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Structures magnétiques des orthoferrites de terres rares

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(1)

HAL Id: jpa-00206865

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00206865

Submitted on 1 Jan 1969

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Structures magnétiques des orthoferrites de terres rares

J. Mareschal, J. Sivardière

To cite this version:

J. Mareschal, J. Sivardière. Structures magnétiques des orthoferrites de terres rares. Journal de

Physique, 1969, 30 (11-12), pp.967-973. �10.1051/jphys:019690030011-12096700�. �jpa-00206865�

(2)

STRUCTURES

MAGNÉTIQUES

DES ORTHOFERRITES DE TERRES RARES Par

J.

MARESCHAL et

J. SIVARDIÈRE,

Centre d’Études Nucléaires de Grenoble, France.

(Reçu

le 20

février 1969.)

Résumé. - On

précise

les structures

magnétiques

des sous-réseaux de fer et de terre

rare dans

quelques

orthoferrites de terres rares.

L’hypothèse

d’une très forte

anisotropie

de la

terre rare

permet d’interpréter

la

polarisation

non colinéaire du sous-réseau de terre rare dans l’état

paramagnétique

par le

champ

à l’ordre du fer, et ses

propriétés métamagnétiques

dans

l’état ordonné.

Abstract. 2014 One clarifies the

magnetic

structures of the iron and rare earth sub-lattices in some rare earth orthoferrites. The

hypothesis

of a strong one-ion

anisotropy

of the rare

earth

explains

the non colinear

polarization

of the rare earth sub-lattice in the

paramagnetic

state

by

the iron field, and its

metamagnetic properties

in the ordered state.

Introduction. - A la suite

d’exp6riences

de diffrac- tion

neutronique

en

temperature variable,

et de me-

sures de chaleur

spécifique

a basse

temperature [1],

nous avons

repris 1’6tude,

effectu6e r6cemment

[2],

de la structure

magn6tique

de l’orthoferrite de ter-

bium

TbFe03;

nous avons alors 6t6 amenes a

compl6ter l’investigation

de la s6rie

TFe03.

Nous examinons successivement l’ordre

magn6tique

du

fer, l’ordre magn6tique

et les

propri6t6s m6tamagn6- tiques

de la terre rare, enfin les

consequences

du

couplage

entre le fer et la terre rare :

polarisation

de

la terre rare et rotation de 1’aimantation du

fer;

nous

réinterprétons 6galement

certains resultats

exp6rimen-

taux

(diffraction neutronique [3],

mesures

magn6- tiques [4])

obtenus par d’autres chercheurs.

Notations utilisees.

- TNl

et

TN2 désignent

les

temp6-

ratures

respectives

d’ordre

magn6tique

des sous-r6seaux de fer et de terre rare.

F, G, C,

A

d6signent

les arrangements de moments

magnetiques (+

+ +

+), (+ -

+

-), ( -E- + - -), (--- -- +)

sur les sites 4 b et 4 c du groupe Pbnm.

1. Ordre

magndtique

du fer. - Nous avons 6tudi6

par diffraction

neutronique

la structure

magn6tique

du sous-r6seau de fer dans la s6rie

TFe03,

avec T =

Pr, Tb, Dy, Tm, Yb, Lu,

Y. A

partir

de la

temperature TNl N

650

OK5

le sous-r6seau de fer est ordonne anti-

ferromagntiquement

suivant un mode

G0153 (associ6

à

un faible

ferromagnetisme fz,

non detectable par dif- fraction de neutrons non

polaris6s

mais decele ais6ment par mesures

magnetiques) .

Dans certains

composés,

on observe a basse

temp6ra-

ture une rotation de 1’axe de facile aimantation du fer de x vers z ouy, c’est-a-dire un mode

Gz (associ6

a un

faible

ferromagnetisme fx)

ou

Gy (auquel

n’est associ6

aucun faible

ferromagnétisme,

en conformit6 avec le tableau I ou les modes

magn6tiques

des sous-r6seaux de fer et de terre rare sont classes suivant les

repr6senta-

tions irr6ductibles du groupe

Pbnm, k

= 0

[5]).

