Petite introduction ` a la g´ eom´ etrie complexe
Aziz El Kacimi
Universit´e de Valenciennes
http://perso.numericable.fr/azizelkacimi/
Mini-cours ` a l’Universit´e Internationale de Rabat Ecole Africaine de Math´ematiques ´
Outils de topologie alg´ ebrique et g´ eom´ etrique
Du 25 juin au 6 juillet 2018
0. Nombres complexes
0.1. Pr´ eliminaires
Soient
x
ety
deux nombres r´eels. On sait ce qu’est leur produitxy
qui est aussi un nombre r´eel.Mais on peut voir les choses g´eom´etriquement : on consid`ere
y
comme un vecteur− → y
sur lequel on fait op´erer le nombrex
(qu’on suppose non nul). On a donc uneaction :(x, − → y ) ∈
R∗× − →
R7−→ x · − → y ∈ − →
Rdu groupe multiplicatif R∗ sur le groupe additifR. Si on prend
x = − 1
et on noteJ
l’op´erateur qui lui correspond par cette action, on voit donc que l’´equationJ
2( − → y ) = −− → y
n’a jamais de solution non nulle : il est impossible, en restant dansRd’appliquer deux fois de suiteJ
et de ramener− → y
vers son oppos´e−− → y
!On voit donc qu’il n’y a pas assez d’espace pour permettre `a l’op´erateur
J
de tourner deux foiset inverser ainsi le sens du vecteur
− → y
!D’o`u l’id´ee de plonger la droite vectorielle
−
→
R dans un espace plus grand `a cet effet.On voit donc qu’en sortant du corpsRon peut trouver un nombre
i
(i
commeimaginaire) dont le carr´e vaut− 1
. Le surcorpsK
dans lequel on pourrait r´esoudre notre ´equationz
2= − 1
(impossible dans R) devrait ˆetre tel que :1 s’il contient
x
ety
r´eels, il doit contenirx + y ;
2 s’il contient
y
r´eel, il doit conteniriy ;
3 s’il contient
x
ety
r´eels, il doit contenirx + iy
.Il est donc tout `a fait clair que le corps
K
est constitu´e des ´el´ements de la formez = x + iy
se composant comme suit:
4
(x + iy) + (x
′+ iy
′) = (x + x
′) + i (y + y
′) ;
5
(x + iy) · (x
′+ iy
′) = (xx
′− yy
′) + i(xy
′+ x
′y).
0.2. Propri´ et´ es alg´ ebriques
Le corps
K
ainsi construit est le plus petit dans lequel l’´equationz
2+ 1 = 0
admet une solution. On le noteCet on l’appelle corps des nombres complexes. Le corps des r´eelsRs’y plonge par le morphisme injectif :x ∈
R7−→ (x, 0) = x + i0 ∈
C.
1 La repr´esentation
x + iy
est unique. En effet siz = x + iy = x
′+ iy
′, on ax − x
′= i(y
′− y)
; donc(x − x
′)
2= − (y
′− y)
2, ce qui n’est possible que six = x
′ ety = y
′.2 L’application
z = x + iy ∈
C7−→ z = x − iy ∈
C est appel´ee conjugaison :z
est le conjugu´e dez
. C’est un automorphisme du corps(
C, +, × )
, c’est-`a-dire qu’on a:
z + z
′= z + z
′, zz
′= z · z
′, z z
′= z
z
′.
Cest un espace vectoriel surRde dimension
2
. Pourz = x + iy
etz
′= x
′+ iy
′ dansC, on a :z z
′= (xx
′+ yy
′) − i(xy
′− yx
′).
La partie r´eelle de ce nombre d´efinit une forme R-bilin´eaire sym´etrique
h , i :
C×
C−→
Rparh z, z
′i = xx
′+ yy
′; commeh z, z i = z z = x
2+ y
2> 0
pour toutz non nul, cette forme est d´efinie positive, c’est donc un produit scalaire sur le R-espace vectorielC. Il donne alors lieu `a une norme :| z | = √
z z =
px
2+ y
2.
Le nombre r´eel positif ou nul
| z |
est appel´emoduledu nombre complexez = x + iy
. Ses principales propri´et´es sont :| zz
′| = | z | · | z
′| , z z
′= | z |
| z
′| , | z | − | z
′| ≤ | z + z
′| ≤ | z | + | z
′| .
0.3. L’aspect g´ eom´ etrique
Deux groupes sont en jeu : le groupe additif
(
C, +)
et le groupe multiplicatif(
C∗, × )
. Nous allons les interpr´eter g´eom´etriquement.Le groupe additif (
C, +)
Soit
z = x + iy
un nombre complexe. La transformationτ
z: u ∈
C7−→ u + z ∈
Cs’´ecrit en coordonn´ees cart´esiennesτ
z(α, β) = (α + x, β + y)
; elle correspond `a la translation par le vecteurz = (x, y)
.Nous avons donc une application
τ : z ∈
C7−→ τ
z∈ T
o`uT
est le groupe des translations duR-espace vectorielC.Un calcul assez facile montre que
τ
est une bijection v´erifiantτ
z+z′= τ
z′◦ τ
z, autrement dit,τ est un isomorphisme du groupe additif(
C, +)
sur le groupe( T , ◦ )
o`u◦
est la composition des applications.Le groupe multiplicatif (
C, × )
Nous avons vu que la partie r´eelle de l’application
(z, z
′) 7−→ z z
′ d´efinit un produit scalaireh , i
sur leR-espace vectorielCparh z, z
′i = xx
′+ yy
′. On peut donc parler desimilitude lin´eaire directe. La matriceZ
d’une telle application par rapport `a la base orthonorm´ee(1, i )
a la formeZ =
x − y
y x
o`u
x
ety
sont desnombres r´eels non simultan´ement nuls. Si :
Z =
x − y
y x
et
Z
′=
x
′− y
′y
′x
′
sont deux matrices de ce type, leur produit est encore de ce type :
Z · Z
′=
x − y
y x
·
x
′− y
′y
′x
′
=
xx
′− yy
′− (xy
′+ x
′y) xy
′+ x
′y xx
′− yy
′
.
