MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
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ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY-CALAVI
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DEPARTEMENT DU GENIE DE L’ENVIRONNEMENT
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Option : Aménagement et Protection de l’Environnement
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Rapport de fin de formation
Pour l’obtention du diplôme de licence professionnelle
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THEME :
ETUDE DE LA REPARTITION SPATIO-TEMPORELLE DE LA PLUVIOMETRIE DE COTONOU POUR UN ASSAINISSEMENT URBAIN EFFICIENT
Réalisé par : KOUCHICA Thierry
Sous la DIRECTION de :
SUPERVISEUR : MAITRE DE STAGE :
M. HENNOU Léon M.NOUKPOZOKPO Justin
Enseignant à GEn/EPAC/UAC Ingénieur en météorologie à l’ASECNA Cotonou
Année académique 2013-2014
i DEDICACE
A mon Feu Père Alphonse KOUCHICA et à
Ma chère Mère Rosalie Da-MATHA
ii REMERCIEMENTS
Ce travail n’aurait pu jamais connaître d’aboutissement sans l’aide de nombreuses personnes que je m’en voudrais de ne pas remercier. Je veux nommer :
M. HENNOU Léon, pour avoir accepté d’encadrer ce travail malgré ses multiples occupations.
M. NOUKPOZOKPO Justin, vous avez fait preuve d’une volonté sans limite à la réalisation de cette œuvre scientifique.
Aux membres du jury, c’est un très grand honneur que vous nous faites en acceptant de porter vos critiques constructives sur ce travail. Nous sommes persuadés que vos conseils et recommandations nous serviront à l’améliorer.
Toutes les autorités de l’EPAC, au personnel enseignant et technicien en particulier le personnel du Département de Génie de l’Environnement, le Chef de département le Professeur ADJAKPA Jacques, et tout le corps professoral pour vos conseils et enseignements.
Mon frère Josaphat et ma sœur Alégria.
Mes cousins et cousines pour l’amour et l’attention dont vous m’avez toujours entouré.
Tous mes amis et camarades d’Université, tous mes camarades de promotion.
Tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce rapport
iii TABLE DES MATIERES
Titres Pages
DEDICACE..……….i
REMERCIEMENTS……….ii
TABLE DES MATIERES………iii
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES….………v
LISTE DES FIGURES………..vi
LISTE DES TABLEAUX……….vi
RESUME ………vii
ABSTRACT………viii
INTRODUCTION……….1
Problématique………1
Objectifs……….2
Objectif général………..2
Objectifs spécifiques………2
Hypothèses………2
SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE……….3
1. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE……….6
1.1 Situation géographique………..6
1.2 Caractéristiques physiques………6
1.2.1 Relief……….6
1.2.2 Géologie et sol……….……….6
1.3 Climat………..7
1.3.1 Pluviométrie……….8
1.3.2 Température………9
1.4 Hydrographie……….10
1.5 Végétation………10
iv
1.6 Démographie……….10
1.7 Activités économiques………11
2. MATERIEL ET METHODES………..13
2.1 Matériel………13
2.2 Méthodes ……….…13
3. RESULTATS……….15
3.1 Le cycle de l’eau………..15
3.2 La pluviométrie annuelle des trois postes d’étude de Cotonou……….16
3.3 La pluviométrie annuelle moyenne de la ville de Cotonou……….17
3.4 Explication des zones à faible pluviométrie mais à grande inondation……….23
3.5 Les conséquences des inondations dans la ville de Cotonou………..…24
3.6 Les mesures d’atténuation……..………26
4. DISCUSSION………..28
CONCLUSION ET SUGGESTIONS………..30
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES………..31 ANNEXES……….a
v LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
3CI : Cotonou en Campagne Contre l’Inondation
ASECNA : Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar
DHA : Département des Affaires Humanitaires des Nations Unies EPAC : Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi
FSA : Faculté des Sciences Agronomiques
FLASH : Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines IGN : Institut Géographique National
INRAB : Institut National de la Recherche Agricole du BENIN
PCUG3C : Projet de Protection de la Communauté Urbaine du Grand Cotonou face aux Changements Climatiques
PME : Petites et Moyennes Entreprises PMI : Petites et Moyennes Industries
RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitation
vi LISTE DES FIGURES
Titres Pages
Figure 1 : La commune de la ville de Cotonou……….7
Figure 2 : Le diagramme ombrothermique de Cotonou (1984-2013)……….8
Figure 3 : L’évolution de la température sur 30 ans………9
Figure 4 : Le cycle de l’eau………..15
Figure 5 : L’évolution de la pluviométrie annuelle de 1984 à 2013 au niveau des trois postes d’étude de Cotonou……….16
Figure 6 : La pluviométrie moyenne annuelle de Cotonou (1984-2013)………..……….17
Figure 7 : L’évolution de la pluviométrie mensuelle de 1984 à 2013 de Cotonou-aéroport…20 LISTE DES TABLEAUX Titres Pages Tableau І : pourcentages des années pluviométriques (1984-2013) dans la ville de Cotonou………18
Tableau ІІ : La répartition des différentes années…………..……….19 Tableau ІІІ: Les mesures d’atténuation des inondations par les populations de Cotonou.….27
vii RESUME
Depuis quelques années en Afrique de l’Ouest, l’une des manifestations des mutations environnementales et des changements climatiques est la récurrence des inondations. Le Bénin est victime des inondations dues aux effets des évènements pluviométriques extrêmes. Les fréquentes inondations entrainent de graves conséquences.
