Snes Copsy Info Rapide Snes Copsy Info RapideSnes Copsy Info Rapide Snes Copsy Info Rapide DECEMBRE
DECEMBRE DECEMBRE
DECEMBRE 2009200920092009
N° N°
N° N° 5555
POUR DE VERITABLES NEGOCIATIONS
Groupe de travail ministériel : Sujets tabous ?
Le deuxième groupe de travail ministériel sur les missions des co-psy s’est tenu le 2 Décembre.
Le Snes a posé d’emblée, la question du périmètre de discussions de ce groupe. En effet, les décrets d’application de la loi sont en préparation ,les expérimentations confirment tous les jours nos craintes sur l’externalisation, les textes concernant la réforme du lycée prévoient d’introduire dans l’accompagnement personnalisé « une aide à l’orientation » assurée par les enseignants et crée une fonction de tuteur, pouvant être assurée par des enseignants, des CPE ou des documentalistes volontaires et destinée à aider les élèves dans « la construction de leur parcours de formation et d’orientation ». De plus, nous avons interrogé nos interlocuteurs sur ce qu’il fallait conclure des propos du Ministre, lors d’un chat sur lemonde.fr , précisant le rôle du tuteur et indiquant que les
« conseillers d’orientation » avaient eux vocation à répondre sur les plateformes !
M Lugnier a répondu que les décrets d’application n’étaient pas encore écrits et que la procédure de concertation suivrait son cours habituel. Il a souligné que le Ministre prenait la question de l’orientation au sérieux puisqu’il avait mis en place ce groupe de travail et qu’il attendait une convergence et une conjugaison des actions et non un transfert de compétences. Il serait contradictoire, selon lui, de faire entrer les organismes extérieurs dans l’Ecole et d’en faire sortir les Co-psy. Mais c’est malheureusement ce qui se produit de plus en plus dans les établissements ! Il a confirmé la nomination d’un IG , J P Bellier, missionné sur la mise en application de la circulaire contre le décrochage . Il a rappelé que le groupe s’était donné jusqu’au mois de Juin pour conduire ses travaux.
Pourtant la suite de la discussion ne s’est pas engagée sur de bonnes bases. Alors que celle-ci devait porter sur un état des lieux, il n’a pas été possible de faire prendre en compte toutes les conditions qui rendaient notre travail de plus en plus difficile
• La réduction drastique des recrutements qui asphyxie année après année le service et l’absence totale de valorisation de nos activités et du réseau des CIO par le Ministère.
• La superposition des dispositifs ( Expérimentations Hirsch, Plan espoir Banlieue, programmes de réussite éducative Borloo, politique de la ville..) qui, en favorisant l’entrée de différents intervenants, brouillent les champs de compétence et obligent les collègues à se battre quotidiennement sur le terrain pour faire respecter, leur qualification et leur place institutionnelle
• La déréglementation progressive du cadre national qui, sous couvert de « parcours personnalisé » n’offre parfois plus les mêmes droits aux élèves ou en affiche sans qu’ils soient
effectifs (cf changements de voie d’orientation au lycée prévus dans la réforme). Les co-psy se retrouvant ainsi contraints de tenter de rendre compatibles des décisions incompatibles
• L’offre de formation très inégalitaire sur l’ensemble des territoires qui pénalise certains élèves, et une procédure d’affectation qui comprend de plus en plus d’évaluations comportementales, censées contrebalancer les résultats scolaires
Aux dires de nos interlocuteurs, tout ceci serait éloigné du sujet et ne relèverait pas des attributions du groupe !
Lorsque le Snes a proposé de partir des besoins des élèves et des étudiants et de voir, précisément et concrètement, tout ce qui était nécessaire à une scolarité et une orientation réussies, au collège, au lycée, à l’université, cela n’a pas été retenu par nos interlocuteurs.
Par contre, il nous a été rappelé que nous devions nous situer dans le cadre de la résolution européenne qui instaure l’acquisition d’une « compétence à s’orienter » via le socle (piliers 6 et 7 ) et dont la maîtrise sera attestée par le livret de compétence. Il nous a été demandé ce que nous comptions faire dans le cadre du PDMF, du service dématérialisé instauré par la loi, du développement de l’orientation active .
Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que la résolution européenne constitue un point d’appui positif pour la profession. Le droit au conseil pour tous les élèves existait déjà dans le code de l’éducation. Rappelons simplement que les recommandations du CEDEFOP sont exactement celles dont nous dénonçons la mise en application aujourd’hui ; la mise en place d’un service dématérialisé
‘plateforme multimédia pour tous publics), le regroupement des différentes structures d’aide à l’orientation en des lieux uniques, la création de portfolio de compétences (web classeur) et d’un livret de compétences, l’externalisation même partielle des services d’orientation scolaire. 1
Ce n’est pas avec des plateformes téléphoniques que l’on amènera 80% d’une classe d’âge au Bac ! Le PDMF est l’instrument du livret de compétence. Il est prévu de confier aux enseignants outre la connaissance des métiers et des formations, le travail sur l’accès à l’autonomie et son évaluation. Le Snes dénonce cette dérive et demande que le pilier 7 soit revu afin que les critères d’évaluation ne portent pas sur des traits de personnalité. (cf document sur l’analyse du socle commun et du PDMF sur le site) Il est nécessaire que l’intervention des enseignants soit bien délimitée et articulée avec celle des copsy, dont la professionnalité de psychologue doit être effectivement reconnue dans tous ses aspects
Le thème annoncé par le Men pour le prochain groupe concerne le rôle du co-psy dans l’établissement scolaire. Il nous a été demandé de montrer ce qui en faisait la spécificité par rapport à un enseignant ou à un CPE . Une sorte de justification de notre qualification de psychologue en quelque sorte ! Le Snes ne s’est jamais dérobé à la discussion mais elle doit s’inscrire dans le cadre défini au départ : le statut et l’article 2 . Des évolutions sont nécessaires mais elles ne peuvent consister à rogner sur certaines missions, (entendez l’observation continue et la contribution à la
11Le dernier rapport de l’EFT de 2009 (european training foundation), indique bien que la perspective de l’orientation tout au long de la vie s’accompagne d’un changement de paradigme qui vise à passer d’une approche psychologique à une approche
pédagogique, d’aides externes à l’acquisition d’habiletés personnelles, d’une guidance individuelle à une approche collective en direction des groupes.’ (pages 8 et 9)
réussite scolaire) qualifiées de « contributives » selon l’administration, au profit de mesures dont la pertinence reste encore à démontrer comme les nouvelles mesures pour le lycée, la présence de nouveaux partenaires dans les établissements, le service dématérialisé , le livret de compétences et le PDMF !
La réforme du lycée
Les textes concernant la réforme ont été présentés à la commission spécialisée des lycées le 2 Décembre. Plusieurs décrets et arrêtés ont été discutés. C Remermier représentante de la catégorie à La CSL est intervenue
• pour demander que le conseil pédagogique prévoit explicitement la présence du co-psy lorsque seront abordées, en fonction des nouvelles attributions, les modalités d’organisation de l’accompagnement personnalisé et du tutorat
• pour exiger la suppression de la référence à la construction du parcours d’orientation dans le texte concernant la mission des tuteurs « Les élèves qui le souhaitent peuvent bénéficier d’un dispositif de tutorat pour les aider à construire leur parcours de formation et d’orientation »
• pour dénoncer le caractère profondément illusoire et inégalitaire des dispositions concernant les changements de voies dans le cycle terminal. La conception sous-tendue assimile de fait orientation et réorientation. Sur le fond, on retrouve l’idée chère à ce ministère selon laquelle « être bien orienté » correspondrait à la capacité de satisfaire immédiatement aux exigences de formation. Aux premières difficultés, risque donc de s’imposer l’idée de la réorientation possible. Or, si l’on va ainsi diminuer les redoublements, on va aussi encourager le « zapping » en sacrifiant encore une fois le temps long de l’appropriation et de la confrontation à des exigences nouvelles qui correspond aussi à l’entrée dans une nouvelle démarche intellectuelle. Présentée comme le fil rouge de cette réforme, les réorientations seront toujours dans le même sens : elles correspondront de fait à du renoncement, de la 1ère S à la 1ère L, voire vers les bac techno ou pro… La voie professionnelle complètement ignorée dans la présentation de la réforme ne sera que le point d’arrivée des élèves réorientés et non le point de départ des lycéens de la voie pro vers d’autres passerelles. Il nous a été confirmé par l’administration, lors de la CSL que les possibilités de changement de voies se feront en fonction des places disponibles et donc de fait le plus souvent en interne. Seront alors privilégiés, les élèves qui sont sectorisés sur des lycées polyvalents avec une offre de formation importante et diversifiée. Ce dispositif présenté comme un moyen de répondre à la demande légitime des élèves et des parents, , n’existera en fait qu’à la marge, comme aujourd’hui et exclura certains élèves du fait d’une offre insuffisante et d’effectifs trop lourds. Par contre il risque d’accélérer les réorientations en douceur vers la voie pro dès le premier échec.
L’action
Les enseignants découvrent progressivement la teneur des textes élaborés par le MEN qui concernent non seulement le lycée mais également les collèges avec le décret sur le fonctionnement des EPLE. Celui –ci remet en cause le pouvoir des enseignants sur leurs conditions de travail et sur l’organisation des enseignements en accroissant le pouvoir du chef d’établissement et du conseil pédagogique nommé par ce dernier.
Nombre de collègues ne sont pas encore au fait de ce qui se prépare ou pensent que ce n’est qu’un nouvel épisode de la guerre des nerfs. Sauf qu’aujourd’hui une loi, défavorable au service public d’orientation de l’EN a été votée. Des décrets d’application vont être promulgués qui risquent d’avoir
de lourdes conséquences sur nos missions et nos conditions de travail. Il est urgent d’en discuter largement en utilisant les heures mensuelles d’information syndicale et de faire parvenir au Snes le résultat de vos réflexions, témoignages et actions. Un espace du site sera réservé à ces contributions sur lesquelles le Snes a l’habitude de s’appuyer pour nourrir les discussions avec le MEN
Des réunions d’information vont se tenir dans les établissements, en direction des enseignants et des parents d’ici les vacances. Il faut y participer pour expliquer ce qui se profile sur le champ de l’orientation. Des actions sont déjà prévues dans certaines académies, il faut y participer pour dénoncer cette politique de renoncement, uniquement pilotée par des impératifs budgétaires.
Une manifestation nationale se dessine pour Janvier. Le Snes proposera une semaine nationale d’actions coordonnées, avant cette manifestation, sur le devenir de notre profession, dans toutes les académies et dans le contexte le plus unitaire possible. Nous préciserons après consultation des responsables académiques les formes souhaitées de cette semaine d’action.