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L'air et l'eau - UGA Éditions

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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L' air et L ' eau

René MOreau

17, avenue du Hoggar

Parc d’Activité de Courtabœuf - BP 112 91944 Les Ulis Cedex A - France

EXTRAITS

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Grenoble Sciences

Grenoble Sciences est un centre de conseil, expertise et labellisation de l’enseignement supérieur français. Il expertise les projets scientifiques des auteurs dans une démarche à plusieurs niveaux (référés anonymes, comité de lecture interactif) qui permet la labellisation des meilleurs projets après leur optimisation. Les ouvrages labellisés dans une collection de Grenoble Sciences ou portant la mention « Sélectionné par Grenoble Sciences » (« Selected by Grenoble Sciences ») correspondent à :

• des projets clairement définis sans contrainte de mode ou de programme,

• des qualités scientifiques et pédagogiques certifiées par le mode de sélection (les membres du comité de lecture interactif sont cités au début de l’ouvrage),

• une qualité de réalisation assurée par le centre technique de Grenoble Sciences.

Directeur scientifique de Grenoble Sciences

Jean Bornarel, Professeur à l’Université Joseph Fourier, Grenoble 1 On peut mieux connaître Grenoble Sciences en visitant le site web :

http://grenoble-sciences.ujf-grenoble.fr

On peut également contacter directement Grenoble Sciences :

Tél (33) 4 76 51 46 95, e-mail : [email protected]

Livres et pap-ebooks

Grenoble Sciences labellise des livres papier (en langue française et en langue anglaise) mais également des ouvrages utilisant d’autres supports. Dans ce contexte, situons le concept de pap-ebooks qui se compose de deux éléments :

• un livre papier qui demeure l’objet central avec toutes les qualités que l’on connaît au livre papier

• un site web corrélé ou site web compagnon qui propose :

- des éléments permettant de combler les lacunes du lecteur qui ne possèderait pas les prérequis nécessaires à une utilisation optimale de l’ouvrage

- des exercices de training

- des compléments permettant d’approfondir, de trouver des liens sur internet, etc.

Le livre du pap-ebook est autosuffisant et nombreux sont les lecteurs qui n’utiliseront pas le site web compagnon. D’autres pourront l’utiliser et ce, chacun à sa manière. Un livre qui fait partie d’un pap-ebook porte en première de couverture un logo caractéristique et le lecteur trouvera le site compagnon du présent livre à l’adresse internet suivante :

http://grenoble-sciences.ujf-grenoble.fr/pap-ebooks/moreau

Grenoble Sciences bénéficie du soutien du

Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de la Région Rhône-Alpes.

Grenoble Sciences est rattaché à l’Université Joseph Fourier de Grenoble.

ISBN 978 2 7598 0828 1

© EDP Sciences 2013

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1 - L’atmosphère au repos 19

Figure 1.3 - Photographie de l’atmosphère au lever du soleil réalisée par un équipage de la NASA, depuis la station spatiale internationale en juin 2011. Compte tenu de l’échelle, les couches bleutées représentent la stratosphère, où une strie de couleur bleue plus intense correspond à la couche d’ozone. Les couches rougeâtres au-dessus du sol encore non éclairé représentent la troposphère [© NASA].

La mésosphère, inaccessible aux ballons sondes et a fortiori aux avions, mais tra- versée et parcourue par de nombreux satellites artificiels, est moins bien connue que les deux couches décrites ci-dessus. Considérons-la comme une transition vers l’hétérosphère et l’espace, et limitons-nous à rappeler que le dégagement de cha- leur lié à la formation d’ozone, caractéristique de la stratosphère, y devient négli- geable, ce qui engendre à nouveau une forte baisse de la température, visible sur la figure 1.1. Par contre, les variations de l’activité solaire, très modérées dans la stra- tosphère et la troposphère, s’y manifestent par des effets importants, notamment sur les concentrations des diverses espèces et sur la dissociation de leurs molécules en atomes et en ions séparés.

