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CORA DEL RIO CAPRICE CHARNEL. LES NYMPHES , rue Lamarck PARIS

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CAPRICE CHARNEL

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CORA DEL RIO

CAPRICE CHARNEL

LES NYMPHES 136. 138 , rue Lamarck

PARIS

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Copyright by Editions Las Nymphes, Paris 1958.

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservée pour tous pays,

y compris l'U.R.S.S.

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I

Philippe avait toujours considéré Monique Morange comme une chic fille. Jusqu'au jour où il s'était, en outre, aperçu qu'en maillot de bain, elle avait une certaine allure et mê- me des formes particulièrement attrayantes.

Monique, « Nick » pour les copains et même pour les autres, était le garçon manqué de la bande.

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Elle sifflait dans ses doigts, grimpait aux arbres, escaladait les rochers, fumait, nageait et haïssait la danse.

Bref, c'était une fille à la page et le meil- leur copain de la bande. Celui sur qui on pouvait compter en toutes circonstances.

Délurée, franche, pas poseuse. Possédant toutes les qualités que l'on accorde générale- ment au sexe fort et n'ayant aucun de ces petits trucs si féminins qui font le charme des filles et causent souvent la perte des gar- çons.

Chaque année, la bande au grand complet, se retrouvait pour les vacances à Kerdouec.

Cette fois-ci, on avait eu cependant à déplo- rer la défection de Lionel qui s'était marié dans le courant de l'hiver et celle de Fran- çois, appelé sous les drapeaux.

La bande qui s'échelonnait entre quinze et vingt-deux ans, comprenait le chef : Philippe, le plus âgé et son adjoint : Georges.

Il y avait également une sœur de Georges : Josiane, seize ans. Jolie comme un cœur, blonde comme les épis et bavarde comme une pie. Elle était du reste le seul élément de la

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bande appartenant au sexe féminin, puisque Nick était depuis toujours considéré comme

« un bon copain ».

Il y avait aussi quatre autres garçons. Bref, toute une belle équipe dont les rires sonores et les poursuites endiablées, compromettaient quelque peu le repos des autres estivants.

Et ces vacances-là auraient été toutes sem- blables aux précédentes si un élément nou- veau ne s'y était mêlé : une Nick un peu dif- férente de celle que l'on avait surnommé « le bon copain ».

Et cette Nick-là était tellement jolie, telle- ment surprenante aussi que Philippe ne put résister au désir de faire plus ample connais- sance avec elle.

Habitués depuis leur plus tendre enfance à se chamailler, à chahuter, parfois même à se battre pour finalement se réconcilier, Phi- lippe et Nick n'éprouvaient vis-à-vis l'un de l'autre, aucune de ces retenues ou pudeurs existant parfois entre camarades de sexe opposé.

Au contraire. Animés du même esprit de compétition, ils aimaient s'affronter, se me- surer l'un à l'autre, se lançant des défis, fai-

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sant rageusement travailler leurs muscles.

Aussi ardents dans la lutte. Aussi résistants l'un que l'autre.

Philippe avait fini par oublier que Nick était, une fille, aussi était-il sincèrement heu- reux et fier de lui quand il réussissait un ex- ploit où elle avait échoué.

Et cette année-là, les choses se déroulèrent de la même façon que les années précédentes.

Tout au moins en apparence.

La famille Gallion était déjà arrivée et installée depuis une semaine lorsque les Mo- range, les parents de Monique, firent à leur tour leur apparition.

Les deux familles, sans se fréquenter réel- lement, entretenaient d'excellents rapports de voisinage, se rencontrant principalement sur la plage ou au hasard d'une promenade, tandis que leurs enfants se retrouvaient chaque jour à l'heure du bain ou à celle de la sieste.

A peine arrivée, le premier soin de Monique fut donc de s'esquiver pour gagner les rochers de Kerdouec.

Elle et ses parents avaient roulé toute la nuit, déjeuné dans une auberge et n'étaient arrivés au village que dans le courant de

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l'après-midi, harassés, mais ravis d'entrevoir l'œil magique du soleil qui daignait faire son apparition.

