des stocks commerçants, de l’effet de l’activité de l’orpaillage, mais aussi de l’effet du Cedi ghanéen dans les transactions (marché de Guelwongo et de Pô).
Carte 1 : Niveau des prix du maïs
De même, de fortes variations quinquennales sont comprises entre +50 pour cent et +74 pour cent. Elles ont été enregistrées sur les marchés de Hamélé (Sud-Ouest), de Douna (Cascades), de Hounde (Hauts-Bassins) de Guelwongo et Po (Centre-Sud).
Carte 2 : Variations quinquennales du prix du maïs
Le mil
Le prix moyen du mil a été de 242 FCFA le kilogramme sur les marchés de détail avec un prix au producteur toujours élevé de 228 FCFA. Par rapport au mois précédent, une légère hausse de 2 pour cent a été enregistrée en moyenne. Ce qui dénote la faiblesse des stocks au niveau commerçant et producteur car la récolte du mil n’était pas encore effective.
Par rapport au mois d’octobre 2020, une légère hausse de 2 pour cent a été calculée. Et par rapport à la moyenne quinquennale, la hausse obtenue a été de 12 pour cent. Il faut souligner que le prix moyen actuel vient de dépasser celui d’octobre 2018 de 5 pour cent. Les glissements annuel et quinquennal ont ressorti respectivement des hausses de prix de 5 pour cent et de 12 pour cent.
Graphique 3 : Évolution des prix au consommateur du mil sur le plan national
Source : données SONAGESS
Les prix du mil les plus hauts ont été enregistrés sur les marchés des provinces du Kadiogo (Centre), de la Léraba (Cascades), du Nahouri (Centre-Sud), du Yatenga (Nord), de l’Oudalan et du Yagha (Sahel). Ces prix sont compris entre 260 et 300 FCFA le kilogramme. Quant aux prix les moins élevés, ils ont été localisés sur les marchés des provinces du Banwa (Boucle du Mouhoun), du Ganzourgou (Plateau Central), du Houet (Hauts-Bassins) et de la Tapoa (Est)
Carte 3 : Niveau des prix du mil
Les variations quinquennales extrêmes ont été calculées et se situent entre +60 pour cent et +80 pour cent. Elles ont été enregistrées sur les marchés de Banfora (Cascades), de Batié (Sud-Ouest), de Gayéri et Haaba (Est).
140 160 180 200 220 240 260 280
Prix (FCFA/Kg)
2018 2020 2021 5ans
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Carte 4 : Variations quinquennales du mil
Le sorgho
Le prix au consommateur du sorgho au cours de ce mois d’octobre a connu également une évolution atypique.
Habituellement en chute à cette période, il est demeuré stable sur la période avec un prix moyen national de 201 FCFA le kilogramme. Cette évolution traduit une faiblesse des stocks commerçants et ceux des ménages qui sont quasi nuls où en reconstitution avec la période de récolte.
Comparativement aux périodes antérieurs les variations sont de +19 pour cent par rapport au même mois de l’année 2020 et de +17 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale.
Graphique 4 : Évolution du prix moyen au détail du sorgho sur le plan national
Source : données SONAGESS
Au-delà de la moyenne nationale, des prix extrêmes compris entre 250 FCFA et 350 FCFA le kilogramme ont été collectés dans les régions de Centre-Nord (machés de Kongoussi et de Yalgo), du Centre-Sud (marchés de Guelwongo et de Po), de l’Est (marché de Haaba), du Sud-Ouest (marché de Batié) et du Sahel (marché de Gorom-Gorom). Ces régions sont sujettes à l’insécurité, à la pratique de l’orpaillage ou à l’influence du Cedi ghanéen.
140 150 160 170 180 190 200 210 220
Prix (FCFA/Kg)
2018 2020 2021 5ans
Carte 5 : Niveau des prix du sorgho
Des variations quinquennales supérieures à +50 pour cent ont été enregistrées sur les marchés de Solenzo (Boucle du Mouhoun), de Haaba (Est) et Guelwongo (Centre-Sud). Ces fortes variations pourraient s’expliquer par les prix bas habituellement pratiqués sur ces marchés car étant dans des zones de production.