Bien ´evidemment, la matrice identit´e
I = 1 0
0 1
en fait partie ainsi
que l’inverse de
Z =
x − y
y x
qui est :
Z
−1=
x x2+y2
y x2+y2
−y x2+y2
x x2+y2
!
.
L’ensemble des matrices de la forme
x − y
y x
avec
x
2+ y
26 = 0
muni de la multiplication habituelle est un groupe commutatif. Il est isomorphe au groupe(
Sim+0(
C), ◦ )
des similitudes lin´eaires directes de l’espace euclidien(
C, h , i )
.Comme en plus l’ensemble
H
de toutes les matrices de la formex − y
y x
est un groupe pour
l’addition habituelle (des matrices),
( H , +, · )
est en fait un corps commutatif canoniquement isomorphe au corps(
C, +, × )
via l’application :z = x + iy ∈
C7−→
≃x − y y x
∈ H .
En conclusion :1 Le groupe
(
C, +)
est isomorphe au groupe des translations( T , ◦ )
: quand on rajoute un nombre complexez = x + iy
`au = α + i β
, on translate le point(α, β)
par(x, y)
.2 Le groupe multiplicatif
(
C, · )
est isomorphe `a( H
∗, · )
(o`uH
∗ est l’ensemble des matrices non nulles de la formex − y
y x
: multiplier
w = a + ib
parz = x + iy
revient `aappliquer `a
(a, b)
la matricex − y
y x
.
Nous venons donc d’identifier un nombre complexe non nul
z = x + iy
`a la matriceZ =
x − y
y x
. Mais cette derni`ere peut s’´ecrire sous la forme :
Z =
px
2+ y
2
√
x x2+y2√
−y x2+y2√
y x2+y2√
x x2+y2
.
C’est la matrice de la similitude centr´ee `a l’origine de rapport
r =
px
2+ y
2= | z |
et d’angleθ
tel quecos θ = √
xx2+y2 et
sin θ = √
yx2+y2. On a donc :
Z = r
cos θ − sin θ sin θ cos θ
.
Le nombre complexe correspondant s’´ecrit alors
z = r(cos θ + i sin θ)
. L’angleθ
(d´efini `a un multiple entier de2π
pr`es) est appel´eargumentdez
et se noteArg(z)
. Le nombre compexe non nulz
est donc enti`erement d´etermin´e par son moduler
et son argumentθ
; on l’´ecritz = [r , θ]
. Un calcul imm´ediat montre quezz
′= [r, θ] · [r
′, θ
′] = [rr
′, θ + θ
′].
L’application
Φ : (r , θ) ∈
R∗+
×
R7−→ [r, θ] = z ∈
C∗ est donc un homomorphisme de groupes ; il est surjectif mais pas injectif, son noyau est{ 1 } × 2π
Z. Comme le quotientR/2π
Zn’est rien d’autre que le groupeSO(2)
des rotations de centre l’origine (c’est aussi le groupe des angles de sommet l’origine),Φ
induit un isomorphisme de groupes :Φ :
R∗+×
SO(2) −→
≃ C∗.
La similitude
Z
appliqu´ee au pointA = 1 = (1, 0)
donneM = x + iy
tel queOM = r
et( −→
OA, −−→ OM ) = θ
(modulo2π
) (voir le dessin ci-dessous).0.4.
R-lin´ earit´ e et
C-lin´ earit´ e
Une application lin´eaire
f : z ∈
C7−→ f (z ) ∈
Cest toujours de la formef (z ) = αz
avecα = f (1)
. Siα = a + ib
, alorsf (z ) = αz = (a + ib)(x + iy) = (ax − by ) + i (bx + ay )
. Donc, si on voitf
comme application duR-espaceCdans lui-mˆeme, sa matrice par rapport `a la base{ 1, i }
est n´ecessairement de la formea − b b a
avec
a, b ∈
R.On peut v´erifier facilement qu’une application R-lin´eraire deCdans Cdont la matrice par rapport `a cette base est de cette forme est aussi C-lin´eaire.