Cette

rotation, qui

s’6tale sur

plusieurs degr6s,

n’est

pas li6e a 1’etablissement d’un ordre

magn6tique coop6-

ratifde la terre rare.

C’est, d’apr6s

la th6orie de

Landau,

une transition du

premier ordre,

de chaleur latente

n6gligeable.

Elle se traduit par une variation du rap- port des intensités des raies

(011)

et

(101);

on peut aussi la mettre en evidence sur

poudres

par mesures d’aimantation en

champ

faible

[6],

effet Mossbauer et mesures de chaleurs

spécifiques [1].

11 arrive aussi que l’aimantation du fer tourne

quand

la terre rare

s’ordonne,

dans

ErFe03

par

exemple;

il

s’agit alors,

comme nous le verrons, d’un m6canisme different.

PrFe03.

- On observe un mode G comme dans

LaFe03

et

NdFeo3 [3];

les raies

(Oil)

et

(101)

ne sont

pas

s6par6es pour X -

1

Å

en raison de la faible distorsion de la structure

p6rovskite ideale;

on ne peut par suite

preciser

la direction du mode G et en d6celer

une 6ventuelle rotation.

SmFe03, EuFe03. -

Ces

composes

sont trop absor-

bants pour

pouvoir

etre etudies par diffraction neutro-

nique.

Dans

EuFe03,

la structure est sans doute du type

Gx

car on mesure a

4,2

OK un faible

ferromagn6- tisme fz [4].

Dans

SmFe03,

Bozorth et at. ont observe

vers 480 OK la transition

fz --->f ,,

associ6e a la tran-

sition

Gx

-->

G.,.

TbFeo3, TmFe03, YbFe03. -

Comme dans

HoFe03 [3],

on observe les modes successifs

Gx

et

G.,.

La rotation a lieu vers 8 oK dans

TbFeo3

et

YbFeo3l

vers 80 OK dans

TmFe03.

Ces resultats confirment des

mesures d’aimantation sur monocristal

[4].

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019690030011-12096700

(3)

968

DyFe03. -

Vers 30

OK,

on observe une transition

entre les modes

Gx

et

Gy (et

non

Gz) ;

le

rapport

des intensités des raies 1

(011)

et 1

(101)

varie en effet

de 3 a

1/3

environ.

Effectivement,

le faible

ferromagn6-

tisme

disparait

au-dessous de 30

OK;

la transition semble

plus

brutale que dans les autres

composes,

aucune anomalie de chaleur

sp6cifique

n’est

cependant

observ6e a cette

temperature [1].

YFe03, LuFe03. -

Le fer est ordonne suivant le mode

G,,,

aucune rotation n’est d6cel6e entre

1,5

°K

et la

temperature

ambiante.

GdFe03. -

Ce

compose

ne peut etre 6tudi6 par diffraction

neutronique.

A l’ambiante

[4],

on mesure

un faible

ferromagnétismefz;

il se peut que vers 80 °K le mode

Gx

associ6

change

de direction comme le

sugg6re

la variation de 1’aimantation en

champ

faible

[6].

ErFe03.

- Koehler et al.

[3] proposaient

le mode

Gx

a haute

temperature,

ce mode se trouvant dans le

plan (110)

au-dessous de 43

OK,

et suivant

(110)

au-

dessous de

TN2.

Nous pensons

qu’une premiere

rota-

tion

Gx

-

Gz

intervient vers 50 OK

puisqu’on

me-

sure

[4]

un faible

ferromagnetisme fz puis fx,

une

seconde rotation ayant lieu vers y

quand

1’erbium

s’ordonne,

d’ou les modes successifs

G,,, Gz, G,71.

II. Ordre

magndtique

de la terre rare. - Aucun ordre

coop6ratif

de la terre rare n’est observe dans

PrFe03, NdFeo3, TmFeo3

et

YbFeo3

au-dessus de

1,5

OK. Le

gadolinium

s’ordonne dans

GdFeo3

à

2,15

OK

[1],

la structure n’est pas connue.

