A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
R ENÉ L AGRANGE
Sur le calcul différentiel absolu
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3
esérie, tome 14 (1922), p. 1-69
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1922_3_14__1_0>
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ANNALES
DE LA
.
FACULTÉ DES SCIENCES
DE L’UNIVERSITÉ DE ’f0UL0USE
SUR LE CALCUL DIFFÉRENTIEL ABSOLU
PAR M. RENÉ LAGRANGE,
Agrégé préparateur à l’École Normale Supérieure,
. INTRODUCTION ,
Le calcul différentiel
absolu,
introduit parChristoffel C)
etRiemann,
et dontRicci et Levi-Civitá
(2)
ont fait un instrumentremarquable,
fut destiné tout d’abordà déterminer
les propriétés, indépendantes
du choix desvariables,
d’un espace dunt le ds’ est une formequadratique
donnée des différentielles des coordonnées.Soit
ds2= 03A3gikdxidxk
une telle formequadratique,
à n dimensions. Un chan-;k ,
gement
de variables transforme les gik et leursdérivées;
ilchange également
lesdérivées,
des différentsordres,
d’une fonctionf(xi,
x2, ..., considéréecomme
invariante. C’est la
recherche,
entre les glk, leursdérivées,
et les dérivées de fonc- . tionsanalogues
àf,
desrelations, indépendantes
desvariables,
et même de toutedéformation de
l’espace qui
conserve leds~, qui
est àl’origine
du calcul différentiel absolu.Si,
dans unepareille déformation,
unefonction f
estinvariante,
il en est demême de sa
différentielle,
de sorte que ses dérivéespremières
subissent une trans-formation linéaire et
homogène.
Il n’en estplus
demême,
engénéral,
des dérivéessecondes ;
mais onpeut
retrouver une transformationlinéaire,
en modifiant là défi-e )
Voir Christoffel, Journal de Crelle, tome ~o.C’)
Voir Malh. Annalen, tome 54. ’2
nition de ces dernières. Pour
cela,
onajoute
à la dérivée seconde ordinaire uneforme linéaire des dérivées
premières,
dont t les coefficients sont formés àpartir
desgik et de leurs
dérivées;
le choix de cette forme linéaire est tel que ladérivée,
ainsidéfinie,
est encoreindépendante
de l’ordre des dérivations. Par cetteopération, on
doit
modifier également
les dérivées des ordressuccessifs,
et, dès les dérivées troi-sièmes,
on rencontre l’influence de l’ordre desdérivations,
de sorte quela
difficulté initiale duchangement
de variables esttransformée,
mais nonsupprimée.
Cetteincompatibilité
del’espace général
avecl’espace
euclidien ds2 =dxid}.
+ ... +dxn2
setraduit par les
symboles
de Riemann.Le
présent
travail a pour but de montrer que l’onpeut
seplacer
à unpoint
devue un peu
différent,
etd’établir,
de cettefaçon,
une méthode de calcul tout à faitanalogue
au calcul de Ricci et Levi-Civita. Il estpartagé
encinq chapitres
dontvoici le résumé succinct :
Dans le
premier chapitre, j’introduis
le calcul différentiel absolu enprenant,
comme variables
indépendantes
dansl’espace considéré,
d’ordre n, nintégrales
cur-vilignes,
et nonplus,
comme dans le calculordinaire,
n fonctions depoint.
Dansce dernier
calcul,
lespropriétés analytiques
résultent del’invariance,
dans toutchangement
devariables,
de ladifférentielle
d’uninvariant,
et de l’uniformité desvariables indépendantes
x, ; ici, cette dernièrepropriété
ne subsisteplus,
de sorteque les
dérivées,
d’ordressupérieurs
aupremier, dépendent
de l’ordre des dériva- tions, et c’est cequi
introduit dessymboles
tout à faitanalogues
à ceux da Chris-toffel. On est amené à
changer
la définition de ladifférentiation,
de manière à con-server certaines
propriétés
formelles du calculordinaire;
dans la «différentiationabsolue )),
une fonction nejoue plus
un rôleisolé,
mais faitpartie
d’unsystème
defonctions
qui
interviennent dans cetteopération ;
la non-commutativité de cette dif- férentiation faitapparaître
lesanalogues
dessymboles
de Riemann.J’établis les
règles
de différentiation des sommes,produits
et «compositions »
des
systèmes,
et recherche enfin ce que deviennent les résultatsgénéraux, lorsque
les formes
dWi
ne sontplus
uniformes.Dans le
chapitre II, je
rattache lacovariance,
tellequ’on
la définitordinairement,
au groupe des transformations
orthogonales ;
lespropriétés
de lacovariance,
et sa conservation par la différentiationabsolue,
s’en déduisent immédiatement. La déter- mination des invariants revient alors à résoudre les transformations infinitésimales du groupeorthogonal.
