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1. Cours 8: Applications linéaires.

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Academic year: 2022

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(1)

1. Cours 8: Applications linéaires.

1.1. Applications linéaires

Dé…nition:Soient E et F deux K-espaces vectoriels. Une applicationf :E !F est dite linéaire, si

8 ; 2K;8x; y 2E: f( x+ y) = f(x) + f(y)

*Une application linéaire bijective est appelée isomorphisme.

*Une application linéaire de E dans E est appelée endomorphisme de E:

*Un endomomorphisme bijectif est appelé automorphisme.

Exemples:

1) L’application f :R3 !R2 dé…nie par f(x; y; z) = (2x+ 3y z; x+z) est une application linéaire. En e¤et:

Soit ; 2Ret soit (x1; y1; z1);(x2; y2; z2)2R3, on a:

f( (x1; y1; z1) + (x2; y2; z2)) =f( x1+ x2; y1+ y2; z1+ z2)

= (2 ( x1 + x2) + 3 ( y1+ y2) ( z1+ z2);( x1+ x2) + ( z1 + z2))

= ( (2x1 + 3y1 z1) + (2x2+ 3y2 z2); (x1+z1) + (x2+z2))

= (2x1+ 3y1 z1; x1+z1) + (2x2+ 3y2 z2; x2+z2)

= f(x1; y1; z1) + f(x2; y2; z2)

*f n’est pas un isomorphisme d’espaces vectoriels (f n’est pas injective)

2) L’applicationg : C! C telle que g(z) = z n’est pas une application linéaire, si on considère C commeC-espace vectoriel. En e¤et:

Soit z; z0 2C et soit ; 2C on a: g( z+ z0) = z+ z0 = g(z) + g(z0) Prenonsz = 2; z0 =i et prenons = 1 +i; = 2i; on a:

g( z+ z0) =g((1 +i):2 + 2i(i)) = 2i:

g(z) + g(z0) = (1 +i):2 + 2i( i) = 4 + 2i6=g( z+ z0):

Mais si on considèreC comme R-espace vectoriel, les scalaires ; seront choisis deR; alors = et = , donc dans ce casg devient une application linéaire.

* g est un endomorphisme et puisque elle est bijective c’est un automorphisme.

3) La dérivation des polynômesD:K[X]!K[X]qui associe à chaque polynôme P son polynôme dérivé P0 (Voir cours 6) est une application linéaire. En e¤et:

Soit ; 2K et soitP; Q2K[X]; on a:

(D( P + Q) = ( P + Q)0 = P0 + Q0 = D(P) + D(Q)).

(2)

Remarque: Si f est une application linéaire alors 8 1; 2; :::; n2K;8a1; a2; :::; an 2K;

f( 1a1+ 2a2+:::+ nan) = 1f(a1) + 2f(a2) +:::+ nf(an)

Théorème:Soient E et F deux K-espaces vectoriels et f :E !F une applica- tion linéaire. Alors:

1) f(0E) = 0F

2) 8 x2E : f( x) = f(x)

3) Imf =f(E) est un sous espace vectoriel de F:

4) kerf =f 1f0Fg est un sous espace vectoriel de E:

5) f est surjective , Imf =F 6) f est injective , kerf =f0Eg

On rappelle queImf =f(E) =ff(x) = x2Egetkerf =f 1f0Fg=fx2E = f(x) = 0Fg Preuve:

1) On a: f(0E) = f(0E) + 0F =f(0E) +f(0E) f(0E)

=f(0E + 0E) f(0E) = f(0E) f(0E) = 0F 2) Soitx2E; on a:

f( x) +f(x) =f( x+x) = f(0E) = 0F, alors f( x) = f(x): 3) D’après 1), on a f(0E) = 0F, alors 0F 2Imf:

Soit ; 2K et soity; y0 2Imf , alors 9x; x0 2E; y =f(x)et y0 =f(x0): On a y+ y0 = f(x) + f(x0) =f( x+ x0)2Imf;

Alors,Imf est un sous espace vectoriel de F:

4) D’après 1), on a f(0E) = 0F, alors 0E 2kerf Soit ; 2K et soitx; x0 2kerf.

