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Intervention Dominique Borne

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Tréma

5 | 1994

Enseigner de la géographie (Actes de colloque)

Intervention Dominique Borne

Édition électronique

URL : http://journals.openedition.org/trema/2290 DOI : 10.4000/trema.2290

ISSN : 2107-0997 Éditeur

Faculté d'Éducation de l'université de Montpellier Édition imprimée

Date de publication : 1 mai 1994 Pagination : Dominique Borne85-86 ISSN : 1167-315X

Référence électronique

« Intervention Dominique Borne », Tréma [En ligne], 5 | 1994, mis en ligne le 01 mai 1994, consulté le 02 mai 2019. URL : http://journals.openedition.org/trema/2290 ; DOI : 10.4000/trema.2290

Ce document a été généré automatiquement le 2 mai 2019.

Trema

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Intervention Dominique Borne

1 Peu qualifié pour parler de concepts en géographie, j'ai moi aussi ouvert Les Mots de la Géographie. J'ai lu « La science molle n'a que des notions », et j'en ai déduit que les géographes devaient penser que leur science n'était pas une science molle. La définition qui suit est « représentation générale de nature abstraite clairement définie, susceptible de guider la recherche et de fonder des hypothèses ».

2 Niveaux d'enseignement et concepts : avec la « vieille géographie-nomenclature » on pouvait dire on commence au CE1... on en ajoute un petit peu au CE2... etc. Au temps des nomenclatures on ajoutait des savoirs, peu à peu.

3 La géographie d'aujourd'hui rejette justement cette démarche. Mais peut-on éviter de raisonner en terme de savoirs ? Qu'est-ce qu'un savoir ? L'altitude du Mont Blanc ? La localisation de la ville du Mans ?

4 On dit souvent que d'un niveau d'enseignement à l'autre les concepts sont les mêmes et qu'il suffit de les charger de plus ou moins de qualificatifs, d'adjectifs, d'attributs. Cela ne semble pas aller de soi. La distinction concept/notion est-elle évidente ? Peut-on enseigner un concept avec plus ou moins d'attributs ? Je prends l'exemple de densité. La majeure partie des élèves de sixième ne comprend pas, et l'on s'escrime alors à passer par la mesure de la classe, en comptant les élèves, etc. Je me souviens de l'intervention d'un élève faisant suite à une affirmation du professeur : « dans les déserts, la densité est très faible ». L'élève disait c'est faux, puisque je connais une oasis très peuplée. L'observation est remarquable.

5 Cela montre combien densité est abstrait. Ne suffit-il pas de dire, en sixième, « peu peuplé », « assez peuplé », « très peuplé ». En disant cela utilise-t-on un concept ? En tout cas pas celui de densité.

6 D'autre part, les professeurs de géographie étant en majorité des historiens (tout comme les inspecteurs), certains découvrent maintenant une géographie complètement autre et cela n'est pas commode. Je crains qu'un enseignement fondé sur les concepts uniquement se traduise chez les enseignants habitués à la nomenclature par des définitions sur un cahier de vocabulaire.

7 Je crains qu'un enseignement fondé sur des concepts ne devienne un enseignement où se succèdent les définitions. Ce qui pose le problème des programmes. En géographie un

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programme, juxtaposition de morceaux d'espace, peut-il être défini par des concepts ? Les niveaux d'enseignement sont d'abord définis par des espaces, qui entraînent ensuite des concepts, cela va de soi. Les espaces sont premiers. Et les concepts vieillissent. Le programme de cinquième, fondé sur le développement, est très marqué du sceau des années 1960-1970. Il faudrait le relire.

8 Il reste que, en géographie comme en histoire, nous savons mal construire des savoirs.

Dans nos pratiques d'enseignants, on a trop souvent le sentiment que les élèves passent d'une classe à l'autre mais que l'on recommence chaque fois à zéro. Construction des savoirs ? Lesquels ?

9 Alors, trop souvent, on passe beaucoup de temps à affermir les bases, à recommencer. Et les bases de la géographie, pour un certain nombre, ce sont des définitions (longitude, latitude, plan de l'écliptique...) ou des apprentissages d'une méthode sans contenu. Il faut se rendre compte du décalage tout à fait considérable entre ce que l'on peut proposer dans une journée de colloque comme celle-là et ensuite ce qui peut passer dans les classes.

10 Deux remarques pour conclure :

11 Nous croyons qu'il faudrait faire faire de la géographie aux élèves. C'est le faire-faire qui est la démarche la plus importante, et cela passe par la carte dans tous ses états. Non pas la carte recopiée, mais la carte élaborée par les élèves, dans tous ses états possibles. Je crois aussi que la géographie, au-delà de ses champs propres, est avec l'histoire la discipline la plus apte à assurer une initiation à la lecture de l'image, et à la lecture civique de l'image, pour aider les élèves à trier le soir devant la télévision.

12 La finalité civique de la géographie c'est aussi d'enraciner la responsabilité et la liberté du citoyen, de l'enraciner dans les territoires, du local au régional, de la nation au monde c'est-à-dire à différentes échelles. Mais c'est ouvrir un autre débat.

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