ENTRÉ SOUS LE N' « o,s 09
FACULTÉ
DEMÉDECINE
ET DE PHAKMACIE DE BORDEAUXAJUSTEE 1901-1902
CONTRIBUTION
AL'ETUDE
K.
9 5
VALVULES DU COL DE LA
^/TîliiOîâjfBs, jivi
GO I 5a A • I
THESE POUR LE DOCTORAT EN MEDK«»C^W
présentée et soutenue
publiquement le 25 Juillet 1902
Joseph-Raoul GIRAUD
Né à Saint-Hilaire-d'Estissac(Dordogne),le 12 novembre 1874.
iMM. BOURSIER,
LANELONGUE,professeur....
professeur.... iPrésident.
POUSSON, agrégé
| .luges.
CHAVANNAZ, agrégé \
Le Candidatrépondraaux questions qui lui serontfaites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.
BORDEAUX
IMPRIMERIE Y, CADORET
17, Rue Poquelin-Molière, 17
1902
FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORIIEAUX
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Hydrologieetminéralogie CARLES.
Le Secrétaire dela Faculté : LEMAIRE.
Tardélibérationdu 5 août 18"9, la Facultéaarrêtéqueles opinions émises dans les Thèsesqui
sontdonner niprésentées doivent être considérées comme propres àleursauteurs, et qu'elle n'entend leur approbation ni improbation.
A MON
PÈRE
ET A MAMÈRE
Faible témoignage de mavive gratitude
etdemaprofondeaffection.
A MON
FRÈRE
Témoignage d'affection.
A MES PARENTS
A MES AMIS
A Monsieur le Docteur POUSSON
Professeuragrégé à laFaculté de Médecine de Bordeaux, Chargé du cours de clinique des maladies des voies urinaires,
Chirurgien des Hôpitaux,
Membrecorrespondantde la Sociétéde Chirurgiede Paris, Officier de l'Instructionpublique.
A Monsieur le Docteur PICOT
Professeur declinique médicaleà la Faculté de médecine de Bordeaux
Membrecorrespondant del'Académie de Médecine, Officier de l'Instruction publique,
Chevalier de laLégiond'honneur.
A mon Président, de
.Thèse,
Monsieur le Docteur André BOURSIER
Professeur deCliniquegynécologique àla Faculté de Médecine de Bordeaux, Chirurgien des Hôpitaux,
Membrecorrespondant de la Société de Chirurgie, Officier del'Instruction publique.
Nous sommes
heureux, arrivé
autermede
nosétudes, d'expri¬
mer nos sentiments de reconnaissanceànosmaîtresde la Faculté et des
Hôpitaux.
Que M. le
professeur agrégé Pousson veuille bien accepter ici l'hommage de
notrereconnaissance
pourles enseignements pré¬
cieux
qu'il
nous aprodigués;
cetravail
a étéfait
soussoninspi¬
ration, il
nous adonné desrenseignements
pour nouspermettre
de le mener à bien et tout l'intérêt
qu'il peut présenter c'est à
lui que nous
le devons.
Nous ne saurions oublier M. le
professeur Picot, dont les
vivantes
cliniques
nousont laissé d'ineffaçables souvenirs;
nous avons pusuivre
sescliniques si documentées
et nous ne pour¬rions assez lui
exprimer notre reconnaissance.
Que MM. les
professeurs Démons
etPiéchaud reçoivent égale¬
ment1 assurance de notre
gratitude
pourles
marquesde
sym¬pathie qu'ils
nous ontdonnées.
Nous
prions M. le professeur Boursier d'agréer
nos respec¬tueux remerciements pour
l'honneur qu'il
nousfait
enacceptant
la
présidence de
notre thèse.CONTRIBUTION A
I/ÉTUDE
DES
VALVULES DU COL III! L1 VESSIE
INTRODUCTION
La valvule du col de la vessie est constituée par une
saillie
anormale du bord
postérieur
ourectal de l'orifice du col, saillie
àdirection
généralement transversale et venant recouvrir plus
ou moinscomplètement l'orifice interne de l'urèthre. Elle est
cons"tituée par une
texture de fibres musculaires lisses et de fibres conjonctives revêtues de l'épithélium. Elle donne lieu à des phénomènes dysuriques
graves ens'opposant à la libre issue
de l'urine.
Sur les conseils de notre maître,
M. le professeur agrégé Pousson,
nous nous proposonsd'attirer l'attention
surcette
cause
probablement
peufréquente mais aussi souvent méconnue
de rétention d'urine.
Notre travail se composera
de trois parties
:Dans le
premier chapitre,
nousferons succinctement l'histo¬
rique de la question.
Dans un second nous enexposerons
la symptomatologie et le
diagnostic.
Dans le
troisième,
nous passerons en revueles divers traite¬
ments
qui ont été proposés et leurs résultats opératoires.
Nous ferons suivre ce dernier
chapitre de quelques
rares observations que nous avons purecueillir. Malheureusement
nosrecherches
bibliographiques ont été
peufructueuses et parmi
les
sept
ouhuit observations
quele lecteur trouvera
àla fin de
notre
thèse, deux
sontdues
à notre excellent maître,M. le
pro¬fesseur Pousson.
CHAPITRE PREMIER HISTORIQUE
La notion de l'existencede valvules au col vésical est de date fort récente.
