J
OURNAL DE
T
HÉORIE DES
N
OMBRES DE
B
ORDEAUX
G
EORGES
G
RAS
Ramifications minimales
Journal de Théorie des Nombres de Bordeaux, tome
12, n
o2 (2000),
p. 423-435
<http://www.numdam.org/item?id=JTNB_2000__12_2_423_0>
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Ramifications
minimales
par GEORGES GRAS
RÉSUMÉ. Nous
appliquons
à la notion d’extension(cyclique
dedegré
p)
à ramificationminimale,
lestechniques
de "réflexion"qui permettent une caractérisation très
simple
de ces extensionsà l’aide d’un corps gouvernant.
ABSTRACT. We
apply,
for the notion of extension(cyclic
ofdegree
p)
with minimalramification,
the technics of "reflection" which allow a verysimple
characterization of these extensionsby
meanof a governing field.
Ce texte propose une
approche
nouvelle de l’étude de la ramificationdans la
p-sous-extension
maximaled’exposant
p de la clôture abélienneeb
du corps de nombreK,
notamment par l’étude despossi-bilités de ramification des extensions
cycliques
dedegré
p de K en vuede la caractérisation des
"plus
petits
discriminants"(ce
problème
général
concerne surtout les extensions non
galoisiennes
et repose sur des méthodesgéométriques,
mais dans le cas abélien la théorie du corps de classes resteprépondérante ;
pour le casgénéral
sereporter
à[Ml]
et à labibliographie
qu’il
contient) .
Le
principe
consiste à construire une extension de Kummer de la formeQ 1
=~
(le
corpsgouvernant),
oùI~1
=K (pp)
et où Y est un invariantnumérique
nedépendant
que deI~,
et de montrer que l’on a lapropriété
suivante : pour un ensemble T fini deplaces
finies deK,
l’existenced’une extension
cyclique
dedegré
p deK,
totalement ramifiée en T etnon ramifiée en dehors de
T,
dépend simplement
de ladécomposition
deséléments de T dans
De
façon
précise,
une telle extension existe si et seulement s’il existe des éléments du groupe dedécomposition
81,v
de v dans avecUJ,V 7É
1 si81,v
~Uv / Up
(où
Uv
désigne
le groupe des unités ducomplété
de K en
v),
telsque fl
ol,v = 1. vETCette formulation
qui
"échange"
ramification etdécomposition
estl’origine
des "théorèmes de réflexion" que nous avons détaillé dans[G2].
Elle
permet
alors de résoudre toutproblème
de ramification(comme
ce-lui des extensions à ramifications
minimales)
d’unefaçon
très naturellequi
éliminecomplètement
le caractère trèstechnique
de toutproblème
lié à laramification,
même abélienne .Cette étude
emprunte
auchapitre
V de[Gl]
qui
repose sur les résultatsde la théorie du corps de classes
qui
y sontdéveloppés ;
signalons
l’existence d’un travail deJacques
Martinet[M2]
qui
étudie les extensionsquadratiques
relatives à ramification minimale en vue d’obtenir despetits
discriminants.Je remercie
Jacques
Martinet de m’avoircommuniqué
ses textes nonpubliés
ainsi que Henri Cohen pour l’invitation à ceColloque
qui
a influencé unepartie
de ce travail.1. Introduction
Désignons
parPfo
l’ensemble desplaces
finies du corps de nombres K et parR’ 00
celui desplaces
à l’infiniréelles ;
si v EHo,
ondésigne
parpv l’idéal
premier qui
luicorrespond.
Nous fixons un nombrepremier
p etdistinguons,
dans le sous-ensemble formé desplaces
"sauvages"
(i.e.
divisantp)
etcelui,
formé desplaces
"modérées" .Soit S =
So
U CP~o
U un ensemble fini deplaces
noncomplexes
de K. Si l’on se donne un ensemble fini T =Tp U Tmod
(Tp
=Tmod
= T vTp),
disjoint
deSo,
formé deplaces
finies deK,
onpeut
se demanders’il existe une extension
cyclique
L,
dedegré
p deK,
S-décomposée
et telle que(en
termes d’indices de ramification dansL~K) :
ev =
p pour tout v E
T,
ev = 1 pourtout v e
T,
une telle extension étant dite T-totalement
ramifiée,
8-décomposée 1.