Ainsi au Bénin, les inondations deviennent des risques majeurs. La présente étude s’est intéressée à l’étude de la répartition spatio-temporelle de la pluviométrie de Cotonou pour un assainissement urbain efficient. Des enquêtes ont été menées pour mieux percevoir les essentielles causes et conséquences de ces inondations. Au total trente (30) personnes ont été interrogées dans les 1er, 12e et 13e arrondissements de la ville de Cotonou. Suite à cela une collecte des données pluviométriques a été faite au niveau des postes pluviométriques de Cotonou-aéroport ; de Cotonou-port et de Cotonou-ville. Les causes des inondations seraient la déficience de certains ouvrages de drainage (environ 67 %) ; les pluies violentes (63,33 %) ; la mauvaise occupation du sol (60 %) ; la faible profondeur de la nappe phréatique (environ 57 %) et enfin la montée du lac Nokoué (environ 24 %). Face à cette situation, les populations vivant dans les zones inondables de Cotonou développent des mesures dans le but de s’accommoder au phénomène d’inondation. Il s’agit du creusement de tranchées (80 %) ; du remblai des zones inondables avec du sable et des ordures ménagères (environ 77 %) ; du pompage des eaux pluviales (environ 47 %) ; et enfin de l’abandon des maisons (environ 16 %).
Mots clés : Changement climatique, Pluviométrie, Inondation.
viii ABSTRACT
For several years in West Africa, one of the manifestations of environmental change and climate change is the recurrence of floods. Benin is a victim of flooding due to the effects of extreme rainfall events. Frequent flooding serious consequences. In Benin, floods are becoming major risks. This study is interested in the study of the spatial and temporal distribution of rainfall Cotonou for efficient urban sanitation. Surveys were conducted to better perceive the essential causes and consequences of the floods. A total of thirty (30) people were interviewed in the 1st, 12th and 13th districts of the city of Cotonou. Following this collection of rainfall data was made at the level of rainfall stations Cotonou-airport;
Cotonou port and Cotonou city. Causes of flooding would be the impairment of some
drainage structures (about 67 %); heavy rains (63.33 %); poor land (60 %); the shallow depth of the water table (about 57 %) and the rise of the lake Nokoué (about 24 %). Faced with this situation, people living in flood prone areas Cotonou develop measures in order to
accommodate the flood phenomenon. This is the trenching (80 %); embankment flood zones with sand and garbage (about 77 %); pumping rainwater (about 47 %); and finally
abandoned houses (about16 %).
Keywords: Climate change, Rainfall, Flooding.
1 INTRODUCTION
Le dérèglement climatique porte un impact sérieux sur le Bénin depuis peu. Des rares phénomènes commencent par devenir fréquents (l’irrégularité des pluies et la montée des eaux).
Cotonou, ville de la république du Benin, n’est pas épargnée par les effets des changements climatiques. Dans cet espace géographique, les changements climatiques ont entraîné l’augmentation de la fréquence des fortes pluies et des inondations. Les incidences de ces inondations dégradent l’environnement physique et le cadre de vie des populations installées dans certains quartiers périodiquement inondés et insalubres (LACEEDE 2010).
A Cotonou, la faible profondeur de la nappe phréatique, l’écoulement difficile des eaux pluviales sont des prédispositions naturelles aux inondations. A cela s’ajoutent la mauvaise occupation du sol et l’insuffisance des outils de drainage.
Dans le but de lutter contre les inondations à Cotonou, diverses méthodes ont été employées. Cependant le phénomène n’a pas été totalement enrayé.
Pour cette étude, les objectifs seront présentés en premier lieu ainsi que les hypothèses de recherche ; puis suivra la synthèse bibliographique. Ensuite il sera présenté les caractéristiques de la ville de Cotonou, de même que le matériel et la méthode utilisée.
Apres avoir présenté les résultats d’enquêtes, il sera présenté les mesures pouvant atténuer les effets des fortes précipitations dans la ville de Cotonou et nous finirons par une conclusion.
Problématique
La ville de Cotonou est plus basse que le niveau de l’océan atlantique. Pour cela elle est un bassin dans lequel stagnent les eaux de pluies. La ville de Cotonou est sur la plaine. Avant son occupation par les hommes, la ville de Cotonou était constituée de zones sablonneuses plus hautes que les zones marécageuses (plus basses).
Les inondations à Cotonou résultent de tout un ensemble de facteurs tels que les fortes pluies, le relief, le substrat, la défaillance des infrastructures, ou encore les actions des populations. A Cotonou, nous assistons à une différence des quantités de pluies précipitées et ce, suivant différentes zones.
Au bénin, il se révèle la survenance des années excédentaires extrêmes sur toute l’étendue du territoire national. Au cours de ces années, la hauteur pluviométrique annuelle tend à doubler de valeur moyenne notamment dans les stations du sud comme Cotonou (d’après les données climatiques de l’ASECNA en 2006).
2 C’est dans cette optique qu’on a choisi de réfléchir sur : ‘’ Etude de la répartition spatio- temporelle de la pluviométrie dans la ville de Cotonou pour un assainissement urbain efficient ‘’
Objectifs
Objectif général
L’objectif général de cette étude est de contribuer à l’étude de la répartition spatio- temporelle de la pluviométrie de la ville de Cotonou.
Objectifs spécifiques De manière spécifique, il s’agit de :
Etudier la pluviométrie moyenne de la ville de Cotonou durant ces trente (30) dernières années
Etudier les températures de la ville de Cotonou de 1984 à 2013
Montrer l’inégalité des valeurs des paramètres au niveau des différents postes pluviométriques de la ville de Cotonou
Déterminer les zones d’inondation répétitive dans la ville de Cotonou
Hypothèses
La différence des paramètres au niveau des postes pluviométriques de la ville de Cotonou serait due aux différents types de nuages et à leurs compositions
La pluviométrie moyenne de la ville de Cotonou aurait évolué ces trente dernières années
Cette évolution aurait des conséquences directes sur l’environnement
Certaines zones de la ville de Cotonou seraient plus inondables que d’autres, malgré leurs plus faibles pluviométries à cause de la texture des sols qui les caractérise ; ou à cause de l’état de leurs infrastructures ; ou encore à cause des populations qui y vivent.
3 SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
L’atmosphère terrestre est une couche gazeuse qui enveloppe et protège la terre. Elle est subdivisée en cinq (05) couches qui sont : la troposphère, la stratosphère, la mésosphère, la thermosphère et l’exosphère.
