BPIFRANCE | DIRECTION DE L’EVALUATION DES ETUDES ET DE LA PROSPECTIVE – FICHE MAROC | 05/2022
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1Direction Evaluation, Etudes et Prospective
MAROC : FICHE PAYS – MAI 2022
SYNTHÈSE :
STRUCTURE DES ÉCHANGES
Catégorie OCDE (2022) :3/7
Notes agences (S&P / Moody’s / Fitch): BB+ / Ba1 / BB+
Change : Dirham Marocain (MAD) / Régime de change ancré (40 % USD / 60 % EUR) Horizon de l’objectif de neutralité carbone : 2050
Évolution des risques : stable
Environnement macroéconomique et financier :
• Vulnérabilité de la croissance : En 2021, le PIB a retrouvé et dépassé son niveau d’avant-crise. En 2022, la croissance du PIB décélérerait franchement (+1,1 % selon le FM), en raison notamment du repli attendu du secteur agricole dans un contexte de sécheresse historique. Par ailleurs, le Maroc se retrouve confronté aux pressions inflationnistes liées à la guerre en Ukraine. A moyen-terme, la croissance devrait être portée par les investissements privés, stimulés par le Fonds d’investissement Mohammed VI.
• Vulnérabilité des comptes publics : Le déficit public marocain a atteint des niveaux records en 2020 et 2021 (-7 % du PIB en moyenne). Une consolidation des finances publiques n’interviendrait pas avant 2025-2026, le gouvernement souhaitant prioriser la reprise de l’activité et les mesures de soutien face à la sécheresse. La dette publique a particulièrement augmenté et se stabiliserait à 77 % du PIB à moyen terme selon le FMI. Le risque souverain reste modéré à ce stade.
• Vulnérabilité extérieure : Malgré la bonne tenue des cours mondiaux du phosphate (20 % des exportations marocaines) et le redressement du tourisme, le déficit courant devrait fortement se creuser en 2022 dans un contexte de prix des matières premières élevés. La dépréciation du dirham marocain par rapport à l’USD et l’EUR (-5,3 % et -1,7 % respectivement) en 2021, devrait se poursuivre en 2022, dans un contexte de creusement du déficit courant.
• Vulnérabilité du secteur bancaire :Malgré des niveaux satisfaisants des ratios de solvabilité, la hausse du niveau de prêts non performants à 8,5 % en 2021 constitue un risque pour le système bancaire marocain.
Environnement politique et gouvernance :
• Stabilité socio-politique : Le conflit sur le statut de la région du Sahara occidental continue d’être une source de risque pour le Royaume. La hausse des prix du carburants et des produits alimentaires menace quant à elle la stabilité sociale.
• Climat des affaires : Le Maroc a gagné 7 places au classement Doing Business en 2020 et se hisse désormais à la 53ème position.
Les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale restent peu favorables et révèlent des fragilités (corruption persistante, manque de liberté d’expression).
Environnement et politique du climat :
• Vulnérabilité climatique : Le Maroc présente une grande vulnérabilité face au changement climatique (stress hydrique, risque d’érosion, hausse des températures) et œuvre pour renforcer sa résilience et la gestion des catastrophes naturelles. Par ailleurs, le pays fait preuve d’un engagement fort dans le cadre des Accord de Paris.
