A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
J. S UDRIA
Contribution à la théorie de l’action euclidienne
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3
esérie, tome 17 (1925), p. 63-152
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1925_3_17__63_0>
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CONTRIBUTION A LA THÉORIE DE L’ACTION EUCLIDIENNE
PAR M. J. SUDRIA
.
AYANT-PROPOS
Les recherches
exposées ci-après
ont eu pourorigine
ceproblème :
« Caractériser Par une
propriété
d’extremum ladéformation
des corps snus l’actionde
forces
données. » ’_
Cette
question, elle-même,
nous a étésuggérée
par l’étude duprincipe
de Ména-bréa ; après
avoir donné une démonstrationsimple
de cethéorème,
nous engénéra-
lisons la
portée
et cela nous conduit à lapropriété
d’extremumcherchée,
dans lecas où les forces
agissant
sur le corps forment un ensemble discret.Nous étendons ensuite la
propriété
au cas d’une distribution continue deforces,
aussi bien dans la théorie de
l’Élasticité
que dans celle de la Résistance des matériaux.En cherchant une extension
analogue
dans la Théorie de l’Actioneuclidienne,
nous avons été conduit à
revoir,
pour les rendrerigoureux,
les raisonnementsqui
sont à la base de cette théorie.
Notamment,
celui parlequel
on arrive àl’expression
de l’A.ction euclidienne à
distance,
a donné lieu à l’étude d’unecatégorie particulière
d’équations
aux dérivéespartielles qui
nous apermis
la rectification de cetteexpression.
Quelques
notesréunissent,
dans unchapitre particulier,
les solutions par les mé- thodes de la Théorie de l’Action euclidienne dequelques questions qui
se sontpré-
sentées à nous en cours de notre
étude ;
notamment lagénéralisation
d’un Théorème64
énoncé par Poisson et surtout l’établissement de formules
donnant,
pour des défor- mationsélastiques,
ledéplacement
d’unpoint quelconque
d’un corps à fibre moyenne.Ces formules se trouvent être la
généralisation
de celles deBresse, lesquelles
n’avaient été démontrées que pour la flexion
simple.
Nous en avons déduit une méthode
générale
pour trouver lesdéplacements,
endébarrassant les formules
précédentes,
une fois pour toutes, des inconnues auxiliaires.’
Cette dernière méthode
pourrait,
sansdoute,
êtreexposée
sans l’intervention de la Théorie de l’Actioneuclidienne encore
faudrait-ils’inspirer
desprocédés
em-ployés
par les Auteurs de cetteThéorie ;
nous croyons devoir déclarer que c’est la Théorie de l’Actionqui
nous a conduit à ce résultat et nous tenons à leprésenter
comme une
conséquence
des travaux de E. et F. Cosserat et à faire à ceux-cil’hommage qui
leur est dû.J. S.
CHAPITRE PREMIER .
Etude des déformations
sousl’action des forces formant
unsystème discret.
i. . LE PRINCIPE DE MÉNA2RÉA.
Dans un
opuscule
intitulé « Les méthodes modernes en Résistance des Maté- riaux))(~),
M. Bertrand de Fontviolantrappelait,
enig18,
un théorème du GénéralMénabréa,
que le célèbreingénieur
militaire italien avait énoncé etincomplètement
. démontré
(’).
Dans un autre livre paru
récemment(3),
M. de Fontviolantsignale
que L. Do- nati avait donné une démonstration de ceprincipe, comportant
des calculs labo- rieux. D’autres démonstrations ont été données ces dernières années par M. Liénard(Bullelin
des SciencesMathématiques, Ig2i),
par L.Tournayre,
Sonier et M. deFontviolant, lui-même,
dans le Génie Civil( I g21 ).
Avant d’examiner le théorème de
Ménabréa, rappelons quelques
résultats clas-siques :
Soit un
système isostatique,
soumis à des forcesFt’ F~,
... ,Fn
dont lespoints d’application
sontAi, As,
... ,An; désignons
parB, À2,
... ,î,~~
lesprojections
res-pectives
desdéplacements
de cespoints
sur les forcesqu’ils supportent.
Lepotentiel
interne du
système (ou potentiel
des forcesmoléculaires)
pour une telle déforma- tion est :et comme les
déplacements projetés
sont des fonctions linéaires ethomogènes
desforces
C’) (aussi
bien dans la Théorie del’Élasticité
que dans celle de la Résistance desMatériaux),
l’on a : ’(~)
Librairie Gauthier-Villars.’
