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Sur l'introduction des coordonnées collectives pour la description des noyaux

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00235781

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00235781

Submitted on 1 Jan 1958

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Sur l’introduction des coordonnées collectives pour la description des noyaux

Maurice Jean, Jean Touchard

To cite this version:

Maurice Jean, Jean Touchard. Sur l’introduction des coordonnées collectives pour la description des noyaux. J. Phys. Radium, 1958, 19 (1), pp.8-9. �10.1051/jphysrad:019580019010800�. �jpa-00235781�

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8.

SUR L’INTRODUCTION DES COORDONNÉES COLLECTIVES POUR LA DESCRIPTION DES NOYAUX Par MAURICE JEAN et JEAN TOUCHARD,

Faculté des Sciences de Bordeaux et Laboratoire de Physique Nucléaire, Orsay.

Résumé. - L’explication du caractère collectif de certaines excitations est recherchée par la dérivation d’un hamiltonien collectif analogue à l’hamiltonien phénoménologique proposé par A. Bohr.

Abstract. 2014 An attempt is made to account for the collective character of certain nuclear excitations by deriving the phenomenological Hamiltonian proposed by A. Bohr.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM TOME 19, JANVIER 1958,

L’accumulation des données expérimentales sur

les états excités des noyaux a contraint les théo- riciens à rechercher l’explication du caractère collectif de certaines excitations en établissant un

lien entre les paramètres de la dynamique collec-

tive et la structure individuelle.

La voie qui, dès les premiers travaux, a semblé le plus naturelle, a été celle de la recherche de la dérivation d’un hamiltonien collectif analogue à

l’hamiltonien phénoménologique, proposé par A. Bohr [1]. Ce n’est certes pas la seule et il semble que des procédés n’introduisant pas explicitement

des coordonnées collectives soient susceptibles de

mettre en évidence le caractère collectif de cer-

taines excitations nucléaires. En particulier la clas-

sification des états nucléoniques dans un potentiel d’oscillateur, reposant sur le groupe U3 et due à Elliot [2] paraît prometteuse. La description phéno- ménologique de A. Bohr se révèle cependant com-

mode pour l’analyse des données expérimentales

et il nous semble que la dérivation d’un hamiltonien collectif peut fournir d’intéressantes indications.

Nous voulons, à ce propos, présenter quelques

remarques concernant une méthode générale [3]

pour l’introduction des coordonnées collectives.

Nous considérons un système de A nucléons décrit par l’hamiltonien H(x, p) où x et p désignent

l’ensemble des variables canoniques des nucléons.

Nous nous proposons de trouver une équation équivalente à l’équation aux valeurs propres :

qui fasse apparaître, à côté d’un hamiltonien intrin-

sèque, un hamiltonien collectif exprimé à l’aide

de variables collectives ce et n canoniquement conjuguées ([a, 7t] = ih) commutant avec les

variables des nucléons. Puisque nous supposons

qu’il existe des oscillations collectives du système

il est naturel d’admettre qu’il est possible de définir,

en fonction de x et p, des opérateurs Q et P obéis-

sant aux relations :

où B est le paramètre d’inertie et C l’intensité de la force de rappel des oscillations collectives. Nous voulons maintenant exprimer les propriétés dyna- miques contenues dans (2) par l’intermédiaire des variables collectives oc et 77. Pour cela nous consi- dérons notre problème comme un cas particulier

d’un problème plus vaste dans un espace de confi-

guration élargi par l’introduction de la variable a.

La condition supplémentaire :

’Y est la nouvelle fonction d’onde, nous ramène

au problème précédent en nous plaçant sur la multiplicité oc -- 0. La résolution de l’équation

aux valeurs propres (1) est équivalente à celle de : qui est compatible avec (3) puisque [oc, H] = 0.

