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Estimation de la valeur genetique des reproducteurs dans le cas d’incertitude sur les apparentements. II- Utilisation des durees de gestation pour le calcul des
probabilites de filiation.
Jean Michel Elsen, Jean Paul Poivey
To cite this version:
Jean Michel Elsen, Jean Paul Poivey. Estimation de la valeur genetique des reproducteurs dans le cas d’incertitude sur les apparentements. II- Utilisation des durees de gestation pour le calcul des probabilites de filiation.. Génétique sélection évolution, INRA Editions, 1986, 18 (2), pp.157-172.
�hal-02716259�
Estimation de la valeur génétique des reproducteurs
dans les
casd’incertitude
surles apparentements
II - Utilisation des durées de gestation
pour le calcul des probabilités de filiation
J.M.
ELSEN,
J.P. POIVEYStation d’Amélioration
Génétique
des Animaux, LN.R.A.,B.P. 27, F 31326 Castanet-Tolosan Cedex
Résumé
Pour tenir compte des incertitudes sur les
paternités
dansl’expression
des indices de sélection,il faut d’abord estimer la loi a
priori (avant
mesure desphénotypes)
desprobabilités
de filiations.Si la distribution des durées de
gestation
est connue, le contrôle despériodes
de monte desreproducteurs
et des dates de naissance desproduits
permet cette estimation. Nous avons étudié cettepossibilité
dans le contexte del’élevage
bovintropical
où lareproduction s’opère
sur unepériode
étendue de l’année. Dans ce cas, on peutpréconiser
unsystème
dereproduction
secaractérisant par une succession de
périodes
de monte de durée fixée d, où un seul mâle estprésent
dans le troupeau,séparées
les unes des autres par des intervalles de durée r. Parallèle- ment, on aura une succession depériodes
de contrôle de naissance de durée a,séparées
par des intervalles de durée s, telles que tous les individus nés au cours d’une mêmepériode
serontsupposés
demi-frères. Le choix des valeurs, d, r, a et s pour une maximisation duprogrès génétique
est décrit. On montre, sur unexemple,
que ce choix peuts’opérer plus
facilement sur le coefficient de corrélation moyen entre la valeurgénétique
dupère
et la moyenne des valeursphénotypiques
de ses ascendantsprésumés
que surl’espérance
duprogrès génétique.
Mots clés : Indexation, erreur de
filiation,
durée degestation.
Summary
Prediction
of genetic
merit in the caseof
uncertainpaternity
!l -
Using gestation length for computing probabilities of
descentIn order to take into account errors about
paternity
in theexpression
of selection indexes, thea
priori
distribution(before obtaining phenotypic values)
ofprobabilities
of descent must be estimated. If the distribution ofgestation length
is known, therecording
ofmating periods
of siresand of birth dates allows this estimation. We have studied this
possibility
in thetropical
cattlebreeding
context wherereproduction
goes on over along period
in the year. In this case, wepropose a
reproduction
systemconsisting
of a series ofmating periods having
fixedlength,
d say,during
whichonly
one male is used in the herd,separated
from each otherby
intervals oflength
r. There will be a
corresponding
series ofperiods
of birthrecording
oflength
aseparated by
intervals of
length
s, such that individuals bornduring
the sameperiod
aresupposed
to be half-sibs. The choice of d, r, a and s so as to maximise
genetic
progress is described. It is seen, in anexample,
that this choice may be moreeasily
made on theaveraged
correlation coefficient between thegenetic
value of the sire and the meanphenotypic
value of hissupposed
progeny thanon
expected genetic gain.
Key
words : Selection index, uncertainpaternity, gestation length.
1. Introduction
Il est
fréquent,
dans lespopulations
où lareproduction
se fait en montenaturelle,
que les
accouplements
ne soient pas tous connus etqu’il
y ait donc une incertitude surles
paternités.
Dans cessituations,
il fautrechercher,
pour estimer la valeurgénétique
des candidats à la
sélection,
des critères tenantcompte
des différents liens deparenté possibles
entre ces candidats et les individusqui
sontsupposés
leur êtreapparentés
etdont les
phénotypes
sont utilisés commeprédicteurs.
