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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Pirotte-Bourgeois, M.-L. (1994). La lente émergence de l'enseignement secondaire laïque pour filles en Belgique (1864-1934) (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/212661/4/53602248-b340-4072-b787-43d7497266b5.txt

(English version below)

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FACULTE DE PHILOSOPHIE ET LETTRES HISTOIRE

LA LENTE EMERGENCE DE L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE LAÏQUE POUR FILLES EN BELGIQUE

(1864 - 1934 )

Volume 4

REPERTOIRE DES ECOLES

Marie-Louise PIROTTE-BOURGEOIS

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THESE DE DOCTORAT EN PHILOSOPHIE ET LETTRES

Promoteur : André UYTTEBROUCK

Mai 1994

(3)

FACULTE DE PHILOSOPHIE ET LETTRES HISTOIRE

LA LENTE EMERGENCE DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE LAÏQUE POUR FILLES EN BELGIQUE

(1864 - 1934 )

Volume 4

REPERTOIRE DES ECOLES

Marie-Louise PIROTTE-BOURGEOIS

674.317 V.4

THESE DE DOCTORAT EN PHILOSOPHIE ET LETTRES

Promoteur : André UYTTEBROUCK

Mai 1994

(4)

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Ecole adoptée d'Ixelles Ecoles après 1918,^

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TABLES DES LYCEES

Bruxelles, Lycée Emile Jacqmain ; J? S ^ Charleroi, Collège Marie José ^

2

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Gand, Athénée pour jeunes filles.2^3

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Liège, Lycée de Waha 9^

Mons

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/

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EPISODES DE L'HISTOIRE PARTICULIERE DES ECOLES MOYENNES LAÏQUES POUR FILLES DES ANNEES 1860 A 1940 AVEC QUELQUES PROJECTIONS JUSQU'A 1934, NOTAMMENT SUR LA CREATION DES LYCEES.

Avertissement

Ce texte veut être un dictionnaire historique des écoles moyennes créées avant 1914 et des premiers lycées. Toutes les écoles relevant de l'Etat, des provinces ou des communes s'y trouvent, ainsi que quelques écoles privées non confessionnelles importantes. Les écoles sont classées chronologiquement, selon leur date de création, sauf celles de certaines villes où à une première école s'en accroche une autre ou un lycée (ex. Anvers).

Le texte fait la synthèse du plus grand nombre de données trouvées sur chaque école. La base générale de la documentation provient des sources suivantes: les bulletins communaux, les rapports du Collège au Conseil communal, les documents provin­

ciaux, les sources parlementaires, les Rapports triennaux, les histoires locales ou monographies d'écoles, les archives de la Ligue de l'Enseignement, l'Almanach royal officiel. Pour les histoires locales, de localité ou d'école (sauf quand l'auteur a qualité d'historien) et les mémoires de licence, nous avons noté l'origine des documents.

Nous citons trois types de documents chiffrés. Les uns concernent le personnel affecté à une école. Ils proviennent de l'Almanach royal officiel pour les écoles de l'Etat ou subven­

tionnées. Nous avons cessé de les noter après 1885, considérant que le corps enseignant à cette date doit être constitué. Ceux qui concernent les moyennes de population dans leur évolution, les avantages de gratuité et les diplômes, sont le résultat de calculs effectués à partir des données contenues dans les rapports triennaux.

Quant aux données financières, elles ont été reconstituées par école grâce aux archives de la Ligue de l'Enseignement ou puisées dans les bulletins communaux. Certaines se retrouvent globalisées cette fois dans la partie générale du travail.

Enfin quelques journaux ont été consultés lorsque les circonstances étaient particulièrement délicates, comme les conflits avec les autorités ecclésiastiques.

On rencontrera des lacunes importantes selon les écoles et des renseignements différant d'une école à l'autre: ils ont dépendu des sources que nous avons pu atteindre.

Le répertoire permet de situer chaque école dans son contexte local: qualité de ses créateurs, rapports avec les autorités locales, sources de financement, problèmes de recrute­

ment du personnel comme des élèves, recherche de locaux et de mobilier.

Nous avons épinglé le nombre moyen d'élèves, le maximum et

le minimum des effectifs, la politique "sociale" par le biais des

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admissions gratuites et à prix réduit, de 1882 en principe

jusqu'à 1911, parfois jusqu'à 1923, et comme conclusion sur la

marche de l'école, le nombre des diplômes conférés. Au délà de

1923, on peut constater l'accélération de l'ouverture d'écoles

et l'augmentation de la population scolaire.

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INSTITUTION ROYALE DE MESSINES

Sous le nom d'institution royale de Messines, une fondation a été créée par l'impératrice Marie-Thérèse le 30 octobre 1776 en faveur des filles et des veuves de militaires sans fortune tombés sur le champ de bataille. Elle est installée dans une ancienne abbaye de bénédictines sécularisée le 13 mars 1777.

Elle a pour ressources les propriétés de l'ancienne abbaye et dépend du bailli d'Ypres à titre de commissaire royal. Les enseignantes sont des veuves ou des filles de militaires ou d'anciennes élèves. Le modèle avait été la Maison royale de Saint Cyr en France ^.

Cette fondation ne disparaîtra pas quand le pays passera sous le régime français Son caractère religieux est supprimé en 1797. Elle dépend des autorités de canton puis d'arrondisse­

ment. En 1803, le nombre des bénéficiaires est étendu aux veuves et filles de marins. E

ti

1810, il y a environ 90 personnes âgées et 10 filles.

L'institution est maintenue sous le régime hollandais également, qui en approuve le règlement le 7 avril 1818. Elle devient Hospice royal de Messines et s'ouvre à d'autres enfants.

La religion est réintroduite et l'essentiel du temps des jeunes filles est consacré à des travaux manuels.

L'indépendance de la Belgique n'apporte pas de changements.

En 1837, E. GaussQin ^ en visite dans l'institution se scanda­

lise du niveau des études alors qu'on dispose de grands revenus (7 à 800 hectares de terre). La directrice est d'accord, l'école n'est autre chose qu'un hospice.

En 1845, Messines retrouve son nom d'Tnstitution royale et son affectation. L'arrêté royal du 21 mai 1849 lui donne un nouveau règlement qui sera appliqué jusqu'en 1925. Le 20 septembre 1855, une classe d'enseignement normal est ouverte .

Dès l'année 1914, la guerre détruit complètement les magnifiques bâtiments de Messines. Les élèves passeront la durée du conflit au collège de Saint-Germain.en-Laye.

Après la. guerre, le gouvernement décide de donner une situation plus centrale à une institution d'intérêt national.

L'argent des dommages de guerre permet de racheter le cloître des chanoinesses de Saint Augustin de Lede près d'Alost. Il y a alors une section primaire, une section inférieure d'humanités modernes, une section professionnelle. Dès 1929, on y trouve une section néerlandaise et, en 1952, la section française disparaît.

Dès 1944, des externes y sont admises. Le 10 octobre 1956, l'école passe sous l'autorité du ministère de l'Éducation

^ A. DUCHESNE, Deux fondations ..., pp. 18-28.

^ J. BEUN, Het koninklijk gesticht ..., pp. 43-49.

^ E. GAUSSOIN, Excursions en Flandre ..., pp. 3-6.

'• R. T. ENS. PRIM., 1879-1881, p. 750; P. TEMPELS, L'ins­

truction du peuple, p. 283.

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nationale: elle ne répond plus désormais aux objectifs de la fondation. En 1969, le gouvernement supprime sa mission d'ensei­

gnement et l'autorise à réaliser les biens à Lede.

On en revient alors aux objectifs d'origine par le moyen de prêts d'étude et de recherche pour les" protégées, ce qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui sous la tutelle du ministère de 1

b

- J)§fense nationale.

Population

1843 190 élèves 1860 230

1876 250 1914 166

5

E. J. BEUN, Het koninklijk gesticht P 45.

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ECOLE ADOPTEE DE BRUXELLES

L'école primaire supérieure de Bruxelles comporte en 1850 deux sections : l'une pour garçons, l'autre pour filles.