Ce n'est
qu'en 1848
queMercier, dans
unopuscule intitulé
:« Recherches sur une cause
fréquente
et peu connuede
réten¬tion d'urine », créa de toutes
pièces
cechapitre important de la pathologie urinaire. Certes
cette affection futsoupçonnée
par différents auteursqui signalent des phénomènes dysuriques
dus à
l'hypertrophie de la prostate,
àl'hypertrophie des fibres
transversales formant la hase du
trigone de Lieutaud, hypertro¬
phie
quequelques-uns d'entre
euxmêmedésignent
sousle
nom de valvule. Pourd'autres, la luette
vésicalehypertrophiée, les granulations de la prostate pourraient jouer le
rôle d'un vérita¬ble
clapet et jouer ainsi
un rôleimportant dans
le mécanisme de la miction. Mais ces notions étaient fortvagues etfort impré¬
cises, lorsque Mercier démontra,
avecpièces anatomiques
àl'ap¬
pui, l'existence de valvules,
formées parla prolifération des
fibres musculaires lisses existant normalement au col de la ves¬
sie et des fibres
conjonctives
revêtues d'unépithélium du type
habituelde
l'épithélium vésical. Nous
ne citerons donc que pour mémoire les divers travaux antérieurs àMercier,
et sans leur accorder une biengrande importance.
C'est ainsi
qu'en 1818 Deschamps, dans
sonTraité pratique
sur les maladies des organes
génito-urinaires, signale
unrepli
transversal de la muqueuse,
qui, d'après
sonauteur, remplirait
l'office d'une véritable valvule
physiologique. Elle réglerait
l'émission de J'urine à la manière d'unclapet de
pompe.Elle
serait formée par
la luette vésicale
de Lieutaud.Pour Edwards
Home,
inTraité des maladies de la prostate,
traduction
Marchand, Paris, 1820, l'hypertrophie du lobe
moyen,
surtout
sonextension
enlargeur et dans le sens trans¬
versal d'arrière en avant,
formerait
unvéritable opercule auquel il donne le premier le
nomde valvule.
Dansson Praclical
/rert/tse,Ilowship décrit également
unrepli
transversal un peu
analogue à celui de Deschamps, développé
entre les deux orifices uretéraux et
clù
àl'hypertrophie du repli
musculaire normal, allant
d'un oritice
àl'autre et formant la
base du
trigone de Lieutaud.
Guttrie se rallia à cette vue
hypothétique de l'auteur anglais,
et
désigna
cerepli musculaire
sousle
nomde muscles des ure¬
tères.
Enfin,
en1824, Amussat, aide d'anatomie à la Faculté de
médecine de
Paris, présente
unenouvelle description, mais fort incomplète, du relief du bord rectal de l'urèthre. Dans un
mémoire adressé à
l'Académie, il décrit
unléger relief du bord
rectal
qu'il désigne
sousla dénomination de valvule pylorique,
sans doute par
analogie
avecla valvule pylorique de l'estomac.
Mais ce relief
qui existe normalement est loin d'égaler la saillie
valvnlaire décrite par
Mercier et n'a
pasl'importance pathologi¬
que
de celle-ci. Voici d'ailleurs
enquels termes il décrit cette
saillie :
« Sur les côtés de la crête sont
rangées
endemi-cercle les
» ouverturesdescanauxdela
prostate
;derrière
eux, onremarque» une saillie transversale
qui établit
unedémarcation entre la
» vessie et l'urèthre. Ces deux
élévations, la saillie
etla
crête,» se réunissent à
angle droit
etdivisent le
commencementdu
» canal sur la
paroi inférieure
endeux moitiés latérales oupeti-
» tes fossettes. Cette saillie transversale forme une sorte de
»
petite bride et qui ressemble beaucoup à la forme du pylore
t»desséché,
c'est pourquoi je la désignerai
sousle
nomde val-
» vule
pylorique de la vessie
».Il résulte en sommede la lecture des divers travaux ci-dessus
signalés
queleurs auteurs n'ont guère fait allusion qu'à des
déformations du colpar
hypertrophie du lobe
moyende la
pros-tate.
Auguste Mercier, le premier, décrivit
etdémontra,
avecpièces anatomiques
àl'appui, l'existence
de valvules musculai¬res. 11 différencie fort
nettement, dans
sonopuscule
paru en 1848 etintitulé«Recherches sur unecausefréquente
et peucon¬nue de rétention d'urine », deux variétés de valvules.
Les unes sont formées par
l'hypertrophie du lobe
moyende
la
prostate
: ce sont les valvules ditesprostatiques, facilement
reconnaissables aux caractères suivants : leurs bords sontgéné¬
ralement
irréguliers, bosselés,
si bienqu'il
estpossible de découvrir,
sous lamuqueusequi la
recouvre, depetites
tumeursdépendant du tissu glandulaire.
Cetteparoi
vésicale est très excavée parsuite du déplacement de
la lèvrepostérieure
et de l'orifice entier ducol,
vers lepubis
et cettedisposition
a pourconséquence,
sur une coupeantéro-postérieure de la prostate, de
bien mettre en évidence la forme valvulaire de la lèvre
posté¬
rieure.
