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Comité I : compte rendu analytique provisoire de la onzième séance

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(1)

NATIONS UNIES

CONSEIL

ECONOMIOUE ET SOCIAL

U

PROVISOIRE

S/ON.14/C.l/SR.11(V)

27 fevrior 19^3

Orifrinal* /JTOL '1X5/FRATI CATS

COI&ilSSIOlT ECOlTOl'ilQUS POUR L "AFRIQUB

Cinquieme session

Leopoldvillc, fsvrier-mars 1963

COMETS REtTDU ANALYTIQUE PR0VI3OIRE D^ L.'. ONZIEiE SEANCE

tenue au Palais de la Nation, a Leopoldville,

le mercredi 27 fevri^r 1963, a 15 h. 20.

President:

Secretaires

M. Lissouba (Congo, Leopoldville)

M. ITomvete

SOMMAIRE?

Lios monetairos, finanoiorsj do oommaroe exterietor et

de produits de "base (suite)

Les represontants qui desirent apportcr des rectifications au present oompte rendu sjnt pries de transcrire ces rectifications sur un exomplaire du oompte rendu qu'ils devront faire parvenir le ler mai au plus tard? a la Section de traduction, CEA, Maison de l'Afrique, P.O.Box 3001,

Addis-Abeba, Bthiopie.

63-LE0-99

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e/cn.u/c.i/sr.u(v)

PROBLEMSS MONETAIRES, FINANCIERS j DE COMMERCE SXTERISUR ET DE PRODUITS

DEBASE (suite) (e/CN.14/174, 190, 205, 206, 207, 208, L.I63)

Le PRESIDENT invite Igs participants a continuer 1'examen des effete lea groupoi^nts cconomiquos europeena eur I'ooononie des pays afri-

cains et a discuter le projet do resolution E/CN.I4/L.I63relatif a cotto

question.

M. 'raEKS (Liberia) place son intervention sur lo signe de la tolerance. II se gardera de condamner les 18 pays africr.ins aesocies a la Communaute economiquo europeennc, qui tirent de lour association dos avantages economiques certains, mais il demands a ces pays de comprendre

aussi l'anxiete des pays africains tiers, qui pensent avec raison qu'ils

releveront tres diffioilemont leur revenu nati.-.nal sans une diversifica tion do lour production et un large effort d'industrialisation.

Dans cet esprit conciliant, la delegation libericnne et quelques autros delegations presenteront un projet de resolution.

M. TAMI1I (Soudan) souiip.ite quo des mesures soient prises pour attenuer autant que possible les effets des associations economiques de pays industrialises sur les economies africaines. L'attitude de la Com munaute economiquo europeenne, on particulier, tend a perpetuer les ine- galites entre pays^ elle conduit a une exploitation indirocte dos pays africains par le moyen de oressions conjugueos de type monopolistique,

Les pays africains sont convaincus, pour la plupart? quo 1'appartenance au Marche comrnijn europeen empeche 1' industrialisation des pays associes.

Le Soudan recommande 1'adoption de mesures propres a augmenter les echanges entre pays africains, en particulior ?. 1'echello du continent.

M. N.UIFUA (Tanganyika) note d'abord que Igs problemas des

echanges, des produits de "base, du developpemc-nt economique et de la cre ation d'un marche commun sont difficiles a isoler de celui des incidences de la Communaute economique europeonne.

II presentera ses observations sur 1c document d'information soumis a la Commission dans un esprit de moderation et patience et dans la pers-

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B/CN.14/C.l/SR.11(V)

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pective de 1'unite de l'Afrique. L.es av&ntages de 1'association a la

Communaute economique europeenne valent essontiellement pour la courte

periode et n.'ont pas touto la valeur que la Communaute lour reconnalt.

Repartie sur plusiours anneos, 1'assistance financiore convenue ne repre-

sente pas grand-chose pour los 18 pays on cause. La diversification dont fait etat la Convention dissociation vise surtout la production agricole.

