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DIFFUSION GENERALE OCDE/GD(91)110

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DIFFUSION GENERALE

OCDE/GD(91)110

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Indicateurs du marché du travail pour la phase de transition:

suivi de l’évolution dans les pays d’Europe centrale et orientale

DU SUREMPLOI MASQUÉ VERS LE CHôMAGE DÉCLARÉ

ZDENEK KARPISEK 8 - 10 juillet, Rome

ORGANISATION DE COOPÉRATION ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES Paris 1991

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Le document ci-joint a été preparé par Zdenek Karpisek, Ministère Fédéral du Travail et des Affaires Sociales, République Fédérative Tchèque et Slovaque. Il sera examiné lors de la deuxième session :" Concept et mesure des sureffectifs".

Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et n’engagent la responsabilité ni de l’EUROSTAT, de l’ISTAT ou de l’OCDE.

Copyright EUROSTAT, ISTAT et OCDE, 1991.

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MINISTèRE FÉDÉRAL DU TRAVAIL ET DES AFFAIRES SOCIALES, RÉPUBLIQUE FÉDÉDALE TCHèQUE ET SLOVAQUE

DU SUREMPLOI MASQUÉ VERS LE CHôMAGE DÉCLARÉ par

Zdenek KARPISEK

{ (Exposé sur l’évaluation du taux de suremploi dans } {une économie planifiée centralement, sur la }

{liquidation de ce suremploi et la naissance du } {chômage lors de la transition vers une économie de } {marché, illustré par l’exemple de la }

{Tchécoslovaquie).}

1. Les pays de l’Europe centrale et orientale ont procédé, outre les changements au niveau politique, à des changements fondamentaux dans leur système économique : ils se sont lancés sur la voie allant d’une économie planifiée vers une économie de marché. C’est une voie qui n’a pas encore été vérifiée. Il n’existe pas encore de pays dans le monde qui ait fait

l’expérience de ce processus et qui puisse servir de référence. Chacun des anciens pays socialistes se lance dans ces changements tout en ayant une situation de départ différente des autres, des traditions différentes, des conditions politiques, sociales et économiques différentes. Ils ont pourtant une expérience commune, celle-ci étant que leur ancien système comparé à l’économie de marché n’est pas capable d’atteindre la même vitesse de

développement technique et économiqe, que la surestimation apparente du côté social dans le développement économique mène en fin de compte non seulement à un retard économique mais même à un retard au niveau social. La

Tchécoslovaquie en est justement un exemple. Avant et juste après la deuxième guerre mondiale, elle était proche des pays les plus développés en Europe et aujourd’hui elle est plutôt dans la moyenne.

2. Nous pensons qu’un échange d’expériences acquises lors de la transition vers une économie de marché est très utile et que sans doute la

Tchécoslovaquie peut, elle aussi, participer à l’étude de ce processus et de sa réalisation dans d’autres pays, bien que je sois conscient du fait que, par exemple, la Pologne ou la Hongrie ont, dans certains domaines, des expériences plus riches et de plus longue date.

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3. Mon intervention se limitera à exprimer certaines opinions concernant la notion de suremploi masqué, l’estimation (la quantification) du taux de ce suremploi dans l’ancien système planifié, et à la présentation des expériences tchécoslovaques avec la liquidation progressive de ce suremploi et la

naissance du chômage lors de la transition vers une économie de marché.

4. Permettez-moi de faire quelques remarques pour illustrer et mieux comprendre le taux et le caractère du suremploi en Tchécoslovaquie. Il s’agit de données qui caractérisent le suremploi en Tchécoslovaquie avant le début de la démocratisation de la société et avant la prise de décision de créer une économie de marché avec un marché du travail. (1)

5. En Tchécoslovaquie -- ainsi que dans les autres pays appelés

anciennement socialistes -- un taux d’exploitation élevé des ressources de travail était caractéristique. Le taux d’activité économique (vu ici comme le pourcentage de personnes d’âge productif ayant au moins un emploi et les

personnes d’âge post-productif ayant un emploi, par rapport au nombre total de la population) approchait la limite maximum et dépassait 48 pour cent. Dans la population d’âge productif, (2) seuls 2 pour cent n’avaient pas d’emploi et pour la plupart, il s’agissait de mères d’enfants en bas âge et de mères de famille nombreuse. De plus, 7 pour cent des salariés avaient un deuxième

emploi en plus de leur emploi principal. Le taux d’emploi des femmes était (et reste) très élevé, il dépasse 46 pour cent du total des salariés et ce sont pour la plupart des emplois à plein temps. Cela veut dire que le taux

d’activité économique était supérieur à celui des pays d’Europe occidentale de 5 à 8 points. Les pays scandinaves sont une exception : le taux d’activité économique de la population est aussi élevé, mais la part des femmes

