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MASTER 1 - M´etiers de L’Enseignement en Math´ematiques La Mi-Voix - ULCO ANALYSE 2

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Texte intégral

(1)

MASTER 1 - M´etiers de L’Enseignement en Math´ematiques La Mi-Voix - ULCO ANALYSE 2 Novembre 2010 - Contrˆole Continu, Semestre 1

Dur´ee de l’´epreuve : 3h00 Documents autoris´es : calculatrice

(Les quatre exercices sont ind´ependants. Un soin tout particulier sera apport´e `a la r´edaction des r´eponses)

Exercice 1 Equation fonctionnelle de Cauchy´ (6 points)

On d´esigne par f une fonction monotone v´erifiant l’´equation fonctionnelle de Cauchy :

∀(x, y)∈R2, f(x+y) =f(x) +f(y). (1) 1. Montrer que∀a∈R,∀r∈Q,

f(ra) =rf(a). (2)

(On montrera successivement que f(0) = 0, que f est impaire, que (2) est vraie pour r ∈ N, puis que (2) est vraie pour tout nombre rationnel positif avant de conclure.)

2. Montrer qu’il existe un r´eelλtel quef(x) =λxpour tout r´eelx.

3. Montrer que l’identit´e est l’unique fonction non identiquement nulle f :R→Rtelle que f(x+y) =f(x) +f(y) et f(xy) =f(x)f(y) pour tous r´eelsx,y.

Correction :

1. 0,5pt En prenant (x, y) = (0,0) dans (1), on obtientf(0) = 2f(0), ce qui ´equivaut `a f(0) = 0.

0,5pt En prenant (x, y) = (x,−x) dans (1), on obtientf(x)+f(−x) = 0. On a doncf(−x) =−f(x) pour toutx∈R, c’est-`a-dire que la fonction f est impaire.

1pt De (1) on d´eduit par r´ecurrence que pour touta∈R, on a :

∀n∈N,f(na) =nf(a).

En effet, le r´esultat est vrai pourn= 0 et le supposant vrai pour n≥0, on a : f((n+ 1)a) =f(na) +f(a) =nf(a) +f(a) = (n+ 1)f(a), il est donc vrai pour toutn∈N.

1pt En ´ecrivant que, pour tout n ∈ N\{0}, f(a) = f³ na

n

´ = nf³a n

´, on d´eduit que f³a n

´ = 1

nf(a) pour tout a∈Ret tout n∈N\{0}. Il en r´esulte que pour tout rationnel positifr = p q, avec p∈Netq ∈N\{0}, on a :

f(ra) =f µ

pa q

=pf µa

q

= p

qf(a) =rf(a).

0,5pt Enfin, avec l’imparit´e de f, on d´eduit que ce dernier r´esultat est encore vrai pour les ra- tionnels n´egatifs. On a donc f(ra) = rf(a) pour tout a∈R et tout r ∈Q. Pour a= 1, en notant λ=f(1), on obtient f(r) =λr pour toutr∈Q.

2. 1pt On suppose que f est croissante. On a λ = f(1) ≥ f(0) = 0. En notant, pour x ∈ R, par (rn)n∈Net (sn)n∈N des suites de rationnels qui convergent vers xavec rn< x < sn, on a pour tout n∈N,

λrn=f(rn)≤f(x)≤f(sn) =λsn

et faisant tendrenvers l’infini, on en d´eduit quef(x) =λx. On proc`ede de mani`ere analogue pour f d´ecroissante.

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(2)

3. 0,5pt Avecf(1) = (f(1))2, on d´eduit quef(1) = 0 ouf(1) = 1. Sif(1) = 0, alors pour toutx∈R on af(x) =f(x)f(1) = 0 et f est identiquement nulle.

1pt Si on suppose quef n’est pas identiquement nulle, on a alorsf(1) = 1. Avecf(x2) = (f(x))2≥ 0, on d´eduit quef(x)≥0 pour toutx≥0 et pourx≥y dansR, on af(x)−f(y) =f(x−y)≥0, ce qui signifie que f est croissante. On d´eduit alors de la question pr´ec´edente que f(x) =x pour toutx∈R(λ=f(1) = 1).

Exercice 2 Transcendance de X

n

10−n! (7 points)

1. D´emontrer que la s´erie de terme g´en´eral 10−k! est convergente.

PosonsS =

+∞

X

k=0

10−k!et pour n∈N,an=

n

X

k=0

10−k!.

