UNIVERSIT´ E DENIS DIDEROT - PARIS 7 U.F.R. DE MATH´ EMATIQUES
Ann´ee 2004 N
◦TH` ESE DE DOCTORAT SP´ ECIALIT ´ E : MATH ´ EMATIQUES
R´egularit´e des anneaux dans les probl`emes d’excision en K-th´eorie alg´ebrique
pr´ esent´ ee par Mr BIHLER Frank
pour obtenir le grade de docteur
soutenue le 9 juillet 2004 devant le jury compos´e de :
Mr KAROUBI Max Mr KASSEL Christian Mr KELLER Bernhard Mr OLIVER Robert Mr VOGEL Pierre Mr RANICKI Andrew Mr STAFFELDT Ross
directeur de th` ese
rapporteur
rapporteur
A mon grand-p`ere Ferdinando Giacuzzo, `
mineur ` a St-Pierremont ( 1918-2001 ).
Remerciements
Je tiens ` a manifester ici mes plus vifs remerciements ` a l’´egard de mon Directeur de th`ese Mr Pierre VOGEL, qui, toujours plein de patience et de gen- tillesse, a su me faire partager son enthousiasme pour la rigueur et l’exactitude math´ematiques ` a travers les domaines sauvages de la connaissance, qui n’a pas l´esin´e sur son temps pour me communiquer quelques unes de ses m´ethodes et id´ees profondes, et enfin qui a toujours ´et´e l` a pour m’apporter aide et r´econfort dans les moments difficiles ; pour tout cela, et beaucoup d’autres choses encore, Merci Monsieur !
Merci aussi aux deux sp´ecialistes qui ont accept´e de lire mon travail, et d’ˆetre rapporteurs pour cette th`ese : je veux parler de Andrew RANICKI ( ´ Ecosse ), et Ross STAFFELDT ( USA ) ; merci pour leur analyse experte. Merci aussi aux valeureux chercheurs, qui, en d´epit du soleil du mois de juillet, ont accept´e de me faire l’honneur de participer ` a mon jury : il s’agit ici de Mrs Max KAROUBI et Bernhard KELLER de Paris 7, de Mr Christian KASSEL de Strasbourg, et Mr Robert OLIVER de Paris 13 ( Villetaneuse ) ; j’esp`ere me montrer digne de leur auguste assembl´ee lors de ma soutenance.
Je tiens aussi ` a citer les Chercheurs qui m’ont le plus aid´e au cours de mon parcours initiatique : Mr Loday, d’abord, qui a eu la gentillesse de m’accueillir dans son laboratoire ` a Strasbourg lors de mon AMN ; Mr Karoubi, ensuite, pour m’avoir fait aimer la K-th´eorie alg´ebrique, et permis d’assister ` a l’ ´ Ecole d’´et´e
`
a Trieste sur le sujet ; enfin, Mrs Maltsiniotis et Keller, pour leur groupe de travail du mercredi soir, o` u j’ai appris les “ cat´egories de mod`eles ferm´ees ”, et les “ d´erivateurs ”.
Il me faut ensuite citer mes principaux professeurs de math´ematiques, qui ont su cultiver mon amour de l’Art et m’inculquer les bases de cette belle Science : merci ` a Mme Marie, et Mrs Deschamps et Warusfel, tous professeurs en pr´epa au lyc´ee Louis-le-Grand.
Passons maintenant ` a mes pairs, les th´esards du couloir 7C : merci en vrac
`
a Mr Cisinski, Mlle Panichi, ` a Samy, Alexei, Baptiste et au “ groupe de travail
de topologie alg´ebrique ” ( Marco, Jens, Bertrand, Nadia ) ainsi qu’` a mes amis
de l’´ Ecole Normale ( T-Moy
TM, Simon ) ou de pr´epa ( B´eroul, Farouk, ´ Eric )
pour leur soutien moral.
Cˆ ot´e logistique, il me faut remercier Mr Tia, Mmes Courtin et Lepage, et surtout Mme Mich`ele Wasse, la bonne f´ee des services administratifs.
Un mot enfin pour citer ma famille, sans qui je ne serais pas ici : merci ` a
Evelyne, Valel et Jean-Louis pour leur patience, ainsi qu’` a m´em´e Dominique qui
trouvera peut-ˆetre un jour le th´eor`eme de Fermat . . .
Table des mati` eres
Remerciements 3
Table des mati` eres 5
Introduction Historique 7
1 La K-th´ eorie alg´ ebrique de Friedhelm WALDHAUSEN 9
1.1 Les axiomes . . . . 9
1.2 Th´eor`emes fondamentaux . . . . 12
1.3 Une application utile . . . . 13
1.4 Architecture de l’article [Wal78] . . . . 14
1.4.1 Motivation g´eom´etrique . . . . 14
1.4.2 Description des 3 cas ´etudi´es . . . . 15
1.4.3 Suites exactes . . . . 16
1.4.4 Cat´egories de Mayer-Vietoris . . . . 17
1.4.5 Les 3 cat´egories Nil . . . . 18
1.4.6 L’obstruction ` a l’excision : ˜ KNil . . . . 19
1.4.7 Le cas coh´erent r´egulier . . . . 19
1.4.8 Classe de Waldhausen . . . . 20
2 Diverses cat´ egories de complexes 22 2.1 Les complexes usuels C
R. . . . 22
2.2 Les D
0-complexes : C
D 0, B , A , B
n, A
n. . . . 23
2.3 Les D
0-complexes r´eduits B
red. . . . 24
2.4 Diff´erentes interpr´etations du KNil(R, S) . . . . 29
2.5 Les cat´egories H
n. . . . 36
3 Divers foncteurs 39 3.1 Le cas simple : sur B . . . . 39
3.1.1 Le foncteur inclusion i . . . . 39
3.1.2 Le foncteur translation t . . . . 39
3.1.3 Les foncteurs f
jet g
k. . . . 40
3.1.4 Le foncteur quotient q . . . . 40
3.1.5 Formulaire sur B . . . . 40
3.2 Le cas difficile : sur A . . . . 41
3.2.1 Le foncteur inclusion i . . . . 41
3.2.2 Le foncteur translation t . . . . 41
3.2.3 Les foncteurs f
jet g
nk. . . . 41
3.2.4 Les foncteurs cycliques Q
n. . . . 41
3.2.5 Formulaire sur H . . . . 46
4 Localisation 48 4.1 Enonc´e du th´eor`eme de localisation . . . . ´ 48
4.2 Calculs d’objets locaux . . . . 53
4.2.1 Suite exacte courte . . . . 53
4.2.2 Morphisme homotope ` a z´ero . . . . 53
4.2.3 Calcul de K( B
n+1, B
n) . . . . 54
4.2.4 Calcul de K( A
n+1, A
n) . . . . 56
4.3 Changement d’´equivalences faibles . . . . 62
4.4 Une formule sur les ˜ KNil . . . . 63
4.5 Un th´eor`eme d’excision . . . . 65
5 Anneaux r´ eguliers 68 5.1 Rappels : anneau “ coh´erent r´egulier ” . . . . 68
5.2 D´efinition g´en´erale . . . . 68
5.3 Stabilit´e de la notion de r´egularit´e . . . . 71
5.4 La classe de Vogel . . . . 74
5.5 Liens acyclicit´e-contractibilit´e . . . . 78
5.6 La classe
0des modules r´eguliers . . . . 81
5.7 Complexes sur un anneau r´egulier . . . . 83
5.8 Complexes stablement r´eductibles . . . . 86
Bibliographie 92
Introduction Historique
Pour avoir une intuition g´eom´etrique des probl`emes abord´es dans cette th`ese,
il faut remonter aux travaux de Novikov ( dans les ann´ees 70 ) sur des obstruc-
tions fines li´ees ` a la chirurgie sur les vari´et´es ; en langage moderne, la conjecture
qu’il a pos´ee se r´eduit ` a deux grands axes majeurs : l’existence d’une “ as-
sembly map ” suffisamment r´eguli`ere, et des propri´et´es d’excision en L-th´eorie
( li´ee aux obstructions de Wall, cette th´eorie ´etudi´ee par Ranicki ( cf [Ran97] ),
consid`ere des modules munis de formes quadratiques ). Ces probl`emes sont dˆ us
en grande partie au gros d´efaut de la K-th´eorie alg´ebrique : contrairement aux
th´eories cohomologiques usuelles, celle-ci ne v´erifie en g´en´eral pas l’axiome d’ex-
cision, sauf dans des cas tr`es particuliers, et avec des hypoth`eses ad hoc. Dans
la droite lign´ee de cet ordre d’id´ees g´eom´etriques, Waldhausen publie en 1978