travaillant à temps partiel y est bien plus grande. A cette époque, le chômage n’existait pas en Tchécoslovaquie. Le nombre normatif d’heures de travail par semaine place la Tchécoslovaquie parmi les pays développés, mais la longueur des congés payés était inférieure d’une à deux semaines à celle de la majorité des pays développés (sauf pour les Etats-Unis et le Japon). Le total d’heures de travail relativement élevé était déprécié par de grandes pertes directes dans l’exploitation du temps de travail. Ces pertes sont estimées de manière réaliste (même légèrement sous-estimées) à 15 pour cent dans l’industrie, 20 pour cent dans le bâtiment en raison d’insuffisances au niveau de la gestion, de l’organisation du travail et au niveau des rapports entre fournisseurs et clients et, en conséquence, une faible discipline des salariés et une insuffisance des services. La Tchécoslovaquie se classe parmi les pays ayant un niveau d’instruction et de culture relativement large comme, par exemple, la Suisse, le Canada, les Etats-Unis, etc. avec une scolarité moyenne de 11 ans. (3)

6. En général, on peut noter qu’une large part des salariés est issue de l’enseignement secondaire et que la part des diplômés d’écoles supérieures est relativement faible (9 pour cent). Mais 15 pour cent des ouvriers qualifiés et 9 pour cent des diplômés d’écoles supérieures n’utilisent pas la qualification pour laquelle ils ont été formés. Ce qui est grave, c’est le déséquilibre entre les ressources et les besoins structurels de qualifications

professionnelles : par exemple, dans la fabrication des machines outils, les constructeurs forment 6 pour cent des salariés alors que dans les pays les plus développés, ils représentent 20 pour cent.

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7. Un retard marqué se manifeste dans la structure de l’emploi par métiers et par secteurs. La part des effectifs dans les secteurs primaire et

secondaire est relativement élevée, par contre la part des effectifs du

secteur tertiaire est faible, 41-42 pour cent environ, alors que les pays les plus développés ont 12 à 25 points de plus. La structure des branches de l’industrie menait à une forte consommation de matières premières et

d’énergies et demandait de gros investissements -- la consommation spécifique de sources primaires d’énergie par unité du produit national brut était 2 à 3 fois plus élevée et celle de l’acier 4 fois plus élevée en Tchécoslovaquie que dans les pays occidentaux développés. Le retard technique s’est répercuté dans la qualité de nos produits. Par exemple, les prix au kilogramme de nos produits mécaniques sont, à l’exportation, un tiers de ceux des produits de la Communauté européenne. Le retard économique, en tant que conséquence de

l’ancien système, se reflète aussi dans un retard dans la reproduction de l’équipement de l’industrie. L’équipement industriel a atteint un niveau d’amortissement de 56 pour cent, près d’un quart des machines et équipements est entièrement amorti. Les machines étaient occupées par des ouvriers à

72 pour cent seulement, le taux de mise hors service d’équipements vétustes se trouvait autour de 1.4 pour cent du prix d’acquisition de ces équipements, la part de travail en deuxième poste était basse (le coefficient de postes par ouvrier était de 1.33 dans l’industrie).

8. En résumé, on peut dire que la Tchécoslovaquie est arrivée en 1989 à une situation de haute intensité de l’emploi mais avec une faible efficacité générale du travail et avec un niveau bas d’exploitation des autres facteurs de production -- les matières premières, l’énergie, les machines et les

équipements. De ce point de vue, la Tchécoslovaquie est arrivée à un stade de suremploi absolu élevé, accompagné d’une efficacité économique faible. A

partir de toute une série d’analyses comparatives internationales, on a conclu que l’efficacité générale du travail, exprimée par le niveau de productivité du travail national, atteignait en Tchécoslovaquie la moitié de l’efficacité de travail obtenue dans les pays les plus développés et que la tendance générale était décroissante.

9. C’est à ce stade qu’un changement fondamental de politique est

intervenu, ouvrant la voie à la création d’une économie de marché. Nous nous basons sur l’idée que seule la prospérité économique pourrait garantir un développement social, débloquer plus facilement les ressources intérieures et optimiser de manière naturelle tout le processus de production. Nous nous attendons à ce que le marché du travail aide la limitation d’un emploi

inefficace et inutile (le suremploi) et aboutisse à une mobilité géographique et professionnelle de la main-d’oeuvre plus rationnelle, qu’il favorise le développement de la créativité et l’esprit d’entreprise de la population.

10. Nous avons entamé la transformation vers une économie de marché qui se caractérise par la libéralisation des prix, la convertibilité intérieure de la couronne tchécoslovaque, la libéralisation des relations économiques

extérieures, la démonopolisation et la privatisation du secteur étatique.

L’une des tâches essentielles de la politique de l’emploi est justement la création progressive d’un marché du travail. Cela demande toute une série de changements dans le système institutionnel et juridique.