2. D´emontrer que 0 < S < 1 et, pour n ∈ N, S −an < 2.10−(n+1)!. D´emontrer que S n’est pas rationnel (on consid´erera x = p

q un nombre rationnel et on montrera que pour n assez grand,

|x−an|> S−an).

3. SoitP un polynˆome non nul `a coefficients entiers. Notons p son degr´e.

(a) D´emontrer que pour tout non a 10p.n!P(an)∈Z.

(b) D´emontrer qu’il existeM ∈R?+ tel que, pour toutn on ait|P(S)−P(an)| ≤M.10−(n+1)!(on pensera `a utliser le th´eor`eme des accroissements finis).

(c) On suppose queP n’a pas de racines rationnelles. D´emontrer queP(S)6= 0 (on prouvera pour cela que|P(S)|>0).

(On d´emontre ainsi queS est transcendant.En effet, soit un nombre alg´ebrique non rationnel x, racine d’un polynˆome `a coefficients rationnelsP. Quitte `a d´ecomposerP (dans Q[X]), on peut supposer qu’il est irr´eductible (en effet, xest racine d’un des facteurs). Puisque x n’est pas rationnel et P est irr´eductible, P n’a pas de racines rationnelles. MultipliantP par le PPCM des d´enominateurs de ses coefficients, on peut supposer que P est `a coefficients entiers. D’apr`es 2., S n’est pas racine de P, donc x 6= S. Cela prouve que S est distinct de tout nombre alg´ebrique non rationnel. Comme de plus il n’est pas rationnel, il n’est pas alg´ebrique.)

Correction :

1. 0,5pt On poseuk = 10−k!. Il est clair que,∀k≥0,uk ≤10−k= µ 1

10

k

. Comme 10−k est le terme g´en´eral d’une s´erie convergente, on en d´eduit par comparaison que la s´erieX

k

uk converge.

2. • 1pt X

k

ukest une s´erie `a termes positifs doncS >0. Ensuite,an= 1 10+

n

X

k=1

10−k!et

n

X

k=1

10−k!

n

X

k=1

10−k= 1 10

1−¡1

10

¢n

1−101 = 1 9

µ 1−

µ 1 10

n

≤ 1

9. Ainsi,∀n∈N,an ≤ 1 10 +1

9 = 19

90 <1. On en d´eduit que S= lim

n→+∞an<1.

• 1pt S−an= X

k≥n+1

10−k!≤10−(n+1)!

+∞

X

l=0

10−l!≤10−(n+1)!

+∞

X

l=0

10−l≤10−(n+1)!10

9 <2.10−(n+1)!.

• 1,5pt Le nombreanest rationnel de la forme pn

10n!. Soitx= p

q un nombre rationnel et soitn∈N. R´eduisant au mˆeme d´enominateur, on ´ecritx−an= p

q− pn

10n! = p10n!−qpn

q.10n! = m

q.10n! o`um∈Z.

Donc, six6=an, il vient|x−an| ≥ 1

q.10n!. Prenantnassez grand pour que 10(n+1)!−n!>2q, on a

|x−an| ≥ 1 q.10n! = 1

q 1

10(n+1)!10(n+1)!−n!>2.10−(n+1)!> S.an

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(3)

doncS 6=x etS n’est pas un rationnel.

3. (a) 1pt Si P est un polynˆome de degr´e p `a cofficients entiers, pour tout m ∈ N?, le polynˆome mpP(X/m) est `a cofficients entiers, donc pour tout q ∈Z, on a mpP(q/m)∈Z. On applique cela `am= 10n! etq = 10n!an qui est entier.

(b) 1pt Tous les an et S sont dans le segment [a0, S]. Notons M0 le maximum de P0 sur ce segment. On a (d’apr`es le th´eor`eme des accroissements finis)

|P(S)−P(an)| ≤M0|S−an| ≤2M010−(n+1)!.

(c) 1pt Comme 10pn!P(an) est un entier (d’apr`es (a)) non nul (P n’ayant pas de racines ra- tionnelles), on a |10pn!P(an)| > 1. On a ´egalement 10(n+1)!|P(S)| ≥ 10(n+1)!|P(an)| −2M0 d’apr`es (b). Donc, 10(n+1)!|P(S)|>10n!(n+1−p)−2M0 >0 pournassez grand, ce qui implique P(S)6= 0.

Exercice 3 Comparaison s´erie int´egrale (7 points)

1. Soit f : [0; +∞[→ Rune fonction d´ecroissante telle que lim

t→+∞f(t) = 0. D´emontrer que la s´erie de terme g´en´eral f(n)−

Z n+1 n

f(t)dt converge.