En effet, depuis le régime hollandais (Arrêté du 19 octobre 1826) une section de Demoiselles est annexée à ce qu'on appelle alors "l'Ecole Modèle de garçons", sous la même direction et dans le même bâtiment, rue des Sols.

Tout est désorganisé avec la Révolution et il semble que lors la réouverture de la section des garçons en 183 9 un subside est pris sur celle-ci pour enseigner un groupe de filles dirigé par Mme Kolikrouwska, née Rimer (®) . On ne trouve aucune traces de celui-ci.

En 1842, toutes les écoles primaires "modèles" ou "royales"

prennent nom d'écoles primaires supérieures C). L'école de filles est réorganisée en 1845, à titre d'essai, avec les subsides et un certain contrôle du gouvernement pour préparer des jeunes filles aux carrières d'enseignement. Elle est placée sous l'autorité du ministère de l'Intérieur et surveillée par la commission administrative de la section des garçons.

Outre la directrice, il y a 4 institutrices, une maîtresse de langue anglaise, 3 professeurs de langue allemande, de dessin et de musique. Au 31 décembre 1845, La population scolaire est de 115 élèves.

L'enseignement semble développé : religion et morale, français, flamand, anglais, allemand, géographie, histoire, arithmétique complète avec de nombreuses applications, tenue des livres, dessin académique et dessin linéaire, notions de sciences naturelles appliquées aux usages de la vie, musique vocale, tous les ouvrages de mains, particulièrement, ceux qui ont un but d'utilité. Le cours est de 4 ans. La rétribution scolaire est de 6 frs par mois.

En 1849, l'école qui occupait un immeuble au Petit Sablon est transférée rue du Lombard (®) .

Quand, en 1850, les écoles primaires supérieures sont transformées en écoles moyennes de l'Etat, la section des garçons est reprise par la ville de Bruxelles, mais la ville refuse de reprendre la section de filles : la loi ne prévoit pas d'écoles moyennes de filles (®). Le bourgmestre Charles de Brouckère considère qu'il y a suffisamment d'écoles de filles valables à Bruxelles, auxquelles il ne veut pas faire concurrence et que l'instruction des filles est de la responsabilité des parents

® L.RECHT, Contribution à l'histoire des Ecoles Normales de l'Etat à Bruxelles p.lO, d'après R.T. 1843-1845

H. BOON, Enseignement primaire et analphabétisme, p.l5

® L.RECHT, ibidem pp.9-10.

® A.UYTTEBROUCK, Quelques jalons chronologiques pour servir

à l'histoire de l'enseignement officiel à Tournai, p.209.

(11)

('°) .

Le gouvernement maintient l'école sous le statut d'école privée. Le ministre de l'Intérieur Rogier propose aux membres de la commission de l'école de se constituer en association privée, moyennant quelques obligations : celle de conserver les ensei­

gnants nommés par le gouvernement et celle d'organiser des cours normaux pour la formation d'institutrices.

Les membres de la commission acceptent. Le gouvernement met à leur disposition le mobilier de l'école et continue à lui allouer des subsides .

Par l'Arrêté royal du 30 octobre 1851, La section devient Institution normale pour la formation d'institutrices. Seule la section primaire reste entièrement libre . On perd la trace de l'école sauf en 1855, où il y a 252 élèves .

E.BOCKSTAEL, L'athénée R.Catteau, Historique précédé d'une étude sur l'enseignement moyen communal, p.245.

L.RECHT, Contribution ... p.ll

Annales Parlementaires, Chambre, session 1873-74, séance du 10.01.1874, p.269, ministre Delcour.

H.BOON, Enseignement primaire . Rapport communal 1856, p.72.

• • /

pp.155-157, d'après

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ECOLE ADOPTEE D'IXELLES OU DES PERES DE FAMILLE

Le 2 mars 1857 se constitue à Ixelles une Société, dite des

"Pères de Famille", dont le but est de créer deux écoles primaires supérieures, pour filles et garçons, avec section préparatoire et jardin d'enfants, destinées à la classe aisée.

La Commune n'a pas les moyens d'envisager ces écoles. Le capital social est de 10.000 frs, réparti en 100 actions de 100 frs.

L'école des filles et le jardin d'enfants ouvrent le 28 septembre 1857 au 124 de la chaussée de Wavre

La directrice est Mlle Jeannette Eyrond; la 1ère institutrice, Mlle Lambertine Hans est une ancienne élève de l'école normale de Bruxelles . Il y a 88 élèves.

Le prospectus de l'école promet que l'on veillera à l'éducation morale et religieuse des élèves. Le cours de religion sera donné par un ecclésiastique désigné par le curé de la paroisse Saint-Boniface, mais ne sera pas obligatoire pour les élèves qui ne professent pas la religion catholique.

Un médecin est chargé de surveiller l'établissement du point de vue de 1'hygiène.

On promet une institutrice par groupe de 30 élèves. La rétribu­

tion scolaire est fixée de 16 à 56 francs par trimestre . La Commune adopte l'école dès 1858 : elle paiera pour chaque élève une indemnité égale à sa rétribution trimestrielle.

L'école sera fréquentée par des filles de familles libérales ou maçonniques. J.Bartier cite les Tiberghien, les Van Meenen, les Trumper et celles de Proudhon .

Dès 1858, également, la commission administrative de l'école normale de Bruxelles envisage de reprendre 1'"Ecole des Pères de familles".

En mai, l'assemblée générale des actionnaires vote, par 15 voix contre 4 et 7 abstentions, la cession des actions à la commission administrative de Bruxelles. Celle-ci touchera également le subside alloué par le gouvernement à l'école d'Ixelles pour l'essai d'un cours normal selon le méthode de Froebel. Dès 1858-59, elle est donc devenue une succursale de Bruxelles.

Depuis 1859, il n'y a plus qu'un seul programme, une seule distribution des prix, mais deux messes du Saint-Esprit; les subsides sont accordés séparément.

En 1881, l'école normale agréée devient section normale de

L.RECHT, Contribution ..., p.3; A.GCNTHIER, Histoire d'Ixelles dans "le Folklore brabançon", p.464 et Histoire d'Ixelles, p. i84.

L.RECHT, op. ait., p.38: le prospectus. La collaboration du clergé est citée en exemple par d'administration communale de Bruges à l'évêque. Annales Parlementaires, Chambre, session 1870-

71, séance du 23.03.1871, p.852, annexe.

Séance du C.C. du 07.02.1858

J.BARTIER, Les milieux laïques et la liberté d'enseigne­

ment en Belgique, p.l93.

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l'Etat pour institutrices (future école Berkendael) et l'école d'Ixelles reste une "école libre" dirigée par une commission administrative et adoptée par le gouvernement. Dès l'année scolaire 1882-83, le régime des écoles primaires à programme développé y est introduit (^®) .

En 1892, Ch.Woeste conteste ses subsides. Elle est alors installée rue du Trône III (^®) .

Dans le Conseil administratif de l'école, on trouve un directeur honoraire au ministère de l'Intérieur et un directeur de ce ministère, qui se plaignent au ministre Poullet de ne pas avoir reçu le subside qu'elle touche depuis 54 ans et qui était fixé à 10.000 frs depuis 1885 (^°) .

L.RECHT, Contribution ... , p. 18, A.R. du 30.09.1881.

Annales Parlementaires, Chambre, session 1891-1921, séance du 22.11.1892, p. 1409.

A.G.R. Papiers Poullet, lettre du 16.02.1912, signée

Feyers et Willam, au Conseil administratif

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GAND

Les documents officiels comme les Rapports triennaux ne vont pas nous donner beaucoup de renseignements sur les écoles de Gand, car l'administration libérale en place pour cinquante ans, depuis 1857 veut garder la haute main sur ses écoles.

A Gand vont se succéder à des postes de responsabilité essentiels pour l'enseignement local, comme le Conseil communal, ou de décision comme la Province ou le Parlement ou être des militants acharnés de l'enseignement laïque des libéraux qui ont joué un rôle important.