l’article [Wal78] qui ´etudie la nullit´e des groupes d’obstruction de Whitehead,
dans le cas d’un produit libre d’anneaux. En fait, il y d´eveloppe un ensemble de
conditions favorables sur l’anneau de base C consid´er´e, pour que pour tout C-
bimodule S libre ` a gauche, le spectre ˜ KNil(C; S) soit contractile, autrement dit
pour qu’il y ait excision en K-th´eorie. Parmi ces conditions figure une hypoth`ese
naturelle ` a tout math´ematicien ´evoluant en g´eom´etrie alg´ebrique : l’anneau C
doit ˆetre “ r´egulier ”, c’est-` a-dire usuellement noeth´erien-r´egulier, ou coh´erent-
r´egulier. Le gros probl`eme de cette approche est que le caract`ere coh´erent de
l’anneau n’est pas stable par HNN-extension, ou somme amalgam´ee . . . et alors
la notion de r´egularit´e habituelle perd tout son sens ! D’o` u les tentatives de Mr
Vogel : [Vog83] o` u il d´efinit le ˜ K N il pour des cat´egories de diagrammes, puis
[Vog90] o` u il formalise la notion d’anneau r´egulier, et red´emontre une bonne
partie des r´esultats de Waldhausen avec des hypoth`eses affaiblies. La tactique
utilis´ee, et que nous allons d´evelopper tout au long de cette th`ese, consiste ` a
remplacer syst´ematiquement dans les constructions de Waldhausen les modules
par des complexes de modules, puis les modules munis d’une fl`eche nilpotente
( objets du N il(C; S) ) par des multicomplexes ( cf chapitre 2 ), b´en´eficiant
ainsi de cat´egories de Waldhausen munies de foncteurs-cylindres canoniques
( plus proches ainsi du formalisme de “ complicial biWaldhausen category ” de
Thomason-Trobaugh [Tro90] ). Aid´e alors par un th´eor`eme de localisation puis-
sant, Vogel ram`ene le probl`eme d’excision ` a des calculs d’objets locaux. Mal-
heureusement, faute de r´esultat final, les deux articles ci-dessus n’ont jamais ´et´e
publi´es, et furent l´egu´es tels que ` a ses coll`egues Staffeldt & Schw¨ anzl ` a Bielefeld,
ou Loday ` a Strasbourg. Par la suite, les travaux de Loday se sont tourn´es vers
l’homologie cyclique ( cf [Lod92] ), tandis que Staffeldt & Schw¨ anzl ´etudiaient
les S -modules ( cf [Sch02] ) et la “ brave new algebra ” o` u les probl`emes de
KNil ˜ sont ´elud´es. En conclusion, il fallait mettre ` a plat les diff´erents r´esultats auxquels conduit la notion ( importante ) de Vogel-r´egulier, et ainsi faire avan- cer l’´ Etat de l’Art. Merci ` a Mr Pierre Vogel pour ses nombreux conseils et sa fructueuse collaboration : la plupart des id´ees d´evelopp´ees ici, et les calculs les plus compliqu´es sont de lui, ou lui doivent beaucoup.
Donnons maintenant l’articulation de la th`ese qui va suivre.
Un premier chapitre est consacr´e ` a ´enoncer les axiomes et th´eor`emes principaux de la K-th´eorie alg´ebrique d´evelopp´es par F. Waldhausen dans [Wal85], plus quelques rappels incontournables de D. Quillen dans [Qui73]. On analyse en- suite en d´etails la structure de l’article fondateur [Wal78] sur les produits libres d’anneaux, qui sert de cadre ` a ma th`ese, mettant en ´evidence les endroits o` u apparaissent les hypoth`eses de r´egularit´e sur l’anneau de base C.
Un deuxi`eme chapitre ´etudie diff´erentes cat´egories de ( multi- ) complexes de C-modules et leur manipulation : leur richesse face aux C-modules tient aux nombreuse notions d’´equivalences faibles dont on peut les munir. De plus, ils poss`edent une structure de cat´egorie triangul´ee ( d’o` u interpr´etation plus ais´ee de la cat´egorie d´eriv´ee ) ; mais aussi un foncteur-cylindre naturel qui permet des calculs li´es au th´eor`eme de localisation. Dans le but avou´e de trouver des crit`eres d’annulation du ˜ K N il, on r´einterpr´etera l’obstruction ` a l’excision en termes de cat´egories de ( multi- ) complexes.
Le troisi`eme chapitre introduit toute une s´erie de foncteurs, et leurs relations, en particulier un foncteur “ cyclique ” original d´efini sur les complexes nilpotents.
Leur importance tient dans l’application du th´eor`eme d’additivit´e qui permet alors de scinder le ˜ KNil en morceaux.
Le quatri`eme chapitre est essentiellement une application du th´eor`eme de loca- lisation de Waldhausen, modifi´e par Vogel pour les complexes, afin de calculer des objets “ locaux ”. C’est ` a cet endroit pr´ecis que manque un th´eor`eme de d´evissage, qui permettrait de conclure.
Enfin le cinqui`eme et dernier chapitre d´eveloppe la notion d’anneau “ r´egulier ” au sens de Vogel, sa stabilit´e, son utilisation pour les complexes, la classe des groupes “ r´eguliers ” et la conjecture qui sous-tend toute l’architecture tacite de mes travaux de th`ese :
Conjecture : Soit C un anneau r´egulier au sens de Vogel, et S un C-bimodule, plat ` a gauche. Alors ˜ K N il(C; S) est contractile.
Convention :
D´esormais, dans toute la suite de la th`ese, on supposera tous les anneaux
unitaires et associatifs. Si C est un anneau, on notera M od
Cla cat´egorie des
C−modules ` a droite : sauf mention expresse du contraire, tous les modules
consid´er´es auront une action ` a droite. Tous les spectres de K-th´eorie consid´er´es
dans cette th`ese seront connexes, ` a l’exception notable des chapitres 4.4, 5.2
et 5.4, o` u les spectres non-connexes ( ou “ g´en´eralis´es ” ) seront soulign´es :
K(R), KNil(R; ˜ . . .), W h
R(G) sont tous obtenus ` a l’aide du foncteur suspension
Σ de Karoubi d´efini sur la cat´egorie des anneaux.
Chapitre 1
La K-th´ eorie alg´ ebrique de Friedhelm WALDHAUSEN
1.1 Les axiomes
Nous allons donner ici les diff´erents axiomes ´el´ementaires, qui permettent de parler de “ cat´egorie de Waldhausen ” et d’utiliser les th´eor`emes fondamentaux
´enonc´es au paragraphe suivant et dont le lecteur pourra trouver la d´emonstration dans l’article [Wal85]. Le but de ce rappel est seulement d’introduire les nota- tions dont nous allons nous servir tout au long de cette th`ese.
On consid`ere une cat´egorie C “ point´ ee ” : elle poss`ede un objet nul ∗ ( ` a la fois initial et final ). On munit ( C , ∗) d’une classe (co C ⊂ F l C ) de fl`eches not´ees
// // et appel´ees “ cofibrations ”, v´erifiant les axiomes suivants :
[Cof 1] Tout isomorphisme est une cofibration.
[Cof 2] Pour tout objet A de C , la fl`eche (∗ → A) est une cofibration de C . [Cof 3] Pour toute fl`eche (A → C) de C et toute cofibration ( A // // B ) de C ,
la “ somme amalgam´ee ” C `
A
B ( en anglais le “ pushout ” ) existe dans C et la fl`eche induite ( C // // C `
A
B ) est une cofibration de C .