Pratiquement
laréponse
est contenue(via
la théorie du corps declasses)
dans l’étudenumérique
des groupes de S-classesgénéralisées
(quotient
du groupe des idéaux fractionnairesétrangers
à T par le sous-groupeen-gendré
parSo
et par les idéauxprincipaux
de la forme(x)
pour = 1 modm et
positif
surP.~~ v
800),
puisque
pour mFI
P:v
assez gros, le p-corpsC>O
vET v
de rayon
S-décomposé
K(m)s(p)
contient toutes les "solutions" relatives à T etS ;
ceci estpossible
en utilisant PARI et lestechniques
effectives de[CDO], [Col]
et[Co2].
Mais dans ce
point
de vue"groupes
de classesgénéralisées" ,
les calculssont à
reprendre
dès que l’on modifie T et l’on ne voit pas commentca-ractériser les
parties
Tpouvant
convenir pour leproblème
posé.
1 Comme dans [J], la ramification ne concerne que les places finies, le comportement des places
Nous allons construire un corps
gouvernant permettant
de caractériserles solutions T au moyen de conditions
arithmétiques
simples,
en yad-joignant
laS-décomposition qui,
commed’habitude,
modifie très peu lesraisonnements.
La notion de corps
gouvernant
a été introduite parStevenhagen
dans[St]
où l’on trouve une étude de cetype
deproblème
basée sur la notiond’extension de groupe, et
qui
est donc de naturecohomologique ;
demême ,
dans[N],
Neukirch traite defaçon approfondie
le"problème
duplongement"
dont les obstructions mettent enjeu
de tels corpsgouvernants.
La méthode que nous proposons est par contre d’une extrême
simplicité ;
cependant,
si elle donne une bonnedescription
de ces extensions(parti-culièrement
adaptée
à l’utilisation du théorème deCebotarev),
elle ne lesconstruit pas et pour cela on devra utiliser
[Col], [Fi]
entre autres. 2. Construction d’un corpsgouvernant
On fixe un ensemble fini S =
50U8oo
C deplaces
noncomplexes
deK,
l’idée étant que l’on fera varier T =Tp
UTmod
comme ensemblefini,
disjoint
deSo,
tel que la condition(trivialement nécessaire)
Npv *
1 mod p pour tout v ETmod,
soit satisfaite.2.1 Notations.
(i)
Ondésigne
parHT
l’extension abélienne T-ramifiéeS-décomposée
maximale deK ;
parexemple
Hs
est le corps de classes de HilbertS-décomposé
qui
donne le corps de classes de Hilbert au sensrestreint H =
@ pour s
= ~,
et le corps de classes de Hilbert au sensordinaire
H I:f’
=H°rd,
pour S
=Si v est une
place finie,
ondésigne
par la filtration habituelledu groupe des unités
Uv
ducomplété
Kv
de K en cetteplace
et pariv
leplongement
de K dansKv .
On fixe m
= fi pmv
assez gros de telle sorte que l’on ait CU
vET
pour tout v E T
(on
vérifiequ’alors
K(m)s(p)
contient la sous-extension maximaled’exposant
p de on pose :(ii)
Ondésigne
parEm
le groupe des S-unités congrues à 1 modulo m(on
notera que pour500 =
0,
on obtient le groupe desSo-unités
totalement
positives
congrues à 1 modulo m, le cas ordinaire s’obtenant avec800
=I:fr "0 ).
que l’on écrit sous la forme :
et dans
laquelle
p estl’application
deréciprocité globale,
on déduit la suiteexacte :
où
iT,i
estl’application composée :
On a
iT,i
= en un sens évident.(iii)
Si G est un groupe abélienfini,
ondésigne
par G* le groupe dualHom(G, (C" ),
et pour touthomomorphisme
de groupes h : G -G’,
ondésigne
par :l’application
duale définie par :pour
tout x’
EG’*
et tout E G.2.2
R,appels.