Citons Gustave Callier, professeur à l'Université de Gand, promoteur de l'enseignement primaire conseiller communal en 1856, échevin de l'Instruction publique de 1857-1863 {^^) .

O. De Kerckhove de Denterghem, député de Gand en 186 9, gouverneur de la Flandre Orientale de 1871 à 1877, du Hainaut de 1878 à 4884, député de l'arrondissement d'Ath de 1884 à 1894, sénateur provincial du Hainaut, de 1900 à 1906, a été membre de la section centrale rapportant sur la loi de 1881 .

F. Laurent, professeur à l'Université de Gand, a un très grand ascendant et mène un combat agressif contre les catholi­

ques, conseiller communal en 1863, non réélu en 1872, mais maintenu à la commission d'instruction publique par le Conseil communal en 1872, fonde la Société Callier .

A. Wagener, professeur à l'Université de Gand, membre de la commission des XVII qui a fait le programme de 1881, du Conseil de perfectionnement, promoteur dans la Commune de l'enseignement primaire, échevin de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, de 1862 à 1876, député de 1882 à 1886, échevin de l'Instruction publique de 1877 à 1896. L'école de filles de la Gildenspoort porte son nom. Il est champion de l'instruction publique, veut l'enseignement obligatoire. Il est l'objet des foudres de 1 ' Eglise (^^) .

P. E. Voituron, avocat, conseiller communal en 1864, échevin de l'Instruction publique en 1967, fondateur du cercle Progres­

siste, échevin des finances de 1882à 1888 (^®) .

Les libéraux des deux tendances, doctrinaires et progressis­

tes ont su conclure une trêve à l'administration communale et présenter, par exemple en 1875, un front uni des libéraux dans la plupart des arrondissements (^'^) .

M.STEELS, Geschiedenis Van het stedelijk onderwijs, p.105.

1819-1863, pas croyant.

1844-1906 1810-1887

“ 1829-1896 1824-1891

J.LORY Libéralisme et instruction primaire, p.487

27

(15)

M. Laurent insiste particulièrement pour l'augmentation du budget de l'Instruction publique de la commune en comparant ce qui est fait à Bruxelles (doublé) et à Gand (passé de 5 à 8) et surtout à Arlon où l'Instruction publique prend la moitié du budget, (à Gand environ de 1/6) et où l'on paie mieux les enseignants (^®) comme à Anvers, Bruxelles ou Liège.

M. Steels signale la demande en 1851, de Mlle Ida Henry, auprès de l'administration communale, d'une école moyenne de filles. Elle est rejetée (^®) . Heins parle d'un projet sans suite de 1852 (^°) .

En fait, une école primaire supérieure payante est créée le 09 juillet 1861, dans un local de la Michelsplein, loué pour 2.300 frs l'an. L'échevin est alors Gustave Callier et l'adminis­

tration communale sous l'influence du professeur Laurent. Le règlement, promulgué le 04 septembre la soumet à la loi de 1842, mais ajoute à l'art. 6 des matières prévues par l'Arrêté royal du 15 août 1846 : l'anglais, l'allemand, la tenue des livres et les ouvrages féminins (^^) .

Le minerval est élevé : il est de 80 frs pour les classes inférieures et de 100 frs pour les classes supérieures, payable par trimestre. Le règlement est voté le 29 septembre 1862. La directrice, Mme Y. Willequet-Deitte a un traitement de 2.500 francs.

Elle dirigera l'école jusqu'en 1871, où lui succédera Mlle C.J. Desprez, directrice de l'établissement d'Alost (^^) .

La ville a des difficultés à trouver le personnel féminin nécessaire. Un instituteur, Yves Willequet est engagé à 1 500 frs et une sous-institutrice à 1 000 frs.

Selon le règlement, l'horaire diffère l'hiver et l'été : de 8 heures 30 à 11 heures 3 0 et de 14 à 16 heures avant Pâques, et jusqu'à 17 heures après Pâques. Les vacances sont d'abord les jours fériés légaux, puis du Vendredi Saint au deuxième lundi et le mardi de la kermesse de Gand et les vacances d'été. Dans les écoles gratuites, les vacances sont plus courtes, mais les vacances sont une coutume de la haute bourgeoisie. L'école commence par une prière. Il y a une récréation d'un quart d'heure le matin comme l'après-midi.

Financement de l'école

Trente mille francs ont été empruntés à la commission des hospices civils, contre un intérêt de 4,5% pour créer l'école

B.C.Gand, session 1868, séance du 30.12.1868, pp.518-519;

M.STEELS, qp. cit., p.l49

M.STEELS, Geschiedenis ..., p.88.

M.HEINS, Gand, sa vie, ses institutions, p.l84.

M.STEELS, Geschiedenis ..., p.ll8, d'après S. V. Gent, p.58

B.C.Gand, 1871, séance du 06.11.1871, à huis clos.

(16)

. En 1882, l'école est transférée dans un local construit pour elle, Poelepelstraat .

Le Conseil communal décide de l'appeler Institut de Kerchove en souvenir du bourgmestre, Ch.de Kerchove de Denterghem, sous lequel ont eu lieu toutes les innovations scolaires, en fonction de 1857 à 1882.

Les plans de l'école avaient été dessinés par l'architecte Ch.Van Rijsselbergh.

Population 1861-1862

1862- 1863 1863- 1864 1871-1872

1875- 1876 1876- 1877 Ensuite la guerre

94 élèves

130 élèves (6 classes sont bâties et occupées) 149 élèves

192 élèves 269 élèves 262 élèves l^’’)

scolaire n'aura pas d'effet sur ses effectifs

Ecoles primaires payantes

Avant la création de cette école la ville de Gand avait établi des écoles primaires payantes.

La première dans la gouvernementstraat, le 31 mars 18 58, aura pour institutrice principale Mlle Hofman, qui deviendra direc­

trice de l'école normale. L'école est soumise à l'inspection d'Etat et à l'Arrêté royal du 15 août 1846 pour le programme.

Le minerval est beaucoup moins élevé : 7,50 frs par trimestre pour les grandes classes et 6 frs pour les petites

e®) .

En 1863 cette école s'installe avec l'école normale dans un local loué aux hospices communaux dans la Korte Dagsteeg. L'école a alors 6 classes (*°) .

La deuxième école est mise sous la direction de Mme Van Overbeke-Henry dans la Sleepstraat, le 03 septembre 1859.

On lui bâtira une nouveau local Academiestraat et on la transfor­

mera en pensionnat, grâce à l'architecte A. Pauli. Elle déménage en 1873.

Ce même architecte construira une troisième école Lindenlei (partie de S*^ Agnetaklooster) dont la soumission monte à

33

34

35

36

37

38

39

M.STEELS, Geschiedenis ..., p.

M.HEINS, Ibidem, p.l77, p.241 M.STEELS, Ibidem, p.l20.

M.STEELS, Ibidem, p.l41 M.STEELS, Ibidem, p.205 M.STEELS, Ibidem, p.224 M.STEELS, Ibidem, p.116-117 M.STEELS, Ibidem, p. 140

40

(17)

55.748 frs. L'école est ouverte à Pâques 1866 (^^) . Le niveau des écoles

Les écoles de Gand sont difficiles à classer. En principe les trois écoles primaires sont soumises à la loi de 1842 et ne sont pas des écoles primaires supérieures mais invoquent l'Arrêté royal du 15 août 1846 et la possibilité d'étoffer le programme.

La première, celle de Gouvernementstraat prévoit simultané­

ment l'enseignement du flamand et du français, plus approfondis que dans les écoles gratuites, les travaux féminins et dans les grandes classes l'histoire de Belgique et de l'Antiquité, la tenue des livres. D'autre part, il n'y a ni dessin, ni gymnasti­

que .

Quant à l'école Academiestraat, elle ajoute calligraphie, hygiène, économie domestique, musique, dessin, gymnastique, danse aux cours précédents (“^) .

En 1873, en plus, l'enseignement de l'histoire a été réorganisé. Il était donné par l'institutrice de la classe, il le sera par un professeur spécial payé 1.200 frs l'an .

