A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
G. K OENIGS
Note sur les courbes dont les tangentes font partie d’un complexe linéaire
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 1, no2 (1887), p. E9-E12
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DONT
LES TANGENTES FONT PARTIE D’UN COMPLEXE
LINÉAIRE,
PAR M. G.
KOENIGS,
Dans un Mémoire inséré au Tome XI de la deuxième série des Annales de
l’École Normale supérieure, j’ai
défini des courbesayant
ce quej’ai appelé
un axeanharmonique,
c’est-à-dire tellesqu’il
existe une droite .jouissant
de lapropriété
suivante : Lespoints
où cette droite est rencontréepar les
quatre plans
osculateurs à la courbeconsidérée,
enquatre points quelconques A, B, C, D,
ont le mêmerapport anharmonique
que lesplans
menés par cette droite et ces
quatre
mêmespoints A, B, C,
D. ’.J’ai aussi introduit la notion des surfaces dont les
lignes asymptotiques
d’une même
série
ont un même axeanharmonique.
Unpeu
avant lapubli-
cation
de montravail,
M.Sophus
Lie avaitpublié
une Note duplus
hautintérêt sur les surfaces dont les
lignes asymptotiques
d’unesérie
appar-tiennent,
par leurstangentes,
à uncomplexe
linéaire. Il me suffira dequelques lignes
pour montrer comment les courbes à axeanharmonique
etles surfaces dont elles sont les
asymptotiques
se rattachent aux résultats de,
NI.
Sophus
Lie. Tel estl’objet
de cette courte Note.Je remarque d’abord ceci. Soient M un
point
d’unecourbe 0393 ayant
un. axe
anharmonique E,
P lepoint
où leplan osculateur
en M coupe cet axe,et
appelons
(X leplan qui
contientl’axe E et
lepoint
M. Parhypothèse,
lecouple (a, P),
formé de ceplan
et dupoint P,
constitue un élément d’unecorrespondance homographique déterminée,
quel’on
suppose exister sur la droiteE,
entre lespoints
de cette droite et lesplans qui
la contiennent.Or une congruence linéaire
singulière,
c’est-à-dire dont les deux direc- trices coïncident avec une droiteunique E,
estcaractérisée, définie, de
lafaçon suivante :
..E.I0
Pour
qu’une
droite G fassepartie
d’une telle congruence, il faut :i"
Qu’elle
coupe la directrice doubleE ;
.2°
Que,
si l’onappelle
P lepoint
derencontre
et a leplan
commun àces deux
droites,
lesystème point
etplan (P, a)
constitue un élément d’unecorrespondance homographique
déterminée existant entre lespoints
de ladroite E
et lesplans
menés par cette droite. ’ On voit doncqu’une
congruencesingulière
est définie :10 Par sa
directrice E ;
- .2° Par une
correspondance homographique
H existant entre lespoints
de E
et lesplans
menés par cette droite.Ceci
posé,
reprenons les notationsprécédentes.
Sur l’axe
anharmonique E,
nous avons unehomographie
H del’espèce
ci-dessus
mentionnée,
àsavoir,
cellequi
lie toutplan
«(mené par E
et parun
point
NI de la courbeIl)
aupoint
P(trace sur E du plan
osculateur aupoint 11~r).
Une congruence linéairesingulière (E, H)
est doncdéfinie,
comme il a été
dit, par
cet axe E et cettehomographie
H existant sur cetaxe. Il est clair que la droite MP
appartient
à cette congruence, et la sur-face
réglée 1 engendrée
par MP est contenue dès lors dans cette congruence.La courbe F est évidemment contenue par la
surface 2;
deplus,
leplan
tangent
en ~I à lasurface 2
n’est autre que leplan
mené par et la tan-gente à la courbe
Il,
c’est-à-dire leplan
osculateur de la courber.
Donc : : La courber
cst unclignc asymptotique
sur lasur face 03A3.
J’invoquerai
maintenantla proposition
suivantequi
est bien connue : :Soient
0396
et0396’
deux droites et 03A3 unesurface réglée
dont toutesles
(lroites rencontrent J ct
0396’,
c’est-à-dire dont toutes les droites fontpartie
de la congruence linéaire
qui
admetE, E’
pourdirectrices,
lesligncs asymptotiques
nonrectilignes
de lasurface 03A3 appartiennent,
par leurs’laiigenles,
chacune à uncomplexe
linéaire danslcqucl
lcs droites~
etE’
sont deux droitesconjuguées,
etqui,
parconséquent,
contient la con-gruence (0396, 0396’).