(dualité kummérienne).
SoitKl -
et soitQI
=Ki(§Él),
où X est un sous-groupe deKi
contenantKl p
et tel queW = soit fini
(par
la suite X sera de la forme où Y estun sous-groupe de K X contenant
KXP ;
on sait que pour unexposant
pre-mier on a W £i
Y/Y
Y/KXP).
On pose
G1=
Gal(Q,/Kl).
Alorsl’application :
qui
ECI
associe x E W* défini parx -
°
pour tout à EW,
va=est un
isomorphisme
canonique ;
l’app_lication
inverse est ainsi définie : si x EW *,
ilexiste /3
E W tel que W = etl’image de X
estl’unique
générateur
a x de2.3
Approche
par la théorie du corps de classes. Leshypothèses
et notations sont celles de(2.1, i).
Soit la sous-extension
(p-élémentaire)
deHSIHS
fixe par C = B nAP ;
on a le schéma suivant :dans
lequel
est le sous-corps deHT
fixe parAP,
= est fixe parB AP ;
ainsi M est lecomposé
direct,
surHS[p],
deHs
etHT [p],
etcomme
Gal(HTS[plIK)
est unFp-espace
vectoriel,
il existe L C tel quesoit le
composé
direct de L et donc tel que M soit lecomposé
direct,
surK,
de L etHs
(on
notera queHf[P]/K
(resp.
HS[p]/K)
est bien la sous-extension maximalep-élémentaire
deHT /K
(resp.
On a
supposé
implicitement
distinct de sinon leproblème
est trivialement
impossible
(on
verra en(2.3.5)
ce que ce cassignifie).
2.3.1 Lemme. Une condition nécessaire et
suffisance
pourqu’il
existe uneextension
LI, cyclique
dedegré
p, T -totalementramifiée,
S-décomposée,
estqu’il
existe unhyperplan
N deB/C
tel que :B/C
= N +IvC/C,
pour tout v ET,
où
Iv
C B est le groupe d’inertie de v dansHTSIK
(noter
que la
somme est directe pour lesplaces modérées,
mais non nécessairement pour lesplaces
sauvages car leur groupe d’inertie
peut
ne pas êtrecyclique).
Démonstration. Si
Li existe,
il est clair que N =Gal(M/Mi),
oùMi =
est unhyperplan
deB/C
puisque LI
est linéairementdisjointe
de pourT ~
0,
et doncHs~ -
p ;ensuite,
pourchaque v
ET,
IvC/C
est le groupe d’inertie de v dansM/Hs
et ce groupe n’est pascontenu dans N
puisque
L1/K,
doncMl/Hs,
est totalement ramifiée en v.Donc N -f-
IvC/C
=B/C.
Réciproquement,
s’il existe unhyperplan
N deB/C
tel queB/C
= pour tout v ET,
alors nécessairement la sous-extensionMl /Hs
fixe par N est T-totalement ramifiéepuisque
IvC/C
est le groupe d’inertie de v dansMIHS
et n’est pas contenu dans N.Comme M est le
composé direct,
surK,
deHs
etL, Mi
se redescend enune extension
LI
g L deK,
cyclique
dedegré
p et T-totalement ramifiée(S-décomposée
parconstruction).
IlNous allons traduire
(2.3.1)
en termes d’invariantsnumériques
du corpsdéjà
dans[S]
relativement à l’étude de lap-extension
T-ramifiée maximale de K(cf.
[Gl,
ch.I,
§
4.5,
iii]) :
2.3.2 Lemme. On a la suite exacte :
où
PI
est lecomposé
(surjectif) :
où où est l’ensemble des x E KX
étrangers
à Tet
positifs
sur et oùiT,1
estdéfinie
en(2. 1,
ii).
