HAL Id: jpa-00209014
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00209014
Submitted on 1 Jan 1981
HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
Photoconductivité due à l’autoionisation de Ce2+ dans CaF 2, SrF2 et BaF2
C. Pedrini, P.O. Pagost, C. Madej, D.S. Mcclure
To cite this version:
C. Pedrini, P.O. Pagost, C. Madej, D.S. Mcclure. Photoconductivité due à l’autoionisation de Ce2+ dans CaF 2, SrF2 et BaF2. Journal de Physique, 1981, 42 (2), pp.323-330.
�10.1051/jphys:01981004202032300�. �jpa-00209014�
Photoconductivité due à l’autoionisation de Ce2+ dans CaF2, SrF2 et BaF2
C. Pedrini, P. O. Pagost, C. Madej et D. S. McClure (*)
E.R. n° 10 C.N.R.S., Département de Physique, Université de Lyon I, 69622 Villeurbanne, France (*) Department of Chemistry, Princeton University, Princeton N.J. 08544, U.S.A.
(Reçu le Il avril 1980, révisé le 23 septembre, accepté le 17 octobre 1980)
Résumé.
2014On analyse les seuils de photoconductivité produite par l’autoionisation du cérium divalent Ce2+
dans des cristaux de fluorures alcalino-terreux CaF2, SrF2 et BaF2. L’énergie de
cesseuils est interprétée
commel’écart énergétique entre le niveau fondamental de l’impureté et le bas de la bande de conduction. Un simple modèle électrostatique faisant intervenir le troisième potentiel d’ionisation de l’ion terre
rarelibre et l’influence de
sonenvironnement cristallin permet de rendre compte du déplacement des seuils quand la nature du cation du cristal
change. De plus, l’évolution des seuils
versl’infrarouge prévue par
cemodèle quand
onpasse des ions Tm2 +, Ho2+
ouDy2+ à Ce2+ est confirmée par l’expérience.
Abstract.
2014Thresholds of photoconductivity due to autoionization of Ce2+ in alkaline earth fluorides CaF2, SrF2 and BaF2 have been measured. The threshold energy is interpreted
asthe difference between the impurity ground state and the bottom of the conduction band. A simple electrostatic model including the third ionization
potential of the free rare-earth ion and the influence of his surrounding in the crystal can explain the threshold shift upon changing the nature of the crystal. Moreover, the threshold displacement towards infrared
asexpected by this model upon going from Tm2+, Ho2+
orDy2+ ions to Ce2+ ion is confirmed by experiment.
Classification Physics Abstracts 72.40
1. Introduction.
-Ce travail est un prolongement
de l’étude commencée par C. Pedrini, D. S. McClure et C. Anderson [1] sur les seuils de photoionisation
de divers ions terres rares divalents introduits dans des matrices de fluorures alcalino-terreux. L’étude de la photoconductivité en fonction de l’énergie des photons incidents a permis de mesurer la différence d’énergie entre l’état fondamental de l’ion impureté
et le bas de la bande de conduction du cristal. De
plus, il a été montré que les énergies de photoionisa-
tion des ions terres rares dépendaient essentiellement du troisième potentiel d’ionisation de l’ion impureté
et que leurs valeurs absolues étaient modifiées par l’environnement cristallin. Un simple calcul rend compte des données et permet une extrapolation à
d’autres cas.
Afin de confirmer ces résultats, nous avons étendu
l’étude au cérium divalent Ce2 + qui possède un
troisième potentiel d’ionisation nettement plus faible (20,2 eV) que ceux des ions Dy2 +, H02+, Er2 + et
Tm2+ préalablement étudiés (22,79; 22,84; 22,74 et
(’ ) La collaboration entre la France et les Etats-Unis
aété rendue
possible grâce à la subvention de recherche n° 1031 de la Division des Affaires Scientifiques de l’Organisation du Traité de l’Atlan-
tique Nord.