Notation : On dira que ( A //
f// B
g// // C ) est une “ suite exacte courte ” si dans le pushout suivant : A //
f//
B
g
y
∗ // _ _ //
//
B/A
## C
f est une cofibration de C , g ◦ f = 0 et la fl`eche induite (A/B → C) est un isomorphisme.
Une telle fl`eche ( B
g// // C ) sera appel´ee “ fibration ”.
Remarque : Cette notion est diff´erente de celle de fibration en topologie, ou dans les cat´egories de mod`eles ferm´ees de Quillen. Toutefois, les “ cofibrations admissibles ” d’une cat´egorie exacte E de Quillen ( les premi`eres fl`eches des suites exactes courtes ) forment une classe de cofibrations co E .
Toute cette structure ( C , ∗, co C ) est appel´ee “ cat´egorie avec cofibrations ”.
On la munit d’une deuxi`eme classe (w C ⊂ F l C ) de fl`eches not´ees
∼// et appel´ees “ ´ equivalences faibles ”, v´erifiant les axiomes suivants :
[W eq1] Tout isomorphisme est une ´equivalence faible.
[W eq2] Pour tout diagramme commutatif : C
o
oo A // //
o
B
o
C
0A
0oo // // B
0,
si les fl`eches verticales sont dans w C , alors la fl`eche induite entre les pushouts ( C `
A
B
∼// C
0`
A0
B
0) est aussi dans w C .
On d´esignera par “ cat´ egorie de Waldhausen ”, aussi appel´ee “ cat´egorie avec cofibrations et ´equivalences faibles ” une telle structure ( C , ∗, co C , w C ).
On appellera foncteur “ exact ” tout foncteur (F : A → B ) respectant chacune de ces structures, c’est-` a-dire F(co A ) ⊂ co B , F(w A ) ⊂ B , et pour tout pushout d´ecrit dans l’axiome [Cof 3], on a : F (C `
A
B) = F (C) `
F(A)
F(B).
Ces axiomes suffisent ` a d´efinir de mani`ere fonctorielle le spectre connexe de K-th´eorie alg´ebrique K(C, w) = Ω|wS.C| dont les groupes d’homotopie posi- tifs redonnent les groupes de K-th´eorie usuels ( pour une cat´egorie exacte E de Quillen ) : K
i( E , isom) = π
i+1(wS. E ) = π
i+1(Q E ) ; le lecteur int´eress´e pourra trouver les d´etails sur la construction “ S ” de Waldhausen dans [Wal85].
Dans le but de rendre cette K-th´eorie plus facilement calculable, Waldhausen introduit 3 types d’axiomes suppl´ementaires :
[Saturation] Pour tout triangle de fl`eches composables (a, b, ab), si 2 fl`eches sont dans wC, alors la 3
i`emeaussi.
[Extension] Pour tout diagramme commutatif : A
o
// // B // //
B/A
oA
0// // B
0// // B
0/A
0,
si les lignes sont des suites exactes courtes et les fl`eches verticales externes dans wC, alors la fl`eche verticale du milieu ( au niveau des extensions ) est aussi dans wC.
D´ efinition : Soit C une cat´egorie de Waldhausen.
Notons Fl( C ) sa “ cat´egorie des fl`eches ”.
Et soit F
1( C ) sa “ cat´egorie des cofibrations ”.
Elles sont munies de structures de cat´egorie de Waldhausen exemplaires : A
f//
u
B
vC
g// D
Dans F l( C ), une fl`eche (u, v) de f vers g est un diagramme commu- tatif. Une ´equivalence faible est un diagramme o` u u et v sont dans w C . Une cofibration est un diagramme o` u u et v sont dans co C . E //
i//
α
F
α0
β
y G // _
i0_ //
$$
j
//
Z
γ
H
Dans F
1( C ), une fl`eche (α, β) de i vers j est un diagramme commutatif. Une ´equivalence faible est un diagramme o` u α et β sont dans w C . Une cofibration est un diagramme o` u α et γ sont dans co C ( donc aussi α
0et β ! ) : cette condition ´equivaut ` a demander que le conoyau de la fl`eche (α, β) ∈ coF
1( C ) soit encore une cofibration.
On a alors 2 foncteurs exacts (s, b : Fl( C ) → C ) appel´es “ source ” et “ but ”, qui ` a toute fl`eche (f : A → B) associent respectivement : s(f ) = A et b(f ) = B.
On appelle “ foncteur-cylindre ” T la donn´ee d’un quadruplet (T, j
1, j
2, p) form´e d’un foncteur (T : F l( C ) → C ) et de trois transformations naturelles (j
1: s → T ), (j
2: b → T ) et (p : T → b) tel que pour toute fl`eche (f : A → B) de C , on a A
j1//
f
D D D D D !!
D D T (f )
p
j2
B
oo
zz zz zz z zz zz zz z B
v´erifiant : [Cyl1] le foncteur (Fl( C ) // F
1( C )) d´efini par : [f // (A ∨ B //
j1∨j2
// T (f ))]
est exact pour les structures ci-dessus.
[Cyl2] T ( ∗
f// A ) = (A, f, Id
A, Id
A).
Le deuxi`eme type d’axiomes relie alors le foncteur-cylindre ( quand il existe ) et la classe des ´equivalence faibles :
[Cylindre] ∀f ∈ F l(C), (p : T (f )
∼// B ) ∈ wC.
Enfin un troisi`eme type d’axiomes, appel´es “ hypoth`eses d’approximation ”, concerne un foncteur (F : A → B) “ exact ” entre 2 cat´egories de Waldhausen :
[App1] ∀α ∈ F lA, (α ∈ wA ⇐⇒ F (α) ∈ wB).
[App2] ∀A ∈ ObA,
∀(β : F (A) → B) ∈ F lB,
∃(ι : A → A
0) ∈ F lA,
∃(θ : F (A
0)
∼// B ) ∈ wB
telles que le diagramme ` a droite commute :
F (A)
β
F(ι)
// F (A
0)
θ ∼
{{ww ww ww ww ww ww
B
.
Remarque : D’apr`es une observation de Thomason, si A poss`ede un foncteur-
cylindre, et si la classe wA v´erifie l’axiome [Cylindre], alors il est inutile d’exiger
que ι soit une cofibration dans l’axiome [App2].
1.2 Th´ eor` emes fondamentaux
Dans ce cadre, voici les 3 th´eor`emes principaux, tir´es de [Wal85] : Th´ eor` eme 1 [Additivit´ e]
Soit C une cat´egorie de Waldhausen, on lui associe naturellement la cat´egorie E(C) de ses suites exactes courtes. Alors le foncteur [ (A // // C // // B) 7→ (A, B)]
induit une ´equivalence d’homotopie : K(E(C), w)
∼// K(C, w) × K(C, w) . Corollaire 1 .
Soient A, B deux cat´egories de Waldhausen, et soient ( f, g, h : A → B ) trois foncteurs exacts, tels que pour tout objet A de A, on ait une suite exacte courte ( f (A) // // g(A) // // h(A) ) naturelle en A, alors au niveau des groupes positifs de K-th´eorie alg´ebrique, on a l’´egalit´e suivante : [(g
∗= f
∗+h
∗) : K
∗(A) → K
∗(B)].
Th´ eor` eme 2 [Fibration]
On consid`ere une cat´egorie avec cofibrations C munie d’un foncteur-cylindre et de deux classes d’´equivalences faibles (vC ⊂ wC), telle que wC v´erifie les
axiomes [Cylindre], [Saturation] et [Extension]. Notons C
w= {A ∈ C|(∗ → A) ∈ wC}.
Alors K(C
w, w) est contractile, et on a la “ fibration homotopique ” suivante : [ K(C
w, v) // // K(C, v) // // K(C, w) ].
Th´ eor` eme 3 [Approximation]
Soient A, B deux cat´egories de Waldhausen, avec wA, wB v´erifiant l’axiome de [Saturation], A poss´edant un foncteur-cylindre et wA v´erifiant l’axiome du [Cylindre]. On consid`ere un foncteur exact (F : A → B) v´erifiant les deux hypoth`eses d’approximation [App1] et [App2]. Alors le foncteur induit au niveau des spectres de K-th´eorie est une ´equivalence d’homotopie : K(A)
∼// K(B) . Pour les cat´egories exactes E de D. Quillen, et la structure usuelle de Waldhausen associ´ee : ( coE = d´ebuts de suites exactes de E ), et ( wE = isomorphismes ) ; on dispose de trois th´eor`emes suppl´ementaires tr`es utiles, tir´es de [Qui73].