La météorologie est la science qui étudie les phénomènes de l’atmosphère (précipitations, types de nuages, vitesse et direction du vent…) en fonction des paramètres mesurés tels que la température, la pression, l’humidité… etc ; en vue de déterminer le temps qu’il fait et de prévoir le temps qu’il fera.
La météorologie est très importante dans plusieurs domaines tels que l’aéronautique, l’agronomie, les activités quotidiennes de l’homme etc. la connaissance de ces paramètres météorologiques s’avère très utile et permet d’éviter plusieurs dangers.
Ainsi la météorologie nous permet de déterminer la pluviométrie existante en un lieu donné.
La pluviométrie se définit comme l’étude du volume d’eau de pluie précipitée en un lieu donné et durant une période donnée.
L’Afrique de l’Ouest est l’une des régions du monde les plus vulnérables aux changements climatiques. L’impact souvent désastreux de la variabilité et des extrêmes climatiques au cours des trente dernières années en est une bonne illustration mais un des signes avant-coureurs de cette vulnérabilité (Niasse et al., 2004).
La croissance démographique, l’urbanisation rapide et incontrôlée de zones à risque(habitat précaire), l’importante prévalence des maladies alors que la protection sanitaire est précaire, la pauvreté endémique, la faiblesse des dispositifs de préparation et de réponses aux catastrophes, l’insuffisance des informations climatiques, les faibles capacités des institutions, etc. sont autant de facteurs qui viennent aggraver la vulnérabilité de l’Afrique aux changements climatiques dans les zones urbaines (Wallez, 2010).
Dans la ville de Cotonou, Boko (1988) montre que les précipitations les plus abondantes à Cotonou sont enregistrées à 06 h et 12 h TU, sauf au cours des mois de mai et juin où les précipitations de 15 h TU sont plus importantes. Pour l’auteur, les averses orageuses interviennent pour 38 % dans les totaux pluviométriques. Ces averses représentent la principale source de l’avènement des inondations dans la ville.
4 Houndénou (1999), pour sa part, indique que les inondations au Bénin notamment dans les agglomérations urbaines permettent de se rendre compte de la durée d’apparition des événements climatiques exceptionnels dont la non maîtrise augmente la vulnérabilité des populations surtout les plus pauvres.
Houndakinnou (2005), quant à elle, en analysant les impacts environnementaux des pluies extrêmes dans la ville de Cotonou et ses environs, souligne que la ville est marquée par une augmentation de la fréquence d’occurrence des événements pluvieux extrêmes. Cette augmentation s’expliquerait par la diminution du nombre de jours de pluie et des hauteurs d’eau dans la partie méridionale du Bénin. Les pluies surviennent moins mais avec plus d’intensité.
Pour Allagbé (2005), ces inondations sont source d’affections sanitaires des populations dans la ville et dans ses quartiers périphériques.
Les risques naturels, ceux qui relèvent de phénomènes météorologiques, en particulier les inondations, sont les plus fréquents et touchent le plus grand nombre d’individus. Selon ces auteurs, les inondations ont représenté plus du tiers de l’ensemble des cataclysmes recensés dans le monde. Selon les sources du Département des Affaires Humanitaires des Nations Unies (DHA), 339 millions de personnes ont été victimes de ce phénomène entre 1900 et 1980 dans le monde. De 1970 à 1981, les inondations ont représenté plus du tiers de l’ensemble des cataclysmes recensés. Les pays qui ont enregistré le plus de victimes entre 1960 et 1981 sont les pays pauvres (Carry et Veyret, 1996).
Il faut reconnaître que les populations jouent un rôle énorme dans l’accentuation du phénomène. Il s’agit de l’occupation des bas-fonds, de l’occupation des voies d’écoulement des eaux, l’occupation des berges des cours d’eau.
Ces inondations ont créé d’énormes dégâts dans tout le monde entier ; par exemple en Asie (Chine, Viêt-Nam), en Europe (France, Allemagne), et ailleurs (Canada, Etats-Unis).
(WIKIPEDIA)
5
Changements climatiques
Un changement climatique, correspond à une modification durable (de la décennie au million d'années) des paramètres statistiques (paramètres moyens, variabilité) du climat global de la Terre ou de ses divers climats régionaux. Ces changements peuvent être dus à des processus intrinsèques à la Terre, à des influences extérieuresou, plus récemment, aux activités humaines.
Pluviométrie
La pluviométrie est l'étude des précipitations, de leur nature (pluie, neige, grésil, brouillard) et distribution, et des techniques utilisées pour leur mesure. Plusieurs instruments sont utilisés à cette fin, dont le pluviomètre/pluviographe est le plus connu. La mesure peut s'effectuer sous diverses unités, selon que le type de précipitations est solide ou liquide, mais elle est ramenée en millimètre d'équivalence en eau par mètre carré de surface pour fin de comparaison. Toutes précipitations de moins de 0,1 mm est qualifié de trace. La pluviométrie, avec la répartition de la température terrestre, conditionne les climats terrestres, la nature et le fonctionnement des écosystèmes ainsi que leur productivité primaire.
Inondation
Une inondation est une submersion temporaire, naturelle ou artificielle, d'un espace,, avec de l'eau liquide. Ce terme est fréquemment utilisé pour décrire :
le débordement d'un cours d'eau, en crue puis en décrue, sur les terrains voisins ;
le ruissellement très important, soit sur des terres cultivées (inondation boueuse), soit en zone imperméable urbanisée;
le débordement ou les conséquences de la rupture d'ouvrages artificiels hydrauliques tels que retenues d'eau, digues, canalisations (agricoles, d'eau potable, d'assainissement) ;
6
la remontée émergente d'une nappe phréatique.
1. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE
1.1 Situation géographique
La ville de Cotonou constitue le département du Littoral situé entre les 6°20 et 6°23 de latitude Nord et de 2°22 et 2°30 de longitude Est. Capitale économique du pays, Cotonou couvre une superficie de 79 km² avec une population de 779.314 habitants (RGPH 4) répartie sur 13 arrondissements et 140 quartiers de ville. Elle est située sur le cordon littoral qui s’étend entre le lac Nokoué et l’Océan Atlantique, constitué de sables alluviaux d’environ cinq mètres de hauteur maximale. La ville de Cotonou est limitée au Nord par la commune de Sô-Ava et le lac Nokoué, au Sud par l’Océan Atlantique, à l’Est par la commune de Sèmè- Kpodji et à l’Ouest par celle d’Abomey-Calavi. Les quartiers de l’Est sont reliés à la partie Ouest par trois ponts. A l’Ouest de Cotonou, se trouvent le Port Autonome et l’Aéroport International qui font de la ville, la plus importante porte d’entrée et de sortie du Bénin, tandis que l’Est dispose d’une vaste zone industrielle. La figure 1 présente la localisation de la commune de Cotonou.
1.2 Caractéristiques physiques
1.2.1 Relief
Le relief de la ville de Cotonou est peu accidenté avec des marécages. Il a deux caractéristiques principales : des dépressions longitudinales parallèles à la côte et des bas-fonds érodés par l’écoulement des eaux pluviales qui communiquent avec le lac. Le site est coupé en deux par le chenal appelé «Lagune de Cotonou», avec une communication directe entre le lac et la mer, creusée depuis 1894 (Akomagni 2006).
1.2.2 Géologie et sol
La nappe phréatique se trouve à proximité de la surface du sol dont la perméabilité élevée accélère l’infiltration des eaux pluviales et usées ; ce qui pourrait générer des risques de pollution. La ville de Cotonou est installée sur un complexe de cordons littoraux sableux
7 et de bas-fonds. Ils possèdent des sols sableux qui sont généralement pauvres en matières organiques avec une faible capacité d’échange et un faible pouvoir de rétention en eau, ce qui a pour conséquences les inondations observées dans la ville pendant les saisons pluvieuses.
Figure 1 : Commune de la ville de Cotonou
1.3 Climat
La ville de Cotonou et ses environs sont soumis presque toute l’année à l’influence des alizés océaniques. Le climat est du type subéquatorial de transition avec une inégale répartition
8 des pluies dans l’espace et dans le temps. Cette distribution temporelle des précipitations permet de déterminer quatre saisons plus ou moins marquées dont deux pluvieuses et deux sèches (figure 2) :
- une grande saison des pluies de mi- mars à mi- juillet ; - une petite saison sèche de mi- juillet à mi- septembre ;
- une petite saison des pluies de mi- septembre à mi- novembre ; - une grande saison sèche de mi- novembre à mi- mars.
Pendant la grande saison des pluies, la ville est menacée par de graves inondations.
Figure 2 : Le diagramme ombrothermique de Cotonou (1984-2013)
1.3.1 Pluviométrie
Le Bénin, comme la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest est sujet à une variabilité pluviométrique de plus en plus marquée.
La pluviosité moyenne annuelle est de 1325,6 mm environ (d’après les données climatiques de l’ASECNA en 2013). Toutefois, cette pluviosité varie suivant les années.
0 25 50 75 100 125 150 175
0 50 100 150 200 250 300 350
jan fev mar avr mai juin juil aou sep oct nov dec
temp ér a ture ( °C)
pluv iom ét ri e (m m)
pluviometrie temperature
9 1.3.2 Température
En 2013, les températures moyennes mensuelles à Cotonou-Aéroport varient de 26,85 °C à 28,4 °C (données climatiques de l’ASECNA). Les données recueillies à l’ASECNA sur Cotonou couvrant une période de 30 ans ont permis d’établir une courbe qui montre les variations annuelles des maxima, des minima et des moyennes des températures (Figure 3).
Figure 3: L’évolution des températures sur 30 ans dans la ville de Cotonou
1.4 Hydrographie
La ville de Cotonou dispose d’un réseau hydrographique alimenté par deux principaux plans d’eau : l’Océan Atlantique et le Lac Nokoué, pourvoyeurs de ressources halieutiques non négligeables.
0 5 10 15 20 25 30 35
1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Tem pérat ures ( °C)
Années
moy.maxi moy.mini temp.moy
10 1.5 Végétation
Les formations végétales sont pratiquement inexistantes à Cotonou, cependant on peut distinguer:
en bordure de la côte, les sables du cordon littoral sont couverts par quelques plantations de cocotiers ;
une zone à végétation rare et clairsemée formée essentiellement d’halophytes sur le cordon littoral (Akomagni, 2006).
un peu partout dans la ville, une végétation formée des essences de reboisement telles que Eucalyptus camaldulensis, Azadiracta indica, Terminalia cattapa, Terminalia mantaly.
Dans les concessions et au bord des rues : Mangnifera indica, Eleasis guineensis. Mais il subsiste encore une végétation primitive constituée essentiellement d'espèces marécageuses dont Typha australis est souvent l'espèce dominante (Tchakpa, 2011).
1.6 Démographie
La ville de Cotonou a connu un accroissement de 8,26 % entre les recensements de 1961 et 1979. Cet accroissement s'est beaucoup ralenti ces dix dernières années (3,89 % entre 1979 et 1992 et 2,07 % entre 1992 et 2002). La population de Cotonou s'élève à 658.572 habitants en 2002 d’après les résultats provisoires du quatrième Recensement Général de la Population et de l'Habitation de 2002. Toujours suivant les résultats provisoires de ce Recensement, Cotonou a vu son poids démographique passer de 9,8 % de la population totale en 2002 à 6,7 % en 2013 au profit des Communes d’Abomey-Calavi, de Ouidah et de Sèmè-Kpodji qui sont devenues de véritables cités dortoirs. A partir du noyau originel des Toffins, la ville de Cotonou s’est progressivement enrichie de toutes les ethnies du Bénin. Ainsi, les principaux groupes socio-culturels rencontrés à Cotonou sont :
Le groupe Fon et apparentés (Fon, Goun, Mahi, Toffins, etc.). Ils représentent 56,7 % de la population de la ville
Le groupe Adja et apparentés (Mina, Adja, Xwla, etc.) représentant 18.3 % de la population.