23,68 respectivement). On s’attend donc à trouver un
fort déplacement du seuil de photoconductivité vers
les faibles énergies.
2. Processus de photoionisation.
-Les ions terres
rares divalents présentent des transitions permises interconfigurationnelles 4f"
->4fn- 1 5d dans le domaine proche UV-visible ce qui a pour effet de
colorer les cristaux, contrairement aux ions trivalents où ces mêmes transitions se situent toutes dans l’UV.
Il existe ainsi un grand nombre d’états excités loca- lisés recouvrant le bas de la bande de conduction.
Lorsqu’un électron est excité dans un état situé au-dessous du bas de la bande de conduction, son énergie n’est pas suffisante pour qu’il devienne libre dans le cristal et il revient dans son état fondamental localisé. Par contre, si l’électron est excité dans un
état localisé de l’impureté situé dans la bande de
conduction, alors il existent une certaine probabilité
pour qu’il devienne libre dans le cristal et induise
un photocourant si un champ électrique est appliqué :
c’est le phénomène d’autoionisation. Dans ce cas il existe une compétition entre la probabilité d’auto-
ionisation et la probabilité de recombinaison dans le même centre. Selon les cas, on peut donc avoir
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01981004202032300
324
affaire à des courants de photoconductivité plus ou
moins faibles. Remarquons que la photoconductivité
peut également être observée par suite de transitions directes depuis l’état fondamental localisé de l’impu-
reté vers les états de la bande de conduction (voir
par exemple [2-5]). Dans les cas qui nous intéressent,
c’est le processus d’autoionisation qui est observé, le
processus de photoionisation direct étant infiniment moins probable.
Ainsi on conçoit qu’étant donnée une répartition plus ou moins continue d’états excités au voisinage
du bas de la bande de conduction, la détermination des seuils de photoconductivité permette de situer les états localisés et en particulier l’état fondamental dans la bande interdite.
3. Réduction des terres rares.
-Les ions terres
rares divalents ne sont pas stables naturellement pour la plupart. Les matériaux de départ sont des mono-
cristaux de CaF2, SrF2, BaF2 dopés par des ions terres rares trivalents. Puisqu’on s’intéresse aux ions
livalents, il est donc nécessaire de réduire ces impu-
retés dans le cristal.
La méthode chimique de réduction, appelée colo-
ration additive, est certainement la technique qui
donne les meilleurs résultats. Elle permet une réduc- tion irréversible et complète des ions sans création
de défauts. C’est la méthode que nous avons utilisée.
Sa description est donnée dans la référence [1] et sa
théorie se trouve exposée par exemple dans la réfé-.
rence [6]. Ce2 +, comme Tb2 +, La2 + et Gd2 +, donne
lieu au phénomène de photochromisme, c’est-à-dire confère aux fluorures alcalino-terreux la propriété
de changer réversiblement les bandes d’absorption optique sous l’action de radiations lumineuses de
longueurs d’onde déterminées. On pense que cette
propriété est liée au fait que ces ions possèdent une configuration fondamentale fd. Pour une revue détail- lée de ce phénomène, on peut se reporter à la réfé-
rence [7]. Pour ces ions, la coloration additive ne
permet pas leur réduction directement, mais donne naissance à des centres photochromiques PC stables.
La nature de ces centres photochromiques est main-
tenant à peu près connue. Les centres PC sont consti-
tués d’une paire Re3+-lacune fluor qui a piégé deux
électrons. On peut donc considérer un centre PC
comme une paire Re3+-centre F- ou Re2+-centre F.
En irradiant le cristal avec de la lumière ultravio-
lette, on crée alors des centres photochromiques
ionisés PC+ et l’électron libre peut être piégé par
un ion terre rare trivalent qui est alors réduit à l’état 2+. On peut ensuite exciter dans les bandes d’absorp-
tion du centre PC+ pour libérer un deuxième électron
qui pourra contribuer à une nouvelle réduction.
