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Article pp.7-13 du Vol.37 n°214 (2011)

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Texte intégral

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a prise en main de la direction de France Télécom, le 24 février 2011, par son nouveau patron, Stéphane Richard et la nomination le 30 mai du numéro deux de Renault, Carlos Tavarés nous amènent à nous interroger sur le processus de sélection des dirigeants des grandes entreprises industrielles en France. Ils ont un point commun : ils remplacent des managers qui ont connu un échec.

Didier Lombard, le prédécesseur de Stéphane Richard a perdu la confiance du personnel provoquant le suicide de plusieurs sala- riés. Patrick Pélata qui était, jusqu’à ces derniers mois, numéro deux de Renault a quitté son poste à la suite d’une rocambolesque histoire d’espionnage mettant en cause, à tort, des cadres diri- geants du constructeur d’automobiles. Son retrait a permis à Carlos Ghosn de se maintenir à la tête de celui-ci.

Les deux dirigeants n’ont pas reçu la même formation. Stéphane Richard, ancien de HEC, est inspecteur des finances. Après un passage dans le cabinet de Dominique Strauss-Khan en 1991, alors ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur, il mène une carrière dans le secteur privé avec Jean-Marie Messier avant de revenir dans les cabinets ministériels et d’être nommé P-DG de France Télécom. Carlos Tavarés est, comme de nombreux diri- geants de l’industrie automobile, centralien et a poursuivi, en ce

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siècle de globalisation, une carrière interna- tionale, passant du Japon, aux États-Unis.

Deux profils français traditionnels donc.

Celui d’un HEC, énarque, habitué à diriger des cabinets ministériels, disposant d’un carnet d’adresses plus que confortable et d’un réseau étendu de relations dans le monde des politiques et des affaires et celui d’un ingénieur ayant suivi une carrière internationale. Mais tous les deux, et c’est là encore une tradition française, doivent leur promotion à l’État qui est directement intervenu, au plus haut niveau, dans leur nomination. Souhaitons que ces décisions s’avèrent sages.

France Télécom et Renault ont connu une crise qui n’est pas terminée. Dans les deux entreprises s’est instauré un climat de méfiance. Chez France Télécom, il fal- lait obtenir des résultats financiers le plus rapidement possible. Chez Renault, se sont développés une atmosphère de secret et un climat de suspicion. Le changement des dirigeants ne restaurera la confiance que si le management évolue. Il faut avant tout qu’il dissipe la peur et l’angoisse dans les deux entreprises. Il n’est pas sûr que les dirigeants français soient équipés intellectuellement et psychologiquement pour cela.

8 Revue française de gestion – N° 214/2011

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Éditorial – Jean-Marie Doublet Ont contribué à ce numéro

Management : les constructeurs

Bernard Roy et l’aide multicritère à la décision Albert David, Sébastien Damart

La transition de rôle, concept opératoire de gestion du changement François Jaujard

Les missions de sécurité routière de la police de Montréal.

Analyse stratégique et dynamique organisationnelle Laurent Carnis

Dossier – Management et santé Sous la direction de Mathieu Detchessahar

Management et santé

Mathieu Detchessahar

Les enjeux psychosociaux de la santé au travail.

Des modèles d’analyse à l’action sur l’organisation Jean-Claude Sardas, Cédric Dalmasso, Philippe Lefebvre Santé au travailQuand le management n’est pas le problème, mais la solution…

Mathieu Detchessahar

Impacts des technologies de l’information sur la santé au travail.

Hypothèses et interprétations à partir d’une observation expérimentale Pierre-Yves Gomez, Romain Chevallet

Santé au travail. Voyage en pays de lean management Thierry Bertrand, Arnaud Stimec

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Santé au travail et action dirigeante. Constats et leçons issus de deux sites industriels

Guy Minguet

Summary

10 Revue française de gestion – N° 214/2011

APPELS À CONTRIBUTIONS

(pour plus d’informations : http://rfg.revuesonline.com) – Numéro spécial « La marque France »

Date limite de soumission : 1erjuin 2011.

– Dossier « Les écosystèmes d’affaires »

Date limite de soumission : 19 septembre 2011.

– Dossier « Entreprise et vie privée »

Date limite de soumission : 15 octobre 2011.

– Dossier « Innovation, intrapreneuriat et capital humain. Un état de l’art » Date limite de soumission : 30 décembre 2011.

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Thierry BERTRANDest professeur des écoles des mines détaché à l’IUT de Nantes. Ses travaux portent principalement sur les changements organisationnels en lien avec l’introduction de nouveaux outils de gestion.

Laurent CARNISest docteur en écono- mie et diplômé de ScPo Paris. Il est chargé de recherche au département économie et sociologie des transports (DEST) à l’Institut français des sciences et technologies, des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR). Ses recherches actuelles por- tent sur les régulations publiques des com- portements de vitesse (contrôle automatisé de la vitesse, dissuasion des contrevenants, approche par la gouvernance) et sur la prise en charge des missions de sécurité routière par les organisations policières. Il travaille également au développement d’une écono- mie de la sécurité routière avec des applica- tions spécifiques aux questions du coût des accidents de la circulation et de l’indemni- sation des victimes.