Démonstration. En
effet,
sous la condition(2.1, i),
on al’isomorphisme
dela théorie du corps de classes :
où est l’ensemble des idéaux
principaux
(x)
pour x EKT > m°° _
(a
EKX ,
cx _ 1 mod m., apositif
sur danslequel l’image
de B estdonnée par celle de ce
qui
donne :On a ensuite la suite exacte :
où :
et dans
laquelle
onremplace
(en
utilisant le théorèmed’approximation)
2.3.3
Remarques.
Il est trèsimportant
pour la suite de remarquer quene
dépend
pas de T car on a :On observera
également
queYs
contient le groupeEs
des S-unités et que l’on a la suite exacte :où
ces [p]
est le sous-groupe des S-classes annulées par p et où P est le groupe des idéauxprincipaux
au sens ordinaire. Elle montre que :si et seulement si
seulement si si et seulement si :
où sgnà. est la
signature
pour lesupport
une condition suffisant(valable
pour toutp)
étant que(CeSo,rd)p = 1.
On va utiliser la suite exacte duale de(2.3.2) :
En
remarquant
que, par la caractérisation des groupesd’inertie,
on a les
équivalences suivantes, toujours
sousl’hypothèse
1 :(i)
Il existe unhyperplan
N deB/C
tel que :donc tel que :
(ii)
il existe1/11
E(BIC)*
tel que :donc tel que, par dualité :
pour tout
On considère maintenant le corps :
Son radical est donc
YSIKXP.
La théorie de Kummer montre que
Q1(s)/Kl
est U(So)-ramifiée
etDoo-décomposée.
Donnons-nous maintenant T =
Tp
UTmod,
nonvide,
disjointe
deSo,
vérifiant -1 mod p pour tout v E
Tmod
D’après
(2.3.3),
on a aussi :Pour
chaque
place v e T,
on considère :(en
notant que l’on a~~1
= E =1}) !
il est clair que est le groupe dedécomposition,
dans d’uneplace
arbitrairede
Ki
au-dessus de v(ce
groupe nedépend
que dev).
Montrons alors que la condition
(v)
estéquivalente
à :(v’)
il existe des éléments E d’ordre p si tels queIl
O"l,v =1.~
vET
-
(v)
~(v’) :
Achaque
on associe sa restriction àqui
estun caractère xl,v e défini par :
Par la dualité
kummérienne,
à xl,vcorrespond
E8tv
puisque
contient
On a
alors,
parhypothèse
sur pi :montre que =
auquel
cas0’l,v = 1 voudrait dire xl,v =
1,
d’où ’Pl,v= 1,
cequi
est absurde.-
(v’)
~(v) :
Achaque
ec5tv
correspond
xi,v E(Y#/K/§b")*
et la relationFI
= 1 conduità FI
= 1. Commexlw est trivial sur il définit un caractère de 9
Uv /US
qui
est doncprolongeable
en un caractère e que l’onpeut
prendre
non trivial dès que est contenu strictement dansUv /U£ ,
et on aura la relation :pour tout y E
Y’¡.
Enfin si = c’est
que et donc que =
qui
est non trivial parhypothèse.
’
On a donc obtenu le résultat suivant :
2.3.4 Théorème. Soit K un corps de
nombres,
soit 8 =So
u500
CP~o
UP.~~
un ensemblefini
deplaces
noncomplexes
deK,
et soitOn pose
Ql (s)
=Ki
(eYs
oùKi
=K(pp),
et pour touteplace
finie
vde K on
désigne
par le groupe dedécomposition
de v dansQ1(S)/Kl.
Soit T un ensemble
fini
non vide deplaces finies
deK,
tel que T flSo
= ~
et
Npv
a 1 mod p pour tout v ETmod
·Alors il existe une extension
cyclique
dedegré
p deK,
T -totalementramifiée
etS-décomposée,
si et seulement si il existe des E v ET,
avec d’ordre p siUv/Ur;,
tels que :On retiendra que la méthode utilisée
permet
facilement de dénombrer l’ensemble des solutions relatives à T donné.Si v E
Tmod?