Dans une
première partie (P OIVEY
&E LSEN , 1984),
nous avons étudié la formealgébrique
de tels indices de sélection. On a pu montrer quel’espérance conditionnelle, qui
est le meilleur critère au sens de la maximisation duprogrès génétique,
est engénéral d’expression
très lourde alors que larégression linéaire, beaucoup plus simple
àutiliser,
nepossède
pas lespropriétés optimales
dupoint
de vue dugain génétique.
Cependant, quelques
simulationsd’opérations
de sélection nous ontindiqué
que l’utili- sation de ces 2 critères(espérance
conditionnelle etrégression linéaire)
donnent des résultats très peudifférents,
leprogrès génétique
obtenu avec larégression
linéairen’étant
jamais
inférieur à 98 p. 100 dugain
maximum. Bien que ces simulations n’aientporté
que surquelques exemples,
les résultats nous semblent suffisammentconvergents
pour que nous nous limitions ici à l’utilisation de larégression
linéaire comme critèrede sélection.
Pour
appliquer
de telsindices,
il faut connaître la loi apriori (avant
mesure desphénotypes)
desprobabilités
de filiations. Une méthodesimple
consiste à contrôler lespériodes
de monte desreproducteurs
et observer ensuite les dates de naissance desproduits.
Lesprobabilités
de filiation s’endéduisent,
connaissant la distribution des durées degestation.
Cette méthodepeut
ainsi être mise enplace
dans lesélevages
ovins où on a une lutte
principale
des brebis avec un ou des béliers identifiéspuis
unerepasse où les
accouplements
ne sont pas contrôlés. On pourra dans ce casattribuer,
avec une
probabilité
connue, lespaternités aux(x) bélier(s)
de la lutteprincipale.
Plus
généralement,
onpeut préconiser
cette méthode dans les situations où lareproduction
s’étale dans letemps
en une succession depériodes
tellesqu’il n’y
aaucune
ambiguïté
sur lesaccouplements
au cours d’une mêmepériode.
Nousl’envisage-
rons à titre d’illustration pour les bovins élevés en milieu
tropical.
Nous montrons surcet
exemple
comment concevoir la mise enplace
de ceprocédé,
enparticulier
dans lechoix des dates extrêmes d’observation des naissances entre
lesquelles
tout individu né estsupposé
être fils du même mâle et éventuellement de la durée des intervalles detemps séparant
2périodes
successives de monte.II. Définitions et
hypothèses démographiques
A.
Description
duprotocole d’accouplements
On se
place
dans la situation d’un ranch où unepartie
des femelles est dissociée enL lots de F vaches. Au cours de l’année chacun de ces lots est mis à la
reproduction
etcontrôlé selon le calendrier suivant
(fig. 1) :
M mâles lui sont attribués successivement et defaçon
non chevauchante(il
y a donc L.M taureaux autotal).
Lapériode
demonte s’étale en tout sur D
jours.
Lepremier
mâle(A,) ( * )
estprésent
desjours
1 àd!,
le deuxième(A 2 ),
desjours d;
àd», etc.
Pour des raisonspratiques,
on neconsidérera que les cas où les intervalles de
temps
duprotocole
sont fixes etindépen-
dants des mâles :
d7, - !
+ 1 = d et- 1 + ; d d! -
1 = r(pour j
= 1 àM).
On connaît la durée de
gestation
moyenne ga et on décide de considérer commefils de
A j
tout individu né autour de la date go +(dj
+d!
+1)/2
=d!
+ g! +d/2,
soitentre les
jours aj
eta! (inclus).
Enfait,
la durée degestation
estaléatoire,
et il estpossible
que certains animaux conçus avant la dated
ouaprès d &dquo;
naissent au cours decette
période
d’attribution[a,, a7,1.
A
l’inverse,
certains des descendants du mâleA j
naîtront avanta
ouaprès a,.
Enfait,
on s’esttoujours placé
dans des cassimples
ensupposant :
- que les
périodes
sans attribution(de a.
àa; +l )
sontd’égales
durées( a ,
’
, - a a -
1= s)
- que
a;
= go - 2 Qg oùcr!
estl’écart-type
de la durée degestation
que 4 = D + g . + 2 ag
- que
a7, - !