Ces considérations
générales
sont utilisées dans lechapitre III,
pourexposer
le .problème analytique
del’application,
et leproblème
de lareprésentation
conformesur
l’espace euclidien,
mêmelorsque
lerapport
des deux ds estl’exponentielle
d’une
intégrale curviligne.
Le
chapitre
IV a pour butd’exposer
succinctementquelques
résultats connus dela théorie du vecteur,
qui
seront utilisés dans la suite.Enfin,
dans le dernierchapitre, je
me propose d’établir lespropriétés métriques
d’une
V. plongée
dans un espaceE~, qui apparaîtraient
à un observateurincapable
de s’orienter sur la variété et dans
l’espace
normal; ceproblème permet
degénéra-
liser
un peu certaines définitions
du calcul différentielabsolu,
et met en évidencetrois séries de
rotation, auxquelles correspondent
trois séries de courbures. La recherche des invariants nécessite la détermination des relations entre les courbures de laV
et celles del’espace E~~; j’étudie plus particulièrement
les courbures lesplus simples,
cequi
conduit àquelques propriétés
des et à la définition dequelques
variétésparticulières.
’’
. CHAPITRE PREMIER
Principes du Calcul différentiel absolu.
~ [1]
Le calcul.différentiel
absolu est unegénéralisation
du calcul différentielordinaire, qui paraîtra plus
naturelle à l’aide desquelques
remarques suivantes._
Étant
données n variablesindépendantes
xi, x~, ..., x,,t, et une fonction ...,les dérivées
partielles premières de f sont
les coeflicients des différentielles ...,dxn,
Les dérivées
partielles
secondes sont les coefficients des mêmes différentiellesdx~
, dans les
expressions
des différentielles des dérivéespremières ;
et ainsi de suite pour les dérivées d’ordres successifs. Lapropriété
fondamentale de ces dérivées est d’êtreindépendantes
de l’ordre des dérivations. Cettepropriété, qui
nousparaît intuitive,
découle du fait que les xi sont des fonctions de
point;
elle ne subsisteplus
si le rôledes
dxi
estrempli
par n formesde Pfaff,
linéairementindépendantes,
mais non for-1
cément différentielles totales exactes.
Conservons l’écriture du calcul différentiel
ordinaire,
etdésignons
ces formes dePfaff par
’
.
Ceci revient à
prendre
comme variablesindépendantes
lesintégrales curvilignes
prises
lelong
du chemin décrit par l’observateur ; mais le seul.rôle utile est celui des et il n’est pas nécessaire de considérer ces
intégrales
dans
l’exposé
du calcul. ’Les aik seront
considérées,
engénéral,
commedes
fonctions depoint ;
maisnous verrons que certains résultats subsistent si les aj,k contiennent eux-mêmes des
intégrales curvilignes,
Leur déterminant(a)
est, parhypothèse,
dînèrent de o ; leséquations peuvent
donc être résolues parrapport
auxdXk’
vdes xik satisfont évidemment aux relations suivantes :
"et leur déterminant
(x)
estégal
à2014.
[2] Étant
donnée une forme de Pfaff onappelle covariant
bilinéaire de cette forme de Pfaffl’opération 03B4d03C9i2014d03B403C9i,
quej’écrirai
encore(03B4,d)03C9i.
C’est uneforme bilinéaire des :
’
On sait que,
pour que
(J)i soit une fonction depoint,
il faut et il suffit que son covariant bilinéaire soit nul. Lesd~?,(n=
1 , 2 , ...,n)
devantremplacer
lesdxk
dans le calcul différentiel
absolu,
il est natureld’exprimer
à l’aide de nosformes de
Pfaff,
bases de ce calcul. Enposant
. ...nous avons
Il résulte de
(3)
que + ssrl == o, et, en étendant la somme(4)
aux seulescombinaisons des
indices,
ce quej’exprimerai
en entourant ceux-ci d’une paren-thèse,
il vient-
[3] Étant
donnée une fonction ... , ,xn)
des variables ~ .... xn’ nous.appellerons dérivée partielle première
def
parrapport
à ~~ le facteur ded~~
dansl’expression
ded f.
