Table des mati` eres
1 Nombres complexes 1
1.1 Le corps des nombres complexes . . . 1
1.1.1 Sommes et produits de nombres complexes . . . 1
1.1.2 Conjugu´e et module . . . 2
1.2 Repr´esentation g´eom´etrique d’un nombre complexe . . . 3
1.2.1 Forme cart´esienne . . . 3
1.2.2 Forme trigonom´etrique . . . 3
1.2.3 Forme exponentielle . . . 6
1.3 Solutions d’´equations polynomiales . . . 7
1.3.1 Equations de premier degr´´ e . . . 7
1.3.2 Racines carr´ees . . . 8
1.3.3 Equations de second degr´´ e . . . 10
1.3.4 Racinesn-`emes . . . 11
1.4 Applications `a la trigonom´etrie . . . 16
1.4.1 Formules d’Euler et de Moivre . . . 16
1.4.2 Formule du binˆome de Newton . . . 17
1.4.3 Applications . . . 19
1.5 Exercices . . . 22
1.6 Exercices, sujets ann´ees ant´erieures . . . 24
1.7 Exercices, rappels et compl´ements . . . 26
2 Ensembles et applications 28 2.1 La notion d’ensemble . . . 28
2.1.1 Inclusion et parties d’un ensemble . . . 28
2.1.2 Ensembles fondamentaux . . . 29
2.2 Construction d’ensembles . . . 29
2.3 Op´erations sur les ensembles . . . 31
2.4 La notion d’application . . . 32
2.4.1 Composition des applications . . . 32
2.5 Image directe et image r´eciproque . . . 33
2.5.1 Image directe d’une application . . . 33
2.5.2 Image r´eciproque d’une application . . . 34
2.6 Injection, surjection et bijection . . . 34
2.7 Exemples : transformations g´eom´etriques du plan . . . 36
2.7.1 Translations . . . 36
2.7.2 Rotations . . . 36
2.7.3 Homoth´eties . . . 37
2.8 Les ensembles finis, ensembles d´enombrables . . . 37 1
TABLE DES MATI `ERES 2
2.8.1 Ensembles finis . . . 37
2.8.2 Nombre de parties d’un ensemble fini . . . 39
2.8.3 Ensembles d´enombrables . . . 41
2.9 Exercices . . . 42
2.10 Exercices, sujets ann´ees ant´erieures . . . 45
3 Introduction `a l’alg`ebre lin´eaire 47 3.1 La structure d’espace vectoriel . . . 47
3.1.1 La notion d’espace vectoriel . . . 47
3.1.2 Propri´et´es ´el´ementaires . . . 48
3.1.3 Exemples fondamentaux . . . 48
3.1.4 Notion de combinaisons lin´eaires . . . 48
3.1.5 Sous-espaces vectoriels . . . 48
3.1.6 Sous-espace engendr´e par une partie . . . 50
3.2 Base d’un espace vectoriel . . . 50
3.2.1 Familles g´en´eratrices . . . 50
3.2.2 Ind´ependance lin´eaire — Familles libres . . . 51
3.2.3 La notion de base . . . 52
3.3 Dimension d’un espace vectoriel . . . 55
3.3.1 La notion de dimension . . . 55
3.3.2 Exemple fondamental : syst`eme lin´eaire . . . 57
3.4 La m´ethode d’´elimination de Gauss (ou m´ethode du pivot) . . . 58
3.4.1 Op´erations ´el´ementaires sur les ´equations d’un syst`eme lin´eaire . . . 58
3.4.2 M´ethode de r´esolution d’un syst`eme lin´eaire . . . 59
3.4.3 Exemple . . . 60
3.4.4 Les syst`emes lin´eaires homog`enes . . . 60
3.5 Application aux familles libres et aux familles g´en´eratrices . . . 61
3.5.1 Comment montrer qu’une famille est libre ? . . . 61
3.5.2 D´etermination des relations lin´eaires liant une famille de vecteurs . . . 62
3.5.3 Comment montrer qu’une famille est g´en´eratrice ? . . . 62
3.5.4 Equation d’un sous-espace vectoriel´ . . . 63
3.6 Compl´ements . . . 64
3.6.1 Produits, sommes et sommes directes d’espaces vectoriels . . . 64
3.6.2 Dimensions des sommes, sommes directes, produits . . . 65
3.7 Exercices . . . 66
3.8 Exercices, sujets ann´ees ant´erieures . . . 69
3.9 Exercices, compl´ements . . . 75
4 Propri´et´es deR 76 4.1 Compatibilit´e avec la structure alg´ebrique . . . 76
4.2 Valeur absolue . . . 76
4.3 Intervalles . . . 77
4.4 Majorant, minorant, borne sup´erieure et borne inf´erieure . . . 78
4.5 Compl´etude deR . . . 78
4.6 Les nombres rationnels dansR . . . 79
4.7 Densit´e deQdansR . . . 80
4.8 D´eveloppement d´ecimal d’un nombre r´eel . . . 81
4.9 Exercices . . . 83
TABLE DES MATI `ERES 3
5 Analyse de la variable r´eelle 87
5.1 Fonctions exponentielles . . . 87 5.2 Exercices . . . 89
Index 102
Chapitre 1
Nombres complexes
D´esignons par R l’ensemble des nombres r´eels. Le carr´e d’un nombre r´eel x ∈ R est toujours positif ou nul :x2≥0. Ainsi, l’´equation x2+ 1 = 0 n’admet pas de solution dans R. En fait, si x∈R, alorsx2+ 1≥1>0. Les nombres complexes, construits comme extension des nombres r´eels, furent introduits afin que de telles ´equations aient des solutions.
Bien que des r´ef´erences aux racines des nombres n´egatifs soient d´ej`a apparues dans l’antiquit´e, les nombres complexes furent introduits `a la fin du XVIe si`ecle par les math´ematiciens italiens, et successivement formalis´es par l’´ecole fran¸caise.
1.1 Le corps des nombres complexes
Dans la suite, on noteiun nombre imaginaire ayant la propri´et´ei2=−1. Le nombre i, dit unit´e imaginaire, est l’une des deux solutions de l’´equation alg´ebriquex2+ 1 = 0.
D´efinition 1.1. Un nombrecomplexe zs’´ecrit de fa¸con unique sous la forme, ditecart´esienne, suivante :
z=x+iy, avecx, y∈R. (1.1)
Dans l’´equation (1.1), x s’appelle la partie r´eelle de z, not´ee x = Re(z) ; y s’appelle la partie imaginaire dez, not´eey = Im(z).
On d´esigne parCl’ensemble des nombres complexes.
Notons qu’un nombre complexez=x+iy est r´eel si et seulement siy= Im(z) = 0. Un nombre z est ditimaginaire pur six= Re(z) = 0.
1.1.1 Sommes et produits de nombres complexes
L’ensemble des nombres complexes est muni d’une somme et d’un produit (qui ´etendent somme et produit usuels dans les r´eels).
D´efinition 1.2. Soient z=x+iy et w=u+ivdeux nombres complexes. Lasomme z+west donn´ee par
z+w= (x+iy) + (u+iv) := (x+u) +i(y+v).