L'enseignement n'est pas moins développé à l'Institut de Kerchove, qui se prolongera sur 9 années d'études. Selon le Rapport triennal-enseignement primaire 1882-1884, des professeurs spéciaux y donnent les cours de littérature française, néerlan­

dais, histoire générale, allemand, anglais, dessin, musique, gymnastique et l'enseignement y est à la hauteur d'une bonne école moyenne (R.T, Ens. primaire, p. LXXII).

La gestion des écoles

De 1828 à 1870, les écoles de Gand sont dirigées par une commission de Surveillance composée du bourgmestre comme président, de 1 'échevin de l'Instruction publique comme vice- président et de 13 membres hors du Conseil communal.

En 1870, Elle comprendra le bourgmestre et 1'échevin de l'Ins­

truction publique, 3 membres pris dans le Conseil et 3 membres, hors de celui-ci, mais de la majorité libérale .

Et l'on veut que les méthodes employées dans les écoles soient celles qui sont prônées comme modernes : l'instruction, les excursions scolaires qui permettent de l'appliquer (^^) . En 1878, Gand préfère laisser les écoles sous la loi de 1842 : elles ne seront pas transformées en écoles moyennes. Et en 1881, elles ne deviendront pas écoles moyennes de l'Etat.

Que conclure ? Que le niveau des études a certainement été

M.STEELS, Ibidem, pp.117,140.

B.C.Gand, session 1B12, séance du 13.07.1872, p.561 et session 1873, séance du 10.03.1873, n°l.

B.C.Gand, session 1873, séance du 22.02.1873, p.78.

** M.STEELS, Geschiedenis ..., p.l78.

M.STEELS, Ibidem, p.l80.

45

(18)

élevé, si l'on en croit l'énoncé des matières. Toutefois, dit Steels, les écoles n'ont pas grand succès, parce qu'elles ne s'inscrivent pas dans une forme d'enseignement bien définie.

Elles ne confèrent pas de diplôme légal d'enseignement moyen, parce qu'elles appartiennent à l'enseignement primaire.

L'institut de Kerchove ne deviendra école moyenne de la ville de Gand qu'à partir du 01 octobre 1922 (^®) . C'est seule­

ment en 1956 que 1'échevin A.Hacquart fermera les sections supérieures des autres et les remplacera par des écoles moyennes.

En fait, elles sont destinées à la riche bourgeoisie francophone de la ville (*'') , donc à une seule catégorie socia­

le. Au début de l'année scolaire 1880-81, on leur ajoute un Cours supérieur qui comporte littérature, histoire, sciences; les leçons sont données par des professeurs de l'Université et de l'Athénée. Elles seront complétés plus tard par la dactylogra­

phie, le commerce, l'économie domestique.

Rapports avec le clergé

La bonne entente n'existe pas entre le clergé et l'adminis­

tration communale à propos des écoles.

En 1868, le chanoine Van Boxelaere proteste auprès du ministre de l'Intérieur contre certaines pratiques. La ville a organisé un concours entre écoles et la religion n'y figure pas;

les élèves fréquentent la bibliothèque du Willemsfonds, dont il voudrait interdire l'accès; on donne des livres dangereux comme livres de prix (“®) .

En 1876, c'est l'évêque de Gand qui se plaint que les élèves des écoles communales, même le filles sont conduits aux théâtres où on peut entendre des chants critiquables. En 1877, il proteste à nouveau contre un livre du professeur Laurent très hostile au clergé .

En fait, dans les écoles de Gand, l'influence du clergé est nulle. Le Comité des Christelijke Scholen les accuse d'être des pépinières de libéraux et d'ennemis de l'Eglise.

Et l'échevin Wagener ne nie pas que l'administration est

"pour la liberté de conscience" (®°) .

En 1880, le Conseil communal décide que l'enseignement religieux sera donné par les enseignants qui recevront une indemnité de 100 frs, ce qui représente au budget de l'année, une somme de 27.000 frs (^^) .

Mlle Thérèse Hofman, qui a été directrice d'une des écoles payantes, puis de l'école normale ne peut être passée sous

Renseignement apporté par le professeur K.Simon M.STEELS, Geschiedenis ..., pp. 120,238.

M. STEELS, Ibidem, p.l98.

Ibidem, p. 198-199.

Ibidem, p.l03.

Ibidem., p.235.

51

(19)

silence.

Le Conseil communal a créé en 1833 une école "gratuite" de fille sur la place des Récollets dont Thérèse Hofman, après un examen passé devant la Comission de l'enseignement de la ville, est sous-maîtresse. En 1844, elle est autorisée à donner des leçons d'école normale à titre privé. Une telle école est fondée et reconnue par Arrêté ministériel le 31 août 1849. Cette école est reprise par l'Etat le 4 septembre 1879. Elle sera supprimée par l'Arrêté royal du 10 septembre 1888. (”) .

L'échevin Wagener rendra à Melle Hofman un hommage particu­

lier en 1873. Elle a pu maintenir une direction sage au milieu des difficultés politiques, conserver un enseignement"li­

béral", alors que les autorités sont catholiques.

Le progrès qu'elle a apporté à l'enseignement des filles lui a fait obtenir une médaille d'or.

” R. DUMAREY et M. HEYSE, De groei van de Rijksnormaal- school Gent, dans 100 jaar Rijsknormaalschool Gent, 1880-1980,

PP

.41-42.

53

B.C.Gand, 1873, p.718; M.STEELS, op. ait., p.l41.

(20)

BRUXELLES. COURS D'EDUCATION A

Nous avons évoqué la biographie d'Isabelle Gatti de Gamond, fondatrice des Cours d'éducation A, dans la 1ère partie de ce travail de même que les problèmes soulevés par l'ouverture de l'école. Nous n'en reparlerons donc plus ici, voir page

Les sections

A l'origine en 1864, les cours se divisent en 3 degrés : - un Cours élémentaire, en 2 sections,

- un Cours secondaire, en 3 sections, - un Cours supérieur, en 3 sections.

Il y a en plus une classe maternelle pour les enfants de 5 à 8 ans. Chaque cours dispense un enseignement complet, qui est développé au niveau suivant .

En 1867 un Cours spécial de deux ans, dirigé par Mlle Hobé, s'ouvre. Il s'adresse aux élèves qui se destinent à travailler dans une maison de commerce et à celles qui ont trop peu de connaissances pour suivre le cours secondaire. On ne sait pas jusqu'à quelle date il a existé. Les Cours d'éducation B l'ont repris jusqu'en 1878.

La même année 1867 est annexé un pensionnat au n°10 de la rue Thérésienne, sous la direction de Mlle Kônig. La directrice qui a séjourné en Allemagne et en Angleterre donnera des cours d'allemand et d'anglais aux élèves.

Il n'a duré que jusqu'en 1869. La discipline y est insuffi­

sante, le travail des élèves n'est pas suivi régulièrement. Fina­

lement il fait perdre des élèves à l'école par sa mauvaise réputation et fermera en 186 9 : Mlle Kônig renonce au subside que lui verse la ville de Bruxelles (3.000 frs en 1871, 2.000 frs en 1868 et 1.000 frs en 1809) (^^) .

En février 1866, I. Gatti propose à J. Funck d'instaurer des examens spéciaux, sanctionnés par un diplôme qui permettrait d'accéder au statut d'institutrice. On ne sait pas si ces examens ont eu lieu en 1866, mais certainement à la fin de l'année scolaire 1868-1869. On a trace de diplômes, dès 1870. Ne sont admises à l'examen que les institutrices dont le comportement est satisfaisant.

L'examen est en partie oral, en partie écrit. Il porte sur toutes les branches de l'enseignement, mais n'est pas un examen de connaissances : il veut apprécier le jugement, l'esprit critique, la clarté de la pensée de la postulante.

A partir de 1874-1875 les diplômes se divisent en 2 catégo­

ries : un brevet de capacité sanctionnant les études au Cours supérieur; le diplôme d'institutrice conféré après examen écrit et oral à celles qui ont déjà le brevet .