Solon certains economistes, lorsque des p«ys evolues et d^s pays moins

developpes forment uno union douaniere, cslle-oi tourne toujours a 1 ^van tage dss pays evolues. C'est ainsi que l'on constate deja quo le taux de croissance industrioll^ des pays africains de production primairs associes

aux Six est tres inferi-ur a colui des Six.

Les pays africains devraient considerer que lour dostinee economique depend de leur union. La progression do l'economio africainc est sutor-

donnee a 1 ' industrialisation, pour lp.quclle il faut que le contiaent afri- cain se constitue en un immense raarche commun. Or les pays associes des Six formeront un marche particulior qui echappera aux industries africaines

puisqu'il sera reserve a 1'industrie des Six.

M. MANIRJKIZ-'i (Burundi) indiquc que son Gouvernement a donne son

soutien total a la proposition de creation d'un marche commun africain,

proposition qui ne sera d'aill^urs pas suivie d'offct avant longtemps.

La seule aide que le Burundi ait recue depuis son independance est

venue de.la Communaute economique ouropeenne. Le Burundi ne trouve en Afrique ni achetcurs pour ses prodaits d'oxportation, ni fournisseurs pour

les tracteurs at les voitures dont il a "besoin, force lui est done de

s'adresser hors d'Afrique. Lc Marche oonimun europeen est un mal neocssaire, un moyen et non unc fin mais, rnsme le jour ou lo marche commun africain sera sur pied, il sera difficile a 1'Afriquo.de rompre son association.

L'aide que le Burundi rtcoit lui perraet dc divorsifier sa production agricole ot industrielle, de poursuivre 1'amenagement de ses moyen dc

communication, d'ameliorer son infrastructure economique ot socials et da

faire demarrer son industrialisation.

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e/cn.14/ci/sr.ii(v)

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M. KIA1TO (Kenya et Zanzibar) considere quo lea re'presentants du

Burundi et du Cameroun ont apporte a la seance prece&c-nte des eclaircist- sements sur lours positions. Cependant, comrae 1'unite africaine - econo mise et politique - est I'objGCtif oommun de tous les membres de la Commis

sion, il ostimo nscessr.ire In creation :1'un nnrche cocnun nfricain et c'yst pourquoi il appuie vigoureusuraont I3 pro jot do resolution E/CH.I4/L.I63.

En offetj les pays africpins doivont viser a eliminer progressivement toutes les restrictions au commerce. LI. Kiano veut tdon croiro qua cette elimination se pour&uit graduellom^nt pour les pays q_ui appartienn^nt au Marche commun ouropeen et pour ccuz qui s'y sont associes; cependant^ les pays tiers continueront de souffrir dj ces restrict! ns et, pour sa part, il trouvo difficile d'accepter des pratiques commerciales discriminatcires entre pays africains.

Enfin, il so demande dans quellc mesure les relations commerciales existant entre certains pays africains et la Communaute economiqua euro™

peenne ne fera pas obstacle a la creation du marche commun africain. II ost a craindre que ces pays p.ssooies, malgre lour desir de mettre fin un jour a leurs relations avoc la Communaute, ■ comma on l'a indique, ne puissent pas le fairs car ils aurunt alors tisse trop de liens avec ce groupement economiquo 3xtra-afric---in.

M. E.aZAFrWDR-.'i.BE (Madagascar) analyse la situation economique .

des pays associes a la Cummunaute economique juropaenno tells qu'elle a evolue depuis cinq ans.

Promiercment? sur lo plan du developpcmont oconomique et social, les pays associes ont recu une aide financiort importante qu'ils ont utilisee pour renforcer leur infrastructure, moderniser lour agriculture, developper les services sanitaires ot les raoyens d' enseignomont ainsi que lcs trans ports, les telecommunications9 etc.

Douxiemement, en ce- qui conccrnc le developpemont dos echangesj les importations de la Commune,ate en provenance dos Etats africains non ^GGocies

^nt augnente de 16 pour 100f alors que lours importations en provenance

des pays africains associes n'augraentaient que do 7 pour 100. De ncnifi, les

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E/CN.14/C.l/SR.11(V)

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ezportations do la Ccmmunaute vers les Etats non associes so sont accrues do 15 poux 100, mais cos oxporte.tions n'ont augmente que dc 6,6 pour 100 .vers les pays assooies. Ces chiffres sont eloquents et apaiseront les

craintes de ceux qui.voiont dans lo karche commun europeen un danger pour le developpeuK.nt des echanges des pays non associes.