Th´ eor` eme 4 [Cofinalit´ e]
Soit A une petite cat´egorie exacte, et (B ⊂ A) une sous-cat´egorie additive pleine, contenant 0 et stable par extensions dans A. On dit que B est “ cofinale
” dans A si pour tout objet A de A, il existe un suppl´ementaire A
0dans A tel que la somme directe (A ⊕ A
0) appartienne ` a B. Notons alors G la cat´egorie associ´ee au groupe : G = Coker(K
0(B) → K
0(A)). Alors on a une fibration homotopique : [ K(B) // // K(A) // // G ]. En particulier elle induit un isomor- phisme sur les groupes [K
i(B) ' K
i(A)], pour tout i ≥ 1, et une injection au dernier cran [ K
0(B) // // K
0(A) ].
Remarque : La notion de “ cofinalit´e ” a ´et´e simplifi´ee grˆ ace ` a une remarque
de D. Grayson. La d´emonstration est essentiellement une application du lemme
B de Quillen sur les espaces simpliciaux.
Th´ eor` eme 5 [D´ evissage]
Soit A une petite cat´egorie ab´elienne, et (B ⊂ A) une sous-cat´egorie pleine, non-vide, stable par sous-objets, quotients et produits finis dans A. On suppose que tout objet M de A admet une filtration ( 0 = M
0⊂ M
1⊂ . . . ⊂ M
n= M ) telle que le gradu´e M
j/M
j−1appartienne ` a B, pour tout indice j. Alors l’inclusion induit une ´equivalence d’homotopie : K(B)
∼// K(A) .
Th´ eor` eme 6 [R´ esolution]
Soit M une petite cat´egorie exacte, et (P ⊂ M) une sous-cat´egorie pleine, contenant 0, et v´erifiant les trois propri´et´es de stabilit´e suivantes :
On consid`ere la suite exacte
(1) : 0 → M
0→ M → M
00→ 0
Si on suppose M
0, M
00dans P, alors M y est aussi.
Si on suppose M dans P, alors M
0y est aussi.
Enfin pour tout objet M
00de M, il existe une suite exacte (1) avec M dans P.
Alors, l’inclusion induit une ´equivalence d’homotopie : K(P)
∼// K(M) . Remarque : Trouver une g´en´eralisation au cadre des cat´egories de Waldhausen de ces th´eor`emes de “ d´evissage ” et “ r´esolution ” reste un probl`eme d’actualit´e.
1.3 Une application utile
Nous pr´esentons ici comme application des th´eor`emes g´en´eraux pr´ec´edents une proposition classique, due ` a Gillet-Waldhausen :
Proposition 1 .
Soit R un anneau. Alors si on note P
Rla cat´egorie des C-modules projectifs de type fini, C
fRla cat´egorie des R-complexes finis, et C
Rla cat´egorie des R-complexes homotopiquement finis, alors on a le mˆeme espace de K-th´eorie K(R) ' K( P
R, isom) ' K(C
fR, qis) ' K(C
R, qis).
D´ emonstration :
1ere` ´etape : On applique le th´eor`eme d’approximation au foncteur d’inclusionCfR⊂CR. [Saturation] : Les quasi-isomorphismes sont les fl`eches qui induisent des isomorphismes en homologie ; or les isomorphismes v´erifient cet axiome.
[Cylindre] : Ces deux cat´egories poss`edent un foncteur-cylindre classique. Pour toute fl`eche (f∗:A∗→B∗), on pose [T(f)n=An⊕An−1⊕Bn] muni de la diff´erentielle :d(x, y, z) = (dx+y,−dy, dz−f(y)), et des inclusions canoniques (j1 :A→T(f)) et (j2 :B→T(f)).
Le conoyau dej2 est alors le cˆoneCA, qui est contractile, doncj2 est un qis. La projection (p:T(f)→B) v´erifie [p◦j2=IdB] donc par saturation,pest un qis.
[App1] : Il est ´evident que le foncteur d’inclusion est exact, et pr´eserve et d´etecte les qis.
[App2] : Soit A∗ fini et B∗ homotopiquement fini, avec une fl`eche (f∗ : A∗ → B∗) fix´ee.
Alors il existeB∗0 fini avec (h : B∗0 →B∗) ´equivalence d’homotopie. On remonte la fl`eche f en une fl`eche (g :A→B0) grˆace `a l’inverse homotopique deh. Alors (h◦g ∼f) donc (f−h◦g) se factorise par le cˆoneCA, en (e◦i). On pose enfin (α:A→CA⊕B0= (i, g)) et (β:CA⊕B0= (e, h)) ; on a bien (β◦α=f) etβest un qis, et (CA⊕B0) est fini.
Ainsi nous avons v´erifi´e toutes les hypoth`eses du th´eor`eme d’approximation de Waldhausen, donc le foncteur d’inclusion induit une ´equivalence en K-th´eorie :K(CfR, qis)'K(CR, qis).
2i`eme´etape : Notons CNM la sous-cat´egorie pleine de CfR form´ee des R-complexes C∗ tels
que Ck est nul si k 6∈ [M, N]. La suspension induit bien sˆur une ´equivalence [K(CNM) ' K(CN−M0 )]. Il suffit donc de consid´erer les cat´egoriesCn0. On va raisonner par r´ecurrence sur l’indicen.
On utilise le th´eor`eme de fibration avec pour cofibrations : (coCn0 = morphismes de complexes (Ai
// //
Bi) injectifs en chaque degr´e, dont le conoyau Bi/Ai est dansP
R ), et comme classes d’´equivalences faibles : (vCn0 = isomorphismes en chaque degr´e ), et (wCn0 = quasi- isomorphismes ). On sait d´ej`a que wCn0 v´erifie les axiomes de [Saturation] et [Cylindre].Elle v´erifie aussi l’axiome d’[Extension] d’apr`es le lemme des 5. On obtient donc la fibration homotopique sur les spectres de K-th´eorie : [K(Cn,w0 , v)
// //
K(Cn0, w)// //
K(Cn0, w) ].Consid´erons la suite exacte : [ (. . .→C2→Ker(d1)→0)
// //
C∗// //
(0→C0→C0→0) ].Elle permet, via le th´eor`eme d’additivit´e, de montrer que le foncteur projection sur le terme (p0:C∗7→C0) induit une suite exacte scind´ee : [K∗(Cn,w1 , v)
// //
K∗(Cn,w0 , v) p0// //
K∗(R) ].Consid´erons alors la suite exacte : [ (0→C0→0)
// //
C∗// //
(0→Cn→. . .→C1→0) ].Elle permet, via le th´eor`eme d’additivit´e, de montrer que le foncteur projection sur le terme (p0:C∗7→C0) induit une suite exacte scind´ee : [K∗(Cn1, v)
// //
K∗(Cn0, v) p0// //
K∗(R) ].On obtient ainsi le diagramme commutatif suivant, o`u le carr´e not´e pest “ exact ” ( dans la cat´egorie ab´elienne des spectres, c’est `a la fois un pullback et un pushout homotopiques ) :
K∗(Cn−1,w0 , v)
// //
oK∗(Cn−10 , v)
// //
oK∗(Cn−10 , w)
oK∗(Cn,w1 , v)
// //
K∗(Cn1, v)
// //
K∗(Cn1, w)
op K∗(Cn,w0 , v)
// //
K∗(Cn0, v)
// //
K∗(Cn0, w)
K∗(R) K∗(R)
Ainsi on d´emontre, par r´ecurrence sur l’indicen, que [K∗(Cn0, w)'K∗(C00, w)'K∗(R)].
Enfin on conclut : [K∗(CfC)'K∗( lim−→
n∈N
Cn−n)'lim−→
n∈N
K∗(Cn−n)'lim−→
n∈N
K∗(C2n0 )'K∗(R)].