Nous d6crivons ici 1’ordre du

terbium,

du

dyspro- sium,

de 1’holmium et de

1’erbium;

les resultats sont rassemblés dans le tableau II.

TbFe03. -

La

configuration Ax Gy apparait

au-

dessous de

T N2 = 3,1 °K;

les moments du terbium

font un

angle

6 voisin de 400 ou 350 avec 1’axe x, suivant

FIG. 1. - Variation, en fonction de la

temperature,

des

intensit6s des raies

(001)

et

(100)

de

TbFeO3,

carac-

t6ristiques

des modes

Ax

et

Cy

que le mode G du fer est

dirige

suivant x ou z

(mo-

d6les I et II de la reference

[2]

non

distinguables

sur

poudres).

Contrairement a ce

qui

a ete annonc6 dans

[2],

aucun ordre

coop6ratif

de

type Fx C,

du terbium ne

s’établit a

8,4

oK. Aucune anomalie de

type X

de la

chaleur

sp6cifique

n’est observ6e a cette

temp6ra-

ture

[1].

D’autre part

( fig. 1),

nous avons

suivi,

en

fonction de la

temperature,

les intensités des raies

(001)

et

(100) caractéristiques

des

modes Ax

et

C, :

la raie

Ax apparait

a

TN2 = 3,1

OK et se

d6veloppe jusqu’a saturation;

au

contraire,

l’intensit6 de la raie

Cy

dimi-

nue

quand

la

temperature

diminue de

4,2

OK a 2 OK.

Nous

indiquons plus

loin

l’origine

des raies de type

Fx

et

Cy

obser vees entre

8,4

oK et

3,1

OK.

DyFe03. -

Un

diffractogramme

a ete

enregistr6

a

1,5

OK : deux raies fortes sont observ6es de

part

et d’autre de la

position th6orique

de la raie

(001),

les

raies

(011)

et

(101)

sont

16g6rement d6plac6es,

la

raie

(111)

est forte et un peu

elargie;

ces observations

ont ete confirm6es sur un

diffractogramme enregistr6

FIG. 2.

Diffractogramme

de

DyFeo3

a 4,2 OK

(a)

et 1,5 OK

(b).

(4)

avec une

longueur

d’onde de

2,517 A (1) ( fig. 2).

Les

raies observ6es n’etant pas indexables dans la maille

chimique

ou un de ses

multiples simples,

la structure

magn6tique

du

dysprosium

est vraisemblablement heli-

coidale,

de

grande longueur d’onde,

le

modele Ax G,

en est une bonne

approximation.

Son

apparition

est

peut-etre

li6e a l’absence de faible

ferromagnétisme

sur le sous-r6seau de

fer,

et a une

anisotropie

faible

de l’ion

Dy3+

dans un

plan

contenant z et une direction du

plan xy

faisant un

angle 0 -- 4-

400 avec x. Une

6tude sur monocristal sera n6cessaire pour

pr6ciser

la structure.

HoFe03. -

Koehler et al.

[3]

ont observe la confi-

guration Fx Cy

au-dessous de

TN2

=

6,5 °K;

les deux

sous-r6seaux

(Fx Cy

et

Gz)

sont

couples

dans la

repre-

sentation

r2,

les moments de 1’holmium font un

angle

0

voisin de 630 avec l’axe x. La meme structure a 6t6 observ6e

depuis

dans

HoCr03 [10].

Comme l’a

sugg6r6

Bertaut

[5], le couplage

entre les

deux sous-r6seaux est du aux forces

d’6change

ou aux

forces

dipolaires.

11 n’est pas

impossible qu’a plus

basse

temperature puisse apparaitre

un ordre du

type

AG.