(2)
V. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1858, et «Principe générai
pour déter- miner les pressions et les tensions dans unsystème élastique » (Turin, 1868).
(3)
Résistance des matériaux(Libr.
J.-B. Baillière,1923).
(*)
V. Appell, Traité deMécanique
rationnelle, t. III, Ireédition,
p. 516.Fac. des Sc., 3e série, t. XVII. - . 9
Si l’on considère maintenant un
système hyperstatique,
on pourra le rendre isos-tatique
par lasuppression
des liaisons surabondantes et le remettre dans l’étatde
déformation
qu’il
avait avant cettesuppression,
enappliquant
des forces convena-bles,
auxpoints
enlesquels s’exerçaient
les liaisons détruites.Le nouveau
système
aura ainsi unpotentiel
interne évidemmentégal
à celui dusystème hyperstatique,
et cepotentiel
pourra se calculer parl’expression (1),
lasomme étant étendue aux anciennes forces directement
appliquées (F)
et aux forces,remplaçan
les actions de liaisonssupprimées (R).
On pourra écrire :
- r~ étant une fonction
quadratique
des F etR,
fonctionqui peut
se mettre sous laforme :
03C62 étant une fonction
quadratique
des Ret 03C61
une fonction dupremier degré
de cesvariables. On sait enfin que FI est une fonction essentiellement
positive.
2. Le théorème du Général Ménabréa s’énonce ainsi :
« Les valeurs que
prennent
en fait les réactions R rendent minimum lepoten-
tiel II considéré comme fonction de ces réactions. ))Les conditions du
premier
ordre :sont satisfaites
d’après
le théorème sur lesdéplacements
despoints d’application
des
forces,
théorème que l’ondésigne
maintenant sous le nom de théorème deCastigliano (i).
M. Bertrand de Fontviolant
remarquait,
dansl’opuscule cité, que
pour établir le passage dupotentiel
par un minimum il faudrait encore montrer que la condition du second ordre est aussisatisfaite,
savoir :Voici une démonstration directe de ce fait.
’
(’ j
Les travaux de Castigliano étantpostérieurs
à ceux de Ménabréa, c’est à ce dernierque l’on doit attribuer le
principe.
Remarquons
que est une fonctionquadratique définie, positive
des R carc’est la valeur
que prend
IIquand
on annule lesF ;
d’autrepart,
donc :
3.
REMARQUES.
I. La démonstration élémentaire suivante montre que le minimum est
absolu,
ce
qui
résulté aussi de ce que les différentielles de la fonction II sont nulles à par- tir de la troisième.Évaluons
la variation dupotentiel
internecorrespondant
aux accroissements... ,
~R~
des réactions.et
puisque :
il reste :
Cette
variation
est essentiellementpositive,
comme la fonction elle-même.II. Le théorème de Ménabréa est une
application
de laproposition générale
sui-vante,
qui
n’est que l’extension d’unepropriété
du trinôme du seconddegré :
«
Étant
donnée une fonction du seconddegré
deplusieurs variables,
non néces-sairement
quadratique,
mais dont l’ensemble des termes du seconddegré
constituentune fonction
quadratique
définiepositive,
la fonction passe effectivement par unminimum pour les valeurs des variables satisfaisant aux conditions de
premier ordre,
nécessaires pour un extrémum. »La démonstration est
identique
à laprécédente.
-4. GÉNÉRALISATION DU THÉORÈME DU GÉNÉRAL MÉNABRÉA.
Soit un
système
de corpsisotropes
ou à fibre moyenne,isostatique
ouhypersta- tique,
soumis à des forcesappliquées. Supposons
que sous’l’influence
de cesforces,
les corps se
déformant,
certainspoints
viennent à être arrêtés par des obstacles avant que la déformation totale soit atteinte.Soient ~~, ... , les réactions de ces obstacles
quand
lesystème
est enéqui- libre, après déformation; ),~,
...,).
lesprojections respectives
sur lesforces p
des
déplacements
despoints
ainsiarrêtés;
enfinRi, R~,
..., Rv les réactions des obstacles auxpoints
fixes. Lepotentiel
interne est une fonctionquadratique
des for-ces
appliquées
et des réactions Ret p.