En 1874-1875 apparaît une section nouvelle appelée Cours

B.LEURQUIN, Les Cours d'éducation d'I.Gatti de Gamond,

“ B.LEURQUIN, Ibidem, p.23 et 290, n.l5 à 21.

B.LEURQUIN, Ibidem, pp.27-28.

56

(21)

supérieur préparatoire, qui existera jusqu'à 1882 aux Cours d'éducation B. Il consiste en une récapitulation complète du Cours secondaire i^’’) .

Dès 1876-77 est instauré un Cours normal pratique divisé en 3 sections : l'une forme des institutrices pour l'enseignement élémentaire, une autre pour la direction des jardins d'enfants, une dernière pour l'enseignement des langues étrangères (^®) .

Les Cours sont complétés en 1880-1881 par une section de régentes, appelée alors : Cours normal pratique moyen et supérieur. L'enseignement est confié aux meilleurs professeurs de l'école Industrielle et de l'Université. Ces cours se donnent uniquement rue du Marais et I. Gatti a la direction du personnel étranger aux Cours d'éducation (^®) .

On y trouve, des professeurs d'université, comme Stiénon pour la zoologie, A. Buisset pour les mathématiques, W. Romme- laere pour la physique, E. Yseux pour l'hygiène, P. Ithier pour le commerce, L. Vanderkindere pour l'histoire, H. Denis pour la géographie et la géologie (®°) .

En 1881 une partie des Cours d'éducation passent sous l'autorité de l'Etat, après des discussions serrées avec la ville. Le partage des compétences se fera de la façon suivante :

la section primaire, la section moyenne et la section normale des Cours d'éducation A sont transférées à l'Etat; le jardin d'enfants, les Cours supérieurs et les Cours d'éducation B restent à la ville, qui n'a plus le droit de nommer le personnel que dans ces dernières écoles.

La conservation de l'école normale primaire en pleine prospérité avait imposé la cession d'une des écoles moyennes,

selon Ch. Buis, le 29 août 1881 . Le progranme

Le programme des Cours d'éducation est riche dès le début, mais I. Gatti le développe selon sa méthode. Ceci permet à K. de Lettenhove de dire à la Chambre en 1873 que la ville de Bruxelles se met dans une situation illégale et qu'elle se place au dessus du droit commun. Elle enseigne dans ses écoles ce qui lui plaît "rien que ce qui lui plaît, comme il lui plaît". Elle choisit ses livres, adopte ses méthodes en dehors de l'avis de la commission centrale et du contrôle des inspecteurs.

J. Funck lui répond que l'inspection civile est exercée par

Ibidem, p.26.

Ibidem, p.29.

Ibidem, pp. 30-31.

Cinquantième anniversaire des Cours d'éducation,

L.LECLERE, p.40; H.DENIS et E.HINS, Discours de Melle Nourry, p.26 .

Cinquantième anniversaire des Cours d'éducation. Discours

de A.Mabille, p.21; B.LEURQUIN, op. cit., p.40-43.

(22)

des fonctionnaires du gouvernement . La c[uestion se reposera quand les Cours d'éducation A passeront l'Etat.

Le tableau horaire diffère principalement par les heures attribuées aux différentes parties du programme aux Cours A et dans les écoles moyennes de l'Etat. L'Administration communale a été avertie et a donné des instructions pour la rectification

(“) .

La loi du 10 avril 1890 sur l'enseignement supérieur rend plus difficile l'accès des femmes à l'Université, parce qu'elle impose un certificat d'humanités pour l'admission. Etant donné l'absence de sections d'humanités pour les filles, celles-ci doivent obtenir un diplôme en présentant un examen devant le jury d'homologation. D'autre part, le mouvement en faveur de leur accession aux carrières libérales conduit à tenter de leur faciliter l'accès à l'Université

A l'initiative d'I. Gatti, le 27 avril 1891, l'échevin de l'Instruction publique présente au Conseil communal un projet de Cours spéciaux pour la préparation de l'examen devant le jury d'homologation. Il suffit d'ajouter au Cours supérieur des cours de mathématiques et de langues anciennes (“) .

Les adversaires considèrent que ce n'est pas un besoin réel, parce qu'il y aura peu de candidates, que les finances de la ville ne le permettent pas et que c'est un programme irréalisable en trois ans. Mais I. Gatti atteint son objectif : une section d'humanités, dite section pré-universitaire ouvre le 27 octobre 1892, avec 15 élèves.

Après cette création, I. Gatti remercie l'Administration

"qui m'a laissée faire de la propagande pour la cause féminine alors qu'elle ne partageait pas toutes mes idées, car nous n'avons jamais su séparer instruction et émancipation".

Le professeur G.Dwelshauvers est nommé professeur de langues anciennes et Mlle E.Torrekens, régente scientifique, qui fera son doctorat en physique et mathématiques en 1900, professeur de mathématiques (®®) .

La section a manqué être supprimée pour des raison d'écono­

mies en 1900.

Elle coûte 5.000 frs l'an et est moins fréquentée que le Cours "éducation de la femme, de la mère et de la ménagère".

La différence, disent ses défenseurs, est que la première est facultative, le second obligatoire. En outre, elle coûte

Annales Parlementaires,Chambre, session 1872-73, séance du 14.02.73, pp.527 et 530.

R.T. 1879-81, p.CXII.

I. BAUDART, I. Gatti et l'origine de l'enseignement secondaire des jeunes files, pp. 69-71.

“ H. DENIS et E. HINS; J. Gatti ..., p.21, 27-31.

B.LEURQUIN, Les cours d'éducation ..., pp.53-54.

66

(23)

200 frs à la jeune fille sans compter l'achat des livres (®’’) . Budget pour les premières années.

Budget pour 186 5 (®®)

Dépenses (traitements du personnel) :

crédits proposés par le Collège : 17.000 frs allocation accordée par le Conseil : 20.000 frs frais généraux : crédit et allocation : 8.500 frs Recettes :

présumées par le Collège : 12.000 frs adoptées par le Conseil communal : 30.000 frs Budget pour 1867 (®®)

Dépenses (traitements du personnel) : crédits proposés par le Collège : allocation accordée par le Conseil : frais généraux : crédits et allocation : Recettes : produit de 1866 : 25.659,50 frs

présumées par le Collège : 30.000 frs adoptées par le Conseil : 30.000 frs

Après la création du Cours B, en 1876, les frais généraux des deux écoles sont dépassés de 5.845, frs en 1877 et on prévoit qu'ils le seront de 10.272,61 en 1878. On envisage la réduction de diverses dépenses comme celles de la distribution des prix.

Le traitements sont montés à 76.953, en 1877 et on s'attend à 80.000 et 92.000 en 1878 et 1879; les recettes ont été de 45.310 en 1877; elle sont évaluées à 50 et 53.000 frs pour 1878 et 1879

C°) .

30.000 frs 30.000 frs 15.000 frs

Le local

L'école a été logée en 1864, dans un vaste hôtel, 68, rue du Marais, aux salles spacieuses, local complété par un grand jardin. Toutefois, dès 1866, elle est trop petite :

en annexe la maison voisine n°66 . En 1867, un pensionnat est ouvert pour les non Bruxelloises par Mlle Louise Kônig, 10, rue Thérésienne mais est fermé en 1869 parce qu'il est mal tenu

H.DENIS et E.HINS, I. Gatti de Gamond; I.GATTI DE GAMOND, Nos étudiantes, pp.76-78.

B.C.Bruxelles, 1865, n°23, séance du 05.11.1864, p.352.

B. C.Bruxelles, 1867, n°14, séance du 11.11.1867, pp.560- 561.

B. C. Bruxelles, 1878, discussion, les 5,6,7,8,28.10 et 2,4,6,11; vote sur l'ensemble, pp.466-467; recettes, pp.486-487.

B.LEURQUIN, Les cours d'éducation ..., p.21.