11
Le groupe Yorouba et apparentés : Il est constitué des Yorouba, des Nagots, des Idaasha et représente 11.5 % de la population
Les autres groupes sont les Bariba, les Dendi, les Yoa Lokpa, les Otamari, les Peulh, etc.
1.7 Activités économiques
L’essentiel des activités économiques dans la ville de Cotonou est exercé dans les principaux secteurs de l’agriculture urbaine, des PME et PMI, de commerce et divers trafics.
Agriculture
Cotonou dispose de bas-fonds et de marécages qui sont propices aux cultures maraîchères (comme la tomate, la salade, le persil, le poivron). Les activités agricoles sont donc réduites au maraîchage. La production de ces différentes cultures maraîchères reste influencée par des variations sans cesse de la pluviométrie qui fait inonder parfois les sites maraîchers sans oublier la cherté des coûts des intrants et l’insuffisance du personnel d’encadrement. Le site maraîcher de HOUEYIHO est le plus important, suivi de ceux de l’aéroport et de Fidjrossè.
Elevage
En raison de l’humidité relativement élevée de la ville de Cotonou, l’élevage y est très peu développé. Les espèces élevées dans la ville de Cotonou sont les volailles, les aulacodes, les escargots, les lapins, les caprins et les porcins. Il s’agit surtout de l’élevage non conventionnel qui se développe surtout aux alentours de la ville.
Emploi
L’étude de la population active et de la structure de l’emploi montre que la population active de Cotonou est occupée en majorité par le secteur informel. Ce secteur utilise 82,8 % des actifs occupés et le secteur formel ne représente que 17,2 % réparti de façon inégale entre le secteur public (7 %) et le secteur privé (10,2 %) ; (Akomagni 2006).
12 Tourisme et hôtellerie
Cotonou offre tout ce dont le touriste peut rêver ou qu’il peut exiger : aéroport, hôtels (Benin royal hôtel, hôtel ibis, hôtel du port.. etc), restaurants, maquis, dancing bars et cinémas adaptés au goût et à la bourse de chacun, plages au sable fin parsemées de cocotiers et bien aménagées pour la distraction et la détente, lacs aux eaux dormantes regorgeant de poissons variés, centre de promotion artisanal et d’autres points d’exposition et de vente d’objets d’art, marchés toujours débordant d’animation, places publiques et monuments…
Cotonou est également à la porte d’entrée du village lacustre de Ganvié, la Venise africaine située à une vingtaine de kilomètres.
Pêche
La pêche est relativement développée et mobilise assez de personnes, des nationaux comme des étrangers. Dans les nombreux plans d’eau (lacs et lagunes), la pêche se pratique sous plusieures formes. Il s’agit essentiellement de la pêche continentale et de la pêche maritime.
La pêche maritime se pratique sous deux formes avec des techniques et des technologies appropriées. La première forme qui est la pêche industrielle se fait au moyen des bateaux tels que les chalutiers pour les poissons et les crevettiers pour les crevettes. La deuxième forme qui est la pêche artisanale se pratique au moyen des barques avec des filets longeant la côte. La pêche continentale s’effectue dans les eaux fluviales et le lac Nokoué au moyen des barques motorisées ou non.
13 2. Matériel et méthodes
2.1 Matériel
Pour cette étude, on a utilisé :
- Un carnet climatologique pour les données climatiques
- Une fiche d’enquête adressée aux populations pour recueillir leurs perceptions - Une moto de marque Dayang pour le déplacement
2.2 Méthodes
La démarche méthodologique adoptée dans le cadre de cette étude a consisté à :
La recherche documentaire
La collecte des données
Le traitement des données
La recherche documentaire
La recherche documentaire a été la première étape. Elle a permis d’élaborer une liste de la bibliographie traitant des questions relatives aux inondations dans la ville de Cotonou.
Dans ce cadre, les documents concernant le sujet ont été consultés :
o dans les bibliothèques de l’Université d’Abomey-Calavi ( EPAC, FSA et FLASH ) o A l’ASECNA
La collecte des données
Les types de données collectées sont entre autres :
• des données climatologiques (hauteur de pluies, températures sur la période allant de 1984 à 2013) à l’Agence de Sécurité pour la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA)
• des données socio-culturelles (perceptions des populations sur les inondations, leurs causes, leurs impacts sur l’environnement socio-économique et les stratégies développées pour leur atténuation).
14
• des informations sur les types de sols et leurs caractéristiques en matière de rétention et d’infiltration de l’eau au Laboratoire des Sciences des Sols, Eau et Environnement de l’INRAB.
Traitement des données
Suite à la collecte des données, ces dernières ont été traitées essentiellement à l’aide des méthodes statistiques.
Le traitement des données concerne le dépouillement des fiches d’enquête et les calculs statistiques. Les informations ainsi obtenues sont transformées en tableaux et figures d’illustration. La réalisation des graphiques, le calcul de certaines valeurs statistiques et la rédaction du rapport sont faits au moyen d’outils informatiques appropriés. Ainsi, les outils de traitement statistique tel que le logiciel Excel a été utilisé.
Présentation des données
L’enquête sur l’étude de la répartition spatio-temporelle de la pluviométrie de Cotonou pour un assainissement urbain efficient a couvert 30 personnes. Les enquêtés ciblés ont au moins dix ans d’ancienneté dans leurs différents quartiers résidentiels. L’échantillon couvre 26,66% de femmes et 73,33% d’hommes. Au cours de cette collecte des données, 03 quartiers ont été visités. Il s’agit de Fidjrossè, d’Agla et d’Avotrou. Ces quartiers ont été choisis compte tenu de leurs emplacements par rapport aux trois différents postes d’étude (le poste pluviométrique de Cotonou-port ; le poste de Cotonou-aéroport et le poste de Cotonou-ville).