..Je dis que les valeurs que
prennent
en fait les réactions Ret p
rendent minimal’expression :
.considérée comme fonction des R et
des p.
En
effet, d’après
le théorème deCastigliano :
et
ou, ce
qui
revient au même :les conditions du
premier
ordre étantremplies,
le théorèmegénéral précédent
mon-tre que 8 passe effectivement par un minimum pour les valeurs que
prennent
enfait les R et
les p(’).
(’)
Nous lisons dans le traité magistral de Résistance des Matériaux de M. Bertrand de Fontviolant(Encyclopédie
du Génie Civil, Directeur : G. Mesnager. Résistance des Maté- riaux, par Bertrand de Fontviolant,Librairie J.-B. Baillière), auquel
nous avonsdéjà
faitallusion au début de cet ouvrage et qui est paru récemment, cette remarque : .
« Le théorème de Ménabréa ne permet pas de calculer les forces de liaison surabondan- tes, dans le cas où les liaisons du corps, ou du
système
de corps, n’ont pu être réaliséessans déformation
élastique
de celui-ci. »Le théorème
général
que nous donnons ci-dessus permet ce calcul.5. THÉORÈMES CORRÉLATIFS.
Soient
a!, ~a, ..., ~,t,
lesdéplacements projetés
des npoints
d’unsystème
enlesquels
sontappliquées
les forcesFi, F$,
...,F~,.
Entre lesdéplacements projetés
et les forces existent n
équations
dutype :
Résolvons ce
système d’équations
parrapport
auxF;
cette résolution estpossi-
ble car le déterminant des inconnnes n’est autre que le discriminant de la forme
quadratique (potentiel interne)
Le théorème de
Castigliano donne,
en effet : .et comme n est une forme définie
positive,
le discriminant est différent dezéro.
-En outre, le déterminant des inconnues étant un
discriminant,
estsymétrique
par
rapport
à ladiagonale principale.
La résolution donne :
On a,
d’après
la remarqueprécédente :
Le
potentiel interne I 2 03A3Fi03BBi peut
donc s’écrire en fonction desdéplacements,
cequi
donne :
et l’on voit que :
o’est un
premier
résultat corrélatif du théorème deCastigliano.
Considérons maintenant un certain nombre de
points A,, A~, . , . , An,
en les-quels
sontappliquées
desforces;
supposons que cespoints
soientassujettis
à avoirdes
déplacements projetés,
fixés d’avancea1, B,
...,~,L.
Soient,
en outre, un certain nombre d’autrespoints A~, A~,
..., A," enlesquels.
sont
appliquées
desforces,
de direction et degrandeur données;
les valeurs queprennent
en fait lesdéplacements projetés
de ces derniers rendent minima lasomme :
considérée comme fonction des
~,~, î,p,
...,, i,.,.
On a, en
effet, d’après
le théorème corrélatif de celui deCastigliano,
la forceFi
étant la dérivée parrapport
dupotentiel exprimé
au moyen des seulsdéplace-
ments
projetés :
‘c’est-à-dire :
Les conditions du
premier
ordre étantremplies,
laproposition générale (p. 65)
nous
permet
encore d’affirmer queles
valeursprises
par)’Q., i,~,
...,1-’1’
rendent ef-- fectivement minimal’expression
@.C’est un théorème corrélatif de celui de Ménabréa.
Cette
proposition
ne suppose pas lesystème isostatique,
les coefficients de la fonctionquadratique
sont seulementdifférents,
suivant le nombre et la nature des.liaisons surabondantes.
6. THÉORÈME DU MAXIMUM DE
L’ÉNERGIE CINÉTIQUE
VIRTUELLE.Supposons qu’il n’y
ait d’autrespoints chargés
que ceux que nous avons dési-.-gnés
parAa, Ap,
... ,A.,,
c’est-à-dire ceux enlesquels
lacharge
estimposée
et non.le
déplacement.
Les
déplacements projetés
rendent minima la somme :considérée comme fonction des ~.
Interprétons
ce nouveau théorème.Supposons
le corpspartant
du repos et soumisbrusquement
aux forcesFü, ~’~,
..., F.,. .Considérons les déformations
statiques
quepourrait prendre
le corps sous l’ac- tion de forcesayant
mêmespoints d’application
et mêmes directions(’)
que.Fa, F~,
..., F,,(mais
des intensitésquelconques).