L’hypothèse

d’un

couplage

entre les deux sous-

r6seaux est confirmée par les faits suivants : l’holmium

ne s’ordonne pas a

1,5

OK dans

HoAI03 [1], il

s’ordonne

suivant la

configuration Gx Ay

dans

HoCo03 [7]

(cette

derni6re remarque met en relief

1’importance

des forces

dipolaires [2]).

ErFe03.

- Koehler et al. ont observe le mode

Cz

au-dessous de

TNZ

=

4,5

OK. Les deux sous-r6seaux

sont

couples

dans la

representation Tl,

vraisemblable-

ment par des forces

dipolaires [5]

et on observe effec- tivement une certaine rotation du mode du fer :

Gz ---+ G_ (cf.

tableau

I), accompagn6

d’une dimi- nution du faible

ferromagnétisme

associ6.

(1)

Nous remercions vivement B. Van Laar

qui

a effec-

tu6 cette

experience

au Centre Nuel6aire de Petten, Hollande.

TABLEAU I MODES

MAGNETIQUES

CLASSES SUIVANT LES REPRESENTATIONS DE Pbnm k =

(0, 0, 0)

(extrait

de E. F.

Bertaut, Magnetism III, Rado-Suhl)

Un

phénomène analogue

a ete observe dans

ErCr03 [8].

Le

couplage

entre les deux sous-r6seaux

est confirm6 par la faible

temperature

de Neel de

ErAI03 : 0,6

OK

[1].

Nous 6tudions actuellement la

structure de

ErCo03.

III.

Propri6t6s métamagnétiques

de la terre rare. -

Holmes et al.

[9]

ont 6tudi6 les

propri6t6s m6tamagn6- tiques

du terbium dans

TbAI03, qui

s’ordonne;h 4 OK suivant la

configuration Gx Ay [2],

les moments du

terbium faisant avec 1’axe x

1’angle

6 = + 340.

L’existence de deux

champs seuils,

inf6rieurs à 10 000 Oe et

dependant

de la direction du

champ applique

dans le

plan

xy,

s’interprète

ais6ment si on

admet que

1’energie d’anisotropie

des ions Tb3+ est tres

sup6rieure

a

1’6nergie

de

couplage

entre moments

magn6tiques (modele d’Ising) :

sous

champ,

deux des

quatre

moments de la maille se renversent successive- ment, en conservant la meme

direction,

on obtient

TABLEAU II

STRUCTURES

MAGNETIQUES

DES ORTHOFERRITES DE

Tb, Dy, Ho,

Er

(5)

970

alors une

configuration Fx C,

ou

Cx Fy;

le

premier

moment a se renverser est celui

qui

fait

1’angle

le

plus grand

avec le

champ.

Si le

champ

est

applique

suivant x

ou y, il existe un seul

champ

seuil.

TbFe03. -

Le meme m6canisme a ete mis en

evidence dans

TbFe03 (il

n’est pas

perturb6

par le

couplage

tres faible entre le fer et le

terbium) : 1)

Par diffraction

neutronique

a

1,5 OK,

le

champ

6tant

applique

selon le vecteur de diffusion. Les raies

(010)

et

(100), caractéristiques

des modes

Cx., (associ6

a

Fy)

et

Cy (associ6

a

Fx), apparaissent

pour des

champs critiques

diff6rents

( fig. 3);

de meme les raies

(Oil)

et

(101)

décroissent pour des

champs critiques

diff6rents.

FIG. 3. - Variation, en fonction du

champ (applique parallelement

au vecteur de

diffusion),

des intensit6s

des raies

(010)

et

(100)

de

TbFeo3l caractéristiques

des

modes

Cx

et

Cy.

Aucune modification de la direction du mode G du fer n’est

detectable,

ce

qui

favorise le modele II

[2].

2)

Par mesure d’aimantation sur

poudres [6] :

on

observe un

comportement métamagnétique,

le

champ

seuil est de l’ordre de 3 000 Oe.