M. et Mme Morange, aidés de leur fille, descendirent les bagages, puis décidèrent de se retirer dans leur chambre pour s'y reposer des fatigues du voyage.

Tous les ans, c'était ainsi.

On n'ouvrait que le lendemain matin les volets bleus de la villa retenue pour la saison et que l'on partageait avec un autre couple, flanqué de deux grandes filles sensiblement du même âge que Monique.

Seule, Nick, grisée à l'avance par l'air ma- rin, se précipitait dans la salle de bains pour y prendre une douche, puis en ressortir quel- ques instants après, la mine reposée, fraîche, vêtue d'un short très court et d'un sweater qui moulait ses seins timidement pointés.

Les pieds nus dans ses sandales, elle se diri- geait ensuite vers la plage.

Son père et sa mère retirés dans leur cham- bre, ne s'avisaient pas de vérifier si leur fille faisait la sieste.

Elle était donc tranquille jusqu'à l'heure du dîner.

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Philippe s'étira.

Sous sa peau déjà bronzée par le soleil, les muscles apparurent longs et souples.

Lentement, le garçon se redressa. Inspec- tant l'horizon dont les lignes douces et bleu- tées se mélangeaient à la mer d'un calme plat et reposant.

Ses cheveux bruns tombaient en boucles épaisses sur son front, frisottant très bas sur sa nuque.

Il était grand, bien bâti. Avec des épaules larges et des hanches minces et nerveuses.

Des traits réguliers. Des yeux bleus dans un visage allongé au menton droit.

Il ne portait qu'un slip de bain, minuscule et des lunettes noires.

Monique, juchée sur la falaise, le repéra de loin.

Elle se mit alors à siffler.

Aussitôt, il se leva en reconnaissant le coup de sifflet lancé par son amie.

Alors elle dévala en courant le promontoire sablonneux sur lequel elle se trouvait.

Au loin, elle apercevait la plage noire de monde, les tentes multicolores, les cabines ali- gnées, et les centaines de corps à demi nus qui

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se rôtissaient au soleil.

Il y avait davantage de monde sur la plage que dans les eaux vertes de l'océan. A cause de la digestion, sans doute !

Elle remarqua aussi un groupe d'enfants qui jouaient au ballon et l'envie soudaine de s'incorporer dans leurs jeux, lui fit un instant oublier la bande.

Mais Philippe avait relevé la tête.

L'apercevant enfin, il la rejoignit. Ota ses lunettes.

— Bonjour, fit-il en lui tendant la main.

— Bonjour. Les copains ne sont pas là ?

— Tous envolés à Saint-Brieuc ! Pour la grande kermesse... Moi, je préfère la plage.

Ils se retrouvaient avec un évident plaisir, mais sans émotion.

Tous les ans, la petite scène se renouvelait : on se revoyait après dix mois de séparation, quelques cartes postales échangées, une année estudiantine bien chargée. Tout de suite, on échangeait ses impressions. On parlait de la bande et des autres. Jamais de projets d'ave- nir.

Cela, c'était bon pour les grandes per- sonnes.

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Ils appartenaient encore au royaume mer- veilleux de l'adolescence, cette antichambre entre l'enfance et l'âge adulte. Ils se sourirent.

— Tu n'as pas changé, Philippe, apprécia Nick en fixant ses grands yeux noirs sur le visage de son ami.

— Toi non plus, Nick ! Elle lui faisait face : silhouette menue et mince. Trop mince même, avec ses jambes fuselées, ses cuisses dures, ses genoux angu- leux.

Sa queue de cheval emprisonnée par une grosse barrette d'écaille, battait sa nuque en cadence à chaque mouvement de tête.

— On se baigne, dis ? demanda Philippe.

J'en ai par-dessus la tête de me rôtir au so- leil.

— Si tu veux.

— Allons plus loin, derrière les rochers.

Ici, il y a trop de monde.