Elles forment un domaine continu et nous ne comparerons entre elles que des déformées
appartenant
à ce domaine. ,Désignons toujours
para«, a~, ... , a.,,
lesdéplacements (projetés)
despoints A3,
... ,A,,
dans une telle déformation. - .L’expression :
représente toujours
ausigne près,
le travail des forces moléculairesqui
aurait étéeffectué si cette déformation était
réalisée ;
la somme :représente
évidemment le travail virtuel des forcesappliquées (somme
desproduits
. internes des forces par les
déplacements
despoints d’application).
Enfin la différence :
est, au
signe près, l’énergie cinétique
Wqu’aurait
le corps,parti
du repos, au mo-ment où la déformation
imaginée
serait effective.On a donc :
et
puisque
cetteexpression
est minima dans les conditionsexigées,
W estmaxima,
d’où l’énoncé :
(i)
Pour que les coefficients de la fonction II restent les mêmes.« La déformation
d’équilibre
d’un corps sous l’action de forces données est,parmi
toutes les déformationspossibles
sous l’action des forcesappliquées
auxmêmes
points
et de mêmes directionsrespectives,
cellequi
rend maximal’énergie cinétique
virtuelle du corpsbrusquement
soumis aux forcesdonnées. »
C’est là la
propriété
d’extremum dont nous proposons d’étendre laportée.
Précisons-en l’énoncé.
On suppose le corps
partant
du repos etprenant
une déformation virtuelle du domaineprécédemment défini ;
la sommealgébrique
des travaux virtuels descharges
_et des forces intérieures
(énergie cinétique virtuelle)
est maximaquand
ladéforma-
tion virtuelle est la déformation
d’équilibre.
Si les déformations réalisées au cours du mouvement du
système partant
du re-- posappartiennent
au domaineconsidéré, l’énergie cinétique
est maximaquand
lesystème
passe par laposition d’équilibre.
Cette remarque n’est que la
généralisation
du résultatclassique
suivant :Soit un ressort
supportant
un corps depoids P, charge appliquée brusque-
ment sur le ressort
primitivement
à l’état de tensionnulle,
la sommealgébrique
des forces
agissant
sur le corps estpositive jusqu’à
ce que le ressort passe par la po-- sitiond’équilibre,
nulle à ce moment etnégative ensuite,
donc la vitesse passe parun maximum
quand
le corps occupe laposition d’équilibre
et il en est de même del’énergie cinétique.
7.
REMARQUES.
1. Nous verrons
plus
tard que l’onpeut
s’affranchir de la restriction mise en évi-- dence dans l’énoncé etd’après laquelle
on ne compare que les déformations d’un certain domaine. Lasuppression
de cette restriction montre tout l’intérêt que ce.théorème
présentera
dans la suite.’
II. Il n’est pas inutile, au
point
de vuedidactique,
deremarquer
unecomplète analogie
formelle entre lesquestions
traitées dans cechapitre
et celles concernantles
charges électrostatiques prises
par des conducteurs maintenus à despotentiels
V,, ~V~,
...,Vn8
SiQi’ Q2’ ..., Qn’
sont lescharges,
on a d’abord entre les quan- tités d’électricité et lespotentiels correspondants,
des relationsanalogues
à cellesqui
lient lesdéplacements
auxforces,
savoir :D’autre
part,
de même que lepotentiel
interne du corps déformé est1
onsait que
l’énergie potentielle
d’unsystème
électriséstatique
est :Elle peut s’exprimer,
soit an moyen despotentiels seulement,
soit au moyen descharges ;
dans les deux cas, elle est une fonctionquadratique
définiepositive.
Un
théorèmeanalogue
à celui deCastigliano
se traduit par deségalités
telles que :d’où il résulte que :
car cette
égalité
revient à :Pour avoir un théorème
analogue
à celui deMénabréa,
il fautimaginer que
lesquantités jouant
le rôle dedéplacements,
c’est-à-dire lescharges
restentnulles,
surquelques conducteurs
d’indices ce,~,
..., v, parexemple.
