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De la cryptographie sur les corps quadratiques reéls

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(1)

De la cryptographie sur les corps quadratiques réels

Simon Pierre Desrosiers

École d'informatique Université McGiH, Montréal

Septembre 2002

A thesis submitted to the Faculty of Graduate Studies and Research in partial fulfilment of the requirements of the degree of Master

(2)

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(3)

Remerciements

Je tiens à remercier Claude Crépeau, mon superviseur, pour sa patience et son soutien, Paul Dumais pour son temps et son aide, Henri Darmon pour son temps et ses conseils et Sean Hallgren pour ses contributions.

(4)

Résumé

Nous présentons dans ce mémoire un protocole d'échange de clefs utilisant les pro-priétés des corps quadratiques réels ainsi qu'une introduction mathématique suffi-samment étoffée pour permettre la compréhension du dit protocole. Nous présentons finalement deux protocoles quantiques permettant de résoudre le problème du ré-gulateur sur les corps quadratiques réels et le problème du logarithme discret aussi appelé problème de l'idéal principal.

Abstract

We describe here a key-exchange protocol over real quadratic fields. This is accom-panied by aIl the pertinent algebraic background needed for the understanding of the protocol. We also present two quantum algorithms that solve the regulator pro-blem over real quadratic fields and the discrete logarithm propro-blem also known as the principal ideal problem.

(5)

Introduction

La cryptographie est d'abord et avant tout la science du secret, de la confidentialité. Depuis ses balbutiements en antiquité le cœur de cette discipline réside dans le chif-frement de données. C'est-à-dire qu'étant donné un texte, ou une suite de nombre, appelé M, nous voulons transformer mathématiquement le message M en un nouveau message M' tel que nul autre que le détenteur de la clef adéquate ne puisse déchiffrer le message M', c'est à dire le retransformer en M. Bien sur, la cryptographie s'est développée beaucoup depuis et de nouvelles sous-disciplines s'y sont ajoutées telles que la signature électronique, l'authentification électronique, les preuves à divulga-tions nulles, les calculs multi-partis etc. Mais le chiffrement demeure toujours et encore la discipline fondamentale de la cryptographie moderne. Qui dit chiffrement dit clef. Deux systèmes de chiffrement sont utilisés: les systèmes à clefs secrètes, ou système à clefs symétriques et les systèmes à clefs publiques, ou à clefs asymétriques. Le premier système est certainement le plus intuitif et est le plus ancien. Le second, n'a été proposé que fort récemment, mais s'est avéré un des plus grand succès de la cryptographie moderne. Décrivons ces deux systèmes brièvement. Les systèmes à clefs secrètes requièrent des deux partis qu'ils se rencontrent, d'une manière ou d'une autre, et qu'ils s'échangent une clef commune qui leur servira à chiffrer et à déchiffrer. Les systèmes à clefs publiques sont beaucoup moins contraignants puis-qu'un seul des deux partis générera le système de clefs de son propre chef. Deux clefs seront générées, une publique, appelée Cet une privée appelée D. La clef publique C

sera alors publiée, c'est-à-dire mise à la disposition de tous, alors que la clef privée sera gardée secrète et ne sera connue que du parti qui a généré le système de clefs. Dès lors la clefCpourra être utilisée par quiconque pour chiffrer un message M et transmettre M' au parti possédant la clef D qui l'utilisera afin de déchiffrer M'en un message M. Le plus connu et le plus utilisé des systèmes à clefs publiques est sans conteste le système RSA. Un bon représentant des systèmes à clefs secrètes est certainement le système DES en passe d'être remplacé par le système AES.

Les systèmes à clefs publiques ont un avantage majeur sur les systèmes à clefs privées : ils n'exigent pas que les deux partis se rencontrent préalablement afin d'échanger une clef. Il serait effectivement bien laborieux d'aller échanger une clef

(6)

en personne à chaque fois que l'on désire faire un achat sur internet. La cryptogra-phie a cependant développés quantité d'algorithmes et de protocoles qui ont pour but de contourner cet obstacle: les protocoles d'échange de clefs. Ces protocoles permettent à deux partis d'interagir et d'obtenir à la fin de leur interaction une clef commune qui s'avère complètement, on l'espère, inconnue de tout parti ennemi qui aurait pu espionner la conversation. Le plus connu de ces protocoles est certaine-ment le protocole d'échange de clef de DIFFIE et HELLMAN qui utilise les propriétés des corps de nombres naturels. Nous présentons dans le chapitre 4 de ce mémoire un protocole d'échange de clefs proposé en 1989, le protocole de BUCHMANN et WILLIAMS. Ce protocole est fort peu connu pour deux raisons principalement : le protocole de DIFFIE et HELLMAN est ubiquiste et d'utilisation et de compréhension fort simple; or le protocole de BUCHMANN et WILLIAMS s'avère fort complexe au niveau théorique ce qui peut rebuter beaucoup d'informaticiens à tenter son im-plantation. C'est pourquoi nous faisons dans les chapitres 1,2 et 3 une introduction que nous jugeons suffisamment complète pour donner au lecteur une bonne com-préhension des structures algébriques utilisées par l'algorithme de BUCHMANN et WILLIAMS. Nous ne donnons alors au chapitre 4 qu'une description de la construc-tion théorique du protocole sans aucune preuve. Nous croyons que la compréhension des bases mathématiques sur lesquelles s'appuie le protocole est plus pertinente que les preuves laborieuses prouvant que le protocole est de complexité raisonnable. Mais il n'y a pas que la cryptographie qui ait fait des progrès ces dernières années. L'informatique a elle aussi fait une avancé spectaculaire. L'utilisation des règles de la physique quantique a permis la construction d'un nouveau modèle de calculateur qui, bien qu'il ne permette pas la résolution de nouveaux problèmes, permet de résoudre avec une efficacité spectaculaire certains problèmes. Le modèle le plus utilisé, celui du circuit quantique, a permis l'élaboration par SHOR d'un algorithme permettant la factorisation en temps polynomial; un problème qui n'avait pas reçu de solution en plus de 3000 ans. C'est cet algorithme qui a attiré le regard des informaticiens sur cette nouvelle discipline. L'informatique quantique n'avait pas, auparavant, prouvé qu'elle puisse être vraiment utile à des fins calculatoires. La physique quantique avait bien été utilisée auparavant pour créer un protocole permettant l'échange de clefs tel que la physique classique ne le permettait pas, mais rien de significatif au niveau du calcul n'existait malgré l'existence de modèle de calcul quantique. Mais avec l'algorithme de SHOR, l'informatique entrait dans une nouvelle ère, du moins au niveau théorique. Nous présentons dans l'annexe une introduction à l'informa-tique quanl'informa-tique qui devrait s'avérer suffisante à la compréhension de l'algorithme de factorisation de SHOR. La lecture de l'annexe est fortement recommandée avant l'attaque du chapitre 5 où nous présentons un résultat extrêmement récent. Deux algorithmes quantiques proposés par Sean HALLGREN permettant de casser l'al-gorithme d'échange de clefs présenté au chapitre 4. Ces 5 chapitres plus l'annexe

(7)

constituent une première réunion de tout ce matériel en un seul travail. Et c'est là une partie de notre objectif, c'est-à-dire réunir tout le matériel algébrique de base avec les preuves pertinentes permettant de comprendre l'algorithme de BUCHMANN et WILLIAMS, de présenter l'algorithme lui-même et finalement de présenter les der-niers résultats disponibles du monde quantique s'attaquant à ce protocole. De plus nous faisons ici une analyse qui n'avait jamais été faite qui nous permet d'affirmer pour la première fois que l'un des deux algorithmes d'HALLGREN est correct. Ce-pendant notre analyse jette un doute plus que profond sur le second algorithme d'HALLGREN. Les preuves incluses dans ce mémoire y sont soit parce qu'elles ont été jugées nécessaires à une bonne compréhension de la matière, soit parce qu'elles sont absentes de la littérature scientifique ou finalement soit parce qu'elles étaient incomplètes ou erronées dans la littérature scientifique pertinente.

(8)

Chapitre

1

Corps quadratiques

Un corps quadratique JC - Q(

J

D) est défini par l'adjonction de la racine

JD

au corps Q. Soit, tous les nombres a+:v'Da, bet cE Z.