Leproduit zwest donn´e par
zw= (x+iy)(u+iv) =xu+iyu+ixv+iyv:= (xu−yv) +i(yu+xv).
1
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 2 Notons que 0 = 0 +i0 est l’´el´ement neutre de la somme : z+ 0 = 0 +z =z. De mˆeme fa¸con, 1 = 1 +i·0 est l’´el´ement neutre du produit :z·1 = 1·z=z.
Notons aussi que siλ∈Rest un nombre r´eel, le produitλzest donn´e par
λ(x+iy) =λx+iλy.
Pour toutz∈C, il existe un nombre complexew:=−z, dit sym´etrique dez, tel quez+w= 0.
Siz=x+iy, alors−z=−x+i(−y).
Pour tout z ∈ C, z 6= 0, il existe un nombre complexe w := z−1, dit inverse de z, tel que zw=wz= 1. Siz=x+iy, on peut montrer par calcul direct quez−1=xx−iy2+y2.
1.1.2 Conjugu´ e et module
D´efinition 1.3. Soitz=x+iy∈Cun nombre complexe.
Leconjugu´e zdez est donn´e par z=x−iy∈C. Lemodule |z|dez est donn´e par|z|=p
x2+y2∈[0,+∞[.
Notons que|z|2=zz, ou de mˆeme fa¸conz−1=|z|z2. A partir des d´` efinitions, on obtient les relations suivantes :
Re(z) = z+z
2 , Im(z) =z−z
2i . (1.2)
Propri´et´es du conjugu´e Pour tousz, w∈C, on a
• z+w=z+w,
• zw=z·w,
• z=z (on dit que l’op´erationz7→z estinvolutive),
• z∈Rest r´eel si et seulement siz=z,
• z∈iRest imaginaire pur si et seulement siz=−z.
Propri´et´es du module Pour tousz, w∈C, on a
• |z|= 0 si et seulement siz= 0,
• |z|>0 pour toutz6= 0,
• |z|=|z|,
• |zw|=|z| · |w|,
• Re(z)≤ |z|, avec ´egalit´e si et seulement siz∈R, et de mˆeme fa¸con Im(z)≤ |z|, avec ´egalit´e si et seulement siz∈iR,
• |z+w| ≤ |z|+|w|(in´egalit´e triangulaire),
• z=|z|si et seulement siz∈[0,+∞[.
D´emonstration de l’in´egalit´e triangulaire. D’abord, notons que
|z+w|2= (z+w)(z+w) =zz+ww+zw+wz=|z|2+|w|2+ 2 Re(zw).
De plus, Re(zw)≤ |zw|=|z| |w|. On en d´eduit
|z+w|2≤ |z|2+|w|2+ 2|z| |w|= (|z|+|w|)2. On conclut en utilisant la croissance sur [0,+∞[ de la fonction racine carr´ee.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 3
1.2 Repr´ esentation g´ eom´ etrique d’un nombre complexe
1.2.1 Forme cart´ esienne
D´efinition 1.4. Considerons le plan cart´esienR2, rapport´e `a un rep`ere orthonormal (O,−→ i ,−→
j) donn´e. L’image d’un nombre complexez=x+iy dans le planR2 est le pointM de coordonn´ees (x, y).
Le vecteur−−→
OM est le vecteur image de z. Le nombre complexez s’appelle l’affixe du pointM, ou du vecteur−−→
OM.
• Le module|z|est la longueur du segment|OM|, c’est-`a-dire, la distance entreO etM.
• L’image du conjugu´ez dezest le sym´etrique de l’image dezpar rapport `a l’axe des abscisses.
• L’image de−z est le sym´etrique de l’image dezpar rapport `a l’origineO.
• Etant donn´´ es deux nombres complexes z, w, l’image de la somme z+w est donn´ee par la somme des vecteurs images dezet w.
• Siλ∈Rest un nombre r´eel, l’image deλzest donn´ee par le vecteur image dezmultipli´e par le scalaireλ.
Voir Figure 1.1 pour une repr´esentation g´eom´etrique de ces op´erations.
R iR
C
z
−z z
z+w
w
λz
Figure1.1 – Repr´esentation g´eom´etrique en forme cart´esienne, avecz,w∈C,λ >1.
1.2.2 Forme trigonom´ etrique
D´efinition 1.5. Lorsque z 6= 0, l’image dez est distincte de l’origineO. On appelle argument dez, not´e arg(z), une mesureαde l’angle (−→
i ,−−→
OM) (avec signe), bien d´efini `a un multiple de 2π pr`es. Sir=|z|est le module dez, on a donc
z=r(cosα+isinα),
dite forme trigonom´etrique, ouforme polaire, de z (voir la Figure 1.2 pour une repr´esentation g´eom´etrique des nombres complexes en forme cart´esienne et polaire).
Comme remarqu´e, l’argument d’un nombre complexe n’est bien d´efini qu’`a un multiple de 2π pr`es. On aura donc besoin de la d´efinition suivante.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 4
R iR
C
α= arg(z)
z=x+iy
x= Rez
y=Imz
r=|z|
Figure 1.2 – Forme cart´esienne et polaire d’un nombre complexe.
D´efinition 1.6. Soient a, b ∈ R deux nombres r´eels, et h ∈ R∗ = R r{0} un nombre r´eel diff´erent de z´ero. On dit quea´equivaut `a b moduloh, et on le note para≡b (modh), ou par a=b(modh), sia−best un multiple entier de h. En formules :
a≡b(mod 2π)⇐⇒ ∃d´ef k∈Ztel quea=b+kh.
Il y a une d´finition analogue pour les nombres complexes (il suffit de remplacerRparC).
Proposition 1.7. Soient a, b ∈ R, h, λ ∈ R∗. Alors a ≡ b (modh) si et seulement si λa ≡ λb(modλh).
D´emonstration. On a :
a≡b(modh)⇐⇒ ∃k∈Z|a=b+kh⇐⇒ ∃k∈Z|λa=λb+kλh⇐⇒λa≡λb(modλh).
Or, ´etant donn´ee la forme trigonom´etrique d’un nombre complexe z = r(cosα+isinα), on retrouve facilement la forme cart´esiennez=x+iy :
x= Re(z) =rcosα, y= Im(z) =rsinα.
D’autre part, ´etant donn´ee la forme cart´esiennez=x+iy d’un nombre complexe, on se ram`ene
`
a la forme trigonom´etriquez=r(cosα+isinα) comme suit : r=|z|=p
x2+y2, tanα= y x.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 5 Six= 0,i.e.,z∈iR, on a
arg(iy) =α= (π
2 si y >0,
−π2 si y <0.
Six6= 0, on a (la fonction arctan sera d´efinie au Chapitre 5) arg(x+iy) =α=
(arctan yx
six >0, arctan yx
+π six <0.
Exemples 1.8. • L’argument de 1, ou plus g´en´eralement d’un nombre r´eel positif, vaut 0 (mod 2π).
L’argument d’un nombre r´eel n´egatif vautπ(mod 2π).
• L’argument de l’unit´e imaginaire i vaut π2 (mod 2π). Plus g´en´eralement, l’argument d’un nombre imaginaire pur vaut±π2 (mod 2π), selon le signe de sa partie imaginaire.