Par exemple, l’application conjugaison
z ∈
C7−→ z ∈
Cest R-lin´eaire mais elle n’est pasC-lin´eaire !Soit
f :
C−→
Cune application C-lin´eaire (mais qu’on voit comme R-lin´eaire) de matriceA =
a − b
b a
; alors on peut toujours ´ecrire :
A =
pa
2+ b
2cos θ − sin θ sin θ cos θ
o`u
θ
est un r´eel (donn´e modulo2π
). Par cons´equent, du point de vue g´eom´etrique, une application C-lin´eaire n’est rien d’autre qu’une similitude directe de centre l’origine : c’est la compos´ee de l’homoth´etie de centre0
et de rapport√
a
2+ b
2 et de la rotation de centre0
et d’angleθ
.0.5. Exercices
1 Soient
A
,M
etP
trois points du plan complexe ayant respectivement pour affixes1
,z 6 = 1
etz
2.Pour quelles valeurs de
z
, le triangleAMP
est-il rectangle et isoc`ele enA
?2 Soient
A
,B
etC
trois points du plan complexe d’affixes respectivesa
,b
etc
.Montrer que le triangle
ABC
est ´equilat´eral si, et seulement si,a
,b
etc
v´erifienta + jb + j
2c = 0
oua + j
2b + jc = 0
. Icij = e
2iπ3 (racine cubique de1
).Dans la mesure du possible, donner une preuve g´eom´etrique.
1. Fonctions d’une variable complexe
Dans toute la suite de ce chapitre
U
sera un ouvert deC. On parlera de domaine s’il est en plus connexe.1.1. D´ efinition de l’holomorphie
Soitf:
U −→Cune fonction.On dira que
f
estholomorpheau pointz
0∈ U
si elle est d´erivable en ce point, c’est-`a-dire si la limite suivante existe :z→z
lim
0 z6=z0f (z ) − f (z
0) z − z
0.
Cette limite est not´ee
f
′(z
0)
et appel´eed´eriv´eedef
au pointz
0. On dira quef
est holomorphe surU
si elle est holomorphe en tout point deU
.• On v´erifie facilement (exactement comme on le fait pour les fonctions d’une variable r´eelle) que la somme
f + g
, le produitfg
, le quotient fg (l`a o`u il est d´efini) de deux fonctions holomorphes sont des fonctions holomorphes.• Si
f : U −→
Cetg : V −→
Csont des fonctions holomorphes avecf (U ) ⊂ V
la compos´eeg ◦ f : U −→
Cest une fonction holomorphe et on a(g ◦ f )
′(z) = f
′(z)g
′(f (z ))
. Sif : U −→ V
est une bijection etf
est holomorphe enz
0 avecf
′(z
0) 6 = 0
, alorsf
−1 est holomorphe enw
0= f (z
0)
et(f
−1)
′(w
0) =
f′(z10).• Une bijection
f : U −→ V
(U
etV
des ouverts deC) holomorphe avec inversef
−1 holomorphe est appel´eebiholomorphismedeU
surV
. On dira aussi queU
etV
sontbiholomorphiquement ´equivalents.Par exemple
z 7−→
z−iz+i est un biholomorphisme du demi-plan H= { z ∈
C: ℑ z > 0 }
sur le disque unit´e ouvertD
= { z ∈
C: | z | < 1 }
.L’ensembleAut
(U )
des biholomorphismes d’un ouvertU
est un groupe pour la composition des applications. Il est toujours contenu dans le groupe Diff(U )
des diff´eomorphismes deU
et est beaucoup plus petit.1.2. Conditions de Cauchy-Riemann
Dire que
f : U −→
Cest holomorphe enz
0∈ U
, c’est dire qu’au voisinage de ce point on a :( ∗ ) f (z) − f (z
0) = f
′(z
0)(z − z
0) + ε(z) | z − z
0|
aveclim
z→z0
ε(z ) = 0
. ´Ecrivonsz = x + iy
,z
0= x
0+ iy
0,f (z ) = u(z) + iv (z )
,f
′(z
0) = a + ib
,z − z
0= h + ik
etε = α + i β
. Alors l’expression(∗
)devient en coordonn´ees r´eelles :( ∗∗ )
(
u(x
0+ h, y
0+ k) − u(x
0, y
0) = ah − bk + α √
h
2+ k
2v(x
0+ h, y
0+ k) − v(x
0, y
0) = bh + ak + β √
h
2+ k
2Ceci montre que la fonction
f : (x, y) ∈ U 7−→ u(x, y) + iv(x, y ) ∈
Cest diff´erentiable au pointz
0= (x
0, y
0)
et de diff´erentielle :d
z0f =
∂u
∂x
(z
0)
∂u∂y(z
0)
∂v
∂x
(z
0)
∂v∂y(z
0)
!
=
a − b
b a
avec (comme on le voit sur la deuxi`eme matrice)
:
(CR) ∂u
∂x (z
0) = ∂v
∂y (z
0) et ∂u
∂y (z
0) = − ∂v
∂x (z
0).
Les relations (CR)sont appel´eesconditions de Cauchy-Riemann.
Cela signifie que
f
est diff´erentiable au pointz
0 (au sens r´eel) et sa diff´erentielled
z0f
(qui est une applicationR-lin´eaire deCdansC) est en faitC-lin´eaire.Si on consid`ere
f
comme fonction complexe des variables r´eellesx
ety
, les conditions(CR)s’´ecrivent aussi :∂f
∂x (z
0) + i ∂f
∂y (z
0) = 0.
Les deux assertions qui suivent sont donc ´equivalentes :
1
f : U −→
C est holomorphe enz
0.2
f
est diff´erentiable enz
0 et v´erifie(CR).