Les
secondes,
les véritables valvulesmusculaires,
constituéesanatomiquement
parles fibres
musculaires lissesqui forment
normalement le col de la
vessie,
ne sontplus dues,
comme lespremières,
àl'hypertrophie de la prostate, elles
ne sontplus qu'un incident
del'hypertrophie de la prostate envisagée dans
ses diverses formes :elles sontdues au spasme, à
la
contracture où à la rétraction des fibres musculairesqui forment le
col de la vessie.Les
premières étaient
connues bien avantMercier; l'existence
des
secondes, des
valvulesmusculaires,
a été démontrée par Mercier :« Ce n'est
plus, dit-il,
unsimple repli
muqueuxallant
d'une» commissure à
l'autre, ni
la lèvrepostérieure du
col saine ou»
hypertrophiée. Ce n'est
pas nonplus la bandelette
membra-» neuse que
l'on
rencontreparfois
entre les orifices des deux» uretères. 11
s'agit d'un repli épais étendu
en forme de erois-» sant d'un côté à
l'autre, du
méat uréthro-vésicalau niveau de» sa lèvre
inférieure,
recouvrant même un peu salèvre supé-
»
rieure, formé
tantôt pardu tissu musculaire,
tantôt pardu
» tissu
fibreux, le plus
souvent parles deux
réunis ».Giraud
2
Il est incontestable
qu'un des réels mérites de Mercier a été
d'insister sur la nature
musculeuse de certaines valvules, alors
qu'avant lui les auteurs, y compris Guttrie, n'avaient guère
parlé
quede tissus fibreux et élastiques ; mais il est fort regret¬
table
qu'il n'ait
pu segarer contre certaines exagérations qui
ont rendu ses
observations suspectes à des esprits positifs.
Mercier n'était pas
loin,
eneffet, de réduire toute la pathologie
urinaire aux seules
valvules musculaires. Outre
que sathéorie
de l'occlusion
physiologique du col est très attaquable, il abuse
de l'induction et
n'hésite
pasà affirmer rétrospectivement l'exis¬
tence de valvules
musculaires dans des observations dont quelques traits seulement rappellent les symptômes de cette
lésion. Certains faits
de rétention d'urine rapportés
parLalle-
mand, les tailles pratiquées
parRoux
surdes malades qui, en
réalité,
n'avaient
pasde pierre dans la vessie, seraient, à n'en
pas
douter, des
casde valvules méconnues, valvules encore les
soi-disant
névralgies
ourhumatismes du col vésical, valvules
les fameuses chaude
pisses sèches, qui ont tant occupé les au¬
teurs du xvme siècle,
Swediaur
enparticulier.
Depuis le travail de Mercier, il n'est presque jamais plus
fait allusion,
dans la pathologie urinaire,
auxvalvules muscu¬
laires.
Delafosse,
dans
sonTraité clinique des maladies des organes génito-urinaires, leur accorde une brève mention et ne parait
pas
leur attribuer
uneimportance clinique bien grande.
Enfin,
M. le professeur agrégé Pousson,
auCongrès français
d'urologie, lr° session, octobre 1901, fait
unecommunication
sur ce
sujet, et attire l'attention
surcette
cause,à notre avis
importante, de dysurie.
CHAPITRE II
PÀTH0GEN1E
Faut-il
attribuer,
comme le voulaientMercier,
et,après lui,
Coudinant et son élève
Delafosse, la
formation des valvules aucol de la vessie aux contractions violentes et
répétées du sphincter? Elles apparaîtraient,
eneffet,
àl'époque de l'activité
sexuelle et reconnaîtraient pour cause un état
inflammatoire
permanent oulongtemps prolongé de la vessie.
La maladiecommencerait par
le
spasmeintermittent du
colvésical, puis le
spasme se
transformerait
encontraclure permanente. «Les val-
» vules
musculaires,
ditMercier,
sontprécédées des signes de
»l'irritation ou de l'inflammation
qui leur
ontdonné naissance,
»
puis la difficulté
de la miction se manifeste. Parfois celle-ci» augmente
graduellement jusqu'à la rétention complète, mais
» le
plus
souventelle offre
dans leprincipe des phénomènes
» d'intermittence que
l'on attribue
presquetoujours
àdes
rétré-» cissements
spasmodiques et qui dépendent de l'exacerbation
» que
l'irritation éprouve
tantôt pourune cause,tantôt pour une« autre.
» Tout
muscle,
eneffet, adjacent
à unfoyer inflammatoire
» devient le
siège d'une
contracture involontairequ'on désigne
» ordinairement sous le nom de contracture. Chacun sait que
» tel estl'état du
sphincter de l'anus lorsque
cetorifice
estle
»
siège de fissures douloureuses
ou d'hémorroïdesenflammées.» De
même, dans
les cas d'inflammation on d'irritation de la»
vessie,
cet organe se contracte àchaque instant. Dans la péri-
» tonite
généralisée, l'estomac
et les intestins sontcontracturés,» très
rétrécis,
oulorsque leur
membrane muqueuse estle
»
siège d'une vive inflammation. Cette contracture peut devenir
»
permanente lorsque l'inflammation persiste un certain temps.
» Il n'est pas rare, en
effet, de voir à la suite de cystite ou de
»
gastrite la vessie
oul'estomac se rétrécir. Il n'est donc pas
»
illogique d'admettre que les mêmes phénomènes peuvent se
» passer
dans les fibres musculaires du col de la vessie, lorsque
» la muqueuse ou
les granulations prostatiques sont le siège
» d'une inflammation
prolongée
».Donc, Mercier admet une
corrélation absolue, un
rapport de
causeà effet, entre un état
morbide antérieur et
la formation permanente de valvules au
col vésical.