. ’En
exprimant
lesdxk
en fonction des nous avons’
C’est
l’opérateur
linéaire entreparenthèses qui
est la dérivée enquestion,
et nousposerons
Inversement,
on aPlus
généralement,
si dil est une forme linéaire des non forcément diffé- rentielle totale exacte, nousappellerons
dérivéepartielle première
de Q parrapport
à le coefficient de dans dQ. Onpeut
encore l’écrireJO
..
°La
définition
des dérivéespremières peut
serépéter,
et conduit aux dérivées des.différents
ordres, 1
, les dérivations étant effectuées dans l’ordre03C9r2, ..., 03C9rm.
Il est évident que les dérivées d’une somme ou d’un
produit
de fonctions s’ob- tiennent par les mêmesrègles qu’en
calcul différentielordinaire;
de même les déri- vées d’une fonctioncomposée.
Mais lapropriété
des dérivées d’êtreindépendantes
de l’ordre des dérivations
n’apparaît
pasavec les
dérivées secondes.Remarquons,.
par
exemple,
que leslf
forment unsystème complet d’opérateurs linéaires,
arbi-traires au même titre que les
~2f ~03C9i~03C9k - ~2f ~03C9k~03C9i
n’est autre chose que la paren-’ "thèse de deux de ces
opérateurs, qui
n’est pas nulle engénéral.
Onobtient,
par un calcul connu,Cette formule s’obtient aussi en écrivant que
df
est une différentielle exacte..Plus
généralement,
Pourunc
forme de Pfaffquelconque
d03A9= 1
-),.d,>. ,
on aet
l’on
retrouve bien la formule(6) lorsque (ô, ~l):O
= o.Remarquons
que l’onpeut
encore écrire[4]
Il résulte duparagraphe précédent
que nous devrons modifier la définition - de la dérivée seconde si nous voulonsqu’elle
soitindépendante
del’ordre
des déri- vations. Nous verronsplus
tard que, consécutivement à cettedéfinition,
les formes.de Pfaff
prises
pour base de notrecalcul joueront
le rôle de différentielles exactes.Pour
cela,
considérons de nouveauxsymboles
Tikh’ que nous définirons au fur et .à mesure des besoins.Étant
données n fonctions ...,considérées
simulta-nément, appelons
« dérivéepartielle
absoluede fi
parrapport
àl’opération
le trait
qui surligne
lepremier
membreindiquant
que cetteopération
est distinctede la dérivation ordinaire
qui
s’effectue dans le second membre. Cettedéfinition, qui s’applique
à n fonctionsquelconques,
s’éclairera par lasuite,
à l’aide dequel-
ques exemples.
t -[5]
Considérons alors une fonctionf,
et l’ensemble de ses n dérivéespremières
~
.. ~. _fi
,==-.2014’
. Les dérivéespartielles
absolues de ces dérivéespremières
seront, par défi-nition,
les dérivées secondes absolues deJC).
Nous pouvons donc écriredans ces
conditions,
de sorte que ces dérivées secondes absolues seront
indépendantes
de l’ordre desinddices,
si les ’rikh sontassujettis
à vérifier les relationsil est clair que ceci ne définit pas
complètement
lessymboles
Ce que nous venons de dire
s’applique
aussi bien à une forme de Pfaff(t)
C’est la définition du calcul tensoriel de Ricci et Levi-Civita.~
.
en
posant -
~ la formule(g)
est encorevalable,
et(7)
s’écrit.
k
on retrouve la forme du covariant bilinéaire en calcul
ordinaire;
il en résulte quer pour que dS~ soit une différentielle exacte, il faut et il suffit que ses dérivées secondes.absolues soient
indépendantes
de l’ordre desdérivations;
on obtient ainsi une ex-pression simple
du théorème de Frobenius.On,peut dire,
autrement, que les condi- tionsd’intégrabilité
d’unsystème d’équations
aux dérivéespartielles
dupremier ordre,
à une fonctioninconnue f ,
sont
[6]
Paranalogie
avec le calcul différentielordinaire,
la dérivation absolue nousconduit à considérer la « différentiation absolue ».