Si D

>

0, nous dirons que JC est un corps quadratique réel.

Et si D

<

0nous dirons que JC est un corps quadratique complexe.

À tout nombre quadratique À

=

a+bcv'D le conjugué de À est défini comme étant

~

=

a-~v'D. La norme d'un nombre quadratique, N(À) est ainsi définie :

Quelques propriétés des conjugués et des normes peuvent être aisément dérivées:

1. 1À2 ) 2. N(~) 3. N(a/c)

4..

N(À1À2 )

1.1

Modules

~1~2 N(À) (a2/c2) aet cE Z N(À1)N(À2 )

Dans le cas qui nous concerne, un module 9J1 sera défini comme un groupe additif d'objets pris surJC. Donc sia E 9J1 alors na E 9J1 pour toutnEZ.Donc trivialement

(9)

Soit u une combinaison linéaire d'un ensemble fini de vecteurs

\Ii

(1.1)

où les Xi E Z. Tous les u possiblement ainsi définis forment un module 9Jl et les

vecteurs Vl,V2 , . . . ,Vn forment la base du module 9Jl = [Vl, V2 , . . . ,Vn ] = [V]. La base sera appelée minimale si tous les u n'ont qu'une seule représentation possible. Un module sn ne consistant que d'éléments venant d'un autre module 9Jl est appelé

sous-module de 9Jl.

Lemme 1.1.0.1 Tout sous-module sn d'un module 9Jl = [V], tous deux

unidimen-sionnels, a pour base [n

V]

pour un n judicieusement choisi.

Démonstration :

Supposons qu'sn n'est pas égal à O. Le sous-module contient donc des multiples entiers de V. Soit le plus petit

Inl

>

0 pour lequel nV E sn. Pour tout m tel que mV E sn, nlm. Sinon, par algorithme d'Euclide, m = nq

+

r, où 0

<

r

<

Inl. Ce qui impliquerait que le vecteur rV

=

mV - qnV E sn puisque nV et mV appartiennent à sn. Mais ceci contredirait l'hypothèse de minimalité de n. CQFD.

1.2

Entiers quadratiques

Nous appellerons entiers quadratiques sur J( tous les nombres a E J( qui sont solution d'un polynôme

x2 +Bx+C (1.2)

B et C E Z. Nous appellerons désormais entiers rationnels l'ensemble Z afin d'éviter toute confusion. Par entiers nous entendrons désormais tous les entiers quadratiques,- ce qui comprend l'ensemble Z.

Cette condition impose donc une contrainte sur les a,bet c possibles dansa

=

a+~~,

si l'on veut qu'a soit un entier quadratique.

Supposons premièrement que D n'ait pas de diviseur quadratique,- D =1= r2Do,

pour r

>

1 et r et Do E Z. On peut aisément voir que pour tout D = r2Do et

a,

b,cE Z, il existe

a',

b',c' E Z tels que

a

+

b~ a'

+

b'

Vl5

(10)

Donc D et Do engendrent le même corps K. Pour tout a = (a

+

bJD) /c E K, a est solution à (1.2) si et seulement si -B = a

+

a et C = aa = N(a). Donc a est un entier quadratique si et seulement si - B = a

+

a = 2a/c E Z et C

=

aa =

(a2

- b2Do)/c2 E Z, pour a,b,c relativement premiers et appartenant à Z.

Certaines conclusions s'imposent aisément. Ainsi pgcd(a, c) = 1. Sinon, supposons que pgcd(a, c) = p. Alors afin queCpuisse être un entier rationnel, ilfaut quep2, qui divise c2, divise a2 - b2

Do.Donc a2 - b2

Do

=

0 (mod p2), ou a2

=

b2Do (mod p2). D'où l'on peut conclure que p21b2Do. Mais étant donné que Do n'a pas de diviseur

quadratique, p21b2

Ce qui implique que pla,plb et pic, ce qui contredit l'hypothèse

de départ, à savoir qu'a,bet c sont relativement premiers.

Étant donné l'intégralité de B, si c=1= 1, alors nécessairement c= 2. Ce qui implique ceci en retour

(1.3) Considérons les diverses possibilités de parité pour a et b lorsque c = 2. On peut aisément voir que l'équation (1.3) n'est vrai que si a et b sont impairs. Supposons qu'a et b soient pairs, alors a,bet c ne sont pas relativement premiers. Finalement si a et b n'ont pas la même parité, la seule solution est d'avoir a pair et b impair; ce qui implique que 41Doce qui est impossible étant donné le choix de Do. Donc, en résumé, a2 _ b2 1 (mod 4) et Do

=

1 (mod 4). De là, il peut être aisément

conclu que si Do =1= 1 (mod 4) alors c

=

1.

A

l'inverse, si Do

=

1 (mod 4) et a et b sont tous deux impairs, alors c peut être égale à 2 afin que B et C appartiennent à Z et qu'a soit un entier. De plus, si

Do 1 (mod 4), a est un entier même si c

=

2 et a et b sont pairs; la fraction ne sera cependant pas réduite. Cependant si a et b sont de parité différente, c ne peut être égal à 2.

Un entier quadratique peut donc être exprimé de manière générale par

a = { o+bfIT" a

+

b.flXJ

où a

=

b (mod 2) si Do

=

1 (mod 4),

Va, bsi Do =1= 1 (mod 4)

(1.4)

Il faut noter ici que rien n'interdit à b d'être égal à O. Dans ce cas c n'est égal à 2 que siDo

=

1 (mod 4), et étant donné qu'a

=

b (mod 2), aest forcé d'être pair. Ce qui implique que seulement les entiers rationnels sont des entiers quadratiques,-aucun rationnel (Q) n'appartenant pas à Z n'est un entier quadratique.

Il existe une manière plus intéressante d'écrire le résultat (1.4) qui nous permettra d'exprimer tous les entiers comme .un module1) sur K. Il nous suffit d'observer qu'

(11)

(a

+

b~)/2 = (a - b)/2

+

b(l

+

VD;;")/2. Dès lors si nous définissons a' = (a - b)/2 et b' = b, toujours sous la conditions a _ b (mod 2), alors

(a

+

b~)/2 = a'

+

b'(l

+

~)/2,

a' et b' sont des entiers rationnels quelconques. Alors on peut définir

(1.5)

{

l+~ Wo = VD;;" si Do

=

1 (mod 4), si Do :1= 1 (mod 4). (1.6)

Ainsi, dans les deux cas, les entiers quadratiques forment un module dans Q(

J

D) qu'on peut écrire

1) = [1,wo]. (1.7)

Le corps K = Q(

J

r2Do) étant indépendant de r, les entiers quadratiques 1) sur J( le sont aussi.

Un résultat important émerge de la définition même des entiers quadratiques:

Lemme 1.2.0.2 La norme de tout entier quadratiquea est un entier rationnel. De plus elle est égale à 0 si et seulement si a

=

O.

1.3

Anneaux d'intégrité

Bien que J( soit un corps, 1) n'en est pas un. Évidement 1) est un anneau puisque

pour tout a,(3 E1), a

+

(3 E1) et a(3 E 1). De plus l'anneau 1) possède la propriété

supplémentaire de n'avoir pas de diviseur du zéro. C'est-à-dire qu'il n'existe pas d'a et (3 tels que a(3 = O. Un tel anneau est appelé anneau d'intégrité.

La stabilité de l'addition sur1) est évidente. La stabilité de la multiplication sur 1)

peut être aisément démontrée. Ainsi (a+bwo)(a'+b'wo) = aa'+(ab'+a'b)wo+bb'w5. Si Do :1= 1 (mod 4), alors Wo

=

~ et on obtient (aa'

+

bb' Do)

+

(ab'

+

a'b)wo, qui est clairement un membre du module1) = [1,wo]. Et si Do _ 1 (mod 4), alors w5

=

(1

+

2VD;;"

+

Do)/4 = (2

+

2~

+

Do -1)/4

=

Wo

+

(Do - 1)/4. On obtient finalement (aa'

+

bb' (Do - 1) /4)

+

(ab'

+

a'b

+

bb')WO qui appartient aussi clairement au module 1)

=

[1,wo].

