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Academic year: 2022

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L’ A D D I C T I O N A U X S M A R T P H O N E S

B R I A N D S I D N E Y

histoire des arts numériques

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A

ujourd’hui, nous vivons dans un monde de surconsommation de l’information, ou la communication est un élément clef de notre mode de vie, tant sur le plan personnel, que professionnel.

Le smartphone, qui au fil du temps est devenu un objet faisant partie intégrante de notre quotidien, voire de nous-même, est l’élément qui nous permet de rester connecté au reste du monde, et d’avoir accès à l’information et au service. Son arrivé dans notre quotidien a incontestablement changé nos vies. Il nous permet de tout faire, à tout instant, et n’importe où. Mais cette accélération produit des effets pervers et nous sommes de plus en plus pressés. Toutes les applications sur nos smartphones sont censées faciliter notre quotidien.

Mais nous devenons moins patient, nous voulons que tout soit toujours plus rapide, plus instantané.

Et cette impatience, nous emprisonne dans une bulle virtuelle. Nous ne voulons rien manquer.

Les notifications des smartphones par exemple, nous empêchent de nous concentrer sur la vie réelle et nous poussent à être scotchés sur notre écran, à surveiller la moindre réaction de l’objet pour être tenu informé. Lorsque la notification se déclenche, une certaine impatience, un léger stress ou toute autre émotion que l’on ne devrait pas ressentir en entendant un simple son se manifeste. C’est ici, que débute l’impact psychologique qu’a le smartphone sur l’être humain, ainsi que ses réactions en chaîne.

C’est le début de l’addiction.

Dans cet article, nous allons nous intéresser à la question de cette addiction, et plus précisément à l’impact psychologique que peut avoir l’utilisation du smartphone sur l’utilisateur :

Comment pouvons-nous être autant absorbé, et vampirisé par un simple objet de là à préférer la vie virtuelle, à la vie réelle ? Pourquoi le smartphone devient-il dominant sur son utilisateur alors que son but premier est de lui rendre service ? Comment est-ce que nous, utilisateur, qui avons conscience de notre dépendance, se laisse-t-on manipuler par cet objet ?

L’ADDICTION AUX SMARTPHONES

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e nombreux artistes vont revendiquer ce phénomène en se servant de l’art, afin de souligner et mettre à nu celui-ci :

Le travail du photographe Eric Pickersgill, illustre parfaitement ce phénomène d’addiction. En utilisant l’art de la photographie comme medium, il pointe du doigt l’addiction aux smartphones notamment dans son projet « Removed ».

Eric P. a été inspiré pendant qu’il était dans un café à New York, en observant une famille qui était assis à côté de lui.

Il explique : «Ils parlent à peine. Le père et ses deux filles ont sorti leurs smartphones. La mère n’en a pas. Elle regarde par la fenêtre, triste et seule malgré la compagnie de sa famille ». Depuis, il demande à des inconnus ou à des amis de ne pas bouger, il retire leurs smartphone, et les prend en photo. Le résultat est troublant.

Par le biais de ce projet, l’artiste révèle la réalité du danger social de l’addiction aux smartphones, et de la visualiser.

Il montre la capacité de l’objet à parasiter les relations que l’utilisateur a avec son entourage (famille, amis, etc.), et il met aussi en lumière la bulle dans laquelle s’enferme l’utilisateur pour être dans son monde virtuel.

Les clichés montrent bien que cet objet qui a pour but premier de nous connecter à d’autre individu, nous déconnecte finalement de la réalité, et plus encore des individus qui nous sont proches.

Cette notion de déconnexion, est ressentie par le spectateur, par la visualisation des visages des utilisateurs sur les clichés, et par leurs positions, et leurs inexpressions.

Chaque photographies ont été prises dans des contextes émotifs. Un couple dans un lit, une famille au restaurant, ce sont des moments ou les individus sont censés profiter de l’instant de la réalité pour interagir, communiquer. En retirant les smartphones, l’artiste met en avant l’absurdité de l’utilisation du smartphone lors de ces instants.

L’ADDICTION AUX SMARTPHONES

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ais jusqu’où pourrait aller l’addiction du smartphone ? La bulle dans lequel s’enferme l’utilisateur lors de l’usage de celui-ci l’isole de l’environnement qui l’entoure, mais aussi des actions qui se passe autour de lui.

Absorbé par les fonctionnalités, l’usager n’interagi plus avec le monde extérieur, au point de pouvoir manquer des actions de la vie réelle.