1.4 Architecture de l’article [Wal78]
1.4.1 Motivation g´ eom´ etrique
Soit G un groupe, et R un anneau. Waldhausen ´etudie des conditions pour que le morphisme de Ω-spectres : BG
+∧ K(R) → K(R[G]) ( c’est-` a-dire la fameuse
“ assembly map ” ) soit un isomorphisme. Pour cela, il construit une fibration homotopique : (BG
+∧ K(R) → K(R[G]) → W h
R(G)), naturelle en (R, G), et il d´efinit ainsi les groupes relatifs W h
Ri(G) = π
iW h
R(G) qui prolongent les groupes de Whitehead usuels : en effet, W h
Z0(G) = ˜ K
0( Z G) et W h
Z1(G) = W h(G) [ tout l’int´erˆet de consid´erer tout R est de pouvoir prendre aussi sa suspension ΣR ]. Pla¸cons-nous alors dans le cas d’une somme amalgam´ee :
H // //
G
0y
G
1// G
1∗
HG
0Alors on a une suite de Mayer-Vietoris pour la th´eorie homologique associ´ee au Ω-spectre BG
+∧ K( Z ). Donc si on a aussi une suite de Mayer-Vietoris pour K( Z [.]), alors on en d´eduit une autre pour W h
∗(.). Dans ce cas, la nullit´e de W h
∗(H),W h
∗(G
0) et W h
∗(G
1) implique celle de W h
∗(G
1∗
HG
0). Afin de d´emontrer ces th´eor`emes dans le bon cadre, Waldhausen remplace les notions de “ somme amalgam´ee ” et “ HNN-extension ” de groupes, par les notions de “ produit libre ” et “ extension de Laurent ” pour les anneaux de groupes correspondants [ il s’av`ere alors qu’un 3
i`emecas se traite de la mˆeme fa¸con, celui d’une “ extension polynomiale ” ]. Ainsi posant (C = Z H ), (A = Z G
0), (B = Z G
1), et (R = Z G
1∗
HG
0) il obtient le pushout d’anneaux :
C // //
A
y
B // R
avec des injections pures, (A = C ⊕ A
0) comme C-bimodules, A
0libre ` a gauche, et (B = C ⊕ B
0) comme C-bimodules, B
0libre ` a gauche. Waldhausen montre ensuite la nullit´e de W h
∗(G) sur une certaine classe de groupes, en regardant l’excision au niveau de la K-th´eorie dans les 3 cas de “ produit libre g´en´eralis´e ” ( modulo une hypoth`ese de r´egularit´e, et de coh´erence sur l’anneau de base ).
1.4.2 Description des 3 cas ´ etudi´ es
1. Produit libre
On consid`ere 3 anneaux (A, B, C) munis d’injections (α : C → A) et (β : C → B) “ pures ” [ c’est-` a-dire qu’on suppose les scindages suivants : (A = α(C) ⊕ A
0) et (B = β(C) ⊕ B
0) comme C-bimodules ]. On suppose de plus que A
0et B
0sont libres ` a gauche. On regarde alors le pushout ( en fran¸cais, “ carr´e cocart´esien ” ) d’anneaux suivant :
C
α//
β
A
y
B // R
On a la d´ecomposition suivante en C−bimodules :
R = C ⊕ A
0⊕ B
0⊕ (A
0⊗
CB
0) ⊕ (B
0⊗
CA
0) ⊕ (A
0⊗
CB
0⊗
CA
0) ⊕ . . ..
2. Extension de Laurent
On consid`ere 2 anneaux (C, A) munis de 2 injections pures (α, β : C → A) de compl´ements A
0et A
00libres ` a gauche. On regarde l’ “ extension de Laurent ” R : c’est un anneau contenant A et un ´el´ement inversible t ( formel ) tel que : [α(c)t = tβ(c), ∀c ∈ C]. On montre une d´ecomposition en C−bimodules analogue ` a celle du 1
ercas : R est la somme directe de C et de tous les produits tensoriels form´es par les C-bimodules
αA’
α,
βA
α,
β
A”
β,
αA
β, o` u 2 indices adjacents doivent ˆetre diff´erents.
3. Extension polynomiale
On consid`ere un anneau C et un C-bimodule S libre ` a gauche. On note
R l’alg`ebre tensorielle classique C[S]. On a la d´ecomposition suivante en C−bimodules : R = C ⊕ S ⊕ (S ⊗
CS) ⊕ (S ⊗
CS ⊗
CS) ⊕ . . .
1.4.3 Suites exactes
Dans les 3 cas ci-dessus, Waldhausen donne une description des R−modules en termes de modules sur les anneaux interm´ediaires : D´ efinition 1 .
Nous allons d’abord d´efinir la notion de “ splitting diagram ”.
(1) : c’est la donn´ee de modules ` a droite M
A, M
B, M
Csur les anneaux A, B, C, et d’un fl`eche R-lin´eaire [K : (M
A⊗
AR) ⊕ (M
B⊗
BR) → (M
C⊗
CR)] telle que K(M
A) ⊂ (M
C⊗A) et K(M
B) ⊂ (M
C⊗B). On peut aussi ´ecrire : K = K
α−K
βavec K
α(M
B) = 0 et K
β(M
A) = 0.
(2) : c’est la donn´ee de modules M
A, M
Csur les anneaux A, C , et d’une fl`eche R- lin´eaire [K : (M
A⊗
AR) → (M
C⊗
CR)] telle que K(M
A) ⊂ M
C⊗
C(A⊕tA). On peut ´ecrire K = K
α−K
βavec K
α(M
A) ⊂ (M
C⊗
CA) et K
β(M
A) ⊂ (M
C⊗
CtA).
(3) : c’est la donn´ee de modules M
C, M
C0sur l’anneau C, et d’une fl`eche R- lin´eaire [K : (M
C⊗
CR) → (M
C0⊗
CR)] telle que K(M
C) ⊂ M
C0⊗
C(C ⊕ S).
On peut ´ecrire K = K
0− K
1avec K
0(M
C) ⊂ M
C0et K
1(M
C) ⊂ (M
C0⊗
CS).
D´ efinition 2 .
Une pr´esentation de Mayer-Vietoris est une suite exacte courte dans M od
Rdont la fl`eche de droite est le morphisme R-lin´eaire d’un “ splitting diagram ”.
Les pr´esentations de Mayer-Vietoris forment une cat´egorie de Waldhausen : (1) Un morphisme f est la donn´ee de 4 fl`eches (f
R: M → N ) ∈ F l(M od
R), (f
A: M
A→ N
A) ∈ F l(M od
A), (f
B: M
B→ N
B) ∈ F l(M od
B)
et (f
C: M
C→ N
C) ∈ F l(M od
C), formant un diagramme commutatif : M
fR
// // M
A⊗
AR ⊕ M
B⊗
BR // //
0
@
f
A⊗
R0
0 f
B⊗
R1 A
M
C⊗
CR
fC⊗ C
N // // N
A⊗
AR ⊕ N
B⊗
BR // // N
C⊗
CR
Une ´equivalence faible est une fl`eche f = (f
R, f
A, f
B, f
C) dont les 4 composantes sont des isomorphismes. Une cofibration est une fl`eche f , dont les 4 composantes sont des cofibrations, et dont le conoyau est encore une pr´esentation de Mayer- Vietoris ( condition semblable ` a la structure de F
1(C) ).
(2) Un morphisme f est la donn´ee de 3 fl`eches (f
R: M → N ) ∈ F l(M od
R), (f
A: M
A→ N
A) ∈ F l(M od
A) et (f
C: M
C→ N
C) ∈ F l(M od
C)
formant un diagramme commutatif : M
fR
// // M
A⊗
AR
fA⊗ R
// // M
C⊗
CR
fC⊗ R
N // // N
A⊗
AR // // N
C⊗
CR
Une ´equivalence faible est une fl`eche f = (f
R, f
A, f
C) dont les 3 composantes
sont des isomorphismes. Une cofibration est une fl`eche f , dont les 3 composantes
sont des cofibrations, et dont le conoyau est encore une pr´esentation de Mayer- Vietoris ( condition semblable ` a la structure de F
1(C) ).