On af( x+ x0) = f(x0) + f(x0) = 0F + 0F = 0F; d’où x+ x0 2kerf;

alors,kerf est un sous espace vectoriel de E:

5) On a: f est surjective , 8y2F;9x2E :y =f(x) , 8y2F; y 2Imf

, F Imf

, F = Imf car il est clair que Imf F 6) Supposons quef est injectif, alors:

kerf =fx2E=f (x) = 0Fg=fx2E = f(x) =f(0E)g=f0Eg: Inversement , supposonskerf =f0Eg; et soitx; x0 2E:

(3)

f(x) = f(x0) )f(x) f(x0) = 0F

)f(x x0) = 0F )x x0 2kerf )x x0 = 0E

)x=x0 Alors f est injetive.

Exemples:

1) Soit l’application linéairef :R3 !R2dé…nie parf(x; y; z) = (2x+ 3y z; x+z): kerf =f(x; y; z)2R3 = (2x+ 3y z; x+z) = 0R2g:

On a 2x+ 3y z = 0

x+z = 0 ,

8<

:

y= x z= x x2R

kerf =f(x; y; z)2R3=z =y = xg, alors f n’est pas injective, car kerf 6=f0R3g Imf =ff(x; y; z)=(x; y; z)2R3g=f(2x+ 3y z; x+z)=(x; y; z)2R3g

=fx(2;1) +y(3;0) +z( 1;1) = x; y; z2Rg

AlorsImfest le sous espace vectriel deR2engendré par la partieG=f(2;1);(3;0);( 1;1)g qui n’est pas libre (sinondimR(Imf) = 3ce qui est impossible car dimR(Imf) dimRR2 = 2).

La partieG contient une base et comme la partieG1 =f(2;1);(3;0)gest libre, il existe une base A de Imf telle que G1 A G ce qui implque que G1 =A et dimR(Imf) = 2 d’où Imf =R2 et par conséquentf est surjective.

1.2. Applications linéaires et dimensions

Théorème: Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dimensions …nies et f :E !F une application linéaire. Alors:

dimKE = dimK(kerf) + dimK(Imf): Preuve: kerf est un sous espace de dimension …nie de E.

Posons k = dimK(kerf) et soit fe1; e2; :::; ekg une base de kerf qu’on complète en base deE: Soit fe1; e2; :::; ek; ek+1; :::; eng;où n= dimKE:

Montrons queff(ek+1); :::; f(en)gest une base de Imf:

Soit k+1; :::; n 2K ,

k+1f(ek+1) +:::+ nf(en) = 0 )f( k+1ek+1+:::+ nen) = 0 ) k+1ek+1+:::+ nen 2kerf

) 9 1; :::; k 2K : k+1ek+1+:::+ nen= 1e1+:::+ kek ) 1e1 ::: kek+ k+1ek+1+:::+ nen= 0

) 1 =:::= k = k+1 =:::= n= 0

(4)

Par conséquentff(ek+1); :::; f(en)gest une partie libre de Imf:

Soit y2Imf; alors 9x2E :y=f(x); x2E.

Or9x1; :::; xk; xk+1; :::; xn2K :x=x1e1+:::+xkek+xk+1ek+1+:::+xnen, d’où y =f(x1e1+:::+xkek+xk+1ek+1+:::+xnen):

=x1f(e1) +:::+xkf(ek) +xk+1f(ek+1) +:::+xnf(en)

=xk+1f(ek+1) +:::+xnf(en)car fe1; e2; :::; ekg kerf Par conséquentff(ek+1); :::; f(en)gest une partie génératrice de Imf:

En conclusionff(ek+1); :::; f(en)g est une base deImf; etdimK(Imf) =n k;

ainsi n= dimKE = dimK(Imf) +k = dimK(Imf) + dimK(kerf) Remarque: Le théorème est vrai même en dimension in…nie.

