• Aucun résultat trouvé

D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?"

Copied!
2
0
0

Texte intégral

(1)

D ' o ù v e n o n s- n o u s?

Qui sommes-nous?

QU / SO

" , o

Cette fois-ci il ne s'agit nullement de «théorie», Nous ne serons pas ici dans le monde des idées, des stratégies, des philo- sophies, des influences, des polémiques. Mais plutôt dans celui des chiffres et des données objectives. A voir de près.

J 'ai lu, en effet, le récent livre d'Ida BERGER : LES INSTI·

TUTEURS D'UNE GÉNÉRATION A L'AUTRE édité aux P.U.F. dans la collection L'EDUCATEUR. C'est un ouvrage SOciologique. Bourré de tableaux et de références. On peut aimer le genre on ne pas aimer. On peut aimer le contenu ou ne pas aimer : ça ne change rien à rien. Les chiffres sont là.

On ne peut pas rendre compte de tout ce livre : sinon on recopie les tableaux ! Ou bien on écrit des commentaires qui sortiraient du cadre objectif .. .

J'ai seulement lu ce livre du strict point de vue de notre mouve· ment pédagogique. Bien sûr, avec «ma» vision de ce mouve·

ment pédagogique. Que je précise.

• C'est un mouvement pédagogique s'intéressant principalement et essentiellement aux enfants puisque c'est un mouvement d'école active qui, elle, place l'enfant au centre de l'école - et non pas le maître et son rôle instituant, préservatif et - para· doxalement! - reproductif ... Et non pas les connaissances et les examens.

• C'est un mouvement pédagogique d'avant-garde dont le but est. .. veuillez lire le contenu de la Charte de l'I. C.E.M . - Freinet qu'on trouve certainement au siège de tout groupe départemental normalement constitué, tout de suite sous la main d'un des principaux responsables. Et aussi à Cannes, au siège national. Il faut écrire.

• C'est un mouvement militant qui cherche essentiellement à

multiplier le nombre des enfants qui pratiquent l'expression libre, la diffusion de leurs idées par un journal scolaire et par le moyen de la correspondance, qui s'organisent en conseil coopératif de gestion de la classe en compagnonnage avec le maître ou la maîtresse.

• Ce mouvement cherche à convaincre des enseignants - ce sont toujours eux qui décident 1 - en leur offrant en priorité des outils qui les aideront et les entraîneront dans ·un pro- cessus de modernisation, de dépouillement de J'ancien et de rejet de la scolastique (tout ce qui s'oppose au règne de la vie quotidienne dans l'école pour garantir le rite et les valeurs négatives du passé) et aussi des éditions afin de mieux pré- ciser les buts et les fondements (philosophiques, psycholo- giques, sociologiques, politiques et humains .. . ) de cette action

essentiellement révolutionnaire - ou modernisatrice, si vous pré·

férez: mais c'est moins bien! - en tout cas : populaire ...

Ceci dit - et rapidement (si vous voulez compléter, il suffit d'écrire ici dans L'Educateur) - , j'ai donc cherché dans les données exposées par Ida BERGER comm&nt nous nous plaçons sur le marché. Et quelles chances nous avons pour un avenir heureux et prospère. Qui peut venir à nous ?

Des données recueillies où ? Ida BERGER a adressé

• 879 qucstionnaires (482 à Paris mêmc et 397 d ans quclques cOlllmunes du départe Ille nt des Hauts-de-Seine) qui ont été rcmplis par dcs instituteurs (20 % ) ct des institutrices (80 %) ;

• ')

Où a ll ons-nous ?

à Paris dans les 4f t 6f , 8f , 12(. 13t , 14(, 15t , 16(. 17f et 20t arrondissements et dans les Hauts·de·Seinc dans les com· nlllllCS de Clich)', GCIll\c\'iIIiers, Bagncux, Fontenay·aux·Roses, Issy· lcs·Mouli neau x, Vanves. Meudo n, Le\'allois·Perret et Neuilly .•

Elle a aussi effectué une cinquantaine d'interviews augmentant ainsi le nombre de questions pédagogiques.