3)

Par mesure d’aimantation sur monocristal

( fig. 4) (2) :

si le

champ

est

applique

suivant x ou y,

on observe un seul

champ

seuil

(Hx

= 2 000

Oe, Hy

= 1 600

Oe, puisque

6

45° ;

les aimantations

sont

respectivement 7,1

flB et

4,9

03BCB, d’of 6 N

350,

ce

qui

favorise

6galement

le modele

II) ;

si le

champ

fait dans le

plan xy

un

angle

de 340 avec x, on observe deux

champs

seuils : 1 600 Oe et 2 500

Oe,

les aiman-

tations

paralleles

au

champ

et

correspondant

aux deux

paliers

sont

respectivement 4,25 flB et 5,75

03BCB.

FIG. 4. - Aimantation de

TbFeO3

en fonction du

champ applique parallelement

aux directions x, y et A faisant

avec x un

angle

de 340.

Le

champ

seuil est

comparable

au

champ dipolaire agissant

sur les atomes de terbium. I1 est tres inf6rieur

au

champ d’anisotropie

des ions

Tb3+, puisque

l’aiman-

tation suivant x ou y dans un

champ

de 20 000 Oe

est y

cos 0 ou 03BC sin

6,

03BC ==

8,12

03BCB.

HoFeo3, ErFeo3’

- Les resultats de Koehler

[3]

et Bozorth

[4] s’interpr6tent

ais6ment a 1’aide du

modele decrit ci-dessus : forte

anisotropie

de la terre

rare, m6canisme de «

flipping >>

sous

champ.

Le tenseur

d’anisotropie g

de la terre rare a la

sym6-

trie du site 4 c du groupe Pbnm : un miroir

parall6le

a xy; par

consequent

1’axe de facile aimantation est

parall6le

h z

(Nd, Er)

ou situe dans le

plan xy (Tb, Ho).

HoFe03. -

Dans un

champ Hy sup6rieur

a 5 000

Oe,

on passe de la

configuration F,, Cy

a la

configura-

tion

F,, Cx,

et on observe :

Fy

>

Fx, puisque

6 est

supérieur

a

45° (F. Fy F

=

t g 6 . /

Si le

champ

est inf6rieur

a 5 000

Oe,

le renversement des moments n’a pas

lieu,

et la

susceptibilite

xz est

superieure

aux

susceptibilités

Z,, et Xv, bien que z soit une direction de difficile aiman- tation.

ErFe03.

- Un

champ H,

fait passer du mode

Cz

au

mode Fz (le champ

seuil est tres inf6rieur a ceux

observes dans

HoFe03

ou

TbFe03).

En

champ faible,

aucun renversement des moments n’est

possible,

et

xz xxy’

GdFeo3 [6].

-

L’anisotropie

de ce

compose

est due

principalement

au sous-r6seau de fer.

L’anisotropie

due au

gadolinium, comparable

a celle de

GdAI03,

est

surtout

d’origine dipolaire (flanisotropie "

2 000

Oe);

c’est

pourquoi

l’ordre

magn6tique

est vraisemblable-

ment colin6aire.

GdFeo3

est

métamagnétique,

le

champ

seuil est

voisin de 14 000 Oe. La

rupture

du

couplage

entre les

ions Gd3+ se fait selon le m6canisme

classique

de Neel

(modele d’Heisenberg).

(6)

IV. Polarisation de la terre rare entre

T N1

et

T N2·

-

Entre les

temperatures TN

et

T N2,

le sous-r6seau de

terre rare,

paramagnétique,

est

polarise partiellement

par le faible

ferromagnétisme

du sous-r6seau de fer.

Ce

couplage,

du a des forces

d’6change isotrope

et à

des forces

dipolaires, peut

etre

positif ou n6gatif

suivant

la terre rare

(comme

dans les

orthochromites)

et donne

sans doute lieu a 1’existence de

temperatures

de

compensation.