1.3. Exemples
1 Une fonction polynˆome
P (z ) = a
0+ a
1z + · · · + a
nz
n.2 une fonction rationnelle (l`a o`u le d´enominateur ne s’annule pas) :
f (z) = a
0+ a
1z + · · · + a
nz
nb
0+ b
1z + · · · + b
mz
m.
3 Toute s´erie enti`ere
f (z ) =
X∞ n=0a
n(z − z
0)
n `a l’int´erieur de son disque de convergence.4 La fonction exponentielle
e
z=
P∞ n=0(z−z0)n n!
.
5 Les fonctions :
ch(z ) =
ez+e2−z, sh(z ) =
ez−e2−zcos(z ) =
eiz+e2−iz, sin(z ) =
eiz−e2i−iz...
Exemple non holomorphe
La fonction
φ :
C−→
Cd´efinie parφ(z ) = z
n’est holomorphe nulle part. V´erifions-le au pointz
0= 0
en calculantlim
z→0 z6=0φ(z ) − φ(0)
z = lim
z→0 z6=0
z
z
lorsquez
tend vers0
par valeurs r´eelles et lorsquez
tend vers0
par valeurs imaginaires pures.On a :
lim
z→0 z r´eel 6=0z z = lim
x→0 x6=0
x
x = 1
etlim
z→0 z imaginaire6=0
z z = lim
y→0 y6=0
− iy
iy = − 1.
Les deux limites ne co¨ıncident pas, donc
φ
n’est pas holomorphe en0
. On peut le voir aussi par la matrice jacobienne en0
:d φ(0) =
1 0 0 − 1
qui ne v´erifie pas les conditions de Cauchy-Riemann.
1.4. Int´ egration complexe
On appellechemin dans
U
d’originez
0 et d’extr´emit´ez
1 toute application continueγ : [0, 1] −→ U
telle queγ(0) = z
0 etγ (1) = z
1.On dira qu’un chemin
γ
estC
1 parmorceauxs’il existe unesubdivision de l’intervalle
[0, 1]
:0 = t
0< t
1< · · · < t
n−1< t
n= 1
telle queγ
soitC
1 sur chacun des intervalles ouverts]t
i, t
i+1[
(aveci = 0, · · · n − 1
) etγ
′(t )
admet une limite `a droite det
i et une limite`a gauche de
t
i+1.Soit
γ : t ∈ [a, b] 7−→ γ(t) = x(t) + iy (t) ∈ U
un cheminC
1 par morceaux donn´e comme pr´ec´edemment. On d´efinitint´egraledef
surγ
comme l’int´egrale ordinaire qui suit :Z
γ
f (z)dz =
n−1X
i=0
Z ti+1 ti
f (γ(t))d γ(t)
=
n−1X
i=0
Z ti+1
ti
f (γ(t))
x
′(t) + iy
′(t) dt .
Cette int´egrale ne d´epend pas du param´etrage du cheminγ. On a : Z
γ
(f (z ) + g (z ))dz =
Zγ
f (z )dz +
Zγ
g (z )dz
et Z
γ
λf (z )dz = λ
Zγ
f (z)dz
pour toutλ ∈
C.D´efinition
On dira que deux chemins
γ
0 etγ
1 (ayant mˆeme originez
0 et mˆeme extr´emit´ez
1) sont homotopes s’il existe une application continueH : [0, 1] × [0, 1] −→ U
, appel´eehomotopie entre
γ
0 etγ
1, telle que pour toutt ∈ [0, 1]
on ait:H(0, t) = γ
0(t )
etH(1, t ) = γ
1(t).
Unlacetest un chemin dont l’extr´emit´e et l’origine sont confondues.
D´efinition
On dira que
U
est simplement connexe s’il est connexe et si tout lacet dedans est homotope `a un point (lacet constant).• Le plan complexeClui-mˆeme, le disque unit´eDet le demi-plan sup´erieurHsont simplement connexes.
• On dira que
U
est´etoil´epar rapport au pointz
0 si, pour toutz
1∈ U
, le segment[z
0z
1] = ⊂ U
. Il est simplement connexe.Proposition
Soient
f : U −→
C holomorphe etγ
0 etγ
1 deux chemins homotopes ayant mˆeme origine et mˆeme extr´emit´e. Alors:Z
γ0
f (z )dz =
Zγ1
f (z )dz.
Exemple fondamental La fonction
f (z ) =
z−z10 est d´efinie et holomorphe sur l’ouvert C
\ { z
0}
. Calculons son int´egrale sur le cheminγ
n(t) = z
0+ re
2iπnt o`un ∈
Z∗ etr
est un r´eel strictement positif ;γ
nest tout simplement le cercle centr´e enz
0et de rayonr
parcouru| n |
-fois dans le sens positif sin > 0
et dans le sens n´egatif sin < 0
. On a :Z
γn
dz z − z
0=
Z 1 0
1
re
2iπntd (z
0+ re
2iπnt) = 2i πn
Z 10
dt = 2iπn.