.■ .Troisibmement, sur le plan de "1'industrialisation, il est faux'de

pretendre quo 1'association a. la CE3 porte atteinte a 1'industrialisation des pays associes, L'indico de la production industriolle de Madagascar

etait en 1957, de 190 et en 1962 de 330; la chiffre d'affaires (operations induetriellos) de la Oote-d'lvoire, autre pays associe, etait de 7 milliards

de francs GFA en 1957 et de 13 milliards de francs GFA en 1962.

Quatriememont, quolqucs elements nouveaux de la nouvelle Convention signee a. Brujiellcs sont a signalsrs les pays assDcies ont la pos&i"bilite d'etatlir certains droits de douano lorsquo les necossites do leur dove- loppomont ou lo desBq_uili"bre de leur "balance dos paioments les y contrai-

gnent; ils pouvont aussi bta"blir de nouvelles restrictions (notamment sur les produits agricoles) quand le "besoin s'en fait sentirj les pays associes,

pays souvorains, peuvenx concluro des accords comraorciaux avec des pays tiers^ enfin, 1'associati'. n demoiore ouverte a tous les autres pays afri- cains q_ui peuvont nccoder a. la Convention, dans los memes conditions quo les pays actuellenent associes.

Cinq.uicmeraent j sur le plan de la cooperation financiere, l'aide ac- corde'e par la Corrimunaute sort a diversifiur 1'economie des pays en voie de developpement; cette diversification s'oz.orce non soulomont dans le domaine agricole mais aussi dans les domaines industricl et commercial.

Sixiamement, enfin, il faut insister sur le fait q,ue 1'association est fondse sur 1'egalite dos partenaires.

M. HazafindralDG remercie les pays africains qui ont Men voiilu donner des conseils a sen pays et lui ont fait part de leurs soucis au sujet -de 1'association au Marche coinmun europeen. Qu'ils soient rassuress 1'indus trialisation des pays a.^socies n'a fait que progresser depuis cette asso ciation et, oomme on peut le constater, les echangos entre 1'Europe et les pays afrioains non associes n' en ont pas souffert, "bien au contraire.

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E/CN.14/C.l/SR.11(V)

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Madagascar, cornme lcs autres pays associes, se preoccupe aussi tres se ri euse.a on t de 1'unite africain.es; c'est p our quo i ce pays a dcmande a Bruxolles qu'aucun obstacle ne soit porte a un.e eventuello union douaniere africaine ou a un futur marche cominun r.iricp.in. Apros la lutto pour

1'independance, 1'Afrique doit iriaintenant luttor contre lo sous-develop- pemont; ells ne peut soutcnir cette lutto seule, elle doit accepter et mem.. recherch.Gr l'aido d'autres pays.

M. 5>"'^HR.'I) (Maroc) deplore le oontroverso qui so deroule9 mais

ells ost necsssairo puisque dictee p-r Is souci do construire uns Afrique unie. Les ropres&ntants du Caraoroun ot du Burundi ont donne un apercu

tres franc et realiste de la situation, qui pout se resuner ainsi: que peuvent offrir 1:3 pays africains on contropartie des avant.iges offerts par 1'as

sociation rwee la Cominunaute economique europeenne? M. Serrad rappelle que son pays n'a pas encore pris position on face des grands groupements econcrniquos txtra-afric?,ins? mais? desirant sauvegarder 1'unite africaine,, il regrotte que curtains pays so preparent a ap^liquer un t^rif exterieur coinmun, cc qui est la negation do la solidarity africaine,

M.■Serrsd prend acts du fait que la Communaute a declare ne pas vouloir s 'opposer3 ni directeraent, ni indirect:.:ment? a, 1 'implantation d' indus'crios strategiques en Afrique. Pour son pays, qui voit dans 1' in dustrialisation la liberation economique du.continent, o'ost la un point tres important.