Exemples:

1) Soit l’application linéaireg :R3 !R4dé…nie parg(a; b; c) = (b; a b; b c; a+ 2c) kerg =f(a; b; c)2R3 = (b; a b; b c; a+ 2c) = (0;0;0;0)g;

On a 8>

><

>>

: b= 0 a b= 0 b c= 0 a+ 2c= 0

, 8>

><

>>

: b= 0 a= 0 c= 0 a= 0

Donckerg =f(0;0;0)g, alors g est injective.

On a3 = dimRR3 = dimR(Img) + dimR(kerg) = dimR(Img); alors Img 6= R4; cardimR4 = 4: Par conséquent g n’est pas surjective.

Corollaire: Si E et F sont deux K-espaces vectoriels de dimensions …nies et f :E !F une application linéaire. Alors:

1) dimK(Imf) = dimKE , f est injective:

2) dimK(kerf) = dimKE dimKF , f est surjective:

Corollaire: Si E et F sont deux K-espaces vectoriels de dimensions …nies.

Alors:

1) dimKE = dimKF , E est isomorphe à F:

2) dimKE =n , E est isomorphe à Kn:

Rang d’une application linéaire: Le rang d’une application linéaire f noté rg f est la dimension de son image. C.à.d: rg f = dimK(Imf).

Remarques: En dimension …nie, on a:

1)rg f = dimK(E) dimK(kerf), où E est l’espace de départ def:

2)f est surjective , rg f = dimK(F);où F est l’espace d’arrivée de f:

(5)

Exemples:

1)Soit l’applicationh: R3[X]!R3[X] dé…nie par h(P) = (X2+X+ 4)P00, où R3[X] est l’espace des polynômes à coe¢ cients dans R de degré au plus 3 et P00 le polynôme dérivé du polynôme dérivé deP (voir cours 6 )

Montrons queh est un endomorphisme et calculons son rang.

1) Soient ; 2R; etP1; P2 2R3[X]:

h( P1 + P2) = (X2+X+ 4) ( P1+ P2)00

= (X2+X+ 4)P100+ (X2+X+ 4)P200 = h(P1) + h(P2) Alorsh est une application linéaire.

SiP 2R3[X]; alors P =a0+a1X+a2X2+a3X3 aveca0; a1; a2; a3 2R. h(P) = (X2+X+ 4) (2a2+ 6a3X)

= (6a3)X3+ (2a2+ 6a3)X2+ (2a2+ 24a3)X+ 8a2 h(P)2 R3[X];donc h est un endomorphisme.

kerh=fP 2R3[X] = h(P) = 0g et si P =a0+a1X+a2X2+a3X3 On ah(P) = 0 ,

8>

><

>>

:

6a3 = 0 2a2+ 6a3 = 0 2a2+ 24a3 = 0 8a2 = 0

, a3 = 0 a2 = 0

kerh=fP =a0+a1X = a0; a1 2Rgqui admetf1; Xgcomme base, donc dimR(kerh) = 2 et commef1; X; X2; X3g est une base de R3[X];alors dimR(R3[X]) = 4:

En …n rg h= dimR(R3[X]) dimR(kerf) = 4 2 = 2 , et par suite h n’est pas surjective.

Théorème:Soient f :E !F et g :F !G deux applications linéaires.

Alors: g f :E !G est une application linéaire.

Preuve: Soit ; 2K et soitx; x0 2E; on a:

g f( x+ x0) =g( f(x) + f(x0)) = g(f(x)) + g(f(x0)) = g f(x) + g f(x0): Théorème:Soit f :E !F une application linéaire bijective.

Alors: f 1 :F !E est une application linéaire.

Preuve: Soit ; 2K et soity; y0 2F;

Commef est surjective, alors 9x; x0 2E; y =f(x) et y0 =f(x0): On peut écrire doncx=f 1(y) et x0 =f 1(y0):

On a: f 1( y+ y0) =f 1( f(x) + f(x0))

=f 1(f( x+ x0))

= x+ x0 carz =f(t),t=f 1(z)

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