(3) Un morphisme f est la donn´ee de 3 fl`eches (f
R: M → N ) ∈ F l(M od
R), (f
C: M
C→ N
C) ∈ F l(M od
C) et (f
C0: M
C0→ N
C0) ∈ F l(M od
C)
formant un diagramme commutatif : M
fR
// // M
C⊗
CR
fC⊗ R
// // M
0C⊗
CR
fC0⊗ R
N // // N
C⊗
CR // // N
C0⊗
CR
Une ´equivalence faible est une fl`eche f = (f
R, f
C, f
C0) dont les 3 composantes sont des isomorphismes. Une cofibration est une fl`eche f , dont les 3 compo- santes sont des cofibrations, et dont le conoyau est encore une pr´esentation de Mayer-Vietoris ( condition semblable ` a la structure de F
1(C) ).
Proposition 2 [Classification]
On se place dans chacun des 3 cas ´etudi´es ci-dessus, avec ses hypoth`eses. Soit M un R-module ( ` a droite ). Alors il existe des pr´esentations de Mayer-Vietoris : (1) 0 → M → M
A⊗
AR ⊕ M
B⊗
BR → M
C⊗
CR → 0
(2) 0 → M → M
A⊗
AR → M
C⊗
CR → 0 (3) 0 → M → M
C⊗
CR → M
C0⊗
CR → 0
De plus, avec des hypoth`eses de finitude ( si l’anneau de base C est noeth´erien, et pour le 3
i`emecas, si S est de pr´esentation finie comme C-module ` a droite ) si M est de pr´esentation finie, on peut garder la mˆeme condition pour tous les autres modules M
C, M
A, M
B, M
C0qui interviennent dans les suites exactes.
1.4.4 Cat´ egories de Mayer-Vietoris
D´ efinition : On notera MV
la cat´egorie des pr´esentations de Mayer-Vietoris () ci-dessus, o` u chacun des modules cit´es est projectif de type fini sur son anneau de base. Il y a un foncteur oubli canonique (f
: MV
→ P
R), qui ` a toute suite exacte () associe le R-module M. On notera P
∗,R= Im(f
) et V
= Ker(f
).
Le terme V est la fibre de f au-dessus de l’objet nul ( ses ´el´ements sont appel´es les “ admissible split modules ” dans le jargon de Waldhausen ).
Proposition 3 .
Dans les 3 cas ´etudi´es, la cat´egorie P
∗,Rest cofinale dans P
R.
On en d´eduit dans chaque cas que l’inclusion induit un isomorphisme pour tout indice (i ≥ 1), K
i(P
∗,R)
∼// K
i(P
R) , et une inclusion K
0(P
∗,R) // // K
0(P
R) . Th´ eor` eme 7 .
On a la fibration homotopique : [ K( V
) // // K( MV
) // // K( P
∗,R) ].
Th´ eor` eme 8 .
Les diff´erents foncteurs oublis induisent des ´equivalences d’homotopies :
(1) K(MV
1)
∼// K(A) × K(B) × K(C) .
(2) K(MV
2)
∼// K(A) × K(C) . (3) K( MV
3)
∼// K(C) × K(C) .
Remarques : Dans la proposition 3, on voit que l’image de f
contient les libres.
Il ne reste alors qu’` a appliquer le th´eor`eme de cofinalit´e. Dans le th´eor`eme 7, il suffit de v´erifier les hypoth`eses du th´eor`eme de fibration. Enfin, le th´eor`eme 8 se r`egle essentiellement grˆ ace au th´eor`eme d’additivit´e.
1.4.5 Les 3 cat´ egories N il
Dans chacun des 3 cas d´ecrits ci-dessus, Waldhausen montre une ´equivalence de cat´egories entre la cat´egorie de diagrammes V et une cat´egorie Nil dont les objets sont des modules projectifs munis de fl`eches nilpotentes :
u w w w w w w w w w w w w w w w w w w w v
Produit libre :
N il(C; A
0, B
0) est la cat´egorie des quadruplets (P, Q, p, q) o` u P et Q sont deux C-modules ` a droite projectifs, (p : P → Q ⊗
CA
0) et (q : Q → P ⊗
CB
0) deux fl`eches nilpotentes ( c’est-` a-dire (p ◦ q)
nest nulle pour n assez grand ).
Extension de Laurent :
Nil(C;
αA’
α,
βA”
β;
βA
α,
αA
β) est la cat´egorie des quadruplets (P, Q, p, q) o` u P et Q sont deux C-modules ` a droite projectifs, (p : P → (Q ⊗
C αA’
α) ⊕ (P ⊗
C βA
α)) et (q : Q → (P ⊗
C βA”
β)⊕(Q⊗
C αA
β)) deux fl`eches nilpotentes ( c’est-` a-dire (p ⊕ q)
nest nulle pour n assez grand ).
Extension polynomiale :
Nil(C; S) est la cat´egorie des paires (M, α) o` u M est un C-module ` a droite projectif, et (α : M → M ⊗S) une fl`eche nilpotente ( c’est-` a-dire α
nest nulle pour n assez grand ).
}
~
Proposition 4 .
a. Il existe un C × C-bimodule X et il existe une ´equivalence de cat´egories : Nil(C; A
0, B
0) ∼ = Nil(C×C; X), induite par le foncteur d´efini par : [(P, Q, p, q) 7→
(P ⊕ Q, p ⊕ q)]. Ce foncteur induit donc une ´equivalence au niveau des spectres connexes de K-th´eorie alg´ebrique.
b. Il existe un C × C-bimodule Y et il existe une ´equivalence de cat´egories : Nil(C;
αA’
α,
βA”
β;
βA
α,
αA
β) ∼ = Nil(C × C, Y ), induite par le foncteur d´efini par : [(P, Q, p, q) 7→ (P ⊕ Q, p ⊕ q)]. Ce foncteur induit donc une ´equivalence au niveau des spectres connexes de K-th´eorie alg´ebrique.
D´ emonstration :
a. Il suffit de poserX=A0⊕B0, o`u le premier facteurCagit surA0`a droite viaα, et surB0
`
a gauche viaβ; les autres actions sont triviales. Le deuxi`eme facteurC agit surA0 `a gauche viaα, et surB0 `a droite viaβ. Les autres actions sont triviales.
b. On poseY = αA’α⊕βA”β⊕βAα⊕αAβ, o`u le premier facteurCagit sur les termes via α, et le deuxi`eme viaβ( la notation est suggestive ; les autres actions sont triviales ).
Les v´erifications sont ´evidentes. On verra au chapitre 4.4 comment d´efinir des spectres de K-th´eorie non-connexes : dans ce cadre, les ´equivalences ci-dessus se prolongent naturellement aux spectres “ g´en´eralis´es ”.
1.4.6 L’obstruction ` a l’excision : KNil ˜
• Dans le cas d’une “ extension polynomiale ”, on a le foncteur “ oubli ” [f : N il(C; S) → M od
C] d´efini par [(M, α) 7→ M]. Il poss`ede une section [i : M od
C→ N il(C; S)] d´efinie par [M 7→ (M, 0)]. Par le th´eor`eme d’additi- vit´e, on obtient donc le scindage : KNil(C; S) = K(C) × KNil(C; ˜ S).
• Dans le cas d’un “ produit libre ” d’anneaux, on a le foncteur “ oubli ” [f : Nil(C; A
0, B
0) → M od
C× M od
C] d´efini par [(P, Q, p, q) 7→ (P, Q)]. Il poss`ede alors une section [i : M od
C× M od
C→ Nil(C; A
0, B
0)] d´efinie par [(P, Q) 7→ (P, Q, 0, 0)]. Par le th´eor`eme d’additivit´e, on obtient donc le scindage suivant : KNil(C; A
0, B
0) = K(C) × K(C) × KNil(C; ˜ A
0, B
0).
• Dans le cas d’une “ extension de Laurent ”, on a le foncteur “ oubli ”
[f :N
il(C;αA’α,βA”β;βAα,αAβ)→M odC×M odC]d´efini par [(P, Q, p, q) 7→ (P, Q)].