Il suffit pour cela de supposer
qu’avant
l’électrisation des autres, ces conducteurs sont à l’état neutre etqu’en
outre ils restent isolés. Si les autres conducteurs sont à despotentiels V,, V~,
... ,Vn, déterminés,
onpeut
dire que les valeurs que pren- nent en fait lespotentiels V (].,
... ,V,,,
rendent minima laquantité
W consi-dérée comme fonction de ces V. En admettant la dénomination de
potentiels
deréaction
(1),
on a un énoncécomplètement analogue
à celui de Ménabréa.On
peut
aussi établir un théorème de Ménabréagénéralisé
ensupposant que
lesconducteurs d’indices x,
p,
... , v, ne sont isolésqu’après
avoir reçu descharges Qa, Q~,
...,Q,, ;
alors lespotentiels qu’ils prennent
rendent minima la différence :considérée comme fonction de
Va, Va,
..., V,,.Enfin,
onpeut
aussienvisager
un théorèmecorrélatif;
notamment t si les con-(’) Ou
potentiels
induits.Fac. des Sc., 3e série, t. XVII.
’
10
ducteurs
dont lespotentiels
sontimposés (dés
ledébut)
sont seulschargés,
les va-leurs que
prennent
en fait lescharges
rendent maxima la différence :Si l’on remarque que la
première
somme estl’énergie’fournie
par les sources et que W estl’énergie acquise
par lesconducteurs,
la différencereprésente l’énergie calorifique
etélectrocinétique communiquée
au circuit. Ici encore nous trouvonsune extension d’une remarque
suggérée
par lacharge
d’un condensateur de capa- citéC,
par une source f. é. m.E,
à travers un conducteur de résistance R.L’équa-
tion différentielle donnant la
charge
du condensateur en fonction dutemps
est :~ désignant
le coefficient de self induction ducircuit,
cequi
donne :et
en intégrant :
Effet Joule +
Énergie électrocinétique
= .On sait que la
charge
finale estcE ;
cette valeur de q annule la dérivée deEq 2014 q2 2c
et rend cettedernière expression
maxima.La valeur du maximum est d’ailleurs l’effet Joule
intégral
carl’énergie
électro-cinétique
tend vers zéro à mesure que lacharge
tend vers sa valeur finale._
III. Nous avons
admis,
commephysiquement évident,
que la fonction qua-dratique :
.’
était définie
positive.
Engénéral,
la vérificationalgébrique
d’un tel caractère est trèscompliquée quand
le nombre de variablesVi
est.grand
et, àplus
forteraison,
quelconque.
-Il se trouve que cette vérification
peut
se faire assezsimplement
si l’on tientcompte
despropriétés
connues des coefficientsC,,0.
Cespropriétés
se résumentainsi :
Cela
posé,
onpeut
mettre W sous la forme suivante :Les termes
qui
suivent lepremier
carré forment une fonctionquadratique
enV V3,
... ,V ;
en modifiant les notations onpeut
écrire cette fonction :Nous allons montrer que les coefficients y
jouissent
des mêmespropriétés
queles coefficients C de la forme
quadratique W,
savoir :En
effet,
je
dis que :ou
(’)
Cespropriétés
des coefficientsCjk
sontclassiques :
V. p. ex. Bouasse, Électricité e~Magnét.,
t. III, p. 30.- ,et
puisque
tous les termes de laparenthèse
sontnégatifs,
on a afortiori :
:D’aIHeurs tes deux membres des deux
inégalités
sontpositifs. D’où,
par multi-plication :
ce
qui
est bien lapremière inégalité
à démontrer.D’autre
part :
Les
Cjk
étantnégatifs pour j
k etpositifs pour y=A-,
on aévidemment : .
Enfin,
formons la somme :. elle est
égale
à :Les deux facteurs de ce
produit
sontpositifs, d’après
lesinégalités (i).
En
résumé,
les coefficients de la fonction W’ ont exactement les mêmes pro- ,priétés’
que ceux de la fonction W et l’on pourra sur W’appliquer
la méthode deGauss comme on l’a fait pour W et ainsi de
suite ;
on arrivera enfin à une formequadratique
à une seule variable de la forme et l’on aura o. On auradonc
décomposé
W en une somme de carrés., CHAPITRE II ..
Étude du
casdes Charges continues.
-Démonstration du théorème général
.dans les hypothèses de la théorie de l’Élasticité..