8r v
est un groupecyclique
(d’ordre
1 oup)
engendré
parle
Frobenius,
et comme estcyclique
d’ordre p, la condition d’ordre p siUv/Up"
s’écrit :où vl est une
place
arbitraire deKl
au-dessus de v.Si
Tp
=0,
la condition nécessaire et suffisante du théorème s’écrit :En fait les conditions
précédentes
et leproduit
neportent
que sur les v E T dont le Frobenius est non trivial.2.3.5
Remarque.
PourT ~
0,
le cas =(i.e.
B/C
=1)
qui
rend leproblème
trivialementimpossible,
est iciéquivalent
àÉb uv/ue (cf. (2.3.2)),
donc finalement à : vEToù
désigne
la sous-extensionT-décomposée
maximale deQI (8) ;
dansce cas, l’existence des
O"I,v =1
1 est trivialementimpossible.
2.3.6 Corollaire
(cas
d’une seuleplace).
Si T ={~}~
où v est uneplace
modérée(cf.
[Cor]),
leproblème
a une solution si et seulement sii .. -, , 1
(i.e.
laplace
v est totalementdécomposée
dansQ1(s)/K,
ou encore fl
K v )
{VI)
CUC).
Si v est une
place
sauvage, leproblème
a une solution si et seulement siis
n’est pasisomorphe
à(ou
encore sil’application
canonique iv : Ys
flKflj -
Uv/Uv
n’est passurjective).
2.3.7 Corollaire. S’oit t un ensemble
fini
non vide deplaces
de Kvérifiant
Npv
-1(p)
pour tout v Etmod,
etdisjoint
deSo.
Alors il existe uneinfinité
de
places
modérées v’ pourlesquelles
il existe une extensioncyclique
dedegré
p deK,
t ou t Utv’}-totalement
ramifiée, 8-décomposée.
Démonstration. Dans pour un choix arbitraire de E
bi,vl
v
E t,
d’ordre p siUv/UC,
posonsIl ul v
=T ; si
-r
1,
par, ,
vEt 1
le théorème de
Cebotarev
onpeut
trouver v’ telle queVI
= T, eti
T = t U
f vl
répond
au critère du théorème(2.4.2).
DCe résultat est intéressant en
pratique uniquement
s’iln’y
a pas deso-lution avec t.
Plus
généralement,
on voit que dès que T contient desplaces
(modérées)
dont les Frobenius
engendrent
il existe une extensioncy-clique
dedegré
p, T-ramifiée(non
nécessairementtotalement),
S-décom-posée.
Pour d’autres corollaires se
reporter
à[Gl]
qui
traiteégalement
du casdes extensions
cycliques
dedegré
pe.
3. Ramifications minimales
Ainsi que le
suggèrent
un certain nombre de travaux de Martinet(comme
3.1 Définition. Soit K un corps de
nombres,
soit S un ensemble fini fixéde
places
noncomplexes
de K et soit ppremier.
On dit que T C
Ho
(T ~ 0,
Ton80
= ~,
Npv *
1(p)
pour tout v ETmod)
est un ensemble de ramification minimal de K
(relativement
à S etp)
s’il existe au moins une extension
cyclique
dedegré
p deK,
T-totalementramifiée,
8-décomposé,
telle que pour tout t CT, t # T, t #
0,
ceci n’ait pas lieu pour t.Il est clair que si T
(minimal)
contient desplaces
sauvages, les extensions T-totalement ramifiées solutionspeuvent
avoir des conducteurs(donc
des discriminantsrelatifs)
distincts au niveau du facteur sauvage; la notiond’extension
(cyclique
dedegré
p)
à discriminant relatif minimal(en
un sensqu’il
conviendrait depréciser)
estplus
fine maispeut
segérer
àpartir
dela
précédente, plus intrinsèque.