(12)

Ces propriétés nous permettent de considérer des congruences sur 1) :

6

=

6

(mod 77) si (6 - /;'2)/77 E 1), où 77 E1 ) , - ce qui est un abus de notation(puisqu'il n'existe pas nécessairement d'inverse multiplicatif sur1»),ilserait plus juste d'écrire qu'il existe un

t

E 1) tel que t77

=

(6 - 6).

Théorème 1.3.1 Si 1) contient un sous anneau 1)* qui n'est pas composé

unique-ment de rationnels) alors 1)* est caractérisé par un unique nombre naturel n tel

que 1)* est le sous-ensemble d'entiers de 1) qui sont congrus à un entier rationnel quelconque modulo n.

Démonstration :

Clairement ceci signifie que 1)* est l'ensemble de tous les nombres Cl! E 1) tels que

a

=

r (mod n) pour r E Z,- il faut cependant utiliser la valeur positive de n pour obtenir l'unicité mentionnée dans le théorème. Évidemment tous les entiers de 1) qui sont congrues à un nombre naturel quelconque forment un anneau puisque les entiers forment eux-mêmes un anneau.

À l'inverse considérons le terme x

+

YWo E 1)*. Étant donné que 1)* ;2 Z il existe un terme x

+

YWo où y =!=- O. Puisque 1)* contient Z, x E 1)*, donc YWo E 1)*. Soit le plus petit tel

Iyl

et appelons-le n. Par le lemme 1.1.0.1 nous savons que tous les termes YWo (dans x

+

ywo) sont des multiples de nwo. L'expression générale d'un entier appartenant à 1)* est donc /;, = x

+

ynwo pour x et y quelconque. Ou /;,

=

x (mod n) pour tous les

ç

E 1)* et inversement tous les

ç

E 1)* sont de la forme x

+

ynwo. CQFD

L'anneau d'intégrité 1)* correspondant à n sera noté par 1)n' Donc 1)1

=

1).

Souvent, les modules1)n sont appelés «ordres» et écris On' Un ordre 0 est souvent

défini comme un sous~anneaude Q(

V

Do) tel que Z E O. L'ordre 01= 1)1 est alors

appelé ordre maximal,-le plus grand ordre sur Q(VDo). Nous n'utiliserons pas ici cette nomenclature.

1.4

Modules et treillis

Un concept mathématique important doit être brièvement introduit. Nous ne pour-rons qu'en effleurer toutes les subtilités et devpour-rons même nous faire violence et demeurer un peu flou dans les preuves de certains théorèmes car ceci nous éloigne-rait trop de notre sujet principal. Cependant le lecteur doit développer une intuition du sujet afin de pouvoir comprendre l'une des preuves pivots de ce mémoire.

(13)

La définition d'un module donnée dans la section 1.1 est un peu simpliste. Évidement l'ensemble tel que défini par l'équation (1.1) est un module, mais un module n'a pas nécessairement de base finie. L'ensemble Q forme un module selon la définition donnée, mais n'a pas de base. Il nous faut donc introduire quelques concepts. Nous dirons qu'un ensemble fini de vecteurs V = [VI, V2 , .•. ,Vn ] est linéairement dépendant s'il existe des entiers rationnelsal, a2, ... , am dont certains ne sont pas égaux à 0, tels que

(1.8)

lalllvll,

(axiome de Autrement, ils seront dit linéairement indépendants. La dimension d'un mo-dule

mt

sera définie comme étant le nombre maximum de vecteurs linéairement indépendants de

mt.

Une norme est une fonction définie sur un ensemble de vecteurs V et dénotée

Ilvll,

pour un vecteur v E V. Une norme doit respecter les trois propriétés suivantes.

- Pour que le vecteur v E V soit nul il faut et il suffit que

Ilvll

= 0, (axiome de séparation) .

- Pour tout vecteur v E V et scalaire

a,

on a

Ilavll

linéarité) .

- Pour tout couple de vecteurs u, v E V, on a

Ilu + vii:::; lIull + Ilvll,

(inégalité triangulaire) .

Un module est dit discret lorsqu'il existe une norme telle que pour tout v

=1

°

E V

Ilvll

~ k E lR (1.9)

pour un k constant et positif. Plusieurs normes peuvent répondre à cette définition. Mais l'existence d'une seule norme est suffisante. Cette définition est parfois énoncée ainsi: il existe une norme et un k constant tels que pour tous u, v E V,

Ilv - ull

~ k. Finalement, un treillis est défini comme étant un module discret possédant une base finie.

Dans le cas qui nous concerne, nous pouvons constater que les entiers quadratiques forment un treillis. Premièrement 1) possède une base finie de dimension 2, soit

[1,wo].

Si la norme

(14)

est choisie il peut aisément être prouvé que 1) est discret. Primo,

lIell

=

0 si et seulement si

lel2

+

1~12 = O. Ce qui n'est possible que si

e

= O.

Secundo, si a est un scalaire,

Tertio si

e

et

17

sont des entiers quadratiques, alors nous désirons prouver:

Ile

+

1711 :::;

lIell

+

111711·

Par définition nous avons (et nous cherchons à obtenir) :

En multipliant par 4 et en prenant le carré des 2 côtés de l'équation nous obtenons:

le + 1712+

I~

+

ill

2

:::;

lel2

+

11712

+

1~12

+

lill2+

C (1.11)

où C

=

2J((leI2+ leI2)(11712+ lilI2))

2:

o.

En utilisant l'identité «a2

+

b2= (a

+

b)2 - 2ab», nous pouvons écrire

lel2+ 11712

=

(lei

+

1771)2 - 21ell771

et 1~12

+

lilI2

=

(I~I

+

lill)2 -

21~lIill. Ce qui nous permet de réécrire l'équation (1.11) ainsi:

Étant donné que la valeur absolue respecte l'inégalité triangulaire, nous savons que

le

+

7712:::; (lei + 1771)2

et I~

+

ill2:::;

(I~I

+

lill)2·

Donc si Cf 2: 0, il pourra être conclu que dans l'équation (1.11), la partie gauche est inférieure ou égale terme à terme à la partie droite. Et donc, étant donné que toutes les équations sont équivalentes entre elles, nous devrons conclure que l'inégalité triangulaire est respectée par la norme choisie.

Il ne nous reste plus qu'à démontrer que Cf est supérieur ou égal à O.

Cf 2: 0 si et seulement si

(lell771)2 (lellill)2

+

(1~11771)2

+

(1~lIilI)2 2:

(lell77I)2

+

(1~llilI)2

+

2(lell77II~llill)· Ou

(lellill)2 +

(1~1I771)2 2: 2(lell77I1~lIill). Finalement

(15)

Ce qui est trivialement vrai. Ce qui implique que Cf est supérieur ou égal à 0 et que l'inégalité (1.12) ainsi que l'inégalité (1.11) sont vraies. CQFD.

Finalement nous pouvons vérifier que::D est discret en remarquant que (lçl-ltJ)2 ~ O.

Si l'expression est développée, nous obtiendrons

Par le lemme 1.2.0.2, nous savons que IN(7])1 ~ 1 à moins qu'ç ne soit

o.

Donc

Ilçll ~ 1. CQFD

Notons au passage que Ijçll

=

Iltll ainsi que lIall

=

lai si a E Z. Le treillis des entiers quadratiques, associé à la norme (1.10), peut être représenté dans le plan euclidien par des points définis par les paires (7],fi), où 7] E ::D. La norme (1.10) devient alors simplement la distance, divisée par

yI2,

entre un point du treillis et l'origine du plan. Un sous-module 001 d'un treillis

,c

est lui aussi évidement un treillis puisque toutes les propriétés de

,c

sont stables sur 001. 001 sera appelé sous-treillis. Donc tout module quadratique est un sous-treillis de ::D de dimension 2ou moins.

Théorème 1.4.1 Tout treillis possède une base minimale.

Théorème 1.4.2 Tout module qui possède une base forme un treillis.

Théorème 1.4.3 Tout module quadratique 001possède une base 001= [a, b

+

cWo] où a

>

b~ 0 et c

>

o.

De plus a est le plus petit entier rationnel positif appartenant à

001 et b

+

cWo est l'entier sur 001 où Wo possède le plus petit coefficient.