Les propriétés de l’atmosphère sont en réalité soumises à des variations intermit- tentes significatives, surtout dans la troposphère, soumise à la fois au cycle des saisons, à celui des jours, et à des instabilités hydrodynamiques. Ceci a amené l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) à définir une atmosphère standard. Toute grandeur mesurée dans des conditions données, elles aussi mesu- rées, est transformée en son équivalent dans cette atmosphère standard. Et c’est donc dans cette atmosphère standard que sont définis et enregistrés les records aéronautiques. On peut résumer comme suit sa définition. L’altitude est comptée

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38 L’air et l’eau

L’air situé au-dessus de ce grand cercle mobile à grande vitesse est donc plus léger que celui situé alentour, de sorte que le bilan poids/poussée d’ArcHimède le soulève en créant une dépression locale systématique, qui aspire horizontalement l’air situé tout autour. L’air aspiré du côté nord est dirigé vers le sud, et la force de coriolis

(voir encart E2.1) le dévie vers la droite, donc vers l’ouest. L’air venant du sud est dirigé vers le nord et la force de Coriolis le dévie vers la gauche, donc aussi vers l’ouest. L’air situé à l’ouest est immédiatement absorbé par l’arrivée très rapide de la zone chaude. Et l’air situé à l’est, déjà chauffé et emporté vers l’ouest au cours des heures précédentes, participe aussi, mais faiblement, à ce vent d’est.

Ces courants schématisés sur la figure 2.1 constituent les vents alizés. Ils donnent naissance au courant d’est équatorial bien connu des navigateurs qu’il pousse vers l’ouest. Tout en étant assez modéré, puisque sa vitesse est de l’ordre de 20 km/h, ce vent régulier fut capable de pousser les goélettes de Christophe colomB vers les Antilles et l’Amérique du Sud, et celles de Herman cortès vers le Mexique. Au niveau de la mer, la zone où convergent les vents alizés provenant du nord et du sud constitue une région fort peu agitée de part et d’autre de la ligne d’arrêt entre ces vents contraires. Son calme, redouté des concurrents des grandes courses de voiliers autour du globe, lui vaut d’être appelée le pot-au-noir.

S

O N

E

vent du sud

vent du nord

5000 km vent d’est

courant ascensionnel

Figure 2.1- Illustration schématique du mécanisme moteur des vents alizés, du mouvement ascensionnel résultant de l’allègement de l’air surchauffé et du courant d’est équatorial. La tache surchauffée a un diamètre de l’ordre de 5000 km et sa vitesse de déplacement sur le sol est voisine de 1600 km/h. La vitesse du vent d’est ainsi engendré est considérablement plus faible, de l’ordre de 20 km/h.

L'échauffement de la région qui voit le soleil au zénith engendre aussi un cou- rant ascensionnel, qui transporte en haute altitude l’air allégé de cette région. Cet

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2 - L’atmosphère en mouvement 65

Figure 2.11 - Photographie du cyclone floyd au large de la Floride, prise depuis un satellite de la NASA le 14 Septembre 1999 à 12h59 GMT. Ce cyclone tropical a provoqué 57 décès et des dommages pour un montant évalué à 4,5 milliards de dollars [© Hal Pierce / GOES satellite / NOAA].

On pourra retenir de cette description que c’est une variation radiale très rapide de la pression qui caractérise l’œil du cyclone, avec un minimum sur le mur et un maximum relatif au centre. La photographie de la figure 2.11, prise d’en haut, met en évidence les principales caractéristiques du plafond nuageux qui entoure l’œil : son étalement horizontal ainsi que la rotation anticyclonique du courant divergent. Dans la partie haute du cyclone, les trajectoires divergentes des parti- cules qui s’écartent de la cheminée sont en effet déviées vers la droite par la force de coriolis, comme indiqué sur la figure 2.10.

3 . Phénomènes périodiques dans l’atmosphère

Pour compléter ce tour d’horizon des mouvements atmosphériques, intéressons- nous maintenant aux phénomènes qui manifestent une certaine périodicité, en commençant encore par les échelles les plus grandes, comme celles des mous- sons saisonnières, et en finissant par les vents thermiques diurnes, beaucoup plus localisés.