II cstime enfin que le pro jet de resolution. e/C1T . 14/L. 163 merite plus

ample examon et il denande une suspension de seance pour psrmettre aux delegations de se consulter.

M. H-^^^T (Dahomey) precise que 1'association de son pays au

Marche cornmun our ope en a ete dictee par une situation economique tres particuliere. II accepte la creation d'un marche commun africain a con dition que s'instaure "Jine division du travail ot que len pays les plus riches aident les plus pauvres; il ne faudrait pas qu'il s'agisse seulement de transactions commerciales.

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M. TSIIILUMp.:. (Congo, Loopoldville) precise quo son pays a decide en tout3 liborte et s?jis aucuna pression oxteri,.,ure do s'associor au

Marche commun europeen. La principals raison on ost que deux tiers des oxportations du Congo (Leopoidville) trouvent ieur destination dans les

pays mombros do If. Coinmunaute. Cette association ost une reaction do

defense a 1'Cgard dos pays qui disposent d^ja d'un marche preferential stable et sur. La fondenr-nt historiqu^ dy cette association eoonomique est tout aussi rospocta'ble qu, le lien qui unit lea pn.ys du Commonwealth,

par example; il n!y a d'ailleurs pas incompatitilite entre la recherche

de solutions mondialos ^t le niaintien do cts liens historiques.

k. Tshilumba signale en outre qut> 1'association au Marche commun

eurcpeen a un caractere tomporairo. L 'economic modornc evoluc a un rythme tel qu'il ne peut guero en otr-j autronent.

On a dit que la discrimination tarifairo risquait de dotournor los

coiorants du commerce, Los statistiques prouvont au contraire qua les pays non associes ont particips pour unc quote-part plus quo proportionnelle

a 1'expansion des produits tropicaux dans les pays do la Comrnunaute depuis I1entree on viguour des accords preferentiols. On ne peut done pas parler de dotournemonts d'eohan^os au benefice dos pays axricains associes.

Po^or apaiser ^jne autre inquietude oxprimo^ par los pays tiers, Ivi. Tshilumba dit qu'il ne croit pas :;a, les droits applicables dans le cadre do 1?. Coimronaute puissont froinor la consommation ot I1 expansion

du commerce des produits. En effet, la difference de prix resultant de 1'application des droits d'entree sera inferiouro a 5 pour 100,

La delegation congolaise est d'nvis qu'uhe solution a 1'echelle mon-

dialo est souhaitabl-2 et intorviendra a long termo, mr,ia le regionalisme

peut otre utilis danc la rech.-rcho et 1'application de nethodes vxiveroelles

C'est pourquoi elle voudre.it q-.e les avanta^es des systcmes preferentiels

soient etendua a tous los pays d'.'.frique et donande que 1'etude de 1'inci

dence de ces systemes soit poursuivio. Lc: Congo suit avsc interet les

travaux des organismes internati.-naux en faveur d'un raffermissement des

liens economicuos ontro pays africains: uais il veut savoir a quoi il

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s1engage. II demand© done que los "bases ec-onoaiquec de cctte collaboration soient definies apres un inventaire systematique des possiMlites locales de production dans les conditions optima et des capacites de consom- mation des pays africains. Seul un tel inventaire indiquera los possi-

"bilites de creation de nouvelles activites et l'ouvorture de nouveaux marches. L1action de 1'Afrique dans ce domain© doit etre positives elle doit aboutir a 1'accroissement de la production agricole et de la pro duction industrielle ct a 1'amelioration du revenu des populations.

M. KENSAH (Ghana), intorvenant, en qualite de representant d'un

des pays qui proposent le projet de resolution, precise que oe- tezte

n'a nullemont pour ot>jet de provoquer une dissension entre pays africains, mais d'adresser trois dernandes a la Communaute economiquo auropeonnes

elle est priee d'appliquer une politique commerciale lifcerale, de n'exorcer

aucune discrimination dans sgs relations commorciales cxteriGures, et de■

ne pas compromettre 1'unite africr.ine. II est porsuado quo ses collegues des pays assoc-ies ne vorront aucune difficult© a approuver ces demandes.