15
3. RESULTATS
3.1 Le cycle de l’eau
Cette figure montre le cycle de l’eau. C’est un cycle qui se déroule au niveau de la planète Terre. Sans ce cycle, il ne peut pas avoir la pluie.
Figure 4 : Le cycle de l’eau (Surfrider Foundation 2010)
La chaleur du soleil permet l’évaporation de l’eau contenue dans les océans, les cours d’eau et les plantes.
Cette eau sous forme de vapeur d’eau (gouttelettes), constitue les nuages qui se déplacent avec les vents. Près des reliefs, des orages éclatent et les précipitations (pluie, neige, grêle) permettent à l’eau de retourner au sol.
Ces eaux, alors sous forme liquide, peuvent soit s’infiltrer dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques souterraines, soit ruisseler le long du relief pour former les cours d’eau qui iront se jeter dans les océans.
Le cycle de l’eau permet donc à l’eau de circuler sur Terre et dans l’atmosphère.
En conclusion, tant que le mécanisme du cycle de l’eau n’est pas à terme, il ne peut y avoir précipitations.
16 3.2 Pluviométrie des trois postes d’étude de Cotonou
Cette figure montre l’évolution de la pluviométrie annuelle de la ville de Cotonou au niveau des trois différents postes d’étude sur la période allant de 1984 à 2013.
Figure 5 : L’évolution de la pluviométrie annuelle de 1984 à 2013 au niveau des trois postes d’étude de Cotonou
On a noté au niveau des postes de Cotonou-ville et de Cotonou-port, on a observé quelques données manquantes. A cet effet, on a pu constater des différences au niveau des trois postes d’étude de Cotonou.
Au niveau du poste de Cotonou-aéroport, la valeur minimale (739,6 mm) fut obtenue en 2000 ; tandis que la valeur maximale (2203,3 mm) fut obtenue en 1997.
Pour ce qui est du poste de Cotonou-port, la valeur minimale (545,5 mm) fut obtenue en 1998 ; tandis que la valeur maximale (1974,6 mm) fut obtenue en 2010.
Enfin au niveau du poste de Cotonou-ville, la valeur minimale (694,5 mm) fut obtenue en 1998 ; tandis que la valeur maximale (2001,29 mm) fut obtenue en 2010.
0 2000 4000 6000 8000
1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
P luviomé trie (m m )
Années
aéro port ville
17 3.3 Pluviométrie moyenne annuelle de la ville de Cotonou
La figure 6 ci-dessous montre l’évolution de la pluviométrie moyenne annuelle de la ville de Cotonou. La pluviométrie moyenne annuelle ces trente (30) dernières années (1984-2013) dans la ville de Cotonou est d’environ 1261,01mm.
Figure 6 : La pluviométrie moyenne annuelle de Cotonou (1984-2013)
La pluviométrie moyenne annuelle ces 30 dernières années est plus ou moins croissante. Le pic fut atteint en 2010 tandis que la valeur minimale fut obtenue en 1998.
En faisant le rapport des moyennes pluviométriques annuelles sur la moyenne pluviométrique au cours des trente dernières années, on obtient les pourcentages de chaque année.
Pourcentage = (Moyenne annuelle / Moyenne au cours des 30ans)*100
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 2200
1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
P luviomé trie (m m )
Années
18 Le tableau І ci-dessous regroupe les pourcentages des années pluviométriques de 1984 à 2013 dans la ville de Cotonou
Tableau І : pourcentages des années pluviométriques (1984-2013) dans la ville de Cotonou
Années Moyennes(mm) Pourcentages
1984 745,00 59,08
1985 1215,13 96,36
1986 880,46 69,82
1987 1573,93 124,81
1988 1560,43 123,74
1989 1158,93 91,90
1990 1038,57 82,36
1991 1493,37 118,43
1992 1158,60 91,88
1993 1558,50 123,59
1994 1197,60 94,97
1995 1066,30 84,56
1996 1349,70 107,03
1997 1789,03 141,87
1998 680,83 53,99
1999 1385,80 109,90
2000 739,60 58,65
2001 785,85 62,32
2002 1159,03 91,91
2003 1361,93 108,00
2004 1250,43 99,16
2005 1239,50 98,29
2006 1099,20 87,17
2007 1605,90 127,35
2008 1462,00 115,94
2009 1513,40 120,01
2010 1993,96 158,12
2011 1316,05 104,36
2012 1344,20 106,60
2013 1107,17 87,80
Source : Données ASECNA, 2014
En tenant compte des inéquations ci-dessous, on a pu répartir les années selon leurs trois (03) différents types. Il s’agit des années sèches, humides et excédentaires.
19 Années sèches ˂ 80%
80% ≤ années humides ≤ 100%
Années excédentaires ˃ 100%
Tableau ІІ : La répartition des différentes années (1984-2013) dans les trois types
Types d’années Années Total pourcentage
Sèches 1984, 1986, 1998, 2000, 2001 05 16,66 Humides 1985, 1989, 1990, 1992, 1994, 1995,
2002, 2004,2005, 2006, 2013
11 36,66
Excédentaires 1987, 1988, 1991, 1993, 1996, 1997, 1999, 2003,2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012
14 46,66
La figure 7 ci-dessous présente l’évolution de la pluviométrie mensuelle de Cotonou sur les trente années d’étude depuis 1984 à 2013. Le poste de Cotonou-aéroport a été pris comme référence.
