SUPPLÉMENT AU N° 698 DU 27 AOÛT 2010 L ’ U N I V E R S I T É S Y N D I C A L I S T E C L A S S I Q U E M O D E R N E T E C H N I Q U E SNES (FSU)
S Y N D I C A T N A T I O N A L D E S ENSEIGNEMENTS DE SECOND DEGRÉRéforme des retraites, réforme des EPLE avec l’augmentation des pouvoirs du chef d’établissement, mise en place de la réforme des voies générale et technologique du lycée en Seconde, destruction de la formation initiale des enseignants et des CPE, généralisation du livret de compétences au collège et de l’épreuve d’histoire des arts au DNB, attaques contre l’orientation scolaire sur fond de préparation du budget 2011 et de virage ultra-sécuritaire du gouvernement..., la rentrée 2011 est une rentrée exceptionnelle.
Face à un pouvoir qui tente de maintenir son cap malgré les conséquences de la crise et un mécontentement grandissant, la responsabilité du mouvement syndical est immense.
Le SNES a décidé, dès le mois de juin, d’impulser l’action dès la reprise effective des cours, en articulant les initiatives interprofessionnelles unitaires avec les nécessaires actions spécifiques dans le second degré.
C’est le sens de la décision du Conseil National de juin d’appeler à la grève lundi 6 septembre dans le second degré et à la grève et aux manifestations interprofessionnelles le 7 septembre.
Gagner le pari de réussir une rentrée sociale exceptionnelle ne peut se réaliser qu’avec les personnels. Le rôle des S1 est primordial car ils sont à la fois la force du SNES et sa richesse.
Pour vous aider dans cette tâche difficile, ce premier numéro du Courrier de S1 essaie de donner les outils pour mener le débat, expliquer, convaincre et construire ce mouvement social que nous espérons tous, avec les personnels, depuis des
mois.
N’hésitez pas à contacter vos sections départe- mentale, académique et nationale pour vous aider à animer des réunions, rédiger affiches et tracts...
Bref pour vous permettre d’animer au mieux la vie syndicale au plus près des personnels.
L’Université Syndicaliste, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second degré (FSU),
46, avenue d’Ivry, 75647 Paris Cedex 13 Directeur de la publication : Roland Hubert
Compogravure : C.A.G., Paris
Imprimerie : SEGO, Taverny (95) N° CP 0113 S 06386 - ISSN n° 0751-5839
L’U S
Roland Hubert cosecrétaire général
COURRIER DE S1 N U M É R O 1
DANS L’ACTION
DÈS LA RENTRÉE
©Thierry Nectoux
S O M M A I R E
Accueillir, informer... et mobiliser l’ensemble des collègues
2 Accueillir les stagiaires
3
Intervenir dès la prérentrée CLAIR : silence ! on déréglemente...
Assouplissement de la carte scolaire : chronique d’une casse annoncée
4-5
Les réformes du lycée général et technologique
6-7
Les livrets de compétences 8-9
Les questions à poser à la rentrée 10-11
Faire vivre le S1 12-13
Dès la rentrée : les cotisations, rassembler la profession dans l’action
14 Affiches 18 à 23 Vous cherchez le SNES ?
25
+ d’heures sup. non merci ! 31
Le CA 32-33
Abécédaire Tous en grève les 6 et 7 septembre
D È S L A P R É R E N T R É E
Accueillir, informer... et mobiliser l’ensemble des collègues
Les outils à votre disposition
• L’US et ses suppléments.
• Circulaires des sections académique et départementale.
• Publications du SNES (disponibles auprès de votre section départementale) : Mémento du S1 (métier, traitements, promotions, catégories, fonctionnement des établisse- ments...) ; mémo Stagiaire ; mémo TZR ; mémo CPE ; mémo CO-Psy ; mémo Objec- tif concours ; mémo Non-titulaires ; Guide du jeune prof ; plaquette AED.
• Site Internet national avec les liens vers les sites académiques (voir page 15) : www.snes.edu
– Dans l’espace « adhérent » : Mémento du S1 et mémos disponibles en ligne.
– Dans l’espace « penser et exercer son métier » : programmes, horaires, organisa- tion des enseignements, examens, carrière, rémunération, protection sociale...
– Tout sur les dossiers d’actualité et les actions en cours à la une.
Les différents statuts possibles des personnels arrivant dans l’établissement
• Titulaires affectés à titre définitif par le mouvement intra- académique.
• Titulaires sur zone de remplacement (TZR) : ils sont soit affec- tés à l’année dans l’établissement, soit rattachés dans l’établis- sement dans l’attente d’un remplacement à venir (l’établissement de rattachement étant chargé de leur gestion administrative).
• Stagiaires en formation : voir page 3.