S'agissant de la premiere demands, une politique commerciale liberale

ne doit pas etre incompatible avee les objoctifs de la Comnrunaute oconomique

ouropoenne; celle-ci ne pout quo gagner h appliquer une telle politique, si les pays africains en voie de developpement conservent une grande capacite

d'importaticn. La Communaute doit &tre felicitbG plutot que critiquee pour la nouvelle Convention qu'elle viont de signer avec dix-huit pays africains; ainsi quo H. de Seynes l'a expliquee dans sa declaration

(E/CN.14/li.l44), cette Convention pout servir de modele pour los relations entre pays industrialises et pays sous-developpes, Cependant, certains pays eprouvent quolques craintes au suj&t de la Convention, parce que les taxes imposoes aux produits finis ou semi-finis semt>lent faire obstacle a I1industrialisation de 1'Afrique. D'autre part, le Marche cpmmun, euro- peen represente un de"bouche' important pour l'Afriques par exemple, il im- porte plus de cacao quo le Royaume-Uni et les Etats-Unis d'Amerique..

Heanmoins, le Royaume-Uni est, a oe jour, lc s.eul pays a appliquer une . politique commerciale liberale onvers l'Afrique. II importe que les-pays

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associas d'Afrique ne soicnt pas lies par des engagements a, une Communaute dont la politique commerciale' est defavorable pour le reste du continent.

Quant au deuxieme point, le Ghana condamne lcs aspects discriminatoires de la politique commerciale de la Sommunaute, ainsi que lss repercussions defavorables qu'ils peuvont avoir sur 1'unite africaine. 0! est pourquoi son pays s'ost oppose aux tontativos deployees par le Royaume-Uni pour devenir membre de la CommunautG? le Royaume-Uni a reconnu que s' il entrait dans la GEE, les interets de 1'Afrique devraient etre subordonnes aux siens propres. Le Document d'information du secretariat sur Involution

recente des groupemonts economiques de 1'Europe occidentale (e/CLt, 14/207) ne donne pas un tableau coraplet de la situation; les pays africains accuil-

lent avec satisfaction les reductions de tarif sur les produits primaires, mentionness.au paragraphe 9 du Document d1information, mais ces reductions n'ont qu'une "bien faible valeur, si elles ne sont pas accompagnees do reductions similaires sur los produits manufactures. La discrimination subsiste encore, il se demande comment elle peut otre conciliee avec les obligations, contractees aux termes du GATT, par les membros de la

Communaute. . .

Quant au troisieme point, I1unite africaino ne peut"etre' maintenue que si, dans leurs relations avec les pays non-africains, toua les pays africains se trouvent sur un pied d'egalite. Aux tormes dc la resolution, les relations de la Communaute avec les pays africains devraient etre

etudiees avec soins afin qu'il n'y ait aucun risque de compromettre 1'unite africaine. II est d'accord avec M. de Seynes, lorsque celui-ci-a fait observer dans sa declaration, que si -one certaine incidence discrimina- toire doit subsist or au cours de la periodc oouverte par la nouvelle Convention entre la CEA et los pays africains associes, ces arrangements ont une&xaotere essentiGllemcnt transitionnol. Personnellement il admet qu'une periode de transition soit inevitable, a condition qu'elle aboutisse en dernier lieu a la suppression de touta restriction dans les echanges entre pays africains et non-africains* 11 attend avec impatience la

"mondialisation" des relations do 1'Afrique avec le reste du monde,

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...I.

Pags 9gs 9

qui doit sauvegardsr 1' independence de 1'Afriquo. M. de Seynes a fait une r^marque tres inter ess ante sur 1'impulsion que la Convention d'associa- tion pouvait susciter en elargissant 1'horizon de 1'Afrique toute entiere.

Le probigdi.3 qui se pose pour la Commission ost do savoir? si les obliga tions des pays sfricains associes onvers le Marche oomraun risquent ou non d-'entraver le devoloppemont dc 1'Afrique.