Étant
donné unsystème
de /zexpressions
différentiables X1, X2,..., Xn, (fonctions,
formes dePfaff, etc...),
nousappellerons
« différentielles absolue » deXpl’opération
Dès que l’on passe
aux
dérivées troisièmes d’unefonction,
on est amené à consi-.
dérer,
d’une manièreplus générale,
dessystèmes
dequantités
différentiables.Xr1
r2, , affectées de mindices,
r! r2 ... r’n étant lesarrangements complets
de-1, 2, ..., n, m à n’l. Définissons simultanément la différentiation et la
dérivation, absolues,
dans un telsystème;
ce sont lesopérations
et
le trait
qui sépare
nm de hindiquant
que les indicesqui
leprécèdent n’expriment
pas forcément des dérivations absolues. On a d’ailleurs
[7J
Avantd’aborder
lespropriétés
de cesopérations,
définissonsquelques opéra-
tions
algébriques
sur lessystèmes
d’ordre m(ou
à mindices),
cequi
va nous con-duire à définir
complètement
lessymboles
,.
Étant
donnésplusieurs systèmes
d’ordre m ,yr....r i m ...
~ leursomme est, par
définition,
lesystème
de même ordre .Appelons produit
de deuxsystèmes,
d’ordres metp,
et le sys-tème,
d’ordre m+p,
Avec deux
pareils systèmes
onpeut
effectuer une autreopération
que nousappel-
lerons «
composition o (’~.
Lesystème composé
de etd’ordres
ni + p et p, est le
système,
d’ordre m,’
.
Cette
opération
s’étend tout naturellement àplus
de deuxsystèmes,
ou à dessystèmes
etIl est facile de voir que la
différentiation
et ladérivation
absolue d’une somme’obéissent aux lois du calcul
ordinaire, indépendamment
de la nature des "Cikh8Quant
à la
composition,
sadérivation,
parexemple,
donnePour retrouver la
.simplicité
formelle du calcul différentielordinaire,
on est(’)
C’est le terme‘employé
par Ricci et Levi-Civitá(cf.
ouvragecité).
conduit à annuler la dernière somme; le coefficient de la
parenthèse
étant ’ts(/li +ce résultat sera obtenu si l’on
assujettit
’tikh à la nouvelle relationLes
propriétés
obtenuespeuvent
être résumées dans le tableau suivant :la formule
(18)
segénéralise
d’ailleurs immédiatement pour lacomposition
deplus
de deux fonctions. On a des relations
analogues
pour les dérivées absolues.[8]
Enrésumé,
cequi précède
nous a conduits à définir lessymboles
Ttkn, intro- duits dans le calcul différentielabsolu,
par les deux relationsEn
particulier
= o, 03C4iki = - 03C4kii = r03C3iki;
enfin, l’expression générale
’
de en fonction des
symboles
est ’ .Cette
expression rappelle
celle despremiers symboles
deChristoffel,
mais il est bon de remarquer que, enfait,
les -r:ikhjouent
le rôle des secondssymboles
deChristoffel.
Remarquons également
que la différentiationabsolue, appliquée
aux formes dePfaff de base
dco.,
donne~ ’
du sorte que, dans le calcul
absolu,
lesd03C9i
auront lespropriétés
formelles des diffé-rentielles exactes
dxj
du calcul ordinaire.Les
propriétés
descoefficients
Tikh trouvent encore uneapplication
-immédiatedans
l’opération
corrélative du covariantbilinéaire;
àsavoir,
laparenthèse
de deuxopérateurs
linéaires .les
Ai, Bi
étant des fonctions de Xt,’ ..., xn’ Laparenthèse
s’exprime
comme en calculordinaire,
si l’on considère lesopérateurs
linéaires ausens absolu; autrement
dit,
étant donné unsystème
de n fonctionsf~,, ~f~,
...,écrivons
On
obtient
par un calcul trèssimple, compte
tenu de(10)
et(15),
la deuxième somme
disparaissant
sif
est une fonction depoint.
[9]
Nous allonsvoir, maintenant,
un nouvelexemple
del’analogie
formelle deces deux calculs différentiels.