Théorème 1.4.4 Deux modules quadratiques, 0011 = [a,;3] et 0012 =

b,8],

sont équivalents (égaux) si et seulement s'ils peuvent être mis en relation à l'aide d'une matrice de dimension 2 x 2 composée d'éléments appartenant à Z et ayant pour déterminant ±1 :

(1.13)

Le dernier théorème entend par équivalence de module qu'ils génèrent exactement les mêmes points dans le plan.

(16)

1.5

Discriminent d'un module

Soit le module 9Jt E î' ayant la base 9Jt =

[6,6],

6

et

6

appartiennent à î'. Nous définirons la différente du module, d, ainsi:

d = d(9Jt)

=

(1.14)

Nous pouvons aisément remarquer que la différente n'est égal à 0 que si et seulement si

6

et

6

sont linéairement dépendants. Ou si et seulement si le module 9Jt est unidimensionnel.

Le module î'n

=

[1,nwo] a pour différente

d

=

d(î'n)

=

n(wo - wo)

= {

2:~

si Do - 1

si Do =1=- 1

(mod 4)

(mod 4) (1.15)

Le discriminent .6., que nous définirons par .6.

=

d2

, est cependant une quantité

beaucoup plus importante. Le discriminent est toujours un entier rationnel positif,-pour Do

>

O. Donc pour le module î'n :

siDo =1 (mod4)

si Do =1=- 1 (mod 4) (1.16)

De manière générale, si 9Jt est un sous-module de î'n alors

(1.17)

où j est appelé l'index de 9Jt sur î'n. L'entier j, représente aussi le nombre de classes d'équivalences des éléments deî'n modulo9Jt. Nous dirons que deux éléments

ŒI et Œ2 appartenant à î'n sont congrus modulo 9Jt,- ŒI

=

Œ2 (mod 9Jt),- si (ŒI - Œ2) E 9Jt.

1.6

Unités et divisibilité sur un anneau d'intégrité

Nous dirons qu'un élément ŒI E î' divise un élément Œ E î' s'il existe un élément

Œ2 E î' tel que

(1.18)

Un élément pE î' qui divise 1 est appelé unité. Les unités sont donc par définition les éléments inversibles de l'anneau d'intégrité î'.

(17)

Théorème 1.6.1 L'ensemble des unités sur f'n est formé de tous les éléments qui

ont leur norme égale à ±1.

Démonstration :

Par définition, pour une unité p, il existe un TJ tel que PTJ

=

1. Étant donné la propriété multiplicative des normes, nous pouvons écrire N(p)N(TJ)

=

N(l)

=

1.

Par le lemme 1.2.0.2 nous savons que la norme d'un entier quadratique appartient

à Z. Les deux seules solutions possibles pour la norme d'une unité sont donc ±1.

À l'inverse, si la norme d'un élément pest égaleà ±1 il est alors trivial que pdivise

1. CQFD

Corollaire 1.6.1.1 Les unités surf' forment un groupe multiplicatif infini.

Théorème 1.6.2 L'ensembleli

=

{log

Ipl},

où p est une unité sur f'n, constitue

un treillis unidimensionnel.

Corollaire 1.6.2.1 Il existe une unité E E f'n, appelée unité fondamentale, tel

que pour toute unité pE f'n, p= ±Ek pour un k appartenant àZ.

Afin que l'unité fondamentale soit unique, nous la choisirons positive. Un résultat immédiat du théorème 1.6.2 émerge: l'unité fondamentale est l'unité pour laquelle log

Ipl,

p

>

0, est minimal. Nous appellerons régulateur, et le dénoterons par R, le logarithme de l'unité fondamentale. R génère il.

1.7

Idéaux

Un idéalClsur f'n est un sous-anneau de f'n (donc un sous-module) avec la propriété

supplémentaire que pour tout élément TJ E f'n, ŒTJ E Cl pour tout Œ E Cl.

Un idéal Cl est dit principal s'il existe un élément Œ E Cl tel que Cl = {ŒTJ} pour

TJ E f'n' Nous écrirons alors Cl

=

(Cl!) ou Cl

=

Œf'n.

(18)

Démonstration :

Étant donné l'égalité, nous savons que

f3

E

(a).

Donc

f3

=

TJa

pour un

TJ

E 1.'n. Similairement a

=

çf3

pour un

ç

E 1.'n' On peut donc, à moins qu'a

=

f3

= 0, conclure que

f3

=

TJçf3

ou

TJç

= 1. CQFD.

Nous noterons parfois, lorsque nécessaire, par L(a) le plus petit entier rationnel de l'idéal a.

Théorème 1.7.2 Tout idéala E1.'n en tant que module possède une base [a, b+cwn]

où L(a) = a

>

b~ 0 eta ~ c

>

O. De pluscla etclb. La base possédant ces propriétés est unique.

Démonstration :

Étant donné qu'a est un module, le théorème 1.4.3 s'applique certainement ici. Il ne nous reste plus qu'à prouver que 0

<

c :::; a, que cla et clb, ainsi que l'unicité de la base.

Le théorème 1.4.3 nous dit qu'a est le plus petit entier rationnel positif de l'idéal a, il est donc certainement unique. Supposons alors qu'une seconde base [a,b'

+

C'wn] existe ayant ces propriétés. Puisqu'a est un module et que ces bases sont minimales, on peut écrire ax

+

(b

+

cwn)y = b'

+

c'wn. En égalisant les parties rationnelles et quadratiques nous obtenons ax

+

by= b' et cy = c'.

Mais puisque bet b' sont compris entre 0 et a alors nécessairement x = 0 et y = 1. Supposons le contraire; alors quel que soit x et y,

Iyl

>

1. Ceci impliquerait alors que

Idl

>

Ici·

Ce qui nous mènerait immédiatement à une contradiction puisqu'il serait impossible d'écrire b

+

CWn dans la nouvelle base [a, b'

+

c'wn]. Donc, nécessairement,

y = 1; ce qui impose àx d'être égal à O. Et donc c'

=

c et l'unicité de c est confirmée. Étant donné qu'a E a et qu'wn E 1.'n, aWn E a. Il existe donc ici aussi une unique

représentation aWn

=

ax

+

(b

+

cwn)y. Ceci impose cependant qu'a

=

cy et donc que cla. Donc c

<

a et peut toujours être choisi positif en multipliant par -1 si nécessaire.

N(b

+

cwn ) étant un entier rationnel et a étant le plus petit rationnel, il faut né-cessairement qu'a divise N(b

+

cwn ) ; sinon nous pourrions, par l'algorithme d'Eu-clide, construire un entier rationnel plus petit qu'a et appartenant à a. Ceci im-plique, par la définition de N(b

+

cwn ), que le d, le pgcd(a,c), divise b. Nous savons

qu'ar

+

cs

=

d pour r et s judicieusement choisis. Nous savons aussi qu'awn E a.

Donc awnr+(b+cwn)s = bs+dwn. Nous pouvons aussi écrire bs+wn= ax+(b+cwn)y où x et y E Z. Ce qui impose l'égalité cy= d. Mais d~ Cet

Icyl

~

Ici,

donc sc= d, s = 1 et c= d. Donc clb par les commentaires précédents. CQFD.

(19)

Théorème 1.7.3 Un module [a, b+cwn] tel que cla, clb et acIN(b+cwn) est un idéal sur 1)n'

Démonstration :

Nous pouvons supposer sans perte de généralité que c = 1 (voir la démonstration du théorème précédent). Donc, soit le module

m

= [a, b

+

wn] où alN(b

+

wn). Par définition

m

est un idéal si et seulement si pour tout Œ E 1)n et pour tout (3 E

m,

Œ(3 E

m.

Développons le cas général et essayons de l'exprimer comme un élément dem.

Soient Œ = X

+

YWn E 1)n et (3 = ra

+

s(b

+

wn) E

m

x, y, r et s E Z. Nous voulons montrer que (x

+

ywn)(ra

+

s(b

+

wn)) E

m.

En développant l'expression, nous obtenons xra

+

xsb

+

XSWn

+

ywnra

+

ywnsb

+

ysw~.

