Article
Reference
Étude conductimétrique des acides RO
3H
3DUCKERT, Roger, KOHLER, Paul, WENGER, Paul Eugène Etienne
DUCKERT, Roger, KOHLER, Paul, WENGER, Paul Eugène Etienne. Étude conductimétrique des acides RO
3H
3. Helvetica Chimica Acta , 1943, vol. 26, no. 4, p. 1166-1172
DOI : 10.1002/hlca.19430260419
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:106509
Disclaimer: layout of this document may differ from the published version.
SEPARATUM
HELVETICA
CHIMICA ACTA
EDITA A SOCIETATE CHIMICA HELVETICA
VOLUMEN XXVI
FASCICULUS QUARTUS
ttg.
Étude conductimétriquê des acides ROsHgpar R. Duokort, P. Kohler et P.Wenger.
(13 Y 43)
VENEUNT BASILEAE ET GENAVAE APUD GEORG & CO. LIBRARIOS MCMXLIII
119. Étude conductimétriquê des acides ROsHs par R. Duckert, P. Kohler et P. Wenger.
(13 V 43) Introd,uction.
I-,e problème
du
dosage acidimétrique des acidesfaibles a
été résolu d'une manièresi
élégante, pourle
cas d.e l'acid.eborique
(di-minution de l'hydrolyse par adjonction de glycérine;
méthodeTL67
Jôrgensent)),
qutil
nousa paru
intéressant de chercherà
étendre ceprocétlé
au
d.osage d.'acid.esdu
mêmetype. C'est pourquoi
notre étucle porte sur les corps de formule générale R,OBI['.Les travaux
d.e Bdes eken,en particulier, ont montré que
denombreuses combinaisons polyhyclroxylées organiques agissent d.e la même manière que la glycérine sur I'acid"e borique2).
En
conséquence,nous
âvons.étudié ltaction de divers types
d.e ces substances sur certains acid.es d.eformule
ROTIIT;parmi
ces derniers, nous avonschoisi I'hydrogel
d"toxyd.ed.'aluminium, les
acid.es phosphoreux, arsénieuxet
antimonieux.Dans I'étude
d.el'hydrogel d'oxyde
d.'aluminium,nous
avons examinéltaction
des molécules suivantes: glycol, glycérine, mannite, glucose, acid.elactique, acide pyruvique, acétylacétate
d.'éthyle, pyrocatéchine,pyrogallol,
acid.esalicylique. Nous ne
décrivonsici
que les
faits
les plus intéressants3).I.
Va,ri,ati,on d.e cond,ucti,bi,l,ité él,ectri'que d,e mélanges d;ac'id,es l,act'ique et p yrua'iqu,e aa ec l,) hg d,r o g el, d,'1 o u y d,eil
alu,mlim'ium,.L'oxyde d'aluminium hydraté présente diverses formes allotropiques dont l'une, amorphe, est dc naturc colloidolc irrôvcrsiblc. Cot hydrogel possède des propriétés ampho- tères: il se comporte comme une base très faible (I(
:
env. 1 x 10*10) ou comme un acide plus faiblo encore (monobasique:K:
6,3 x10 1a)4).Il
est tr'ès peu soluble dang I'eau (0,6 mgr, par litre, à froirl6)). Aussitôt forné, I'hydrogel vicillit; il évolue vers une forme cristalline prismatiqueo),Il
importe de ra,ppeler ici les propriétés correspondantes de l'acide borique dont le comportement à I'égard des polyols a été particulièrement bien étudié, Ces propriétés sont: structure cristalline, avec propriétés cristalloïdaleg exclusivement; caractère acide (fa,ible:K:2,3
x10-û); solubilité dans I'eau: 4,9 gr. par 100 cm3, à 210 C' Solutione stables.Ir'acid.e
lactique et
l'acidepyruvique
sont hydrâtés, en solution aqueuse, selon les équations?):CII3-CHOH-COOH + HrO
:
CI{a-CHOH-C(OH)3 CII3-CO-COOH+2H2O:
CHB-C(OH)2-C(OH)8I-.ra
multiplicité
cles groupes hydroxyles qui résulte deI'hydrata- tion
favorisela formation
d.e complexes. Ces derniers se produisent d.onc vraisemblablement lorsqu'onmet
en présence cle l'hyclroxyd.ed'aluminium et l'un
d.es d"eux acid.es organiques.En effet, de
tels complcxossont
oonnusrpour le
bore parr exemple; onleur attribue
une structure cyclique, comportantun
ou plusieurs noyaux pentato- miques d.ont I'atomeminéral(X)
occupeun
d.es chaînons. I-,a formeL) Jôrgensen,Z.angew. Ch. 10,6 (1897).