Auparavant,
établissons une formule etrappelons quelques symboles
d’écriture.En nous
reportant
aux formules(rg)
et(3’),
nous avonsd’où l’on déduit
(20)
Étant données,
d’autrepart, (n
-J)
fonctions12’
... ,, f~_~,
de(n
-1)
variables
indépendantes
y~, y~, ...,rappelons
l’écrituresymbolique employée
dans la théorie des
intégrales multiples
,Si
fQ, ...,
sont fonctionscomposées
de n fonctions x, , x2, ..., , xt, des y1, ..., y,r-~ , nous pouvons écrire .’
ou encore, d’une manière
symbolique,
le tableau
représentant,
parhypothèse,
la somme des n déterminantsobtenus,
ensupprimant
successivementchaque colonne,
et en donnant auxproduits
des diffé-rentielles
clxi
leursignification symbolique.
’
Ceci
s’applique
sanschangement
à n formes de Pfaff; enparticulier,
et, pour
(n- i)
fonctions ...,’
Ces définitions
établies,
considérons uneentourant complètement
une ré-gion
del’espace
à ndimensions;
la, formule de Greens’écrit,
en calcul différentielordinaire,
P,, P,,
...,Pn
étant des fonctions bornées et dérivables dupoint (x, ,
..., x,t).
A l’aide des dérivées absolues
prises
dans l’ensembleP,, P,,
..., elle s’écrit.Il suffit de le vérifier
l’intermédiaire
de la formule de Greenordinaire,
en serappelant
l’identité(aol.
à
f
En
particulier,
si les les dérivéesfi = ~f ~03C9i
d’une fonctionf,
nous avonsNous verrons, dans le
chapitre II,
que cette identitépermet
de rattacher entreeux les deux
premiers paramètres
de Beltrami.Si les
Pi
sont lesexpressions composées
Cette formule
permet
de donner à l’identité de Greenles
mêmes formesparticu-
~lières que dans le calcul ordinaire.
,
[10]
La différentiation absoluedépend
engénéral
de l’ordre danslequel
s’effec-tuent les différentiations. L’étude de l’influence de cet ordre confirme la similitude du mode
d’exposition adopté
ici et du calcul de Ricci et Levi Cività.Étant
donné unsystème
d’ordre m, nous nous proposons de donnerl’expression
de - que nous écrirons aussi
Remarquons
que .ceci
résoudra, simultanément,
le mêmeproblème
pourles dérivées,
par suite del’identité
d’où
résulte, d’après 03B4d03C9i
- == o,Un calcul
simple, compte
tenu des formules(t6)
et(18),
nous conduit àl’expres-
sion cherchée
où l’on a
posé
la
virgule exprimant
que la dérivation covariante n’est paseffectuée,
parrapport.
aux indices
qui
laprécèdent.
L’expression
corrélative pour les dérivées absolues est alorsle
premier
terme du second membreayant
lasignification
d’une dérivée seconde.Si
Xrl, ,
sont desquantités
uniformes(fonctions
depoint,
formes dePfaff, etc...),.
(8,
et - sont des formes linéaires desquan ti tés
elles-mêmes.
L’analogie
dessymboles
et dessymboles
de Riemann esttotale,
commenous le verrons encore
plus loin,
et c’estpourquoi
nous leur donnerons le même-nom.
[11]
La différentiation absoluepeut
serépéter
indéfiniment sur unsystème
à mindices
(’),
toutes les différentiellesqui résultent
d’une même succession de diffé- rentiations formant unsystème
d’ordre m. Il est clair que toutepermutation
dans(’)
Les conclusions de ce paragraphe supposent que lesXri"
sont uniformes.les différentiations est le résultat de
permutations
effectuées sur deux différentiations successives ; cette dernièreopération peut toujours
se ramener à lapermutation
.de deux différentiations
terminales,
suivie d’un certain nombre de différentiations.On
voit,
enrésumé,
que toutepermutation d’indices,
dans une différentielle absolue d’un certain ordre p, se déduit de la formule(24),
ets’exprime
à l’aide des diffé-rentielles dont l’ordre est moindre que p -1. Le nombre des différentielles iodé-
.pendantes,
d’un ordredonné,
estégal
au nombre desexpressions
initialesindépen-
- dan tes.