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11. Lorsque les anciens instruments de gestion centralisée planifiée ont été éliminés, une étape de libéralisation de l’emploi s’est déroulée. Depuis quelques années déjà, on avait abandonné la règlementation stricte des

effectifs et du mouvement de la main-d’oeuvre. On avait supprimé d’autres instruments de gestion administrative aussi, comme les autorisations de l’Etat exigées pour embaucher du personnel, les directives de placement des jeunes dans les différentes institutions de formation professionnelle, la

réglementation de la masse salariale en fonction de différents indices de production et de performance. L’année dernière, nous avons instauré rapidement des conditions juridiques et institutionnelles et des systèmes qui permettent la mise en oeuvre d’un marché du travail.

12. Un réseau de base de services à l’emploi a été édifié (en particulier, un réseau de bureaux de l’emploi). La politique de l’emploi en Tchécoslovaquie vise, entre autres, un plein emploi, productif et librement choisi. Le droit à l’emploi est interprété comme le droit des citoyens au placement dans un

emploi adéquat, à la formation de conversionx et à une assistance matérielle en cas de chômage. Mais, il s’agit évidemment d’un droit à un emploi utile. Nous cherchons à pratiquer une politique de l’emploi active qui se caractérise par un soutien aux entreprises efficaces, aux programmes de production et aux services qui ont de l’avenir, par la création d’emplois utiles à la société et par la conversion des salariés en fonction des changements structuraux. La croissance de la prospérité et la réalisation des changements structuraux mènent logiquement à limiter et à liquider les activités inutiles et à

débloquer beaucoup de salariés, or nous pouvons difficilement nous attendre à ce que ces salariés trouvent immédiatement un nouvel emploi adéquat. Cela veut dire que, progressivement, le suremploi masqué disparaitra et un chômage

déclaré se créera. Je reviendrai encore sur les caractéristiques de ces processus.

13. Une question se pose. Quel sens a-t-il de s’occuper des problèmes d’un suremploi masqué (ou emploi social) dans une période que nous avons déjà dépassée ? Quel sens a-t-il de définir ces notions et de les quantifier ? Je pense qu’il ne s’agit pas seulement d’un effort pour mieux connaître et comprendre le passé, mais que c’est un problème dont la mise au clair a un sens immédiat et pratique justement pour l’étape de transition vers une économie de marché.

14. Il est naturel qu’une société qui passe d’une économie dirigiste vers une économie de marché doit éliminer le suremploi masqué en peu de temps et que, dès la première étape, des réformes économiques dans les anciens pays socialistes, si elles tendent à créer un marché du travail fonctionnel, il y a limitation puis liquidation progressive du suremploi masqué et parallèlement création de chômage. Si l’on qualifie le taux de suremploi absolu passé, on quantifie en même temps le sous-emploi possible (mais non pas le taux de chômage).

15. Dans notre littérature, nous rencontrons différentes conceptions du suremploi. On parle de suremploi absolu et relatif. Le suremploi absolu signifie l’usage superflu des ressources humaines, temps de travail compris.

Le suremploi relatif signifie une consommation superflue du travail dans sa totalité, en conséquence du retard dans la productivité du travail,

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c’est-à-dire le taux de réserve en matière de productivité du travail. Dans cette catégorie, il y a des conceptions de largeurs variées, depuis la plus large, jusqu’à la plus étroite. En simplifié :

-- selon la conception large, le taux de suremploi relatif est

interprèté comme la différence entre le taux d’emploi existant et le taux d’emploi nécessaire à assurer le volume de production donné du PNB, dans les pays les plus développés. C’est donc la différence entre le niveau de productivité nationale réelle et le niveau mondial de pointe,

-- selon la conception étroite, le taux de suremploi relatif se caractérise par une quantité superflue de travail vivant pour un produit, ce qui est causé -- selon la conception étroite -- par un niveau de performance bas et -- selon la conception la plus

étroite -- par une exploitation insuffisante ou non-rationnelle des heures de travail.

16. Du point de vue des facteurs de productivité, la conception large représente le résultat de tous les facteurs de productivité (c’est-à-dire structure de la prodution, influences techniques et technologiques et facteur humain). La conception étroite représente seulement une conséquence de la consommation superflue du travail vivant.

17. Eliminer le suremploi défini par la conception large est une opération à long terme. Elle est liée à une mise à niveau progressive de la productivité du travail dans le pays, elle est liée aussi à des changements radicaux de

structures et à l’innovation technologique. Supprimer le suremploi défini par la conception étroite est une opération relativement à court terme, ou à moyen terme au maximum : élimination des pertes inutiles dans l’exploitation des ressources humaines, tout en conservant les structures actuelles et le niveau technique et technologique.

18. Des analyses récentes ont démontré que le retard pris par les anciens pays socialistes était causé par du retard et dans les entrées et dans les sorties. Mais l’essentiel c’était la "pauvreté" des sorties, c’est-à-dire des produits aux paramètres inférieurs, de qualité médiocre.

19. On peut déterminer le taux de suremploi par des méthodes diverses. Si l’on comprend le suremploi comme l’emploi excessif, superflu, on doit savoir quel taux de l’emploi (au total, à la structure) peut être considéré comme l’emploi optimal. Dans ce sens ci on peut utiliser surtout des comparaisons internationales au niveau macroéconomiques. Nous pensons qu’une des méthodes, qui sont dans ce sens ci justifiées, c’est une méthode de comparaison de l’étendue des entrées du travail dépensées aux sorties économiques d’un tel pays (et de leurs branches, régions et entreprises) avec le niveau acquis dans les pays incontestablement plus évolués).

