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Saturation de l'émission des substances fluorescentes

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(1)

HAL Id: jpa-00206394

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00206394

Submitted on 1 Jan 1966

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Saturation de l’émission des substances fluorescentes

L. Langouet, A. t’Kint de Roodenbeke

To cite this version:

L. Langouet, A. t’Kint de Roodenbeke. Saturation de l’émission des substances fluorescentes. Journal

de Physique, 1966, 27 (3-4), pp.237-240. �10.1051/jphys:01966002703-4023700�. �jpa-00206394�

(2)

SATURATION DE

L’ÉMISSION

DES SUBSTANCES FLUORESCENTES Par L. LANGOUET et A. T’KINT DE

ROODENBEKE,

Laboratoire de

Luminescence,

Faculté des

Sciences,

Rennes.

Résumé. 2014

Après

un calcul des lois de variation de l’intensité de luminescence en fonction de l’intensité de la lumière

excitatrice,

montrant un effet de

saturation,

on donne un moyen de calculer les coefficients

d’absorption.

Un

premier exemple

de vérification est finalement cité.

Abstract. 2014 Calculation of the

intensity

of luminescence versus the

intensity

of exci-

tation,

even near

saturation,

makes it

possible

to evaluate the

absorption

coefficient.

Expe-

rimental corroboration is

given.

PHYSIQUE 27, 1966,

1. Introduction. - En

1942,

Lewis et ses collabo-

rateurs ont montré que les

fluorescences

de colorants

en solution croissaient

plus

lentement que l’inten- sité du

rayonnement incident, quand

celui-ci était

très intense

~2~ .

Nous avons

repris

ces

expériences

pour la lumi-

nescence cristalline d’un corps

minéral,

l’iodure de

cadmium activé au

plomb,

et vérifié que les résul-

tats

expérimentaux

sont en accord avec les

prévi-

sions

théoriques.

Pour

cela,

nous avons calculé les lois de variations de l’intensité de la lumière

émise,

en fonction de

celle de la lumière

excitatrice,

dans deux cas : celui

d’une observation faite dans le sens de la lumière

incidente,

ou dans le sens

opposé.

Les relations

trouvées

permettent,

entre autres, le calcul des coefficients d’extinction

(appelés

aussi : coefficients

d’absorption) ;

comme

exemple

de

vérification,

nous donnons une des courbes

expérimentales

obte-

nues dans ce laboratoire.

I T. Calcul des lois de variation. - En

1942,

H. A. Klasens

[1]

avait calculé l’intensité de la lumière émise par un écran excité par des rayons X

en tenant compte de

l’épaisseur

de

l’écran,

du coef-

ficient

d’absorption

des rayons

X,

du coefficient

d’absorption

de la lumière émise et de l’inte-n,.sité de

l’excitation ;

D.

Curie,

dans son ouvrage « Lumines-

cence in

crystals

»

[5]

a donné un résumé de ces

calculs. Nous avons

repris

ce mode de calcul en y introduisant le

phénomène

de saturation que H. A. Klasens avait

négligé.

Nous considérons une substance fluorescente

d’épaisseur

e

(fig. 1) (cuve

contenant un gaz ou un

liquide,

cristal à faces

parallèles, dépôt uniforme...)

éclairée par un faisceau de lumière

parallèle

de lon-

gueur d’onde

Xi

et d’intensité

h.

Nous supposons que pour cette

longueur

d’onde

~1,

l’émission induite

est

négligeable,

si bien que la loi de

Bouguer-

Lambert

[3], [4],

nous donne l’intensité excitatrice à une

profondeur x :

k~

étant le coefficient d’extinction pour la

longueur

d’onde considérée. Nous supposons aussi

qu’il n’y

a

pas d’effet

photochimique

irréversible.

~

FIG. 1.

Dans une couche

d’épaisseur

dx située à la dis-

tance x, ces

photons

vont

pouvoir

exciter des centres

luminogènes

et donner naissance à une émission de fluorescence de

longueur

d’onde

À2.

Nous avons

plusieurs

cas à considérer suivant le nombre de

photons

contenus dans le faisceau

excitateur ;

en

effet,

admettons que, par unité de

volume,

il faille

au moins P

photons

pour exciter tous les centres :

a)

Si la densité des

photons

est

supérieure

à

P,

C étant défini comme la densité des centres

(c’est-à-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01966002703-4023700

(3)

238

dire le nombre de centres par unité de

volume)

dans

la couche

d’épaisseur dx,

pour la surface S irradiée de la

substance,

nous avons :

b)

Si la densité des

photons

est inférieure à

P,

le nombre de

systèmes

excités sera

proportionnel

à

l’intensité de la lumière

excitatrice,

si bien que, dans la couche

d’épaisseur dx,

nous aurons :

K étant une constante. -

D’une manière

générale,

si l’intensité incidente est assez

grande,

on peut déterminer la

profondeur xl jusqu’à laquelle

tous les

systèmes peuvent

être

excités,

c’est-à-dire

jusqu’à laquelle

la densité des

photons

est

supérieure

à P. On aura à cette pro-

fondeur : d’ oû :

Nous allons avoir maintenant à considérer deux cas, suivant que l’on observe la lumière émise dans la direction

de

la lumière excitatrice ou dans la direction

opposée.

1. OBSERVATION EN AVAL DE L’EXCITATION

( fig. 2).

- En tenant

compte

du

rendement -1 [5], chaque

couche

d’épaisseur

dx émettra avec une

intensité :

Mais cette émission subira une extinction en tra- versant

l’épaisseur (e

-

x).