• L’argument de 1 +iest π4 (mod 2π) ; l’argument de√
3−iest−π6 (mod 2π).
• Si λ ∈ R∗ = R r{0} est un nombre r´eel non nul et z ∈ C est un nombre complexe, on a arg(λz)≡arg(z) (mod 2π) siλ >0, et arg(λz)≡arg(z) +π(mod 2π) siλ <0.
Remarque 1.9. A partir de l’interpr´` etation g´eom´etrique de la distance et de l’argument d’un nombre complexe, on obtient que l’in´egalit´e triangulaire|z+w| ≤ |z|+|w| est une ´egalit´e si et seulement siz= 0, ouw= 0, ou arg(z)≡arg(w) (mod 2π).
Propri´et´es de l’argument
Pour tousz, w∈C∗:=C r{0}, on a :
• arg(z)≡ −arg(z) (mod 2π),
• arg(−z)≡arg(z) +π(mod 2π),
• arg(z−1)≡ −arg(z) (mod 2π),
• arg(zw)≡arg(z) + arg(w) (mod 2π),
• arg(zp)≡parg(z) (mod 2π), pour toutp∈Z.
La seule relation non triviale est la quatri`eme, due aux formules d’addition trigonom´etrique.
Proposition 1.10 (Formules d’addition trigonom´etrique). Soientα, β∈R. Alors on a
cos(α+β) = cosαcosβ−sinαsinβ, (1.3) cos(α−β) = cosαcosβ+ sinαsinβ, (1.4) sin(α+β) = sinαcosβ+ cosαsinβ, (1.5) sin(α−β) = sinαcosβ−sinαcosβ, (1.6) D´emonstration. On montre d’abord la relation (1.4). Consid´erons deux anglesαetβ, comme sur la Figure 1.3, les pointsU,A,B,C´etant sur le cercle unit´e.
Les coordonn´des des pointsU, A,B,C sont les suivantes :
U = (1,0), A= (cosα,sinα), B= (cosβ,sinβ), C= (cos(α−β),sin(α−β).
Notons que les triangles de sommetsAOB etCOU sont congruents. En faits, les longueursOU, OA,OB,OC valent 1,i.e.sont ´egales au rayon du cercle unit´e. De plus, les angles\U OC etBOA\ sont ´egaux `aα−β. Il s’en suit que les longueursU C etABsont ´egales. On a donc :
U C2= cos(α−β)−12
+ sin(α−β)2
= cos(α−β)2
+ 1−2 cos(α−β) + sin(α−β)2
= 2−2 cos(α−β),
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 6
R
iR C
A B
C U AB
UC αβ α
− O β α−β
Figure1.3 – Formule d’addition trigonom´etrique.
o`u on a utilis´e la relation trigonom´etrique cos(α−β)2
+ sin(α−β)2
= 1. De mˆeme : AB2= cosα−cosβ2
+ sinα−sinβ2
= (cosα)2+ (cosβ)2−2 cosαcosβ+ (sinα)2+ (sinβ)2−2 sinαsinβ
= 2−2 cosαcosβ.
On en d´eduit l’´equation (1.4).
Pour montrer l’´equation (1.3), il suffit prendre l’´equation (1.4) pourα et −β et de se rappeler que cos(−β) = cosβ et sin(−β) =−sinβ
cos(α+β) = cos(α−(−β)) = cosαcos(−β) + sinαsin(−β) = cosαcosβ−sinαsinβ.
Pour montrer l’´equation (1.5), on utilise les r´elations cos π2 −α
= sinαet sin π2 −α
= cosα comme suit :
sin(α+β) = cosπ
2 −α−β
= cosπ 2 −α
cosβ+ sinπ 2 −α
sinβ = sinαcosβ+ cosαsinβ, ainsi que (1.4).
Enfin, l’´equation (1.6) est obtenue `a partir de (1.5), en rempla¸cantβpar−βcomme pr´ec´edemment.
1.2.3 Forme exponentielle
Laformule d’Euler
eiα= cosα+isinα, (1.7)
avecα∈R, nous permet d’´ecrire un nombre complexe sousforme exponentielle. En effet, sizest un nombre complexe ´ecrit en forme trigonom´etrique commez=r(cosα+isinα), par la formule d’Euler (1.7) on peut ´ecrire
z=reiα, our≥0 etα∈R.
Par les formules d’addition trigonom´etriques, siz=reiαet w=seiβ, on a zw=rsei(α+β);
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 7
R
iR C
z w
α β α+β
r rs s
zw
Figure1.4 – Produit de deux nombres complexes.
donc les modules se multiplient, et les arguments s’aditionnent. On a obtenu une interpr´etation g´eom´etrique du produit de deux nombres complexes (voir Figure 1.4).
Remarque 1.11. Attention (1.7) est une convention d’´ecriture : on montrera en seconde ann´ee que l’on peut donner un sens intrins`eque `a expzpour zdansC.
Remarque 1.12. Notons que, comme la forme trigonom´etrique, la forme exponentielle n’est pas uniquement d´etermin´ee. En effet reiα et seiβ d´eterminent le mˆeme valeur complexe si et seulement sir=s >0 etα≡β (mod 2π), our=s= 0.
Propri´et´es de la forme exponentielle.
Notons que siz=reiα, alors
• z=re−iα,
• −z=rei(α+π),
• |z|=r,
• 1z =1re−iα,
• zp =rpeipα pour toutp∈Z.
1.3 Solutions d’´ equations polynomiales
1.3.1 Equations de premier degr´ ´ e
Considerons d’abord une ´equation de premier degr´e : az+b= 0,
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 8 o`u a ∈ C∗, b ∈ C. De fa¸con directe, on trouve que l’unique solution d’une telle ´equation est donn´ee par
z1=−b a. Remarque 1.13. Notons qu’on a
az+b=a
z+b a
=a(z−z1), o`u z1est la solution de l’´equationaz+b= 0.
Avant de passer au cas des ´equations du second degr´e commen¸cons par un cas particulier, celui des racines carr´ees.
1.3.2 Racines carr´ ees
Soit doncw∈Cun nombre complexe. On veut trouver les solutions complexes dez2=w.
M´ethode exponentielle.
Ecrivons´ z=reiα etw=seiβ sous forme exponentielle. On az2=wsi et seulement si r2ei2α=z2=w=seiβ,
d’o`u on obtient
r=√
s, 2α≡β (mod 2π),
c’est-`a-direα=β/2 modπ, soitα=β/2 mod 2πouα=β/2 +πmod 2π(Proposition 1.7). Donc les racines carr´ees dew=seiβ sont donn´ees par
±√ seiβ/2, careiπ=−1 (voir aussi Remarque 1.17).
Voir Figure 1.5 pour une repr´esentation g´eom´etrique de la m´ethode exponentielle.
M´ethode cart´esienne.
Ecrivonsz=x+iy et w=u+iven forme cart´esienne. On az2=w si et seulement si (x2−y2=u,
2xy=v.
De plus, on a
x2+y2=|z|2=|w|=p
u2+v2. A partir des premi`` ere et troisi`eme ´equations on a : 2x2=u+√
u2+v2 et 2y2 =√
u2+v2−u; on obtient doncxety`a signe pr`es (rappelons quex,y∈R). La deuxi`eme ´equation nous permet de d´eterminer les signes respectifs dexety.