Lorsque
lesdroites 3
etE’
coïncident en une seuleE,
tous lescomplexes
linéaires, qui
contiennent la congruence linéairesingulière (E, H)
corres-pondante,
contiennent la droiteE,
etle
théorèmeprécédent prend alors
l’énoncé que voici : :
Lorsque
lcs droites d’unesurface réglée
2ifont partie
d’une con-F
~
appartiennent,
par leurstangentes,
chacune à l’un descomplexes
li-néaires contenant la congruence, et la
directrice
double0396
est une droitecommune à tous ces
complexes
linéaires. ’ "En nous
reportant
alors à laproposition établie plus
haut relativement à la courber,
nous voyons que,puisque r
est uneligne asymptotique
sur lasurface 1 et
puisque
lasurface 2 appartient 1
une congruencesingulière
d’axe
3,
lestangentes
de la courbe r fontpartie
d’uncomplexe
linéairequi
contient aussi l’axe
E.
’Lors donc
qu’une
courbeT
admettra un axeanharmonique ~,
ses tan-g entes feront parüe
d’uncomplexe linéaire, qui contiendra
aussi l’axe~~.
.’
Réciproquement,
soit une courber dont-les tangentes font partie
d’uncomplexe linéaire,
et soit ~ une droite de cecomplexe; je
dis que ~ estun axe
anharmonique
de la courber.
’En
effet, lorsque
lestangentes
d’unecourbe r
fontpartie
d’uncomplexe linéaire,
leplan
focal d’unpoint
M de la courbe estprécisément
leplan
osculateur en ce
point.
Celaétant, appelons
P lepoint
où leplan
osculateuren M vient couper la droite
E;
la droite MP faitpartie
ducomplexe, puisqu’elle
est dans leplan
osculateur etqu’elle
passe par lepoint M, foyer
de ce
plan. Maintenant, appelons
a leplan
menépar E
et par la droite PM( ou
par lepoint ~1’I ~ ;
nous connaissons deux droites ducomplexe
situéesdans ce
plan, E
et donc leurpoint
commun P est lefoyer
duplan
a;il en résulte que le
point
P et leplan
a constituent un élément(P, a)
del’homographie H, qui
existe sur la droite E entre lespoints
de cette droiteet les
plans
focaux de cespoints, plans qui passent
par ladroite, puisqu’elle appartient
aucomplexe.
Cela démontre donc bien que E est un axe anhar-monique
de la courber.
_ .. Le
problème
des courbes à axeanharmonique
est donc entièrement ré- solu1 ’ )
et renduidentique
à celui de ladétermination_
des courbesqui
fontpartie,
par leurstangentes,
d’uncomplexe
linéaire.On
voit en mêmetemps
que la recherche dessurfaces,
dont lesli nes asymptotiques
d’une sérieappartiennent,
par leurstangentes,
chacune à un( ~ ~ Dans mon travail précité, j’ai donné l’équation finie de ces courbes, mais sans chercher
à en donner une interprétation géométrique.
~
’
E.I2
complexe linéaire, problème
traité par M.Lie, comprend
celui de la recherchedes surfaces dont les
lignes asymptotiques
d’une série ont un même axe an-harmonique.
Il suffit de supposer
que y
dans leproblème
traité par M.Lie,
les com-plexes linéaires,
dont fontpartie
lestangentes
auxlignes asymptotiques,
aient une droite commune
qui
sera, dèslors,
l’axeanharmonique
communà toutes ces courbes.
’
Comme une série de
complexes
linéairespeuvent
avoir en commun une,deux,
trois ou mêmequatre droites,
on en conclutqu’il y
a des surfacesdont les
lignes asymptotiques
d’une série ont en commun un,deux,
trois ouquatre
axesanharmoniques.
Dans le cas, où il existe trois axes
anharmoniques,
il en existera une infi-nité d’autres formant un
hyperboloïde.
Dans le cas où il y en auraquatre,
non situés sur une même surface du second
degré,
il y en aura une double infinité d’autres formant une congruence linéaire.Mais,
dans ce cas, la sur- face seraengendrée
par des droites de cette congruence, etnous
retrouvonsainsi là