Cette inattention peut alors devenir dangereuse, pour l’utilisateur mais aussi pour le monde extérieur, selon le contexte dans lequel il s’inscrit.

Prenons par exemple une personne utilisant son smartphone en marchant dans la rue. Déconnecter du monde extérieur, son inattention pourrait le faire traverser au feu rouge.

Ces contextes sont bien réels, et des accidents similaires ce sont déjà produit à multiple reprise.

L’addiction n’étant pas la cause principale de ce genre d’accident, il pourrait néanmoins l’accentuer.

L’ADDICTION AUX SMARTPHONES

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L’ADDICTION AUX SMARTPHONES

L

’artiste chanteur et DJ américain Moby, fait lui aussi parti des artistes critiquant l’addiction aux smartphones ainsi que son impact sur les rapports sociaux. Sur sa composition « Are you lost in the world like me ?» avec la collaboration de Steve Cutts (pour la réalisation du clip), il pointe violemment du doigt ce phénomène en poussant cette addiction à sa puissance maximal.

En effet, dans leurs clip réalisé entièrement en noir et blanc, une animation inspirée des dessins animés des années 1920, ils mettent en scène un petit bonhomme effaré devant le comportement de ses congénères, les yeux constamment rivés sur leur téléphone, oubliant jusqu’à leur humanité, préférant filmer une agression plutôt que de venir en aide à la victime.

De nombreux détails de la vidéo font références à des effets de modes actuels, tels que la prise de selfie, les clichés de repas que l’on poste sur Instagram, la possibilité de choisir un partenaire sur les sites de rencontres, etc. Dans le premier cas (selfie), l’artiste se met dans la position de l’addict, où l’environnement de celui-ci est en nuance de gris, tandis que l’écran du smartphone est en couleur.

Moby et Steve Cutts évoquent eux aussi que la réalité de l’addict se trouve dans son smartphone et non pas dans son environnement. Plus tard dans la vidéo, des éléments mis en couleurs font références au monde virtuel, tel qu’un Pikachu rayonnant dans un environnement noir et blanc, ou encore un prince et une princesse Disney mis en noir et blanc, les yeux rivés sur leurs smartphones alors qu’ils vivent dans un monde en couleurs.

La réalisation souligne également des faits beaucoup plus grave et tragique, comme l’ignorance des passagers plongés dans leurs smartphones face à une agression dans le métro, ou encore l’humiliation d’une personne affichée sur les réseaux sociaux pouvant mener au suicide. La fin du clip se termine par l’humanité tout entière en noir et blanc, marchant dans un désert mis en couleurs, vers un précipice sans fond dans lequel ils finissent par tomber sans en avoir conscience.

Moby et Steeve C. mettent également en lumière les dangers du smartphone, mais cette fois en poussant la forme d’addiction à son apogée, dans le but de choquer le spectateur, mais aussi de le faire réfléchir, de nous faire réfléchir, afin de nous pousser à vaincre ce phénomène.

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L’ADDICTION AUX SMARTPHONES

L

’addiction aux smartphones est donc quelque chose de réelle, et des artistes comme cités plus haut, utilisent leurs arts pour nous informer de leurs danger, et prévenir de notre faiblesse à devenir trop facilement le dominé de ces objets.

Bien que notre société nous pousse à l’utiliser toujours plus souvent, et qu’il nous accompagne dans notre vie quotidienne tant sur le plan personnel que professionnel, le smartphone est avant tout un outil, il faut donc l’utiliser en tant que tel.

Même si techniquement il le permet, l’idéal serait qu’il ne se substitue pas à un bouquin par exemple, à une soirée entre amis, à des rencontres physiques et non virtuelles. Sans compter que se détacher un peu de cette technologie permet à l’esprit de se réapproprier son environnement, de penser, de réfléchir, et surtout de vivre.

A

ujourd’hui, cette forme d’addiction commence à être reconnue dans le monde, et des sociétés tentent d’imaginer des solutions afin d’aider les utilisateurs qui le souhaite, à se libérer de cette prison virtuel dans lequel il s’enferme.

Le faux smartphone de la société américaine « nophone », propose un objet de la même forme et du même poids que celui-ci, sans aucune connexion internet, ni même d’écran.

Cet objet a été conçu dans le but que l’utilisateur ressente la sensation d’avoir un smartphone sur lui, tout en l’obligeant à ne pas pouvoir l’utiliser. Cette forme de traitement contre la dépendance, à la fois innovante et originale a déjà séduit de nombreux addicts.

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