A ce sujc-t, il ost iioureux dc prendre note do la nouvelle assurance

donnee par la Communaut.e economiq_uo c-uropeonne (s/CN.14/l92/Add.lj Annexe II)

en reponso'aux questions qui lui ont ete posees par le Groupo dc travail plenier du Comite permanent do 1'Industrie et des rossources naturclles

(s/CN.14/l92j paragraphe 17)? la Communaute a declare qu'clle no s'op-

pos-_.rait pas a la creation d'un Karche comm.un africain qui engloberait los pays, aussi bien associes que non-associes, Cependant ni cotte as- surancoj ni los explications donnees a co su,jot par lo Document &'infor

mation du Secretariat (paragraphed "1° ct ?.;■). :' e le Litir^r ■", ■;;-'-pletei;^nts

car on ne voit pas encore olsiren eni quolle sera * 'attitude qu1 adoptoront envers le Marclie commun africe.in les pays associes au Marohe oommun

europeen.

Lu tezte corcplot des articles pertinents du Traite do Rome semble otre en contradiction avec cotte declaration de M» de Seynes, quo 1'on pourrait admcttre des dispositions tarifairos prefercnti*;lles entre pays africains assooies ou non associes^ sans tt.nir corapte des obligations des premiers a, l'egard do la Communaute economiquo suropeonno.'Quelle que soit la lettre du t'exte, M. Mons^': demands instamrncnt que les Htats associes interpretont la Convention d'assooiation do la Communaute en ce sens qu'olle n'oxolut pas dos accords intor-africains ot il ". os invite a ne pas s' en tenir a leurs droits .-j-uridiquos aux d^pens de la solidarite

africain... A condition que le fond du projot do resolution soit acceptable, il ne s'opposera pas a des modifications do forme.

M. SOW J3AILA (Senegal) on tant quo representant de l'un des pays

signatairos de la Convention d'association de la Communaute, donno 1'as surance aux representants dos pays associes qu'une etudo approfondie de

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E/CH.14/C.l/SR.ll(v)

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Convention dissipcreit tous leurs malentendus. En effct, au titre do la Convention*los Etats associes pourront conclure des accords avec les pays devcloppes, ce qui aidera a intensifier leur propre industria lisation, et los pays non associes n'mi suMront pas, comme Is rcpresen- tant dc Madagascar l'a montre, des consequences defavora"bles. II n'est

pas q_uestion d'imposer un tarif oxteriour aux autres pays africains.

D'autro part, les pays associes sont libros de conclure et ont deja conclu dans quelquos cas, des accords avec des pays qui n'appartienncnt pas au Marche oommuii europeon, parmi lesquols figuront, evidemnent, des pays africains. Us sont egalemont litres d'imposer des taxes sur les produits manufactures provonant do pays du Marche coramun. II n'y a d'ailleurs

aucune raison de craindre qus le Marche coramun europeen constitue une menaoe pour 1'industrialisation de l'Afrique; au contraire, il fournit un marche pour les produits africains. L'invitation adressee a tous los

pays d'Afriquo a devonir mcm"bres associes de la Comraunaute economique

europeenno est un gestc de cooperation et la signature de la Convention par dix-huit Etats africains est uno preuve ds la solidarity africaine,

Le representant du Senegal cstiiaj, avec les represcntants des pays

qui presentont le projet de resolution^ qu'il faut sauvegardor 1'unite africaino. En consequonoe, il los prie instamment de rctiror leur reso- lution3 qui ne pourrait quo creer des dissensions ct de la mefiance parmi les pays africains.

M. SHUk3LTSii0 (Rwanda) est d'avia quo le do cum ont d'information

a uno portee trop limitee, dans la mesurc ou il a'ocoupe exclusivement

de 1'association dos pays africains avec le Marche commun ouropeen3 sans

faire aucune mention dos autres groupemonts? tels quo lo Commonwealth

hritannique par exemple. Do noinbreux pays africains ont conclu des accords

"bilateraux avec des pays d'autros continents? notamment 1'Union sovietique,

mais lo document d'information n'a fait aucune allusion aux repercussions eventuellos do ces accords sur les autres pays' d'Afrique.