Deux transformations canoniques successives

Ut = exp [(i/1i) nQ], puis U2 = exp [- (ilh) ocP]

permettent d’écrire l’équation (4) sous la forme

désirée qui est, explicitement :

lorsqu’on tient compte de la contrainte imposée

aux variables intrinsèques (x, p) par l’introduction d’un degré de liberté supplémentaire. Cette con-,

trainte s’exprime par la condition supplémentaire

qui devient (1) :

On a ainsi une séparation complète des moue,

ments intrinsèques et des’mouvements collectifs. Le

premier crochet de (5) est l’hamiltonien intrinsèque

et le second l’hamiltonien collectif. L’équation (5), qui ne fait que traduire les propriétés contenues

dans (2), n’est pas complètement banale. Elle

rappelle, en particulier, que pour la description

(1) On a, par ailleurs, [Q, c1e] = 0, où M est l’hamiltonien entre parenthèses de (5). Ceci implique évidemment :

[Q, H intrinsèque] = 0.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:019580019010800

(3)

9

des mouvements intrinsèques il est nécessaire de tenir compte du terme de recul 1 2B P2 et de la

contrainte exprimée par (6). Un exemple simple

est fourni par la séparation du centre de gra-.

vité (C. G.). Dans le modèle des couches (M. C.)

on utilise un hamiltonien

!Y-i

qui n’est pas invariant par rapport aux translations et les états excités du M. C. peuvent contenir des excitations du mouvement du C. G. et par consé-

quent ne pas correspondre à de vrais états excités intrinsèques [4]. Pour examiner cette question dans

le cadre du formalisme précédent, nous suppose-

A

ron s, pour fixer les idées, que Nous poserons 1

relations (2) sont alors satisfaites avec B = mA et

C = mA m2. On voit donc d’après (5) que le C. G.

est animé d’un mouvement de vibration harmo-

nique décrit par l’hamiltonien collectif

et dont la fréquence est encore (O. Les états intrin-

1 ~

sèques sont décrits par H. ‘nt = H(x, p) 2mA P2

compte tenu de la condition supplémentaire Q’Y = 0. Il en résulte qu’en fait les fonctions

d’ondes correspondant aux excitations intrinsèques

sont en général des combinaisons linéaires des fonctions du M. C. Ces remarques peuvent être étendues, avec quelques complications, à d’autres types de potentiels. Un autre exemple intéressant

est celui des vibrations dipolaires des protons par

rapport aux neutrons (5). On pose alors

et l’on définit la variable dipolaires

et son moment conjugué,

Ces deux dernières variables canoniques com-

~ ~

mutent avec Q et P, ce qui assure la séparation

des mouvements dipolaires et du C. G. Dans ces

conditions (2a) et (2b) sont satisfaits avec

B = m NZIA. Pour un potentiel d’oscillateur (2c)

est satisfaite avec C = mm2 NZ/A et les mouve-

ments dipolaires sont encore des vibrations harmo-

niques de fréquence w.

Le potentiel d’oscillateur se prête à des illus- trations académiques simples. Pour décrire, la

situation physique réelle il- faut utiliser des potén-

tiels réalistes, mais le traitement se complique vite,

même dans le cas des vibrations dipolaires. De

même pour la généralisation à d’autres types de

mouvements collectifs (rotations par exemple) des complications apparaissent, liées au fait qu’il

semble difficile de satisfaire exactement aux équa-

tions (2). Les deux transformations canoniques

successives laissent subsister des termes résiduels

qui couplent les deux types de mouvement [6].

L’analyse de l’importance de ces termes s’avère

difficile.

(2) L’opérateur moment dipolaire électrique est propor-

~

tionnel à q.

BIBLIOGRAPHIE [1] BOHR (A.), Dan. Mat. Fys. Medd., 1952, 26, 14 ; pour

une liste de références sur la dérivation du modèle collectif voir par exemple : BOHR (A.) et MOTTELSON

(B.), Dan. Mat. Fys. Medd., 1955, 30, 1.

[2] ELLIOTT (J. P.), à paraître.

[3] JEAN (M.) et TOUCHARD (J.), C. R. Acad. Sc., 1957, 245, 1001.

[4] ELLIOTT (J. P.) et SKYRME (T. H. R.), Proc. Roy.

Soc., 1955, 232 A, 561.

[5] Voir aussi BRINK (P. M.), Nucl. Phys., 1957, 4, 215 et FUJITA (J. T.), Progress Theor. Physics, 1956, 16,

112.

[6] Voir aussi par exemple MIYAZIMA et TAMURA, Progress

Theor. Physics, 1956, 15, 255.

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