Exemple 1.14. Considerons l’´equation de second degr´e
z2+ 2z+ 1 +i= 0 (1.8)
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 9
R
iR C
z1
β 2
s w
√s β
β 2+π
z2
Figure1.5 – Racines carr´ees d’un nombre complexew=seiβ.
D’apr`es le Th´eor`eme 1.16, les solutions sont donn´ees par z=−2±δ
2 =−1±δ
2, o`u δ2= 4−4(1 +i) =−4i.
Donc il nous faut donc calculer les deux racines carr´ees±δ/2 de−i.
En suivant la m´ethode exponentielle, on a−i= 1·e−iπ/2. Donc les solutions sont donn´ees par
±e−iπ/4.
Par la formule de Euler, on ae−iπ/4= cos(−π/4) +isin(−π/4) =√
2/2−i√ 2/2.
On pouvait aussi suivre la m´ethode cart´esienne. Les solutions de l’´equation (x+iy)2=−isatisfont
x2−y2= Re(−i) = 0, x2+y2=| −i|= 1, 2xy= Im(−i) =−1,
d’o`u on d´eduit x2 = y2 = 1/2 et x, y sont de signes oppos´es car xy = −1/2 < 0, donc soit x=−y=√
2/2, soitx=−y=−√ 2/2.
Pour r´esumer, les deux solutions de l’´equation (1.8) sont donn´ees par z1=−1 +
√ 2 2 −i
√ 2
2 , z2=−1−
√ 2 2 +i
√ 2 2 .
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 10 Notons que
(z−z1)(z−z2) = z+ 1−
√2 2 +i
√2 2
! z+ 1 +
√2 2 −i
√2 2
!
= (z+ 1)2−
√2 2 −i
√2 2
!2
= z2+ 2z+ 1 +i.
Exemple 1.15. On veut d´eterminer les racines carr´ees dew= 1 +i.
On veut trouver les solutionsz=x+iy de l’´equationz2=w. Il faut donc r´esoudre le syst`eme
x2−y2= Re(w) = 1, x2+y2=|w|=√
2, 2xy= Im(w) = 1.
Donc on a 2x2= 1 +√
2, 2y2=√
2−1, etx,y sont de mˆeme signe, carxy= 12 >0.
Donc soitx=
√
2+2√ 2 2 , y=
√
2√ 2−2
2 , soitx=−
√
2+2√ 2 2 , y=−
√
2√ 2−2
2 .
Si on ´ecrit w en forme exponentielle, on obtient w = √
2eiπ/4. Les racines carr´ees de w sont donn´ees parz1=√4
2eiπ/8et z2=√4
2ei5π/8=−z1. Par la formule d’Euler, on en d´eduit
cosπ 8
= 1
√4
2Re(z1) =
p2 +√ 2 2 sinπ
8
= 1
√4
2Im(z1) =
p2−√ 2
2 .
Comparer les r´esultats avec la Figure 1.9.
1.3.3 Equations de second degr´ ´ e
Pour les ´equations de second degr´e, on a l’´enonc´e suivant.
Th´eor`eme 1.16. Les solutions d’une ´equation de second degr´e
az2+bz+c= 0, (1.9)
avec a,b,c∈Ceta6= 0, sont donn´ees par
z= −b±δ
2a , (1.10)
o`uδ est un nombre complexe tel que δ2 = ∆ :=b2−4ac. Le nombre ∆ est dit discriminant de l’´equation (1.9).
Remarque 1.17. Notons que si δ1 est une solution de δ2 = ∆, alors δ2 =−δ1 est une autre solution de la mˆeme ´equation. En fait,
δ22= (−δ1)2= (−1)2δ12= 1·∆ = ∆.
Cette remarque justifie le signe±dans (1.10), en concordance avec la notation commune√
∆≥0 quand ∆≥0 est un r´eel positif.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 11 Remarque 1.18. En litt´erature (UNIQUEMENT dans la litt´erature ´etrang`ere, en particulier pas dans la litt´erature fran¸caise qui est celle qui nous sert de r´ef´erence), on peut trouver la notation√
wavec w∈Cun nombre complexe quelconque. Dans ce cas, √
w indique n’importe quelle solution complexe de l’´equationz2=w.
D´emonstration. Appliquons la m´ethode de compl´etion du carr´e `a l’equation (1.9), comme suit.
0 =az2+bz+c=a
z2+b az+ b2
4a2
− b2
4a+c=a
z+ b 2a
2
−b2−4ac 4a = 0.
Notonsw=z+b/2a. On obtient alors
w2= b2−ac 4a2 =
± δ 2a
2
, soit
w2−
± δ 2a
2
= 0←→
w− δ
2a w+ δ 2a
= 0, d’o`u on d´eduit
z=w− b 2a = ±δ
2a − b 2a.
Remarque 1.19. Si z1, z2 sont les solutions complexes d’une ´equation de second degr´eaz2+ bz+c= 0, donn´ees par (1.10), alors on a
az2+bz+c=a(z−z1)(z−z2).
On en d´eduit quez1+z2=−ab et z1z2= ca.
Remarque 1.20. Soitaz2+bz+c= 0 une ´equation de second degr´e, et notons ∆ =b2−4ac son discriminant. Alors les deux solutions z1, z2 donn´ees par (1.10) coincident (z1 = z2) si et seulement si ∆ = 0. Dans ce cas on dit que l’´equation admet une solutionde multiplicit´e 2. En fait, on peut ´ecrire
az2+bz+c=a(z−z1)2.
1.3.4 Racines n-` emes
On veut r´esoudre l’´equationzn=wpour un nombre complexewdonn´e.
En notation exponentielle z = reiα, w = seiβ, l’´equation zn = w implique r = √n
s et nα ≡ β (mod 2π). Par la Proposition 1.7 les solutions sont donn´ees parα≡ βn mod2πn
, c’est-`a-dire, par α = βn + 2kπn , pour k ∈ Z. On constate que lorsque k parcourt Z on obtient n solutions distinctes ; on peut donc par exemple supposer quek= 0,. . ., n−1.
G´eom´etriquement, on peut noter que les solutions de zn =wappartiennent au cercle de centre 0 et rayon pn
|w|, et ils forment un polygone r´egulier `ancˆot´es.
Exemple 1.21. On cherche `a trouver les racines 3-`emes de 8i(voir la Figure 1.6). On veut donc r´esoudrez3= 8i= 8eiπ2. On obtientz=reiαavecr=√3
8 = 2 etα=π6 +2kπ3 , aveck= 0, 1, 2.
On a donc
z1= 2eiπ6, z2= 2ei5π6 , z3= 2ei3π2 .
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 12 En forme cart´esienne, on obtient
z1= 2 cosπ
6
+isinπ 6
=√ 3 +i, z2= 2
cos
5π 6
+isin
5π 6
=−√ 3 +i, z3= 2
cos
3π 2
+isin
3π 2
=−2i.
On peut verifier directement ces solutions : (±√
3 +i)3=±3√
3 + 9i±3√
3i2+i3= 8i, (−2i)3=−8i3= 8i.