(24)

C’^) . I. Gatti pourra loger quelques pensionnaires dans deux salles des Cours d'éducation. La ville se charge du local, du chauffage et de l'éclairage, I. Gatti, des autres frais. Ce pensionnat sera supprimé en août 1878 .

En 1880-81, sont installés un cabinet de physique et un laboratoire de chimie. La salle de dessin n'est meublée qu'en 1883 c[uand on exhausse les classes du 2e étage.

Les locaux sont de nouveau insuffisants aussi la ville achète-t-elle le 64 rue du Marais et les 64 et 66 rue aux Choux en 1886.

Dès 1889 le local de la rue du Marais est mis en question, même si on a cherché à l'améliorer : il n'a pas été construit pour servir à une école. On l'a toujours considéré comme provisoire, mais on n'a jamais construit, malgré le projet de 1909. On exproprie alors un nouvel immeuble 70, rue du Marais

(’“) .

Le recrutement du personnel

Dans les premières années, le personnel a été très instable malgré les traitements élevés qui étaient proposés, à tel point que le recrutement est devenu de plus en plus difficile.

Quelles en sont les raisons ?

Certaines enseignantes ont dû avoir des scrupules religieux, suscités et entretenus par la campagne de dénigrement des catholiques contre l'école. Elles n'ont pas non plus de garantie de stabilité. Toutefois c'est peut-être du côté de la personna­

lité d'I.Gatti qu'il faut chercher la raison principale : si elle n'est pas indulgente pour elle-même, I. Gatti ne l'est pas non plus pour les autres et se défait de celles qui ne la satisfont pas. Certaines enseignantes ont reculé devant ses exigences et la somme énorme de travail qu'on leur demande. De plus, la direc­

trice est une personne très autoritaire.

Elle a dû faire face à un bon nombre de démissions (parfois entraînant un conflit avec un échevin), jusqu'à ce qu'elle puisse constituer un corps professoral stable. Cela a été grave au point de la mettre parfois en difficulté. Le roulement du personnel s'explique aussi parce qu'elle a été contrainte de recruter des personnes non diplômées et ne peut reconnaître leur valeur que quand elle les met à l'oeuvre.

En fait, on peut dire qu'elle a formé elle-même tout son personnel et que, de là est venue l'idée de créer une section normale . Et du Cours d'éducation sortiront bientôt des

Ibidem, pp. 22-23.

Ibidem, p.24.

Ibidem, pp. 50-52.

B.LEURQUIN, Ibidem, pp.53-54, 159-164; A.MOUSTIE,

Vrouwenemancipatie, p.66; J.BARTIER, Un siècle d'enseignement

féminin, p.l89.

(25)

institutrices réputées C^).

A l'ouverture des cours, il y a eu 6 institutrices, 4 assistantes et 7 maîtresses spéciales (pour le flamand, l'alle­

mand, l'anglais, l'italien, le dessin, le chant, la gymnastique et la danse (^”') ) . En 1870-71, il y a 24 professeurs; en 1876- 77, 25 (’®) .

Selon l'Almanach royal officiel, dans l'école appartenant à l'Etat, en 1881, il y a 14 institutrices, 3 assistantes, des maîtresses de chant, de danse, d'allemand, d'anglais, de flamand, d'ouvrages de gymnastique et de dessin.

En 1882, il y a 4 régentes et 8 institutrices; on ne parle plus de maîtresses de langue, ni d'ouvrages.

En 1883, on trouve 5 régentes pour le Cours supérieurs, 4 régentes pour la section moyenne, 1 régente de langues modernes, 1 intérimaire, 5 institutrices, 1 maître pour le flamand et l'allemand et les autres professeurs spéciaux, c'est-à-dire 22 personnes.

En 1884, 1 régente supplémentaire remplace 1 institutrice : on compte 23 personnes, comme en 1885, mais alors il y a 1 régente spéciale pour chaque langue et 2 pour le flamand .

En 1864, les traitements sont élevés. Ils sont prévus dans le règlement d'organisation générale. La directrice : 4.000 frs (®°) , les 2 premières institutrices : 2.000 à 2.400 frs, les 2 secondes institutrices : 1.600 à 1.800 frs, les 2 troisièmes institutrices : 1.200 à 1.400 frs, assistantes : 300 à 800 frs, les maîtresses de musique, gymnastique, dessin : 900 frs les autres maîtresses spéciales de 400 à 600 frs. A partir de 1881, on appliquera les traitements de l'Etat, mais la ville devra

supporter seule la différence (®^) .

Sous le régime communal, les nominations sont faites par les autorités communales sur proposition de la directrice. Après 1881 les enseignantes sont nommées par le ministre de l'Instruction publique, moyennant des conditions de diplôme et de nationalité.

Ces conditions ne s'appliquent pas aux maîtres spéciaux. En fait presque tout l'ancien personnel sera maintenu.

En 1864, la majorité des institutrices a le diplôme d'institutrice; la maîtresse d'anglais est anglaise, celle d'allemand est née en Allemagne; celle de dessin est artiste- peintre; celle de danse et de gymnastique a un diplôme d'institu-

A. HABILLE, Les Cours d'éducation pour jeunes filles à Bruxelles, p.337; I. BAUDART, I. Gatti de Gamond, pp. 73-76;

H. DENIS et E. HINS, pp.23-24.

M. DEL CARMEN RIOS, Les libéraux, p.48.

B. LEURQUIN, Les cours d'éducation ..., p.l79.

A. R.O, 1881, p.626; 1882, p.659; 1883, p.739; 1884, p.631; 1885, p.604.

B. C. Bruxelles, 1864, n°26, séance du 31.12.1864, p,.456.

B.LEURQUIN, Ibidem, p.220.

81

(26)

trice; celles de solfège et de musique ont suivi des cours au conservatoire (®^) .

Sous le régime communal, le Collège décide de l'avancement des enseignantes, après avoir consulté la directrice, en fonction du mérite de chacune : aptitude, connaissances, travail; les manquements sont sanctionnés (®^) .

Population

En 1864 se sont inscrites 159 élèves, dont 11 au Cours supérieur, 50 au Cours secondaire, 63 au Cours élémentaire. E n 1867 il y en a 392, en 1868 il y en a 423, en 1873-74 : 522, on doit refuser des élèves.

La ville crée en 1876 le Cours B, le nombre doit avoir fléchi au Cours A (®^) . En 1880, il y en aurait eu 240 (®®) . Le passage à l'Etat fait tomber la population a 164, dont 67 à l'école moyenne.

Dans l'école moyenne de l'Etat, le nombre moyen des élèves de la section moyenne a été de 145,8 de 1881 à 1911, avec, noté depuis 1897 la Cours supérieur, atteignant un maximum de 249 en 1905 et un minimum de 67 en 1881. Dès 1884, les effectifs remontent. Plus tard les années creuses vont de 1889 à 1892.

Le nombre moyen total des élèves avec la section prépara­

toire a été de 289 avec un maximum de 453 en 1911 et minimum de 164 en 1881. Les chiffres sont incomplets pour la période 1918- 1923. De 1885 à 1911, l'école a accordé une moyenne de 22 admissions gratuites par an et de 7 admissions à prix réduit.

L'école a accordé, de 1881 à 1911,319 diplômes de sortie, donc une moyenne de 10 par an.

La rétribution scolaire en 1864 a été de : 15 frs par trimestre pour les classes maternelles, 25 frs pour le Cours élémentaire et le Cours secondaire, 40 frs pour le Cours supérieur.

En février 1917, Mlle Monod, directrice des Cours d'éduca­

tion A, est révoquée par les Allemands. Il est interdit aux professeurs et élèves d'entrer dans l'établissement.

L'Université de Bruxelles les accueille alors dans ses locaux, rue des Sols, où les cours sont donnés en 1917 et 1918

.

B.LEURQUIN, Ibidem, p. 178-179.

B.LEURQUIN, Ibidem, pp. 205-206.

M. DEL CARMEN RIOS, Les libéraux ..., pp.50-51.

Journal "L'Avenir", n°38, 17.10.1880.

Cinquantième anniversaire des Cours d'éducation. Discours

de Mme Houyoux-Richald, p.42; L.Leclère, p.40.