= 1 = apour j
= 1 et M.(
*
) Dans la suite de l’exposé, sauf indication contraire, on ne mentionne pas l’indice 1 du lot. En toute
rigueur, il faudrait par exemple écrire A,t et non , IA et en général
A,,
ajl,d j ,
etc.B. Probabilités des événements observés
Si on considère une des F femelles mises à la
reproduction,
2 événements(f i
etm j )
la caractérisent : elle a été fécondée par i!!! mâle
(f ; ),
son descendant est attribué auj è
me
mâle(m!).
On remarque que, pour que lesfi
forment unsystème complet d’événements,
il faut leuradjoindre f o :
« la femelle reste vide ».On définit par ailleurs :
q
i
,
laprobabilité conjointe
defi
etm i q
i/j
laprobabilité
defi
conditionnellement àm j ,
telle queq i /j
=.. .9L
! q;!
q. la
probabilité
def o .
Soit
ni
le nombre de descendants nés entrea!
età,,
donc attribués au mâleA,.
Nous notons
S kinj
l’événement constitué par la réalisation desapparentements
entre le mâleA,
etces ni
descendants. Cetévénement, qui
est conditionnel au nombreni,
seraqualifié
de situation deparenté
conformément à POIVEY & ELSEN(1984).
La loi de distribution de la situation s’écrit :
n
;j
étant le nombre defemelles,
dansS kj/Oj’ qui
sont fécondées parA,
et dont lesdescendants sont attribués à
A j (S n, j
=n!). Les probabilités
élémentairesq,
s’écrivent :a; aj
q;!
=2 prob ( f ( t;» .
tjti 1 &dquo; pro b (m (9/f (t ; ))
où f
(t ; )
et m) j (t
sont les événements : la femelle a été fécondée à la datet ;
et elle a mis bas à la datet,.
0 Prob
(m (t j )/f (t ; )) dépend
de la loi de distribution de la durée degestation.
Nousl’avons
supposée
normale N(g., Q!).
Ceciimplique
lasymétrie
de ladistribution, hypothèse
que nous avons retenue, bienqu’elle
ne soit pasrigoureusement
vérifiée.Dans ces conditions on a :
e Prob
(f (t,)) dépend :
- de la loi de la rè-’ venue en chaleur au cours de la
période
de monte. SoitQ, (t)
laprobabilité
de cet événement à la date t ;- du calendrier de monte, tel que e
(t)
= 1 si un mâle estprésent
en t, 0sinon ;
- de la fertilité instantanée. Soit (p
(t)
laprobabilité qu’une
femelle en chaleur ent soit fécondée si un mâle est
présent
à cettedate ;
- de la durée du
cycle
oestral 8 que nous avonssupposée
fixée.Avec ces notations on a :
etc.
la sommation étant étendue sur les valeurs définies des
Q, (t ; ).
C.
Objectif
Il faut choisir les durées
d,
r, a et s. En cequi
concerne lalongueur
de lapériode
de monte
d,
on notera que son accroissementpermet d’augmenter
le nombre dedescendants par
mâle,
donc laprécision
de saconnaissance,
mais encontrepartie
diminue le nombre de mâles testés par unité de
temps,
donc lespossibilités
desélection. Les descendants sont d’autant mieux discriminés que la durée r des intervalles est
grande mais,
iciaussi,
ce surcroît deprécision
va à l’encontre despossibilités
desélection.
Enfin,
onconçoit
queplus
lapériode
demesure (a)
estlongue, plus
nombreux seront les descendants attribués au mâle
concerné,
mais avec deplus
enplus
de
risques
d’erreur.En toute
rigueur,
le choix des durées devrait doncs’opérer globalement, compte
tenu des
oppositions évoquées
et enprenant
en considération les contraintes économi- ques ouzootechniques qui pèsent
sur lesystème
dereproduction :
il ne serait pasconcevable,
parexemple,
dechanger
de mâle tous lesjours,
même si dupoint
de vuedu
gain génétique
cette solution étaitoptimale.
III. Modèles et critères
génétiques
A. Indice de sélection utilisé 1.
Expression générale
Nous nous
plaçons
donc dans la situation où les animaux sont classés sur larégression
linéaire de leur valeurgénétique
en lesphénotypes
de leurs descendantssupposés.
Au moment de l’indexation du mâleA,,
ondispose
de 2 informations : le nombren j
de « descendants » nés entreai
eta,
et leurs valeursphénotypiques.