Supposons maintenant qu'wn = (1

+

..fl5)/2. Dans ce cas,

W;

=

(1

+

2VD

+

D)/4

=

(1

+

VD

+

1

+

VD

+

(D - 1))/4

=

W

n

+

(D - 1)/4.

Nous pouvons donc réunir les termes ainsi:

Œ(3 = xra

+

xsb

+

ys(D - 1)/4

+

wn(l!s

+

xs

+

yra

+

ysb)

'V

m

où m est de toute évidence un entier rationnel.

Nous désirons, alors, exprimer l'équation (1.19) ainsi:

Œ(3

=

al

+

m(b

+

wn )

l et m E Z et m est défini à l'équation (1.19). Remarquons d'abord que

(1.19)

(1.20)

N(b

+

wn)= (b

+

1/2

+

VD/2)(b

+

1/2 - VD/2) = b2

+

b - (D - 1)/4. Alors al

+

mb= xra

+

xsb

+

ys(D - 1)/4. En remplaçant m, nous obtenons al

=

xra

+

xsb

+

ys(D - 1)/4 - ysb - xsb - yrab - ysb2•

Regroupons les termes et simplifions:

al = xra - yrab

+

ys((D - 1)/4 - b - b2). (1.21) Nous nous apercevons qu'a divise les deux premiers termes trivialement et qu'a divise le dernier groupe, puisque l'expression (D - 1)/4 - b - b2 n'est rien d'autre que la norme de (b

+

wn ), qu'a divise par hypothèse. Ce qui implique qu'l E Z.

(20)

Nous avons donc démontré que pour D _ 1 (mod 4), 9J1 est un idéal. La preuve pour D

:t=

1 (mod 4) est similaire, l'arithmétique étant simplifiée par le fait qu'wn est alors égal à

VD.

Nous ne ferons donc pas cette partie de la démonstration.

CQFD.

Nous dirons qu'un idéal a

=

[a,b

+

cwn ]est primitifs'il possède une base où c

=

1. Nous appellerons l'index du module ala norme de l'idéal aet l'écrirons N(a). N(a) = cL(a) et N(a) = L(a) pour un idéal primitif.

Nous définirons la sommes de deux idéaux comme étant l'ensemble

c= a

+

b

=

{a

+

jJ} où a E a, jJ E b. (1.22)

On peut aisément voir que c est un idéal. De plus l'addition d'idéaux est commuta-tive, - a+b= b

+

a,-et associative,-a+(0

+

c) = (a+0)

+

c. De plus l'inclusion

aç a

+

0 peut-être trivialement vérifiée.

Nous utiliserons la notation a

+

0

=

(a, b). Dans le cas particulier des idéaux prin-cipaux, nous utiliserons, si a

=

(a) et b

=

(jJ) ;

{

(a)

+

b= (a, b)

a

+

b

=

(a)

+

(jJ) = (a, jJ)

Finalement l'idéal (al, a2, ... , at)

=

alî'n

+

a 2î'n

+ ... +

atî'n.

L'idéal a = (a,jJ) peut être vu comme un module ayant pour base

[a,,B]

où les coefficients sont pris sur î'n' Donc, naturellement, si le module 9J1 = [a, jJ] est un

idéal, alors (a, jJ) constitue le même idéal.

Nous définirons la multiplication d'idéaux c

=

ab comme étant l'ensemble de toutes

les combinaisons linéaires finies possibles de multiples d'éléments pris sur aavec des éléments de boù les coefficients sont pris sur l'anneau d'intégrité où sont définis a et b. En notation mathématique si ai E aç î'n, jJj E bç î'n et T/i,j E î'n alors

(1.23)

Cette définition émerge de la théorie des ensembles et est totalement indépendante de la base des idéaux considérés. Dans le cas qui nous concerne nous pouvons utiliser une autre définition pour des idéaux quadratiques. Si a = (al,a2) et 0

=

(jJl'jJ2)

alors

(21)

La réduction de système de générateurs à une base de 2 éléments n'est pas une tâche triviale. Nous donnerons plus loin, à la section 3.2, un algorithme permettant de multiplier 2 idéaux réduits (un concept définit plus loin) et de récupérer une base canonique.

Évidement, l'équation (1.24) nous permet de voir, que pour deux idéaux principaux,

a =

(a)

et b =

(f3)

leur multiplication e= ab =

(af3)

est un idéal principal. Nous pouvons, de plus, aisément prouver que la multiplication d'idéaux est commutative, associative et distributive sur l'addition d'idéaux,- a(b

+

c) = ab

+

ae.

Lemme 1.7.3.1 Si l'idéal primitif a a pour base [a, b

+

Wn], alors toutes les bases

[a, ±(na

+

b

+

wn)], où n E il, génèrent aussi l'idéal a.

Nous dirons qu'un idéal a

=

[a, b

+

wn] ç 1'n est réduit si et seulement si il est primitif et qu'il n'existe pas d'a E a tel que les deux affirmations suivantes soient vrais simultanément: lai

<

L(a) et lai

<

L(a).

Théorème 1.7.4 aç 1'n est un idéal réduit si et seulement si il existe un

f3

E a tel que a= [a,

f3]

et que

f3

respecte les deux conditions suivantes:

f3

> a et -a

<

i3

<

O.

Démonstration :

Supposons qu'a= [a,

'Y]

soit un idéal réduit où a= L(a). Il existe certainement une infinité de paires (x, y), où x et y E il, telles que Ixa

+

Yi'i

<

a. Ceci est évident puisque pour l'unité fondamentale E, Cl est inférieur à 1. Il existe donc un no > 0 tel que pour une paire quelconque (r, s), Icnllra

+

si'l

<

a et ce pour tout n > no.

Choisissons l'une de ces paires v

=

ra

+

S'Y et considérons tous les éléments qui répondent simultanément aux conditions Ixa

+

Y'YI

<

v et Ixa

+

Yi'i

<

a. Nous pou-vons facilement visualiser ceci en utilisant la représentation des treillis quadratiques décrite à la page 14. Les 2 conditions réunies demandent qu'un point du treillis soit

à l'intérieur d'une boîte ayant une surface de 4alvlunités carrés et centrée àl'origine du plan. Mais par les propriétés d'un treillis, seulement un nombre fini de point du treillis peuvent exister dans une boîte finie.

Soit

f3

> 0, un tel point, tel que

f3

soit minimal parmi tous ces points. Puisque

li3I

<

a et qu'a est réduit, alors nécessairement

f3

> a. On peut donc écrire 0<

f3 -

a <

f3,

ce qui implique que

1f3 -

al

=

1i3 -

al > lai>

1i31,

sinon, nous aurions un élément plus petit que

f3

qui répondrais aux mêmes conditions que

f3,

ce qui contredirait la minimalité de

f3.

Cette dernière équation implique que

i3

et a n'ont pas le même signe et donc que

fJ

<

O.

(22)

Il ne reste plus qu'à prouver ici que [a,,8] forme une base équivalente à [a,1]. Soient

p et q E LE; tels que ,8

=

pa

+

qT Si

Iql

>

1, alors soit s tel que p

=

s (mod

Iql),

Isi :::; Iql/2.

Alors ((3 - sa)/q = 1

+

xa pour x un entier rationnel. Si Ipl = 1((3 - sa)/ql E a, nous pouvons donc écrire la chaîne d'inégalités suivante:

Ipl

=

I(~

-

sa)/ql :::; I~/ql

+

Isa/ql :::; a/2

+

a/2 = a. Donc

Ipl

<

a. Par définition p

>

0 et en écrivant la chaîne d'inégalités p:::;

1(3/ql+lsa/ql :::;

,8/2+a/2

<

(3,

nous arrivons à la conclusion que p possède les mêmes caractéristiques que(3 tout en étant plus petit que

(3,

contredisant du même coup l'hypothèse de minimalité de

(3.

En conclusion

Iql :::;

1et donc étant donné que q ne peut pas être égal à 0, q= ±1, et par le lemme

1.7.3.1, [a,,] = [a,(3].

À l'inverse, supposons qu'a= [a,

(3],

a= L(a) et

(3

>

aet -a

<

~

<

o.

Si an'est pas un idéal réduit, alors il doit exister un p =1- 0 E a, tel que

Ipl

<

a et

1,01

<

a.