(27)

NAMUR Projets

En 1849, le ministre de l'Intérieur fait demander par le gouverneur à l'administration communale si une section d'école primaire supérieure pour filles ne peut être annexée à l'école des garçons.

Un jardin de l'ancien couvent des Annonciades est disponible comme terrain à bâtir et le Conseil communal souhaite un tel type d'école. Toutefois le gouvernement refuse son intervention financière et le projet est abandonné (®"') .

La question se repose quand une nouvelle école de garçons est construite : l'ancien bâtiment deviendrait école de demoisel­

les . Création

Le journal libéral "L'Organe de Namur" annonce au mois de mars 1864 (®®) la décision du Conseil communal créer une école moyenne de filles qui serait subventionnée, votée par 10 voix contre 3 le 12 avril 1864.

La demande en est adressée au ministre Vandenpeereboom qui répond le 25 avril qu'il ne peut s'agir que d'une école primaire supérieure à programme développé et donc soumise à la loi de 1842. L'inspection ecclésiastique surveillera l'enseignement religieux (®®) . L'ouverture est prévue pour le 10 septembre 1864 .

La députation permanente autorise quelques travaux d'aména­

gement pour une dépense de 6.980 frs (®°) .

La ville solde 4.655 frs et requiert 930 frs de subsides de la Province et 1.395 frs du gouvernement . Le coût du mobi­

lier est évalué à 855, frs . Théoriquement, la caisse commu­

nale doit contribuer pour une somme de 2.000 frs pour les frais du service ordinaire, l'excédent incombant au gouvernement .

Ch. Bolly constate que ce subside n'est signalé nulle part et que le budget de l'école est mélangé au budget général (®‘‘) .

CH.BOLLY, L'enseignement primaire à Namur, p.12-12.

11.03, 19-20.03, 21-22.03.1864.

Annales Parlementaires, Chambre, 1870-71, séance du 18.03.1871,K DE Lettenhove; p.839; lettre de l'Administration Communale de Bruges à l'évêque, pièce jointe à la Séance du 23.03, p.852.

séance de la Députation permanente du 04.08.1864, p.292.

R.T., ens.prim., 1864-1866, 2® partie, p.220.

B.C.Namur, séance du 30.09.1864, p.255; CH.BOLLY, Histoire de l'enseignement primaire à Namur, p.73.

B. C.Namur, séance du 07.03.1864, p.81.

CH.BOLLY, L'enseignement ..., p.77.

94

(28)

Le Conseil provincial signale pourtant une somme de 500 frs accordée pour l'exercice 1869 (®®) .

Organisation de l'école primaire supérieure

Elle s'ouvre d'abord avec trois classes en 1864, mais dans le courant de l'année le Conseil communal y ajoute un Cours Froebel.

En 1867 on pense compléter l'école par un pensionnat, mais l'idée est abandonnée. Toutefois l'augmentation du nombre des élèves oblige à la création de deux nouvelles classes en 1874 et 1878 (®®) .

La ville décide d'abord de suivre provisoirement pour sa nouvelle école le règlement des écoles de Bruxelles. Le règlement d'ordre intérieur des écoles de Namur a été préparé par la section d'instruction et amendé par l'inspection provinciale

(”) .

Local et Ressources

Dès 1874, les locaux s'avèrent trop exigus. Un projet d'installation dans la maison de détention, rue des Fossés est abandonné en 1877 (®®) . On décide alors des travaux d'agrandis­

sement évalués à 10.800 frs et adjugés à Ch.Courtois pour 8.733 frs (®®)

Le 31 janvier 1880, le Conseil communal transfère l'école dans une propriété rue du Chenil (rue Xavier Lelièvre) apparte­

nant au sénateur-baron de Labbéville, dont le ministre autorise l'acquisition le 21.04 par Arrête royal (^°°) . C'est un hôtel de maître du début du XIXe siècle entouré d'un grand parc avec des écuries et une demeure de concierge.

En 1884 la création d'un pensionnat est décidée et on construit deux nouvelles ailes : le pensionnat s'installera à l'arrière-gauche, la section préparatoire dans l'aile-droite.

C'est une école discrète, à laquelle on a accès par une impasse pavée.

Pour ces diverses appropriations, l'école recevra des subsides : pour la reconstruction des locaux, pendant la période 1882-1884 et pour l'amélioration de ceux-ci, pendant la

Mémorial adm. du Brabant, Compte-rendu de la séance du Conseil Provincial du 04.07.1878, p.53.

CH. BOLLY, Ibidem, p.74.

Ibidem, p.74.

Ibidem, p.73.

Ibidem, p.74. D'après B.C.Namur, séances des 22.09.1877, p.l36 et 20.07.1878, p.88.

O .MARECHAL-PELOUSE, Commentaires sur les archives privées d'une école, pp.14-19.

R.T 1882-1884, p.XCVIII.

(29)

période de 1885-1887 (^°^) , respectivement 126.000 et 56.000 fr- s.

Plus tard, en 1898 elle aura un subside de 322 frs pour l'organisation des cours d'ouvrages et d'économie domestique

.

Dans la suite, il n'y aura plus que des équipements intérieurs nouveaux, avant 1934 : 1898, l'éclairage au gaz; 1920, le téléphone; 1933, l'éclairage électrique (^°^) .

Nous avons vu que les dépenses ordinaires de l'école avaient augmenté de 1884 à 1911 et été couvertes par des subsides.

Pendant la période, ceux de l'Etat ont augmenté de 82 % et ceux de la Commune de 105 %.

Personnel. Les directrices.

Ch. Bolly remarque que de 1864 à 1878 il y a eu douze nominations de directrices et institutrices et que des enseignan­

tes qui quitteront l'école, cinq ont donné leur démission. Il se demande s'il y a eu un climat de tension religieuse dans l'école . En fait, le climat n'est pas bon entre l'évêché et l'école. La première directrice exerce de 1864 à 1866, Mlle Detongre. Ensuite, Mlle Rogister démissionne inopinément à la rentrée 1867, car le Conseil communal n'a pas nommé la postulante qu'elle soutenait ni retenu ses autres suggestions. La date de sa démission nocive pour l'école est sévèrement jugée (^°®) .

Mlle Betzy Wouters (plus tard Mme Guillet-Wouters) lui succède. Elle déplaît à l'inspection diocésaine, qui l'accuse d'avoir restreint le temps de la morale et de la religion, même si elle sait reconnaître que le catéchisme est enseigné. Le clergé considère que l'esprit religieux de l'école laisse beaucoup à désirer, que plusieurs maîtresses fréquentent le théâtre et comme la directrice, lisent de mauvaises feuilles

En 1902 encore, le professeur de religion, le chanoine Blondiau, se plaint de l'hostilité de la directrice (^°®) , Mme Gillain-Swennen.

Si l'on en croit la manifestation qui a été la première

R.T. 1885-1887, p.CIX.

R.T. 1897-1899, p.CLIX.

O. MARECHAL-PELOUSE, Coirmentaire, p.l9.

CH.BOLLY., L'enseignement, p.75.

CH.BOLLY, Ibidem, d'après B.C.Namur

CH.BOLLY, Ibidem, d'après Archives de l'évêché de Namur, Rapport de l'inspection diocésaine, 1869 a 1875.

108 h

.TIHON, Anathème ou collaboration. .. , Rapports des

professeurs de religion, p.517.

(30)

distribution des prix en 1865, la création de l'école a semblé le triomphe des partisans libéraux de l'enseignement laïque des filles. Dans la salle comble du théâtre de Namur, en présence de l'échevin Pépin remplaçant le bourgmestre, à côté de six conseillers communaux, on trouve le procureur du roi, l'inspec­

teur de l'enseignement primaire, des militaires : le major du deuxième régiment de lanciers, le commandant de place pensionné, le commandant du personnel d'artillerie et des officiers de différents grades, le directeur du pénitencier, le directeur de 1'école moyenne.