Considérons la figure 1. Après irradiation dans l’UV, on voit diminuer l’intensité des bandes centrées
vers 3,0 et 2,0 eV caractéristiques du centre PC et
croître des bandes entre 2 et 2,5 eV caractéristiques
de Ce2 + . On voit aussi croître la bande vers 4 eV
Fig. 1.
-Effet d’une irradiation UV
surle spectre d’absorption
de SrF2 : 0,003 % Ce : 1) avant irradiation ; 2) après 4 h 30 d’ir-
radiation UV centrée à 3 650 A (1016-101’ photons/mm2 . s).
[UV irradiation effect
onthe absorption spectrum of SrF 2 :
0.003 % Ce : 1) before UV irradiation ; 2) after UV irradiation : 4 h 30 3 650 A (1016-101’ photons/mm2 . s).]
caractéristique de PC+. Puisque les bandes se recou-
vrent, il est impossible de faire disparaître totalement
les centres PC et PC+ au profit des centres Ce2+.
Il faut noter que les centres Ce2 + ne sont pas
stables, même dans l’obscurité complète car il existe
une probabilité non négligeable de retour à l’état PC par effet tunnel.
4. Mesures de photoconductivité.
-4.1 APPA-
REILLAGE.
-Le dispositif expérimental est schéma-
tisé sur la figure 2. La lumière excitatrice est fournie par une lampe au xénon 450 W pour le domaine UV-visible et par une lampe au tungstène pour le domaine visible-IR. La lumière passe à travers un
monochromateur UV-visible ou visible-IR pour sélec- tionner la longueur d’onde excitatrice. Le courant est mesuré par un électromètre à condensateur vibrant CARY 401 dont la sensibilité est proche de 10-17 A. Les densités de photocourant typiques sont
de l’ordre de lO-11-lO-14 A/cm2 pour des champs appliqués voisins de 5 kV/cm.
L’échantillon est dans une configuration du type sandwich et les contacts sont bloquants, c’est-à-dire que les électrodes ne sont pas en contact direct avec
l’échantillon. La nécessité d’utiliser des contacts
bloquants, liée à la faiblesse du photocourant à
détecter sera expliquée plus loin. La lumière passe
Fig. 2.
-Schéma de l’appareillage et géométrie du montage de l’échantillon.
[Measuring system and sample mounting geometry.]
à travers l’électrode frontale transparente et est coli- néaire au champ appliqué. L’électrode transparente
est soit une plaquette de saphir recouverte d’un alliage Ni-Cr soit du mylar recouvert d’une très fine
pellicule d’or. L’autre électrode est soit la même que la première, soit du mylar recouvert d’aluminium.
4.2 THÉORIE DE L’EXPÉRIENCE.
-La faiblesse des
signaux à détecter (jusqu’à 10-14 A) oblige à prendre
des précautions d’isolement, à résoudre des problèmes
de masse, de parasites, etc. L’échantillon doit être dans un bon vide exempt en particulier d’humidité.
La densité de courant totale est la somme des densités de courant de conduction, de diffusion et de déplacement. Pour une interprétation simple des phénomènes, il est préférable que les densités de courant de diffusion et de déplacement soient négli- geables. La densité de courant totale peut s’écrire :
n étant le nombre de porteurs libres, y leur mobilité et E le champ électrique appliqué entre les électrodes.