Soient x et y tels que p = xa

+

y(3. Nous pouvons donc réécrire: Ixa

+

y(31

<

a et

Ixa

+

y~1

<

a. Nous constatons immédiatement, par la première inégalité, que si

x

=

0 alors y

=

0 ainsi que si y

=

0 alors x

=

0; donc xy =1- O. Si xy

>

0, alors il peut être vérifiée que la première inégalité ne peut être satisfaite. Si xy

<

0, alors cette fois-ci c'est la seconde inégalité qui ne peut être satisfaite. Nous concluons donc que p ne peut exister et qu'a est un idéal réduit. CQFD.

Corollaire 1.7.4.1 Si a est un idéal réduit sur ~n alors L(a)

<

vz:;;".

Démonstration :

Du corollaire précédent nous savons qu'a

=

[a,,8], où ,8

>

a et -a

<

~

<

O. Donc

a

<

(3 - ~ = Wn -

w

n =

vz:;;".

CQFD

Nous déduisons du théorème précédent qu'il n'existe qu'un nombre fini d'idéaux réduit sur~n,puisqu'il n'existe qu'un nombre fini de a possibles et que les b possibles dans la base [a,b

+

wn ]sont compris entre 0 et a.

Théorème 1.7.5 Si a

=

[a,1] ç ~n est un idéal primitif et que L(a)

<

vz:;;,,/2, alors et est un idéal réduit sur~n.

Démonstration :

Définissons,8 comme étant égal à 1+

L

-i/

aJ a.

Alors, par le lemme 1.7.3.1

a

=

[a,

,8].

De plus en réécrivant ~ =

(i/a

+

L

-i/aJ)a,

nous nous apercevons aisément que

-a

<

~

<

o.

Sachant que

(3 -

~

=

Wn - Wn , il peut être écrit, ,8

>

Wn -

w

n - a. De

(23)

Nous pouvons donc, en appliquant le théorème 1.7.4, conclure qu'a est un idéal réduit. CQFD

Pour terminer cette section, nous donnerons quelques résultats en vrac. Nous n'en donnerons pas les démonstrations qui peuvent toutes trouvées dans [9]. Ces résultats sont utiles afin de développer une intuition plus grandes des idéaux et servirons plus tard à accélérer certaines preuves.

Nous dirons que l'idéal c divise l'idéal as'il existe un idéal b tel que a= be.

Théorème 1.7.6 L 'idéal a divise l'idéal b si et seulement si b

ç:

a.

Théorème 1.7.7 Si b

=

(f3) est un idéal qui divise l'idéal a, alors pour tout a E a

f3la.

L'idéal conjugué

a

de aest défini comme étant

a

= {Œ} pour tous les a E a. Alors

a

est un idéal.

Lemme 1.7.7.1 Si a

=

[L(a),

'Y]

est un idéal, alors aa

=

(N(a))

=

(N(L(a))).

Théorème 1.7.8 Si a et b sont des idéaux, alors N(a)N(b) = N(ab).

Théorème 1.7.9 Si a= (a) est un idéal principal, alors N(a) = IN(a)l.

Particulièrement, si a E Z alors N(a)

=

a2.

1.

7.1

Classe d'idéaux

Nous dirons que deux idéaux, aet b, appartenant à1>n sont équivalents s'il existe des entiers a et f3 tous deux appartenant à 1>n tels que

Nous écrirons alors: at'V b.

a(a)

=

b(f3). (1.25)

Cette relation est évidement transitive, réflexive et symétrique. Chaque idéal a ap-partient à une classe d'équivalence que nous noterons A =

a,

a

est la classe d'équivalence de a. Nous définirons ensuite le produits de classes d'équivalences comme étant le produit de membres représentatifs. Ou, si C = AB, alors C =

c

où c

=

ab. Il est évident que l'unité sur ce groupe est l'ensemble de tous les idéaux principaux.

(24)

Lemme 1.7.9.1 Si a et b sont deux idéaux équivalents appartenant à 1>n, alors il

existe un 1 E a tel que

(J)b = (L(b))a 0

<

'Y

<

L(a).

(25)

Chapitre 2

Fractions continues

2.1

Fractions continues finies

Une fraction continue est une expression de la forme 1

4J

=

ao

+

-1

a l

-1

Nous utiliserons la notation

ao,al, ...,at sont appelés quotients incomplets de la fraction continue. Trivialement

- [ao]

=

T,

- [a a]0, 1

=

aOal+1 et ao

(26)

De plus

Plus généralement

2.2

Réduites

Nous appellerons le nombre rationnel

la réduite d'ordre n de [ao, al, ... ,ad

(0 :::; n :::; t)

Théorème 2.2.1 Si An et B n sont ainsi définis:

A o= ao, Bo

=

1, alors Al - alaO

+

1, BI = al, An

=

anAn-1

+

A n-2 B n

=

anBn-1

+

B n-2 (2:::;

n:::;

t), (2 :::; n :::;t),

Théorème 2.2.2 An et Bn ont les propriétés suivantes

1. AnBn-1 - An-IBn

=

(_l)n-1 ;

2. A nB n-2 - A n-2B n

=

(-l)n an ;

3. B n

2:

B n-l \in

2:

1, avec inégalité pour n

>

1;

4.

Bn

2:

n, avec inégalité pour n

>

3 ; 5. Bn

2:

<pn-l <p = l+2V5 .

(27)

2.3

Assignation de valeurs

Si cP= [ao, ab' .. , at-b at], alors on peut exiger qu'ai> 0, Vi > 1. Nous appellerons

cPi la quantité [ai,aHb ...,at-l, at].

Donc trivialement cPo = [ao, ab' .. ,at-b at] = cP et cPi > 1. SiXn = ~:' alors cP = Xn · Théorème 2.3.1

et

2.4

Caractéristiques diverses des fractions continues

2.4.1

Différence entre les réduites et le nombre à approximer

Théorème 2.4.1 Si n ~ 0, alors l x - An1

<

1

<

~

<

1 Bn - BnBn+l - B~ - <]?2(n-I)' Théorème 2.4.2 Si (2.2) alors, p/ q est une réduite de x.

2.4.2

Fractions continues périodiques

Si cP E Q alors cP

=

[ao, al, a2, ... ,at] et

t

est fini. Une fraction continue infinie représente toujours un nombre irrationnel. Si cP est de la forme a+bvDca,b, cE Z et D ~

°

alors la fraction continue le représentant est périodique. C'est à dire qu'al = al+k pour tout l ~ L et un k fixe appelé période de la fraction continue. La suite aL, aL+b' .. , aL+k-1 forme la période de la fraction continue. La fraction peut être écrite ainsi

cPi = {[~i' ~HI' '~L'aL+l, ... ,aL+k-l] pour i

<

L,

[ai, ai+l, ,ai+k-l] pour i ~ L.

SicPest représenté par une fraction continue périodique alorscP= a+:vDa,b,cE Z et D ~ O.

(28)

2.4.3

Autres Caractéristiques

Par l'équation (2.1) et la définition des réduites nous pouvons écrire

et donc

cPm

=

Am- 2 - cPBm-2 . cPBm - 1 - Am - l

(2.3)

(2.4)

Si nous utilisions l'équation (2.4) pour définir cPm+I et que nous remplacions

cPm+l

par (Pm+I

+

VD)/Qm+l et cPo par (Po

+

VD)/Qo, et qu'après avoir développé le tout, nous réunissions les termes irrationnels en une égalité, nous obtiendrions:

(2.5)

Cette expressions nous sera utile pour simplifier certain calculs.

2.5

Fraction continue d'un entier quadratique

Soit l'entier quadratique cP = P+;jD, où P et Q E Z. Dans le développement en fraction continue de cP, cPi est évidement un entier quadratique, puisque chaque ai est entier. De plus cPi est de la forme Pit-:V ,où Pi et Qi E Z et peuvent être ainsi calculés:

Théorème 2.5.1 SicP

=

P+;jD, P, Q E Z, est un entier quadratique où

QI

(D- p2)

alors cPo

=

cP, Po

=

P et Qo

=

Q et cPi

=

Pit-:V où - PHI = qiQi - Pi,

Q - (D- Pl+1 ) t

- Hl - Qi e

- q~. -l{Pi+VD)J- Qi .

