U n e d i d a c t i q u e d e l’i n f o r m a t i o n - d o c u m e n t a t i o n , d a n s l'i n t e r f a c e Sc i e n c e s d e l' é d u c a t i o n e t S c i e n c e s d e
l'In f o r m a t i o n C o m m u n i c a t i o n .
P o u r p e n s e r l e ra p p o r t a u x Sa v o i r s a u t r e m e n t … Com m u n ic a tio n de Muriel Frisch
Au- delà de logique s de territoires
Plusieurs domaines apparaissen t en tension perman en t e bien que compléme n t aires : l'infor matio n, la docu men t a tio n, la commu nicatio n, la bibliothéco no mie, l’informatiq ue.
Il semble que l’on insiste beaucou p aujour d'h ui sur le terme « d'infor ma tio n » alors que celui de docu me n t a tio n paraît parfois relégué au second plan. Il est intéress an t de relever par exemple, que dans l’édition 2004 du dictionnaire dirigé par Serge Cacaly, l’entrée « recherche docu me n t aire » a été remplacée par celle de
« recherche d’infor ma tion » (voir travaux en cours du groupe de recherche IDDEE- F IUFM de Lorraine - Nancy Université) ; que l’expression « démarche informatio n n elle » est davantage utilisée que celle de « démarche documen t aire ».
Peut - être assiston s - nous à un amalgame ou confusion entre recherche de docume n t s et recherche docu men t aire qui, conçue comme processu s global, n’a jamais exclu la recherche d’informa tio n s. En revanche la profession s’est adaptée depuis longtem p s à un une centration plus importa n t e sur la recherche d’infor matio n s que sur celle de la recherche de docu me n t s enten d u s comme sup po r t s physiques (définition aujour d’hui obsolète compte - tenu des évolutions numériq ues). Sur la toile, tout fait traces et certains chercheu rs affirmen t que tout peut être considéré comme docu men t. On introd uit même une nouvelle activité : la
« redocu me n t a risatio n » (Olivier Ertzscheid, 2008
1).
Dominique Wolton, lors de son intervention au colloque de l’ERTé, a exposé l'idée que l'informa tio n n'est pas synonyme d'action et qu'il faut égalemen t selon lui sortir de la dimen sio n technique pour revenir vers des formes de médiations humaines.
Au- delà de certaines tensions il semble donc intéressa n t de recentrer la question des savoirs et des pratiques autou r de l'activité professio n n elle du docume n t aliste, de réfléchir à la fois aux savoirs et aux pratiques comm u n s à différen ts métiers qui centralisent leur activité autou r de ce matériau information - en ce sens on peut parler d’une culture comm u n e - mais aussi aux savoirs, et, aux pratiques spécifiques. Ne perdo n s pas de vue tout de même que l’activité essentielle du profession n el de la docume n t a tio n scolaire consiste à intervenir, en tenan t compte des évolution s technologiques comme pour toute autre profession, au niveau de la constr uctio n d’un savoir par l’apprena n t, par l’expertise qu’il possède de la recherche et du traitemen t de l’information, des techniques docu men t aires et informatio n n elles (techniques intellectuelles), mais aussi par la maîtrise qu’il a d’une ingénierie pédagogique et didactique.
Didactique et pratiques profes s io n n elle s en docu m e ntation
1
cf Redocu m en t a ris atio n du mon de et culture informa tionnelle.
http: / / c u l t u re d el.info / g rc di / ? p age_id = 8 0
Stage syndical national du Snes (Paris, octobre 2009) 1
Malheureu s e m e n t, la didactique souffre un peu d’un déficit d’image. Elle a été trop associée à une forme d’ « outillage pratico - pratique ».
La didactique, on peut même dire les didactiques (didactique des disciplines, didactique profession nelle) compo r ten t des écoles et des foyers variés : épistémologique, psychologique, praxéologique qui recèlent des concepts, des théories auxquelles il faut se former pour en saisir les apports et intérêts pour les pratiques professio n nelles enseignan tes.
Dans le cadre de la mastérisatio n et des nouvelles épreuves du CAPES de docume n t a tio n, il y a une volonté affirmée d'ancrage de la docu me n ta tio n aux sciences de l’Information et dans certains cas de la Commu nication. On voit plus clairemen t se dessiner une cohérence de parcour s de la licence au concour s où pourro n t être développés des conten u s en sciences de l’informatio n et de la docume n t a tio n, voir de la comm u nication. Cela étant, quelle place ces départe me n t s vont - ils véritableme n t accorder aux sciences de l’éducation, aux théories de l’éducation, aux savoirs de l’expérience, à l’ingénierie de formatio n et à une réflexion sur la documen t a tio n scolaire? M. Frisch assure avoir toujour s milité pour un parten ariat réel entre les Sciences de l'Infor matio n et de la Commu nication (SIC) et les Sciences de l’éducation, la didactique de la documen t a tio n étant aussi l’affaire de spécialistes en didactique.