'z) Voir Btjeseken, R., dès 1911,
3) Voir tous les détails dans la thèse de Doct. de P. Kohler, Genève 1943 a) Wood,, Soc. 93, 411 (1908).
6) Jander e!, Ruyterti,Z.anorg. Ch. 153, 263 (L526).
6) Pascal, Ç.
r.
178, 481 (1924).7\ Bôeseken, R,.39,587 (1920).
1168
monocyclique
I
correspond,, en général, à des acides faibles; la formebicyclique II
représente d,es acid.esplus forts (voir à ce sujet
lestravaux de
Bôeselcen (I.c.), et de
Hermans\),sur I'acide
borique,par
exemple).HO- I
Si des acides
forts
prennent naissance, au sein d.'un mélange, la conductibiiité électrique d.e celui-ci augmentel dansle
cas contraire, où ce sont des acides faibles, elle diminue.I-,orsqu'on
ajoute
de I'acidelactique ou
de I'acicle pyruviclue à une suspension d,fhydrogel d'oxyde d'aluminium (que nous appellerons, d.orénavant,pour simplifier, hydroxyde d'aluminium), on
constate que Ia conductibiiité électrique rétrograd.e sensiblement I ce phénomène staccentue avec Ie temps. Son importance permet de rejeter l'hypothèsequ'il
s'agisse d'effets cliélectriques sur les composants du méIange. En effet, lerapport
eattlac. organiqueatteint,
en moyenne, d.ans nos mé- langes, la valeur cle 0,018 (valeur max.: 0,036), exprimée en concentra- tions moléculaires; en concentrations pondérales, le chiffre correspon-dant
est 0,092(max.:0,18). Il doit
donc se prod.uire une réaction entre les constituants du méIange.Avec l'acide lactique, la rétrogradation
d.e cond.uctibilité est grand.e. Quand.la
concentration de I'acid.e lactique augmente,l'effet
clirninue légèrement(voir fig.
7et
2).Avec I'acide pyruvique, la rétrogradation est
tout
aussi marquée lorsque I'acid,e est enfaible proportion. Dlle
est moindre quand saconcentration augmente
(voir fig. 1 et
3).Pendant les premières minutes qui suivent le mélange de I'acide à l'hydroxyde, on observe cependant une très légère augmentation de conductibilité (fig.3). Celle-ci est négligeable en regard de la rétrogradation ultérieure; elle mérite néanmoins d'être signalée.
I-,a vitesse d.e réaction semble plus grande que celle des mélanges alumino-lactiques.
Nous attribuons
la structure qui
répond au schémaI aux
com- plexes formés. Cele-ci est connuepour
les combinaisons complexes de ltaluminium avec les hydroxyquinones, par exemple2). Nous avonsdit, plus haut,
qirecette structure
correspond,en
général,à
celledes molécules d'acides faibles, ce qui est en accord. avec l'expérience.
En effet, Ia rétrogradation de cond.uctibilité diminue
lorsclue la concentration d.es acides organiques s'accroît. Nous écartons la suppo-sition
que des sels ternaires d,'aluminium seforment,
pâroe que lavariation
deconductibilité
serait, dans ce cas, beaucoup moins pro- noncée, en raison deI'équilibre
d.'hydrolyse.-
C'estpourtant
peut-L) Hermans, R,. 57, 333 (1938); Z. physikal. Ch. 142, 83 (1929).
2) Babko, C. lS38
II,
*/o-l- \o-ô: u
f- 1-o.*
l:b-o/ ]-
1169
être ce qui
tenclà
seproduire,
lorsquela
concentrationde
l'acid"epyruvic'ig
est trèsforte. - Enfin,
laformation
d.'oxysels(O:A1-R,)
"iuut pà* probable non plus: habituellementr elle a lieu avec
leséiémeits
électronégatifs (arsenic, antimoiqe,par
exemple), alors queItaluminium, en
présence d.tacidesr Se comporte commeun
élément éIectropositiî. I-,e; autres combinaisons possibles ne sont pas en accord.avec les observations conductimétriques'
Sur la base d.e ces consialérations, nous pensons pouvoir
attribuer la
rétrograd.ation deconductibilité
observée àla formation
des com-ptu"u* suivants:
lac,id,e chélato-(ol,ato-Z-propanoate d,'hl1d,roug-alum'i- ïA"m1 monohydt"i,qæe(III),
prenant naissance dans les mélanges d.'hydro-xyd.e
d.'aluminiuir et
a'âcia"lactique;
par analogie,Ie_complexe dé-rivant
d.e I'acide pyruviqueporterait
le nom d)ac'id,e chétato-(hgdrony-2 - ol at o - 2 - pr o p an iat e
il
h y d,r o n g - al,umi'ni,um)
m o n oh y dr i' qu e (IY ),o-cH-Cr{,
T]rc-/ir/ \o-ôo
|rr HO-
IVPartie cxPérimentale'
:Nous exécutons les mesures d"e condrrctihilité électrique (spéci:
fique), au moyen d.u
pont
de wheatstome, btanché sur une microc-uve.f_,ôs éiectrocles,
en platine, sont
montéessur un
support''d"e verre(cf.