Il poss`ede une section
[i:M odC×M odC→N
il(C;αA’α,βA”β;βAα,αAβ)]d´efinie par [(P, Q) 7→ (P, Q, 0, 0)]. Par le th´eor`eme d’additivit´e, on obtient le scindage :
KN
il(C;αA’α,βA”β;βAα,αAβ) =K(C)×K(C)×K˜N
il(C;αA’α,βA”β;βAα,αAβ).
• Enfin, tout objet de type fini de l’une des cat´egories N il poss`ede une filtration finie par des sous-objets de type fini, de quotients appartenant tous ` a Im(i).
Th´ eor` eme 9 [Obstruction]
On se place dans chacun des cas ´etudi´es en 1.4.2 [ avec ses hypoth`eses ]. De plus, on supposera dans le 3
i`emecas, que S est projectif de type fini ` a droite.
u w w w w w w w w w w w w w w w v
Produit libre :
Le spectre ΩK(R) est homotopiquement ´equivalent ` a la somme du spectre d’obstruction K ˜ N il(C; A
0, B
0)
et de la fibre homotopique de [(K(α), −K(β)) : K(C) → K(A) × K(B)].
Extension de Laurent :
Le spectre ΩK(R) est homotopiquement ´equivalent ` a la somme du spectre d’obstruction K ˜ N il(C;
αA’
α,
βA”
β;
βA
α,
αA
β) et de la fibre homotopique de [(K(α) − K(β)) : K(C) → K(A)].
Extension polynomiale :
Le spectre ΩK(R) est homotopiquement ´equivalent ` a la somme du spectre d’obstruction KNil(C; ˜ S) et du spectre ΩK(C).
}
~
1.4.7 Le cas coh´ erent r´ egulier
D´etaillons la r´eduction du cas du “ produit libre ” d’anneaux, sous l’hypoth`ese suppl´ementaire que l’anneau de base C est coh´erent r´egulier.
1
ere`´etape :
Notons M
pfCla cat´egorie des C-modules de pr´esentation finis. Comme C est r´egulier coh´erent, c’est une cat´egorie ab´elienne, o` u tout objet a une dimension projective finie. Par le th´eor`eme de r´esolution, on a donc : K(P
C) ' K(M
pfC).
2
i`eme´etape :
Notons V
pfla mˆeme cat´egorie de diagrammes que V mais o` u tous les modules qui interviennent sont de pr´esentation finie. Tout objet de V
pfpeut ˆetre r´esolu par des objets de V ( toujours car C est r´egulier coh´erent ). Par le th´eor`eme de r´esolution, on a donc : K(V) ' K(V
pf).
3
i`eme´etape :
Tout objet de V
pfadmet une filtration finie de quotients dans i(M
pfC× M
pfC).
En effet, dans la filtration ´evoqu´ee plus haut, tout sous-objet d’un objet de pr´esentation finie est de pr´esentation finie ( car C est coh´erent ). Par le th´eor`eme de d´evissage, on a donc : K( M
pfC) × K( M
pfC) ' K( V
pf).
4
i`eme´etape :
Le diagramme commutatif : K( P
C) × K( P
C) //
o
K( V )
o
K( M
pfC) × K( M
pfC)
∼// K(V
pf)
conclut.
Th´ eor` eme 10 [R´ eduction]
On garde les hypoth`eses du th´eor`eme d’[Obstruction]. Supposons de plus, que l’anneau de base C est “ coh´erent r´egulier ” ( cf rappels au chapitre 5.1 ). Alors chacun des spectres d’obstruction KNil(C; ˜ . . .) ci-dessus devient contractile.
u w w w w w w w w w w w w w w w w w v
Produit libre :
La fibration homotopique : ( ΩK(R) // // K(C)
(α,−β)// // K(A) × K(B) ) fournit une suite exacte longue d’homotopie :
(. . . K
i(C) → K
i(A) ⊕ K
i(B) → K
i(R) → K
i−1(C) . . .).
Extension de Laurent :
La fibration homotopique : ( ΩK(R) // // K(C)
α−β// // K(A) ) fournit une suite exacte longue d’homotopie :
(. . . K
i(C) → K
i(A) → K
i(R) → K
i−1(C) . . .).
Extension polynomiale :
Ici l’´equivalence de spectres : ΩK(R) ' ΩK(C)
induit des isomorphismes : K
i(R) ' K
i(C), pour tout i > 0.
}
~
1.4.8 Classe de Waldhausen
D´ efinition 3 .
Soit la plus petite classe de groupes v´erifiant : (1) Le groupe trivial 1 est dans .
(2) Si Z [G
0] est r´egulier coh´erent, G
1est dans , et α, β sont 2 injections, alors la HNN-extension de ( G
0 α// // //
β
// G
1) est dans .
(3) Si Z [G
0] est r´egulier coh´erent, G
1, G
2sont dans , et α, β sont 2 injec- tions, alors la somme amalgam´ee G
0//
α//
β
G
1y
G
2// (G
1∗
G0G
2)
est dans .
(4) est stable par limite inductive filtrante.
Remarque : La mˆeme classe est obtenue si dans les cas (2) et (3) de la d´efinition ci-dessus, on impose la condition suppl´ementaire que G
0soit dans . Th´ eor` eme 11 .
La classe est stable par sous-groupe et contient :
(a) les groupes libres
(b) les groupes ab´eliens libres ( et donc les groupes ab´eliens sans torsion ) (c) les poly- Z -groupes
(d) les groupes sans torsion ` a une relation
(e) les groupes fondamentaux des surfaces autres que le plan projectif (f ) les groupes fondamentaux des vari´et´es de Hecke irr´eductibles
(g) les groupes fondamentaux des sous-vari´et´es de la sph`ere de dimension 3 (h) tout sous-groupe d’un groupe de
Th´ eor` eme 12 .
Soit R est un anneau noeth´erien r´egulier, et G un groupe dans la classe
de Waldhausen, alors le spectre connexe W h
R(G) est contractile. Autrement
dit, la K-th´eorie alg´ebrique K(R[G]) se comporte comme la th´eorie homologique
associ´ee au Ω-spectre BG
+∧ K(R) par rapport ` a la variable G des groupes
dans la classe ; en particulier, elle v´erifie le th´eor`eme d’excision, ce qui nous
donne des suites exactes longues de Mayer-Vietoris ( d’o` u certaines facilit´es
calculatoires ).
Chapitre 2
Diverses cat´ egories de complexes
D´esormais, afin de travailler avec des cat´egories de Waldhausen munies de foncteurs-cylindres, et de poss´eder un structure de cat´egorie triangul´ee don- nant aux th´eor`emes de localisation leur vrai cadre, nous allons nous appliquer ` a syst´ematiquement remplacer les modules de M od
Rpar des complexes de C
R, et les fl`eches nilpotentes α par des multicomplexes de C
D0
, B , A , ou H . Nous verrons alors dans ce nouveau langage plusieurs traductions de la cat´egorie N il(R; S) de Waldhausen.
2.1 Les complexes usuels C R
D´ efinition 4 .
Soit R l’anneau de base. On fixe S un bimodule, plat ` a gauche.
On note M od
Rla cat´egorie des R-modules ` a droite.
On note C
Rla cat´egorie des R-complexes projectifs.
On note P
Rla cat´egorie des R-modules projectifs de type fini.
Soit C
fR
la cat´egorie des complexes projectifs B
∗“finis” : L
i∈Z
B
i∈ P
R.
On note C
Rla cat´egorie des complexes projectifs A
∗“homotopiquement finis” :
∃B
∗∈ C
fR
, ∃(f : B
∗→ A
∗), ∃(g : A
∗→ B
∗), (f ◦ g ∼ Id
A), (g ◦ f ∼ Id
B).
Cette cat´egorie des complexes usuels C
Rsera ` a la base de toutes nos construc- tions, car elle regroupe 3 propri´et´es tr`es utiles : d’abord elle fournit la K-th´eorie de l’anneau de base [ K( C
R, qis) = K(R) d’apr`es la propri´et´e 1 ], ensuite elle fait co¨ıncider les notions d’acyclicit´e et de contractibilit´e [ voir le chapitre 5.5, d’o` u des facilit´es de calcul d’objets locaux ], enfin elle poss`ede un foncteur-cylindre : D´ efinition 5 .