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3 - Les caprices de l’atmosphère 87

sommet central

sommet de l’enclume

rafale descendante

tornade

Figure 3.4 - Organisation interne d’une cellule orageuse raccordée au sol par une tornade.

Même si les échelles ne sont pas rigoureusement respectées, noter la petite taille de la tor- nade (hachures grises) par rapport à celle du courant ascendant et tournant (couleur bleu pâle). La longueur de la tornade peut être de l’ordre de 10 à 100 m, l’épaisseur totale de la masse nuageuse peut être supérieure à 5000 m. Le diamètre de la tornade peut être de l’ordre de 2 à 10 m, alors que celui du courant ascendant peut atteindre 50 à 100 m.

Le stade précurseur du doigt tournant et descendant est de courte durée et aboutit rapidement à la tornade bien établie. Lorsque le sol, ou la mer, est atteint, un tube tourbillon bien visible sur la figure 3.5, que les météorologistes appellent tuba, est formé. Il est relativement homogène sur toute sa longueur, même si, dans le cas des tubas les plus longs, une certaine conicité demeure visible, souvent combinée à des torsions significatives. Cette structure tournante, qui a désormais atteint sa longueur limite, s’avère beaucoup plus stable que le doigt descendant initial et peut durer beaucoup plus longtemps. Sur toute la longueur du tuba bien formé, elle satisfait en effet à la condition d’invariance de l’intensité tourbillonnaire 6, ce qui n’était pas le cas avant que le doigt tournant ait atteint le sol. Ce tourbillon de petit diamètre, quasi-vertical, qui raccorde la base du nuage au sol, est alors de plus en plus individualisé par rapport au système dépressionnaire d’où il est issu et

6 Comme le débit dans une conduite, l’intensité du courant électrique dans un conducteur, ou encore le flux magnétique, l’intensité tourbillonnaire ne peut pas varier le long d’un tube tourbil- lon. Celui-ci est donc contraint d’avoir des formes particulières, soit en se refermant sur lui-même comme un rond de fumée, soit en allant d’une paroi à une autre, soit, dans le cas d’une tornade, en allant du vortex intérieur au nuage jusqu’au contact avec le sol ou avec la mer. Cette propriété est commune à tous les flux d’un champ vectoriel dont la divergence est nulle. Ces champs sont dits conservatifs.

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88 L’air et l’eau

qui l’alimente en gouttelettes. Toutefois, solidaire de la colonne centrale tournante de la dépression, la tornade se déplace avec elle et peut parcourir une trajectoire souvent curieuse, au cours de laquelle elle est soumise à de forts cisaillements au sein de la couche limite atmosphérique, ainsi qu’à des torsions importantes. Ces perturbations fortes, conjuguées à d’autres influences, comme une remontée de la pression, pourront finir par la détruire.

Comme on l’a dit et comme le suggère la figure 3.4, l’échelle horizontale de la tor- nade est nettement plus petite que celle du courant ascendant interne au nuage, qui n’occupe lui-même qu’une faible partie au centre de la masse nuageuse. Le diamètre de la tornade peut être de l’ordre de quelques mètres seulement, alors que celui du courant ascendant et tournant au sein du nuage peut atteindre une centaine de mètres, le tout dans une structure nuageuse de plusieurs kilomètres.

Une structure aussi singulière que le courant ascendant interne au nuage est dif- ficilement décelable dans un ciel nuageux et sombre, elle est donc redoutée des pilotes des avions qui risquent de la traverser et qui la ressentent comme une alter- nance de trous d’air et de remontées rapides. Tant que l’appareil n’est pas sorti de cette dépression et retrouve une portance stabilisée, l’équipage et les passagers peuvent être soumis à de vives secousses.

Figure 3.5 - Tornade avec son tuba et la trombe marine qu’elle engendre. Photographie prise le 30/01/03 en Méditerranée au large de Calvi [© Météo France/Michel luCiani].