• Maîtres auxiliaires garantis de réemploi. Ils ont les mêmes attributions que les TZR sans être titulaires.
• Contractuels : non-titulaires recrutés par le rectorat selon les termes d’un contrat bilatéral (voir abécédaire).
• Vacataires : non-titulaires recrutés par le chef d’établissement (voir abécédaire).
• Surveillants d’externat (SE) - Maîtres d’internat (MI) : recrutés par le rectorat. Ils ont un double statut d’étudiant et de surveillant.
• Assistants d’éducation : recrutés par le chef d’établissement sur la base d’un contrat individuel ou par l’inspecteur d’académie s’il s’agit d’assistants vie scolaire (voir abécédaire).
Pour la gestion de tous ces personnels (lancement de la paie...), le rectorat édite des circulaires académiques indiquant les pro- cédures à suivre. En cas de problème, demandez ces circulaires dans l’établissement ou contactez la section académique.
• Assistants pédagogiques : voir abécédaire.
Les problèmes les plus fréquents
à la rentrée pour les nouveaux arrivants
• Durée de service : la durée de service et le nombre d’heures supplémentaires imposables sont fonction du statut du collègue.
Il faut rappeler au chef d’établissement qu’il ne peut outrepasser les règles statutaires.
• Emploi du temps : lorsque les problèmes sont aigus, accom- pagner le collègue auprès du chef d’établissement pour aider à débloquer la situation.
• Affectation sur deux établissements : ce type d’affectation peut impliquer des décharges de service si les communes ne sont pas limitrophes, mais doit faire l’objet d’une harmonisation des emplois du temps et d’une concertation concernant les heures supplémentaires.
• Complément de service dans une autre discipline ou en SEGPA : selon les modalités d’affectation, l’étiquetage du poste, les réponses peuvent être différentes.
Sur ces deux derniers points, contactez la section départemen- tale ou académique en cas de problème.
Quelles que soient les difficultés rencontrées par le nouvel arri- vant, il doit impérativement suivre la procédure prévue pour son installation administrative, condition impérative pour le lance- ment de la paie (quitte à accompagner la transmission du procès- verbal d’installation de toutes les remarques qu’il jugera utiles).
Accueillir les nouveaux collègues, apporter les réponses pertinentes aux questions d’organisation des services,
d’emploi du temps, aux problèmes liés à d’éventuelles modifications de structures... Les sollicitations sont
nombreuses à la rentrée pour les militants du SNES dans l’établissement. La mise en place de la nouvelle
classe de Seconde en lycée, avec en particulier ses 10 h 30 à disposition des établissements (voir pages 6 et 7),
et la généralisation du livret de compétences au collège (voir pages 8 et 9) multiplieront encore les problèmes
et les sources de conflit avec l’administration. N’hésitez pas à contacter les militants départementaux,
académiques, nationaux en cas de besoin. En effet, le SNES a toujours fait le choix d’un syndicalisme au plus
près de l’ensemble des adhérents et, plus largement, des personnels. Informer et discuter dans
l’établissement de la situation générale ou de questions plus précises ou plus locales, entendre la parole de
chacun, la faire connaître, débattre collectivement des initiatives qui permettent de faire avancer les
revendications et contraindre le ministère à revenir sur ses décisions catastrophiques pour le système
éducatif, ses personnels et les jeunes, sont les conditions de l’efficacité. Pour cela nous avons besoin de vous.
D È S L A P R É R E N T R É E
Accueillir les stagiaires
A insi, leur accueil au sein des établisse- ments revêt une importance toute parti- culière, notamment en terme de syndicali- sation. Si un certain nombre d’entre eux ont déjà pu prendre contact avec le SNES (voir encadré), il reste à leur montrer concrè- tement la solidarité de la profession et de son syndicat majoritaire. Le SNES appelle à accueillir syndicalement ces nouveaux per- sonnels dès le jour de la prérentrée, c’est-à- dire aller à leur rencontre, expliquer quelles sont nos positions, vérifier avec eux que leurs droits ont bien été respectés (temps de service, absence d’heures supplémentaires, heures de décharge statutaires, etc.). La bataille pour la formation des maîtres ne pourra être gagnée qu’en établissant un rapport de force suffisamment puissant, qui suppose que les stagiaires y participent aux côtés de l’ensemble des personnels. L’ad- hésion au SNES est un moyen de participer à cette lutte. Dans le même temps, les sec- tions académiques ont mis en place de nombreuses réunions d’information et stages syndicaux à destination de ces col- lègues, souvent ouverts à tous, syndiqués ou non. Il convient de leur communiquer les informations venant des sections acadé- miques et départementales.
Le mépris comme cadeau de bienvenue...