20. Dans les années quatre-vingt, plusieurs études comparatives

internationales du niveau et du dynamisme de la productivité du travail ont été effectuées chez nous. Il est évident que les résultats de ces comparaisons -- surtout lorsqu’il s’agit de pays avec des systèmes socio-économiques

différents -- dépendent, dans une certaine mesure, de la méthode utilisée, de la manière d’exprimer le volume de production et la consommation de travail.

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21. Par exemple, le résultat de différents calculs, basés sur le volume du PNB exprimé en monnaies nationales, à des prix stables à l’aide de coefficients du pouvoir d’achat, menait à la conclusion -- que j’ai déjà mentionnée -- que la productivité du travail en Tchécoslovaquie représentait, au milieu des années 80, à peine la moitié de la productivité mondiale de pointe. (4)

22. Etant donné que le secteur de production en Tchécoslovaquie représente une part plus importante que dans les autres pays et que la semaine de travail est plus longue, les valeurs supérieures de la fourchette sont plus proches de la réalité.

23. D’autres études (5) mènent également à la conclusion que la productivité du travail en Tchécoslovaquie, à la fin des années 80 représentait 45-50 pour cent de la productivité aux Etats-Unis et 55-65 pour cent maximum de la

productivité atteinte dans les pays développés d’Europe. Des études visant le début des années 80 arrivaient à des résultats semblables. Selon elles, la productivité du travail aux Etats-Unis était, en gros, 2 à 2.5 fois supérieure à la notre, donc son niveau en Tchécoslovaquie approchait plutôt 40 pour cent de celui des Etats-Unis. Une analyse effectuée selon différents groupes de facteurs donnait les résultats suivants :

-- un tiers de ce retard (c’est-à-dire 16-20 pour cent du niveau absolu) découle d’une structure de production peu efficace, c’est-à-dire d’une faible part de métiers se trouvant au niveau mondial de pointe et d’une forte part, au contraire, de métiers en récession de manière générale, métiers qui, pour la plupart, étaient les plus exigeants au niveau technique. C’est ce qu’on appelle défaut de structure de

l’économie tchécoslovaque,

-- un cinquième de ce retard (c’est-à-dire 10-12 pour cent du niveau absolu) découle du retard pris dans le domaine des paramètres d’usage des produits tchécoslovaques au sens large, c’est-à-dire du niveau insuffisant des paramètres techniques, de la qualité, fiabilité, longueur de vie, du service après-vente. C’est ce qu’on appelle défaut d’innovation,

-- moins de la moitié de ce retard (c’est-à-dire 25-30 pour cent du niveau absolu) découle d’une consommation plus élevée de facteurs de production (ressources humaines, énergie, matières première etc.) à l’unité du PNB. Ce dont deux tiers, près de 15-20 pour cent du niveau absolu, découlent d’une consommation plus élevée de ressources

humaines (de travail vivant).

24. En réalité, les différents facteurs n’entrent pas dans le jeu de manière isolée. L’impact des uns conditionne l’impact des autres. D’autre part, ils ne disent rien des véritables causes du niveau économique réel. Nous trouvons que ce niveau éonomique est causé surtout par les possibilités limitées d’un

système dirigiste et par la motivation insuffisante des individus et des entreprises à viser une grande prospérité.

25. Cette comparaison confirme les réflexions concernant une consommation des facteurs de productions trop élevée, y compris la consommation de

ressources humaines, mais elle montre en même temps les principaux facteurs du

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retard économique, c’est-à-dire la structure de production et le niveau

inférieur des paramètres d’usage des produits. D’après la conception large, ce taux est égal à 50 pour cent, au moins, de l’emploi total en Tchécoslovaquie.

Selon la conception étroite, ce taux peut être estimé à 15-20 pour cent, au moins, de l’emploi total.

26. Nous appelons donc suremploi relatif la part de travail consommé inutilement. Il se caractérise par une insuffisance de la productivité du travail au niveau national et, selon la conception étroite, par des

performances moindres, des pertes dans l’exploitation des heures de travail et une intensité du travail moindre. C’est la conséquence du fait que la pression économique exercée sur l’individu et sur l’entreprise est insuffisant. C’est le résultat d’une approche faussement trop sociale (et anti-sociale de par ses retombées) envers l’emploi, où l’on favorise le principe du plein emploi aux dépens de son efficacité. Le suremploi relatif est conditionné par l’existence du suremploi absolu que je vais mentionner plus loin.

27. Les conséquences de ce suremploi relatif évident sont économiques d’une part (inefficacité causée par une trop forte consommation de travail, d’heures de travail) et morales d’autre part (une morale de travail relâchée, les

salariés s’habituant à ne pas mettre à profit tout le temps de travail ou bien à l’utiliser à des fins extra-professionnelles).