’
Les mêmes remarques
s’appliquent
aux dérivées absolues ; les dérivéespièmes doivent,être
dérivées comme unsystème
à p + inindices,
et l’on voit que la diffé-rence de deux dérivées
absolues,
d’ordre p,qui
ne sedistinguent
que parl’arrange-
ment des
dérivations,
est une forme linéaire des dérivées d’ordre inférieur ouégal
v (~ w 2)~ ,
,Il est clair que si les dérivées
(ou différentielles)
d’ordre p d’unsystème
sont
indépendantes
del’arrangement
desdérivations,
les dérivées d’ordressupé- rieurs
sontindépendantes
del’arrangement
des ppremières
dérivations.. On voit aussi que, pour que les dérivées et différentielles de toutsystème
soientindépendantes
de l’ordre des
opérations,
il faut et il suffit que tous lessymboles
de Riemann soient nuls. S’ils le sontidentiquement,
lesystème
de Pfaffde base sera dit «euclidien » ;
lessymboles
’rikh ne sont pas forcémentnuls;
s’ils le sont, nous retrouvons le calculordinaire ;
lesd~i
sont des différentielles exactes, et constituent ce que nousappel-
lerons un
système
« cartésien )).[12]
Uneapplication
immédiate des derniersparagraphes
estl’expression,
encalcul
absolu,
des conditionsd’intégrabilité d’équations
différentielles. Voici unpremier problème,
trèsimportant
pour la suite :.
Problème. - Soient deux
syst.èmes
dePfaff, dw.
i et > lepremier
en x~...x~t, >, le deuxième en
x’ i .~.. x’ ~c
, dx’~ ... dx’ cc
’Étant
donnéd’au tre part
un sys- . tème de fonctions6tk(~~ ... exprimer
les conditionsd’intégrabilité
dusystème d’équations
La méthode du calcul différentiel ordinaire consiste à annuler les covariants bilinéaires des n
équations
dePfaff,
et àjoindre
à(A)
leséquations
obtenues. Cesopérations,
invariantes pour toutchangement
devariables,
conviennent ici sansmodification. On a, en effet
(’),
(’) Otk/h
sont des dérivées absoluesprises
par rapport aux formes de Praffd~~~~, .
d’où l’on déduit t
. Le
système (B)
est fini parrapport
aux Xi etxi’,
et doit êtrecompatible
avec(A) ; :
au.
besoin,
on différentiera(B)
à nouveau, en tenantcompte
de(A), jusqu’à
cequ’on,
arrive à une
incompatibilité
ou à unsystème
mixtecomplètement intégrable.
’
Un
autreproblème
très utile est la recherche des conditionsd’intégrabilité
d’un:système d’équations
aux dérivéespartielles,
résolubles parrapport
à toutes lesdérivées
absolues d’ordre maximum des fonctions inconnues. Il est clairqu’il
suffitde suivre la méthode du calcul
ordinaire,
enremplaçant,
par l’identité(24’),
l’iden--tification des dérivées
qui
ne diffèrent que parl’arrangement
des dérivations.[13]
Lessymboles
de Riemann ne sont pas tous distincts. Ilrésulte,
toutd’abord,.
de leur
expression, qu’ils changent
seulement designe quand
les deux indicessupé.-
rieurs,
ouinférieurs,
sontpermutés
entre eux.Il existe une troisième sorte de
relations,
résultant del’identité,
à zéro du cova-riant trilinéaire
Exprimons
chacun des troistermes
dupremier
membre à l’aide des’symboles.
de
Riemann;
il vient .’
En
résumé,
nous avons les troisespèces
de relations que l’on rencontre dans le calcul tensoriel habituel :’
’
Enfin,
de la relation(28),
on Lire encore, par un calculsimple
’ Il est bon de remarquer que les relations
(26)
et(27)
tiennent à la structure même alors que(28)
résulte de leursignification analytique ;
ceci nousapparaîtra
encoreplus
clairement un peuplus
loin. Il y aurait intérêt à démontrer directement que les relations obtenues sontuniques,
mais cette démonstrationparaît
difficile. Ceci résulte d’ailleurs de la suite ducalcul;
on enconclue,
commeen calcul tensoriel
habituel, qué
le nombre dessymboles
de Riemann linéairement distincts est,d’une manière générale, ~ n2(n~ - I )
.12
,
Leurs dérivées absolues vont nous fournir des
symboles
à 5indices,
le traitindiquant
que la dérivation absolue est effectuée dans lesystème
du 4e ordre. Desrelations connues entre les
~h~,
résultent des relations immédiates entre les nou- ,veaux
symboles;
il en existe une autre,identique
à celle aperçue pour lapremière
fois par Ricci. Nous la déduirons de l’identité
employée
au début de ceparagraphe, appliquée
à des fonctions uniformeson a, en
effet,
et
d’où résulte la relation
simple
[14]
Lesrelations, qui
existent entre lessymboles
deRiemann,
se déduisent.encore des conditions pour que des fonctions cik soient les coefficients
du
covariantbilinéaire
d’une forme de Pfaff dQ.