A la même allure vive, un peu garçonnière, Nick emboîta le pas à Philippe.

Finalement, ils se retrouvèrent dans une sorte de grotte humide.

Sournoisement, les vagues venaient mouiller

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leurs sandales et s'insinuer entre les parois rocheuses.

Depuis toujours, ils se déshabillaient et se rhabillaient l'un devant l'autre sans éprouver de gêne.

Parfois même, ils s'aidaient à se sécher, lorsque la température ne leur permettait pas de s'étendre sur le sable pour se chauffer au soleil.

D'un geste vif, Nick saisit le bas de son sweater et le passa par-dessus sa tête.

Ensuite, elle retira son short.

Elle avait passé son maillot de bain avant de se rendre sur la plage.

C'était un maillot d'une seule pièce en ny- lon bleu roi.

Sans épaulettes.

Ensuite, elle défit sa barette, la glissa dans la poche de son short et secoua la tête afin de remettre ses cheveux en place.

Puis elle rejoignit Philippe qui l'attendait devant l'ouverture de la grotte.

Il se retourna, la considérant avec étonne- ment.

— Qu'est-ce que j'ai ? Du noir sur la figu- re ? fit-elle consciente de la stupeur de Phi-

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lippe.

— Non...

— Alors, ne fais pas cette tête-là ; viens ! Elle lui saisit la main. Elle était moite et chaude.

— Qu'est-ce que tu as ?

— Rien, fit-il d'une voix sèche.

Elle le trouva bizarre et, vexée, n'insista pas.

Sans joie, elle gagna la plage.

Elle ne comprenait rien à l'attitude de Phi- lippe.

Elle marchait devant lui, et avec stupeur, le garçon découvrait des choses qu'il n'avait encore jamais remarquées jusqu'alors... Des choses qui lui mettaient subitement la tête à l'envers.

Il avait beau essayer de penser à Josiane, jolie comme un cœur, blonde comme les épis et bavarde comme une pie, c'était Nick qui s'imposait à lui. Pourtant il était amoureux de Josiane. Alors ?

C'est que Nick avait beaucoup changé. En mieux.

L'adolescente maigrichonne au visage in- grat qui ressemblait davantage à un jeune

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garçon qu'à une jolie fille, s'était transformée.

Bizarre ! Il ne s'en était pas rendu compte immédiatement.

Vêtue à la diable de ce short de toile bis, de ce sweater délavé, il avait eu l'illusion de retrouver son petit copain Nick.

Puis Nick s'était dépouillée de son accoutre- ment pour apparaître sous un aspect nouveau et combien plus séduisant !

Etait-ce ce maillot de bain ?

Ce maillot qui moulait si parfaitement ses formes, faisant rebondir les seins, creusant la taille, arrondissant les hanches... Ce maillot qui, de chaque côté emboîtait les fesses, les faisant paraître plus grosses et plus charnues qu'elles ne devaient l'être en réalité.

Avec ce maillot-là, impossible de ne pas s'apercevoir que Nick, son petit copain, était une fille ravissante et désirable !

Il en fut attristé. Presque honteux des sen- timents qui l'agitaient.

Il lui semblait que l'amitié, qui jusque-là les unissait, ne résisterait pas à une telle cons- tatation.

Des filles, il y en avait beaucoup sur cette plage bretonne ! Mais hors Josiane, l'inacces-

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sible, coquette et cruelle Josiane, une seule l'intéressait : Nick.

Après tout, c'était peut-être à cause du jeu un peu pervers auquel se livrait Josiane.

Ses sens exacerbés par la présence de Jo- siane, avaient besoin de se satisfaire !

Voyons, quel âge pouvait avoir Nick ? Seize ans ? Dix-sept ans peut-être ? Ce gamin dont il aimait le sourire narquois et tendre tout à la fois lui tenait cependant plus à cœur que la jolie fille à la chevelure noire et soyeuse.

— Alors, on y va ? Elle doit être bonne ! lui cria Nick de sa voix aiguë.