Le ministre a donc fait le choix du passage en force, au mépris des conditions d’en- trée dans le métier des stagiaires : affectés à temps plein avec un semblant de forma- tion organisée par le rectorat, ils sont placés en situation d’urgence pour concevoir et préparer leurs premiers cours. Les premiers contacts avec ces nouveaux collègues nous montrent une certaine angoisse de leur part et un premier pas dans la profession sans sérénité.
En fait, la formation sera assurée essentiel- lement par les tuteurs au moyen d’un
« accompagnement renforcé » : sa présence
dans la classe du stagiaire en début d’année se fera au prix d’une désorganisation des établissements, sans compter les consé- quences, pour les élèves du stagiaire comme du tuteur, qui subiront une rotation d’ensei- gnants au moment de la rentrée. Les recto- rats devraient mettre en place des actions de formation, mais l’absence de cadrage natio- nal fort et le renvoi volontaire de cette gestion impossible au niveau local fait apparaître une grande diversité de situation entre les aca- démies. (Les informations dont nous dispo- sons sont en ligne à l’adresse suivante : http://www.snes.edu/ Conditions-de-stage- le-grand-bazar.html.)
Comme si cela ne suffisait pas, l’adminis- tration a également fait part d’un profond mépris lors de l’affectation des stagiaires en limitant l’attribution des bonifications fami- liales et en ne les accordant que sur le pre- mier vœu. Le résultat, ce sont de nombreux stagiaires, parfois parents, qui se retrou- vent séparés de leur famille, ce qui crée en plus pour ces personnels de grandes diffi- cultés familiales.
Enfin, la suppression de l’intervention de l’IUFM engendre de nombreuses modifica- tions quant à la titularisation des stagiaires.
L’avis du chef d’établissement deviendra prépondérant et le rôle du tuteur est com- plètement modifié. C’est en effet à la lecture de son rapport que l’IPR rendra son avis
pour la titularisation, c’est aussi lui qui a la responsabilité de demander ou non une visite de l’IPR. La décision de titulariser ou non le stagiaire se prendra donc de fait au sein de l’établissement, sans regard extérieur sur l’année, comme cela pouvait être le cas auparavant. Le tuteur devient également juge et partie dans cette décision.
Toutes les raisons sont donc réunies pour se mobiliser dès la rentrée, notamment le 6 sep- tembre, pour rétablir une véritable formation des maîtres.
À cette rentrée, les stagiaires seront les premiers à être victimes de la réforme de la formation des maîtres. Affectés avec le plus grand mépris par le ministère, à temps plein avec une formation réduite à la portion congrue, leur entrée dans le métier est marquée par une triple peine.
L’absence de tout cadrage national de formation et le renvoi au niveau local de la gestion des remplacements des stagiaires pendant les périodes de formation provoquera immanquablement de nombreux dysfonctionnements au sein des établissements. On imagine les pressions qui pourraient être exercées sur les stagiaires, d’autant plus que leur titularisation dépendra en grande partie de l’avis du chef d’établissement.
La position du SNES
Lors du conseil national de juin, le SNES a confirmé sa position de refus collectif d’être tuteur. Il appelle les S1 à accueillir syndicalement les stagiaires dès les journées de préren- trée. Les sections académiques et départementales mettront en œuvre des réunions d’information à destina- tion des stagiaires, ainsi que des stages de formation syndicale.
Le SNES a également édité une série de publications à destination des stagiaires.
De premiers contacts qui ont déjà eu lieu
Comme tous les ans au moment de leur affectation, les stagiaires ont déjà pu entrer en contact avec le SNES à tous les niveaux et à plusieurs reprises. Le peu de cas de leur sort qui a été fait de la part de l’administra- tion lors de leur affectation, et l’aide et les conseils qu’a pu leur apporter le SNES ont permis de leur montrer l’uti- lité du syndicat.
Par ailleurs, quelques jours avant la
prérentrée, les recteurs ont organisé
des réunions d’information. Les mili-
tants du SNES étaient présents à l’en-
trée pour diffuser nos publications et
entamer un premier travail de syndica-
lisation. Il reste à le poursuivre au
niveau des S1.
D’ores et déjà le SNES appelle l’ensemble des collègues à construire dès la rentrée un mouve- ment social fort et durable dans le second degré, alliant le refus de la politique éducative actuelle et celui du projet de réforme des retraites. Il appelle à faire des journées des 6 et 7 septembre deux jours de grèves et de manifestations pour un autre second degré et une réforme juste des retraites.
D A N S L’ É T A B L I S S E M E N T
Intervenir dès la prérentrée
La réunion générale de prérentrée est un moment tout à fait particulier et important dans la vie de l’établissement : l’ensemble des personnels se retrouve réuni et découvre, au travers des interventions du chef d’établissement, conditions du travail de toute l’année, effectifs des classes, service, emploi du temps, calendrier des réunions et nouveautés diverses.
