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Application de l'effet Raman à l'étude des acides résiniques

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HAL Id: jpa-00235051

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00235051

Submitted on 1 Jan 1954

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Application de l’effet Raman �à l’�étude des acides r�ésiniques

Le-Van-Thoi

To cite this version:

Le-Van-Thoi. Application de l’effet Raman �à l’�étude des acides r�ésiniques. J. Phys. Radium, 1954,

15 (10), pp.699-702. �10.1051/jphysrad:019540015010069900�. �jpa-00235051�

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COMMUNICATIONS

A LA

REUNION INTERNATIONALE DE SPECTROSCOPIE MOLÉCULAIRE

Paris, 29 juin-3 juillet 1953

APPLICATION DE L’EFFET RAMAN A L’ÉTUDE DES ACIDES RÉSINIQUES

Par LE-VAN-THOI,

Institut du Pin, Faculté des Sciences de Bordeaux (France).

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. TOME 15, OCTOBRE 1954, PAGE 699.

1. Les acides resiniques, extraits des gemmes et colophanes de conif6res, sont des acides hydrophe-

nanthr6ne carboxyliques bien cristallises; leurs derives, qui sont en général cristallis6s, peuvent dans certains cas etre des liquides tres visqueux.

Nous avons d’abord essay6 de determiner les spectres

Raman de quelques produits cristallis6s (acides abi6tique, d-pimarique) par la methode des poudres microcristallines ; le montage utilise [1] est une 16g6re

variante de celui decrit par J. Cabannes, R.Lennuier et Mlle M. Harrand [2]. Les spectres obtenus contiennent peu de raies, meme apr6s de tres longues poses.

Avec des liquides purs, la diffusion est si intense

qu’on obtient un fond continu noyant presque comple-

tement les raies Raman [3]. 11 en est de meme des

solutions dans divers solvants (ether sulfurique, ben- zene, alcool, sulfure de carbone, t6trachlorure de carbone, chloroforme, etc.). L’6tude détaillée du ph6-

nomene montre que c’est la diffusion Rayleigh qui gene l’obtention des spectres Raman convenables.

L’effet Raman étant proportionnel au nombre de

molecules dissoutes, l’intensit6 des raies Raman croit avec la concentration de la solution en acide

r6sinique; on doit donc utiliser normalement des solutions satur6es. Mais le fond continu de la lampe, fortement diffuse par la solution (diffusion polaris6e),

masque enti6rement les raies Raman, et l’on obtient invariablement un spectre pr6sentant un fond continu intense.

Cette diffusion non changée de longueur d’onde

doit etre attribu6e aux fluctuations de concentration avec des molecules de solute d’un poids mol6culaire anormalement élevé. Si elle restait proportionnelle

au nombre de molecules d’acide r6sinique dissoutes,

comme on l’observe dans les solutions diluees de molecules ordinaires, son importance augmenterait dans les memes proportions que la diffusion Raman,

et l’on ne gagnerait rien a modifier la concentration.

Mais l’étude de la variation de l’intensit6 de la dif- fusion Rayleigh avec la concentration nous a revele

une augmentation tres rapide des que celle-ci atteint

une certaine valeur, 20 pour 10o dans le cas de 1’acide

abietique en solution dans le tétrachlorure de carbone.

Soit c la concentration en acide abi6tique de la

solution tetrachlorocarbonique, R la constante de

Lord Rayleigh de la solution, et Ro celle du solvant.

La difference (R - Ro) repr6sente 1’accroissement de la diffusion due au solute ; elle a ete d6termin6e, pour chaque concentration, avec le montage visuel

de R. Lochet [4] pour les mesures relatives de la constante de Rayleigh. Voici les résultats obtenus

(fig. 1) :

Fig. 1.

On voit que cet accroissement, quand on passe de c

=

20 pour 100 a c

=

3o pour 100, est 34 fois plus important que lorsqu’on passe du solvant pur a la solution a 20 pour 100. Par consequent, malgr6 1’emploi

d’ecrans sur la lumi6re incidente pour minimiser le fond dans la region des raies Raman, on comprend

que ce fond devienne genant pour l’observation des raies Raman dès que la concentration d6passe

20 pour 100, car alors ce fond croit beaucoup plus

vite avec la concentration que les raies Raman.