Remarquons que les trois solutions forment les sommets d’un triangle ´equilat´eral centr´e `a l’origine (voir Figure 1.6). Notons que on a aussiz1z2z3= 8ietz1+z2+z3= 0. Ces faits sont g´en´eraux (voir Proposition 1.29).
R iR
C
z1= 2eiπ6 z2= 2ei5π6
z3= 2ei3π2 w= 8eiπ2
Figure1.6 – Racines 3-i`emes dew= 8i.
Racines n-i`emes de l’unit´e
Un cas particulier de racine d’un nombre complexe est donn´e par les racines de l’unit´e 1.
Comme pr´ec´edemment, les solutions dezn= 1 sont donn´ees par z=ei2kπn , k= 0, . . . , n−1.
Les racinesn-i`emes de l’unit´e sont les sommets d’un polygone r´egulier `an cˆot´es, appartiennent au cerce de rayon 1, et l’une de ces racines est donn´ee par 1.
En notation cart´esienne, on obtient z= cos
2kπ n
+isin
2kπ n
, k= 0, . . . , n−1.
Exemples 1.22. On ´ecrit de fa¸con explicite les racines n-i`emes de l’unit´e pour n = 1, . . ., 5 (voir aussi Figure 1.7).
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 13
• La seule solution dez= 1 estz0=e0= 1.
• Les solutions dez2= 1 sontz0 =e0= 1 etz1 =eiπ=−1, et elles forment les sommets d’un segment qui passe par l’origine.
• Les solutions de z3 = 1 sont z0 = e0 = 1, z1 = ei2π/3 = (−1 +i√
3)/2, z2 = ei4π/3 = (−1−i√
3)/2, et elles forment les sommets d’un triangle ´equilat´eral.
• Les solutions dez4= 1 sont z0=e0= 1, z1=eiπ/2=i,z2 =eiπ =−1,z3=ei3π/2=−i, et elles forment les sommets d’un carr´e r´egulier.
• Les solutions dez5= 1 sontz0 =e0= 1, z1 =ei2π/5,z2 =ei4π/5,z3 =ei6π/5,z4 =ei8π/5, et elles forment les sommets d’un pentagone r´egulier.
z0
z1
z2
z0
z1
z2
z3
z0
z1 z2
z4
z3
Figure1.7 – Racines 3-i`emes, 4-i`emes, 5-i`emes de l’unit´e.
Remarquons que, siη est une racine n-`eme de l’unit´e, alors ηk est une racine n-`eme de l’unit´e pour toutk. En fait, siηn= 1, on a (ηk)n =ηkn= (ηn)k= 1k= 1.
D´efinition 1.23. Soitn∈N∗. Une racinen-`emeη de l’unit´e est diteprimitive siηm6= 1 pour tout 0< m < n.
Proposition 1.24. Si η est une racinen-i`eme de l’unit´e telle que le sous-ensemble{ηk|k∈Z} co¨ıncide avec l’ensemble de toutes les racinesn-i`emes de l’unit´e, alorsηest une racine primitive.
Une racineη de l’unit´e est primitive si et seulement si toutes les racines n-`emes de l’unit´e sont donn´ees par{ηk, k∈Z}.
La Proposition 1.24 reste valable si on ´ecritk= 1,. . .,n`a la place dek∈Zdans son ´enonc´e.
D´emonstration. Pour l’implication directe, il suffit de montrer que siηest primitive, alorsηk6=ηh pour tout 1≤k, h≤n,h6=k. Supposons queηk=ηh avec 1≤k < h≤n. Alorsηh−k = 1 avec 1≤h−k < n, ce qui contredit le fait queη est une racine primitive.
Pour l’implication inverse, supposons qu’il existe m < ntel queηm= 1. Mais alors ηk =ηk+m pour toutk, et l’ensembleS={ηk|k∈Z}contient au plus m´el´ements diff´erents. Mais il existe n > m racinesn-`emes distintes, donc S ne contient pas toutes les racines n-`emes de l’unit´e, ce qui contredit l’hypoth`ese.
Notons que z0 = 1 est une racine n-i`eme de l’unit´e pour tout n ∈ N∗, mais elle n’est jamais primitive pourn≥2.
Exemples 1.25. • Casn= 2. `A partir de la d´efinition, la racinez0= 1 n’est pas primitive, car z10= 1, mais z1=−1 est bien primitive, carz11=−16= 1.
• Cas n= 3. Soient z0 =e0 = 1,z1 =ei2π/3 = (−1 +i√
3)/2,z2 =ei4π/3 = (−1−i√
3)/2 les trois racines cubiques de l’unit´e. Notons que z21 = z2 et z22 = z1. La Proposition 1.24 assure quez0n’est pas primitive, par contre z1et z2sont des racines cubiques primitives.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 14
• Cas n= 4. Soient z0 =e0 = 1, z1 =eiπ/2 =i, z2 = eiπ =−1,z3 =ei3π/2 =−i les racines quatri`emes de l’unit´e. Notons quez12=z2,z13=z3. Par la proposition 1.24z1est primitive. De mˆeme fa¸con,z3 est primitive. Comme z22= (−1)2 = 1, par d´efinition z2 n’est pas une racine quatri`eme primitive. Enfinz0= 1 n’est pas non plus primitive.
• Casn= 5. Soient z0=e0 = 1,z1=ei2π/5, z2=ei4π/5, z3=ei6π/5, z4=ei8π/5. Dans ce cas, la seule racine qui n’est pas primitive estz0= 1. Les racinesz1et z4sont primitives. On note aussi quez22=z4,z23=z1 et z52=z3, d’o`u on en d´eduit quez2 est primitive. De mˆemez3 est primitive.
• Consid´erons les racines 6-`emes de l’unit´e (Figure 1.8). Elles sont donn´ees parzk =eiπk/3, avec k= 0, . . . ,5.
En forme cart´esienne, on a z0 = 1, z1 = (1 +i√
3)/2, z2 = (−1 +i√
3)/2, z3 = −1, z4 = (−1−i√
3)/2,z5= (1−i√ 3)/2.
Les racines z1 et z5 sont primitives. En fait, zk1 = (eiπ/3)k = eiπk/3 =zk, et de mˆemez5k = ei5kπ/3, doncz5k=z6−k pourk= 1, . . ., 6.
Par contre,z0,z2,z3,z4ne sont pas primitives. En fait, z0=z23=z32=z34= 1.
On obtient {zk0|k ∈ Z} = {1}, {zk2|k ∈ Z} = {1, z2, z4} (les racines cubiques de l’unit´e), {z3k|k ∈ Z} = {1,−1} (les racines carr´ees de l’unit´e), {z4k|k ∈ Z} = {1, z2, z4} (encore les racines cubiques de l’unit´e).
e0i=1 eπ3i=12+i
√3 2
eπi=−1
R iR
C
e2π3i
=−12+i
√ 3 2
e4π3i=−12−i
√3 2
e5π3i=12−i
√ 3 2
Figure1.8 – Racines 6-i`emes de l’unit´e. Les racines primitives sont entour´ees
Remarque 1.26. A partir de la Proposition 1.24 on obtient que` ei2π/n ete−i2π/nsont toujours racines primitivesn-`emes de l’unit´e.