Mais le

champ cristallin,

tres

élevé,

comme le montre

1’6tude des

propri6t6s métamagnétiques,

rend aniso-

trope

la

susceptibilite

de la terre rare, et par suite la

polarisation

de la terre rare n’est pas

parallèle

au faible

ferromagnétisme f

du fer

(sauf

si

f est parall6le

a un

axe

principal

du tenseur

g),

car le

couplage

fer-terre

rare est tres faible. Comme de

plus

les quatre atomes

de terre rare de la maille

(Tb, Ho) présentent

deux

orientations distinctes du

tenseur g,

il en r6sulte une

polarisation partielle

non colin6aire.

Notons enfin que le faible

ferromagnétisme polarise plus

ou moins le sous-r6seau de terre rare suivant sa direction x ou z, li6e a celle du mode

G, puisque

le

facteur 9

de la terre rare est

anisotrope

dans le

plan

xz.

TbFe03. -

Tant que le fer est ordonne suivant le mode

G,,,

la

polarisation

du terbium reste faible

(elle

se fait suivant z

puisque

le

tenseur g possede

un axe

principal parall6le

a

z).

A

partir

de

80,

le faible ferro-

magn6tisme

du fer est

dirige

suivant x et la

polarisa-

tion du

terbium,

suivant les

modes Fx Cy,

augmente

considérablement,

bien que 8 OK ne soit pas une

temp6-

rature d’ordre

coop6ratif

du

terbium;

elle

disparait

a 3 OK

quand

le sous-r6seau de terbium s’ordonne suivant les

modes Ax Gu (elle

diminue a

partir

de 4 °K

en raison de l’ordre

Ax Gy,

a courte

distance).

On observe effectivement entre 8 OK et 3 oK les raies

(110), (002)

et

(100) caractéristiques

des modes

F,

et

Gy;

a

4,2 oK, Fx

=

2,4

03BCB et

Cy =1,9

03BCB. On v6rifie que les moments du terbium font avec 1’axe x le meme

angle

que dans 1’6tat ordonne.

Le modele

propose

est confirm6 par la variation de 1’aimantation en

champ

faible

[2], [6].

YbFe03, TmFe03. -

Les memes

ph6nom6nes

pour- raient etre observes par diffraction

neutronique,

dans

YbFe03, puisqu’a 1,5

oK

apparait

une

composante Fx importante [4].

Par contre, nous n’avons d6tect6 dans

TmFe03

aucune

composante Fx

notable sur un

diffractogramme enregistr6

a

1,5

OK.

DyFeO3. -

En

champ nul,

il ne

peut

y avoir de

polarisation

de la terre rare entre

3,7

OK et

30

OK, puisque

le fer est alors ordonne suivant le mode

G,.

GdFe03. -

L’ion Gd3+ n’6tant sensible

qu’au

deuxieme ordre au

champ cristallin,

le

tenseur

est

isotrope,

et la

polarisation

est colin6aire et insensible a la direction du faible

ferromagnétisme

du fer. 11 est

alors difficile

d’interpr6ter l’augmentation

de 1’aiman-

tation en

champ

faible observ6e vers 80 oK.

TABLEAU III

STRUCTURES

MAGNÉTIQUES

DES CHROMITES ET ALUMINATES DE

Tb, Dy, Ho,

Er

(7)

972

HoFe03. -

Koehler et al.

[3]

ont observe entre

T N1

et

T N2

des raies

(010), (100), (012), (102)

de type

C,

qui

ne

peuvent

etre attribuées a l’ordre du fer. Leur existence

s’interpr6te

ais6ment dans le modele

prece-

dent : elles sont dues a la

polarisation

non colin6aire

de 1’holmium

(le mode Fx

associ6 a

C,

est peu visible

car 6 est nettement

sup6rieur

a

45°) ;

leur intensite doit diminuer fortement au-dessus de 50

OK,

comme

dans

TbFeo3

au-dessus de 8

OK, puisque

la

polarisa-

tion se fait alors suivant z.

T N2

=

6,5

OK. Au-dessus de

T N2,

l’ordre

Fx Cy

est

impose

par le

fer;

au-dessous de

T N2,

il est de nature

cooperative ;

la

sym6trie magn6tique

de

HoFe03

ne

varie pas au cours de la

transition;

le moment

ordonne, qui

subit une discontinuite a

T N2,

ne se sature suivant

une loi de Brillouin

qu’en

dessous de

TN2.