thèse,Koi,ler,loc. cit.).
Cedispositif
permetla
mesure d.e con-àucfibilitô
dansn,importe quel récipient. La
capacitéde la
cuve est déterminée avec une solution 0,01 molaire d,e chlorure d-epotassium'I_,thyd.roxyde
d'aluminium est préparé par précipitation
d.'une solution de suftafu à I0 o/o, au moyen d.'ammoniaque à 10 o/o également, jusqurà neutralisation. I-./eproduit brut
estlavé par
centrifugations socô"ssio"sjusqu'à éliminaiion
d.esions
SOn" etNII''(réactions
deNessler
et ùu chloror"
d.ebaryuml)). Le
précipitéest purifié,
puis d.osé2)et clilué enfin à Ia
concentration0,5 molaire
(calculée en (OH)aAl).La
solution, instable, est tenouvelée chaquejour'
' lîoou
préparonsles
cliversessolutions de réactifs
organiquesde
la
manière suivante: les acid.eslactique
et pyruvique, provenant tous deuxde
si,egfri,ed, (le deuxième reclistillé; 163-1640), sont dilués avec de I'eauà cinq
concentrations clifférentes échelonnées d.e 0,1 à 2,0 urolaires.Nous d.éterminons les cond.uctibilités initiales cle toutes ces solu- tions en
ajoutant
à celles-ci, au moment d.e la mesure, un égal volume d-)eau. On obtient ainsila valeur
z1 pourla
cond.uctibilité d-el'hydro- xyde
dtaluminium,et
d.iverses valeurs ?(2 polur les solutions d.'acid.es-1
Nous avons déterminé la sensibilité de la réaction-qui, jusqu'à.présent, n'a pas encore été indiquée da,ns la lit-térature; .elle est de 0,01 7, au microscope ; la liTite de dilution est 1 : 106
2) Par calcination et pesée du résidu sec.
74
1170
lactique et pyruvique. Le rapport de clilution,
alfrà
I'adjonction d'eau précéd.antla
mesure, correspond"à celui
que provoqùe, dansun
mélange,l'addition d'un
volume deI'un
des réactifs àun
volume d.eI'autre.,chaque fois qu'il y a lieu, on soustrait la valeur de
la conductibilité de I'eau distillée.- La
somme x1*x,
représentela conductibilité théorique
qu,on observeraitsi
aucune réactionntavait
lieu.r-,a
conductibilité
zodu
méIange des deux solutions est mesuréeen ajoutant à un volume
deI'une
d'elles (hyclroxyded'aluminium
en général) un volumo égal doI'autrc. on
opère, au besoin,la
correc-tion
de l'eau distillée.La différence entre la valeur calculée
(xrTxs)
et la valeur trouvée (zo) représentela variation
deconductibilité /x.
Résultats.
r.
M él an g es alum'i,no -l acti, qu e s . rLa r ét r o gr adation de conductibilité atteint -65% de la valeur
théoriquepour une concentration
0,1molaire
d,el'acide lactique; l'effet
d.iminue progressivementet
seréduit à -40,5
o/opour la
concentration 2,0 molaire.L'influence
du temps estsurtout
marquée dans les premiersinstants (voir fig.
2;Tabl.).
rr.