Il nous paraît essentiel de pouvoir y intervenir. C’est la première occasion de s’adresser à tous les personnels, sur les questions locales et nationales, de se faire connaître auprès des nouveaux arrivants, d’annoncer une première réunion qui permettra de relancer le débat collectif et la vie syndicale dans l’établissement.
Pour vous aider dans cet exercice particulièrement important en cette rentrée et qui n’est pas toujours facile, nous vous proposons une trame d’intervention, à reprendre en tout ou partie, en l’adaptant bien sûr en fonction de la situation de votre collège ou lycée et des éléments donnés par le proviseur ou principal dans son discours de rentrée.
C ette année la rentrée scolaire est dominée par une actualité sociale importante avec des enjeux cruciaux pour l’avenir : réforme des retraites et politique éducative dévastatrice.
Les conditions de cette rentrée sont la conséquence concrète pour les collèges et les lycées des choix poli- tiques et budgétaires du gouvernement. Rappelons que de 2003 à 2010 près de 50 000 postes ont été supprimés dans le second degré dont 5 200 à cette rentrée.
Les traductions de ces suppressions massives d’em- plois, inscrites dans le cadre d’une politique éducative sans ambition, sont hélas connues : conditions inad- missibles d’entrée dans le métier pour les titulaires 2010 des concours de recrutement, réforme du lycée imposée contre les personnels avec la mise en place à cette rentrée de la nouvelle classe de Seconde, pour- suite de la réduction de l’offre de formation, fermeture d’options, arrêt de dispositifs de soutien ou d’aide aux élèves en difficulté dans de nombreux établissements tandis que l’accompagnement éducatif au collège est d e p l u s e n p l u s r e n v o y é à l ’ e x t é r i e u r d u t e m p s scolaire, mise en place du dispositif « CLAIR » censé préparer une refonte totale de la politique de l’éduca- tion prioritaire.
Les annonces de cet été pour le budget 2011 actuelle- ment en préparation prévoient toujours de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux dans l’Éducation natio- nale, ce qui devrait se traduire par environ 16 000 emplois en moins !
Depuis trois ans, le ministère utilise tous les leviers pour faire « passer » ces suppressions : tentative de diminu- tion des horaires-élèves, hausse des effectifs de classe, réduction de l’offre de formation et augmentation du temps de travail des enseignants par le recours accru aux heures supplémentaires et l’élargissement de leurs missions au-delà de l’enseignement.
C’est bien dans ce cadre que le ministre annonce vouloir relancer le débat autour des rythmes scolaires, que les attaques sur l’orientation scolaire se multiplient, que les pressions sur nos statuts et nos conditions de service s’amplifient. Le SNES rejette ce cadre et revendique la revalorisation de nos métiers, une véritable formation initiale et continue, une École qui ait les moyens de la lutte contre les inégalités et réponde aux objectifs de démocratisation qui lui sont assignés :
• réduire les sorties sans qualification du système éducatif (60 000 par an) ;
• porter à 50 % la proportion d’une classe d’âge obte- nant un diplôme du supérieur.
Il est essentiel de relancer dès la rentrée l’action syndi- cale pour un système éducatif plus juste et plus égali- taire, et pour la revalorisation de nos salaires. Les raisons de se mobiliser ne manquent pas : conditions de stages des néorecrutés, réforme du lycée, générali- sation du livret de compétences au collège, généralisa- tion de l’épreuve d’histoire des arts au brevet, condi- tions de travail encore plus difficiles pour les élèves comme pour les personnels, abandon des zones d’éducation prioritaires, mise au chômage de milliers de non-titulaires, contractuels et vacataires, imposition d’heures supplémentaires...
Dans le même temps, le projet de réforme des retraites est marqué par la même politique de reculs sociaux, d’inégalités et d’injustices. Il traduit la volonté gouverne- mentale de protéger toujours les plus riches et les plus favorisés, et de faire travailler davantage les salariés et les fonctionnaires pour leur faire payer les conséquences de la crise financière.
Pour faire le point sur l’ensemble des questions qui se posent en cette rentrée au plan local et au plan national, pour préparer les réponses qu’elles imposent, nous appelons l’ensemble des personnels à une réunion syndicale (jour, lieu, heure).
Bien évidemment l’action interprofessionnelle contre la
réforme des retraites sera au cœur des débats, mais les
problèmes spécifiques du second degré devront aussi y
prendre toute leur place : action collective contre la
généralisation du livret de compétences au collège et
celle de l’épreuve d’histoire des arts au DNB, poursuite
de l’action pour un autre lycée que celui que le ministre
entend nous imposer.