On démontre aisément que dans les conditions
expérimentales, le courant de diffusion est tout à fait
négligeable [8]. On montre de plus que le nombre de
charges injectées entre les électrodes par l’application
d’une tension en absence d’irradiation lumineuse dans le cas de contacts ohmiques est beaucoup plus grand que le nombre de charges libres produites dans
l’échantillon par irradiation lumineuse en absence de
champ appliqué. Donc l’utilisation de contacts
ohmiques ne devrait pas permettre la détection d’un
photocourant dans nos cristaux d’où la nécessité d’utiliser des contacts bloquants. Dans ces condi- tions, avant toute illumination, le champ aura une
valeur constante dans tout le cristal. Lorsqu’on illu-
mine l’échantillon pour produire des porteurs libres,
une charge d’espace positive va se former progressi-
vement près de la cathode. En effet, les électrons
déplacés laissent derrière eux des charges positives qui s’accumulent d’un côté du cristal alors que des
charges négatives s’accumulent de l’autre et l’échan- tillon se polarise. Il faut donc veiller à éviter toute
polarisation en jouant sur la tension appliquée, le
nombre de photons incidents et le temps de la mesure.
On peut également varier périodiquement la pola-
rité en appliquant alternativement des tensions posi-
tives et négatives.
On observe une dépendance linéaire du photo-
courant avec la tension appliquée (Fig. 3). On est
donc sûr que le signal ne sature pas, c’est-à-dire que le libre parcours moyen du porteur dans la direction du champ appliqué est bien inférieur à la distance
qui sépare les électrodes. Dans ces conditions, la
densité de photocourant est donnée par l’équation (9) :
N est le nombre de photons absorbés par unité de surface et par seconde ; e la charge de l’électron;
V la tension appliquée (typiquement quelques mil-
liers de volts par cm) et deff la séparation effective des
326
Fig. 3.
-Variation de l’intensité du courant photoémis
enfonc-
tion de la tension appliquée pour
unemême énergie de photons
incidents : 1) CaF2 : Ce ; 2) SrF2 : Ce.
[Photocurrent.as
afunction of applied voltage for
aconstant energy of incident photons : 1) CaF2 : Ce ; 2) SrF2 : Ce. ]
électrodes. Compte tenu de la configuration géomé- trique du dispositif cristal-électrodes, on a :
1 et el étant l’épaisseur et la constante diélectrique du cristal, d et 82 l’épaisseur et la constante diélectrique
des lamelles de corindon. mo représente le libre par-
cours moyen (Schubweg) par unité de champ appli- qué tandis que q est le rendement quantique ou la probabilité qu’un photon absorbé conduise à la libération d’un électron se déplaçant d’une distance moyenne m (go
=mo E).
Le nombre de photons absorbés est donné par la relation :
No est le nombre de photons incidents. Il est déter- miné en étalonnant le dispositif d’excitation à l’aide d’une thermopile. On tient compte évidemment de
l’absorption de l’électrode frontale afin de déterminer le nombre de photons qui arrivent réellement sur
l’échantillon. Ce flux de photons par mm’ et par seconde varie entre 1012 et 1015. R est la réflectivité du cristal. a représente le coefficient d’absorption de
l’échantillon. Typiquement, a est de l’ordre de quel-
ques cm-’.
Finalement la relation (2) peut s’écrire :
Tous les éléments contenus dans le terme de droite
sont connus ou déterminés expérimentalement. Le produit Wo 11 est appelé photosensitivité ou photo- réponse. On est donc en mesure d’étudier la dépen-
dance spectrale de la photoréponse non corrigée cependant de la réflectivité du cristal.
Il est important de souligner que la photosensitivité
est une grandeur qui est indépendante de la tension appliquée et de l’intensité de la lumière incidente si
la photoconductivité varie linéairement avec la ten- sion et l’intensité lumineuse comme c’est le cas. La
photosensitivité est donc une propriété intrinsèque
du matériau, étant proportionnelle au produit de la
durée de vie et de la mobilité des porteurs libres, et peut donc être comparée quand on passe d’un maté...
riàu à un autre. D’après la relation (5), la photo-
sensitivité est proportionnelle à la densité de photo-
courant ramenée à un même nombre de photons
absorbés.