On consid`ere une fl`eche [f
∗: A
∗→ B
∗] de C
R. Pour des espaces topologiques,
le cylindre g´eom´etrique T (f ) est form´e du produit A × I de l’espace de d´epart
par l’intervalle I = [0, 1], auquel on recolle en (t = 1) l’espace d’arriv´ee B en
assimilant (a, 1) avec f (a) ∈ B. Alg´ebriquement, cela donne une d´ecomposition :
T (f ) = (
0⊗ A) ⊕(
1⊗A) ⊕(η
0⊗ B) avec 3 termes formels
0et η
0de degr´e 0 [ corres- pondant aux sommets (t = 0) et (t = 1) ] et
1de degr´e 1 [ correspondant ` a l’arˆete I , de bord (
0− η
0) ]. Reste ` a d´efinir la diff´erentielle : d(
0⊗ a) =
0⊗ d
A(a), puis d(η
0⊗ b) = η
0⊗ d
B(b), et d(
1⊗ a) =
(
0⊗ a) ⊕ (
1⊗ −d
A(a)) ⊕ (η
0⊗ −f (a)). A B
f (A) T(f )
A × I
f
Pour compl´eter cette structure de foncteur-cylindre, on a les deux inclusions (j
1: A →
0⊗ A) et (j
2: B → η
0⊗ B) et la projection (p : T (f ) → B) d´efinie par : [p(
0⊗ a) = f (a), p(
1⊗ a) = 0, et p(η
0⊗ b) = b]. On v´erifie ais´ement que (p ◦ j
1= f ) et (p ◦ j
2= Id
B). Cette construction g´eom´etrique est fonctorielle, et remplit les axiomes [Cyl1], [Cyl2] et [Cylindre] par rapport ` a la structure de cat´egorie de Waldhausen ( w C
R= qis, co C
R= mono de conoyau projectif ).
Une autre d´efinition plus compacte du foncteur-cylindre T (f ) est la suivante : [T (f )
n= A
n⊕ A
n−1⊕ B
n] de diff´erentielle d(x, y, z) = (dx + y, −dy, dz − f (y)).
2.2 Les D 0 -complexes : C D
0
, B , A , B n , A n
D´ efinition 6 . u
w w w w w w w w w w w w w v
On d´efinit la cat´egorie C
D0des D
0-complexes : A
∗= ( 0 $$
λ0
66 A
1((
λ1
66
α1
zz zz A
2α2
vv vv ((
λ2
66 A
3α3
vv vv ((
λ3
55 . . .
α4
vv vv ))
λn−1
55 A
nαn
uu uu ))
λn
55 . . .
αn+1
uu uu )
o` u pour tout entier i, le complexe A
iest projectif, la fl`eche ( A
i//
λi// A
i+1) est une “ cofibration ” de C
R:
un mono en chaque degr´e, de conoyau projectif, morphisme de chaˆınes, la fl`eche ( A
i+1αi+1
// // A
i⊗ S ) est un morphisme de chaˆınes,
de plus, on a la relation de compatibilit´e : [α
i+1◦ λ
i= (λ
i−1⊗ Id
S) ◦ α
i].
Un morphisme de cette cat´egorie C
D0est alors la donn´ee, pour tout entier i, de morphismes de complexes (f
i)
i≥0de degr´e 0, faisant commuter les diagrammes :
A
i//
λi//
fi
A
i+1 αi+1// //
fi+1
A
i⊗ S
fi⊗IdS
B
i//
λi
// B
i+1 αi+1// // B
i⊗ S
On donne ` a la cat´egorie C
D0une structure de cat´egorie de Waldhausen suivant le mod`ele donn´e par F
1( C ) : on pose w C
D0= {(f
i)
i≥0|∀i, f
i∈ w C
R} et co C
D0= {(f
i)
i≥0|∀i, f
i∈ co C
Ret (B
i`
Ai
A
i+1→ B
i+1) ∈ co C
R}. Cette condition
assure que le conoyau d’une fl`eche (f
i)
i≥0∈ co C
D0est encore un objet de C
D0.
Apr`es cette d´efinition conceptuelle, il est ais´e de d´efinir des variantes “ finies ”
ou “ nilpotentes ” de cette cat´egorie de multicomplexes, puis de les graduer.
D´ efinition 7 .
• On consid`ere la sous-cat´egorie pleine B de C
D0form´ee des D
0-complexes (A
∗) o` u tous les complexes A
isont homotopiquement finis, et o` u les cofibrations λ
ise stabilisent : [∃n, ∀i ≥ n, λ
i∈ w C
R]. On notera A
∞la limite stabilis´ee des A
isuivant λ. Les objets de B seront appel´es les D
0-complexes “ finis ”.
• Soit A la sous-cat´egorie pleine de B form´ee des objets (A
∗) tels que A
∞est contractile. Les objets de A seront appel´es les D
0-complexes “ nilpotents ”.
• B et A h´eritent de la structure de cat´egorie de Waldhausen induite par celle de C
D0
. De plus, ces deux cat´egories sont naturellement filtr´ees par le degr´e
“ n ” de stabilisation des A
i: ainsi A
nest la cat´egorie des multicomplexes (0 → A
1→ . . . → A
n−1→ ∗ ' ∗ ' . . .), les A
i´etant homotopiquement finis.
Visuellement : un multicomplexe de B
nest un espace A
nfiltr´e, muni d’une ap- plication (α : A
n→ A
n⊗ S) gradu´ee descendante, nilpotente d’ordre au plus n.
2.3 Les D 0 -complexes r´ eduits B red
Pour des raisons techniques qui apparaˆıtront lors des d´emonstrations, il est n´ecessaire d’introduire une sous-cat´egorie de B compos´ee d’objets “ r´eduits ”, qui se comporte beaucoup mieux vis-` a-vis des calculs d’alg`ebre homologique, et redonne la mˆeme K-th´eorie.
D´ efinition 8 .
On appelle multicomplexe “ r´eduit ” un D
0-complexe A
∗o` u toutes les fl`eches α
isont surjectives pour tout indice (i ≥ 1). On note ( B
red, A
red, B
nred, A
nred) les sous-cat´egories respectivement de ( B , A , B
n, A
n) dont les objets sont r´eduits.
Lemme 1 .
Soit X un D
0-complexe quelconque. Alors il existe des D
0-complexes ( E acy- clique r´eduit ), et ( X ˜ r´eduit ), et une suite exacte courte fonctorielle en X :
( 0 // X //
j// X ˜ // // E // 0 ) D´ emonstration :
On construit les multicomplexes ˜XetEpar r´ecurrence suri:
•Pour (i= 0), on pose : ˜X0=X0=E0= 0.
Pour (i= 1), on pose : ˜X1=X1etE1= 0, carα1 est surjective.
Pour (i= 2), on force l’application ˜α2 `a ˆetre surjective en posant : X˜2=X2⊕C(X1⊗S) etE2=C(X1⊗S) [ le cˆone ] est contractile.
•On suppose construite la suite exacte de l’´enonc´e jusqu’au rang (i≥2).
On pose ˜Xi+1 = ( ˜Xi‘
XiXi+1)⊕C( ˜Xi⊗S). Les fl`echesλi et ji+1 sont fonctoriellement d´efinies par le pushout, et nulles sur le cˆoneC( ˜Xi⊗S). Alors posantEi+1=Ei⊕C( ˜Xi⊗S) contractile, on obtient bien une suite exacte courte au rang (i+ 1) compatible aux fl`echesλ.
Pour construire la fl`echeαi+1, on prend d’une part, la surjection canonique [(C( ˜Xi⊗S)→ X˜i⊗S)], obtenue g´eom´etriquement du cˆone vers la suspension, et d’autre part, on construit la fl`echeαi+1 sur le pushout ( ˜Xi‘
XiXi+1), grˆace `a la propri´et´e universelle du pushout, et `a la relation (λ◦α= α◦λ) : en d´etail, il faut montrer que les deux fl`eches canoniques ( ˜Xi→X˜i−1⊗S→X˜i⊗S) et (Xi+1→Xi⊗S→X˜i⊗S) co¨ıncident surXi. On ´ecrit alors :