Précisons encore qu'une précédente enquête s'était déroulée durant j'année scolaire 1953-54. Que les résultats en ont paru sous la signature d'Ida BERGER et Roger BENJAMIN aux Editions de Minuit en 1964 : ouvrage maintenant épuiSé. Mais de nombreux tableaux effectuent une comparaison entre 1954 et 1973·74 (époque de distribution des questionnaires mentionnés plus haut). Ce qui précise l'évolution de notre profession et justifie le titre de cet ouvrage : D'une génération à l'autre.

Je n'ai quasiment rien retenu dans mon optique des deux premiers chapitres consacrés au statllt social de l'enseignant et à sa vie extra-scolaire. J e ne suis, en effet, pas du tout persuadé qu'une origine ouvrière garantit l'aspect novateur du travail de l'instituteur ni de l'institutrice. Des bonnes familles anarchistes font d'excellents abbés, des camarades ont été

«formés» par les jésuites, enfin l'un des plus grands philosophes chrétiens contemporains fut élève de l'école Freinet de Vence ... De plus l'enquête s'est déroulée essentiellement en région parisienne : ainsi, par exemple les institutrices questionnées (elles sont 80 % de l'ensemble concerné 1 Les chiffres officiels de Paris sont

83, 5

% d'institutrices et

1 6, 5

% d'instituteurs)

ont pour conjoints:

._ ....... ....... __ ._ ... _ ............. _ .... .. _ .. ...... .... _-_._--_ .... _ ..... ... .... . En fréquence décroissante (en % )

_. __

._- ... - ...

_. __ ._ ..

_-- _ . -.-._._ ..

__ ._. __

._- -- .... _-.-._.

__

. _ ._--_ .. .

_

.. ...

__ .. . __ .

Hier Aujourd'hui

. --- _

... ..... ......

---- . .

_ ..............

_._ - ._

................ ......

_ --_ .

__ .

Cadres moycns Cadrcs supérieurs Commerça n ts

Employés Ou\'riers

Police. Armée su bal· terne

NOIl·actifs

47

27,5 7,5 6,5 5,5

3

3

Cadres supérieurs Cadrcs moyens Commerçants

Employés Ouvriers

Police. Armée subal·

ternc Non· actifs

41 33,S

8,5

5

5

2

_. _

............. _. __ . __ ...... .......

_ . _

.. __ ._ ..... __ ..

_ . _ . _ .. -

. ......

5

. _

... .

Je ne crois pas que la proportion soit la même sur loute la France. De même pour la réponse à la question

«A

quelle classe sociale estimez· vous appartenir 1))

.- ._

... ...... . __ .. .............. ..... ................ . __ ..... ........ _ .. _. __ ..

En fréquence décroissante (en %)

_ ............ ..

_-_ .

__

. _.- ...

_

.... _--- --- _ .

__

.. - .... ..

-. __

._-_.

__

...

_

... _ .- .. .. -

Instituteurs 1 nstitu 1 riccs

----

..........

-- ---

.............. _ .................. _---_ ...... ...... _

... .

Classes moyennes pctitc Classes moyennes petitc

bourgcoisie 56 bourgeoisie 62 Classe ouvrière 29 Notion classe refusée 19 Notion classe refusée 14 Classe oU\'rière II

Bourgeoisie 1 Bourgeoisic 8

. -

..... _

..

_ .. ............ _-_

.. .

__ ...............

_ . _ ..

_

..

_

. ... .

__ ..

_ . _ ..

La majorité des cnseignants élémentaires hommcs et femmcs se range d'eux-mêmes dans les classes moycnncs ou dans la petite

3

(2)

bourgeoisie (56 % et

62 % ).

Par ailleurs, les moins nombreux sont ceux qui déclarent raire partie de la bourgeoisie (1 %

et

8

%).

Il serait intéressant de connaître les réponses

à

cette question posée à une majorité de membres de nos groupes dépar·

tementaux. Faute de cette donnée, nous ne pouvons pas faire de commentaires utiles concernant notre action pédagogique

populaire ...