D A N S L’ É T A B L I S S E M E N T
CLAIR : silence ! on déréglemente...
Assouplissement de la carte scolaire : chronique d’une casse annoncée
A u prétexte de lutter contre la vio- lence en milieu scolaire, le minis- tère a labellisé dans la plus grande opacité cent six « Collèges Lycées Ambition Innovation Réussite » de dix académies pour la rentrée 2010.
Luc Chatel inscrit ce nouveau dispo- sitif dans le cadre de la « gouver- nance du système éducatif ». Les trois mesures qui seront développées dans les établissements désignés (sans consulter ni informer les per- sonnels) visent en effet à franchir autant de pas supplémentaires dans le renforcement de l’autonomie des EPLE (voir BO. n° 29 du 22/07).
Recruter les personnels localement sur profil : ainsi, les postes vacants de ces collèges et lycées (LP et LPO) ont été bloqués par les rectorats pour y installer les enseignants, TZR et même contractuels, recrutés pour
cinq ans par le chef d’établissement dans le cadre d’une lettre de mission dont ils n’ont pas même connais- sance encore. C’est une remise en cause du paritarisme et du statut, au profit du contrat.
Contraindre les établissements à faire éclater toutes les règles natio- nales en matière de programmes (avec la focalisation sur le socle commun en collège, mais aussi en lycée), d’horaires (avec par exemple la possibilité de réduire le temps de cours à 50 voire 45 minutes) ou d’or- ganisation pédagogique et éduca- tive. Quelle égalité réelle sur le terri- toire, avec le risque d’instaurer une
« é c o l e d é r o g a t o i r e » p o u r l e s classes populaires et les plus défa- vorisées ?
Nomination de « préfets des études » qui auront « l’entière responsabilité
sur le plan pédagogique et éducatif » d’un niveau sur l’ensemble de la sco- larité, choisis parmi les CPE ou les enseignants, ce qui fait courir le risque à la fois de fragiliser le corps des CPE et d’étendre les missions des enseignants.
Les CLAIR, que le ministre veut généraliser dès la rentrée 2011, ont selon lui « vocation à se substituer aux dispositifs d’éducation priori- taire » et pourraient ainsi justifier un nouveau dynamitage de la carte des ZEP en lien avec la réforme de la politique de la ville et préfigurer une évolution générale dans la « gou- vernance » et l’organisation des col- lèges.
C’est donc dès maintenant qu’il faut se mobiliser http://www.snes.edu/- Modeles-de-lettres-et-de-motions- .html
L es dégâts d’une réforme démagogique et embléma- tique de Nicolas Sarkozy se confirment jour après jour.
L’assouplissement de la carte scolaire est à peine évo- qué dans la circulaire de rentrée 2010 alors que cette réforme était présentée comme une des plus impor- tantes du quinquennat. Sans doute cette discrétion s’ex- plique-t-elle par la difficulté à poursuivre la promotion d’un dispositif dont les résultats sont négatifs et contraires à l’objectif affiché d’améliorer la mixité sociale, et par la difficulté à avouer aussi officiellement que la suppression totale de la carte scolaire ne se fera pas à la rentrée 2010 comme annoncé. Cela poserait en effet des pro- blèmes insolubles, que les promesses d’un candidat en campagne avaient bien sûr ignorés.
Toutes les informations, dont nous disposons depuis trois ans et de manière encore plus nette depuis la rentrée 2009, montrent qu’au contraire la ghettoïsation se ren- force, que les établissements qui perdent des élèves per- dent le plus souvent des moyens (malgré les promesses du ministre) et que certains établissements très demandés refusent des élèves de leur secteur, ce qui est particuliè- rement inacceptable.
L’accumulation de rapports officiels sur l’amplification de la « ghettoïsation » de certains établissements, les diverses études de sociologues et d’organisations syndicales, les multiples articles de presse, viennent confirmer les méfaits de l’assouplissement que le SNES dénonce depuis 2007.
Tous montrent la baisse de la mixité scolaire et sociale et l’homogénéisation des publics, c’est-à-dire la fragilisation des établissements « moyens » et la fuite des établisse-
ments RAR
(1)ou ZEP. Malgré tout, le ministre persiste et affirmait en janvier 2010 que « l’objectif de suppression est possible mais difficile » et que « de nouvelles étapes seront franchies dès la prochaine rentrée ». Il proposait « que les élèves issus des RAR soient prioritaires pour choisir leur col- lège pour assurer un véritable brassage », reconnaissant ainsi que l’objectif affiché d’une amélioration de la mixité sociale n’était pas atteint (moins de 10 % des demandes de dérogation proviennent d’élèves boursiers), il s’interro- geait sur le fait de conserver ou pas le critère de la proxi- mité de l’établissement scolaire avec le domicile des parents et annonçait avoir demandé à la DGESCO
(2)une évaluation de l’assouplissement de la carte scolaire (ce que le SNES demande depuis 2008). Il annonçait enfin qu’il
« continuerait d’aider les établissements qui perdent des effectifs » (ce qui ne s’est pas toujours vérifié dans la réa- lité) et que ceux-ci pourraient « davantage recruter leur personnel sur profil », ce qui préfigurait la circulaire du 7 juillet 2010 sur le programme « CLAIR »
(3).
