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Exercice 1 (Un lemme de Gr¨ onwall g´ en´ eralis´ e) . Soit I un intervalle non vide, t 7→

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(1)

Universit´ e PAUL SABATIER 2019-2020

M1 ESR - Fiche d’exercices 2

Th´ eor` eme de Cauchy-Lipschitz, d´ ependance par rapport aux conditions initiales. Crit` eres d’existence globale.

I. Lemme de Gr¨ onwall

Exercice 1 (Un lemme de Gr¨ onwall g´ en´ eralis´ e) . Soit I un intervalle non vide, t 7→

a(t) ∈ R une fonction continue positive et b : I → R une fonction croissante. Soit x : I → R une fonction continue qui v´ erifie, pour un certain s ∈ I , la propri´ et´ e suivante :

x(t) ≤ b(t) + Z t

s

a(τ )x(τ ) dτ, ∀t ∈ I, t ≥ s.

Montrer que

x(t) ≤ b(t) exp Z t

s

a(τ ) dτ

, ∀t ∈ I, t ≥ s.

Exercice 2 (Semicontinuit´ e du temps d’existence) Consid´ erons l’´ equation diff´ erentielle

(1) X ˙ = f (X)

o` u f : R N → R N est localement lipschitzienne. Soit X 0 ∈ R N et soit T max (X 0 ) > 0 le temps maximal d’existence de la solution X(t) de (1) de donn´ ee initiale X 0 en t = 0. Le but de l’exercice est de montrer que pour tout T v´ erifiant 0 < T < T max (X 0 ), il existe ε > 0 tel que, si Y 0 est au plus ` a distance ε de X 0 , alors T max (Y 0 ) > T .

1. Pour X ∈ R N , la boule ferm´ ee de centre X et de rayon R est not´ ee B R (X).

a. Montrer l’existence de R > 0 tel que X(t) ∈ B R (X 0 ) pour t ≤ T.

b. Montrer l’existence de k R > 0 telle que f soit k R -lipschitzienne sur B R+1 (X 0 ).

2. Soit maintenant ε < 1, et Y 0 ∈ B ε (X 0 ).

a. Montrer l’existence de T 0 ∈]0, T ] tel que Y (t) ∈ B R+1 (X 0 ) pour t ≤ T 0 . b. Montrer que |X(t) − Y (t)| ≤ εe k

R

t pour t ≤ T 0 .

c. On prend ε < e −k

R

T . D´ eduire de la question pr´ ec´ edente que T max (Y 0 ) > T .

3. A la lumi` ere de ce qui pr´ ec` ede, ´ etudier le flot de l’´ equation autonome suivante dans R 2 (qui est aussi une ´ equation dans R d´ ependant d’un param` etre) :

x 0 = yx 2 y 0 = 0.

Exercice 3 (Diff´ erentiabilit´ e par rapport aux param` etres) Soient n ∈ N et f : (t, x, λ) ∈ R × R n × R 7→ f (t, x, λ) ∈ R n une fonction de classe C 1 qui est globalement lipschitzienne par rapport aux variables (x, λ).

1. Justifier que pour tout λ ∈ R , il existe une unique solution globale x λ de l’´ equation x 0 = f (t, x, λ) pour la condition initiale x(0) = 0.

2. Montrer que pour tout t ∈ R , la fonction λ 7→ x λ (t) est de classe C 1 . Indication : On pourra consid´ erer l’´ equation y 0 = g(t, y) o` u y est une fonction ` a valeurs dans R n+1 et g(t, a, α) = (f (t, a, α), 0) pour tout (t, a, α) ∈ R × R n × R .

3. Justifier enfin que la fonction k : (t, λ) 7→ x λ (t) est solution de l’´ equation :

∂ t ∂ λ k = Df (t, k, λ)[0, ∂ λ k, 1].

(2)

II. Unicit´ e dans le th´ eor` eme de Cauchy-Lipschitz.

Exercice 4 Soient f, g deux solutions sur R de l’´ equation y 0 = F (t, y) o` u F est une fonction C 1 . On suppose qu’il existe t 0 tel que f (t 0 ) < g(t 0 ). Montrer que pour tout t ∈ R , f (t) < g(t).

Exercice 5 (Partiel - 2019) Le but de l’exercice est de d´ ecrire l’ensemble des solutions de l’´ equation diff´ erentielle scalaire x 00 = |x|.

1. Montrer que toutes les solutions maximales de l’´ equation sont globales et que x est crois- sante sur R.

2. Soit x une solution non identiquement nulle.

(a) Soit t un z´ ero de x. Montrer que x change de signe au voisinage de t . (b) Montrer que x ne peut pas s’annuler strictement plus que deux fois.

(c) Soit J un intervalle ouvert sur lequel x est strictement n´ egative. Montrer que J est born´ e et de longueur inf´ erieure ou ´ egale ` a π.

(d) Montrer que x ne peut pas s’annuler exactement une fois.