En fait, pour tout chemin ferm´e
γ
0 ne passant pas parz0, le nombre :1
2iπ
Zγ0
dz z − z
0est un entier relatif. On le note Ind
(γ
0, z
0)
et on l’appelleindicedeγ
0 par rapport `az
0.1.5. Formule int´ egrale de Cauchy
Soient
f : U −→
Cune fonction holomorphe sur un ouvertU
etz
0∈ U \ γ
o`uγ
est un chemin ferm´e dansU
homotope `a un point.Alors :
Ind(γ, z
0)f (z
0) = 1 2i π
Z
γ
f (z ) z − z
0dz.
En utilisant cette formule et le d´eveloppement en s´erie de Taylor :
1
ξ − z = 1
ξ − z
0·
1 +
z − z
0ξ − z
0
+ · · · +
z − z
0ξ − z
0n
+ · · ·
on obtient
f (z) =
X∞ n=0f
n(z − z
0)
navecf
n=
2i1πRγ f(ξ) (ξ−z0)n+1
d ξ.
Ceci montre bien que
f
est une fonction analytique surU
.1.6. Deux th´ eor` emes fondamentaux
Th´eor`eme de Liouville
Soit
f
une fonction holomorphe sur C tout entier (on dit que f est une fonction enti`ere). On suppose quef
est born´ee. Alorsf
est constante.Principe du maximum
Soit
f : U −→
C holomorphe non constante sur un ouvert connexeU
. Alors il n’existe aucun pointz
0∈ U
en lequel le module| f |
def
soit maximal. De fa¸con pr´ecise, il n’existe pas de pointz
0∈ U
tel que| f (z) | ≤ | f (z
0) |
pour toutz ∈ U
.Corollaire
Soit
f : U −→
C holomorphe non constante sur un ouvert connexe born´eU
et continue sur son adh´erenceU
. Alors| f |
ne peut atteindre son maximum que sur le bord∂U
deU
.1.7. Singularit´ es
Soient
z
0 un point deCetf
une fonction holomorphe sur un voisinage ouvert dez
0sauf peut-ˆetre enz
0. On dira alors quez
0 est unpoint singulier isol´edef
.Pourr suffisamment petit,
f
admet un d´eveloppement de Laurent sur la couronne0 < | z − z
0| < r
:f (z ) =
P∞−∞
f
n(z − z
0)
n.
Il y a trois possibilt´es :• Les coefficients
f
nsont nuls pourn < 0
. Dans ce cas on dira quez
0 est une singularit´e apparente.• Il n’y a qu’un nombre fini de coefficients
f
navecn < 0
qui sont non nuls. Dans ce cas on dira quez
0 est un pˆole def
. Le plus grandn ≥ 1
tel quef
−n6 = 0
est un entier naturelm
appel´eordredu pˆolez
0. Sim = 1
on dira quez
0 est unpˆole simpledef
.• Il y a une infinit´e de coefficients
f
navecn < 0
qui sont non nuls.Dans ce cas on dira que
z
0 est unesingularit´e essentielle.D´efinition
Une fonction
f : U −→
C est dite m´eromorphe s’il existe un ensemble discretΣ
deU
tel quef
est holomorphe surU \ Σ
et tout point deΣ
est un pˆole def
.Il n’y a aucune restriction sur les pˆoles comme le d´ecrit le
Th´eor`eme de Mittag-Lefflerqui a marqu´e un pas d´ecisif dans la th´eorie des fonctions d’une variable complexe.
Th´eor`eme de Mittag-Leffler
Soit
(z
k)
k≥1 une suite discr`ete dans C et(m
k)
k≥1 une suite d’entiers naturels. Alors il existe une fonction m´eromorphe sur C ayantz
1, · · · , z
k, · · ·
comme pˆoles d’ordres respectifsm
1, · · · , m
k, · · ·
.On peut donc prescrire `a l’avance les pˆoles et leurs multiplicit´es respectives.
L’importance de la notion desingularit´e essentielleest par exemple illustr´ee par les deux th´eor`emes qui suivent.
Th´eor`eme de Weierstrass
Soit
f : D (z
0, r ) −→
C holomorphe sur le disque ouvertD (z
0, r )
sauf enz
0 qui est une singularit´e essentielle. Alors, pour toutε > 0
(avecε < r
), l’image parf
du disque ´epoint´eD (z
0, ε) \ { z
0}
est dense dans C.Encore plus fort : Th´eor`eme de Picard
Soit
z
0 une singularit´e essentielle d’une fonctionf
holomorphe sur un disque ouvert ´epoint´eD(z
0, r) \ { z
0}
. Alors, pour toutε > 0
(avecε < r
), l’image parf
du disque´
epoint´e
D(z
0, ε) \ { z
0}
est Ctout entier ou C priv´e d’un point.Exercice :Tester le th´eor`eme de Weierstrass sur
f (z ) = e
1z.2. Homographie
2.1. G´ en´ eralit´ es
On compl`ete le plan complexe en lui rajoutant le point `a l’infini
∞
; on obtient alors ce qu’on appelle lasph`ere de Riemannet qu’on noteCb=
C∪ {∞}
.On prolonge une partie des op´erations de l’addition et de la multiplication de C`a Cb en posant :
z + ∞ = ∞ + z = ∞ ∞ × ∞ = ∞
et ∞z= 0
pourz ∈
Cz × ∞ = ∞ × z = ∞
et z0= ∞
pour toutz ∈
C∗.