Le SNES continue de demander la création d’un obser- vatoire afin d’étudier la situation actuelle et les amélio- rations nécessaires de la carte scolaire. Il continuera à combattre cette politique démagogique, et à demander des moyens supplémentaires pour les établissements en fonction de leurs publics et de leurs difficultés sociales et scolaires.
(1) RAR : Réseau ambition réussite
(2) DGESCO : Direction générale de l’enseignement scolaire
(3) CLAIR : Collège, lycée, ambition, innovation et réussite
Quelques rappels
– En 2009-2010, hors enseignements de détermination et en incluant la LV2, tous les élèves bénéficiaient de 7 h 30 en groupes à effectifs restreints et, pour certains d’entre eux, de 2 heures d’aide individualisée. Avec la réforme, plus aucun dédoublement n’est imposé (sauf en ECJS) et une enveloppe globalisée de 10 h 30 est attribuée par division pour assurer les dédoublements et l’ac- compagnement personnalisé ;
– les nouveautés : accompagnement personnalisé, globalisation d’une partie des moyens, tutorat.
La classe de Seconde
L’offre de formation
Plusieurs éléments doivent être vérifiés : – effectifs des classes de Seconde ; – enseignements d’exploration offerts dans l’établissement. Revenir sur les modalités de décision de cette offre ; – répartition des élèves dans ces enseignements d’exploration. La comparaison des effectifs d’élèves suivant les enseignements d’explora- tion technologiques, les SES et les enseignements artistiques peut être faite avec les effectifs des élèves au cours de l’année scolaire 2009-2010 dans les enseignements de détermina- tion correspondants.
Par ailleurs, les enseignements d’ex- ploration ont-ils servi de base à la constitution des classes de Seconde ? – organisation des enseignements de langues vivantes ;
– offre d’options facultatives. À ce titre il est important de poser la question de l’articulation entre les enseignements d’exploration artistiques et les options facultatives arts ;
– accompagnement personnalisé : objectifs, modalités de fonctionne- ment, dotation horaire-prof.
Répartition
de la dotation horaire
• Comment est utilisée la dotation globalisée de 10 h 30 par division de Seconde ? Y en a-t-il une partie qui est globalisée pour plusieurs classes ou chaque division utilise-t-elle l’ensemble de cette dotation ?
• Qui a décidé de son utilisation ? Les heures profs sont-elles incluses dans la répartition des services ou annon- cées en HSE ?
• Comparaison avec l’an dernier, disci- pline par discipline, des moyens attri- bués à chaque discipline, du nombre d’heures en groupes restreints.
• Des moyens spécifiques ont-ils été prévus pour le tutorat ?
• Quel impact sur les emplois du temps des élèves et des enseignants ?
D A N S L’ É T A B L I S S E M E N T
Réforme du lycée
Enseignements communs Français
Histoire-Géographie
LV1 et LV2 (enveloppe globalisée) (a) (b) Mathématiques
Physique-Chimie
Sciences de la vie et de la Terre Éducation physique et sportive
Éducation civique, juridique et sociale (c) Accompagnement personnalisé (1) Heures de vie de classe
Enseignements d’exploration Deux enseignements d’exploration, avec
• Un premier enseignement d’exploration au choix parmi : Sciences économiques et sociales
Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion (1) Écologie, agronomie et développement durable (e) (3)
• Un second enseignement d’exploration, différent du premier enseignement retenu, au choix parmi :
Sciences économiques et sociales
Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion (1) Santé et social (2)
Biotechnologies (2) Sciences et laboratoire (2) Littérature et société (1) Sciences de l’ingénieur
Méthodes et pratiques scientifiques (1) Création et innovation technologiques (2) Territoire et citoyenneté (e) (3)
Création et activités artistiques (arts visuels, arts du son, arts du spectacle, patrimoines) (1)
Langues et cultures de l’Antiquité : latin Langues et culture de l’Antiquité : grec Langue vivante 3 (a) (b)
DISCIPLINES Horaire élève
4 h 3 h 5 h 30 4 h 3 h 1 h 30 2 h 0 h 30 2 h 10 h/an
1 h 30 1 h 30 1 h 30
1 h 30 1 h 30 1 h 30 1 h 30 1 h 30 1 h 30 1 h 30 1 h 30 1 h 30 1 h 30 1 h 30 3 h 3 h 3 h
(a) La langue vivante 2 ou 3 peut être étrangère ou régionale – (b) Enseignement auquel peut s’ajouter une heure avec un assistant de langue – (c) Cet enseignement est pratiqué en groupe à effectif réduit – (d) Cet enseignement ne peut se cumuler avec l’enseignement facultatif d’EPS – (e) Enseignements assurés uniquement dans les lycées d’enseignement général et technologique agricole.