Cette théorie de
Mercier
surla pathogénie des valvules du
col de la vessie nous
paraît très discutable.
Elle
n'explique
pas, eneffet, pourquoi la valvule siège uni¬
quement
surle bord rectal de l'orifice uréthral. La disposition
des fibres
musculaires,
auniveau de la vessie, étant sensible¬
ment la même sur
les deux lèvres du col, il est difficile d'expli¬
quer
cette prédilection de la valvule pour le bord postérieur.
Mercier
attribuait,
comme nousl'avons
vuplus haut, la for¬
mation de valvules aux
contractures violentes et répétées du
sphincter, d'abord intermittentes, puis bientôt permanentes et
engendrant la contracture. Cette pathogénie ne peut être invo¬
quée et admise dans toutes les observations. Beaucoup de ma¬
lades n'ont,
eneffet, jamais présenté le moindre trouble uri-
naire,
la moindre affection vésicale
ouuréthrale.
Le malade
opéré
parTrendelenburg éprouva tout à coup de
la
gêne dans la miction
avecdes besoins impérieux incoercibles
d'uriner. On ne retrouvait
dans
sesantécédents
aucunemaladie
de la vessie ou de l'urèthre. 11
n'avait jamais
eude cystite ni de
blennorrhagie.
Un malade observé dans le
service de M. le professeur
Pousson à
l'Hôpital Saint-André, n'avait dans ses antécédents
aucun trouble du côté des
voies urinaires.
Enfin un malade de Mund
éprouva tout à
coup,à 61 ans, de
lagêne
dans la miction, il
nepeut uriner qu'au prix d'efforts
pénibles et répétés. Il n'a jamais souffert de la vessie *r on ne
21
peut relever claus
sesantécédents qu'une blennorrhagie
con¬tractée à
l'âge de 21
ans,de courte durée, et qui guérit complè¬
tement.
Nous concluons que
dans l'état actuel de
nosconnaissances,
il est difficile d'établir sur des données exactes la
pathogénie
des valvules vésicales.
u
t
e s
ie le
r
ts
le ts
ie
CHAPITRE III
SYMPTOMATOLOGIE
La
symptomatologie des valvules vésicales est fort obscure et
se confond dans
beaucoup de
cas aveccelle de l'hypertrophie
de la
prostate.
Lesvalvules musculaires ont été rarement
diagnostiquées
sur le vivant.Certes, Mercier,
par unegénéralisation outrée, rédui¬
sant toute la
pathologie urinaire
auxseules valvules
muscu¬laires,
portait à priori le diagnostic de valvule musculaire.
Dans
beaucoup d'observations, il
passe soussilence les symptô¬
mes et se contente d'affirmer son
diagnostic
parcette simple phrase
: «Nous
sommes enprésence d'une valvule
muscu¬laire-». Dans d'autres observations où il énumère les
symptô¬
mes
présentés
parle malade,
onvoit
queceux-ci rappellent plutôt
ceuxde l'hypertrophie de la prostate
oud'autres
affections vésicales. Aussi ses observations restent-elles sus¬
pectes, et
sondiagnostic prête-t-il beaucoup à la critique. Dans
toutes les observations
publiées, notamment celles de E. Mund,
de
Trendelenburg, après
uneétude sérieuse et attentive des symptômes, après des cathétérismes répétés et faits
pardes chirurgiens.d'une réelle valeur,
cefut le diagnostic d'hypertro¬
phie du lobe
moyenauquel
ons'arrêta. Dans
unseul
cas, M leprofesseur agrégé Pousson
a pufaire le diagnostic, grâce
au cathétérisme, etl'exactitude de son
diagnostic
aété entière¬
mentconfirmé par
l'intervention chirurgicale.
C'est
qu'en effet
aucundes signes énumérés dans les diverses
observations ne
présente
unevaleur réelle, pathognomonique.
Us
appartiennent aussi bien h l'uréthrite profonde, à la prosta-
tite
chroniquelégère,
auxcongestions du col,
àl'hypertrophie
de la
prostate,
auxcalculs vésicaux.
— 23 —
Les indications résultant du cathétérisme nous
paraissent
seulesavoir uneréelle valeur
diagnostique. Lorsqu'on
aaffaire à
une valvule
prostatique aussi Lien qu'à
unrétrécissement
parrétraction,
l'introduction de la sonde n'est possible qu'à condition
d'abaisser fortement le
pavillon entre les jambes du malade.
Puis, lorsque le bec
afranchi tout l'orifice,
unpetit ressaut
aver¬tit la main de
l'explorateur
quel'instrumenta pénétré dans la
vessie,
en mêmetemps celui-ci s'enfonce de deux
outrois
cen¬timètres presque
malgré le chirurgien.
Si l'on tourne alors le bec de la sonde vers le
bas-fond
vésical et
qu'on le tire ensuite
versl'urèthre,
onconstate qu'il
accroche solidement la lèvre
postérieure du col. Mais les
sensa¬tions 11e sont
plus les mêmes suivant qu'on
aaffaire à
uneval¬
vule
prostatique
ouà
unevalvule musculaire.
Dans le
premier
cas,le plan incliné de la lèvre postérieure
est moins
abrupt; l'instrument attiré
enavant l'accroche moins
solidement. Pour faire tourner
plus librement le bec à droite
ou à
gauche,
011est obligé de le
repousser un peu enarrière.