28. Le suremploi relatif (même au sens étroit) ne peut sans doute pas être éliminé immédiatement, dès le début d’une orientation vers l’économie de marché (déjà parce qu’il n’est pas possible de changer vite des habitudes de longue durée), mais progressivement, à l’échelle d’une période à moyen terme.

29. Les statistiques tchécoslovaques suivent la mise à profit du temps de travail par les ouvriers et le taux d’absences par catégories (absence à cause d’une maladie ou d’un accident, congé autorisé par l’entreprise, absence

non-excusée, etc.) ; elles suivent également le taux d’exploitation de ce que l’on appelle le temps de travail total utilisable. Une étude qualifiée, basée sur les résultats comparés des années passées, estime que ce taux

d’exploitation peut être augmenté de 1 pour cent environ.

30. De bien plus grandes réserves existent dans l’exploitation du temps de travail pendant la journée. Mais les statistiques ne suivent ni ce taux

d’exploitation, ni les causes des pertes de temps. Les informations à ce sujet sont acquises à l’aide de différentes recherches, enquêtes, analyses d’une journée de travail, etc. Une enquête faite auprès de cadres dirigeants

d’entreprises dans la deuxième moitié des années 80 nous mène à constater que les pertes de temps pendant la journée de travail étaient, dans l’industrie, de 15 pour cent en moyenne et, dans le bâtiment, de 20 pour cent. Il faut noter, que les réponses des cadres étaient souvent assez optimistes et qu’il se peut que les pertes aient été plus grandes. Or, le taux de pertes varie par branches d’activité, par métiers et par types de production. Les pertes les plus fortes (dans l’industrie) sont notées dans l’industrie de carburant et des énergies (près de 20 pour cent), les moins fortes dans l’industrie du bois et dans l’agro-alimentaire (10 à 12 pour cent). Les pertes sont plus fortes dans les ateliers auxiliaires (21 pour cent) que dans la production de base (13 pour cent). Par type de productions (selon les études faites par les personnes qui fixent les normes dans les entreprises) les pertes xles plus importantes étaient constatées dans la fabrication de produits individualisés (19.4 pour cent),

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elles étaient moins importantes dans la fabrication en petites et moyennes séries (10.6 pour cent) et les moins importantes étaient remarquées dans la fabrication massive et en grandes séries (6.6 pour cent).

31. Différents facteurs intérieurs et extérieurs ont un impact sur l’exploitation du temps de travail. La part déterminante de ces pertes est causée par des facteurs internes à l’entreprise (60 pour cent environ), il s’agit surtout du niveau et de l’organisation de la production, de la gestion, de la discipline du personnel, ensuite ce sont souvent des pertes causées par un écoulement insuffisant de la production. Pour ce qui est des causes

extérieures à l’entreprise, la plus importante c’est les défauts

d’approvisionnement matériel et technique de l’entreprise, en particulier, les pannes d’approvisionnement en électricité. Différentes recherches démontrent, que ces pertes ne peuvent pas être éliminées dans leur totalité. Nous

considérons qu’elles peuvent être supprimées de moitié (c’est-à-dire, près de 7 pour cent dans l’industrie, 10 pour cent dans le bâtiment) à condition, bien sûr, que les rapports fournisseur-client, la discipline, la gestion,

l’organisation du travail et les services s’améliorent. Si nous interprètons donc le taux de suremploi relatif (conception étroite) comme la part de consommation de travail inutile et superflue, pouvant être éliminée sans diminuer la production, ce taux peut être estimé, dans les conditions tchécoslovaques, à 7-10 pour cent au minimum.

32. Nous pouvons considérer comme suremploi (à ce niveau, il est difficile de définir s’il s’agit de suremploi relatif), par exemple, toutes les activités qui s’avèrent inutiles dans une économie de marché fonctionnelle. Il s’agit d’activités comme, par exemple, un appareil administratif excessif, des appareils de partis politiques, d’organisations syndicales et d’associations démesurés et en particulier, les effectifs gigantesques des sociétés monopoles artificiellement amalgamées. Nous constatons que ce sont justement ces

activités qui sont liquidées relativement vite, dès la première étape de transition vers une économie de marché.

33. Outre le terme de "suremploi relatif", nous utilisons aussi le terme de

"suremploi absolu". Ce dernier signifie une exploitation superflue de ressources humaines et un volume d’heures de travail excessif. Il s’agit surtout :

-- d’une activité économique relativement forte parmi les personnes d’âge post-productif,

-- d’un pourcentage relativement élevé de l’emploi des femmes à plein temps,

-- d’un volume annuel d’heures de travail relativement grand.

34. Les causes du suremploi absolu sont semblables à celles du suremploi relatif : une faible pression économique qui mènerait à de l’efficacité dans un système dirigiste, une fausse approche de l’emploi, exagérément sociale qui, vue la faible efficacité de la production, apparaît de l’extérieur comme un manque de main-d’oeuvre car pratiquement tous les citoyens aptes au travail ont déjà un emploi. Dans une situation de main-d’oeuvre à bon marché, la population cherche aussi à assurer les revenus de famille à l’aide de l’emploi maximal.