(1) Nouveauté – (2) Nouvel intitulé – (3) Actuellement, l’enseignement écologie-agronomie-territoire-citoyenneté est dispensé à hauteur de 4 h 30 dont 3 h 30 dédoublées, dans les lycées d’enseignement général et technologique agricole. Perte globale dans la réforme : 1 h 30 – (4) Remplacerait création design (5 heures) et culture design (3 heures)
Malgré l’opposition de la grande majorité des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation, la réforme du lycée se met en place lors de cette rentrée en classe de Seconde générale et technologique. Le ministre entend utiliser cette année scolaire qui commence pour préparer l’installation de la classe de Première à la rentrée 2011. Toutes les informations sur la Première seront détaillées dans les publications ultérieures.
• Par dérogation : trois enseignements d’exploration distincts d’1 h 30 (SES ou principes fondamentaux de l’économie et de la gestion) d’une part, et d’autre part deux enseignements parmi : santé et social (2), bio- technologie (2), sciences et laboratoire (2), sciences de l’ingénieur, création et innovation technologique (2).
Ou bien un seul enseignement d’exploration au choix parmi EPS (5 h) (d), arts du cirque (6 h), création et culture design (6 h) (2) (4).
D’une durée de 3 h : langue et culture de l’antiquité (latin ou grec), LV3 (a) (b), arts (arts plastiques, cinéma- audiovisuel, danse, histoire des arts, musique, théâtre), EPS, hippologie et équitation (e), pratiques sociales et culturelles (e), pratiques professionnelles (e).
Un atelier artistique de 72 h/an peut être choisi.
Enseignement facultatif
A près le vote largement négatif du Conseil supérieur de l’Éducation sur ces grilles horaires, le SNES a écrit et exigé du ministre qu’il diffère la publication de ces textes et qu’il replace la réforme des séries industrielles et de labora- toire dans le cadre d’une politique ambitieuse et de progrès économique et social pour la voie technologique.
Le ministre est resté sourd à l’expression des oppositions à cette réforme, le SNES continuera à militer pour imposer une réforme conservant davantage de diversité, une réforme réellement ambitieuse.
Les inspections générales ont été chargées d’élaborer les programmes du cycle terminal STI-STL. Ils sont en consultation sur le site Eduscol : http://eduscol.education.fr/
cid52532/projets-de-programmes-voie-technologique.html.
On note une volonté d’imposer un enseignement transversal en technologie qui ne s’appuie pas sur les systèmes tech- nologiques de la spécialité. Il
s’agit d’un dévoiement des approches pédagogiques propres aux enseignements tech- nologiques. Ces textes sont mis en consultation au premier tri- mestre de cette année scolaire.
Le SNES demande à chacun de renvoyer aux adresses [email protected] et à enseigne- ments.technologiques @snes.edu l’analyse de ces programmes et les conditions réelles de la consultation. Nous porterons à tous les niveaux les apprécia- tions et les revendications des enseignants sur ce dossier.
Pour l’accompagnement de la réforme, Luc Chatel a prévu un budget de 10 millions d’euros pour un plan de formation ou de reconversion des enseignants, ce qui semble bien limité (cela repré- sente à peine 1 000 € par ensei- gnant concerné). Certains rec- teurs indiquent déjà qu’il faudra prendre sur le PAF. Dans cer- taines académies il est question de proposer aux enseignants des journées de formation en plus de
leur obligation de service, ce qui n’est pas acceptable ! Quoi qu’il en soit, les conséquences de la réforme seront d’écarter nombre d’enseignants, au minima de leur discipline, dans le pire des cas, de leur métier.
Si une réforme des séries technologiques et de laboratoire est urgente et nécessaire, Luc Chatel et le gouvernement n’ont toujours pas compris qu’elle ne peut pas se faire sans et contre les enseignants qui sont les acteurs majeurs du sys- tème de formation.
Concernant ce projet de réforme, le SNES revendique une réelle conservation des moyens :
• au moins deux heures d’enseignement en plus de ce qui est prévu dans les grilles horaires ;
• l’abandon de la notion préalable d’un enseignement technologique transversal ;
• des enseignements généraux construits spécifiquement pour chaque série et en synergie avec les enseignements techno- logiques ;
• la possibilité effective pour les formations actuelles de se recen- trer sur la structure proposée ;
• l’abandon de l’accompagne- ment personnalisé, inadapté, par- ticulièrement pour ces forma- tions.