ErFeo3’

- Les memes raies de

type

C ont ete obser- v6es

[3]

bien au-dessus de la

temperature TN2.

Par

ailleurs

[4],

on observe un peu au-dessus de

T N2

un

ferromagnétisme (0,4

VIB par

mole)

suivant x.

On est alors conduit a

l’hypothèse suivante,

confir-

m6e par 1’etude de

ErCro3

sous

champ [10] :

l’ion Er3+

possede

une direction de facile aimantation dans le

plan

xy, faisant avec x un

angle 0 - ± 45°,

comme

Tb3+ et

Ho3+,

et une autre direction de

plus

facile

aimantation suivant z

(cette propriete pourrait expli-

quer que le

champ

seuil de

ErFeo3

soit nettement

inf6rieur aux

champs

seuils dans

TbFe03)’

Effectivement, quand

le mode G du fer tourne de z

vers x et

qu’apparait f,,

la

polarisation

diminue

dans

TbFeo3

et

HoFe03

alors

qu’elle

augmente dans

ErFe03,

comme le montre la courbe de 1’aiman- tation en

champ

faible

[6].

11 serait int6ressant d’étudier l’ordre eventuel de 1’erbium dans

ErAI03

ou

ErCo03,

il n’est pas

impos-

sible

qu’il

soit du

type Ax Gy

ou

Gx Ay.

NdFe03. -

Nous pensons que l’ion Nd3+

possede

les memes

propri6t6s d’anisotropie

que l’ion Er3+

(TN2 1,5 °K).

Koehler et al.

[3]

ont en effet observ6 des raies de type C dans

NdFeo3

comme dans

ErFe03;

d’autre

part,

le

n6odyme

s’ordonne dans

NdCro3

sui-

vant le mode

C,,.

V.

Comparaison

avec les orthochromites. - Les

structures

magn6tiques

des orthochromites de terres rares ont ete 6tudi6es r6cemment par l’un de nous

[10].

Ordre du chrome. - La

temp6rature

de Néel

T N1

du

chrome est tres inf6rieure a celle du fer :

TNl N 150

°K.

L’ordre observe est

6galement

du

type G,

car les

interactions, negatives,

entre

premiers

voisins sont tres

fortes. Le faible

ferromagnétisme couple

au mode G

est du meme ordre que dans les orthoferrites.

Dans

YCro3

et

ErCro3l

le mode G est

dirige

sui-

vant x; dans

TbCro3, DyCro3, HoCr03

suivant z;

dans

TmCr03, YbCro3, LuCro3

suivant une direction

du

plan xz

faisant un

angle

de 650 environ avec x.

Aucune rotation du mode G n’est detectable au-dessus de

T N2,

sauf dans

TmCro3 (Gxz

--*

Gx)

et

peut-etre

dans

PrCr03,

la rotation a lieu dans le sens contraire de celle observ6e dans les orthoferrites.

Ordre de la terre rare. - Les ordres

magnétiques

des

terres rares sont voisins de ceux observes dans les orthoferrites : ils sont

identiques lorsque

les deux sous-

r6seaux sont

couples (Ho, Er);

des doublements de maille sont observes

quand

les deux sous-r6seaux sont

decouples (Tb, Dy).

Les directions de facile aimanta- tion sont voisines pour Tb et

Dy, identiques

pour

Ho, Er, Nd;

les

propri6t6s métamagnétiques

sont

analogues.

Couplage

chrome-terre rare. - Le

couplage

entre les

deux sous-r6seaux est

plus important

que dans les orthoferrites

(bien

que la deformation

orthorhombique

de la maille ideale soit

plus faible).

1)

La

temperature

de Neel

T N2

est

plus

6lev6e

quand

les deux sous-r6seaux sont

couples (en particulier Nd, Er, Ho),

un peu

plus

faible

quand

ils sont

decouples (Gd, Tb, Dy).