Une parenthèse. De nombreuses revues, bien avant nous, ont déjà rendu compte de ce livre. Et des journaux. Et les journalistes sont en particulier scandalisés à la lecture de ce tableau qui révèle les réponses à la question :

(( U sez , vo ll s chaque jo ur un jo urnal , s i o ui , lequel

?))

- - --- - - - - - - - - - --- - - --

Instilutrices (en "Iv )

Inslituteurs

(Cil "Ii,)

•••••••• ••.•.•..... .......•••............••..••....•..........•.

Tous les jours

De temps ;i autre Jam<lis

30 3S

1

70

.15 \

.... ................ ............ ...... ................ ..............

EI1\'iron un tiers des enquêtês se tiennent informt:s. alors que 70 vit, de~ institutrices ct bJ % des instituteurs dé· darent s.tIlS <ambages qu'ils Ile sont ni des lecteurs assidus cie la presse quotidienne. IIi même des lecteurs occasiollllel'i. Ne faut·il pas faire entrer cette donnée dan~ la recherche des causes du petit nombre d'abonnés à notre EDUCA TEUR ?

Dans la mesure où, comme le précisent les documents de base de notre mouvement, ses raisons d'être résident dans le chan·

gement profond de notre société pour une meilleure justice et l'épanouissement de l'être, il me semble qu'il est impossible de pratiquer ce métier d'éducateur ~ il n'est plus du tout question de «vocation» en 198O ! - si, au départ on ne l'a

pas désiré profondément, si on ne l'a pas choisi. Voici les chiffres correspondants a ux réponses fournies à la question :

(( Pourqu oi ê tes· vo us deve nu(e ) in s titute ur (trice )

h )

Le premier tableau concerne l'enquête de 1953·54, le second celle de 1973-74.

--- - --- - - ---- - ---

En fréquence décroissante (en % )

.... .... -

. . .. . . .••• _ ... ............... ...... ................................. _

.. .

Hommes Fcmmes

................ ......................... ....... ...... ...... ...............

Influence hlmilialc. Promotion

Vocation, goût Pis· aller

Divcrs

38.S 34.S

27

Vocation, goût

Influence familialc. Promotion

Pis· aller Dh'ers

SS,S

23

17,5

4

. ....... ..... .............. ........ ...... ................... ...............

............... ...................................................

. Pourquoi êtes'l'DIIS de\'f!'III(e) ;lIstitlltellr (tr;ce) ?» ( 1973·1974)

En fréqucnce décroissante (cn % )

. ................................. ......... ...................... .......... .

HOIllmcs Femmcs

...................................................... ........ .. ... .

Pis·allcr 38 Goût p1ur la pro·

fession

S O

Goû t pour la pro·

fession (*) 31

Pis·aller

25

Pialler

25

Influcnce familiale. Influencc familiale.

Promotion 25 Promotion

2 3

DÎ\'ers

6

Divcrs

2

(. ) Il parâll signilil'3lil que le INIlIC ,\"()(.·ation. ail comptement disparu dans les reponses de la secondc rcd lcrd u:. alors qu'il ;wail é lreqllcmlllcni cmployé auparal'<lnl.

.... ........... ...... .... ....... ..... .......................... ...... ...... .

4

Pour les institutrices, pis·aller est dc\'elHl le facteur nO 2.

Bien que dans les deux études il apparaisse plus sou\'cnt côté hommes que côté femmes, son augmentation relaitve est exacte· ment la même pour les deux sexes. Elle est de

40

% !

Ainsi il est clair que - pour s'en tenir aux chiffres d'une part et au critère strictement social d'autre part - nous ne pouvons espérer intéresser au plus que 50 % des 83,5 % de femmes qui travaillent dans l'enseignement élémentaire soit 41 .75 % de l'ensemble des institutrices e t 31 % des 16,5 % d'hommes soit

5,12

% des instituteurs.

Encore une parenthèse : notre mouvement, c'est·à·dire à la fois ses formes de travail mais a ussi ses productions, outils et éditions, sont-ils adaptés à l'accueil des institutrices, à l'esprit et aux normes de leur travail dans cette proportiQn

de 8 sur 10 7

Mais e ncore faut·il savoir que parmi ceux q ui sont «entrés dans la carrière» de leur plein gré, beaucoup en sont revenus!