Enfin,
si la valvule prostatique est accompagnée de bosselures
saillantesvers le
trigone, la rotation est fort gênée et l'on peut,
en attirant en avant, ou enrefoulant légèrement l'instrument,
con¬tourner successivement la
partie saillante de chacune de
ces bosselures. Deplus, l'exploration rectale fournit d'utiles rensei¬
gnements
surles lobes latéraux de la prostate.
S'agit il,
aucontraire, d'une valvule musculaire, le bec de la
sonde est solidement accroché par sa
face postérieure; la rota¬
tionse fait aisément sans
qu'il soit nécessaire de refouler
un peu l'instrument en arrière, enfin letoucher rectal donne des résul¬
tats
négatifs.
E11 somme et pour nous
résumer,
nousdirons
quel'analyse
minutieuse des
symptômes peut faire présumer l'existence de
valvules
vésicales, mais seules les indications résultant du cathé¬
térisme, nous
paraissent avoir
uneréelle valeur diagnostique.
Quant au
pronostic,
nous voyonsqu'il est à
peuprès le même
que
celui de l'hypertrophie du lobe médian de la prostate; de
chaque côté, fréquence de la miction, incontinence d'urine et
rétention
inconvénients; d'un côté
commede l'autre,
unobstacle bouche l'orifice supérieur de l'urèthre; il
faut enlever
l'obstacle, mais il
estplus facile d'enlever
unesim¬
ple valvule musculaire
qued'enlever le lobe médian de la prostate hypertrophiée; donc le pronostic est moins
graveet le
traitement
plus facile.
CHAPITRE IV
TRAITEMENT
Mercier, Leroy-d'Etiolles, Maisonneuve avaient imaginé,
pour détruire la valvule aucol de lavessie, des instruments
trèsingé¬
nieux et très
compliqués. Le dilatateur de Mercier, le
coupe- bride deLeroy-d'Etiolles, le sécateur emporte-pièce de Maison-
neuve étaient destinés à sectionner les valvules
musculaires,
les lèvres de la
plaie tendant elles-mêmes à s'écarter. Tous
ces instrumentsprésentaient
ungraveinconvénient, leur maniement
était
difficile,
trèscompliqué et nécessitait
unelongue pratique.
Aussi sont-ils tous actuellement tombés dans l'oubli.
La destruction
électrolvtique
parla méthode de Bottini pourrait donner quelques bons résultats. Mais
nous neconnais¬
sons aucun cas de valvule vésicale traitée par ce
procédé.
La
préférence
nousparait devoir être donnée
àl'excision directe
de la vessie avec
cystotomie sus-pubienne selon les procédés de Trendelenburg et de M. le professeur agrégé Pousson qui ont, le premier pratiqué
unefois, le second deux fois
cetteopération et
tous les deux avec des résultats
opératoires excellents.
Le
technique opératoire est des plus simples. Nous allons l'ex¬
poser
succinctement.
Après avoir pratiqué la cystotomie sus-pubienne, le malade
mis en
position de Trendelenburg,
onfixe les deux lèvres
de la vessie pardeux fils de soie.
On écarte les deux lèvres de la
plaie à l'aide de l'écartcur électrique.
De deux coups
de ciseaux
ondétache les extrémités
de la valvulequ'on emporte ensuite complètement
enla sectiounant
transversalement à sa base.
On introduitline sonde de
Pezzer,
et 011suture la vessie après
l'avoir toutefois lavée avec une
solution antiseptique chaude.
On
peut laisser
unpetit drain dans la cavité de Ivedzius.
L'hémorrhagie qui peut
seproduire à la suite de l'excision de
la valvule est en
général insignifiante.
Les suites
opératoires sont habituellement des plus simples,
lesmictions restent
fréquentes, douloureuses pendant quelques jours. Les urines sont hématuriques, elles contiennent même quelquefois des caillots qui peuvent obstruer la sonde et gêner
considérablement les mictions. La
température reste générale¬
ment normale, surtout
si
011 ale soin de pratiquer de
nom¬breux
lavages vésicaux, et le malade guérit
sansincident.
E11somme,
les méthodes opératoires de Trendelenburg et du professeur Pousson, consistant dans l'excision directe de la val¬
vule à la faveur de l'ouverture
sus-pubienne de la vessie, ont
donné des résultats excellents et nous
paraissent être les
pro¬cédés de choix.
Observation 1 Extraite de Mercier.
M. G..., rue Joubert, 33, 45 ans,
employé
dans unministère, était
venu me consulter plusieurs fois, dans
les premiers mois de 1848,
pour une
inflammation chronique de la partie profonde de l'urèthre
avec difficulté de la miction. Ce n'étaitqu'au prix de
vifs
effortsqu'il
parvenaità évacuerà peuprès complètement
sonurine. Je constatai
l'existence d'unevalvule au col de la vessie. Je disà M. G... qu'en
donnant à l'urine une issue plus facile, on aurait
plus de chances de
le débarrasserde l'inflammationdont il était affecté. Il comprit mon
idée et serésignaàl'opération.
Celle-ci
futpratiquée le 16 mai
avecmon instrument,ellene présenta rien de
remarquable.
Le sangcoula
modérément et s'arrêta le lendemain. Dès le 17, la douleur avait presque disparu.