Notons aussi que si z est une racine n-`eme d’un nombre complexe w, les autres racines sont donn´ees par les nombres zη, o`u η varie parmi les racines n-`emes de l’unit´e. En faits, (zη)n = znηn=w·1 =w.
Si η est une racine n-`eme primitive de l’unit´e, toutes les racinesn-`emes de wsont donn´ees par zηk aveck= 0, . . . , n−1.
Remarque 1.27. Notons que ei2πk/n est une racine primitive n-`eme de l’unit´e si et seulement ket nsont premiers entre eux.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 15 Exemple 1.28. Dans cet exemple, on va calculer (en forme cart´esienne) les racines 6-`emes de 8i, et on va en d´eduire les valeurs de cos 12π
et sin 12π
. On pourra comparer ces resultats avec la Figure 1.9.
Les racines 6-`emes de 8isont donn´ees en forme exponentielle par w0=√
2ei12π, w1=√
2ei5π12, w2=√ 2ei9π12, w3=√
2ei13π12 , w4=√
2ei17π12 , w5=√ 2ei21π12 . Parmi ces solutions, on sait ´ecrire en forme cart´esiennew2=√
2ei3π/4=−1 +i, etw5=−w2=
1−i.
On en d´eduit quew0=√
2eiπ/12=√
2ei21π/12ei4π/12=w5η, o`uη=z1=eiπ/3= (1 +i√
3)/2 est une des racines 6-`emes primitives de l’unit´e donn´ee par l’Exemple 1.25. On a donc
√ 2
cosπ 12
+isinπ 12
= (1−i)(1 +i√
3)/2 = 1 +√ 3 2 +i
√3−1
2 ,
d’o`u on en d´eduit
cosπ 12
=
√2 +√ 6
4 , sinπ 12
=
√6−√ 2
4 .
Propri´et´es des racines n-`emes.
Soientw∈Cun nombre complexe etz1,. . .,zn les racinesn-`emes dew. Alors on peut montrer que
zn−w=
n
Y
k=1
(z−zk).
Une preuve de ce r´esultat suit de l’algorithme de division des polynˆomes, qui nous dit que sip(z) est un polynˆome tel que p(z0) = 0, alors (z−z0) divise p(z). Par r´ecurrence sur le nombre des racines, on obtient le r´esultat.
De cette formule, on en d´eduit les propri´et´es suivantes.
Proposition 1.29. Soient w∈Cun nombre complexe et z1,. . .,zn ses racinesn-`emes. Alors
on a n
Y
k=1
zk = (−1)n+1w,
n
X
k=1
zk= 0. (1.11)
D´emonstration. On peut d´eduire les ´equations (1.11) directement comme suit. ´Ecrivonsw=seiβ sous forme exponentielle. On a vu quezk= √n
seiβ+2kπn . Pour le produit, on a donc
n
Y
k=1
zk =
n
Y
k=1
√n
seiβ+2kπn =seiβe(i2πn Pkk)=weiπ(n+1)= (−1)n+1w,
o`u on a utilis´e la propri´et´ePn
k=1k=n(n+1)2 . Pour la somme, soitS=Pn
k=1zk, et soitη=ei2π/nune racine primitive n-`eme de 1. On a S=
n
X
k=1
zk=
n
X
k=1
ηzk =ηS, d’o´uS= 0, car η6= 1.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 16
π 4
π 8 π 6
π 12 π
3 3π
8 5π 12
0
π
2 √
2 2 +i
√2 2
√3 2 +i12
√
2+√ 2 2 +i
√
2−√ 2
√ 2 6+√
2 4 +i
√6−√ 2 4
1
1 2+i
√3 2
√
2−√ 2 2 +i
√
2+√ 2 2
√6−√ 2 4 +i
√6+√ 2
i 4
C
3π 4 5π
6
2π 3
5π 8
7π 12
π
7π 8 11π 12
cos(π−α) =−cos(α) sin(π−α) = sin(α)
5π 4 7π
6
4π 3 11π
8 9π
8 13π 12
17π
12 3π
2
cos(π+α) =−cos(α) sin(π+α) =−sin(α)
z7→ −z
z7→ −z
−1
7π 4
11π 6
5π 13π 3 19π 8
12
−i
23π 12 15π
8
cos(2π−α) = cos(−α) = cos(α) sin(2π−α) = sin(−α) =−sin(α)
z7→z
Figure 1.9 – Expression de cos(α) et sin(α) pour certains angles α ∈ [0,2π] sous forme cart´esiennez= cos(α) +isin(α) =eiα.
1.4 Applications ` a la trigonom´ etrie
1.4.1 Formules d’Euler et de Moivre
La formule d’Euler (1.7) et les ´equations (1.2) permettent d’exprimer le cosinus et le sinus d’un angle en termes d’exponentielles complexes :
cosα= Re(eiα) = eiα+e−iα
2 , sinα= Im(eiα) =eiα−e−iα
2i . (1.12)
Ces formules sont toujours appel´eesformules d’Euler.
De la formule d’Euler (voir aussi (1.15)), on en d´eduit aussi laformule de de Moivre :
(cosα+isinα)n = cos(nα) +isin(nα) (1.13)
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 17 pour toutn∈Z. En fait, on a
(cosα+isinα)n= (eiα)n=einα= cos(nα) +isin(nα).
1.4.2 Formule du binˆ ome de Newton
D´efinition 1.30. Soient 0≤k≤ndes entiers. On d´efinit lecoefficient binomial n
k
(luk parmin) le nombre
n k
:= n!
k!(n−k)!, o`u n! =Qn
m=1m=n(n−1)· · ·2·1 est lafactorielle den. On pose par convention 0! := 1.
Dans la litt´erature, la notationCnk `a la place de n
k
est ´egalement utilis´ee.
Le coefficient binomial nous donne le nombre des parties de cardinalit´e kdans un ensemble de cardinalit´en(voir Chapitre??).
Notons que, directement de la d´efinition, on a n
0
= n
n
= 1 et n
k
= n
n−k
. De plus, les coefficients binomiaux satisfont la propri´et´e suivante.
Lemme 1.31. Soientn,h∈Navec 1≤h≤n. Alors n
h−1
+ n
h
=
n+ 1 h
. D´emonstration. Par calcul direct, on a :
n h−1
+
n h
= n!
(h−1)!(n−h+ 1)! + n!
h!(n−h)!
= n!
(h−1)!(n−h)!
1
n−h+ 1 +1 h
= n!
(h−1)!(n−h)!
n+ 1 h(n−h+ 1)
= (n+ 1)!
h!(n+ 1−h)!
=
n+ 1 h
.
Ce lemme nous permet de calculer de fa¸con r´ecursive les coefficients binomiaux, et construire ce qu’on appelle letriangle de Pascal :
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 18
h=0
n=0 //
0 0
h=1
n=1 //
1 0
1 1
h=2
n=2 //
2 0
2 1
2 2
h=3
n=3 //
3 0
3 1
3 2
3 3
h=4
n=4 //
4 0
4 1
4 2
4 3
4 4
5 0
5 1
5 2
5 3
5 4
5 5
1
1 1
1 2 1
1 3 3 1
1 4 6 4 1
1 5 10 10 5 1
On peut finalement montrer laformule du binˆome de Newton.