Se tenant par la main, ils s'approchèrent du rivage, attendant un remous de vagues pour s'avancer davantage.

L'une d'elles, pleine d'écume, vint mouiller leurs chevilles.

Alors, ils se ruèrent vers la mer et commen- cèrent à nager.

Seuls, leurs visages se maintenaient au-des- sus de l'eau.

En un instant, ils retrouvèrent toute leur bonne humeur, toute leur joie de vivre.

Les longs cheveux dénoués de Nick ressem-

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blaient à une fragile écharpe de mousseline noire.

Philippe s'approcha d'elle, l'œil rieur et vif.

Elle lui envoya de l'eau au visage.

Il feignit se fâcher et commença à la cour- ser.

Plus rapide que lui, elle se mit hors de sa portée, mais au bout d'un moment, sa résis- tance faiblit. Elle dut s'arrêter pour reprendre haleine et Philippe, en quelques brasses, fut sur elle. Il la bouscula, lui fit perdre l'équili- bre, mais elle se retint à son épaule et menaça de le faire chavirer.

Ils échangèrent ainsi bourrades et coups de poing.

C'était une de leurs vieilles habitudes de se taquiner ainsi jusqu'à ce que l'un d'eux réussisse à faire boire la tasse à l'autre. Le vainqueur s'éloignait ensuite, satisfait de son exploit et magnanime, proposait de faire la paix. Ce que l'autre acceptait invariablement.

Cette fois, Philippe évitait de trop s'appro- cher de Nick. Le simple contact de ses mains lui causait un trouble bizarre.

Aussi, se laissa-t-il surprendre par la traî-

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trise de la jeune fille qui, lui appuyant brus- quement sur la nuque, lui maintint le visage dans l'eau. L'espace d'une seconde. Surpris, suffoqué, il se redressa, cracha, rejetant toute cette eau qui s'était infiltrée dans sa bouche.

Nick riait. Un peu nerveusement toutefois.

— Ce jeu est s tupi de, fit-il en haussant les épaules.

Et sans plus s'occuper d'elle, il se mit à na- ger en direction des falaises.

Au bout d'un moment, elle le rejoignit.

— Qu'est-ce que tu as ? Tu es fâché ? questionna-t-elle, en riant.

— Non, je ne suis pas fâché, mais...

Les yeux de Nick le fixaient, brillants et noirs comme du diamant. Il en fut bouleversé.

Que de découvertes en une seule journée ! Jamais encore, il ne s'était rendu compte qu'elle avait un regard aussi attirant.

Ils s'allongèrent sur le sable, l'un près de l'autre.

Ils avaient choisi un coin perdu, derrière les rochers.

— Philippe, fit soudain Nick en ramenant ses genoux sous elle. Qu'est-ce que tu as ? Tu n'es pas content de me revoir ?

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— Si, je suis content.

— Alors, il y a quelque chose qui te tra.

casse ? Dis-le moi ! On est des copains...

— Nick, je voudrais t'embrasser, lui avoua-t-il.

— M'embrasser ? Pour quoi faire ? deman- da-t-elle avec étonnement.

— Pour voir l'effet que ça nous ferait à tous les deux.

— Mais on s'embrasse jamais entre copains, fit-elle, d'un air digne.

— Oh !

— Est-ce que tu penserais à embrasser Da- niel, par exemple ? questionna-t-elle mali- cieusement.

— Non, mais toi...

— Est-ce que je suis ton copain, oui ou non ?

— Tu étais mon copain... avant...

— Plus maintenant ? fit-elle en se précipi- tant vers lui, ose dire que je ne suis plus ton copain ?

— Oh ! Nick, tu es insupportable, fit-il en s'asseyant.

Mais elle se laissa tomber en riant près de lui.

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Il la saisit alors par le cou et la renversa sur ses genoux, presque de force. Cette fois, Nick ne riait plus.

Il y avait même une sorte de stupeur dou- loureuse au fond de son regard.

Il la lâcha.

— Allons nous rhabiller ! fit-il d'un ton rauque.

— Pourquoi ?