3. D´ eterminer toutes les solutions x qui ne s’annulent pas.

4. Soit x une solution qui s’annule exactement deux fois. On note α < β ses deux racines.

(a) Montrer que x est positive sur ] − ∞, α[∪]β, +∞[ et n´ egative sur ]α, β[.

(b) Montrer que β − α = π.

(c) D´ eterminer compl` etement x.

Exercice 6 On consid` ere l’´ equation x 0 = 2 p

|x|.

1. Soit x une solution sur un intervalle I et t 0 < t 1 deux r´ eels dans I . On suppose que x(t 0 ) = x(t 1 ) = 0. Montrer que x(t) = 0 pour tout t ∈ [t 0 , t 1 ].

2. En d´ eduire toutes les solutions de C 1 de l’´ equation. Quelles sont les solutions C 2 ?

Exercice 7 (Z´ eros des solutions d’´ equations lin´ eaires scalaires homog` enes d’ordre 2.) On consid` ere l’´ equation diff´ erentielle

y 00 (x) + a(x)y 0 (x) + b(x)y(x) = 0

d´ efinie sur un intervalle I de R, a et b ´ etant continues sur I . On consid` ere deux solutions ϕ et ψ de I dans R non identiquement nulles et on suppose que ϕ a au moins un z´ ero dans I.

1. Montrer que les z´ eros de ϕ sont isol´ es puis que tout segment de I n’en contient qu’un nombre fini.

2. Montrer que si ϕ et ψ ont un z´ ero commun, alors elles sont proportionnelles.

3. On suppose d´ esormais que ϕ et ψ n’ont pas de z´ ero commun.

(a) Justifier que le wronskien de ϕ et ψ ne s’annule pas.

(b) On consid` ere deux z´ eros successifs a et b de ϕ. Montrer que ψ s’annule exactement une fois entre a et b. Indication : on pourra proc´ eder par l’absurde et montrer que la fonction f = ϕ/ψ est strictement monotone sur [a, b].

Exercice 8 Soit f : R 7→ R une fonction de classe C 1 et u : [a, b] 7→ R une fonction d´ erivable telle que

(∗)

u 0 = f (u), u(a) = u(b).

1. Montrer que u est n´ ecessairement constante.

(3)

2. Montrer que le r´ esultat persiste si f est suppos´ ee seulement continue.

Exercice 9 On consid` ere l’´ equation u 0 = f (u), avec f ∈ C 1 ( R 2 , R 2 ). Soit u une solution maximale dont on note I l’intervalle de d´ efinition. On suppose qu’il existe t 0 ∈ R et T > 0 tel que t 0 , t 0 + T ∈ I et u(t 0 ) = u(t 0 + T ). Montrer que I = R et que u est p´ eriodique de p´ eriode T .

III. Temps de vie des solutions.

Exercice 10 1. On consid` ere l’´ equation x 0 = − 1 x o` u x est une fonction ` a valeurs r´ eelles.

Quelle est la solution maximale pour la condition initiale x(0) = x 0 ∈ R ?

2. On consid` ere l’´ equation x 0 = f (t, x) avec f : (a, b) ∈ R × R 7→ a b 2 ∈ R . Quelle est la solution maximale pour la condition initiale x(0) = x 0 ∈ R ?

Exercice 11 (Explosion en temps fini) On consid` ere l’´ equation diff´ erentielle u 0 = f (u) o` u f est une fonction C 1 sur R n . On suppose qu’une solution (maximale) u est d´ efinie sur un intervalle ]a, b[ avec b < +∞.

1. Montrer que lim sup t→b

ku(t)k = +∞.

2. On veut montrer que lim t→b

ku(t)k = +∞. On suppose par l’absurde que ce n’est pas le cas.

(a) Montrer qu’il existe une constante M et une suite (t k ) k∈ N croissante qui converge vers b avec ku(t 2p )k ≥ 2M et ku(t 2p+1 )k ≤ M .

(b) Montrer alors qu’il existe δ > 0 tel que t 2p+1 − t 2p ≥ δ.

(c) Conclure.

Exercice 12 On consid` ere l’´ equation diff´ erentielle u 0 = f (u) o` u f : R n → R n est C 1 . 1. On suppose qu’il existe M > 0 tel que pour tout u ∈ R n ,

|f (u)| ≤ M.

Montrer que les solutions maximales sont d´ efinies sur R .

2. Mˆ eme question si on suppose qu’il existe M, K > 0 tels que pour tout u ∈ R n ,

|f (u)| ≤ M|u| + K.