Romain CHEVALLET est intervenant- chercheur à l’Agence nationale pour l’amé- lioration des conditions de travail (ANACT), en charge de la problématique nationale sur la « conception des systèmes de travail ». Il a récemment coordonné l’ou- vrage Analyser les usages des systèmes d’in- formation et des TIC : quelles démarches, quelles méthodes ?(Éditions ANACT, 2008 avec M. Benedetto-Meyer).

Cédric DALMASSO, chercheur au centre de gestion scientifique Mines ParisTech, est agrégé d’économie et de gestion et docteur en sciences de gestion. Il travaille en colla- boration avec des multinationales fran- çaises sur la prise en compte du double enjeu de santé psychique au travail et de performance, dans le cadre de transforma- tions organisationnelles importantes, avec notamment un approfondissement sur la construction des compétences individuelles et collectives de R&D en France et à l’in- ternational.

Sébastien DAMARTest maître de con - fé rences au Cnam à Paris et chercheur asso- cié à Dauphine recherche en management à l’Université Paris-Dauphine. Il a travaillé sous la direction de Bernard Roy. Ses recherches portent sur l’aide à la concerta- tion et plus généralement sur l’instrumenta- tion de gestion facilitant le décider ensemble ou les processus participatifs. Il a notamment participé à de nombreux projets de recherche portant sur la conception et le déploiement de méthodologies d’aide à la décision dans le cadre d’applications très variées (exemple : la tarification des transports publics).

Albert DAVIDest professeur de manage- ment à l’Université Paris-Dauphine et cher- cheur à DRM (Dauphine recherches en management). Il a soutenu sa thèse de doc- torat en méthodes scientifiques de gestion au Lamsade, il a ensuite étudié les proces- sus de changement dans les organisations,

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notamment ceux qui concernent la concep- tion et la mise en œuvre des méthodes et outils de gestion. Il co-dirige aujourd’hui le master « Management de la technologie et de l’innovation ». Il travaille principalement sur l’organisation des processus d’innova- tion et sur l’innovation en management.

Mathieu DETCHESSAHAR est cher- cheur au LEMNA et professeur à l’Institut d’économie et de management de Nantes – IAE de l’université de Nantes où il dirige l’École doctorale DEGEST. Ses recherches actuelles portent sur la transformation des organisations et des modes de management et leurs impacts sur la santé et le bien-être au travail.

Pierre-Yves GOMEZ, est professeur de stratégie à l’École de management de Lyon.

Entre 1998 et 2000, il a été professeur invité puis chercheur associé à la London Business School. Il dirige l’Institut français de gou- vernement des entreprises/EM Lyon. Il a récemment publié Entrepreneurs and Democracy : A political Theory of Corporate Governance (Cambridge University Press, avec Harry Korine 2008, version française L’entreprise dans la démocratie, De Boeck 2009). Ses recherches portent notamment sur la dimension politique des entreprises.

François JAUJARD est depuis 2006 chargé de recherche en sciences de gestion à l’École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne. Docteur en sciences de ges- tion et diplômé de l’Institut d’études poli- tiques de Paris, il a assuré des responsabilités de ressources humaines durant près de 20 ans, successivement à Alcan (Pechiney Rhenalu), Alsthom et ST Microelectronics.

Il a contribué à de nombreux projets de chan-

gement organisationnel (développement de l’autonomie et de la qualification par mise en place d’îlots de fabrication, construction de grilles repère de fonctions selon leur qualifi- cation et de dispositif de formation quali- fiante au poste de travail). Plusieurs recherches-interventions en accompagne- ment du changement ont été réalisées sous son impulsion (exemple : mission pilote en France pour la mise en place d’une métho- dologie de recrutement par simulation).

Philippe LEFEBVRE est enseignant- chercheur à Mines ParisTech, CGS (Centre de gestion scientifique). Ses travaux de recherche portent sur les transformations du travail, du droit du travail et des conditions de travail (article sur ce thème paru dans Entreprises et Histoire, 2009) et sur les transformations des formes d’organisation économique : naissance de la grande entre- prise, essor des clusters d’innovation. Il est l’auteur de L’invention de la grande entre- prise (PUF, 2003) et est responsable de l’Observatoire des pôles de compétitivité.

Guy MINGUETest professeur de socio- logie à l’École des mines de Nantes, cher- cheur permanent au LEMNA et associé au CGS. Il travaille sur les régimes de concep- tion exploratoire et la dynamique des métiers ainsi que sur la bio-médecine, la production de l’action collective autour des nouvelles technologies et des pratiques médicales. Il a notamment publié En quête d’innovation, Hermès Science, 2008, (avec Osty F.) et Working on Innovation, New York, Routledge, 2009 (avec Midler C. et Vervaeke M., éds).

Jean-Claude SARDAS, professeur à Mines ParisTech et chercheur au Centre de 12 Revue française de gestion – N° 214/2011

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gestion scientifique (CGS) ; directeur du master recherche « Gestion et dynamique des organisations » (commun avec l’Uni- versité de Paris Ouest La Défense Nanterre, partenariat avec l’ESCP-EAP, l’École poly- technique) ; codirecteur de l’École docto- rale « Économie organisations société » (université Paris X et École des mines). Ses travaux de recherche et enseignements por- tent sur l’articulation entre processus de

transformation des organisations, des métiers et des identités professionnelles, avec prise en compte des enjeux de santé au travail.

Arnaud STIMEC est maître de confé- rences à l’Université de Nantes et membre du LEMNA. Ses travaux portent principale- ment sur la gestion des conflits au travail et la négociation.

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Références

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