,Soit
dQ = une forme de Pfaff dont noussupposons
l’existence. Nousavons ,
d’où l’on
déduit,
par un calculsimple,
Ces
formules, équivalentes
aux formules similaires du calculordinaire,
fournis-sent les conditions nécessaires et suffisantes pour
qu’il
existe une forme de Pfaff . admettant un covariant bilinéaire donné.Ces
relations, appliquées
aux formesd03C9r elles-mêmes,
enposant
03C3ikr =C"ik’
s’écrivent
justement
".
[~5J Remarque.
- Dans tout cequi précède,
les étaientuniformes, puisque
les aik étaient des fonctions de
point ;
il est clair que lapropriété
essentielle des atk était d’êtredérivables, de,
sorte que, aupoint
de vueformel,
ces coemcients peu- ventêtre,
parexemple,
des fonctions rationnelles d’un certain nombred’intégrales curvilignes prises
lelong
du cheminparcouru
sur lavariété,
sans que nos calculs cessent d’avoir un sens. Nous n’avons tenucompte
de l’uniformité des quelorsque
nous avons établi lespropriétés
dessymboles
de Riemann et de leurs déri-vées
absolues.Le même calcul que
plus haut, repris
sans cetterestriction,
conduit à l’identitéle second membre
ayant
lasignification
d’une dérivéepartielle.
De
même,
pour lessymboles
à 5indices,
si lesXi
sontuniformes,
lesdX~
ne lesont
plus,
de sorte que nous avonset par
suite,
CHAPITRE II
’
.
Covariants
etinvariants.
[1]
Une remarque fondamentale est à faire sur lesdéveloppements
duchapitre précédent.
Lepoint
dedépart
est unsystème
de n formes dePfaff,
et nous ne noussommes servis que
d’opérations indépendantes
des variables ..., xn; de sorte que toutchangement
effectué sur ces variables laisse invariants lessymboles
em-ployés
et les résultats obtenus. C’est à cepoint
de vue que ce calcul est « absolu » .On
conçoit qu’il
n’en soit pas de même pour leschangements
de variables tels’
qu’on
les effectue dans le calcul différentielordinaire, puisqu’on remplace
lesdxi par
les dx’ i et non pardx’
+ ... +~xi ~x’Rdx’n. Si,
en calcul différentielabsolu,
on
change
les les résultats sontégalement modifiés,
et l’on est conduit à étu- dier le groupe des transformations linéaires effectuéessur
les formes ainsi queson
prolongement.
-Cette étude
est
trèscompliquée,
car on estobligé
de considérer simultanément les coefïicients de la transformation et ceux de la transformationinverse;
elle devient.
cependant
extrêmementsimple
si on se borne au groupe des transformations ortho-gonales
.car les coefficients des transformations inverses sont les eux-mêmes
D’autre
part,
la considération de ce groupe sumt dans ungrand
nombre dequestions,
et c’est à lui que nous allons nous borner.Ce groupe laisse
invariante
la forme différentiellequadratique
cette forme
peut
être considérée comme le carré de l’arc infinitésimal d’une variétéVu
à ndimensions,
devariables paramétriques
x, , ..., , x?t . Inversement, tout ds’l.J
d’une
Vn peut
être mis sous cette forme d’une infinité defaçons (1), les dU)i
étant .tous réels si ce ds’1. est défini
positif.
Il suffit de choisir l’une de ces
décompositions,
et deprendre
lesdWi
correspon- dants comme formes de Pfaff debase,
pourobtenir,
sur cette des résultats in-dépendants
desparamètres
choisis. Ce calcul différentiel absolu est, pour cetteV,t,
ce
qu’est le
calcul ordinaire pour un espace euclidien.Mais ces résultats ne sont pas absolus pour le ds2 de la
Vn, puisque
celui-ci est .décomposable
d’une infinité defaçons;
lespropriétés
absolues sont cellesqui
sontinvariantes pour le groupe
orthogonal.
On obtient ainsi toutes lespropriétés
com-munes à toutes les
Vu qui
ont le mêmedsj,
ce que l’onexprime
en lesappelant
«
applicables )).