FORCES
• Bonnes relations commerciales avec les pays africains
• Diversification des exportations
• Forte attractivité pour les investissements étrangers
• Solidité du système bancaire
FAIBLESSES
• Economie dépendante du secteur agricole
• Risque social élevé (chômage et disparités régionales)
• Fragilité de la nouvelle coalition
• Faible productivité de la main d’oeuvre
Principaux partenaires commerciaux + France
Exportations Importations
1 Espagne 24,0% 1 Espagne 15,7%
2 France 19,9% 2 France 12,3%
3 Etats-Unis 4,4% 3 Chine 9,3%
4 Italie 4,2% 4 Etats-Unis 7,1%
5 Inde 3,5% 5 Italie 5,5%
Sources : CNUCED
Part moyenne des échanges de marchandises entre 2015 et 2019 (% du total)
Principaux produits échangés
Exportations Importations
Machines élec. 18,1% Combustibles 15,5%
Véhicules 13,1% Machinerie méca. 11,1%
Fertilisants 9,9% Véhicules 10,0%
Vêtements 8,3% Machines élec. 9,6%
Métaux précieux 4,9% Plastiques 4,3%
Sources : ITC
Part des échanges de marchandises en 2019 (% du total)
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2TABLEAUX DES PRINCIPAUX INDICATEURS
MAROC
2017 2018 2019 2020 2021 (e) 2022 (p)STRUCTURE ECONOMIQUE
PIB (Mds USD, courant)* 110 118 120 115 131 133
Rang PIB mondial 63 61 61 60 60 60
Population (Mns)* 34,9 35,2 35,6 36,0 36,3 36,7
Rang Population mondiale 40 40 40 40 40 39
PIB / habitant (USD)* 3 147 3 353 3 368 3 191 3 620 3 629
Croissance PIB (%) 4,2 3,1 2,6 -6,3 7,2 1,1
Inflation (moyenne annuelle, %)*** 0,7 1,6 0,2 0,6 1,4 4,4
Part exportations manufacturées (% total exp.)* 69,8 71,0 70,8 NA NA NA
FINANCES PUBLIQUES
Dette publique (% PIB) 65,1 65,2 64,8 76,4 76,3 77,1
Solde public (% PIB) -3,5 -3,7 -3,8 -7,6 -6,5 -6,3
Charge de la dette publique (% recettes budg.)* 9,7 9,4 9,9 NA NA NA
POSITION EXTERNE
Solde courant (% du PIB) -3,4% -5,3% -3,7% -1,5% -2,9% -6,0%
IDE (% du PIB)* 1,5% 2,3% 0,7% 1,1% 1,2% 1,3%
Réserves (en mois d'importation B&S)** 7,7 6,3 6,8 10,6 7,9 7,8
Dette extérieure totale (% PIB)* 48% 44% 46% 57% 51% 53%
Dette extérieure CT (% PIB) 6,8% 6,3% 7,3% NA NA NA
Taux de change*** 9,33 9,57 9,59 8,9 9,3 NA
SYSTÈME BANCAIRE
Fonds propres / actifs pondérés*** 13,8 14,7 15,6 NA NA NA
Taux de NPL*** 7,5 7,3 7,6 8,4 8,5 NA
ROE*** 9,5% 9,5% 9,4% NA NA NA
SOCIO-POLITIQUE
Rang gouvernance Banque Mondiale (214 Pays)* 122 123 125 NA NA NA
Rang doing business (190 pays)* NA 60 61 53 NA 54
CLIMAT
Rang émissions de CO2 par hab. (145 pays)a NA NA NA NA NA NA
Rang ND-Gain (181 pays)b 56 56 57 NA NA NA
Rang politique climat (58 pays)c NA NA NA NA 4 NA
Légendes : (e) estimations ; (p) prévisions. Sources : FMI (WEO Avril 2022), *Banque Mondiale,**Oxford Economics,***Bank Al Maghrib a : Agence Internationale de l'Energie, b : Notre Dame Global Adaptation Initiative, c : Germanwatch
Agriculture (et pêche); 13,9%
Industrie extractive; 1,6%
Secteur manufacturier;
13,9%
Electricité, gaz
& eau; 2,4%
Construction;
5,1%
Transport et communication; 7,6%
Commerce;
8,1%
Services financiers; 5,0%
Services publics; 8,8%
Hotel et Restauration;
1,0%
Autres; 32,6%
Maroc : part des secteurs dans le PIB (2021)
Sources : Haut Commissariat au Plan
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31. SITUATION ECONOMIQUE
• Rebond de l’activité en 2021
L’économie marocaine a été fortement touchée par la crise sanitaire et la sécheresse en 2020. Le PIB a enregistré une baisse de -6,3 %, avec un repli de -8 % du secteur agricole.