8. Le cas des
charges appliquées
en unpoint
n’étantqu’une
fiction commode pour lesIngénieurs,
nous examinerons seulement celui desCharges
continues.Reprenons
le théorèmeprécédent :
nous allons lui donner maintenant la forme trèsgénérale ci-après :
« De toutes les déformations virtuelles que l’on
peut
concevoir pour lesystème
« de corps
isotropes chargés brusquement
de forcesdonnées,
celle pourlaquelle
«
l’énergie cinétique
virtuelle(somme
des travaux des forcesappliquées
et des forces«
moléculaires)
estmaxima,
est ladéformation d’équilibre. ))
Considérons
l’intégrale
étendue au volume total Q dusystème C)
:dans
laquelle
les e et les y sont lesparamètres
de la déformationélastique
aupoint
x, y, z(avec
la convention designes
du Cours deMécanique
deSarrau) (’);
À et ~, sont les constantes
d’isotropie;
les tensions normales ettangentielles
au moment del’équilibre,
sous les forces données.Cette
intégrale
estminima,
pour les valeurs des e et des rcorrespondant
à cetéquilibre;
eneffet,
dans l’élémentdifférentiel,
le facteur dedx, dy,
dzcontient,
comme ensemble de termes du second
degré,
une fonctionquadratique
définieposi-
tive 03C9 et,
d’après
uneproposition rappelée
auChap. I,
p,69,
ilsuffit,
pour établir l’existence duminimum,
devérifier
que les conditions dupremier
ordre sont rem-(f)
Lapremière intégrale triple
est lepotentiel
interne du corps et joue le mêmerôle
que la
quantité
II dans le cas des ensembles discrets de forces; quant à la deuxième inté- grale elle jouera le rôle de la somme : -(F«À«
+FpBs
+ ... +F,,~,~).
.(’)
Sarrau : Cours deMécanique
de l’ÉcolePoLytechnique,
Ire division,plies. Or,
les tensions normales ettangentielles s’expriment
par des formules con- nues au moyen de ces sixparamètres
et ces formules reviennent à celles-ci :Nous aurons
donc,
au moment del’équilibre:
les et les
,0
étant les valeurs, à ce moment, desparamètres
de la déformationélastique.
Ceséquations expriment
que les conditions dupremier
ordre sont rem--plies
pour que 8 soitminima,
lors de la déformationd’équilibre. D’après
un théo-rème
plusieurs
foisinvoqué,
nous pourrons affirmer que 0 est à ce moment effec-- tivement minima.Interprétons
maintenant cerésultat;
pour celaexprimons
lesparamètres
de ladéformation
élastique
au moyen descomposantes
u, v, w, suivant les axes, du..déplacement élastique
dupoint A(x, y, z)
,On a :
Dans
l’intégrale
e la secondeligne peut
s’écrire en tenantcompte
des relationspré-
cédentes :
’
Intégrons
parparties :
La formule
d’Ostrogradsky permet
deremplacer
lapremière intégrale
de volumepar
l’intégrale
étendue à la surface ~ limitant lesystème :
ou encore
Xe, Ye, Z~
étant lescomposantes
de la force unitaireappliquée
à l’élément da etx, (~,
y les cosinus desangles
des axes de coordonnée avec la demi-normalepositive
à cet’
élément. ,
.
. Cette
intégrale
de surface est donc letravail, changé
designe,
des forcesappli- quées
extérieures. _Reste la dernière
intégrale;
elle s’écrit encore,d’après
leséquations classiques
del’élasticité : .
Pzi
étant lescomposantes
de la force unitaireappliquée
à l’élément de volume dw . On obtient ainsi letravail, changé
designe,
des forcesappliquées
inté-rieures.
Les deux résultats
précédents rajoutés
donnentdonc 2014~
travail de toutes les forcesappliquées, changé
designe.
Si l’on tientcompte
de ce que, dansl’intégrale @,
la
première ligne
est lepotentiel
interne du corps, c’est-à-dire letravail, changé
designe,
des forcesmoléculaires,
soit -’0m’
on trouve bien que la somme -(’0a
+’0m)’
est
minima,
ou encore que le travail total~a + ~m (énergie virtuelle)
est maximapour la déformation
d’équilibre.
,DÉMONSTRATION DU THÉORÈME GÉNÉRAL DANS LES HYPOTHÈSES
DE LA RÉSISTANCE DES MATÉRIAUX.