On peut montrer que, du point de vue topologique, Cb est la sph`ere unit´eS2 de l’espace euclidienR3. L’applicationψ :
S2\ { ω } −→
C qui suit est une bijection :ψ(x, y, z) =
1−zx+ i
1−zyQuand
m
tend versω
,M
est rejet´e `a l’infini. AinsiCb s’identifie `a la sph`ereS2, ce qui justifie l’appellationsph`ere de RiemannpourCb.ψ
s’appelleprojection st´er´eographique.D´efinition
Une homographie de Cb est une transformation
h
qui `aM
d’affixez
associe le pointM
′ d’affixe :z
′=
az+b
cz+d si
z ∈
C\ {−
dc}
∞
siz = −
dca
c si
z = ∞
o`u
a, b, c , d
sont des nombres complexes.On v´erifie imm´ediatement que, si
ad − bc = 0
, la transformationh
est constante ; on supposera doncad − bc 6 = 0
. Sic = 0
on aa 6 = 0
etd 6 = 0
;h
s’´ecrit alorsh(z ) = αz + β
avecα =
da etβ =
bd. Si on poseρ = | α |
etθ =
argument(α)
,h
se d´ecompose comme suit :z 7−→ ρz 7−→ ρe
iθz = αz 7−→ ρe
iθz + β = z
′.
C’est donc unesimilitude directe.2.2. D´ ecomposition canonique
Rappelons qu’on appelle inversiondepˆole
O
et depuissanceκ, l’application not´eeI (O, κ)
qui, `a tout pointM
distinct deO
associe le pointM
′ sur la droite(OM )
tel que−−→ OM · −−→
OM
′= κ
. On peut bien sˆur la prolonger `a toute la sph`ere de RiemannCb en posantI (O , κ)(O) = ∞
etI (O, κ)( ∞ ) = O
.Soit
h(z ) =
az+bcz+d une homographie avecc 6 = 0
etad − bc 6 = 0
. On peu l’´ecrire sous la forme :h(z ) = α +
czβ+d avecα =
ac etβ =
bc−adc . On poseZ = cz + d
et on notes
la similitude directe qui `az
associeZ
. On a la d´ecomposition qui suit :z 7−→ Z = cz + d 7−→
Z17−→
Z17−→
βZ7−→ α +
Zβ.
On voit donc qu’on passe de
z
`az
′= h(z )
en appliquant la similitudes
suivie de l’inversion de pˆole l’origine0
et de puissance1
, de la r´eflexion par rapport `a l’axe(0x)
, de l’homoth´etie de centre l’origine et de rapport| β |
, de la rotation de centre0
et d’angle l’argument deβ
et enfin la translation de vecteurα
.2.3. Les points fixes
Soit
h(z ) =
az+bcz+d une homographie qui n’est pas l’identit´e. Un point fixe deh
v´erifie l’´equation az+bcz+d= z .
• Si
c = 0
, on sait queh
a un seul point fixe=∞
si ad= 1
et deux points fixes∞
et 1−1ad si ad
6 = 1
. Donc au plus deux points fixes.• Supposons
c 6 = 0
. Alors∞
n’est pas un point fixe deh
etz ∈
Cen est un si, et seulement si,cz
2+ (d − a)z − b = 0
. On r´esout cette´equation en calculant le discriminant
∆ = (a + d )
2− 4(ad − bc ) = (a + d )
2− 4
.– Si
∆ = 0
, cette ´equation a une solution double, c’est-`a-direh
a un seul point fixe.– Si
∆ 6 = 0
, l’´equation a deux solutions distinctes c’est-`a-direh
a deux points fixes diff´erents.Aussi bien dans le cas
c = 0
quec 6 = 0
, sih
a trois points fixes distincts dansCb (l’un de ces points peut tr`es bien ˆetre∞
),h
est l’identit´e. Par suite deux homographies qui co¨ıncident sur trois points distincts sont ´egales.2.4. Le groupe des homographies
L’ensemble
H
des homographies de Cb muni de la loi de composition des applications est un groupe non commutatif.Soient
h
1(z ) =
ac1z+b11z+d1 et
h
2(z ) =
ac2z+b22z+d2 deux homographies. Un calcul simple donne l’expression de la compos´ee :
h
2◦ h
1(z ) =
(a(c2a1+b2c1)z+(a2b1+b2d1)2a1+d2c1)z+(c2b1+d2d1)
qui montre bien que
h
2◦ h
1 est une homographie. L’´el´ement neutre est l’identit´e donn´ee para = d = 1
etb = c = 0
oua = d = − 1
etb = c = 0
.Toute homographie
h(z ) =
czaz+b+d est inversible et a pour inverseh
−1(z) =
−cz+adz−b .Ainsi l’ensemble
H
des homographies muni de la composition des applications est un groupe. Il n’est pas commutatif car, si on prendh
1(z ) = z + 1
eth
2(z) =
1z, on ah
1◦ h
2(z ) =
z+1z alors queh
2◦ h
1(z ) =
z+11 .2.5. La forme matricielle de
H SoitGL(2,
C)
le groupe des matricesa b c d
`a coefficients complexes et inversibles. L’application d´eterminant
det : A ∈
GL(2,
C) 7−→ det A ∈
C∗ est un morphisme de groupes.Son noyau est un sous-groupe normal deGL
(2,
C)
qu’on note SL(2,
C)
. Alors l’application :Θ : a b
c d
∈
SL(2,
C) 7−→
z 7−→
az+bcz+d∈ H
est un morphisme de groupes. Ceci d´ecoule du calcul du produit de deux homographies fait pr´ec´edemment. Ce morphisme est en plus surjectif puisque toute homographie est associ´ee `a une matrice de SL
(2,
C)
.Le noyau de
Θ
est constitu´e de toutes les matricesA = a b
c d
telles que, pour toutz ∈
Cb, on ait az+bcz+d
= z
c’est-`a-direcz
2+ (d − a)z − b = 0
. Ce qui impliqueb = c = 0
eta = d
.Mais comme
ad = 1
(carad − bc = 1
) on doit avoira = d = 1
oua = d = − 1
. Par suitekerΘ
est r´eduit aux deux matrices :I = 1 0
0 1
et
− 1 0 0 − 1
.