Malgré des contraintes sanitaires fortes (couvre-feu, fermeture des frontières), avec une croissance de l’activité de +7,2 % en 2021, le Maroc a retrouvé et dépassé son niveau de PIB d’avant crise, notamment grâce au dynamisme des investissements privés et publics (respectivement +15,2 % et +7,1 %)1. Bénéficiant de la hausse des envois de fonds des expatriés (+31,4
%, niveau record en montant en 2021), la consommation privée a enregistré une croissance de +3,8 % en 2021 (- 4,1 % en 2020). Si le taux de chômage a entamé un léger repli en 2021 (11,9 % après avoir atteint 12,2 % en 2020), il reste supérieur au niveau d’avant-crise (10,2%), en raison d’un processus de réembauche limité suite aux licenciements liés à la crise sanitaire.
D’un point de vue sectoriel, les activités non-agricoles ont enregistré une hausse de +5,6 % en 20212. Les activités agricoles (13 % du PIB, 33 % de l’emploi) ont quant à elles enregistré une croissance de +18,9 % grâce au redressement du taux de pluviométrie en 2021, qui a permis une augmentation de la production de céréales de +55 % par rapport à la moyenne des 5 précédentes années. Les interdictions des vols internationaux, avec la flambée des cas avec Omicron au T4 2021, ont privé le pays des revenus du tourisme (15 % du PIB), les arrivées touristiques ne représentant que 71 % du niveau de 2019.
• Inflation et sécheresse : menaces en 2022 La croissance marocaine devrait fortement décélérer en 2022. Les différents instituts de prévisions tablent sur une croissance du PIB comprise entre +1,1 % et +3,1 %, un ralentissement en partie lié à la chute anticipée du PIB agricole, due à la sécheresse. Une décélération de la croissance hors secteur agricole est également attendue, en raison de l’impact de l’inflation élevée sur la consommation privée. L’annonce de la réouverture des
1En 2020, les investissements privés et publics ont enregistré une variation de -14,2 % +1,7 % respectivement.
2 Reflétant notamment la bonne performance des branches de l’alimentaire et du tabac (+8%), de l’industrie mécanique, de la métallurgique (+7%), du textile (+8,2%) et de la construction (+6,4 %)
frontières marocaines en février 2022 devrait mener à un rebond du tourisme, un secteur crucial au Maroc qui devrait soutenir l’activité en 2022. La reprise du secteur de l’hôtellerie et de la restauration devrait également s’accélérer, et bénéficier du programme d’urgence (1,8 Mls EUR) pour soutenir le secteur.
Bien que les relations commerciales du Maroc avec la Russie et l’Ukraine soient limitées (3,4 % des importations et 1,6 % des exportations du Maroc), le Royaume devrait ressentir durement les conséquences indirectes du conflit ukrainien dans la mesure où 29 % des importations marocaines de blé (10 % des importations totales) proviennent de ces deux pays.
Malgré des réserves de blé (5 mois), la pression générée par l’alourdissement du poids des importations de blé et de pétrole (15 % des importations) sur les comptes extérieurs et l’inflation serait élevée en 2022 et 2023.
Le FMI prévoit un taux d’inflation annuel de +4,4 % pour 2022 (un pic depuis 1995), compte tenu des tensions sur les marchés mondiaux des matières premières et de la chute attendue de la production agricole. Malgré le maintien de l’orientation accommodante de la politique monétaire au T1 2022 (taux directeur stable à +1,5 % depuis mars 2020), les prévisions d’une inflation très largement au-dessus de l’inflation cible de 2 % pourrait inciter la Banque centrale (BAM) à relever ses taux directeurs en 2022.