On observe que si
ITI =
1,
la condition de minimalité renvoie au corollaire( 2. 3 . ô ) ;
dès que2,
si T contient uneplace v
pourlaquelle
n’est pasisomorphe
à T n’est pas minimal(en
effet,
il existe une extension(v)-totalement
ramifiée8-décomposé,
puisque
l’onpeut
prendre
0l,v = 1d’après
( 2 . 3 . 6 ) ) .
On suppose donc
implicitement
que les T considérés ont au moins 2éléments et sont tels que pour tout v
E T ;
si v ETmod
cecisignifie
que le Frobenius de v dans est d’ordre p et si v eTp
lacondition, plus contraignante,
On obtient alors sans
peine :
’
3.2 Théorème. Soit T C ensemble
fini
deplaces
finies
de K >2, T f1,S’o
=0,
Npv m
1(p)
pour tout v ETmod
tel queUv/uC
pour tout v E T . On suppose’
Alors T est un ensemble de
ramification
minimal si et seulement si leIFp-espace
desfamilles
(al,v)VET’
0’1,v E8tv,
tellesque Il ol,v
=1,
est de’
vET
dimension 1 et est
engendré
par unefamille
(Tl,v)VET’
Tl,v E8tv,
telle que 1 pour tout v e T .Une condition nécessaire est donc que l’on ait :
ce
qui majore
~T~
trèscanoniquement ;
siTp
=0,
on obtientsimplement :
Toujours
lorsque
Tp = 0,
la condition de minimalité estéquivalente
au"unique"
relation de la forme :av E pour tout v E T
2).
Par des considérations
d’algèbre
linéaireélémentaire,
l’utilisation du théorème deCebotarev
permet
de classer lesparties
T minimales.3.3
Exemple.
Soit K =Q(V5), 8
= p = 2. Le corpsgouvernant
est donc :C’est une extension
biquadratique
de K totalement ramifiée en 2.Considérons alors :
où :
on obtient facilement
(en
termes desymboles
de restesquadratiques
dans les corpsrésiduels) :
Ceci montre que :
d’où l’on déduit que T est un ensemble minimal.
Mais on
peut
vérifier que T= {[5,
tu,
119
= (1 +
2B/5)}
n’en estplus
un(en
effet, t
=Illi,
(19}
est minimal car8r19
=On voit sur ce dernier
exemple
à 2 éléments que le choix desconjugués
des
places
est essentiel.3.4
Remarque.
Onpeut
vérifier par la théorie de Kummer l’existence d’une extensionquadratique
[11,
[19}-totalement
ramifiée tota-lement réelle "minimale" :Posons a =
v/5- (4
+B/5)(2B/5 - 1)
= 35 +6V5 ;
il est clairque l’on a a » 0 et que L
= K( va) est 115,
111,
ti9}-totalement
ramifiée si elle estIl reste à vérifier la non existence d’extensions
quadratiques
f[5},
115,
115, [191, 1[li, [19}- totalement
ramifiées totalementréelles;
ceci se fait àpartir
du radical :Il faut alors vérifier que les 6 extensions
quadratiques
correspondantes
sont ramifiées en 2 en utilisant les congruences deKummer ;
c’est assez fastidieuxnumériquement
(nombres
non congrus à un carré modulo4)
mais sansdifficultés.
En conclusion on
peut
dire que leprincipe
de réflexion(même
pour p =2)
est
particulièrement profond
et utile dans la mesure où il"échange"
rami-fication et
décomposition,
rendant ainsiplus simple
leproblème
dedépart ;
en outre la forme même du critère obtenu
permet
d’envisager
des calculs de densités dansl’esprit
des résultats de Cohen(dans
ce mêmenuméro)
puisque
lestechniques
analytiques
sont toutparticulièrement
adaptées
auxcalculs de densités de Frobenius.
Bibliographie
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[G2] G. GRAS, Théorèmes de réflexion. J. Théorie des Nombres de Bordeaux 10 (1998), 399-499.
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Georges GRAS
Laboratoire de Mathématiques UMR 6623
Faculté des Sciences de Besançon 25030 Besançon cedex
France