La loi de

Bouguer- Lambert,

avec un coefficients

k2 correspondant

à la

longueur

d’onde

?,2,

nous

donne,

pour l’intensité de la lumière

qui

sort de la substance

[6] :

Avant

d’intégrer,

remarquons que nous avons deux

régions

à considérer : l’une x~, l’autre où x il Dans cette

dernière,

l’on a saturation

à

l’excitation,

on peut considérer que l’intensité est

uniforme et a pour valeur :

L’intégration

nous donne alors :

Soit: o o

Remplac,ons x,

par sa valeur donnée en

(2),

nous

obtenons :

L.

Il dépend

donc de

Il

dont il est une fonction de la forrne :

qui représente

une

parabole,

avec :

Mais

l’équation (5)

n’est valable que si 0 x1 e, c’est-à-dire pour :

Voyons

ce

qui

se passe si

Il

c’est-à-dire si l’intensité incidente

h

est insuffisante pour saturer aucune

portion

de la substance

irradiée ;

on aura

alors à

intégrer :

ce

qui

donne finalement :

(4)

12

est, ce cas,

proportionnel

à

l’intensité Il

de la

lumière excitatrice.

Si

Il

>

(1 /K) e-k1e,

tous les centres sont

excités,

si bien

qu’il

suffit de faire e dans

(3 bis)

.pour obtenir

I2 :

L’intensité de l’émission est alors constante,

On peut faire un tableau des variations de

12

en

fonction de

Il (tableau 1)

et tracer la courbe

I2

=

/(Il) (fig. 3).

FIG. 3.

2. OBSERVATION EN AMONT DE L’EXCITATION

4).

-

L’épaisseur

que la lumière émise dans la

Fm. 4.

couche dx aura à traverser ne sera

plus (e

-

x),

comme dans le cas

précédent,

mais x.

L’intégrale générale

sera donc :

En

posant

on obtient une

expression

de

I2

valable pour

il.

= ~4/

+

de forme

parabolique.

~B

Le tableau 2 et la

figure

5 montrent les variations

de cette fonction et la courbe

12

=

f (I~).

FIG. 5.

(5)

240

III. Détermination

de kl

et

de k 2*

- Sur les

courbes des

figures

3 et

5,

les

points

M et N sont

particuliers,

en faisant le

rapport

des abscisses de

ces

points,

on trouve : ek1e. Ainsi connaissant

l’épaisseur

e, on

peut

déterminer

k~.

Pour la courbe de la

figure 5,

faisons le

rapport

des ordonnées de M et

N,

nous obtenons :

On

peut

alors déterminer

k2,

connaissant

kj

et

l’épaisseur

e.

De

même,

pour la courbe de la

figure 3,

on

obtient :

IV.

Exemple

de vérification. - A ce

titre,

nous

présentons

une courbe

expérimentale (fig. 6) repré-

sentant en unités

arbitraires,

les variations de l’in-

FIG. 6.

tensité d’émission en fonction de l’intensité d’exci- tation d’un iodure de cadmium activé au

plomb.

Ce

dernier, lorsqu’il

est excité par la raie 4 0’fG

A

de

Hg,

émet une bande

jaune

dont le maximum se

situe à 5 800

A [7].

Cette courbe a été obtenue au

laboratoire en utilisant comme source une

lampe Philips

SP 500 et en faisant varier la distance

lampe-produit.

Nous notons l’existence du

point

M.

Des intensités encore

plus

fortes devraient per- mettre de déterminer N et de là

k1

et

k2.

D’après

cette

courbe,

nous constatons que lors des

expériences

effectuées

jusqu’à présent

au labo-

ratoire,

nous n’étions pas à

saturation,

mais que l’on avait :

H étant une constante

qui

vaut

un facteur de normalisation

près) :

B(1--

pour le

montage aval, ----1)

pour le

montage

amont.

A

partir

de la courbe de la

figure 6,

si les mesures

de

Il

et de

12

avaient été faites avec des détecteurs

identiques,

de même sensibilité pour les

longueurs

d’onde

À1

et

~,

on aurait pu calculer

B’,

mesure que le

montage employé

n’a pas

permis

de faire.

V.

Conclusion.

- En

plus

de la détermination des coefficients

d’extinction k1

et

k~,

l’étude de la satu-

ration devrait finalement nous

permettre

de déter- miner le rendement 1). Des études

plus approfondies

sont en cours, elles devraient

permettre

une vérifi- cation

plus complète

des lois que nous venons de calculer.

Manuscrit reçu le 20 octobre 1965.

BIBLIOGRAPHIE

[1]

KLASENS

(H. A.), Philips

Research

Reports, 1947, 2,

68.

[2] LEWIS,

MAGEL et

LIPLIN, puis

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J. Amer. Chem.

Soc., 1942, 64,

1774 et

1944, 66,

2100.

[3]

MOORE

(W. J.),

Chimie

Physique, Dunod, 1957,

p. 742.

[4]

GIRES

(F.)

et COMBAUD

(F.),

J.

Physique, 1965, 26,

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[5]

CURIE

(D.),

Luminescence in

crystals, Methuen, 1963,

p. 4 et p. 300.

[6]

PERRIN

(J.),

C. R. Acad.

Sc., Paris, 1923, 177,

469-

475.

[7]

ROUZIC

(M.),

D. E.

S.,

Faculté des

Sciences, Rennes,

juin

1962.

Références

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