• Des programmes et des projets pour soutenir l’activité en 2022 et 2023
Le lancement du programme gouvernemental d’emploi Awraach signé en janvier 2022 devrait permettre de réduire le taux de chômage en permettant la création de 250 000 emplois en 2022-2023. En outre, le gouvernement a annoncé en avril 2022 une revalorisation du salaire minimum de 10 % sur deux ans, dans les secteurs de l’industrie du commerce et des services. Ces mesures devraient permettre de favoriser la consommation privée, qui devrait constituer le premier moteur de la croissance en 2022 selon Fitch.
À la suite du triplement de la dotation au Fonds Mohammed VI pour l’investissement, de grands projets d’infrastructure (port commercial de Dakhla, parc éolien) devraient permettre de soutenir les dépenses publiques
-2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7
Maroc : taux d'inflation (%)
Source : Haut Commissariat au Plan
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4et la croissance en 2022. Créé en 2020, le Fonds Mohammed VI vise à être l’un des principaux leviers de la relance économique post pandémie, en soutenant les investissements dans les secteurs du tourisme, de l'agriculture, et l'industrie et pour favoriser l’innovation.
• Un secteur bancaire résilient mais exposé Le secteur bancaire marocain est l’un des plus développé en Afrique et entreprend depuis plusieurs années une expansion à l’international (21 % de l’encours de crédit des banques marocaines portent sur des contreparties non-résidentes), plus particulièrement en Afrique Centrale. Cette forte exposition des banques marocaine à cette région constitue un canal de risques.
Le niveau de prêts non performants (NPL) est en constante hausse depuis 2018, et a atteint 8,5 % en 2021 selon la BAM (7,3 % en 2018), avec une hausse des créances en souffrance dans le secteur primaire (secteur agricole affecté par des mauvaises récoltes de céréales) et chez les ménages (dont l’endettement atteint 31 % du PIB). Cependant, selon le FMI le taux de provisionnement des NPL serait satisfaisant (70 %). Les banques marocaines bénéficient par ailleurs d’un bon niveau de capitalisation (CAR : 15,6 %).
• Perspectives à moyen terme
La croissance marocaine serait de +3,1 % en moyenne d’ici 2026 selon le FMI, une prévision supérieure à la croissance d’avant-crise (+2,6 %). La croissance serait portée principalement par les investissements privés (29
% du PIB), grâce aux activités du Fonds d’investissement Mohammed VI et de la stratégie Morocco Now, qui vise à profiter de la réorganisation des chaînes de valeur mondiale et de stimuler les IDE entrants. En revanche, la persistance de faiblesses structurelles, telles que le taux de chômage élevé ou la forte dépendance au secteur agricole en matière d'emploi, devraient peser sur la croissance de la consommation privée.
Le Plan d’accélération industrielle 2021-2025 visant à accélérer le développement d’une industrie performante à l’échelle nationale à travers le développement de la recherche et de l’innovation ou encore l’adoption de nouveaux modes de production devrait permettre de générer des emplois, accroitre la part de l’industrie dans le PIB et améliorer l’attractivité du pays pour les investissements étrangers.
2. FINANCES PUBLIQUES
• Un déficit public préoccupant
Réputé pour une gestion saine de ses finances publiques, le déficit public a néanmoins atteint -7,6 % du PIB en 2020 en raison du recul de l’activité et des mesures de soutien du gouvernement pour contrer les
effets de la pandémie. En 2021, il a atteint --6,4 % du PIB, soit un niveau toujours supérieur au niveau d’avant- crise (-3,8 % du PIB).
Le Budget 2022 prévoit un déficit budgétaire de -5,6 % du PIB, un niveau toujours nettement supérieur à celui d’avant-crise (-3,8 % du PIB), et ce malgré la réduction des dépenses liées au Covid-19. Au vu des montants records d’investissements publics (plus de 20 points de PIB), de la mise en place de la couverture sociale généralisée et de la probable hausse des subventions, le FMI table sur un déficit supérieur (-6,3 % du PIB). Le soutien du gouvernement demeure à ce stade crucial face aux fortes pressions inflationnistes. Le gouvernement a ainsi annoncé une hausse des subventions pour la farine de blé et le gaz butane, qui devraient atteindre 2,4 % du PIB en 2022, et qui s’ajouteraient aux différentes mesures de soutien sectoriels (tourisme, agriculture). Le gouvernement d’A.