(29)

Démonstration :

Procédons par récurrence. Le cas de base, i

=

0, s'avère être vrai trivialement puisqu'il s'agit des conditions mêmes du théorème.

Supposons que pour tous les 0 ~ i ~ j, Pi, Qi(# 0) E Z, que Qil(D - Pl) et que cPi = (Pi

+

Vi5)/Qi. Alors

De plus

Qi+l (D - pl+l)/Qi

(D - (qiQi - Pi)2)/Qi

(D - Pl)/Qi

+

2qiPt, - q;Qi E Z.

Étant donné que D n'est pas un carré parfait, D - Pl+l

#

0, et donc

QHl

= (D - Pl+l)/Qi

#

O.

Finalement

CQFD.

Si Q

l

(D - P2) alors nous pouvons remplacer Q par

IQIQ,

P par IQIP et D par

Q

2D.

Le résultat suivant peut être utilisé afin que tous les calculs soient effectués sur Q.

Théorème 2.5.2

(30)

Donc

l

JD

J

n'a à être calculé qu'une seule fois.

S ·t 01. - VD-Pm Al (VD-Pm)(VD+Pm ) - D-P;' - Qm - liA.

E-·d-01 ,+,m - Qm-l· ors Qm-l(VD+Pm ) - Qm-l(VD+Pm ) - VD+Pm - 'f'm. VI e ment 0

<

'l/Jm

<

1.

Soit la fonction Om ainsi définie :

k-l 01 = 1, Ok =

II

'l/Ji

(k

>

1). i=l Alors trivialement, O2 =

'l/Jl,

03 =

'l/Jl

'l/J2 ••• et Théorème 2.5.3 N(Ok) = (-l)k-lQk_l et Qo Ok

=

(-1)k-l(Ak_2 - cjJBk-2 ). (2.6) (2.7) (2.8) (2.9) Démonstration :

Par le théorème 2.5.1 nous savons que Qi+l

=

(D-~l-H).

Utilisé conjointement avec

(2.6), l'équation (2.8) peut être prouvée par récurrence.

CAS DE BASE: k = 2.

O ni. VD-Pl

2 = '+'1 = Qo .

N(O)

=

VD-H -VD-Pl

=

_D-fl

=

_Ql

=

(_l?-lQl.

(31)

(2.10) RÉCURRENCE :

Supposons maintenant que (2.8) soit vrai pour tous les j ~ 2 et inférieurs à k.

Alors, étant donné la propriété multiplicative des normes, N((h) = N((h-l)N('l/Jk-l)' N(Ok-l)

=

(-1)k;2Q k_2 par hypothèse et N('l/Jk-l) = _

D;;f_l

= _

QQk-l.

o k-2 k-2

Donc N(O )

=

(-1)k-ZQk_2 (_ Qk-l) = (-l)k-lQk_l.

k Qo Qk-Z Qo

La seconde partie du théorème 2.5.3 se prouve aussi par récurrence en utilisant l'équation (2.4). CQFD.

En remplaçant

cPo

par (Po

+

VD)/Qo dans l'équation (2.9) et en utilisant l'équation 2.5, nous obtenons:

Ok =(_l)k-l(Ak- 2Qo - POBk- 2 - VDBk- 2)

Qo

=(_l)k-lGm-2

-QV:

Bk-2•

Étant donné que Gm peut être exprimé àl'aide de termes n'appartenant qu'au

déno-minateur de réduites de différents ordres, nous avons ainsi éliminé, dans l'expression pourOk, tous les termes Aides réduites, ce qui simplifiera les calculs. Nous pouvons donner encore une autre expression pour Ok' En remarquant que Ok+2 = 'l/Jk+l'l/Jk Ok , ainsi que l'identité 'l/Jk+l 'l/Jk

=

-qk'I/Jk

+

1, alors nous pouvons écrire les récurrences suivantes:

Ok+2

=

-qk0k+l

+

0k, 0-1k+2

=

qk0-1k+l

+

0-1k' (2.11)

Pour les quelques théorèmes suivants, nous nous intéresserons au signe de ~m' Théorème 2.5.4 Pour tout m ~ 1, ~m

<

0si et seulement si Pm

<

VD

et Qm

>

O. Démonstration :

Trivialement, lorsque Pm <

VD

et Qm

>

0 alors ~m = (Pm - VD)/Qm < O. Par contre si ~m

<

O. Étant donné que cPm

>

1, nous savons que 2VD/Qm cPm - ~m

>

O. Ceci impose donc à Qm d'être positif et à Pm d'être inférieur à

VD.

CQFD.

Nous noterons au passage qu'étant donné que cPm

>

1, nous pouvons écrire Pm > Qm-VD> -VD. Donc, lorsque ~m

<

0, on a

IPml

<

VD

et 0

<

Qm

<

Pm+VD

<

(32)

Théorème 2.5.5 Pour tout

m

?:

2, si 14>0 - ~ol

>

1/Bm - 1Bm - 2 , alors ~m

<

O. Démonstration :

Par l'équation (2.3), nous savons que:

4>mAm-l

+

A m-2

4>0 =

4>mBm-l

+

Bm-2

4>mAm-l B m-l

+

Am-zBm- 1 Bm- 1(4)m Bm-l

+

Bm- z)

4>mAm-l B m-l

+

Am-zBm- 1

+

Am- 1B m-2 - Am-1Bm- z Bm- 1(4)m Bm-l

+

Bm- z) 4>mAm-l Bm-l

+

Am-1Bm- z Bm- 1(4)m B m-l

+

Bm- z) Am-1Bm- z - Am-zBm- 1 Bm- 1(4)m Bm-l

+

Bm- z) Am -1 (l)m-l

- - +

--_...:...:.---B m- 1 Bm- 1(4)m Bm-l

+

Bm- z) .

Pour obtenir la dernière égalité, il faut utiliser la première propriété du théorème 2.2.2. Nous pouvons donc écrire:

Donc si ~m

>

0, alors

CQFD.

Corollaire 2.5.5.1 Si, pour tout m

>

2,

B~_z

>

IQo/2v'15l alors

~m

<

O. Démonstration :

Nous savons que 14>0 - ~ol = 2VD/IQol

>

B~~z

>

1/Bm-2Bm- 1. CQFD.

(33)

Démonstration :

Si m

>

3

+

log(IQol/2V15)/(2logr), alors ceci implique que r2(m-3)

>

IQol/2V15.

Par la dernière expression du théorème 2.2.2 nous pouvons conclure que B~_2

>

r2(m-3)

>

IQo/2V15\ et m 2:: 2. Nous pouvons donc appliquer le corollaire 2.5.5.2 et

(34)

Chapitre 3

Entiers quadratiques et idéaux

quadratiques

3.1

Lien entre les deux concepts

Dans ce chapitre, nous ferons le lien entre la section sur les idéaux (section (1.7)) et le chapitre précédent sur les fractions continues. Nous y décrirons comment un idéal peut être représenté par un nombre quadratique, et vice versa. En utilisant les propriétés des fractions continues et celles des idéaux, nous montrerons toute une série de nouvelles propriétés des idéaux et des nombres quadratiques.

Définissons la valeur a comme étant égale à 1 si Do =1= 1 (mod 4) et à 2 autrement. Alors l'wo de l'équation (1.6) peut se réécrire ainsi:

a-l+V1Jb

wo----~-Ainsi nous pourrons traiter toutes les congruences possibles de Do d'un seul coup. Soit l'idéal Il

=

[a,b+wn ], nous pouvons associer à cet idéal un nombre quadratique

(P + JI5)/Q tel que Q

=

aa et P

=

ba + a - 1. Alors Ilpeut être ainsi réécrit:

a

=

[~,

No-

v'D]

(3.1)

Pet Qsont des entiers rationnels, alQ et aQI(D - P2

). La dernière propriété est facile à comprendre si nous nous souvenons qu'aIN(b+wn ) = -(D - p2)/a2. Donc,

(35)

à tout idéal primitif nous pouvons associer une paire d'entiers rationnels (P,Q).

Trivialement, l'idéal (1) est associé à (0- - 1,0-).