Poursimplifier
laprésentation,
nous supposerons :1)
que les dates de naissance ne sont considéréesqu’à
travers leurappartenance
aux différentes
périodes
d’observation des misesbas,
2)
queseule,
la valeur moyenne desn j phénotypes
est connue,3)
que l’informationapportée
par les moyennes des descendants attribués aux autres mâles estignorée
dans l’estimation de la valeurgénétique
deA!.
Dans ces
conditions, reprenant
des notations similaires à celles de POIVEY & ELSEN(1984),
larégression
linéaires’inscrit,
pour le mâleA, :
où
Ri
est la moyenne des valeursphénotypiques
desni
descendants.2.
Expressions
des variances et covariancesC
kj/ni
est la covariance entre la valeurgénétique
du mâleA,
et la moyenne desni
valeurs phénotypiques sous l’hypothèse S, j/nj
*
et
V kj/Oj
est la variance de cette moyenne, dans les mêmes conditions.o! étant
la variancetotale, ofl
la variancegénétique additive,
telles que h2 =o-â/ QP
estl’héritabilité. Sous ces
hypothèses,
la varianceV.
et la covarianceC n qui
interviennent dansl’expression (1)
dey,
sont :puisque
l’indice
de sélection
est doncsimplement :
B. Méthodes et critères de
comparaison
desprotocoles d’accouplement
1. Généralités
Comme l’ont discuté GOFFINET & ELSEN
(1984),
les contraintes pour le renouvelle- ment desreproducteurs
sontdiverses,
lesplus
couramment étudiées étant :-
H, :
retenir un nombre fixé R dereproducteurs.
Il suffit dans ce cas de trier les candidats sur leurs indicesYj
et degarder
la fractionsupérieure
a = R/L.M.L’espérance
dugain génétique
sera notéeA.
-
H! :
retenir enespérance
Rreproducteurs,
le taux de sélection a étant unemoyenne sur une infinité
d’opérations
de sélection. Dans cette situation onpeut,
conformément à laprésentation
de COCHRAN(1951)
se fixer un seuil tel que tout mâle dont l’indice de sélectionYj
lui est inférieur est éliminé.Le seuil est déterminé par le choix du taux de sélection moyen a. Si une telle
procédure
estappliquée
dans le cas où la loiconjointe
de la valeurgénétique
du mâleet de la moyenne des
descendants,
conditionnée par la réalisation deS k¡1nj’
est binor-male,
legain génétique espéré,
défini ici commel’espérance
de la valeurgénétique
desretenus, sera
(P OIVEY
&E LSEN , 1984) :
Prob
(n!)
est laprobabilité
quen j
descendants naissent entrea!
eta! !
1T est lafonction de
répartition
de la loi normale.En
pratique,
par lamultiplicité
des situationspossibles (S Un ) ’ l’espérance
duprogrès génétique
sousH 2
n’est pas calculable. Le °1s de lacontr k l nte H,
est encoreplus complexe puisque
l’estimation dugain génétique
y faitappel
auxstatistiques
d’ordre.
Nous
préconisons
donc d’évaluer cesgains
par simulation.2.
Description
des simulationsLes
paramètres biologiques (héritabilité h 2 ,
durée ducycle â,
lois w(t)
etQ, (t))
etle
protocole
d’indexation(effectifs M,
L etF,
calendriers de monte etd’attribution)
étant
définis,
onpeut
simuler NSIM fois le déroulement de lasélection,
en utilisant les loisprécédemment
déterminées(q ij
et qo =prob (f.».
La sème simulation se déroule ainsi :- pour chacun des L.M
pères,
ongénère
sa valeurgénétique y,, (s)
dans uneN
(0,
1/4h2) ;
- pour chacune des F femelles du lot 1
(1
= 1 ...L)
=
on génère
une valeurphénotypique
résiduelle de sonproduit
dans uneN
(0,1-1/4 h 2 )
= on détermine à
partir
desq i j (et
de) q o
lepère qui
la féconde(s’il
y en aun)
etcelui
qui
lui est attribué commeconjoint.
Les indices
! jl (s)
sont alors calculés et stockés ainsi que lesy ; , (s).
Par ailleurs onenregistre
la valeurgénétique
moyennes
des Rpremiers
des L.M mâles triés sur! jl (s).
