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Mercredi 25 janvier 2012

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Academic year: 2022

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Intervention de Pierre BAYLE, préfet de l’Aisne, Intervention de Pierre BAYLE, préfet de l’Aisne,

à l’occasion de la présentation du programme de déconstruction à l’occasion de la présentation du programme de déconstruction

des logements du

des logements du Vieux ChevreuxVieux Chevreux «« Moulin Notre DameMoulin Notre Dame »»

Mercredi 25 janvier 2012 Mercredi 25 janvier 2012

Monsieur le Maire [Patrick Day], Monsieur le sous-préfet,

Monsieur le directeur [Kléber Baclet, directeur de l’ODES]

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdemoiselles, Mesdames et messieurs,

Je suis heureux d’assister, M. le Maire, à cette présentation du programme de déconstruction des logements du Vieux Chevreux

« Moulin Notre Dame ».

Cette rencontre que vous avez voulu festive marque le lancement d’un projet aussi complexe qu’ambitieux, qui doit améliorer sensiblement le cadre de vie des habitants de la cité du Vase.

A l'horizon 2013, sur la France entière, 490 quartiers seront rénovés, améliorant ainsi le cadre de vie de près de 4 millions d'habitants. Pour tenir cet engagement national, le rôle des collectivités territoriales est déterminant pour mettre en action cette solidarité, condition sine qua non de la rénovation urbaine. Si l’Etat a bien apporté sa pierre à l’édifice du projet de rénovation urbaine de cette ville (PRU), ce sont les membres de votre équipe municipale qui se trouvent à son

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se veut être une ville solidaire afin d'améliorer au quotidien la vie des plus défavorisés, des délaissés.

En vous engageant pleinement dans ce projet, vous donnez la preuve que l’action publique n’est pas impuissante face aux problématiques sociales et économiques, que les responsables politiques ont non seulement la capacité mais aussi la volonté d’agir pour développer leur territoire et que notre département, l’Aisne, n’a rien à gagner à céder aux sirènes du fatalisme et de la passivité.

Cette réussite, c’est aussi celle de la politique de la Ville : une modalité originale de l’action publique qui, depuis sa naissance il y a un peu plus de deux décennies, n’a cessé de se réinventer, de s’étoffer, de s’adapter aux besoins des quartiers défavorisés. La longévité de cette politique publique, reprise et amplifiée par tous les gouvernements depuis les années 1980, témoigne de la pertinence et de la noblesse de sa vocation première, qui est d’apporter un soutien particulier aux zones urbaines les plus touchées par le chômage, la pauvreté et l’exclusion, en engageant de profonds travaux de rénovation urbaine au service de la mixité sociale. Cette politique nationale participe également au soutien de l'économie locale. Avec un total 12 milliards d’euros de subventions affectées par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, ce sont 45

000 emplois directs dans le secteur du BTP qui sont engagés sur les chantiers du Plan national de rénovation urbaine

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Je rappellerai quelques dates fondatrices, avant d’en venir au projet dont nous célébrons aujourd’hui le lancement.

L’année 1981 voit la naissance des programmes de développement social des quartiers (DSQ) : une décision qui fait suite aux troubles constatés à Vénissieux, en banlieue lyonnaise.

Les programmes de DSQ ne se voulaient cependant pas une simple réponse « conjoncturelle », à un problème de violences ponctuel.

Non, ils avaient pour ambition de s’attaquer aux causes structurelles de ces mêmes phénomènes : urbanisation mal pensée, sous-emploi chronique des habitants et en particulier des jeunes, concentration de nombreux problèmes socio-économiques dans certains quartiers, ségrégation socio-spatiale.

La création en 1988 de la Délégation interministérielle à la Ville (DIV) vise à approfondir l’extension de la politique de développement social des quartiers.

En 1990, après de nouveaux troubles, cette fois-ci à Vaulx-en- Velin, le Président de la République annonce dans son discours de Bron la création d'un ministère de la Ville, confié à Michel Delebarre.

C’est à cette époque que sont signés les premiers « contrats de ville » entre l’Etat, les collectivités et leurs partenaires, qui servent de cadre juridique à la mise en œuvre de projets d’équipements dans les quartiers dévalorisés.

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2003 est une autre année charnière. La « loi Borloo » du 1er août définit un programme national de rénovation urbaine (PNRU) et fonde l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) dont je suis le délégué territorial dans l’Aisne.

Il s’agit pour cette nouvelle entité de cofinancer la restructuration des quartiers classés en zone urbaine sensible (ZUS) afin d’y accroître la mixité sociale, sous l’égide des maires ou présidents des intercommunalités concernés et des ministres en charge de la Ville et du Logement.

[Point sur les projets de rénovation urbaine dans l’Aisne et en Picardie]

En 2012, sur le plan national, la politique de rénovation urbaine concerne pas moins de 389 dossiers pour plus de 3 millions d’habitants.

Le plan national de rénovation urbaine, mis en œuvre par l’ANRU, a été doté de 11,5 milliards d’euros pour restructurer les quartiers dans le cadre de plus de 43,7 milliards d’euros d’investissements sur le plan national. En 2012, ce sont environ 400 quartiers qui auront été rénovés dans le cadre de ce plan.