9. Les
hypothèses
de la Théorie de la Résistance des Matériaux sont différentes de celles de la Théorie del’Élasticité.
Il est donc intéressant démontrer que, pour la déformationd’équilibre prise
par un corps sous l’action des forcesappliquées,
lapremière
théorieassigne
à son tour une valeur maxima à une certaineintégrale, laquelle, interprétée d’après
lesrègles
de la Résistance desMatériaux,
conduit encore.à un énoncé
identique
à celui duchapitre précédent.
Soit un corps à
ligne
moyenne, c’est-à-dire un corps dont le volume estengendré
par une section
AB,
le centre degravité
de la section décrivant laligne
ditemoyenne et le
plan
de cette section restant normal à laligne.
Figa1.
Nous
supposons
ce corps soumisbrusquement
à descharges
déterminées. A une..section normale
AB,
dont l’abscissecurvilignes
sera lalongueur
de laligne
moyenne
depuis
l’extrémitégauche jusqu’à
lasection,
lions un trièdre dont rune desarêtes, Gx,
sera latangente
à laligne
moyenne, les deux autres,Gy
etG~,
serontpar
exemple
les axes d’inertie de la section."
Considérons un
système
S de forcesagissant
sur la section AB et formant avecles forces
appliquées
au corps, àgauche
de cettesection,
unsystème équivalent
àzéro. ,
Soient
N, Ty, T4, Mx’
les éléments de la réduction dusystème
S aupoint G,.
centre de
gravité
de la section.Désignons
demême
par :les
quantités analogues
pour lesystème
S’ relatif à la section A’ B’voisine,
d’abs-cisse s + ds . .
Les forces réellement
appliquées
sur la tranche forment avec le sys- tème S’ - S unsystème équivalent
à zéro.Suivant
t l’usage
et relativement à une déformation virtuellequelconque
du corps,désignons
par ~, ,~~,y~, 8z
lesparamètres
de la déformationélastique
de cecorps pour la section
AB;
parE’ , y’y,
..., les valeurs de cesparamètres
pour la section A’B’.Considérons
l’intégrale
’
. l étant la
longueur
totale de la fibre moyenne.La construction de l’élément différentiel est
analogue
à celle de l’élément de0,
dans le
paragraphe précédent.
D’après
le théorèmeinvoqué
dans leschapitres précédents,
le coemcient de ds estminimum pour : .
On voit que ce sont
là
les valeurs desparamètres qui correspondent
à la déformationd’équilibre ($) .
L’intégrale
est elle-même minima pour cette déformationparticulière.
Or,
le termereprésente
pour une déformation virtuellequelconque
letravail, changé
designe,
deforces intérieures
moléculaires(3).
’ ,(1)
Abstraction faite des forces qui pourraient êtreappliquées
sur une section normale,si celle-ci est terminale.
(t)
V. p. ex. Bertrand de Fontviolant, Résistance des Matériaux (Lib.Baillière).
(S)
Ibid.Si nous montrons que
l’intégrale
est la valeur du travail des forces
appliquées, pendant
cette déformation virtuellequelconque,
nous aurons encorejustifié,
dans ce cas, l’énoncé du théorèmegénéral.
’ Pour
cela,
nous considérerons lesystème 1
des forcesappliquées
au corps, àgauche
de la section considérée(ailleurs
que sur la sectionterminale),
et nousappel-
lerons dE le
système
de forcesappliquées
à la tranche; nous utiliserons ce fait que lesystème
d ~ + S’ - S estéquivalent
à zéro.Le
travail de l’ensemble est doncindépendant
dusystème
de référence parrapport auquel
on l’évalue. Nous pren- drons enparticulier
lesystème
des trois axesGx, Gy, G~
liés à la section AB.Adoptant
laterminologie
de M.Béghin (1)
nousécrirons, d’après
la remarqueprécédente :
Travail absolu de
(d È
+ S’ -S)
= travail relatif de(d E
+ S’ -S).
Or le travail relatif de dE est du second ordre par
rapport
à ds.(En
effet lesforces
appliquées
sur la tranche sont de l’ordre de ds et lesdéplacements
despoints d’application aussi.)