35. Les retombées ont un caractère économique et social. Outre la faible efficacité, il en découle un espace limité pour la mobilité de la

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main-d’oeuvre, donc pour la restructuration (car nous n’avons pas à notre disposition une réserve de main-d’oeuvre pour pouvoir développer de nouveaux secteurs, métiers, professions, nous manquons d’espace pour accroître les compétences des adultes et pour les convertir à de nouveaux métiers).

36. Les retombées sociales se manifestent, en particulier, par le phénomène des femmes surchargées qui doivent s’occuper de leur famille, en plus d’un emploi à plein temps. En Tchécoslovaquie, 24 pour cent des personnes à l’âge post-productif avaient un emploi. Comparé aux pays développés, ce pourcentage aurait dû être inférieur à 20 pour cent. Le temps de travail annuel d’un salarié est supérieur à 15 pour cent à celui d’un salarié en pays hautement développé. Le taux d’emploi des femmes augmente dans les pays développés. La Tchécoslovaquie atteint dans ce domaine un niveau que les pays développés considèrent comme convenable, mais seuls 6 pour cent des femmes, chez nous, travaillent à temps partiel. Dans le monde, cela représente d’habitude

30-50 pour cent. Le taux de suremploi absolu engendré par ces facteurs revient à 15-20 pour cent.

37. Il semble que l’on pourrait approcher le suremploi absolu d’un autre point de vue aussi, sans que ces approches s’excluent l’une l’autre et sans que l’on puisse additionner les taux fixés par les unes et les autres. Le suremploi absolu peut être analysé du point de vue de la structure de l’économie

nationale par secteur. (6)

38. Nous pouvons prendre comme base de réflexion, une étude comparative de la structure par secteurs de l’économie tchécoslovaque et de l’économie

d’autres pays avec un niveau de PNB par habitant à peu près identique. L’idée étant, "combien de travailleurs d’un secteur peuvent faire vivre

1 000 habitants d’un pays ?". Toute comparaison de ce genre pose des problèmes comme, par exemple, une estimation juste du niveau de PNB par habitant, la manière de recenser les effectifs dans différents secteurs qui varie d’un pays à l’autre (là, le problème principal est que certains pays occidentaux comptent les services dans la production comme faisant partie du secteur tertiaire

tandis que chez nous, ces activités font partie de l’emploi dans le secteur de production en question).

39. Nous avons comparé la Tchécoslovaquie en 1988 avec l’Autriche en 1980 et la Belgique en 1975 où, selon des calculs sommaires, le PNB par habitant était pratiquement égal. D’après cette comparaison, le suremploi total (suremploi absolu) en Tchécoslovaque est de l’ordre de 22 pour cent. Mais, il s’agit là de suremploi au sens large, car il comprend non seulement l’impact d’une

consommation supérieure de facteurs de production à l’unité, travail compris, mais aussi l’impact structurel et technique. Mais la comparaison n’est pas faite par rapport au niveau mondial de pointe, elle se réfère à deux pays à une période où ils avaient atteint à peu près le même niveau économique que la Tchécoslovaique en 1988. Il est intéressant d’observer le suremploi par

secteurs : dans l’agriculture, il est de 40 pour cent ; dans l’industrie, de 46 pour cent ; dans le bâtiment, de 25 pour cent et au contraire, dans le commerce, il manque 22-28 pour cent ; dans les services financiers, 38-46 pour cent. Nous avons montré quelques méthodes, par lesquelles on peut apprécier le taux de suremploi. C’est surtout la comparaison internationale, quand le niveau différent de la productivité de travail témoigne un taux de suremploi complet d’un pays moins évolué et quand l’analyse des facteurs de la productivité du travail indique quels sont les centres de stock du travail excessif. La

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comparaison internationale de la structure de l’emploi dans les branches faîte dans les pays avec un même niveau économique approximatif permet, à la base d’un taux de l’activité économique différente, d’apprécier le taux de

suremploi, et la comparaison des parts des branches particulières par l’emploi global indique ces branches, dans lesquelles l’existence de l’emploi est

évidente. Mais nous avons montré aussi les autres méthodes, à l’aide de la statistique du travail, surtout de la statistique de l’exploitation, du temps de travail dont on peut voir les quelques pertes du temps de travail superflues et inutiles, dont leur antipôle est en effet le suremploi. Des autres méthodes ont pour base les autres données ; par exemple l’appréciation de l’emploi

superflu et de la consommation du travail superflue faite par des experts de la gestion ; les méthodes de l’établissement des normes de travail et de la

rationalisation de travail -- par exemple l’enregistrement du jour ouvrier montrant les pertes du temps de travail inutiles ou un travail inutile. En général on peut dire que le taux de suremploi (dans sa conception relative) est donné par le taux des réserves de la productivité du travail ; mais si nous pensons le suremploi dans sa conception étroite, ainsi le taux de ces réserves est lié au rendement bas du travailleur, à non-exploitation du temps de

travail, à non-exploitation du facteur humain.