Ce seraient les conditions mini- m a l e s q u i p e r m e t t r a i e n t a u ministre de montrer qu’il n’envi- sage pas cette réforme dans le seul but de développer un ter- rible plan social pour les ensei- gnants de ces formations. Le SNES mettra tout en œuvre pour imposer ces conditions.
Les séries STG et ST2S risquent d’être prises dans la volonté
« réformatrice » du ministère pour la rentrée 2012 et en particulier l’imposition de l’accompagne- ment personnalisé et d’enseigne- ments technologiques transver- saux. Mais, il ne devrait pas y avoir de modification de pro- grammes et de conditions d’en- seignements à cette rentrée.
D A N S L’ É T A B L I S S E M E N T
Réforme STI-STL
Aujourd’hui, les textes de la réforme STI-STL sont publiés, et le ministère a précisé dès le 15 avril sur son site
« Eduscol » la structure de ces séries.
« La série STI devient la série STI2D (Sciences et technologies industrielles et du développement durable). Elle est organisée en quatre spécialités : “innovation technologique et éco-conception, système d’information et numérique, énergies et développement durable, architecture et construction”. La spécialité “arts appliqués”
devient le cœur d’une nouvelle série “Sciences et technologies du design et des arts appliqués” (STD2A). La série STL est réorganisée en deux spécialités “biotechnologies” et “sciences appliquées en laboratoire”.
Pour les séries récemment rénovées, STG et ST2S, des aménagements interviendront à compter de la
rentrée 2012. »
D A N S L’ É T A B L I S S E M E N T
Livret personnel de compétences : où en est-on à la rentrée 2010 ?
F ace à l’obligation de renseigner le livret de com- pétences pour la session 2011 du brevet, de nom- breux collègues et militants se sont tournés vers le SNES pour lui demander de lancer une consigne nationale claire afin que les collègues ne soient pas isolés à la rentrée 2010 et que la stratégie adoptée soit commune à tous les collèges.
L’expérience de la note de vie scolaire, du B2i et du niveau A2 en LV invite à ne pas sous-estimer les difficultés que rencontrent les collègues à appliquer localement une consigne syndicale nationale, même si elle est juste.
Le SNES a décidé d’envoyer juste avant la prérentrée un document à tous les collègues qui exercent en collège afin de les aider à débattre collectivement des modalités d’action qu’ils sont prêts à mettre en œuvre cette année. Le conseil national du SNES des 14 et 15 septembre fera la synthèse des débats. Il est en effet indispensable que la profession soit fédérée et la plus unie possible dans l’action qui sera décidée.
Ces deux pages donnent un certain nombre d’outils pour pouvoir mener le débat dans les établissements et donnent également différentes pistes d’action possibles (pour plus de détails, se référer au document envoyé par mail à chaque syndiqué).
Quels sont les textes en vigueur ?
Définition du socle commun : Décret n° 2006-830 du 11-07-2006 (BO n° 29 du 20 juillet 2006).
Instauration d’un livret de compétences : Décret n° 2007-860 du 14-5-2007 (BO n° 22 du 7 juin 2007).
Modalités d’attribution du Diplôme National du Brevet : Arrêté du 9-7-2009 (BO n° 31 du 27 août 2009).
Nouvelle version du livret de compétences : Arrêté du 14-06-2010 et circulaire d’application (BO n° 27 du 8 juillet 2010).
Des outils et des ressources sont également dispo- nibles sur le site Eduscol : http://eduscol.education.fr/
cid46758/college-presentation.html
Qu’est-ce qui change entre la version du livret de compétences publiée au BO en juillet et la version précédente ?
Nombre d’items ont été supprimés, reformulés, et des domaines ont été réorganisés...
Le mode de validation a changé puisqu’il n’est plus question de dire si tel ou tel domaine est maîtrisé, ni de cocher des cases « oui » ou « non » et qu’il suffira d’inscrire une date à côté de chaque item validé.
La logique d’ensemble reste la même, mais plusieurs compétences à valider pour la session 2011 n’ont plus grand-chose à voir avec celles que certaines équipes, sous la pression de leur chef d’établissement et/ou IPR, avaient dû « s’approprier » en bricolant dans l’ur- gence des grilles locales de répartition des items entre disciplines et des modalités de validation.
Une telle situation est d’autant plus inacceptable que le ministère n’a jamais voulu initier au préalable un débat approfondi avec la communauté éducative, ni rendre compte de l’expérience menée dans certains pays (Québec, Belgique par exemple).
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