Supposons que nous doublions la concentration;

en l’absence de tout fond continu Rayleigh, on r6dui-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:019540015010069900

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rait de moitie le temps de pose. Mais si l’on cherche matiques (transparents pour 4 358 A et opaques a supprimer completement ce fond par 1’emploi pour le fond vers 4 600 Å), d’operer sur des solutions d’6crans beaucoup plus monochromatiques que ceux diluées, de preference dans CG’41 les concentrations que nous utilisons (nitrite de sodium en solution optima 6tant de l’ordre de 2o pour i oo. Dans ces

aqueuse, et iode en solution dans CCl4), par exemple conditions, le temps de pose minimum est de 24 h

en augmentant 1’6paisseur des cuves absorbantes, environ, avec un spectrographe ouvert A F/4,5 et

la raie excitatrice (4 358 A) serait plus fortement dont la dispersion atteint 18 Å/mm dans la region

reduite que dans le rapport et le temps de pose 436mu; : une solution aqueuse de nitrite de sodium réduite que dans Ie rapport I/2, et le temps de et une solution tétrachlorocarbonique d’iode, placees

serait en definitive augmente. sur le faisceau incident, isolent suffisamment la raie

-

I1 resulte de ces considerations que, pour r6ussir les indigo du mercure, employee comme raie excitatrice.

spectres Raman des acides r6siniques, il est n6ces- 2. Cette technique nous a donne des résultats saire, en I’absence d’ecrans parfaitement monochro- satisfaisants.

TABLEAU I.

Acicles résiniques.

a. Nous avons pu ainsi caractiriser les acides

résiniques dont la structure est démonirée chimi- quement. Le spectre Raman de I’acide abijtique (I)

est nettement different de ceux des acides sapié- tique (lévopimarique) (II) et pimarique (d-pimarique) (III); en particulier, les fréquences dues a l’insatn-

ration sont bien caractéristiques [5] (tableau I).

Le systeme de doubles liaisons conjugu6es de

l’acide abigtique est caractérisé par les raies 1 596 cm-1

et I 652 cm-1, la raie 1 596 pouvant etre d6doubl6e

dans ses derives en 15 6 2 et I 6Io cm-1. Pour l’ acide

sapiétique, les raies I 560 et I 619 cm-1 montrent que les doubles liaisons sont conjugu6es dans un meme

noyau; on les retrouve en effet dans les spectres de

l’acide déhydroabiétique (IV), dont elles caractérisent le noyau benz6nique. Pour l’acide pimarique et ses dérivés, les raies 1 633 cm-1 et i 660 cm-1 correspondent respectivement au groupement vinyle et a la double

liaison nuel6aire, puisque dans le spectre de l’acide dihydropimarique, la premiere disparait, tandis que la seconde se retrouve a 1656 cm-1.

TABLEAU II.

Anhydrides résiniques.

b. La meme technique nous a permis de lever I’incer-

titude dans les cas ou la structure n’a pu gtre précisée chimiquement. Un exemple intéressant est la question

des anhydrides résiniques qui, pendant des ann6es,

a fait l’objet de nombreuses controverses. Les spectres

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Raman de quelques-uns de ces derives presentent,

en plus des raies du radical de 1’acide correspondant,

deux raies cara,cteristiques de la fonction anhydride (tableau II), ce qui établit sans équivoque l’existence r6elle des anhydrides r6siniques [6].

L’acide maléoabiétique (VII), qui résulte de I’addi-

tion d’anhydride mal6ique sur 1’acide abi6tique a chaud, ou sur 1’acide sapi6tique a froid, selon Diels et Alder, doit poss6der normalement dans sa molecule

une double liaison et une fonction anhydride.

Nous avons demontre la presence du groupement anhydride par dosage acidim6trique [7]. Mais la double liaison n’est pas d6celable chimiquement ;

elle ne donne pas de coloration jaune avec le tétra- nitrométhane, et ne fixe ni le brome, ni I’hydrog6ne,

ni l’oxyg6ne. Cette double liaison est d6cel6c par 1’effet Raman, le spectre de cet acide-anhydride pr6sentant bien une raie 6thyl6nique a 1 641 dm-1, tandis que les raies caractéristiques de la fonction anhydride sont a 1 786 et 1 854 cm-1 (tableau III).