-
[2]
Avant d’aborder cetteétude, précisons quelques
termes que nousemploie-
. rons dans la suite.
Un « invariant )) sera toute
expression
dont la valeurnumérique
n’est pas chan-gée
par une transformationquelconque
du groupe(i);
il sera dit « absolu » s’il necontient que les coefficients du ds"l. et leurs dérivées. Nous
appellerons
« invariantfonctionnel » un invariant
qui
contient desfonctions,
considérées comme inva-riantes,
et leursdérivées;
et « invariant différentiel » un invariantqui
contient desdifférentielles.
On est
amené,
d’autrepart,
à considérer desexpressions
noninvariantes, qui
.. subissent
cependant
des transformationsde groupes simples.
Soit un sys-tème
d’expressions
à mindices;
les étant les coefficients d’une transformationorthogonale,
nousappellerons
« transformationorthogonale
muple » la transfor-mation .
Il est facile de voir que, au groupe
orthogonal,
est associé ainsi un groupe, le « groupeorthogonal
muple », dont leproduit
de deux transformations est défini parLorsqu’on
effectue, sur lesd03C9i,
la transformation(i),
si desquantités
.
(’)
Il est bon de remarquer que M. Émile Cotton utilisa lepremier
des formes de Pfaff dàns l’étude del’application
desV (Cf. thèse),
bienqu’à
un point de vue autre que celui utilisé ici.définies par une certaine suite
d’opérations,
subissent la transformation muple cor-respdndante,
nous dirons que cesquantités
sont des « covariants muples ». Les, sont, en
particulier,
des covariantssimples C).
Il est facile de voir que la somme de covariants muples est un covariant
muple;
leproduit de plusieurs systèmes muple,puple, quple,
...est un,système (m+ p+ q + ...)Uple, Enfin,
lacomposition
de deuxsystèmes (m +p)uple
et(m
+q)uple fournit
unsystème
~~p
+ c’est ce que l’onappelle’
leprincipe
de la « saturation des indices »,lequel s’applique également
à lacomposition
deplus
de deuxsystèmes.
Les démons-trations de ces
propriétés
résultent des relations entre les coefficients du groupe .orthogonal ;
onpeut
d’ailleurs énoncer cespropriétés
commeappartenant
auxgroupes
orthogonaux.
Le théorème sur la
composition
admet uneréciproque
immédiate : si lesystème
.est covariant
(p + q)uple, quel
que soit lesystème
de covariants(m+
les sont covariants
(m
_Par
exemple,
si est covariantmuple, 03A3
. .
.est covariant
(m - p)uple,
etréciproquement.;
enparticulier,
. .- est un invariant différentiel. ’
[3J~
Cecipos.é,
effectuons sur lessupposés
uniformes une transformationorthogonale (1),
les6ik
étant des fonctions dérivables dupoint (xi,
x~, ~ ...pour
étudier leprolongement
différentiel du groupeorthogonal,
ilfaut,
avant tout, déterminer la transformation dessymboles
de Christoffel L’identification des deuxexpressions
du covariant bilinéaire - .(1)
Suivant le langage habituel,j’appellerai
« vecteur » unsystème
covariantsimple ; j’emploierai
aussi,parfois,
la dénomination de « tenseur » pourdésigner
unsystème
covariant d’ordre quelconque. ’
donne
. et, par
sui te, d’après y, (f~’’k,h ~ ~~y~x
- ~ ~Une
conséquence
immédiate de ces identités est lapropriété
fondamentale de la différentiationabsolue,
de conserver la covariance. Nous avons les deux théorèmes.suivants,
corrélatifs l’un de l’autre :Étant
donné unsystème
de covariantsmuples,
.~° Ses différentielles absolues d’un même ordre sont des covariants muples,
(l’arrangement
des différentiations étantégalement
lemême);
2° Ses dérivées absolues d’un même ordre p sont des covariants La deuxième
partie
est corrélative de lapremière, d’après
l’identitéet
d’après
ce que nous avons dit de lacomposition
des covariants(propriété
réci-proque). Quant
à lapremière partie,
endésignant par ?
la différentiation absolue dans lesystème
des elle se déduit immédiatement deen
effet,
ladifférentiation de (2)
nous donneil sutfit de
porter
cetteexpression
dansl’équation précédente,
en tenantcompta
de