Cette contribution du PNRU à la restauration de la qualité de vie dans les quartiers populaires est déterminante : 90 % des habitants des

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Depuis 2003, 81 110 logements ont été construits, 230 800 logements sociaux rénovés et 91 510 logements vétustes démolis. La création d'équipements publics, le retour de l'activité commerciale ou encore la sécurisation des pieds d'immeubles sont autant d'améliorations pour la vie quotidienne des habitants.

En Picardie, 1,08 milliard d’euros de montant projets ont été signés, avec une subvention au titre de l’ANRU de 302 millions d’euros.

Dans notre département, l’ANRU apporte son soutien à quatre opérations de rénovation urbaine à Soissons, Belleu et Saint-Quentin.

Celle qui nous intéresse aujourd’hui, je veux parler du programme de rénovation urbaine de Presles et Chevreux, a bénéficié d’une participation au titre de l’ANRU de 22,09 millions d’euros sur un montant d’investissements de 67,8 millions d’euros, soit près du tiers du coût total de l’opération.

Avec la déconstruction du « Vieux Chevreux », le PRU entre dans une phase réellement opérationnelle.

Vous avez, M. le Maire, rappelé l’ampleur de ce projet qui concerne pas moins de 154 logements et s’effectuera en trois phases, portant respectivement sur 80, 54 et 20 logements et qui devraient s’achever en juin 2013.

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Ces trois opérations font l’objet d’un soutien financier appréciable de l’ANRU, de plus de 7 millions d’euros [7 183 556,78 euros], dont plus de 2 millions pour la première phase [2 267 871,87 euros ; NB 904 232,48 euros pour la deuxième phase et 401 1452,43 euros pour la troisième phase.]

Ces masses financières très importantes créent une obligation impérieuse de résultats.

En lieu et place des logements destinés à la déconstruction, et dont la plupart des anciens habitants ont comme vous l’avez rappelé été relogés dans d’excellentes conditions, un nouveau quartier sera créé traduisant la volonté de développer la mixité sociale à Soissons en garantissant la diversité des modes d’accession aux nouvelles constructions.

Cependant, la rénovation urbaine ne saurait se résumer à une action sur le bâti et le cadre de vie : c’est une politique bien plus ambitieuse, dont les habitants des quartiers populaires constituent le véritable épicentre et dont ils ont pu contribuer à la définition dans le cadre de la convention de gestion urbaine de proximité (GUP).

Vous l’avez compris et vous l’affirmez clairement : « la transformation de Presles et Chevreux, c’est l’affaire de chacun et c’est l’affaire de tous », de tous les acteurs publics qu’elle mobilise mais aussi et surtout de nos concitoyens.

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[Réflexion gouvernementale pour l'après 2013]

Maurice Leroy, ministre de la Ville a organisé en fin d'année 2011 (le 11 octobre) une rencontre nationale pour réfléchir à l'avenir du PNRU, qui s'achèvera en 2013, notamment sur les besoins, les modes d’intervention et les financements nécessaires pour la mise en œuvre d'une deuxième phase du programme de rénovation urbaine.

Avec près de 43 milliards d'euros de travaux générés, tout n'a pas encore pu être fait. Indépendamment des quartiers qui restent encore à rénover, des problématiques nouvelles sont apparues depuis 2004 et qu'il faut dorénavant prendre en compte comme le traitement des copropriétés dégradées, l'habitat indigne…

Face à ces nouveaux enjeux, Maurice Leroy, Ministre de la ville a demandé aux acteurs de la rénovation urbaine "d'avoir résolument le courage de définir les grandes priorités nationales et de faire des choix clairs", tout en les invitant à "optimiser les ressources et trouver des solutions innovantes pour soulager les charges qui pèsent sur les finances publiques."

Des propositions seront formulées et transmises au chef du Gouvernement prochainement.

Afin d'affiner les nouvelles orientations en matière de rénovation urbaine, le ministère de la Ville, conjointement avec trois ministères (Ministères de l'écologie, de l'économie et de l'Intérieur) souhaite disposer de données précises, se fondant sur une analyse approfondie

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Enfin, une expérimentation a également été lancée (fin février 2011) dans 33 quartiers couverts par des Contrats urbains de cohésion sociale (Cucs), afin de renforcer les engagements pris par l’ensemble des acteurs dans les domaines de l'éducation, de la sécurité et de l'emploi.

Cette expérimentation donnera lieu à une évaluation et permettra de dégager les pratiques à généraliser à l'ensemble des Cucs en 2014.

[Conclusion]

M. le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, je souhaite vous redire mon bonheur d’assister à cette présentation et vous réaffirmer la confiance que je porte en votre projet.

Certes, la transformation d’un ancien quartier, quartier qui avait une Histoire, une identité propres, n’est jamais ni facile ni exempte de douleur. Mais il s’agit ici d’un projet de transformation urbaine, et la transformation n’est pas la disparition.

Une fois leur lieu de vie réaménagé, embelli, désenclavé, les habitants de Chevreux pourront tirer tous les bénéfices de choix urbanistiques qui sont aussi les leurs. Car dans le cadre de la politique de la ville, le citoyen ne subit plus la rénovation urbaine : il la porte, il la dessine, il l’accompagne. Et si votre projet est ambitieux, M. le Maire, vous avez su le porter à hauteur d’homme et chacun ici vous en est reconnaissant.

Je vous remercie.

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