À l'inverse, soientPet Q E Ztels queŒIQ etŒQI(D-P2

) alors le module [Q/Œ, (P+

.JD)/Œ] constitue un idéal ayant pour base [a,b

+

Wn ],a

=

Q/Œ et b

=

(P

+

1 -Œ)/Œ.

Qu'arrive-t'il si nous développons (P

+

.JD)/Q en fraction continue? Les paires

(Pi,Qi) représentent-elles des idéaux primitifs légaux? C'est ce qu'affirme le théo-rème suivant qui est d'une importance centrale dans la théorie des idéaux quadra-tiques ainsi que dans la théorie des formes binaires quadraquadra-tiques.

Théorème 3.1.1 Soit al

=

a

=

[a, b

+

wn ] et soient Po

=

P et Qo = Q, pour P

etQ tels que définis plus haut. Si cPm-1

=

PmQ:~~

est obtenu par le développement en fraction continue de cPo = Po~~, alors

am

= [Qm-dŒ, (Pm- 1

+

.JD)/o-] est un idéal et

(QoBm)am= (Qm-1)a

où Bm est défini par l'équation (2.6)

Preuve:

(3.2)

À l'aide d'une preuve similaire à celle du théorème 2.5.1 il peut aisément être dé-montré que le module am est un idéal.

À l'aide de l'équation (2.9) du théorème 2.5.3 nous pouvons écrire

( Bm+lBm ) _ X- m ( cPo1 ) '

Bm - 2 )

-Bm -1

et, par la première propriété du théorème 2.2.2

IXI

= ±l. Nous pouvons donc écrire l'égalité de module suivante:

(3.3)

Remarquons que (Qo/Œ)[l, cPo] = al. De plus, puisque nous savons que 'ljJm =

(36)

Par définition Pm =

l

(Pm- l

+

.;D)Qm-l

J

Qm-l - Pm- l · Nous pouvons donc écrire (Qm-da)[l,l/cPm] = [Qm-da, (Pm- l - rQm-l

+

.;D)/a]r E Z. Alors, par le lemme 1.7.3.1, (Qm-da)[1,l/cPm]

=

am·

Nous pouvons maintenant réécrire l'équation (3.3) ainsi

CQFD.

L'équation (3.2) du théorème 3.1.1 peut être ainsi reformulée:

(3.4)

Corollaire 3.1.1.1 Si Oi est un idéal réduit obtenu par développement en fraction continue d'un idéal aj réduit, où i

2:

j alors

ai

=

if;i-lOi-l (3.5)

et

(3.6)

Théorème 3.1.2 Si ~m

<

0, alors am+l est un idéal réduit. Preuve:

Soit'Y = Ipm+.;DI/a. Étant donné quecPm > 1, nous savons donc que 'Y>

IQm/al

= L(am+d. Par définition, nous pouvons écrire que Nb) = cPm~mL(am+d2

<

0 et en conclure que l'

<

O. Soit

Par le lemme 1.7.3.1 nous pouvons écrire

f3

>

L(am+!) et, en utilisant le même truc que dans la preuve du théorème 1.7.5, nous déduisons que -L(am+!)

<

13

<

O. Nous pouvons donc conclure, par le théorème 1.7.4, que l'idéal am+! est un idéal réduit. CQFD.

Du théorème précédent et du corollaire 2.5.5.2 nous pouvons aisément conclure le corollaire suivant:

(37)

Coronaire 3.1.2.1 Soit a= al = [Qo/a, (Po

+

v'D)/a] un idéal primitif sur ~nl alors pour tout m ~ mo tel que

mo

>

max[2, 4

+

log(IQol/2J15)/(21og<I»],

am est un idéal réduit.

Le théorème suivant est important d'un point de vue calculatoire et est donc men-tionné ici sans démonstration.

Théorème 3.1.3 Pour le plus petitm ~ 1, dans le développement en fraction conti-nue de </Jo = (Po

+

v'D)/Qo, tel que 0

<

Qm-l

<

v'D,

am

est un idéal réduit et

e;;/

<

2Qo .

Qm-l

Nous avons démontré jusqu'ici que le développement en fraction continue appliqué à un idéal primitif al quelconque générera éventuellement un idéal réduit améquivalent à al.

Théorème 3.1.4 Si a= ni est un idéal réduit, alors -1

<

~l

<

O.

Preuve:

Étant donné qu'al est réduit, nous savons que L(al) = Qo/a

<

..JE

=

2v'D/a,-corollaire 1.7.4.1. Soit 'Y = L(nl)1/h = (v'D -

g)/a

E al. 'Y pouvant aussi être écrit ainsi,'Y = QO/(a</Jl), nous déduisons que 0

<

'Y

<

Qo/a,puisque </Ji

>

1.Étant donné qu'al est réduit, cela implique que

111

>

Qo/a. Sachant que 0

<

v'D -

g

<

2v'D

donc Pl

+

v'D

>

0 et donc

1

=

(-Pl - v'D)/a

<

-Qo/a

<

O. Ce qui nous permet de conclure que 1/(Qo/a) = {JI

<

-1. Sachant que ~l = l/{Jl nous pouvons obtenir le résultat escompté. CQFD.

Nous savons, par les commentaires qui suivent le théorème 2.5.4, que

IFiI

<

v'D,

lorsque~i

<

O. Nous pouvons conclure, par le même raisonnement, que 0

<

I{

<

v'D

lorsque -1

<

~i

<

O.

Les théorèmes 3.1.2,3.1.4 et le corollaire 3.1.2.1, pris ensemble, nous montrent que le développement en fraction continue d'un idéal quadratique générera éventuellement un idéal quadratique réduit et que tous les idéaux successifs seront, eux aussi, réduits. Le théorème suivant nous apprend, lui, que tous les idéaux réduits d'une classe d'équivalence seront éventuellement engendrés par cette méthode.

(38)

Théorème 3.1.5 Si a

=

al et b sont deux idéaux réduits et équivalents sur Xln et

que ('r)b = (L(b))a 'Y E a et 0

<

'Y

<

L(a), alors il existe un m ~ 1 tel que

El = am et ()m = 'Y/L(a).

Nous pouvons conclure de cette section que les idéaux principaux réduits forment un cycle, que nous appellerons R, dans lequel nous pouvons nous déplacer en utilisant le développement en fraction continue. De plus chaque idéal ai, appartenant à R,

a deux voisins bien définis. L'un,- celui de droite (ai+l),- se calcule en utilisant le développement en fraction continue tel que décrit jusqu'ici, et l'autre,- celui de gauche (Cli-l),- se calcule avec un algorithme similaire mais qui va dans l'autre direction du cycle. Le lemme suivant nous sera utile pour dériver cet algorithme.

Lemme 3.1.5.1 Si al

=

a est un idéal primitif réduit, alors

Preuve:

Étant donné les conditions du théorème, nous savons que -1

<

(fii

<

0 pour tous les

i ~ 1. Par définition cPi+l

=

1/(cPi - qi). Nous pouvons donc isolercPi et conclure que

Ceci impose donc à qi d'être la partie entière de (fii+l, puisque qi E N. Donc

CQFD.

À l'aide de ce lemme, nous pouvons nous apercevoir que le théorème 2.5.1 est parfai-tement inversible, dès que nous tombons sur un idéalai réduit lors du développement en fraction continue. Nous pouvons dès lors calculer, à partir de Cli, aussi aisément ai-l qu'ai+l, ainsi que toutes les valeurs qui s'y rattachent.

3.2

Composition et multiplication d'idéaux

Nous avons décidé, au chapitre 1, de retarder à plus tard la description d'un al-gorithme de multiplication d'idéaux. Nous ne donnerons ici qu'un alal-gorithme qui

Figure

FIG. 4.2 - Le protocole BUCHMANN et WILLIAMS D, C, â(c) et M(c) Bob choisit b ::; B et calcule â(bc) et M(bc) Bob calcule â(bac) et M(bac) Ainsi que l'unique j tel que
FIG. 5.1 - Schéma des compensations secteur 5 secteur 6 f secteur 7 f I I \ III secteur 3 I secteur 2,....--_ secteur 1IV
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FIG. A.1 - Circuit pour la téléportation
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