Après
NSIMsimulations,
onpeut
estimer :- d’une
part l’espérance
dugain
sous la contrainteH&dquo;
parÂ
= 1,/NSIM
s
- d’autre
part
le seuil et la valeurgénétique
moyenne correspondant
au tauxde sélection a = R/L.M sous
H,.
3. Critères de
comparaison
desprotocoles
Pour toutes
hypothèses
sur les valeurs desparamètres
et deseffectifs,
on doit déterminer les meilleurs calendriers de monte et d’attribution. Plusieurs critèrespeuvent
être considérés à cet effet. Lesespérances
degain
dont nous venons de décrire la méthode de calcul seront estimées pour différents taux de sélection a. On les compa-rera
également
auxgains
maximum(sous H,
et sousH 2 ) qu’il
seraitpossible
d’obtenirsi les
paternités
étaientparfaitement
connues soit en conservant les mêmescalendriers,
soit en seplaçant
dans le cas où iln’y
a pas d’intervalles entre lespériodes
de monte(r
=0),
donc où la fertilité totale est maximum.En
contrepartie
à sasimplicité,
l’utilisation des simulationsexige
ungrand
nombrede
répétitions
pour atteindre un niveau deprécision
suffisant. Il serait donc souhaitable dedisposer
d’un critère decomparaison qui
soitplus simple
à calculer que lesgains Â
et
i1
tout en donnant à peuprès
la même classification.Nous avons étudié dans cette
optique
uneapproximation
du coefficient de corréla- tion entre la valeurgénétique
d’un mâle et la moyenne des valeursphénotypiques
deses descendants
supposés :
,Comme cela a été
évoqué
dans leparagraphe II,
le choix duprotocole
d’indexationdevrait reposer
sur un critèreglobal
tenantcompte
despossibilités
de sélection(nombre
de mâles
testés),
de diffusion(nombre
de mâlesretenus),
et des coûts. Cetteapproche globale
nepeut
être que relative à une structureparticulière
définie par les besoins annuels enreproducteurs,
lacapacité
detestage,
etc. Nous nous contentons ici de mettre en balancegains (Â, À)
ou corrélations(p)
et fertilité moyenne(1 - q o ) qui
reflète le nombre de descendants
produits
et donc à la fois la diffusionpossible
et lemanque à gagner dû à l’absence de
père
dans letroupeau pendant
les intervalles entrepériodes
de monte.IV. Illustration
A. Cas étudiés
Nous nous sommes
placés
dans la situation où le ranch est formé de L = 5 lots de F = 40 vaches. Dans chacun de ceslots,
on teste successivement M = 2 taureaux, soitun total de 10 mâles par an, sur un caractère d’héritabilité moyenne
(h z
=0,3).
Les
paramètres
dereproduction
ont été choisiscompte
tenu de considérations surl’élevage
en milieutropical. Ainsi,
LANDAIS et al.(1980)
ont montrél’importance
desdates des mises bas
précédentes pour
la venue en chaleur des femelles. Ilparaît
ainsipossible d’envisager
unerépartition
despremières
chaleurs uniforme sur toute la saison de monte(Q, (t)
=1/D).
Nous avonssupposé
que celle-ci est de 120jours,
cequi
estassez limité pour que la fécondité instantanée y soit constante
(cp (t)
=’P ).
Dans ces
conditions,
ensupposant
w =0,5,
on trouve une fécondité annuelle de 82 p. 100 s’il y atoujours
un mâle dans letroupeau (r
=0).
La distribution de la durée de
gestation
est centrée sur g. = 285jours,
avec unécart-type
de 8jours,
cequi
est une situation moyenne etproche
des valeurs données par RALAMBOFIRINGA(1978),
étudiant laphysiologie
de lareproduction
chez desfemelles bovines de race N’Dama.
Enfin,
on a considéré une durée 8 ducycle
de 21jours.
Sous cet ensembled’hypothèses,
nous avons calculé les différents critères définisplus
haut pourplusieurs
valeurs de la durée de non-attribution(s
=0, 5,
15 et 20jours)
et de l’intervalle detemps séparant
laprésence
des 2 mâles(r
=0, 10, 20, 30, 40, 50, 60,
80 et 100jours).