40. Il y a encore d’autres méthodes qui peuvent éventuellement être l’objet de discussion. Dans les périodes différentes et dans les branches différentes il arrive des situations telles que, par exemple, le volume de la production, des services diminue mais l’emploi stagne ou au moins ne baisse pas

proportionellement donc, que la productivité de travail diminue ; c’est-à-dire l’abaissement de l’emploi s’attarde au point de vue temporel à l’abaissement de la production et l’étendue de l’emploi superflu, non-efficace, s’agrandit.

Telle est la situation actuelle de quelques pays de l’Europe Centrale et Orientale, où, à la suite de la politique restrictive et à la suite de la désintégration du marché dans quelques-uns de ces pays arrive un rapide abaissement du débit de la production, qui ne sont pas suivie par un abaissement proportionel de l’emploi.

41. On peut faire l’appréciation de suremploi aussi à la base de la

classification des activités diverses, dont quelques-une peuvent être désignées comme superflues et inutiles. En effet, ces activités, comme par exemple

l’hypertrophie de l’appareil administratif, les postes de gestion inutile et d’autres, sont limitées tout d’abord à l’étape de la transition vers une économie de marché. On peut trier les travailleurs aussi à la base de leur rendement propre. Par exemple on peut trier une catégorie de gens dont

l’activité de travail minimale émane d’une motivation, d’un intérêt et d’une discipline insuffisantes ; également ces travailleurs constituent un stock de travailleurs excessifs, diminuant l’efficacité économique de l’ensemble.

42. A présent, je reviens à une brève caractéristique du processus de liquidation progressive du suremploi et de l’apparition et de l’accroissement progressif du chômage vue sur l’exemple de la Tchécoslovaquie. Un an et demi s’est écoulé depuis la révolution en novembre 1989. Comme il a été dit au début, des conditions institutionnelles et juridiques permettant l’existence d’un marché du travail sont en train d’être mises en place. L’année 1990 était une année de préparation, l’année 1991 est déjà une année de lancement de la transition vers une économie de marché.

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43. Dans l’emploi, il y eu avant tout une diminution du suremploi, au début, pour des raisons politiques -- le personnel de l’ancien appareil du Parti

Communiste a été congédié, l’appareil des syndicats et de nombreuses

associations a été réduit d’un tiers, les chaires de marxisme-léninisme ont été supprimées dans les écoles supérieures. Par exemple, de nombreux employés de différentes directions générales d’entreprises ont été congédiés en

raison de l’émancipation des usines et succursales qui faisaient partie de ces entreprises, d’autres personnes ont été libérées en raison de la réorganisation des organismes centraux de l’administration d’Etat et de la liquidation des administrations régionales.

44. Au niveau de la structure de production, il y eut une baisse importante de l’emploi dans les secteurs de base -- dans l’industrie, le bâtiment,

l’agriculture, baisse de plus de 10 pour cent en moyenne. Progressivement, les programmes gouvernementaux visant à réduire certains secteurs ont été mis en place (par exemple, l’extraction et le traitement du minerai d’uranium ont été limités ainsi que l’industrie de l’armement ; l’extraction du pétrole a été réduite).

45. Selon les statistiques, le taux d’emploi des personnes à l’âge

post-productif a diminué. Si en 1989, près de 24 pour cent de ces personnes avaient un emploi, actuellement ce taux est tombé à 18 pour cent (7) et

d’autres mesures sont encore en préparation, pour limiter l’activité économique excessive de ces personnes. 76 pour cent des entreprises questionnées lors d’une enquête sur l’évolution de l’emploi à l’avenir ont répondu qu’en cas de réorganisation ou de rxestructuration, elles débloqueraient, en premier lieu, les personnes retraitées qu’elles emploient. J’aimerais remarquer à ce niveau, que cela concerne surtout les personnes retraitées qui perçoivent (ou qui percevaient) en dehors de leur salaire, une pension et qui ont un contrat de travail à durée déterminée (un an en général) et que souvent, ces contrats ne sont pas renouvelés.

46. Le nombre de femmes au foyer a augmenté car elles peuvent profiter

désormais d’une nouvelle loi qui fixe la durée du versement des indemnités pour parents d’enfants en bas-âge, jusqu’à l’âge de 3 ans pour chaque enfant. Mais pour l’instant, la part de femmes travaillant à temps partiel reste faible, ce qui s’explique par le fait qu’elles ne veulent pas réduire le revenu familial alors que le coût de la vie augmente.