Carte 6 : Variations quinquennales du sorgho
Le niébé
Une amélioration de la disponibilité de niébé a été observée sur les marchés au cours de ce mois avec la présence des nouvelles récoltes. Cependant l’offre demeure inférieure à ce que l’on observe d’habitude. Selon les acteurs de marché, l’offre est en baisse de 30 à 50 pour cent à cause de l’insécurité qui a fortement entravé la production dans les régions productrices que sont le Centre-Nord, le Nord et le Sahel, dont les productions représentent près de 35 pour cent de la production nationale. A l’insécurité s’ajoutent les aléas climatiques (inondations et séquence sèches) qui n’ont pas permis un bon déroulement de la campagne de production au plan national.
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5. EVOLUTION DU PRIX DU BETAIL ET DES TERMES DE L’ECHANGE
Les prix des animaux ont globalement connu une baisse sur les marchés à bétail. Dans les régions à vocation pastorale, le bouc sahélien s’est négocié à 43 500 FCFA en moyenne au Centre-Nord, à 30 000 FCFA à l’Est, à 32 500 FCFA au Nord et à 45 000 FCFA au Sahel. Ces prix moyens donnent des baisses de 7 pour cent et 14 pour cent par rapport au mois précédent contre des hausses de 15 à 21 pour cent par rapport à l’année passée à la même période.
Pour les ovins, les prix moyens ont été de 85 000 FCFA pour le Centre-Nord, de 60 000 FCFA pour l’Est, de 90 000 FCFA pour le Nord et de 70 000 FCFA pour le Sahel. Ces prix sont en baisse de 5 à 10 pour cent selon la région par rapport au mois précédent et en hausse de 8 à 15 pour cent par rapport à octobre 2020.
Les bovins ont connu un niveau de prix moyen de 345 000 FCFA dans le Centre-Nord, de 341 000 FCFA dans l’Est, de 375 000 FCFA dans le Nord et de 350 000 FCFA au Sahel.
Les variations issues de ces prix sont comprises entre -1 et -8 pour cent par rapport au mois écoulé et entre +3 et +5 pour cent par rapport à l’année passée.
La baisse des prix par rapport au mois passé pourrait s’expliquer par une légère hausse de l’offre sur les marchés. A cette période de récolte, certains éleveurs vendent leurs animaux et anticipent leurs achats de céréales. De plus, la vente d’animaux répond au besoin de revenus pour la scolarisation des enfants.
Graphique 7 : Evolution du prix du bouc sahélien
Source : données SIM-Bétail 10,000
15,000 20,000 25,000 30,000 35,000 40,000 45,000 50,000 55,000
May-21 Jun-21 Jul-21 Aug-21 Sep-21 Oct-21
Prix (FCFA)
Centre-Nord Est Nord Sahel
Le riz local décortiqué
Avec un prix moyen national de 347 FCFA le kilogramme, le riz décortiqué s’est maintenu stable par rapport au mois précédent. De légères hausses de 5 pour cent et de 7 pour cent ont été respectivement enregistrées par rapport à l’année dernière et à la moyenne quinquennale.
Les niveaux de prix les plus haut sont enregistrés sur les marchés de Dori (Sahel), de Gassan (Boucle du Mouhoun), Guelwongo (Centre-Sud), de Réo (Centre-Ouest), et Yalgo (Centre-Nord) avec un niveau compris entre 380 et 422 FCFA le kilogramme.
Graphique 6 : Évolution des prix moyens au consommateur du riz local décortiqué sur le plan national
Source : données SONAGESS 290
300 310 320 330 340 350 360
Prix (FCFA/Kg)
2018 2020 2021 5ans
Malgré la tendance à la baisse des prix par rapport au mois passé, le niveau des prix est toujours élevé. La moyenne mensuelle est de 447 FCFA le kilogramme pour le prix au consommateur. Ce qui donne une baisse de 13 pour cent par rapport à septembre 2021. Cependant, par rapport au mois d’octobre 2020 et à la moyenne quinquennale, de fortes variations à la hausse ont été enregistrées à savoir +45 pour cent et +53 pour cent respectivement.