Certains representants ont suggere'que 1'association avec le Marche

commun europeen constitue une menace pour 1'industrialisation, le develop-

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e/cn.h/c.i/srui(v)

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pement, et mame 1'unite, .de 1'Afrique. Ils ne- semblent pas etre au courant des progres qui ont ete realises par les pays associes, et dcs perspec tives encourageantes signalees par le representant de Madagascar. II est peu probable qua les pays du Marche commun fassent o-bstacle a 1'industria lisation et au developpeniont de 1'Afrique, alors qu'ils financent eux-

memes dcs pro jets dans tout 1c continent. Le Marche commun ne constitue pas

■plus une menace pour 1'Afrique que le Commonwealth ou tout autre groupement.

II se reserve le droit de parlor re la question tarifaire apres la distribution du projet de resolution.

M.- JOUANI5 (France) imagine que le Comite peut etre desireux de savoir comment les Etats membres du ^arche commun europeen considerent le

probleme.

Au sujet des relations entre les pays du Marche commun et les Etats associes, il rappelle au Comite qu'au debut, quelques pays du Marche commun avaientcraint que les accords d'association ne"contrecarrent les accords individuels qu'ils avaient conclus avcc des pays africains. Deux Con ventions avaient ete-preparecsj ni 1'une ni I1autre n'etait parfaite mais la Convention d"association definitive contenait des dispositions destinees a maintenir les liens originaux formes entre les Stats membrcs du Marohe

commun et les pays associes.

Quant aux relations avec le reste du monde, lea pays du Marche com mun souhaitent entretenir de bonnes relations avec tous les autrcs pays et ont consacre beaucoup d'attention a cette question au cours de ces

dernieres anneos.

Au cours des debats, on a reproche au Marche commun d'etre une menace pour 1'industrialisation et 1'unite africaines. En fait, les pays du Marche

commun souhaitent que 1 ,urs pr.rtenaircS commorciaux soient jrosporeB ot indus-

triellomont nances; ils desirent aussi maintenir Igs meilleuree relations

possibles avec tous les pays d'Afrique. Ils connaissent bien les problemes

des pays en voie de developpement et les causes de ces problemes, dont la

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E/C1M4/C.l/SR.11(V)

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plus importance est 1'expansion rapide des cxportatioas africaines, accom- pagnee d'une baisse des recettes. Us reconnaissent que cos problemes ne peuvent trouver uns solution que dans une situation favorable du rnar- che mondial.

M. ALI (Somalie) repete qu'a, son avis les pays africaihs ont. le

droit de rechercher l'aide des anciennes puissances coloniales qui peuvent contribuer au daveloppement economique des pays sous-developpes en accor- dant des avantages sur le plan commercial et une assistance financiere.

II est faux de dire que les relations commerciales ainsi nouees constituent des liens de dependance? les pays associes sont libres de passer des ac cords de commerce avec des pays tiers? ils sont litres aussi de diversifier leur economie et de s'industrialiser, ainsi que le mentionne expliciteraent la Convention de Bruxelles.

La Somalie s'est rendu compte qu'elle ne pouvait atteindre un

de developpement satisfaisant sans l'aide dfun groupemont economique plus important? c'est pourquoi elle s'est associee librement, et apres mure reflexion, a la Communaute economique europeenne. Cela ne signifie pas qu'elle n'ait pas 1'intention, le moment venu, de s'associer aussi a un marche commun africain.

Quant au projet de resolution presente, il tient a donner aux Etats non associes 1'assurance que les trois points principaux de ce texte - liberalisation des echanges, elimination des pratiques commerciales discri- minatoires et non interference de la Communaute economique europeenne

dans le processus d'unification de 1'Afrique - regoivent 1'approbation totale des pays africains associes.