Th´eor`eme 1.32. Soientz,w∈C, et n∈N. Alors (z+w)n=
n
X
k=0
n k
zkwn−k. (1.14)
D´emonstration. On proc`ede par r´ecurrence sur n. Pour n= 0, 1 = (z+w)0 = 0
0
z0w0 = 1 est bien verifi´e. Supposons que l’´equation (1.14) vaut pour n, et montrons-la pour n+ 1. Par
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 19 hypoth`ese de r´ecurrence, on a
(z+w)n+1= (z+w)(z+w)n = (z+w)
n
X
k=0
n k
zkwn−k
=
n
X
k=0
n k
zk+1wn−k+
n
X
k=0
n k
zkwn−k+1
=
n+1
X
h=0
n h−1
+
n h
zhwn+1−h,
o`u on pose n
h
= 0 si h <0 ou si h > n. Mais par le Lemme 1.31 on a n
h−1
+ n
h
= n+ 1
h
, et on a obtenu l’´equation (1.14).
1.4.3 Applications
Ecrire´ cos(nα)et sin(nα) en fonction de puissances de cosαetsinα.
En utilisant la formule de de Moivre, on peut ´ecrire cos(nα) et sin(nα) en fonction de puissances de cosαet sinα.
Pourn= 2, on obtient
cos(2α) +isin(2α) = (cosα+isinα)2= (cos2α−sin2α) +i(2 cosαsinα).
On en d´eduit :
cos(2α) = cos2α−sin2α= 2 cos2α−1, sin(2α) = 2 cosαsinα.
Pourn= 3, on obtient
cos(3α) +isin(3α) = (cosα+isinα)3
= (cos3α−3 cosαsin2α) +i(3 cos2αsinα−sin3α).
On en d´eduit :
cos(3α) = cos3α−3 cosαsin2α= 4 cos3α−3 cosα, sin(3α) = 3 cos2αsinα−sin3α= 3 sinα−4 sin3α.
Des formules analogues peuvent ˆetre obtenues pour toutn:
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 20
cos(2mα) =
m
X
h=0
(−1)h 2m
2h
cos2(m−h)αsin2hα,
sin(2mα) =
m−1
X
h=0
(−1)h 2m
2h+ 1
cos2(m−h)−1αsin2h+1α,
cos((2m+ 1)α) =
m
X
h=0
(−1)h
2m+ 1 2h
cos2(m−h)+1αsin2hα,
sin((2m+ 1)α) =
m
X
h=0
(−1)h
2m+ 1 2h+ 1
cos2(m−h)αsin2h+1α.
A partir des formules pr´` ec´edentes, on obtient les formules suivantes pour la fonction tangente : tan(2α) = sin(2α)
cos(2α)= 2 cosαsinα
cos2α−sin2α = 2 tanα 1−tan2α, tan(3α) = sin(3α)
cos(3α)= 3 cos2αsinα−sin3α
cos3α−3 cosαsin2α =3 tanα−tan3α 1−3 tan2α ,
tan(2mα) = Pm−1
h=0(−1)h 2m
2h+ 1
tan2h+1α Pm
h=0(−1)h 2m
2h
tan2hα ,
tan((2m+ 1)α) = Pm
h=0(−1)h
2m+ 1 2h+ 1
tan2h+1α Pm
h=0(−1)h
2m+ 1 2h
tan2hα
.
Notons qu’on peut aussi exprimer cos(2α) et sin(2α) en fonction de tanα, comme suit : cos(2α) = cos2α−sin2α=cos2α−sin2α
cos2α+ sin2α= 1−tan2α 1 + tan2α, cos(2α) = 2 cosαsinα= 2 cosαsinα
cos2α+ sin2α= 2 tanα 1 + tan2α. Lin´earisation decosnαet sinnα.
On veut exprimer cosnαet sinnαcomme combinaison lin´eaire de cos(kα) et sin(kα) pour certains k∈N.
Par les formules d’Euler et la formule du binˆome de Newton, on a pourn= 2 : cos2α =
eiα+e−iα 2
2
=1
4 e2iα+ 2 +e−2iα
= 1
2
e2iα+e−2iα 2
+ 1
= 1
2(cos(2α) + 1),
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 21
sin2α =
eiα−e−iα 2i
2
=−1
4 e2iα−2 +e−2iα
= −1 2
e2iα+e−2iα 2
−1
= 1
2(1−cos(2α)). De mani`ere analogue, pourn= 3 on obtient
cos3α=
eiα+e−iα 2
3
=1
8 e3iα+ 3eiα+ 3e−iα+e−3iα
= 1 4
e3iα+e−3iα 2
+ 3
eiα+e−iα 2
= 1
4(cos(3α) + 3 cosα),
sin3α=
eiα−e−iα 2i
3
=−1
8i e3iα−3eiα+ 3e−iα−e−3iα
=−1 4
e3iα−e−3iα 2i
−3
eiα−e−iα 2i
=1
4(−sin(3α) + 3 sinα). En g´en´eral, on peut montrer les formules suivantes :
cos2mα= 1 22m−1
1 2
2m m
+
m
X
h=1
2m m−h
cos(2hα)
! ,
sin2mα= 1 22m−1
1 2
2m m
+
m
X
h=1
(−1)h 2m
m−h
cos(2hα)
! ,
cos2m+1α= 1 22m
m
X
h=0
2m+ 1 m−h
cos (2h+ 1)α
! ,
sin2m+1α= 1 22m
m
X
h=0
(−1)h
2m+ 1 m−h
sin (2h+ 1)α
! .
Exponentielle complexe
La formule d’Euler (1.7) nous permet de d´efinir l’exponentielled’un nombre complexez=x+iy comme suit :
ez=ex+iy=ex·eiy=ex(cosy+isiny).
L’exponentielle complexe ´etend l’exponentielle r´eelle (voir le Chapitre 5), car siz=x+i0, alors ez=ex+i0=ex(cos 0 +isin 0) =ex(1 +i0) =ex.
De plus, ´etant donn´es deux nombres complexesz=x+iy etw=u+iv, grˆace aux propri´et´es de l’argument et des formules d’addition trigonom´etrique, on obtient
ez+w=e(x+u)+i(y+v)=ex+u cos(y+v) +isin(y+v)
=exeu (cosycosv−sinysinv) +i(cosysinv+ sinycosv)
=exeu(cosy+isiny)(cosv+isinv)
=ezew.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 22 Donc l’exponentielle complexe d’une somme satisfait la mˆeme propri´et´e formelle que l’exponen- tielle r´eelle.
On en d´eduit (par r´ecurrence sur|n|) la propri´et´e
(ez)n=enz (1.15)
pour toutn∈Z.
Remarque 1.33. Notons que deux nombres complexes z =x+iy et w=u+iv ont la mˆeme exponentielleez=ewsi et seulement si
x=u, y≡v (mod 2π), c’est-`a-dire,y=v+ 2kπpour un certaink∈Z.