Akhannouch devrait continuer à prioriser le soutien de la croissance dans les années à venir selon Fitch. Dans un contexte social dégradé, la consolidation des finances publiques n’interviendrait pas avant 2026.
• Vers une stabilisation de la dette publique Le Maroc a perdu son statut Investment Grade auprès des agences de notation pendant la crise du Covid-19.
L’endettement public a fortement progressé (+10 pts de PIB) pour atteindre 76,3 % du PIB en 2021. La dette publique devrait se stabiliser à hauteur de 77 % du PIB à moyen terme.
Libellée à 77 % en monnaie locale, à 75 % détenue par des résidents nationaux, et d’une maturité moyenne de 5,2 ans, la structure de la dette reste favorable à ce stade. Par ailleurs, les rendements souverains ont atteint leur niveau le plus bas en 2021, et malgré un léger redressement des taux, les spreads obligataires continuent de se réduire en 2022.
3. POSITION EXTÉRIEURE
• Fort creusement du déficit courant en 2022 Après avoir atteint -2,9 % du PIB en 2021, le déficit courant marocain devrait fortement se creuser en 2022, pour atteindre -6 % du PIB selon le FMI, le niveau le plus élevé depuis 2014. Si la bonne tenue des cours
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5mondiaux du phosphate (20 à 25 % des exportations du Maroc), les performances du secteur automobile (25 % des exportations) et une reprise des activités du tourisme devraient stimuler les exportations de biens et de services, la hausse des importations en lien avec la flambée des prix du pétrole compenserait cette dynamique et mènerait à une détérioration de la balance courante du Royaume.
• Hausse des IDE et des réserves de change Les flux d’IDE ont augmenté en 2021 (1,2 % du PIB contre 0,7 % en 2019). La présence sur le long-terme de grandes multinationales dans des secteurs stratégiques (automobile, aéronautique, phosphate, textile) a atténué la baisse des entrées d’IDE pendant la crise sanitaire. Le Plan d’Accélération Industrielle 2021-2025 devrait contribuer aux perspectives favorables pour les IDE dans les années à venir.
Les réserves de change ont augmenté en 2021 pour atteindre 7 mois d’importations de biens et services, un niveau confortable. Le dirham marocain (MAD) s’est déprécié face au USD (-5,3 %) et face à l’EUR (-1,7 %) en 2021. Cette tendance s’est confirmée début 2022 et devrait se poursuivre au S2 2022, dans un contexte de creusement du déficit courant.
• Endettement extérieur
Le ratio dette extérieure/PIB a doublé entre 2008 et 2021, passant de 23,2 % à 51,5 % du PIB. La dette de court-terme ne représente néanmoins qu’une faible part de la dette totale (7,3 % en 2020). La dette extérieure devrait augmenter en 2022 pour atteindre 53 % du PIB.
La majeure partie de la dette extérieure reste publique (plus des deux tiers) et près de la moitié de la dette est détenue par des institutions multilatérales.
4. ASPECTS POLITIQUES
• Contexte social qui se tend
En février 2022, plusieurs mouvements de protestations contre la hausse des prix des produits alimentaires et du carburant – exacerbée par la guerre en Ukraine - se sont tenus dans plusieurs grandes villes du Maroc. Les
3 Cette amélioration liée notamment à la réduction des taxes, un meilleur raccordement à l'électricité, la promotion du paiement électronique dans les ports, et la mise en place d’une plateforme en ligne facilitant le traitement des permis de construire.