Le20, je commençai la compression pour obtenir la
réunion des
parties divisées etle 5 juinle
traitement étaitterminé. L'urine
cou- laittrèslibrementetlessymptômesd'inflammationchroniqueavaient
à peuprès
complètement disparu.
Observation II
In Mercier.
Le 17juin 1848, je fus appelépar le DrCharrier auprès de M. I.. ,
rue des Martyrs, 27. Cet homme, âgé de 66 ans environ, était affecté d'une rétention d'urine presque complète,il urinait à chaque instant
et quelquesgouttes seulement chaque fois. En outre, la vessie était douloureuse, enflammée etles urines donnaient lieu à un dépôt pu- riforme abondant. Je trouvai une hypertrophie générale de la pros¬
tate, mais surtout de la portion moyenne formant une valvule ou
plutôt une tumeurun peu élevée, mais à très large base. Le malade
ne fut pas opéré, il mourut àla suite de fièvres intermittentes.
Observation III
In Mercier.
M. 0...,rue Saint-Fiacre, 4, âgé de ol ans, éprouvait depuis sa jeunesse de fréquents besoins d'uriner qui allèrent toujours en aug¬
mentant. Enfin une dysurie se manifeste, telle que fréquemment ce n'était
qu'après plusieurs
tentatives inutiles etdes efforts considéra¬bles qu'il parvenaità uriner quelques gouttes. Jour et nuit ces be¬
soins se renouvelaient àchaque instant.
L'urine était devenue calarrhale ou plutôt puriforme,souvent san¬
guinolente et toujours alcaline; lesautresfonctions, notammentcelle;
desvoies digestives, se trouvaient déjà compromises, lorsqueje fus appelé, le 4 août 1848, par le D1' E. Deschamps.
En entendant le récit de la maladie et apprenant que les sondes arrêtées d'abord à laportion membraneuse arrivaient néanmoinsau col de la vessie qu'elles n'avaient jamais pu franchir, je me doutai immédiatement qu'à la suite d'une uréthrite longtemps
prolongée
ils'était produitune valvule musculaireaucol de la vessie et c'est en effetce queje constatai clairement àl'aide de ma sonde coudée, qui pénétra sans difficulté.
Pendant une huitaine dejours, nous essayons
d'améliorer l'état
delà vessie à l'aide d'injections
émollienteslégèrement opiacées,
mais rienn'y
fit. L'état général s'aggravant rapidement,
unevéritable
fièvre hectiquese
manifestait déjà
avecdes rémittences marquées.
Bref, il n'y
avait
pasde
tempsà perdre, je
medécidai à l'opération
etpriai
la commission du prix du Dr Argenteuil de désigner
unde
sesmembres pour y
assister. Le Dr Malgaigne fut désigné.
A la suite de l'opération,
le malade
eutde violents accès de fièvre,
de la
pyurie
avecde l'hématurie, mais bientôt tout rentra dans l'or¬
dre. Le 3 septembre, la miction était
normale, indolore, l'état géné¬
ral s'améliorait favorablementavec l'amélioration de l'état vésical.
Observation IV
De Mercier.
D'une constitution vigoureuse, B... ne présente aucun
antécé¬
dent vénérien.
Sa santé étaitbonne, lorsque, dans
le
courant del'année 1844, il
commença à
ressentir des envies
fréquentesd'uriner, qui étaient
accompagnéesdu rejet de quelques
gouttesd'urine; si parfois l'émis¬
sion était plus abondante, l'écoulement se faisait lentement,
le jet
était presque
vertical.
Quant à la grosseur de cejet,le malade n'en
a passouvenance.
Il
serappelle seulement qu'il n'était
pasbifurqué
ni enarrosoir. L'urèthrene se vidait pas complètement et
quelques
gouttes s'échappanttroptardivement forçaient le malade
àporter
un linge entourant
la
verge pourgarantir
sesvêtements. Du reste,
pasde
douleur
ni au périnée ni mêmeenurinant.
Lemalade atteignit ainsi l'été de 1846. Ce fut alors qu'il s'aperçut qu'il urinait malgré lui pendantson sommeil. Lejour, il
pouvait
se retenir et uriner àvolonté. Il consultaun médecin qui ne. lesonda
point, l'examina légèrement, lui ordonna des demi-bains dontil
n'éprouvaaucun effet.
Ilse présente àmon cabinetoùjepus constater la présence
d'une
valvulesiégeant au col vésical. Devantl'importance et la
gravité des
troubles de la miction, je lui
proposai
uneintervention qu'il accepta.
— 29 —
Elle fut
pratiquée le 8 novembre 1846
avec unplein succès. L'amé¬
lioration netarda pas àapparaître,
la miction était devenue
presque normale. Mais le malade disparutetje ne pusdans la suite avoir
aucun renseignement sur son état.
Observation V
ParE.Monod,chirurgiendes hôpitaux, in Bulletin de la Société anatomique.
Paris, 1879.
Hypertrophie de la lèvre postérieure du col de la vessie. Valvule
de Mercier.
JulesA..., âgé de 62 ans, entre pour
la première fois à l'hôpital
le 31 mai 1879.
Cet homme a toujours joui d'une
bonne
santé;il
a eu uneblen-
norrhagie àl'âgede vingt-deux
ans.Il
y a un anenviron, il
a com¬mencé à éprouver des
troubles de la miction
:il urinait pénible¬
ment et au prix d'efforts
répétés, il lui arrivait
parmoments de
n'uriner que goutte à goutte.