20 Figure 7: L’évolution de la pluviométrie mensuelle de 1984 à 2013 de Cotonou-aéroport
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1984
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1985
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1986
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1987
1000 200300 400500 600700
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1988
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1989
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1990
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1991
21 Figure 7(suite): L’évolution de la pluviométrie mensuelle de 1984 à 2013 de Cotonou-
aéroport
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1992
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie(mm)
mois
1993
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1994
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1995
1000 200300 400500 600700
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1996
1000 200300 400500 600700
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1997
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1998
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
1999
22 Figure 7(suite): L’évolution de la pluviométrie mensuelle de 1984 à 2013 de Cotonou-
aéroport
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2000
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2001
1000 200300 400500 600
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2002
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2003
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2004
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2005
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2006
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2007
23 Figure 7 (suite et fin): L’évolution de la pluviométrie mensuelle de 1984 à 2013 de Cotonou- aéroport
3.4 Explication des zones à faible pluviométrie mais à grande inondation
Plusieurs autres facteurs naturels concourent à la survenance des inondations dans la ville de Cotonou. Il s’agit de la pédologie du milieu et de l’occupation du sol.
La ville de Cotonou s’étend sur deux zones écologiques (le cordon littoral et le plateau de terre de barre d’Allada) et s’étire sur une cinquantaine de kilomètres d’Est à l’Ouest (LACEEDE 2010).
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2008
1000 200300 400500 600700
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2009
0 100200 300 400 500 600
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2010
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2011
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2012
0 100 200 300 400 500
J F M A M J J A S O N D
pluviométrie (mm)
mois
2013
24 La nature géologique des terrains superficiels permet de diviser le secteur d'étude en trois ensembles du nord au sud (Adam et Boko, 1993). Il s’agit d’un :
- premier ensemble couvrant la zone de plateau, représenté par du sable argilo limoneux rouge appelé « Terre de barre ». La mise en place de ce sable s’est faite sous un climat équatorial ancien, favorisant le processus de ferralitisation ; cette formation date du pléistocène continental ;
- deuxième ensemble correspondant aux sables jaunes et ocres des cordons internes ou bas plateau. Ces sables sont des terres de barre érodées à faible capacité de rétention (12 à 14
%) ;
- troisième ensemble représenté par les sables blancs ou bruns etdes sables gris des cordons médians. Ils sont issus des dernières oscillations marines de la période post-holocène. Le secteur d'étude présente ainsi superficiellement, des unités géologiques appartenant toutes au Quaternaire
Lorsque la grande saison des pluies s'installe, les sols atteignent leur niveau de saturation dans un délai de 2 à 3 semaines. Ceci limite la capacité d'infiltration des eaux de pluie. Ainsi, la nappe phréatique se gonfle et atteint très rapidement la surface du sol.
Les premiers horizons des sols de la ville de Cotonou sont composés de sable fin siliceux qui surplombe les sables grossiers et argileux.
Ces caractéristiques font que l’eau s’infiltre très rapidement en période de pluie, à travers le sable avant d’être ralentie par les formations argileuses. Cela fait que le sable est vite gorgé d’eau avec pour conséquence les inondations.
C’est pour cela que certaines zones sont plus inondables (malgré qu’il pleut moins) que d’autres.
25 3.5 Les conséquences des inondations dans la ville de Cotonou
Conséquences sur les activités économiques
Les inondations ont des incidences aussi bien négatives que positives sur les principales activités économiques que sont l’agriculture, la pêche, l’élevage et le transport.
Dans le domaine agricole, les eaux de pluie envahissent les champs de maraîchage et entraînent la destruction des cultures voire leur décomposition et leur pourriture ce qui crée un manque à gagner aux producteurs. En effet, en période d’inondation les cultures les plus vulnérables sont la laitue, le crincrin, la tomate, le piment, les carottes dont les racines encore sous terre pourrissent avec l’arrivée des eaux.
Mais, les inondations n’ont pas que des impacts négatifs sur l’agriculture urbaine. En effet, le retrait des eaux induit une forte fertilisation des sols des côtes par l’apport d’éléments minéraux, ce qui permet à la population riveraine d’obtenir de bons rendements. Les débris végétaux et minéraux charriés par les eaux d’inondation fertilisent les sols
Dans le domaine de la pêche, il est à noter, une diminution de la production halieutique du fait de la montée des eaux. Au cours de cette période, les activités piscicoles diminuent parce que la vitesse du courant des vents et des eaux ne favorise pas une bonne période de pèche d’une part, d’autre part, cette baisse est également liée à la dessalure des cours et plans d’eau de ce fait les poissons migrent vers d’autres milieux leur permettant de se développer et de s’y reproduire. En effet, pour éviter la misère l’activité de pêche se déplace ainsi du cours d’eau vers les lacs et marais créés temporairement par l’arrivée des eaux.
L’élevage initialement pratiqué par les populations de l’agglomération urbaine dela ville de Cotonou régresse en temps d’inondation. Le petit élevage de maison est constitué de la volaille, des porcins et des caprins. Ces animaux connaissent un taux de mortalité élevé en cette saison d’inondation.
Par ailleurs, le commerce des articles divers est perturbé par les inondations. En outre, les inondations rendent impraticables certaines voies de circulation de la localité et entraînent la mévente des produits. Une faible fréquentation des marchés s’observe dans certains quartiers qui sont du coup entourés par les eaux. Cette situation crée un manque à gagner
26 pour les populations qui pratiquent l’activité de Zémidjan et même pour les vendeurs et vendeuses ambulants.
Conséquences sur les habitations
La destruction des habitations
L’érosion accentuée
Conséquences sur la santé
Le paludisme
La diarrhée
Les infections gastro-intestinales
Conséquences sur la population
L’abandon des maisons
Le retard au service
La pollution esthétique
Conséquences sur les infrastructures socio-communautaires
Pendant les inondations dans la ville de Cotonou, plusieurs effets sur l’environnement, ont été identifiés. On assiste à une dégradation des sols, de certaines habitations et des infrastructures socio-communautaires
La conséquence immédiate de ces pluies est que les voies sont impraticables.
Les effets des eaux sur les voies présentent les aspects suivants :
• l’installation des trous sur les voies en terre jaune;
• la stagnation des eaux sur les routes ;
• les affaissements sur les voies pavées et les trottoirs.