Alors que le temps nécessaire à la formation du tuba est de l’ordre de quelques minutes, la durée d’une tornade peut être de l’ordre de quelques heures, pendant

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5 - La mer tranquille 153

de leur parcours vers l'ouest. Cet obstacle arrête le courant marin en engendrant une surpression, accompagnée d’une élévation du niveau de la mer suffisante pour que ce courant puisse être repoussé vers l’est, mais en conservant la quantité de mouvement acquise dans la direction nord. Nous suivons ici une boucle bien carac- térisée de la circulation thermohaline, celle qui est dénommée le Gulf Stream et qui est repérée sur la figure 5.7 par le chiffre 1.

légende 9 pts italique 9

légende 8 pts Océan Indien

Océan

Atlantique Océan Pacifique

courants chauds et légers en surface courants profonds froids, lourds et salés Figure 5.7 - Circulation thermohaline globale à travers les océans. Couleur orange pour le courant de surface, couleur bleue pour le courant de fond. Les chiffres se réfèrent aux divers tronçons commentés dans le texte principal.

La surpression ainsi formée le long de la côte nord-américaine repousse les eaux du Gulf stream vers l’Europe, à des latitudes où les alizés n’existent plus et ne peuvent donc pas s’y opposer. Des eaux encore assez chaudes et légères s’approchent ainsi de l’Espagne, de la France et de la Grande-Bretagne (chiffre 2), en réchauffant les couches d’air qui les accompagnent, et qui circulent en moyenne aussi vers l’est à des vitesses bien plus grandes. Ce vent dominant venant de l’ouest, qui peut être assez fort et assez instable, est induit par le jet stream qui circule en haute altitude.

Ces deux courants, marin et aérien 20, favorisent dans les pays d’Europe occiden- tale les températures relativement douces, que nous connaissons, notamment en hiver, par comparaison avec celles de l’Amérique du Nord à la même latitude. Un peu plus loin, les côtes du nord de l’Europe constituent un nouvel obstacle presque

20 Il semble que la part du Gulf Stream dans les différences de températures hivernales, de l’ordre de 10 à 15 °C à latitude donnée, entre les côtes de l’ouest de l’Europe et celles de l’est du Canada, soit nettement supérieure à la part du courant aérien d’ouest induit par le jet stream.

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156 L’air et l’eau

Figure 5.8 - Photographie en fausse couleur du Gulf Stream le long des côtes est de l’Amérique du Nord réalisée par la NASA. Noter les tempéra- tures plus élevées (couleur orange) au sud est de la Floride et la formation des tourbillons (couleur jaune) dans des eaux un peu plus froides (cou- leur verte), puis beaucoup plus froides depuis la latitude du cap Hatteras en Caroline du Nord à celle de New York (couleur bleue) [© Donna Thomas / MODIS Ocean Group NASA / GSFC SST produit par R. Evans et al., U. Miami].

Conclusion

Ce vaste réservoir de la nature qu’est la mer, en paraphrasant Jules Verne, repré- sente beaucoup plus que l’immensité aqueuse que nous avons décrite. La mer est aussi le berceau de la vie. Nous n’avons fait qu’en observer les principales proprié- tés physico-chimiques et qu’expliquer pourquoi la mer peut être parcourue avec des risques finalement modérés par tant de navires de surface. L’eau des rivières et des précipitations y parvient chargée de toutes sortes de suspensions, seule l’eau douce s’en échappe par évaporation. Tous les contaminants s’accumulent donc dans les océans qui ont cette extraordinaire capacité de les absorber, utilisant cer- tains pour faire vivre les espèces animales et végétales qui les peuplent, dissolvant d’autres dans les sédiments, lesquels pourraient constituer les sols de continents d’une ère géologique ultérieure.

Dans les conditions les plus calmes, la mer n’est jamais immobile, puisqu’elle est parcourue par de puissants courants océaniques, même s’ils sont d’une extrême lenteur, surtout dans les portions les plus profondes des boucles de la grande cir- culation thermohaline. Nous avons vu que ce circuit majeur déterminait tous les autres. Sa lenteur justifie la description quasi-statique des premiers paragraphes de ce chapitre. Néanmoins, aussi lent que soit ce fleuve océanique, les débits trans- portés sont tels que l’incidence de son mouvement sur la circulation atmosphérique et sur la météorologie est considérable. Sous la surface de ce gigantesque circuit, loin d’être plates ou rondes, les mers possèdent un relief, dû essentiellement aux variations locales de la gravité.