4.3 RÉSULTATS.
-On observe une variation linéaire du photôcourant en fonction de l’intensité du faisceau excitateur incident (Fig. 4). Une telle
variation indique qu’on a affaire à un matériau où existe une distribution uniforme de pièges, comme
c’est généralement le cas pour les isolants. Un matériau exempt de pièges donnerait lieu à une variation de
photocourant comme,/,. Remarquons qu’un tel comportement peut aussi être observé dans un
matériau contenant des pièges à condition que la
densité des porteurs libres soit supérieure à la densité des porteurs piégés [10]. Ce n’est donc pas le cas des matériaux étudiés.
Fig. 4.
-Variation de l’intensité du courant photoémis
enfonc-
tion de l’intensité du faisceau incident excitateur monochroma-
tique :
casde CaF2 : Ce.
[The linearity of photocurrent with photon flux :
caseof CaF2 : Ce.]
Les courbes typiques de photosensitivité en fonc-
tion de l’énergie des photons incidents sont repré-
sentées sur les figures 5, 6 et 7. La photoréponse
est observée dans un domaine couvrant 3 à 4 ordres de grandeur. On observe une montée uniforme bien que les courbes d’absorption présentent des pics très prononcés. Ce n’est pas le cas des courbes de photo-
conductivité ramenées à un même nombre de pho-
tons incidents (courbes non représentées) qui sont généralement fortement modulées par l’absorption,
la corrélation entre les pics d’absorption et de photo-
conductivité indiquant que les transitions conduisent bien à la création d’électrons libres à partir des centres
absorbants et qu’on a affaire à un processus d’auto-
ionisation.
FIG. 6.
Si on admet que la réflectivité R du cristal et le libre parcours moyen de l’électron libre par unité de
champ mo sont pratiquement indépendants de l’énergie
des photons incidents, on conçoit alors que la varia- tion de la photosensitivité reflète fidèlement la varia- tion du rendement quantique q. Pour chiffrer le seuil de photoconductivité, on prend la valeur de l’énergie
FIG. 7.
Figs. 5, 6, 7. -1) Courbe d’absorption (échelle de droite) ; 2) Pho- tosensitivité (échelle de gauche).
[1) Absorption
curve(use scale
onright); 2) Photosensitivity (use
scale
onleft).]
au-dessous de laquelle le signal n’est plus mesurable
avec l’appareillage utilisé. Le système de détection étant très sensible, et l’évidence d’une montée très
rapide du rendement photoélectronique permettent l’identihcation des seuils avec une assez grande pré-
cision. Le déplacement des seuils se fait du côté des basses énergies lorsqu’on passe de CaF2 à SrF2 puis BaF2. Le seuil est à 1,6 eV pour CaF2 : Ce2 +,
,1,3 eV
pour SrF2 : Ce2 + et vers 1,1 eV pour BaF2 : Ce2 + .
5. Discussion.
-Des études antérieures réalisées
sur les ions Tm2+, Ho2+ et Dy2 + [ 1] ont montré
que les énergies de photoionisation des ions terres
rares pouvaient être décrites par l’expression :
où 13 représente le troisième potentiel d’ionisation de l’ion libre (énergie nécessaire pour arracher un élec- tron à l’ion divalent) et C est un terme correctif qui
tient compte du fait que l’ion est dans un cristal.