Comme ker
Θ = { I , − I }
est un sous-groupe normal deSL(2,
C)
, le quotient de SL(2,
C)
par{ I, − I }
est un groupe not´ePSL(2,
C)
. On a donc un ismorphisme :Θ :
PSL(2,
C) −→ H
qui `a tout ´el´ement dePSL
(2,
C)
repr´esent´e par une matricea b
c d
associe l’homographie :h(z ) =
az+bcz+d.
2.6. Exercices
1 Soient
z
1, z
2, z
3∈
Cb distincts deux `a deux. Montrer qu’il existe toujours une unique homographieh ∈ H
telle que :
h(z
1) = ∞ h(z
2) = 0 h(z
3) = 1.
2 On appellebirapportde quatre points
z
1, z
2, z
3, z
4∈
Cb pris dans cet ordre, la quantit´e :ρ(z
1, z
2, z
3, z
4) =
zz3−z13−z2
:
zz4−z14−z2
.
i) Soit
h
une homographie qui envoiez
1 sur∞
,z
2 sur0
etz
3 sur1
. Montrer queh(z
4) = ρ(z
1, z
2, z
3, z
4)
.ii) Montrer que toute homographie
φ ∈ H
pr´eserve le birapport de quatre points, c’est-`a-dire, on a :ρ(φ(z
1), φ(z
2), φ(z
3), φ(z
4)) = ρ(z
1, z
2, z
3, z
4)
pour tousz
1, z
2, z
3, z
4∈
Cb.3. Biholomorphismes
3.1. G´ en´ eralit´ es
Le probl`eme de l’´equivalence entre objets math´ematiques est central.
Soient
U
etV
deux ouverts non vides deC. On dira qu’uneapplication
φ : U −→ V
est un biholomorphismesiφ
est bijective, holomorphe etφ
−1 holomorphe. On dira queU
etV
sontbiholomorphiquement ´equivalentss’il existe un biholomorphisme de
U
surV
. Un biholomorphisme deU
sur lui-mˆeme est appel´e automorphisme deU
. L’ensemble des automorphismes deU
est un groupe not´eAut(U )
.Notons que deux ouverts
U
etV
biholomorphiquement ´equivalents ont des groupes d’automorphismes isomophes. En effet, sih : U −→ V
est un biholomorphisme, il est imm´ediat de v´erifier que l’applicationφ ∈
Aut(U ) 7−→ h ◦ φ ◦ h
−1∈
Aut(V )
est unisomorphisme de groupes.
Nous allons d´eterminer les groupes d’automorphismes du disque unit´e ouvert D
= { z ∈
C: | z | < 1 }
et le demi-plan sup´erieur H= { z = x + iy ∈
C: y > 0 }
. Mais avant cela nous donnerons l’un des th´eor`emes les plus puissants dans cette direction.Th´eor`eme d’uniformisation
Soit
U
un ouvert simplement connexe de C diff´erent de C. AlorsU
est biholomorphiquement ´equivalent au disque unit´e ouvert D.3.2. Exemples de groupes d’automorphismes
Th´eor`eme
Tout biholomorphisme du disque unit´e ouvert D s’´ecrit sous la forme
f (z ) = e
iθpz−1z−p o`uθ
est un r´eel etp ∈
D. Demani`ere ´equivalente, on peut aussi ´ecrire
f
sous la formeαz+β
βz+α avec
| α |
2− | β |
2= 1
.Comme on vient de le signaler la transformation homographique
φ(z ) =
z−iz+i est un biholomorphisme deHsurD. On a donc une application :ζ :
Aut(
D) −→
Aut(
H)
d´efinie parζ(f ) = φ
−1◦ f ◦ φ
et qui est en fait un isomorphisme de groupes. Ceci nous donne le : Th´eor`emeTout automorphisme du demi-plan ouvert
H
= { x + iy ∈
C: y > 0 }
est de la formef (z) =
az+bcz+d o`ua, b, c , d
sont des r´eels tels quead − bc = 1
.Th´eor`eme
Tout automorphisme du plan complexe C est de la forme
f (z ) = az + b
aveca ∈
C∗ etb ∈
C.Preuve.