Graphique 5 : Évolution des prix moyens au consommateur du niébé sur le plan national
Source : données SONAGESS
Des niveaux de prix élevés (compris en 500 et 660 FCFA le kilogramme) ont été relevés sur des marchés des régions du Centre (Sankaryaré et Gounghin), du Centre-Nord (Yalgo), du Centre-Sud (Guelwongo et Pô), de l’Est (Gayéri, Haaba), du Sahel (Dori) et du Sud-Ouest (Batié et Gaoua).
260 280 300 320 340 360 380 400 420 440 460 480 500 520 540
Prix (FCFA/Kg)
2018 2020 2021 5ans
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Les termes de l’échange bétail/céréale indiquent un avantage pour les pasteurs. La vente d’un animal permet d’acquérir au moins un sac de 100 kg de céréale de base.
Avec le niveau élevé des prix des céréales, les termes de l’échanges sont en détérioration par rapport à la normale à la même période.
L’accès limité aux grands marchés réduit considérablement l’avantage de ces termes d’échange aux ménages vulnérables. De plus, ces derniers ne possèdent plus ou très peu d’animaux pour la vente.
Graphique 10 : Termes de l’échange bouc/céréale
Source : données SONAGESS/SIM-Bétail 0.00
0.20 0.40 0.60 0.80 1.00 1.20 1.40 1.60 1.80 2.00
Nombre de sac de céréales acquis pour un bouc vendu
Pour plus d’information, vous pouvez contacter :
PAM : Outman Badaoui : Chef de l’unité RAM – [email protected] SONAGESS : Bénédicte Pémou : Chef Service SIM – [email protected]
6. PERSPECTIVES SUR LA SITUATION DES MARCHES AGRICOLES
➢ La campagne agricole 2021/2022 a été confrontée à plusieurs facteurs de risque tels que les poches de sècheresses, les inondations, les attaques d’oiseaux granivores ainsi que les pertes de superficies cultivées à la suite de l’insécurité et l’inaccessibilité de certaines forêts, limitant le recours aux Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) - ce qui aura pour conséquence une baisse probable de productivité agricole pastorale dans plusieurs localités.
➢ L’offre en céréales et autres produits agricoles va s’améliorer avec la poursuite des récoltes au cours du mois prochain.
Cependant cette offre sera inférieure à la moyenne observée avec les facteurs de risques enregistrées au cours de la campagne agricole dans plusieurs régions. Le spectre d’une difficulté alimentaire précoce plane sur ces régions.
➢ Avec l’amélioration de l’offre céréalière au cours des prochains mois, des baisses de prix seront probablement observées.
Ces baisses pourraient ne pas être significatives du fait que les producteurs vont privilégier la commercialisation des produits rente (sésame, niébé, arachide) avant celles des céréales qui seront toujours en séchage. Les prix demeureront toujours au-dessus de ceux la moyenne quinquennale. Dans la partie septentrionale du pays, ces baisses seront de faibles amplitudes et de courte durée au regard de la campagne agricole difficile qui s’est déroulée.
Graphique 8 : Evolution du prix du bélier sahélien
Source : données SIM-Bétail
Graphique 9 : Evolution du prix du taureau
Source : données SIM-Bétail 20000
30000 40000 50000 60000 70000 80000 90000 100000
May-21 Jun-21 Jul-21 Aug-21 Sep-21 Oct-21
Prix (FCFA)
Centre-Nord Est Nord Sahel
300000 320000 340000 360000 380000 400000 420000
May-21 Jun-21 Jul-21 Aug-21 Sep-21 Oct-21
Prix (FCFA)
Centre-Nord Est Nord Sahel