La qualité du modèle proposé sera donc d’autant meilleure que la grandeur C sera calculée avec une plus grande précision. Puisqu’on est dans le cas de
cristaux ioniques, l’effet de l’environnement cristallin
328
de l’impureté est décrit par le potentiel de Madelung
et on tient compte de la polarisation électronique de
la matrice durant le processus d’ionisation. On n’at- tend pas d’un modèle aussi simple qu’il donne l’énergie
de photoionisation avec une grande précision. On espère plutôt qu’il rendra compte de l’évolution de
l’énergie des seuils quand change la nature de l’impu-
reté et lorsque le cristal hôte varie de CaF2 à SrF2 puis BaF2. En premier examen, on peut penser que
Ep, suivra l’évolution de 13 dans le cas d’impuretés
situées dans un même cristal, C étant alors une constante. De plus, pour une même impureté dans
différents cristaux, EpI devrait suivre à peu près
l’évolution de l’énergie de Madelung, l’énergie de polarisation variant peu. En fait ces deux prédictions
ne sont généralement pas confirmées par l’expé-
rience. Cela tient au fait que si la symétrie ponctuelle
au site impureté reste la même qu’au site métallique
du cristal, c’est-à-dire Oh, la distance fluor-impureté
est généralement différente de la distance métal-fluor du cristal. Ceci a été montré clairement par des
mesures ENDOR effectuées sur Tm2 + et EU2 ’ dans les cristaux CaF2, SrF2 et BaF2 [11]. Il est alors néces-
saire de tenir compte de ces variations dans le calcul de l’énergie de Madelung au site impureté. L’énergie
du seuil se calcule alors selon la formule :
Les corrections apportées peuvent atteindre ± 3 eV
ce, qui est très appréciable.
Considérons le tableau 1 où sont consignés d’an-
ciens résultats relatifs aux ions Tm2+, Ho2+ et Dy2+
dans CaF2 et les nouvelles données concernant le cérium divalent dans CaF2.
Examinons l’évolution des seuils de photoconduc-
tivité expérimentaux observés dans CaF2 dopés par divers ions terres rares divalents. Pour les trois pre- miers ions Tm2 +, Ho2 + et Dy2 +, cette évolution
reflète tout à fait celle de leurs troisièmes potentiels d’ionisation, en accord avec les énergies de photo-
ionisation calculées. En effet, les rayons de ces trois ions étant pratiquement identiques, ils occupent vrai- semblablement la même position dans CaF2. Les
corrections de Madelung DEM+ + sont donc égales et
calculées à partir des données expérimentales connues
pour Tm2 + . Dans ces conditions C est une constante et dans l’expression (7) seul 13 varie. Passons au cas
du cérium. Un troisième potentiel d’ionisation est
20,2 eV. En fait, il faut considérer que l’état fonda- mental et les états excités les plus bas de Ce 2+ dans
les fluorures proviennent de la configuration 4f 5d
et non de la configuration 4f’ comme c’est ordinaire-
ment le cas pour les autres terres rares. Sachant que la configuration 4f 5d se situe à environ 0,9 eV au- dessous de la configuration 4f [12], on est ramené
à un troisième potentiel d’ionisation I3
corrde 21,1 eV.
Si l’évolution des seuils précédemment observée
devait se confirmer, on devrait obtenir une valeur expérimentale de Ep, voisine de 0 eV, ce qui mettrait
en cause la stabilité chimique donc la propre existence Tableau 1.
-Comparaison des énergies de seuil expérimentales avec le modèle du cristal ionique.
[Comparison of experimental threshold energies with ionic crystal model.]
e) Energie de Madelung par électron
ausite M++ du cristal (Réf. [14]).
,(b) Troisième potentiel d’ionisation de la terre
rare(Réf. [13]). Pour le cérium,
on aajouté 0,9 eV à la valeur donnée
enréférence [13]
(voir référence [12] et explications dans le texte).
(c) Distance métal-fluor du cristal.
(d) Distance impureté-fluor (distance seulement estimée pour le cérium).
(e) Correction de l’énergie de Madelung
ausite impureté.
l’) Energie de polarisation
ausite M+ + (Réf. [15]).
(g) Energie du seuil calculée =I3 + EM + + + AËM++ - EPM +
+.(h) Energie du seuil observée.
,[(a) Madelung energy per électron at M + + site of host crystal (Ref. [14]).
(b) Third ionization potential of rare-earth (Ref. [13]). For cerium, it
wasadded 0.9 eV to the value given in reference [13] (see refe-
rence