TABLEAU III.

c. Nous avons enfin utilise systematiquement 1’effet

Raman dans l’étude de la structure des corps nouveaux

obtenus au cours de nos recherches. Nous avons ainsi identifié un tétrahydrorétène, dans le fractionnement serr6 d’une huile de r6sine, qui est un lnélange complexe

de polyalcoyl-hydrophénanthrènes de constitution inconnue. Le spectre Raman de ce tétrahydrorétène

revele nettement une structure naphtalénique, ce qui est confirm6 par l’absorption ultraviolette [8].

L’hydrocarbure étudié est tres vraisemblablement le tétrahydro- I . 2.3.4 rétène (VIII); cette structure

sera pr6cis6e par les syntheses en cours.

La polymerisation sulfurique de 1’acide abi6tique

conduit a un acide diabitique bien eristallisé [9].

Cet acide est encore insaturé, mais ses doubles liai-

sons ne sont pas d6celables chimiquement. Le spectre

Raman de son ester m6thylique indique, par contre, la presence d’une raie 6thyl6nique a 166o cm-1.

Ce résultat, joint a 1’absorption ultraviolette, nous

conduit a attribuer a 1’acide diab6tique la formule (IX).

Les acides dihydroabiétique et dihydropimarique

se lactonisent facilement sous 1’action de 1’acide

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sulfurique concentr6. Les olides obtenus (X) et (XI)

sont saturés, leurs spectres Raman ne pr6sentant

aucune raie dans la region des fréquences éthylé- niques ; le groupement olide est caractérisé par une

raie à I 776 cm-1 [10], ce qui confirme la structure

y-olidique attribu6e par D. H. R. Barton [11] a

l’olide (X) correspondant a l’ acide dihydroabiétique.

L’olide (XI) de l’acide dihydropimarique (XII) donne, avec l’iodure de méthylmagnésium, deux

nouveaux acides isomeres, les acides dihydro-pseudo- pimariques (XIII) et (XIV), dont les doubles liaisons sont caractérisées respectivement par les raies Raman 1658 et I 64 0 cm-1 [12].

BIBLIOGRAPHIE.

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ÉTUDE SUR LA TAUTOMÉRIE ET SUR LA LIAISON HYDROGÈNE

PAR SPECTROSCOPIE INFRAROUGE

Par L. A. DUNCANSON,

Butterwick Research Laboratories, I.C.I., Welwyn (Grande-Bretagne).

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. TOME 15, OCTOBRE 1954, PAGE 702

Au cours de recherches consaer6es a la correlation entre les fréquences de valence du carbonyle et la

structure moléculaire dans le cas des antibiotiques et d’autres produits tires des moisissures, on rencontre

de nombreux problemes d’intérêt general relatifs

aux structures moleculaires. On indique ici brieve-

ment deux de ces probl6mes, qui montrent comment

on peut utiliser, dans cette 6tude, les fréquences de vibration de valence du carbonyle et de l’oxhydrile.

Tautom6rie de certains acides tetroniques.

-

Le premier cas concerne la ta-Litom6rie des acides

t6troniques, nom donne aux lactones des B-céto-y- hydroxyacides :

Ce type de composes existe dans la nature : l’acide ascorbique en est un exemple bien connu. Les spectres infrarouges de I’acide ascorbique et de I’acide hydroxy- t6tronique a 1’6tat solide ont ete publi6s par Trotter,

Thomson et Wokes (Biochem. J., 1948, 42, 601) et

Edsall et Sagall ont mesure les spectres Raman des

acides t6tronique, nitrotétronique et ascorbique, ainsi

que ceux de leurs sels de sodium. Des spectres d’absorp-

tion dans l’ultraviolet ont aussi ete publiés, pour des composes de ce type par Herbert et Hirst (Biochem. J., 1935, 29, 1881) et par Jones et Whiting (J., 1949, 1419). Des mesures de moments dipolaires sur des

solutions d’acides t6troniques dans le dioxane ont egalement ete effectu6es (KUMLER, J. Amer. Chem.

Soc., 1940, 62, 3292). Toutes ces donn6es montrent

qu’a 1’6tat solide et en solution dans 1’eau ou dans le dioxane, ces composes se trouvent sous forme 6no-

lique (II). Les conclusions du present travail relatives à leur structure resultent surtout de 1’etude de leur

spectre dans la region voisine de 6 u. Les bandes

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