2)

Une

polarisation

de la terre rare de

type Fx C,

est observ6e a

4,2

OK dans

TbCr03.

Une

polarisation fz

est observ6e dans

PrCro3

et

TmCro3,

non dans

PrFeo3

et

TmFe03.

3)

On remarque que le faible

ferromagnétisme

du

sous-r6seau de chrome est

parall6le

a la direction de faible aimantation de la terre rare

(saufpour

T =

Tm, Yb),

en

particulier

pour 1’erbium.

VI. Conclusion. - Nous avons montre le role

pr6- pond6rant joue

par le

couplage

fer-terre rare et par le

champ

cristallin au niveau de la terre rare dans les

propri6t6s magn6tiques

des orthoferrites : ordre

magn6- tique

non

colin6aire, métamagnétisme

et

polarisation

non colin6aire du sous-r6seau de terre rare, rotation de 1’aimantation du fer.

Le

couplage

fer-terre rare est

responsable

de la

rotation de 1’aimantation du

fer,

car aucune rotation n’a ete observ6e dans

YFe03’ LuFe03

et

EuFeo3,

et

de la

polarisation

de la terre rare au-dessus de

TN2 puisque

aucun

phenomene

de ce type n’est observe dans les aluminates ou cobaltites.

On

peut

6tablir une correlation entre

T N2,

la force

du

couplage

fer-terre rare, le moment orbital L de la

terre rare, et la

temperature TR

de rotation de 1’aiman- tation du fer

(tableau IV) :

le

couplage

fer-terre rare

est fort ou faible suivant que la terre rare est

coupl6e

ou non au fer au-dessous de

T N2’ Toutefois,

il semble

que 1’aimantation du fer tourne aussi dans

GdFeo3 (L

=

0) ; TR est

anormalement 6lev6e dans

SmFe03 (L

=

5).

Les resultats

s’interpretent

mal si on utilise

les coefficients de

couplage

donn6s par Treves

[11].

Dans

DyFeo3l

la rotation de 1’aimantation du

fer, accompagn6e

d’une

disparition

du faible

ferromagn6- tisme,

semble due a un m6canisme tres

particulier, analogue

a la transition de Morin dans

a-Fe203.

Dans les autres

orthoferrites,

la rotation de 1’aiman-

(8)

tation du fer est

accompagn6e

d’une modification de la

polarisation

de la terre rare, une diminution dans

ErFe03, TmFe03’ PrFeo3

et

NdFeo3 (z

est la direc-

tion de facile

aimantation),

une

augmentation

dans

HoFe03

et

TbFeo3’

Dans les

orthochromites,

1’aimantation du chrome

tourne moins volontiers. En

effet,

le

champ

d’aniso-

tropie

du chrome dans le

plan xz

est de 2 000 Oe dans

YCr03’

alors

qu’il

est pour le fer de 600 Oe seulement

dans YFe03 [12].

Notons

qu’un phenomene analogue

de rotation a

ete observe r6cemment dans 1’uranate

UFe04 [13],

,

ou l’uranium

(U5+)

est

paramagnetique;

aucune rota-

tion

n’apparait

dans

UMno4

et

UCo04

ou l’ura-

nium

(U6+)

est

diamagn6tique. Cependant,

aucun

effet de

polarisation

de l’uranium n’intervient.

Nous remercions le

professeur

E. F. Bertaut pour des discussions fructueuses.

ADDITIF. -

J. Peyrard

a bien voulu nous commu-

niquer

le resultat d’une mesure de chaleur

sp6cifique

de

HoFe03 :

aucune anomalie de

type À

n’est observ6e

entre

1,2

oK et 20 OK. L’ordre

FxCy

6tudi6 par K«hler a

4,2

OK serait donc

analogue

a celui observe par nous dans

TbFe03

a la meme

temperature ;

le

couplage fer-holmium, plus important

que le

couplage

fer-

terbium, empecherait

1’etablissement d’un ordre anti-

ferromagnétique

sur 1’holmium.

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