— Qu'est-ce que tu as donc à toujours me questionner ? ronchonna-t-il.

— Oh ! ça va, fit-elle, vexée.

En silence, ils se glissèrent dans la grotte.

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— Nous n'avons même pas eu le temps de nous sécher, fit Monique en faisant glisser son maillot le long de ses hanches.

— J'ai mon peignoir de bain, je vais te le prêter.

Il rentra à l'intérieur de la grotte.

A tâtons, il gagna l'endroit où il avait laissé ses affaires. Prit le peignoir de bain, le tendit à Monique qui s'enveloppa dedans.

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La pénombre leur permettait de se deviner sans se voir réellement.

Philippe regagna l'ouverture de la grotte.

Sa haute silhouette se découpait sur le ciel qui s'assombrissait...

Il pensait toujours à Monique, à tout ce que la révélation de sa beauté avait fait naître en lui.

Rien ne serait plus comme avant. Il en avait le pressentiment. Une barrière infranchissable venait de s'éle- ver entre eux : celle de la retenue, de la pu- deur qui existe entre un garçon et une fille qui ne sont pas amants.

Il pouvait, les années passées, la taquiner, chahuter avec elle, même la regarder toute nue, sans en éprouver aucun trouble.

A quelques détails près, elle était faite comme lui.

Aussi plate de poitrine qu'un adolescent, avec des hanches maigres et des fesses poin- tues... réellement, elle était bien son copain Nick.

Mais cette année-ci...

Une angoisse soudaine s'installait en lui...

Tandis que son cœur battait plus vite. Juste

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ce qu'il faut au moment du trouble émotion- nel né de l'amour et du désir.

Elle l'appela soudain.

Il rentra dans la grotte et ce fut elle qui en surveilla l'ouverture tandis qu'il ôtait son slip encore mouillé pour passer son short et un loup de mer.

Il discerna alors les véritables origines de son trouble à la brusque montée de son appa- reil sexuel et demeura, stupide et rêveur, de- vant une telle constatation.

— Alors, qu'est-ce que tu as ? Tu te dépê- ches ? fit Nick en tournant la tête sans arrière- pensée.

— Nick, fit-il, d'un ton angoissé, ne t'ap- proche pas... Reste où tu es.

— Pourquoi ?

Il saisit précipitamment son short, l'enfila.

Elle partit à rire :

— Décidément, tu es devenu dingo, mon pauvre Philippe !

Son short enfilé, il se sentit plus à l'aise.

— Tu n'es pas encore fini d'habiller ? fit- elle en se retournant. Il t'en faut du temps...

Il évitait de la regarder.

— Alors, mon vieux Phil, qu'est-ce qui ne

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va pas ? questionna-t-elle, mi-railleuse, mi- tendre.

— Rien...

Elle passa sa main sous le bras du garçon.

Il frémit de sentir les doigts tièdes de la jeune fille se poser sur sa peau et brusque- ment il l'attira contre sa poitrine.

Elle était beaucoup plus petite que lui.

Le haut de sa tête arrivait péniblement au menton du garçon et elle fut surprise par la toison épaisse qui lui chatouillait la joue.

— Philippe...

Il se pencha vers elle. Ses lèvres closes rencontrèrent celles de Nick.

Bouches fermées, ils échangèrent leur pre- mier baiser.

Elle soupira puis se dégagea.

— C'est mal, laisse-moi.

— Mais c'est bon aussi, n'est-ce pas ?

— Je ne sais pas...

— Tu n'as jamais essayé ?

— Quoi donc ?

— D'embrasser un garçon.

— Si...

— Alors ?

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ACHEVÉ D'IMPRIMER SUR LES PRESSES DE L'IMPRIMERIE SPÉCIALE DES ÉDITIONS « LES NYMPHES »

Dépôt légal 1 trimestre 1959.

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Participant d’une démarche de transmission de fictions ou de savoirs rendus difficiles d’accès par le temps, cette édition numérique redonne vie à une œuvre existant jusqu’alors uniquement

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