Voici d onc le résultat des réponses à la question :

.

...................... ...................................... .

- Etes·~'ous actuellem ent satisfait(e) de ~'otre profession

(en % )

...................................... ..... .................. ............. .

19S3·19S4 1973· 1974

............. .................. ... ......... ... .

Hommes Femmes Hommes Femmes

. ....... ..................................... ........

Oui

Oui , mais (oui et non)

Non

SI 3S 14

72 21 7

34,S 3S,S 30

41 37 22

...... ....................................................

. Ce qui saute aux yeux, en comparant globalement les tableaux d'une époque à l'autre, c'cst l'augmentatioll spectaculaire citez les hommes comme chez les relllmes des réponses négatÎ\'cs.

En ce qui concerne les hOlllmes, dans un intervalle d'une vingtaine d'années, le pourcentage des insatidaits a plus que doublé (de 14 %

à

30 0/0). Corrélativement le pourcentage des satisraits a considérablement diminué (de 5 1 % à 35,5 0"/0).

Sculs les pourccntages des reponses mitigées sont restés à peu près les mêmes (35 % ct 36,5 % ).

Les réponscs négati\'es des institutrices n'ont p ê1S seulement doublé COlllllle celles de leurs collègues hOIll1lles, elles ont plus que triplé (de

7

%

à 22

% ). Tout en restant inférieures à celles des hommes. Corollairement, leurs réponses positi\'cs ont diminué prcsque de moitié (de 72 % à 41 0'/0) .

L'éveil dc l'esprit critique des cnseignantes se manifeste non seulement par J'expression de leur nette insatisfaction, mais éga. lement par une augmentation considérable des réponses mitigées (de 21 % à 37 %) . .

D'une façon générale, ,'écart entre les réponses masculines et féminines, tout en subsistant, a sensiblement diminué.»

_l'âge des enquêtés a également

un e

nette influence sur leur réponse.

......•.......•...... ........ ............. ...... ........

La satisraction professionnelle de trois générations d'enseignants élémentaires (holllmes et femmes)

(en %)

. . . •••• • . . . _ ....... .... ..... ... _ ...... ............. .... ............. . .

De 20 à 35 ans

De 3S à

50

ans

+

de

50 ans

................... ............... ..... ....... ..... ....... ......... ......

Oui

Oui, mais Non

32,5

~5 1 67 , S

42

36,S

1

580 21,S \ '

SO

2 4 ,S 1 SU

25,S \

....•••...........•............................. ......

Comme on pouvait s'y attendre, moins d'un tiers des jeunes sc dit satisfait de son activité professionnelle. Critiques qui tiennent à ce (suite p, 29)

Références

Documents relatifs

Journée thématique FTTx – Université Paris 13 – 25 janvier 2016 - Conférence Jean-Michel MUR 15 Quelques exemples d’expérimentations sur les PON présentées lors d’ECOC

Une loi pour protéger les personnes u j o u r d’hui, ces communes sont toutes impactées par la mise en place de Plans de prévention des risques technologiques PPRT prévue par la loi

À partir des éléments suivants (cellules, coquille, quatre membres, 8 pattes, squelette interne, crocs) composer l’arbre de parenté des espèces suivantes : Tigre,

Mais la situation actuelle change si rapidement que nous sommes souvent comme des enfants qui veulent profiter de tout et découvrent les consé- quences de leurs actes en

Evoquant la tendance prédominante dans le domaine péda - gogique contempora in de ((l'éducation spécialisée )) qui impose une ((pédagogie curative)) , cette vague

Le développement contemporain de la formation en éthique dans les facultés de médecine s’inscrit dans le contexte du développement de la bioéthique dont la définition même

Kay n’aurait su dire si elle était extrêmement belle ou franchement laide, et en vérité, cela n’avait pas la moindre importance.. Elle était incontestablement singulière, mais

Une fois de plus, les conclusions du Baromètre du cacao sont affligeantes : bien que l’industrie promette depuis des décennies d’améliorer, à travers des mesures volontaires,