Donc,
en se limitant auxparties principales :
Travail absolu de d E = Travail relatif de
(S’
-S)
- travail absolu de(S’
-S)
- - Travail d’entraînement de
(S’
-S).
Le travail
qui figure
dans le dernier membre est celuiqu’accompliraient
les for-ces de
(S’
-S)
si la tranche ABA’B’supposée
invariableparticipait
au mouvementde la section AB.
Si l’on
appelle Àx, Ày, Àz
lescomposantes
dedéplacement
dupoint G,
a~, ax lescomposantes
de la rotation de cettesection,
le travail d’entraînement du sys- tème S’ - S sera :ou
(t)
H.Béghin, Statique
etDynamique (A. Colin),
t. I, p. 133.et, pour tout le corps :
car :
On en déduit :
i
Travail absolu de 03A3 +
[N),x
~ +Ty03BBy
~ ~ +...]l0 2014 0 (N
E +Ty03B3y
+ ... +Mz03B8z)
" ds = ole terme tout
intégré
est le travail absolu des forces extérieuresappliquées
sur lessections
terminales ;
ce terme,ajouté
àcelui qui
leprécède,
donne le travail total des forcesappliquées.
Finalement :Travail absolu des forces
appliquées
=/ (N
E +Ty03B3y
+ ... + Mz03B8z)ds . .
c. q. f. d.0
.
" "
CHAPITRE III
Extension
auxdéformations étudiées dans la théorie de l’action euclidienne.
10. PRÉLIMINAIRES.
Nous utiliserons dans ce
qui
suit les notationsparticulières
au calculgéomé- trique (i) résumées ci-après :
Le
produit
interne ou scalaire de deux vecteurs U et V serareprésenté
parLe
produit
externe ou vectoriel de ces mêmes vecteurs parLe trivecteur UVW
représente
le volumeparallélépipède ayant
les trois vecteursU, V, W,
commearêtes ;
ce nombre est affecté dusigne
+ ou dusigne
- suivantque W et
U/~V
sont ou non du même côté parrapport
auplan
de U et de V.On a notamment
l’égalité :
Enfin nous
utiliserons,
pour un vecteur U fonction dutemps,
la notion de déri- vée d’un vecteur relative à unsystème
de référencemobile,
et nous lareprésenterons
par
dU dt
; la dérivée absolue(prise
dans unsystème
de référencefixe)
seraliée à la
précédente par la
relation :Q est le vecteur vitesse instantanée de rotation du
système
de référence entraîné.(1)
V. Burali-Forti, « Introduction à la Géométrie différentielle selon la Méthode de Grassmann » et Burali-Forti etMarcolongo, « Calcolo Vettoriale ».(’)
J. Sudria, N. A. de Math., « Sur la notion de dérivée relative d’un vecteur »(avril 1924).
Considérons une courbe et supposons
qu’on
la déforme de manièrequ’à
.chaque point
de l’état initialcorresponde
unpoint
et un seul de la déformée AMB.Imaginons qu’un
trièdretrirectangle ayant
son sommet sur unpoint
de la courbese
déplace,
sonorientation
variant d’une manièrequelconque, pendant
cedéplace-
ment. Si U est un vecteur, fonction uniforme du
point
de la courbequi
est le som-met du
trièdre,
on a, comme on levoit,
par un raisonnementanalogue
à celui que l’on utilise en calcul des variations :D
désignant
une variation absoluecorrespondant
àun déplacement quelconque
dusommet, le
long
de la courbe et A une variation absoluecorrespondant
au passage .d’unpoint
de la courbe aupoint correspondant
de la déformée.11. Soient (l et 9 les rotations élémentaires du trièdre dans chacun des deux cas,
lorsqu’on
l’on ne considère que desdéplacements
infinimentpetits,
ces rotationsélémentaires étant
portées
par les axes instantanés de rotation. Nous allons établir deux résultatsimportants
pour la suite : .i° Si l’on
prend
pour vecteur U le vecteur oMjoignant
unpoint
fixe o au som-met du
trièdre,
on a, en vertu de(i),
d et s(’) désignant
les variations relativesou encore,
dso
étant l’arc de courbe non déforméequi correspond
audéplacement envisagé
lelong
de cette courbe et Q la vitesse instantanée de rotation :2° Si l’on choisit maintenant comme vecteur U de la relation
(i)
un vecteur biendéterminé et au repos relatif dans le trièdre