3. On suppose maintenant qu’il existe M, K > 0 tels que pour tout u ∈ R n , hf (u), ui ≤ M |u| 2 + K.

Montrer que l’intervalle de d´ efinition d’une solution maximale contient R + . Exercice 13 On consid` ere le syst` eme d’´ equations diff´ erentielles

x 0 = −x + sin y

y 0 = chy xy 2 exp(x 2 + y 2 )

1. Montrer que toutes les solutions maximales u(t) = (x(t), y(t)) sont d´ efinies sur R.

2. Montrer qu’il existe R > 0 tel que si |u(0)| < R alors pour tout t ≥ 0, |u(t)| < R.

(Indication : On pourra montrer qu’il suffit de trouver R > 0 tel que pour tout x, y sur la sph` ere centr´ ee en 0 de rayon R, hX(x, y), (x, y)i < 0, o` u X est le champ de vecteurs associ´ e ` a l’´ equation).

Exercice 14 Soit A ∈ M n ( R ), n ≥ 1. On consid` ere l’EDO X 0 = −XAX, X(0) = Id.

1. Justifier l’application du th´ eor` eme de Cauchy-Lipschitz.

(4)

2. Montrer que le temps de vie est ≥ kAk −1 (o` u k · k est une norme d’alg` ebre sur M n ( R )) et que pr` es de l’origine, X(t) = (Id + tA) −1 .

IV. Probl` emes.

Probl` eme 1 (Examen - 2016) On consid` ere l’´ equation diff´ erentielle ordinaire (1)

y 00 = 1 − 3 y 2 y(0) = y 0 (0) = 0

L’objectif de l’exercice est de d´ emontrer que cette EDO admet une unique solution maximale, qui est globale et p´ eriodique.

1. Montrer que (1) admet une unique solution maximale. On note I l’intervalle d’existence de cette solution.

2. Montrer que 1

2 (y 0 ) 2 = y (1 − y 2 ). En d´ eduire que pour tout t ∈ I, 0 ≤ y(t) ≤ 1. En d´ eduire que I = R (c’est-` a-dire que la solution est globale).

3. Montrer que y est une fonction paire.

4. Montrer qu’il existe T > 0 tel que y 0 (t) > 0 pour tout t ∈]0, T [. On d´ efinit T max = sup

T > 0, ∀t ∈]0, T [, y 0 (t) > 0 .

On a donc y 0 (t) > 0 pour tout t ∈]0, T max [.

5. Soit 0 < t 0 < t < T max . Montrer que

t − t 0 = Z y(t)

y(t

0

)

ds

p 2 s(1 − s) (1 + s) ≤ Z 1

0

ds

p 2 s(1 − s) (1 + s) < +∞.

En d´ eduire que T max < +∞, y 0 (T max ) = 0 et y(T max ) = 1.

6. Pour t ∈ R , on note w(t) = y(t + 2 T max ). Montrer que w(−T max ) = y(−T max ) et w 0 (−T max ) = y 0 (−T max ). En d´ eduire que y(t) = y(t + 2 T max ) pour tout t ∈ R .

Probl` eme 2 (Th´ eor` eme de Cauchy-Peano) Soit f une fonction continue de R n ` a valeurs dans R n . Soit (t 0 , x 0 ) ∈ R × R n . Le but de l’exercice est de montrer qu’il existe une solution ϕ de l’´ equation diff´ erentielle x 0 = f(x) telle que ϕ(t 0 ) = x 0 .

1. Montrer qu’on peut supposer t 0 = 0 et x 0 = 0, ce qu’on fera d´ esormais.

2. Soit R > 0. On note B la boule ferm´ ee de centre 0 et de rayon R. Justifier qu’il existe M > 0 tel que pour tout x ∈ B , kf (x)k ≤ M . Montrer que f est uniform´ ement continue sur B.

3. Montrer que pour tout ε > 0, il existe une application ϕ ε de classe C 1 par morceaux, d´ efinie sur [−R/M, R/M ] et ` a valeurs dans B, telle que ϕ ε (0) = 0 et pour tout t (sauf un nombre fini), kϕ 0 ε (t) − f(ϕ ε (t))k ≤ ε. On dira que ϕ ε est une ε−solution de l’´ equation diff´ erentielle.

Indication : utiliser l’uniforme continuit´ e. On commence par construire ϕ ε pour les temps positifs : on part de 0 en se d´ epla¸ cant ` a la vitesse f (0) pendant un temps η/M , puis on repart de ϕ ε (η/M ) en se d´ epla¸ cant ` a la vitesse f (ϕ ε (η/M )) pendant un temps η/M, etc...

4. Montrer que l’ensemble des fonctions lipschitziennes de rapport ≤ k sur [−R/M, R/M] qui valent 0 en 0 est un compact de C 0 (I ; R n ).

5. Montrer que toutes les ε−solutions construites pr´ ec´ edemment sont lipschitziennes de rap- port ≤ M . En d´ eduire l’existence d’une suite ϕ ε

n

de ε n −solutions, avec ε n tendant vers 0, et qui converge uniform´ ement vers une fonction continue ϕ.

6. En ´ ecrivant l’´ equation sous forme int´ egrale, montrer que ϕ est une solution de l’´ equation

diff´ erentielle.

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