Depuis deux
mois, il
ressentde la douleur, de la pesanteur
au périnée avecirradiations douloureuses dans les bourses. La fatigue
augmentait notamment ces
sensations ainsi
quela difficulté de la
miction.
Les envies d'uriner devenaientde plus en plus fréquentes,surtout la nuit. lise décidait à cesser son travail qui l'obligeait à se tenir debout toute lajournée. A ce moment,
il
étaitobligé de
prendrela
position accroupie poursatisfaire le besoin d'uriner. En
même temps, ilcommençait às'apercevoir
quel'hypogastre
était distendupar une tumeur qui
diminuait
un peu,mais était loin de disparaître
après chaquemiction. Depuis deux
outrois jours, il
ne passe quequelques gouttes
d'urine
àla fois
etla
tumeurhypogastrique
a notablement augmenté de volume.Il
entrealors
dans le service(salle Saint-Vincent,
n°2).
Le bas-ventre estsoulevé par une tumeur régulière, rénitente,
remontant àdeux traversde doigt au-dessus de l'ombilic, et formée manifestementparla vessie distendue. Le toucher rectalfait égale-
ment constater uneforte saillie dans le bas-fond vésical. La prostate
ne parait pasaugmentée de volume.M.Guyon sonde le malade avec
une sonde
béquille
n° 16. Le canal est libre. Il retire deux litres d'urine et en laisse à dessein une quantité au moins égale dansla
vessie. Le soir, on retire par le cathétérisme un litre etdemi de
liquide.
Les jours suivants, le malade est sondé trois fois dans lesvingt-quatre
heures.La quantité totale des urines dans les
vingt-quatre
heures, quiétait de cinq litres le premier jour, tombe à quatre pendant les cinq jours suivants et oscille, à partir de ce moment, entre deux ou
trois litres.
22 juin : Le malade, qui ne peut uriner sans la sonde et qui a
appris
àl'introduire lui-même,
éprouve quelque difficulté dans cet Le opération et fait saigner son canal. Le lendemain, l'externe duservice qui sondait quotidiennement le malade échoue dans ses ten¬
tatives de cathétérisme. M. Guyon réussit à introduire une sonde à l'aide d'un mandrin à grande courbure et la laisseà demeure.
Deux heures après
l'introduction
de la sonde, le malade estpris
d'un frisson; la température, qui, depuis son entrée, n'avait pas dépassé 37°, s'élèveà 38°8, puisdescend à 38°4 le soir et à 36°7 le lendemain matin. Lesurines, claires au commencement de l'émis¬
sion, deviennent purulentes à la fin. Nouvelle ascension de la tem¬
pérature. Le 26 et le 27 au matin, 38°4.
Le 28 juin, nouveaux frissons. Température : 39,8. Face
grippée,
sueurs froides surtout le corps. Onretire la sonde, il s'écoule unpeu de pus par le méat.
Le 29, température 39,3 le matin et40°le soir. Diarrhée. Les traits s'altèrent de plus en plus. Iln'ya pas de douleur rénaleà lapression.
Le 30 juin, température 39,2, le soir, 39,4. Le genou droit est
le
siège d'un épanchement abondant.Il existe de larougeur tout autour del'articulation.Onconstateégalement l'apparitiond'unempâtement
phlegmoneux occupant la face dorsale de la main gauche. Mortle
1erjuillet.
Autopsie
: Vessie énormément distendue; les parois, notablement épaissies, sontflasques
et molles. La surface interne présente une coloration blanchâtre uniforme. Cette surface présente des saillies— 31 —
sous forme de colonnes à directions transversales pourla plupart, séparéespar
des dépressions correspondantes,
cessaillies transver¬
salessont surtoutaccusées immédiatement enarrière du col. Toutes les parties de
la
faceinterne qui correspondent
auxsaillies
que nousvenons de mentionner sont recouvertes de petites végétations poly- piformesqui ontunaspect
blanchâtre
commele reste de la
muqueuse.Ellesne dépassentpas
le volume d'une
grossetête d'épingle. Elles
sontmolles, se confondentparleur base
pédiculée
avecla
muqueusesurlaquelle
elles s'implantent
etdont elles paraissent dépendre. Les
granulationssont surtoutcontinentes immédiatement
enarrière de
la lèvrepostérieure
du col dans l'excavation qui existe
àceniveau
surcette lèvre elle-même.
Col delà vessie : Lalèvre postérieure du col offre unesaillie trans¬
versale trèsnotable,formantunevéritable cloisonentrela cavité vési- cale etla cavité prostatique.
Cette saillie
estformée
parla
muqueuse soulevée par unebride musculaire épaisse, qu'on
peutsentir aisément
entrele pouceet
l'index;
enavantdelà saillie précédente, la
muqueuse de la saillie prostatiqueestfortementtendue
àla manière d'une véri¬
table peaude
tambour. Cette portion de la
muqueuse est partagée en deuxpartiessymétriques
par unesaillie médiane longitudinale (frein
duverumontanum). La moitié
droite
est lisse, tendue comme nousvenons de la décrire. La moitié gauche estle siège d'une perforation évidemment occasionnée par la sonde. La muqueuse, en ce point, présentel'aspect
d'une valve
souslaquelle
onengageaisément l'extré¬
mité d'unesondeetquirecouvre unepetitecavitéen cul-de-sacformée
en arrière parla lèvre
postérieure du col
hypertrophié. En avant decette ouverture,on en voit une seconde immédiatementà gauche du
verumontanum quilaisse pénétrer une petite sonde à profondeur de deux centimètres dans le lobe gauche de laprostate.La prostate n'est pas augmentée de volume. Les uretères sont dilatés etleurs paroisépaissies. Lescalices et les bassinets sont également dilatés.