Recherche
A partir des années 1990 émerge des réflexions autou r d’une didactique de la docume n t a tio n. Plusieurs manifestation s ont permis de lancer un travail conséque n t sur cette question : les travaux scientifiques menés en didactiques des disciplines en sciences de l’éducation au sein du laboratoire Civiic de l’université de Rouen (depuis les années 1995 concerna n t la docume n t a tio n), les Assises nationales pour l'éducation à l'infor ma tio n en 2003…. L’Erté
2privilégie une entrée par la « culture infor ma tion n elle » et réfléchit à la mise en place d'un curriculu m autou r des appren tiss ages info - docu men t aires de la mater nelle à l'Université. Que faut - il trans me t tr e? Quels sont les enjeux de cette culture ? A quelle formation citoyenne préten d r e ?
Parmi les axes de travail figure l’axe didactique, en particulier autou r d’une critique qui a pu être faite à la documen t a tio n : l’absence de concep ts spécifiques et la difficulté à formaliser les modalités de concept u alisation des appren an t s en informatio n - docume n t a tio n et par l’information - docume n t a tio n. Pour M. Frisch, ce qui se joue pour les profession n els non spécialistes de l’informa tio n - docume n t a tio n est égalemen t fonda me n t al y compris dans la constr uctio n de la didactique. Ces enjeux didactiques étaient au progra m m e de l’atelier qu'elle animait au colloque
3de l’Erté.
Il est importan t de pouvoir laisser une place à des travaux scientifiques et notam m e n t en didactique. Mais de son point de vue, dans les travaux actuels qui sont menés, certains discour s semblen t un peu trop se focaliser sur ce qu’elle appelle un phéno m è n e de « disciplinarisatio n » (au sens de poser l’appareillage tradition nel : « notions », « progra m m e », « fiche de préparatio n », pré - requis » etc.)
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ERTé Culture informatio n n elle et curriculu m docu men t aire coordo n n ée par Annette Béguin - Verbrugge à l’université de Lille3 GERIICO
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Colloque internation al l’éducation à la culture informa tio nn elle 16, 17, 18 octobre 2008. Université de Lille3.. Les textes du colloque de l’ERTé sont en ligne : htt p: / / a r c h ivesic.ccsd.cnrs.fr /ERTE
Stage syndical national du Snes (Paris, octobre 2009) 2
sans assez tenir comp te de la complexité que la didactique impose justeme n t à la réflexion autour de question s sur le fondeme n t même d’une discipline, de type : qu’elle va être l’originalité de cette « discipline », de cette « activité » ? Qu’est - ce qui la caractérise de manière particulière ? Quelles sont les finalités pours uivies ? Sans évacuer la question de la nécessité de clarifier les objets du domaine de l’informatio n - docu me n t a tio n en éducation et de clarifier les appren tissages à promo uvoir, elle la pose différem m e n t.
Pour elle, l’expression « enseigner l’informa tio n » n'est pas satisfaisan te. En docume n t a tio n ne fait - on pas plus qu’enseigner l’information ? Muriel Frisch veut poser d’emblée le problème de la constr uction du savoir en se situan t dans la logique de l’activité de l’apprena n t, en propos an t de réfléchir à de nouveaux modèles de formation. Dans les recherches que mène actuellemen t son groupe de travail, sont observés des extraits vidéos d’appren an t s dans une activité de recherche et de prépara tion. Cela permet de mesurer à quel point le temps de l’émergence de ce qu’ils savent, des question s qu’ils se posen t, des hypothès es qu’ils bâtissen t, des stratégies qu’ils élaboren t est importa n t pour ensuite passer à d’autres temp s, ceux des apports de connaissances, de la formalisation, de la création... C’est peut - être à ce niveau qu’elle se situe en rupt u re avec un certain couran t de pensée. Mais pour elle c’est là tout l’intérêt de la recherche : pour avancer il faut se confron ter à la pensée de l’autre, supp o r ter le doute, l’incertitu d e, la remise en question….C’était un peu l’ambition de sa coordinatio n de l’ouvrage Nouvelles figures de l’information - docu me nt ation
4que de faire découvrir à partir de la question de l’identité profession n elle des « angles d’attaq ue variés ».
Lorsqu’une collègu e lui demande quels impacts auront les travaux de l’ERTé sur la profes si o n, elle répond que l’Erté prolonge ses travaux, qu’elle rédigera un bilan des recherche s effectué e s par les différente s équipe s et que pour ces question s il faut d’avantage s’adress er à Annette Béguin respon sable de cette équipe.
Concernant la question de la relation entre les travaux du chercheur et de leur utilité, elle lui semble tout à fait cruciale. Tenir compte de la réalité profes si o n n elle dans les travaux de théorisation est pour elle une préoccupation constante. C’est précis é m e n t pour cette raison que le travail de didactisation doit aussi s’effectu er à partir des pratiques profes si o n n elle s de référence s, y compris celle de la pratique des profes s e ur s docum e ntalist e s.
On voit bien toute la difficulté que rencontre l’information - docum e ntation à installer et légitimer son savoir. C’est normal, elle est au croisem e nt de différents champ s : scientifique s, social et scolaire.
Compte - rendu effectué par C. Richet et V. Margaria pour le Snes
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