2. D´emontrer que la suite

n

X

k=1

1

k −ln(n) converge ; on note γ sa limite. (On pensera `a utiliser 1. en posant f(t) = 1

1 +t.)

3. D´emontrer qu’un ´equivalent de

n

X

k=1

1

k−ln(n)−γ au voisinage de +∞est donn´e par 1

2n (on utilisera

n

X

k=2

uk avec uk= Z k

k−1

dt t −1

k).

4. En d´eduire des d´eveloppements limit´es des sommes partielles de 1

2k et de 1 2k+ 1. 5. Calculer

+∞

X

k=0

(−1)k k+ 1. Correction :

1. 1,5pt Puisquefest d´ecroissante, on af(n+1)≤ Z n+1

n

f(t)dt≤f(n),soit 0≤f(n)−

Z n+1

n

f(t)dt≤ f(n) −f(n+ 1). Comme lim

n→+∞f(n) = 0,

+∞

X

n=0

f(n) − f(n+ 1) = f(0), ce qui implique que

+∞

X

n=0

µ f(n)−

Z n+1 n

f(t)dt

≤f(0) et que la s´erie de terme g´en´eralf(n)− Z n+1

n

f(t)dt converge.

2. 0,5pt Posonsf(t) = 1

1 +t. D’apr`es la question pr´ec´edente, la suite

n−1

X

k=0

f(k)− Z n+1

0

f(t)dt=

n−1

X

k=0

µ f(k)−

Z k+1 k

f(t)dt

=

n

X

k=1

1

k −ln(n) admet une limite finie quandntend vers +∞.

3. 2pts Posonsuk= Z k

k−1

dt t −1

k. On cherche un ´equivalent de

n

X

k=1

1

k−ln(n)−γ= 1−

n

X

k=2

uk−γ au voisinage de +∞. Orγ = 1−

+∞

X

k=2

uk. On cherche donc un ´equivalent de

+∞

X

k=n+1

uk. Or

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(4)

ln k

k−1 =−ln µ

1− 1 k

= 1 k + 1

2k2 ◦ µ 1

k2

doncuk

+∞

1 2k2

+∞

1

2k(k−1). On en d´eduit que

+∞

X

k=n+1

uk

+∞

+∞

X

k=n+1

1

2k(k−1) = 1 2n. 4. 0,5pt On a

n

X

k=1

1 2k = 1

2

n

X

k=1

1 k = 1

2 µ

lnn+γ+ 1 2n+◦

µ1 n

¶¶

. 1,5pt Ainsi,

n

X

k=1

1 2k+ 1 =

2n+1

X

k=1

1 k −

n

X

k=1

1 2k

= µ

ln(2n+ 1) +γ+ 1 4n+ 2+◦

µ1 n

¶¶

−1 2

µ

lnn+γ+ 1 2n+◦(

µ1 n

¶¶

= ln(2n) + ln µ

1 + 1 2n

−1

2lnn+γ 2 +◦

µ1 n

= ln 2 +1

2lnn+γ 2 + 1

2n+◦ µ1

n

¶ .

5. 1pt Il vient

2n

X

k=0

(−1)k k+ 1 =

n

X

k=0

1 2k+ 1−

n

X

k=1

1

2k = ln 2+ 1 4n+◦

µ1 n

. En particulier,

+∞

X

k=0

(−1)k

k+ 1 = ln 2.

Exercice 4 - BONUS - Th´eor`eme de Rolle (2 points)

Soit a >0 et f : [0, a]→Rune fonction d´erivable telle que f(0) =f(a) = 0 et f0(0) = 0.

1. Montrer que la d´eriv´ee dex7→ f(x)

x s’annule sur ]0, a[.

2. En d´eduire qu’il existe un point autre que l’origine en lequel la tangente `af passe par l’origine.

Correction :

1. 1pt La fonction g :x 7→ f(x)

x est d´efinie, continue et d´erivable sur ]0, a]. Quand x → 0, g(x) → f0(0) = 0. Prolongeonsg par continuit´e en 0 en posant g(0) = 0. Puisque g est continue sur [0, a], d´erivable sur ]0, a[ et puisqueg(0) =g(a), le th´eor`eme de Rolle assure l’annulation de la d´eriv´ee de g en un pointc∈]0, a[.

2. 1pt g0(x) = xf0(x)−f(x)

x2 donc g0(c) = 0 donne cf0(c) = f(c). La tangente `a f en c a pour

´equation :

y=f0(c)(x−c) +f(c) =f0(c)x.

Elle passe par l’origine.

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