47. Nous pouvons donc constater que le suremploi absolu a déjà diminué de manière relativement forte, que ce soit du point de vue des ressources de la main-d’oeuvre, de la structure de production ou de la limitation des activités inutiles. Nous ne pouvons pas dire que le suremploi absolu ait été éliminé dans sa totalité et nous n’observons pas non plus une diminution visible du

suremploi relatif. Au contraire, dans un premier temps, il y a plutôt baisse de productivité, donc en fait, accroissement du suremploi relatif. Une pression économique assez forte ne s’est pas encore fait sentir, pour provoquer une croissance de productivité. Il semblerait que, seule la liquidation du suremploi absolu peut engendrer la liquidation du suremploi relatif.

48. Pourtant, le chômage est apparu et c’est un phénomène entièrement

nouveau dans la société tchécoslovaque. Si en 1989, le chômage était encore une notion inconnue, il atteignait, au 30 avril 1991, un taux de 2.8 pour cent, c’est-à-dire que l’on avait enregistré 223 000 demandeurs d’emploi. Pour

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l’instant, faute d’autres données fiables, le taux de chômage est exprimé par le pourcentage de demandeurs d’emploi par rapport au nombre total de salariés (avec au moins un emploi) dans l’économie nationale, y compris les femmes en congé de maternité (et en congé de maternité prolongé), plus le nombre des sans emploi. On considère comme demandeur d’emploi, le citoyen qui n’est pas salarié ou qui n’exerce aucune activité lucrative et qui a déposé une demande de

placement au bureau de l’emploi correspondant. Donc, les personnes qui,

éventuellement, n’ont pas d’emploi mais qui ne demandent pas à être placées par un bureau de l’emploi, ne sont pas, pour l’instant, tenues comme chômeurs en Tchécoslovaquie. Dans un premier temps, les personnes les plus touchées par le chômage étaient les travailleurs intellectuels : s’ils représentent 31 pour cent du total de l’emploi, dans la deuxième moitié de 1990, ils représentaient plus de 50 pour cent du total des chômeurs. Le chômage touche plus fortement les jeunes, les personnes sans qualification et plus les femmes que les hommes.

Le taux de chômage augmente chaque mois et il s’accroît d’Ouest en Est du pays (le taux est le plus élevé en Slovaquie de l’Est).

49. Je pense que l’objectif de cette intervention n’est pas d’analyser le chômage. Je veux souligner seulement qu’en un laps de temps, relativement cours, des changements importants se sont déroulés dans la société et dans l’économie tchécoslovaque, qu’un processus de liquidation progressive du suremploi absolu, au sens étroit, est en cours. Par contre, nous n’avons pas encore constaté de baisse dans le domaine du suremploi relatif, la productivité a plutôt tendance à baisser. En même temps, le chômage est apparu en tant que phénomène nouveau ; il est en croissance régulière et relativement rapide. Le chômage est lié, dans une certaine mesure, à la liquidation du suremploi (les personnes qui occupaient des emplois inutiles et qui les ont perdus, ne

trouvent pas toujours tout de suite un nouvel emploi), c’est aussi un phénomène concomitant de la politique de restriction anti-inflationniste. Il est lié également à des facteurs exceptionnels comme la chute de l’écoulement des produits sur les marchés extérieurs, en particulier le marché des anciens pays de l’Est et de l’URSS, mais ce n’est pas encore une conséquence de la

liquidation du suremploi relatif, ni de restructurations importantes, ni d’un renforcement de pressions économiques menant à augmenter la productivité du travail.

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Notes

1. C’est-à-dire, en fait, des données de 1989.

2. Si l’on ne compte pas les femmes en congé de maternité, les jeunes en formation et les personnes inaptes au travail.

3. Voir Revue Internationale du Travail, n 5/1986.

4. La productivité du travail en Tchécoslovaquie comparée aux pays développés (Tchécoslovaquie = 100)

• Autriche• 130 - 180

• Belgique• 160 - 230

• Danemark• 130 - 180

• Pays-Bas• 170 - 240

• Suède• 160 - 220

• Suisse• 160 - 230

• Allemagne• 160 - 220

• Japon• 120 - 160

• Etats-Unis• 180 - 260

5. Ex. étude de l’Institut de Prognostique de l’Académie Tchécoslovaque des Sciences, ou l’étude de M. Pick : "La politique du plein emploi, dans une réforme orientée vers l’économie de marché" (Politická ekonomie, n 4/1990), ou l’étude de M. Pick et de son équipe : "La productivité du travail dans différents secteurs de production tchécoslovaque exprimée par rapport au niveau mondial".

6. Voir Mme Nesporová -- "Le problème du suremploi dans l’économie tchécoslovaque et les sources de croissance de la productivité du travail".

L’emploi par secteur pour 1 000 habitants

•••Tchécoslovaquie• Autriche••Belgique

••• 1988• 1980•• 1975

Agriculture, sylviculture 60••43•• 15 Industrie•• 190• 128•• 131

Bâtiment•• 44••36•• 33

Transport, télécommunicat. 32••25•• 29 Commerce•• 55••69•• 76

Service financier,

service à la production 13••21•• 24 Autres services•• 105••85•• 101

••• ---• ---•• --- Total••• 499• 407•• 409

7. Au moment où je préparais cette intervention, ce n’était qu’une estimation approximative.

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