Letissu rénal est blanchâtre, décoloré, on ne trouve pas d'autres
abcès métastatiquesque les deux collectionssignalées au genou et à l'avant-bras.
Cliniquechirurgicale de Bonn, professeurDr Trendelenburg. Sur un casdevalvule
du colvésical parle D''K. Eigenbrodt, médecin ensecondetprofesseur del'hôpilal
Saint-Jean.
N. B..., ouvrier d'usine de Brosdorf, âgé de 54 ans, futreçu
le
15 novembre 1850 à
l'hôpital
Saint-Jean. Depuis huit ans,le patient
souffre d'une difficulté de la miclion. Jamais avant cette époque
il
n'avait présenté de
troubles urinaires.
La maladie a débuté par des
besoins impérieux, incoercibles,
d'uriner. Il n'éprouva de la douleurà la fin de
la
miction quebeau¬
coup
plus tard, trois
ouquatre ansaprès. Ces douleurs, d'abord
assez légères, devinrent deplus
enplus
vives;l'évacuation de l'urine deve¬
naiten même temps de plus en plus
pénible.
Depuis deux ansle
pa¬tient ne vide plus sa vessie qu'à l'aide de cathétérismes souvent répétés. Bien que
les
cathétérismessoient
trèsdouloureux, il
est obligé desecathétériser de quinze
àdix-huit fois
parjour. Dans les
derniers mois desa maladie,avantl'intervention
chirurgicale,
il pro¬cédait toutesles demi-heures à un cathétérisme.
En dépit de ces cathétérismes incessants les douleurs sont
conti¬
nuelles, ne laissant aucun répitau
malade.
N. B .. vient nous trouver, nous déclarant que son existence estinsupportableetréclamant
instamment une intervention
chirurgicale.
Il nous raconte que depuis
plusieurs
annéessonurine esttrouble,
laissant un dépôt abondant; mais elle n'a jamais été hématique.
Il y a environ huit ou neuf mois, la
palpation
au-dessus del'ombilic
lui apermis de ressentirlaprésence d'une petite nodosité,
nodosité
qui depuis trois moisestdevenue douloureuseà lapression.Etal actuel:N. B..., estunhommeamaigri, d'aspect chétif,
parais
sautbeaucoup plus âgé qu'il ne l'est réellement. Il ne présente
rien
d'anormal ni aux poumons ni au Cœur. Pas d'athérome
appréciable
des artères. Un peu au-dessus et à droite de l'ombilic, sur la ligne
blancheabdominale,onremarquelaprésenced'une hernie du
volume
d'une noisette, douloureuseà lapression.
L'urine est trouble à réaction nettement acide. Elle contienten
a^sez
grande quantité du pus et des débris épithéliaux provenant de la vessie. Le cathétérisme estdifficile avec le cathéter ordinaire enargent.
Dès que le bec de la sonde arrive auniveau du col de lavessie, au moment de sa pénétration dans la cavité vésicale, on éprouve une sensation de résistance. On a la sensation très nette d'un obstacle qui imprimeaupavillon un brusque ressaut. Le toucher rectalper¬
metde se rendre comptede
l'état
de laprostate. Elle n'estpas hyper¬trophiée etsaconsistance paraît absolument normale. Les besoins d'uriner, trèsimpérieux, réveillent une douleur très vive et persis¬
tent parfois pendant plus d'une heure. Ils interdisentau malade tout repos au lit, etle forcent à courir dans la salle comme un véritable possédé.
Lesdoses habituelles de morphine ne produisent aucun soulage¬
ment appréciable. La sonde à demeure n'est pas tolérée, et des
lavages
vésicaux au nitrated'argent
n'amènent aucune sédation des phénomènes douloureux etdysuriques.
On ne sent pas de tuméfaction ni de tumeur au col de la vessie.
L'impression
laissée par le cathétérisme est trèsnette : on a lasen¬sation précise d'un obstacle siégeant au col de la vessie etsuppo¬
santà l'évacuation de l'urine.
On portele diagnostic
d'hypertrophie
du lobe médian de la pros¬tate.
L'intervention chirurgicale est pratiquée le 20 novembre.
On pratique la section haute, le siège très élevé. On sectionne la symphyse et on découvre la vessie distendue remplie d'urine dépas¬
sant le bord supérieur de la symphyse. On incise la vessie et on
sépare les lèvres de l'incisionaux bords de la plaie intérieure.
Aupremier abord, l'orifice interne de l'urèthre paraîtnormal. On
neremarquemême pas de saillie anormale de la prostate. Mais dès qu'on cherche à pratiquer le cathétérisme par lavoie urôthrale, on
s'aperçoit
bien nettement que le cathéter,au moment de sa pénétra¬tion dansla vessie, est retenu par un obstacle enforme de pli sail¬
lant, siégeant sur le bord postérieur et s'opposant au dégagement
du cathéter. Si ou pousse lecathéter avecplus de force, sans ména¬
gement, le bec se coitï'e de cette saillie en forme de valvule, le
Giraud
3