4 Le Maroc connait en 2022 son pire épisode de sécheresse depuis 1981, avec des précipitations en baisse de 67 % par rapport à la normale. Pour y faire face la construction de 20 stations de dessalement d’eau a été annoncée d’ici 2030.
risques pour la stabilité sociale pourraient s’accentuer au cours des prochains mois selon Fitch, à mesure que les pressions inflationnistes s’accentuent.
Par ailleurs, la hausse du taux de chômage chez les jeunes accentue les risques d’instabilité sociale auxquels le Royaume fait face. Au T4 2021, le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans était de 31 % (13,1 % en 2011).
• Statut disputé du Sahara Occidental
Le conflit qui oppose depuis des décennies le gouvernement et le Front Polisario au sujet du statut de la région du Sahara occidental continue d'être une source de risque pour le Maroc. Le Royaume, en faveur de l’autonomie, rejette toute éventualité de référendum sur l’indépendance. 30 ans après la signature du cessez- le feu de 1991, le bombardement de la zone tampon de Guerguerat par le Front Polisario en novembre 2020 mena à trois mois de combats. Les tensions au niveau de la frontière devraient perdurer. En mars 2022, le gouvernement espagnol a apporté pour la première fois son soutien au projet marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole. Cette annonce a mis fin au différend entre Rabat et Madrid, qui prônait jusqu'ici la neutralité.
• Le climat des affaires s’améliore
Le Maroc s’est hissé à la 53ème position (sur 190 pays) au dernier classement Doing Business de la Banque mondiale, gagnant 7 places par rapport à 2019, et 40 places par rapport à 20123.
Les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale restent néanmoins peu favorables, notamment concernant la liberté d’expression et la corruption. Le pays occupe la 87ème position (sur 180) au classement 2021 du Corruption Perceptions Index, reculant ainsi de 8 places par rapport à 2019.
5. CLIMAT ET ENVIRONNEMENT
Classé 52ème au classement ND GAIN (sur 182), le Maroc présente une grande vulnérabilité face au changement climatique (stress hydrique4, risque d’érosion, hausse des températures). La Banque mondiale a approuvé en 2021 un financement de 100 Mns USD pour aider le Maroc à renforcer sa résilience et sa gestion des risques de catastrophe naturelle.
Les émissions de GES marocaines ont accéléré ces dernières années (+11,3 % des émissions par habitant de 2010 à 2019). Le pays s’est engagé, dans le cadre des Accords de Paris, à réduire ses émissions de GES de 42 % à l’horizon 2030. En février 2022, la Présidente de la Commission européenne a annoncé la mise en place d’un « partenariat vert » entre l’UE et le Maroc, afin
90 94 98 102 106 110
Evolution du dirham marocain MAD/EUR MAD/USD Panier de référence
Source : FMI, BAM, Refinitiv Base 100 (01/2015)
Dépréciation
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6de renforcer la coopération énergétique et lutter contre le réchauffement climatique. Par ailleurs, le Maroc a annoncé sa volonté d’atteindre 52 % d'énergies
renouvelables dans sa capacité totale de production d'électricité d’ici 2030 (36,8 % en 2020).
D
IRECTION DESE
TUDES,
DE L’E
VALUATION ET DE LAP
ROSPECTIVEBaptiste Thornary Responsable Pôle Conjoncture Macroéconomie Risque pays [email protected]
Economie Internationale et Risques Pays
Anne-Sophie Fèvre Afrique de l’Ouest, Afrique australe, CEI & Russie [email protected] Adriana Meyer Amérique Latine, Asie du Sud & Inde, Afrique de l’Est [email protected] Victor Lequillerier MENA, Turquie, Chine, ASEAN [email protected]
Global trends, Pays Développés, Conjoncture France
Sabrina El Kasmi Responsable /Global trends, Pays développés, pétrole [email protected] Laetitia Morin Macroéconomie France, Europe, conjoncture PME [email protected] Thomas Laboureau Macroéconomie France, conjoncture ETI [email protected]
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