Mélanges alum'ino-pyruui,ques. Lorsquela
concentration del'acide pyruvique est faible, la conductibilité
rétrograde: -77
o/o(0,1
mol). Le
phénomène estbien
moins accentuéen solution plui
conccntrée
(2 mol) où il n'atl,eint que
_7,8oÂ.r-.r'augmentation de concluctibilité ctudébut est
d.el'ordre
de grand.eurae
+ o/o environ(voir
fig.2;
Tabl.).Remarque. Les figures
indiquent
bienI'effet
du temps, de même quele
tabieau ci-dessous.on y voit
également I'effet -d.es concen- trations.n000
1
t0un
0
1,0 Cz-
2,0Fig. 1.
a,,
t' :
courbes calculée et expérimentale des mélanges alumino_Ia,ctiques.b, b'
:
courbes calculée et expérimèntale des mélanges alumino_py"oiiq,,"u, cond'uctibilités théorirlue et enpér,i,mentale de mélanges d,'hydroryd,e d,alwmin,ium.et d,,acidesc2 Ag" Acide lactique Àcide pvruvique
,40 xt* /x
/%
,ao ,4r+ nz /x a%
0,1 0
0,5 1 24
843 695 500 387
0,2 0
0,5
1 24
1195 960 730 540
1094 1094 1094 1094
-
25r-
399-
554-
71"7-23
- ùl
-55
- bl)
-
2L5-
450-
680-
870-15to
-48 -61
-
365-
140*
960 -L4T5-
t5,7-31,4 - 4'J"
-ht
-
480820
-
960.
1416-
I5,5-
26,5-31
-
45,5-
910-
1090-
1370* 1690
- 8r8 -27,5
-
34,5-
40,55050 4250 2940 1100
4850 4850 4850 4850 7000 7000 7000 7000 1r 000 11000 11000 11000
+
200-
600-
1910-
3750+
4,1-72,4
-
39,0-
77,0+
3,2-14,2
-
19;8_49 1410
1410 1410 141.0
7230 6000 5625 3600
+
230-
1000-
13?5-
34000r5 0
0r5 1 24 0 0,5 1 24
1995 L620 1400 7025
2360 2360 2360 2360
11400 10200 10000 9050
+
400-
800-
1000-
1950+
400*
700-
700* 2604
+
3,6-
7,2-
9,1-18
1,0 2640
2300 2160 1706 3640 2860 2580 2360
3120 3120 3120 3120 3950 3950 3950 3950
15600 14500 14500
1 2600
16200 15200 15200 15200 20500 20500 20500 20500
+
2,6-
4,6- 416
-
17,820600 19500 18800 18900
+
100-
1000-
1700-
1600+
0,5-
4,9-
8,3-
7,81171 Tableau.
V ariation de cond,uctibi'l'ùté iLe méIanges d,' hy dro rg de d" aluminiunz et d'ac'ùde lact'i,qwe, ou pAruvique.
2,0
Légende,
C.z
:
Concentration moléculaire des acides orgâniques.Age
:
Age du mélange en heures.,to, 2tr+ rcz,
lx :
Grandeurs telles qu'elles sont définies dans le texte, et exprimées en inYerses d'ohms x 106.loÂ
:
Yariation de conductibilité en pourcents de la valeur calculée.0h.
0 0,6 1 q1
0
1,0 C'-
2,01,0 Cz-
2,0-lxolo n'ig. 3.
0
'/z h.
th.
24 h.
-80
-/xolo
Fig.2.
Variat'ions de conduct'ib'ùlité (en'/o) de mëlanges d,'hAdlonAde d'alumin'ium et d'acid,es lactique et p!ryua'i4ue en lonction du temps (d'ge). Fig.2: mélanges alumino--Iactiques;
fig. 5: mélanges elumino-pyruviques. Mesures exécutées à cinq concentrations différentes.
7172
Quand
i'équilibre est atteint, les variations
d,e conductibilités décroissent régulièrement lorsquecroît Ia
concentrationdu réactif
organique, surtout pour les mélanges alumino-pyruviques.r-.res rétrogradations maxima atteignent une
valeur
considérable dans chaque espèce de méIange. Dansle
cas de I'acidelactique,
on trote unerétluc[ion de rnoitié du pouvoir
conducteurà toutes
les concentrations.nÉsumÉ.
1'
r-.ies mélauges cl'hytlroxyùed'alurnitiurn et
d.'acides lactique et pyruvique subissent une rétrogradation de cond"uctihihté ma,rquée,qui
augmente avecle
temps.'2.
cet'te rétrogradation est plus accentuée aux faibres concentra-tions
en acid,e organique qutauxfortes
concentrations.3. Ces phénomènes ne sauraient être attrihués à la
formation
de sels(ni d'oxysels);ils
peuvent s,expliquerpar la formation
de com- plexes auxquels nousattribuons la
structure monocycliqueà
noyau pentatomique.4. Contrairement
à
cequi
se passepour
I'acide borique, les di- minutions d.e la d.issociation d"es corps formés (complexes de plus faible dissociation) ne permettent pas d'envisager une méthode de dosage.Genève,
Laboratoire de
ChimieAnatytique et
deMicrochimie d.e