• On pose
U = { z ∈
C: | z | < 1 }
etV = { z ∈
C: | z | > 1 }
.• Un automorphisme
f
deCest avant tout une fonction holomorphe surCtout entier, donc une s´erie enti`eref (z ) =
P∞n=0
a
nz
nde rayon de convergenceR = + ∞
. Si le nombre de termes non nuls de cette s´erie n’´etait pas fini, le point∞
serait une singuarit´e essentielle ; par le th´eor`eme de Weierstrass l’ouvertV
′= f (V )
serait dense dans C, en particulier tout point deU
′= f (U)
serait adh´erent `aV
′; mais ceci est impossible car les ouvertsU
′ etV
′ sont disjoints et non vides. Par cons´equentf
est un polynˆomef (z ) =
Pkk=0
a
kz
k.
• Comme l’application
f
est bijective, et donc a fortiori injective, ce polynˆome doit ˆetre du premier degr´e, c’est-`a-dire de la formef (z ) = az + b
aveca ∈
C∗ etb ∈
C.4. Vari´ et´ es complexes
4.1. Pr´ eliminaires
Formellement la d´efinition est la mˆeme que celle des vari´et´es diff´erentiables : la notion de diff´eomorphisme entre ouverts deRn sera remplac´ee par celle d’application biholomorphe entre ouverts de Cn. L’espaceCnsera identifi´e `aR2n`a l’aide de l’application :
(x
1, y
1, . . . , x
n, y
n) ∈
R2n−→ (x
1+ iy
1, · · · , x
n+ iy
n) ∈
Cn.
SoitU
un ouvert deCn. Notons(z
1, . . . , z
n)
les coordonn´ees complexes d’un pointz ∈ U
et(x
1, y
1, . . . , x
n, y
n)
ses coordonn´ees r´eelles o`u, pour toutk = 1, . . . , n
,z
k= x
k+ iy
k. Pour toute fonctionϕ : U −→
Cde classeC
1, on pose :∂ϕ =
Pn k=1 ∂ϕ∂zk
dz
k et∂ϕ =
Pn k=1 ∂ϕ∂zk
d z
ko`u
∂
∂zk
=
12∂
∂xk
− i
∂y∂k
∂
∂zk
=
12∂
∂xk
+ i
∂y∂k
.
Alors
d ϕ = ∂ϕ + ∂ϕ
o`u, pour tout pointz ∈ U
,∂
zϕ
et∂
zϕ
sont des1
-formes complexesR-lin´eaires surCn. La premi`ere est C-lin´eaire et la deuxi`eme est C-antilin´eaire.D´efinition
On dira que
ϕ
est holomorphe si , pour tout pointz ∈ U
, la1
-formed
zϕ
est C-lin´eaire i.e. si la partie antilin´eaire∂
zϕ
est nulle.Si
ϕ = (ϕ
1, . . . , ϕ
m)
est une fonction d´efinie sur un ouvertU ∈
Cn et `a valeurs dansCm, on dira queϕ
estholomorphesurU
si chacune de ses composantesϕ
ℓ,ℓ = 1, . . . , m
est holomorphe en tant que fonction d´efinie surU
et `a valeurs dansC.Uneapplication biholomorphed’un ouvert
U
de Cnsur un ouvertV
deCm est une application bijectiveϕ : U −→ V
telle queϕ
et son inverseϕ
−1 soient holomorphes. Dans ce cas, on an´ecessairement
n = m
. On dira que les deux ouvertsU
etV
deCn sont holomorphiquement ´equivalents.Nous sommes maintenant en mesure de donner la d´efinition de vari´et´e complexe. Soit
M
un espace topologique s´epar´e.D´efinition
On dira que
M
est une vari´et´e complexe de dimensionn
si elle admet un recouvrement ouvert{ U
k}
et pour toutk
, un hom´eomorphismeϕ
k d’un ouvert de Cn surU
k de telle sorte que, siU
k∩ U
ℓ6 = ∅
l’hom´eomorphisme qui suit soitbiholomorphe :
ϕ
−1ℓ◦ ϕ
k: ϕ
−1k(U
k∩ U
ℓ) ⊂
Cn−→ ϕ
−1ℓ(U
k∩ U
ℓ) ⊂
CnPar d´efinition mˆeme, toute vari´et´e complexe est munie naturellement d’une structure de vari´et´e diff´erentiable.
Tout ouvert d’une vari´et´e complexe (en particulier tout ouvert de Cn) est une vari´et´e complexe de mˆeme dimension.
4.2. Exemples
• Soient
N = n + q
,f :
CN−→
Cq une application holomorphe etc ∈ f (
CN)
. On poseM =
z ∈
CN: f (z ) = c .
Supposons qu’en tout point
z = (z
1, . . . , z
N) ∈ M
, la diff´erentielled
zf :
CN−→
Cq (application C-lin´eaire) soit de rang maximum.Alors la version complexe du th´eor`eme des fonctions implicites montre que
M
poss`ede une structure de vari´et´e complexe de dimensionn
.On dit que
f
est unefonction d´efinissantM
.Contrairement au cas r´eel, il existe beaucoup de vari´et´es complexes qui ne peuvent pas ˆetre obtenues de cette mani`ere : il n’existe pas de version holomorphe du th´eor`eme de plongement de Whitney.
Par exemple les vari´et´es complexes compactes de dimension strictement positive ne peuvent jamais ˆetre plong´ees (de mani`ere holomorphe bien sˆur) dans unCN.