En terminantj M. Ali exprime 1'espoir que la CEA, qui a deja accompli du bon travail en ce domaine? poursuivra 1'etude de ce probleme et pourra apporter- une contribution efficace a la Conference sur le commerce et le

developpement, qui doit se tenir au debut de 1964«

M. HGMDO-BLACK (Cameroun) regrette que les appels qu'il a lances

a la seance precedente n'aient pas ete entendus. II tient a preciser que

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e/cn.h/ci/sr.ii(v)

Page 13

si dix-huit pays africains independants ot litres ont pris la responsa- bilite de s'associer a la Communaute economique Guropeonne, aucun autre pays africain n'a lc droi-fc de contester cette decision. II n'admet pas que l'on critique les inesures politiqucs et economiques. prises par son Gouvernomont. Q,uel droit ont,-d1 ailleurs^ les Etats non associes de donner

aux autres des legons d'unite africaino? Le souci de cette unite n'ost

pas le monopole de quelques-uns. Just eraent par souci de 1'unite africaine, il demande aux autres delegations d'accorder a la politique de son Gouver- nement lo rospect que lui-mome acoordo a, cello dos autros gouvernemonts.

II s'associo aux observation des ropresentants de la Somalio et du

Senegal et demande aux autours du projet do resolution e/CN.14/1-163 de

retirer cc texte qui troufclo 1'osprit de tonne entente qui regnait jus- qu'ici a la presente session

M. SOW BAILA (Senegal) appuye par M. ZERRAD (Maroc)'et M. RAFFHT

(Dahomey), domande une suspension do seance pour permettre aux auteurs du projot do resolution en question de se concertsr avant de donner reponse sur la proposition du r&presontant du Cameroun.

La seance est suspendue a 18 h. 25; ello ost reprise a 18 h. 45-

M. TOjIKS (Liberia) donne 1'assurance que le projet de resolution E/CN.I4/L.I63 ne visait pas a creer dos dissensions au sein du Gomite, Cepondant, il annoncc que los auteurs du projet acceptent, dans 1'interet de I1unite africainoj de le retirer.

M. MMSAII (Ghana) affirm© que par cc- projet de resolution les auteurs no etierchaient nullement a critiquor la politique de certains gouvemements africains. Us desiraient siraplement, par 1' intermediate de la CEAS domander aux pays menfbres de la Communaute economique europeenne de ne pas creer une situation difficile pour les relations commerciales de 1'Afrique. II appuie, pour la meme raison, la decision du represontant du Liberia,

(15)

b/cn.i4/c.i/sr.h(v)

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M. RAFFET (Dahomey) felicite chaleureusement les auteurs du projet de resolution B/CN.I4/L.I63, d'avoir bien voulu rctirer leur texte.

Les de^ats risquaient de prendre unc tournure regrettable, mais, grace a cetto decision, on a pu constater quo 1'unite africaine n' est pas un

vain mot. "

M. RAZAFINDRABE (Madagascar) st M. ZERRAD (Maroo) remercient chaleureusement les represontants du Liberia et du Ghana pour Igs preuves positives qu'ils ont donneos do lour foi en 1'unite africaine.

Le PRESIDENT signale au Comite le projet de resolution qui preconise sur los possibilites d'elaborer un systeme do compensation au

sein d'uno union dos paiements ontrc Igs pays africains, (e/CN.14/L-154)»

et la note sur Igs incidences financieres de cette etude (e/CU,14/L-155)«

M. TSHILUI^BA (Congos Leopoldville) propose de modifier ainsi le deuxieme paragraphe du preambules "Tenant compte de la necessite d'une harmonisation de ces zones monetaires ct de cos systernes de paiements pour faciliter les echanges intra-africains;".

M. FAHMY (Republique Arabe Unie) s'etonne des incidences financiers del'etude projetee? il avait pense qu'elle pourrait etre

effectuee par le Secretariat,

M. NGAHDO-BLACK (Cameroun) propose quo le Gomite ajourne ■ 1'examen de co projot de resolution, afin de donner aux ropresentants le

temps d'en examiner Igs incidences financieres.

II en est ainsi decide.

La seance ost levee a 19 h. 20.

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