Autres applications
Exemple 1.34. On calcule la forme cart´esienne de (1+i
√3
2 )16. En forme exponentielle, 1+i
√3
2 =
eiπ/3. Donc (eiπ/3)16=ei16π/3. Notons que 16π/3 = 4π+ 4π/3 Donc
ei16π/3=ei4π/3= cos(4π/3) +isin(4π/3) =−1
2 −i
√3 2 . Exemple 1.35. On veut calculer la somme trigonom´etrique de la formePn−1
k=0cos(kα).
Notons que cette somme est la partie r´eelle de la somme
n−1
X
k=0
cos(kα) +isin(kα)
=
n−1
X
k=0
eikα=:Sn.
La derni`ere somme n’est autre que la somme desnpremiers termes d’une progression g´eom´etrique de premier terme 1 et raisoneiα. Sieiα= 1, c’est-`a-dire,α= 0 (mod 2π), alorsSn=n. Supposons queeiα6= 1. Alors on a
Sn= 1−einα
1−eiα =einα/2(e−inα/2−einα/2)
eiα/2(e−iα/2−eiα/2) =ei(n−1)α/2sin(nα/2) sin(α/2) . On en d´eduit que
n−1
X
k=0
cos(kα) = Re(Sn) = cos((n−1)α/2)sin(nα/2) sin(α/2) .
1.5 Exercices
Questions de cours.
(a) Donner la d´efinition de nombre complexe sous forme cart´esienne (ou alg´ebrique).
(b) Donner la d´efinition de partie r´eelle et imaginaire d’un nombre complexe.
(c) D´efinir la somme et le produit de deux nombres complexes sous forme cart´esienne.
(d) D´efinir le conjugu´e et le module d’un nombre complexe.
(e) Que signifiedeux nombres r´eelsa,bsont ´equivalents modulo h∈]0,+∞[?
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 23 (f) Donner la d´efinition d’argument d’un nombre complexe.
(g) D´ecrire les formes trigonom´etrique et exponentielle d’un nombre complexe.
(h) D´ecrire le produit de deux nombres complexes sous forme exponentielle.
(i) Donner la formule de r´esolution d’une ´equation de second degr´e `a coefficients complexes.
Quel est le discriminant d’une telle ´equation ?
(j) D´ecrire la m´ethode cart´esienne pour trouver les racines carr´ees d’un nombre complexe.
(k) D´ecrire la m´ethode exponentielle pour trouver les racinesn-i`emes d’un nombre complexe.
(l) Donner la d´efinition de racine primitive de l’unit´e.
(m) ´Enoncer les formules d’Euler.
(n) ´Enoncer la formule de Moivre.
(o) Soitnun entier, d´efinirn!, i.e.factoriel n. D´efinir les coefficients binomiaux.
(p) ´Enoncer la formule du binˆome de Newton.
Exercice 1.1. Ecrire sous forme alg´´ ebrique les nombres complexes suivants : (a) 2
1−2i, (b) 1
1−2i+ 1
1 + 2i, (c) 2 +i 3−2i, (d)
1 +i 2−i
2
, (e) 2 + 5i
1−i +2−5i
1 +i , (f) 2 + 5i
1−i −2−5i 1 +i . Exercice 1.2. Calculer le module et un argument des nombres complexes suivants : (a)−3√
2, (b)πi, (c) √
3−i,
(d) (1−i)9, (e) (√
5−i)(√
5 +i), (f) e3+4i.
Exercice 1.3. Ecrire sous forme trigonom´´ etrique et exponentielle les nombres complexes sui- vants :
(a)−3√
2, (b)πi, (c) √
3−i,
(d) (i−1)9, (e)√
2 +√
6i, (f) 1−i
√3 +i, (g)i+√
2e−i3π4 , (h)eiπ3 +ei2π3, (i)√
3i+e−iπ, (j) 3 + 4i, (k)x+x2i,x∈R.
Exercice 1.4. D´eterminer les nombres complexesz tels que :
(a)|z−i|= 1, (b)z2=z,
(c)zz=z3, (d)iRe(z2)−Im(z2) =z,
(e)z2+z−1 est r´eel, (f)z2+ 2z−2 est imaginaire pur, (g) arg(z+ 2z) =π3 mod 2π.
Exercice 1.5. Soitθ∈Run nombre r´eel. R´esoudre dansCles ´equations suivantes : (a) z2−2 cos(θ)z+ 1 = 0,
(b) z4−2 cos(2θ)z2+ 1 = 0.
CHAPITRE 1. NOMBRES COMPLEXES 24 Exercice 1.6. Soientz1= 3√
2(1 +i),z2=√ 3 +i.
(a) D´eterminer les formes exponentielle et trigonom´etrique dez1 et z2. (b) D´eterminer la forme cart´esienne de z=zz12
2
.
(c) D´eterminer les formes exponentielle et trigonom´etrique dez.
(d) En d´eduire les valeurs de cos12π et sin12π. Exercice 1.7. Soitw= 1 +i.
(a) D´eterminer les racines carr´ees dewsous forme cart´esienne.
(b) D´eterminer les formes exponentielle et trigonom´etrique dewet ses racines carr´ees.
(c) En d´eduire les valeurs de cosπ8 et sinπ8.
1.6 Exercices, sujets ann´ ees ant´ erieures
Exercice 1.8(Partiel, 2010). R´esoudre dansCl’´equation :z2−(1−i)z−2 +i= 0. On exprimera les racines sous forme alg´ebrique (ou cart´esienne).
Exercice 1.9(Partiel, 2011). R´esoudre dansCl’´equation : 12z2+2√
2z+3+i= 0.On exprimera les racines sous forme alg´ebrique (ou cart´esienne, c’est-`a-dire sous formea+ib, aveca,bdes r´eels).
Exercice 1.10(Partiel, 2011). R´esoudre dansCl’´equation :z4−(2 +i)z2+ 1 +i= 0.On pourra commencer par r´esoudre l’´equationZ2−(2 +i)Z+ 1 +i = 0 et on exprimera les racines sous forme alg´ebrique (ou cart´esienne).
Exercice 1.11 (Examen, 2011). D´eterminer les nombres complexes z tels que : z3 = 8i sous forme polaire, puis sous forme alg´ebrique.
Exercice 1.12(Examen, 2011). Dans cet exerciceθ d´esignera un nombre r´eel.
(a) Trouver les solutionsZ complexes de l’´equation :Z2−2 cos(θ)Z+ 1 = 0.
(b) Donner les solutions complexes de l’´equation z3=eiθ, et de l’´equation
z3=e−iθ.
(c) Calculer le polynˆome (z−eiθ3)(z−e−iθ3) et montrer que ses coefficients sont des nombres r´eels.
(d) En utilisant les questions pr´ec´edentes, montrer que le polynˆome suivant z6−2 cos(θ)z3+ 1
peut s’´ecrire comme produit de trois polynˆomes `a coefficients r´eels de degr´e 2 que l’on ´ecrira explicitement.
Exercice 1.13(Examen, 2011). (a) D´eterminer tous les nombres complexesz tels que z5= 16−16i√
3.
(b) R´esoudre dansCl’´equation
z2+ (1 + 4i)z−5−i= 0.