Les
espérances
desprogrès génétiques
ont été calculées àpartir
de NSIM = 12 000simulations pour les 4
premières
valeurs de r, NSIM = 8 000 pour les 3suivantes,
NSIM = 4 000 pour les dernières
(les
nombres de simulations étantaugmentés
dans leszones où les différences entre
progrès
sontfaibles).
B. Résultats
Les résultats obtenus sous
l’hypothèse H,
étant en touspoints identiques
à ceuxconcernant
H 2 ,
nous neprésenterons
que ces derniers.1. Gains
génétiques
absolusÂ
Les
espérances
desgains génétiques,
ensupposant
un taux de sélection a de 50 p.100 sont
reportées
dans le tableau 1. On doit remarquer enpremier
lieu lagrande
stabilité des
gains quand
les variables r et schangent.
Il estpratiquement
indifférent de laisserun
intervalle de 0 à 30jours
entre la sortie dupremier
mâle et l’entrée du second dans letroupeau,
et de ne pas attribuer de filiationspendant
une durée de 0 à 15jours.
Cedernier
résultat est encoreplus
évident pour lesgrandes
valeurs de r.S’il existe une certaine fluctuation des résultats avec r et s, manifestement due à
l’imprécision
de laméthode,
on constatetoutefois, primo
que legain
maximum estobtenu pour r et s
proches
de0,
secundo que pour un intervalle entre attribution sfixé,
il existe une valeur
optimale
de la durée r,qui augmente
avec s.En
conclusion,
sur ce seul critère del’espérance
dugain,
onpeut
doncpréconiser
de laisser des intervalles de l’ordre de la semaine tant pour les saillies que pour les attributions.
2. Gains
relatifs
aux cas de certitude sur lesfiliations
Le tableau 2 donne les
gains Â
relativement auxespérances
desgains
maximum m .
(filiation certaine,
mêmescalendriers)
d’unepart,
dugain
maximum maximorumt1 M
(filiation certaine,
r et snuls)
d’autrepart.
Les résultats lesplus marquants
sont :,
e que pour
les. faibles
intervalles r(moins
de 20jours),
la diminution dugain
génétique
due à l’incertitude est très faible parrapport
àÂ.,
faible parrapport
àï1 M ;
e que cette dernière est
importante
si onaugmente beaucoup
l’intervalle entresaillies r : la
quasi
certitude sur lesapparentements qu’apporte
cetteoption
ne com-pense pas la forte baisse des effectifs de descendants
attribués ;
e
qu’au contraire,
les différences entrei1
et!1m s’estompent
si raugmente ;
e que les
gains
relatifsdépendent plus
de r que de s dans la gamme de variation étudiée.En
conclusion,
ces résultats confirment l’intérêt de limiter les durées des intervallesr et s à moins de 10
jours.
3. Prise en
compte
de lafertilité
La fertilité moyenne 1 — qo est
indépendante
de l’intervalle s et diminue si raugmente (tabl. 3).
Laperte
est sensible si r excède 20jours,
cequi
confirme l’intérêt de limiter r et s.1
La conclusion
générale
de cetexemple
estqu’on
gagne peu à vouloirpréciser
lespaternités.
Ceci est lié à lalongueur
de lapériode
totale de monte D = 120jours, qui
couvre 15
écarts-types
de durée degestation.
Même pour de très faibles(relativement
àD)
valeurs de r, on adéjà
une bonne certitude sur les filiations.C. Critères
simplifiés
Avant de comparer les
gains !1
et les corrélations p, nous devonsjustifier,
aposteriori,
le choix de a = 50 p. 100.’
1.
Influence
du taux de sélectionOn a constaté en effet que les classements des
protocoles (définis
par r ets)
enterme
de .gains génétiques
ne sont pas modifiés si onchange
le taux de sélection a. A titred’exemple,
on trouvera sur lafigure
2 legain espéré t1
pour diversprotocoles
etdiverses valeurs du taux a.
Naturellement,
les différences entregains espérés
diminuentsi a
augmente (pour
a = 100 p.100,
legain
est nul nuel que soit leprotocole).
2.
Comparaison
desgains
et corrélationsLa corrélation entre ces
critères,
calculée sur l’ensemble desdonnées,
est très élevée :0,991.