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176 L’air et l’eau

d’autre de l’interface sont différents, comme dans le cas des vagues à la surface de la mer. Pour rester brefs, disons que ceci est dû au fait que, les crêtes, au voisinage desquelles la vitesse du vent est maximale, allant plus vite que les creux, au voi- sinage desquels elle est au contraire minimale, les crêtes ont tendance à rattraper les creux. Au contraire, au voisinage des creux, la vitesse du vent est minimale et son effet d'entraînement est réduit. La pente du flanc amont de l’onde devient alors de plus en plus raide ; au contraire, celle du flanc aval devient de plus en plus faible. Autrement dit, le flanc amont de l’onde se raccourcit et sa longueur tend à s’annuler, alors que le flanc aval s’allonge et que sa longueur tend vers la longueur d’onde. On comprend ainsi l’évolution de la forme des vagues qui arrivent au voi- sinage de la plage, illustrée sur la figure 6.3 (b). On retrouvera ce phénomène un peu plus loin à propos des tsunamis (voir fig. 6.8).

Le stade final de ces deux effets, accroissement de l’amplitude et redressement du flanc amont, est le déferlement. Il se produit lorsque la pente du flanc amont devient localement presque infinie. Encore modéré sur la figure 6.3 (b), le déferle- ment est susceptible de devenir spectaculaire, en produisant les formes en rouleaux tubulaires recherchées par les surfeurs (fig. 6.5). Il peut devenir dangereux, pour les personnes comme pour les petits bateaux, dans le cas d’une houle de grande énergie. Par contre, les navires de grand tonnage, comme les cargos transporteurs de marchandises, les pétroliers géants, ou bien les porte-avions, dont les longueurs peuvent dépasser 200 m, sont peu sensibles à une houle dont la longueur d’onde atteint la dizaine de mètres et dont l’amplitude demeure de l’ordre de quelques mètres.

Figure 6.5 - Exemple de vague de grande amplitude dont le déferlement peut conduire à la forme tubulaire recherchée par les surfeurs. Noter aussi la formation d’une importante émulsion eau/air, de couleur blanche, ainsi que la présence d’embruns [© misty / Flickr].

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216 L’air et l’eau

Figure 8.3 - Barrage des Trois Gorges en Chine, mis en eau par étapes depuis 2006.

Longueur : 2335 m, hauteur : 100 m, superficie de la retenue : 1080 km2, puissance instal- lée : 18 200 MW [© Christoph FiLnkößL].

En montagne, lorsqu’une vallée se resserre entre deux rives rocheuses dont la soli- dité est assurée par les études géologiques, des barrages-voûtes, impressionnants par l’élégance liée à leur minceur, ont été construits. L’un des plus connus est celui du Chevril, à Tignes, en Savoie. L’histoire de ce grand barrage est marquée à la fois par les records enregistrés lors de sa mise en eau en 1952, rappelés dans la légende de la figure 8.4, et par la procédure juridique qui a précédé sa construc- tion. Engagée par les habitants de l’ancien village de Tignes englouti sous les eaux et par les organismes qui les soutenaient, cette procédure aboutit finalement à la décision de construire le barrage. Depuis, tous les dix ans, lorsque EDF (Electricité de France), exploitant du site, vide cette retenue pour nettoyer les prises d’eau, un pèlerinage est organisé vers les ruines du village englouti, dont les anciens habitants ont été relogés un peu plus haut, au village des Boisses. Les cloches de l’ancienne église, ainsi que les statues et des cuirs de Cordoue qui la décoraient, ont été trans- férés dans la nouvelle. Les anciens habitants vivaient de l’élevage et de l’artisanat, dans une nature superbe mais au prix de travaux particulièrement pénibles avant l’arrivée d’une énergie abondante. Leurs descendants se sont reconvertis dans les métiers des sports d’hiver et dans le tourisme grâce au développement de la station de Tignes, l’une des plus renommées en Europe, notamment après avoir accueilli les Jeux Olympiques d’hiver en 1992.

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