Toutefois Pépin, dans son discours incite les élèves à la tolérance comme à la fermeté dans les convictions religieuses acquises dans les familles (^°®) . Toutes les élèves d'ailleurs suivront le cours de religion. Les premières dispenses seront demandées après 1918 .

Les enseignantes ont un diplôme officiel dès l'origine. Eh 1864, le Conseil communal qui les a nommées n'a pas voulu que la nouvelle école fasse la concurrence aux établissements privés, mais leur serve de stimulant.

Les traitements fixés au premier budget sont pour la directrice 1.800 frs (et le logement, chauffage, luminaire), pour la première sous-institutrice 1.200 frs et pour la deuxième sous- institutrice 1.000 frs.

En 1869 la première sous-institutrice reçoit un supplément de 200 frs quand elle est nommée professeur de gymnastique. En 1877, les traitements sont passés, respectivement à 2.400 frs, 1.500 frs et 1.200 frs; ils sont plus élevés que ceux des institutrices communales (“^) .

L'école primaire supérieure devient école moyenne en 1879 et reçoit sa part du subside Pirmez qui a retrouvé sa destination primitive. La reprise par l'Etat est votée par le Conseil communal le 25 juin 1881. L'école devient école moyenne de l'Etat le 9 octobre 1881 et reçoit la visite du directeur général E.Greyson .

En 1882, trois régentes y enseignent et des institutrices;

en 1884 un chargé de cours de flamand et d'anglais. Des maîtres­

ses sont responsables des autres cours spéciaux jusqu'en 1886, où entrent un professeur de dessin et de gymnastique, puis en 1887 une régente de langues modernes .

En 1881, le cercle local de la Ligue de l'Enseignement se réjouit de l'intention du gouvernement d'organiser des cours temporaires de sciences naturelles, physique, zoologie, chimie à l'intention des institutrices. Car celles-ci ont surtout été

109 "Organe de Namur", le 24.08.1865.

O. MARECHAL-PELOUSE, Commentaires ..., p.l9.

CH.BOLLY, L'enseignement ..., p.77.

O. MARECHAL-PELOUSE, Commentaires ..., p.l4.

A.R.O., 1882, p.665; 1883, p.746; 1884, p.639; 1885,

p. 612.

(31)

formées dans des institutions religieuses et ne sont pas à la hauteur pour le nouveau programme plus étendu que l'ancien. Les autorités communales veilleront à ce que la ville ait ces cours

.

Population

Les élèves sont issues des classes moyennes, même de la bourgeoisie. Il y a des catholiques, des protestantes, des juives . Le minerval de départ est fixé à 5 frs par mois pour les aînées, à 3 frs pour les plus jeunes .

La population dans laquelle il faut comprendre les élèves du Cours Froebel a été, en moyenne, de 1864 à 1877 de 116 avec un maximum de 152 en 1874 et un minimum au départ de 64.

Ni la reprise par l'Etat ni la guerre scolaire ne semblent avoir eu une influence sur les effectifs. Nous trouvons le chiffre le plus bas 34 en 1881 à 40 en 1883, puis en 1897 avec 51 élèves d'école moyenne, le plus élevé en 1908 avec 104. La section préparatoire voisine les 200 élèves à partir de 1900. Les années creuses vont de 1895 à 1900. Le nombre moyen des élèves de l'école moyenne, de 1881 à 1911 est de 69,8. Le nombre moyen du total des élèves, avec section préparatoire est de 209,1 (sauf 1888) .

De 1918 à 1923, le nombre moyen des élèves de l'école moyenne est de 115 élèves et de l'ensemble 172. La croissance d'école moyenne est donc marquante.

L'école n'a jamais accordé d'admissions à prix réduits et les admissions gratuites ont en général été de une ou de deux jusqu'à 1906 ou, pour quatre ans, elles oscillent entre 11 et 20.

De 1881 à 1911 l'école a accordé en moyenne sept diplômes de sortie par an, plus de 12 depuis 1906-1907, au total 217.

La guerre de 1914 amène une interruption des cours qui ne reprennent pas avant 1915. L'école devient hôpital puis lazaret;

les cours se donnent rue de Salzinnes. Des dégâts ont été subis par les bâtiments et le matériel .

Vers le lycée

En 1921 est installé un Cours supérieur de deux ans. Depuis 1924, les jeunes filles sont admises à suivre les cours de l'Athénée. Cette année une jeune fille suit les cours de rhétorique gréco-latine et conquiert son certificat d'humanités devant le Jury central.

En 1925-26, il y a 4 jeunes filles; en 1926-27, 6 dont 5 en

Archives de la L.E., 1880,501, rapport annuel présenté à l'Assemblée Générale du 21.11.1880.

CH.BOLLY, L'enseignement ..., selon l'inspection diocésaine; Arch. évêché, 1876-1877.

CH.BOLLY, Ibidem, p.76, d'après B.C.Namur, séance du 04.05.1864, pp.156-157.

O.MARECHAL-PELOUSE, Commentaires ..., pp.19-22.

(32)

humanités anciennes (^^®) .

En 1928-29 une classe de 6e latine est inaugurée. Le cours de latin est assuré par un professeur de l'Athénée, remplacé en 1930 par une licenciée en classique. En 1933-34 le cycle d'humanités anciennes est complet; tout le corps professoral est féminin.

Il est à remarquer que la progression de la section latine est plus marquée que celle des autres sections .

F.DANHAIVE, L'Athénée de Nawur, p.ll3.

O.MARECHAL-PELOUSE, Quelques réflexions sur l'enseigne­

ment des filles, p.llO; J.BAUDHUIN et O.MARECHAL-PELOUSE, La vie

à Namur sous AlbertI, L'enseignement, pp. 14 0-144.

(33)

WAVRE

Wavre, ayant gardé une majorité libérale de 1842 à 1911, est considéré£ comme une forteresse libérale. La commune a voulu l'épanouissement de ses écoles et notamment l'enseignement pour les filles.

Il semble que le grand initiateur de l'enseignement féminin ait été Alphonse Allard, conseiller communal le 30 octobre 1860, qui ait guidé le Conseil et l'ait poussé à la réorganisation des écoles (^^°) .

A. Allard est conseiller provincial du Brabant à qu'il aurait suggéré en 1865 un subside pour aider les administrations

communales à fonder des établissements d'enseignement supérieur pour les filles .

A. Allard est membre de l'Association libérale et membre de la Libre Pensée de Bruxelles, qui conduit son enterrement en 1874

; il est membre du cercle local de la Ligue de l'Ensei­

gnement à sa création en 1866, comme le sont le bourgmestre Maerschouw (1863-1871) et l'échevin Wargnies (de 1862 à 1884 au moins).

Création

Comme dans d'autres localités, à l'origine d'une école supérieure pour filles nous trouvons une école primaire payante.

En décembre 1861, lors de la formation du budget 1862, le Conseil communal de Wavre vote une somme de 500 frs pour subsidier la création d'une école payante de filles de la bourgeoisie. Depuis 1859, il existe une telle section à l'école communale (^^^) .

Toutefois une fraction du Conseil veut subventionner l'école privée d'une veuve Georges installée à Wavre à certaines conditions : qu'elle réduise la rétribution mensuelle de 4 à 3 frs et une indemnité de chauffage, qu'elle accepte l'inspection de son école, et, comme elle n'est pas diplômée, qu'elle se soumette à un examen.

L'intéressée ne s'y soumettra pas, et malgré l'avis contraire de la députation permanente, le Conseil accorde à cette dame, sans ressources par suite de son veuvage, 1000 frs de subsides. L'argument est la répugnance des familles bourgeoises à envoyer leurs filles à l'école communale où elles sont

120

njjQ Publicateur"

D.Yernaux bourgemestre au

n°8, décès

22.02.1874, d'A.Allard.

p.l. Discours de

121 „2e Publicateur", n°8. 22.02.1874, p.l. Discours de M.Mascart.

Ibidem, p.3.

AGR, archives du gouvernement provincial du Brabant,

Inv.Tihon, 415 lettre de 1 ' inspecteur provincial au gouvernement,

12.02.1863.

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