Si on se limite au sous-échantillon des 4premières
valeurs de r, où lesgains génétiques
sont tous estimés àpartir
du même nombre desimulations,
elle resteforte :
0,674.
Il est difficilecependant
de faire lapart
entre le manque réel de liaison et l’incertitude due à la méthode de calcul desgains.
En
conclusion,
onpeut
donc proposer d’utiliser commepremier
critère la corréla- tion pqui
est trèssimple
àcalculer,
et,éventuellement,
pour lesprotocoles
lesmeilleurs,
d’effectuer un 2e tri sur legain génétique.
3.
Exemple
A titre
d’illustration,
on trouvera sur le tableau 4 les valeurs de p en fonction des intervalles r et s pour les mêmes valeurs deparamètres.
On constate que les tendances sont les mêmes que
précédemment.
Lesprotocoles optimaux
sont ceux pourlesquels
r et s sont nuls.V.
Discussion,
conclusionsNotre
objectif
était de proposer une démarche pour l’utilisation des informationsapportées
par les durées degestation
afin d’accroître laprécision
de l’indexation. Le fait d’avoir raisonné sur unexemple, obligatoirement
deportée limitée,
restreint lagénéralité
des résultats. La démarche estcependant répétable.
Elle consiste :1)
à comparer différents calendriers de monte etd’attribution ;
2)
à calculer lesprobabilités
apriori q ij
de fertilisation par le i!&dquo;&dquo; mâle et attribution auym e mâle,
àpartir
de ces calendriers etd’hypothèses
sur lesprobabilités
de
premières
venues enchaleur,
fertilité et durée degestation ;
3)
à simuler leprogrès génétique
obtenu pourchaque protocole envisagé,
ensupposant
une sélection sur larégression
linéaire de la valeurgénétique
d’un mâle surcelle de ses descendants
attribués ;
4)
éventuellement à utiliser comme critère decomparaison simplifié
la corrélation moyenne.Dans
l’exemple traité, plusieurs hypothèses
ontprobablement
influencé notable- ment les résultats :e on a
supposé
que seule la moyenne des filles attribuées à un mâle servait à sonindexation. Il est certain que la
prise
encompte
des dates de naissance individuelles réduirait fortement l’intérêt des saillies et des mises bas intervenant dans lesparties
extrêmes des
périodes
de monte etd’attribution,
et les duréesoptimales
des intervalles entre cespériodes
devraientaugmenter. Cependant,
laprise
encompte
de ces informa- tions nécessite l’inversion de la matrice des covariances entre femelles dont les éléments horsdiagonaux
sont non nuls. Une solution intermédiairepourrait
être de raisonner surles moyennes des filles nées sur des
périodes
de durées moyennes telles que lasemaine ;
e on a raisonné en terme
d’espérance
des retenus, considérant aussi la fertilité moyenne. Ces critères ne sont que des éléments dedécision,
la sanction finale étantplus globale (elle
doit faire intervenir les intervalles degénération
et lespossibilités
dediffusion des
reproducteurs)
et de natureéconomique (coût
de la mesure, recettes liéesau
protocole choisi) ;
e les
hypothèses physiologiques
sontimportantes.
Enparticulier
il faudrait confir-mer l’uniformité de la distribution des dates de
premières
venues en chaleur. Il seraitégalement opportun
deprendre
encompte
larépétabilité
de lafertilité,
et sonévolution au cours de la saison de monte, alors que dans
l’exemple,
on asupposé
cettefertilité
invariable ;
e nous n’avons pas considéré dans notre étude les influences saisonnières
qui marquent
lesperformances
desproduits
naissant à despériodes
différentes. A cetégard,
onpourrait
fairel’hypothèse
que ces effets sont connus apriori
et que nos donnéespeuvent
êtrecorrigées
defaçon
àpouvoir appliquer
directement notre métho-dologie
établie au cours de lapremière partie.
Enrevanche,
si l’onadmet,
avec lesouci d’une
plus grande généralité,
que des effets fixes doivent être estimés simultané- ment aux valeursgénétiques
despères,
il serait alors nécessaired’élargir
l’étudeméthodologique ;
e
enfin, rappelons
que larégression
linéaire n’estqu’une approximation
del’espérance
conditionnelle.Reçu
le 12 décembre 1984.Accepté
le 26septembre
1985.Références
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