3.6 Les mesures d’atténuation
Face aux inondations, les populations font recours à diverses mesures pour s’accommoder aux conditions. Il s’agit de :
27
Le remblai des voies en terre avec du sable avant les saisons pluvieuses ;
Le remblai des zones reconnues comme étant des sites inondables par des ordures ménagères ;
Le creusement des tranchées d’évacuation des eaux pour la circonstance ;
L’évacuation des eaux par pompage ;
L’abandon des maisons.
Le tableau ІІІ ci-après présente les résultats des enquêtes menées auprès des populations sur les mesures qu’elles adoptent pour atténuer les inondations à Cotonou.
Tableau ІІІ : Les mesures d’atténuation des inondations par les populations de Cotonou Mesures
d’atténuation
Effectifs pourcentages Remblai des sites
inondables
23 / 30 77 Abandon des maisons 05 / 30 17 Creusement de
tranchées
24 / 30 80 Pompage des eaux 14 / 30 47
Pour ce qui est de la mairie, il s’agit de :
La mise en application de l’opération 3CI
Le curage des caniveaux
La construction des caniveaux
L’assèchement des sites inondés avec des motopompes
Enfin comme mesures de lutte contre les inondations, les autorités de l’état central doivent :
Déloger les populations (les bas-fonds et zones inhabitables doivent être libérés);
Mieux étudier la pluviométrie et le tracé de la ville ;
Appliquer les textes en vigueur par rapport aux permis de construire et d’habiter ;
Sensibiliser les populations (il s’agit d’informer les populations sur les effets des inondations ; et leur apporter une meilleure connaissance sur les précautions à prendre suite aux inondations).
28
4. DISCUSSION
La figure 5 montre que les plus grandes quantités de pluies ont été observées au niveau du poste de Cotonou-aéroport dans le 12e arrondissement. Cette figure montre également l’utilité des différents postes installés sur toute l’étendue de la ville de Cotonou. La pluviométrie moyenne annuelle de Cotonou sur la période allant de 1984 à 2013 est d’environ 1261,01mm. A la figure 6, on peut apprécier une évolution plus ou moins grandissante de cette pluviométrie. Il en ressort un très grand nombre d’années excédentaires soit 46,66 % des 30 années d’étude (Tableau ІІ). De 1984 à 2013, c’est en 2010 qu’on a observé la plus grande quantité de pluie. En effet, environ 60 % des 30 personnes enquêtées affirment avoir connu les plus grandes inondations en 2010.
Sur la figure 7 ci-dessus, on peut apprécier l’évolution de la pluviométrie de Cotonou sur chaque année depuis 1984 à 2013. Le poste de Cotonou-aéroport a été pris comme référence. A quelques exceptions près où on observe de fortes quantités de pluies en début d’années (janvier et février) puis en août qui est un mois normalement sec, tout parait normal. Une grande saison sèche de mi-novembre à mi-mars ; une grande saison des pluies de mi-mars à mi-juillet ; une petite saison sèche de mi-juillet à mi-septembre ; et enfin une petite saison des pluies de mi-septembre à mi-novembre.
Comme années extraordinaires, on peut citer 1984, 1987, 1989, 1994, 1995, 2003 et 2011.
Les années 1984, 1989 et 1995 présentent un mois d’août plus humide que juillet ; ce qui est anormal vu que le mois d’août est un mois sec. En 1987, le mois le plus humide fut en septembre au cours de la petite saison pluvieuse avec un mois d’août assez humide et largement supérieur au mois de juin qui est sensé être le plus humide. Pour ce qui est des années1994 et 2011, le pic fut obtenu en octobre au cours de la petite saison des pluies. En 2003, le mois d’avril fut le plus humide ; ensuite la pluviométrie a chuté en mai avant de remonter au mois de juin ; mais celui de juillet est complètement sec. Enfin on note que les années 1987, 1988, 1997, 2007, 2009 et 2010 furent des années très humides, par conséquent des années d’inondations.
Suite aux enquêtes, il ressort que la déficience ou l’inexistence des infrastructures de drainage (67 %) est la principale cause des inondations à Cotonou ; ensuite viennent les pluies violentes (63,33 %), la mauvaise occupation du sol (60 %) et la faible profondeur de la nappe phréatique (57 %) ; puis enfin vient la montée du lac Nokoué (24 %). D’après les travaux de ODOULAMI et al.,(2011), les causes naturelles des inondations à Cotonou sont la faible profondeur du sol et la platitude de la plaine de Cotonou et la principale action anthropique qui amplifie les inondations est l’occupation humaine galopante des dépressions marécageuses qui sont des couloirs naturels d’évacuation des eaux pluviales.
Pour ce qui est des conséquences résultant des inondations, il y a le freinage des activités économiques, la destruction des habitations, les maladies hydriques, la pollution esthétique,
29 l’impraticabilité des voies. Pour ODOULAMI et al.,(2011) ; « l’inondation crée l’impraticabilité des voies d’accès des zones d’habitation, des lieux de travail que ce soit les services publics ou privés, les centres commerciaux ou d’autres activités. Elle empêche ou ralentit l’évolution du travail dans les différents secteurs d’activités, crée également de préjudices à la santé de la population. Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’économie du pays. ». Notons également que durant les inondations, les sites maraîchers de Cotonou sont submergés d’eau ; rendant ainsi le niveau des récoltes bas.
Face aux inondations, les populations prennent des dispositions pour s’accommoder aux conditions de vie. La majorité (soit 80 % des personnes enquêtées) creuse des tranchées pour l’écoulement de l’eau. 77 % des enquêtés optent pour le remblai des sites inondables avec des ordures ménagères, du sable ou encore des caillasses. 47 % évacuent les eaux par pompage et enfin d’autres abandonnent carrément leurs domiciles. Outre cela, il faut noter que des sensibilisations sont faites par le pouvoir central dans le but de lutter contre les inondations et de réduire le nombre de sinistrés dans la ville de Cotonou.